Chapitre un peu plus sombre pour nos deux héroïnes. Enfin bon, vous verrez bien.

Allez, bonne lecture et on se retrouve en bas,

Enjoy :),

Cdt13


POV Alice

Je me maudis. Je n'ose même plus me regarder dans un miroir depuis que je « travaille » avec Violette. Je ne dit rien à Bella pour ne pas l'inquiéter.

Edward est Dieu sais où. Jasper vaque à ses occupations et passe du temps avec nous. Rosalie continue sa valse des amants et Emmett... Difficile de savoir à quoi il pense. La politique ne l'intéresse pas mais il semblerait qu'il s'intéresse à ce que je fait. S'il savait...

Six mois que je suis là dedans. Six putain de mois ou je me dégoûte. Violette avait raison sur un point: il y a pas mal d'argent à se faire mais c'est sur le dos des Juifs. Tous leurs biens sont confisqués, entreposés et, ensuite, l'occupant se sert, moyennant finances mais ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Avec les lois raciales en vigueur, je ne sais plus sur quel pied danser avec les Allemands. Nous travaillons pour eux ou avec eux, suivant les directives du « patron ». Patron qui ne pose pas de questions sur ses « employés » et qui me fout une paix royale parce que je connais Violette. Pas comme celle qu'on surnomme « la Comtesse » dont il a fait sa maîtresse attitrée...

Jasper est au courant de tout cela. Il fait ce qu'il peut pour me réconforter, pour me convaincre que cela ne va pas durer mais je n'arrive pas à le croire.

Mes moments de calme, c'est avec Bella que je les passent. Ma douce ne me pose pas de questions sur ce que je fait et a bien vu que je ne voulais pas en parler. Nous passons notre temps à faire l'amour. J'oublie tout quand je suis dans ses bras. J'oublie le monde extérieur en la tenant simplement dans mes bras...

C'est ce que je fait en ce moment. Bella est allongée contre moi et semble dormir. Je sais qu'elle ne dort pas et je me contente de lui caresser les cheveux.

- J'ai vu Jacob. Murmura ma douce.

- Ton ami juif?

- Oui. Il est retourné chez lui après avoir mis ses parents en sécurité. D'après ce qu'il m'a dit, ils sont en Suisse.

- Il faudrait que Jacob y aille aussi. Dis-je, pensive. Les évènements ne jouent pas en sa faveur.

- Parce qu'il est Juif?

- Parce qu'il est Juif et que les Allemands les considèrent comme des sous hommes... Et vu ce que je vois et entends... Jacob doit impérativement rejoindre ses parents.

- Je veux bien mais comment faire?

- Jasper. Répondis-je.

- Tout les Juifs sont recensés et portent une étoile de David. Objecta Bella. Il est retourné à son appartement et s'il s'en va...

- Jacob viendra ici. Les Allemands ne penseront jamais à venir le chercher ici. Il ne faut pas oublier que Rosalie est la maîtresse d'un officier, qu'Emmett est un ancien prisonnier de guerre et que je travaille pour eux. (soupire) Le temps que Jasper mette au point les détails pour organiser le passage de ton ami en Suisse ou en zone libre, il restera avec nous.

- Je lui dirais. Promis Bella. (sourit) Assez parlé de la guerre... Pour l'instant, j'ai envie de passer du temps avec toi.

- Dans ce cas, que dirait tu d'écouter un peu de musique?

- Allemande?

- Non. Chopin et Debussy. Ras le cul des Allemands...

- Sur le tourne disque?

- Au piano. Et si tu es sage, je t'apprendrai à en jouer.

- Je suis toujours sage. Répondit ma douce avec un air innocent sur le visage.

- Ça reste à voir. Dis-je en riant et en me levant. Allez, debout mademoiselle Swan.

Nous éclatâmes de rire et allâmes dans le salon ou je m'installais au piano tandis que Bella prenait place dans un fauteuil mais, au lieu de jouer, je la regardais.

Si belle et si innocente. Si désirable... J'ai toujours autant de mal à croire qu'elle soit à mes côtés, que cette délicieuse jeune femme fasse partie de ma vie. Je n'ai absolument pas le courage de lui parler de ce que je fait. Je dois la protéger au maximum. Protéger cette magnifique jeune femme de toutes les horreurs même si j'y perd des plumes. Sa liberté est le bien le plus important.

- Tu ne joues pas?

- Non. Répondis-je en souriant. Je pensais à toi.

- Ah bon? Fit elle, surprise.

- Oui. Je me disais que tu étais la personne la plus importante pour moi...

Une délicate couleur rouge colora ses joues pâles et je fit mine de lui envoyer un baiser. Mes mains effleurèrent les touches et Chopin envahit la pièce...


POV Bella

Ile st difficile pour moi de savoir exactement en quoi consiste le boulot d'Alice. Elle en parle pas. Une vraie tombe pour reprendre une expression de Jasper mais j'ai demandé à papa qui m'a dit: le 93 rue Lauriston? Un repaire de voleurs en tout genre travaillant pour les Allemands. Tortures et vols font parties de leurs activités, surtout concernant les Juifs.

Cela m'a fait l'effet d'une douche froide. Alice ne peux pas être complice de tout ça. Pas après ce qu'elle m'a dit pour Jacob mais, en même temps, le jeu est truqué. Je suppose qu'Alice doit donner le change... Et il y a autre chose qui m'agace. C'est le fait de savoir que l'autre ersatz de femme est avec elle...

Chopin s'était arrêté depuis quelques minutes et je sentais qu'Alice me regardait. Son regard ocre me détaillait. Comme à chaque fois, je me sens fondre. Regard qui reflète tout l'amour que la belle Alice Cullen a pour moi. Regard dans lequel j'oublie tout...

Alice me rejoignit et s'assit sur l'accoudoir du fauteuil.

- Chopin t'a plu? Demanda t'elle avec un sourire charmeur.

- Oui.

- Menteuse. Répondit Alice, toujours souriante. A un moment, j'ai viré sur Debussy et tu ne t'en ai même pas rendue compte.

- Désolée, j'étais perdue dans mes pensées.

- Puis-je les connaître?

- Je pensais à quelque chose... Que représente Violette pour toi? Quand elle est venue ici pour te proposer ce... travail, elle n'arrêtait pas de te reluquer.

- Ma Bella serait elle jalouse? Plaisanta Alice.

- Faut croire. T'as vu comment elle te regardait? Comme si tu étais de la viande fraîche.

- Moi, coucher avec Violette? Autant essayer d'être copine avec Rosalie. Violette ne représente rien pour moi. J'ai eu de l'admiration pour sa carrière sportive mais la femme en elle-même ne m'intéresse pas. Je préfère largement les nuits passées à tes côtés que les journées ou Violette me parle de ses conquêtes.

- Parce qu'elle a une vie sexuelle?

- Son physique plaît à certaines femmes mais les femmes s'habillant en hommes et faisant tout comme eux ne m'attirent pas du tout. (sourit) Je les préfèrent brunes avec des grands yeux chocolat et n'hésitant pas à prendre des initiatives. Comme cette fameuse fois près du fort, alors qu'il pleuvait...

A l'évocation de cette fameuse journée, je rougis. Alice s'en rendit compte et me caressa les cheveux.

- Ce fut le moment le plus excitant de toute ma vie. Murmura ma douce. Qui aurai pu penser que la sage et sérieuse Isabella Swan avait un tempérament de feu?

- Je cache bien mon jeu. Dis-je en la faisant basculer sur moi. Il y a encore des choses que tu ignores. (l'embrasse) Mais tu n'en connaîtra la teneur que ce soir.

- Vilaine. Répondit Alice, frustrée.

- Je sais mais c'est pour ça que tu m'aimes.

Alice éclata de rire et se releva. Elle alluma une cigarette et alla sur le balcon tandis que je restait assise. J'aurai très bien pu la rejoindre mais je respectait les moments ou elle avait besoin d'être toute seule. Sûrement à cause de ce qu'elle fait et du fait qu'Emmett vienne aujourd'hui.

Quelques minutes plus tard, un grand jeune homme, aux cheveux courts, au regard ocre et au sourire chaleureux rentra dans le salon. Alice nous rejoignit et le géant me dévisagea.

- Isabella. Me dit il en tendant sa main. Je suis Emmett.

- Enchantée. Répondis-je en serrant la main tendue. Mais tu peux m'appeler Bella.

- C'est donc toi qui a mit fin à la ribambelle des nanas qui venaient ici.

- Emmett. Gronda Alice, visiblement amusée par les propos de son frère.

- Ben quoi? Dit le géant en haussant les épaules. Si je n'ai même plus le droit d'asticoter ma belle-sœur, ou va le monde?

- Alice éclata de rire et Emmett me sourit.

- Qu'est ce qui t'amène par ici? Demanda Alice à son frère.

- Rien de spécial. Rosalie n'est pas à la maison et Jasper... Aucune idée. D'ailleurs, ou est Ed?

- Je l'ignore. Mentit Alice.

- Tout ce que j'espère, c'est qu'il ne s'est pas rendu en Angleterre pour ce pseudo général. Ce n'est pas lui l'autorité de la France mais le Maréchal.

- Si tu le dit. Soupira ma douce.

- Tu n'es pas de mon avis? Dit Emmett en se tournant vers moi.

- Moi et la politique, ça fait deux. Répondis-je en haussant les épaules. Au risque de me faire passer pour une matérialiste, du moment que mon confort ne change pas, le reste, je m'en fout.

- Et toi, maintenant que tu es libre, que va tu faire? Demanda Alice en allumant une cigarette.

- Déjà, passer un peu de temps avec Rose. Et ensuite... J'ai quelques pistes pour du boulot.

- Quel genre?

- Ben... Y'a cette histoire de milice qui me tente mais comme cela ressemble à l'armée... Je crois que je vais opter pour la rue des Saussaies ou l'avenue Henri-Martin.

- Tu vas travailler avec les Allemands? Dit Alice, stupéfaite au point de laisser sa cigarette choir de ses lèvres.

- T'es bien avec la bande à Laffont toi.

- C'est pas pareil. Répliqua Alice en récupérant sa cigarette. C'est français.

- Français de mon cul ouais... Y'a qu'à voir ce que vous faites. Et en plus, t'es avec Violette. Ricana Emmett avec un sourire narquois.

- Viens pas me faire chier avec elle. Menaça Alice. J'ai déjà droit à la liste de ses conquêtes... Emmett, si tu continues à me parler d'elle, tu vas en entendre des vertes et des pas mûres sur l'autre dinde qui te sert de femme.

- On parle de moi? Dit alors Rosalie qui venait d'arriver dans le salon. Salut numéro.

- J'suis pas un numéro. Répliquai-je en regardant la nouvelle arrivante.

- T'es juste la nouvelle lubie de ma très chère belle-sœur qui te larguera une fois qu'elle en aura fini avec toi.

- Balaye devant ta porte avant de sortir des conneries pareilles. Elles sont aussi énormes que ton cul.

- Que tu aimerai bien te faire.

- Certainement pas. Je passe pas derrière des...

- Stop! Dit Alice, sèchement. Emmett, tu embarques ta catin et vous foutez le camp de chez moi. J'suis pas d'humeur à supporter les commentaires de ton roquet.

- Alice, je... commença Rosalie.

- Emmett, quand tu t'es marié avec elle, la muselière était en option? Continua Alice en ignorant Rosalie.

Emmett ne répondit pas et eut un fou rire en voyant la tête de sa femme qui était sidérée par sa réaction. Le géant nous salua et, entraînant Blondie avec lui, s'en alla. Alice alla sur le balcon et je la suivi. Elle me tournai le dos et je devinais qu'elle était soucieuse.

- Emmett va droit dans le mur s'il fait ce qu'il a dit. Fini par dire Alice sans se retourner.

- Il est sérieux pour ce qu'il a dit sur ton boulot? Dis-je, inquiète.

- Disons que nous adorons nous lancer des piques. (Alice se retourne) Et puis, j'ai adoré tes mots doux avec Rosalie.

- Je me retenait pourtant. A cause d'Emmett.

- T'inquiètes pas, il est déjà au courant que sa catin se tape la moitié du tout Paris allemand.

- Et il ne dit rien? Fis-je, étonnée.

- Il s'en tamponne. Du moment qu'il ne la voit pas avec un de ses amants...

- Drôle de couple. Marmonnais-je.

Alice sourit et me prit dans ses bras. J'en fermait les yeux de plaisir. Par ce simple geste, je me sentais en sécurité dans ses bras même si, au fond de moi, j'étais morte de trouille parce que ma belle Alice joue à un jeu dangereux.

Français de mon cul ouais... Y'a qu'à voir ce que vous faites. Et en plus, t'es avec Violette.

Dit moi ce que tu fait avec eux ma belle Alice... Parle moi, je peux tout entendre venant de toi...


Prochain chapitre avant dimanche avec (roulement de tambour...) un lemon pour le POV d'Alice! Mais une mauvaise surprise pour Bella...

Sinon, merci à toutes et à tous pour vos reviews!

A bientôt,

K&13