Nous aurions du poster la suite dimanche mais il fallait bien se reposer avec la magistrale cuite du week end... Et avec une miss K qui est incapable d'écrire pour l'instant, cela a été un peu plus long! Prochaine suite dans la semaine!
Bonne lecture,
Enjoy :)
Cdt13
POV Alice
Mon dieu... Dans quoi je me suis embarquée?
Je voit et j'entends des choses sans nom. L'horreur avec un grand H. Je revoit encore la tête de Jasper quand je lui ai fait mon dernier rapport. Il oscillait entre l'incrédulité et l'effroi. Maintenant, en plus de la spoliation des biens juifs, on torture des Français dont le seul « crime » est de résister à l'occupant. Tout les moyens sont « bons » pour les faire parler. C'est inhumain. Quand je suis chez moi, j'entends encore leurs cris et leurs supplications... Je n'y participe pas mais je suis tombée sur une de leurs séances par hasard. Difficile pour moi de réaliser ce que j'ai vu et d'oublier la satisfaction sur le visage de Violette qui torturait une femme... Femme qui n'avait pas crié une seule fois malgré ce que Violette lui faisait subir et pourtant, elle n'y allait pas de main morte!
Voilà à quoi j'ai involontairement assisté. J'ai vu le plus mauvais côté de l'homme. Je sais ce qui m'attends si jamais je tombe entre leurs mains.
A Bella, je ne dit rien. Je ne veux pas et je ne peux pas. Je passe pratiquement toutes mes nuits à la regarder dormir.
Dans notre grand lit, Bella est endormie et je la regarde. Je suis incapable de trouver le sommeil et je n'ai pas envie de me lever. Bella se colla contre moi et je lâchai un soupir de contentement. Cela fait deux mois que je refuse tout contact physique avec elle. Deux mois ou je refuse de lui faire l'amour parce que j'ai l'image de cette femme torturée en moi et que j'imagine que c'est ma douce...
- Tu ne dors pas? Murmura Bella d'une voix endormie.
- Non. Rendors toi mon ange. Dis-je d'une voix douce.
Bella marmonna et je la sentit qui m'attirai contre elle.
- Non. Murmurai-je tandis qu'une de ses mains se glissait sous mon maillot.
- Alice... me supplia t'elle.
- Non.
- Je t'en prie...
- Je ne peux pas.
Bella me relâcha et se mit sur le côté. Son regard chocolat me scrutait et elle dit:
- Est ce que tu me trompes?
- Non. C'est juste que...
- Je ne t'attires plus? Demanda Bella avec de la tristesse dans la voix.
- Tu m'attires comme au premier jour. Là n'est pas le problème.
- Alors, d'où ça vient le fait que tu ne me touches plus depuis deux mois?
- Violette. Fini-je par dire.
- Violette? S'exclama Bella, stupéfaite. Tu t'envoies en l'air avec cette chose? Tu me trompes avec cette bonne femme qui ressemble à un homme?
Je me pinçais l'arrête du nez et la regardait. Dieu qu'elle est belle en colère...
- Pour la énième fois, je ne couche pas avec Violette. Tu dois me croire Bella. Tu es la seule que j'aime.
- Alors pourquoi tu ne me touches plus?
En cet instant même, je me demandais s'il fallait que j'avoue à Bella ce que j'avais vu ou ne rien lui dire et qu'elle croie que j'ai une liaison avec Violette. Finalement, j'optais pour la première solution.
- Si je ne te touches plus, c'est que j'ai vu quelque chose. Parce que j'ai vu Violette faire quelque chose.
- Tu l'as surprise en train de s'envoyer en l'air et ça t'a traumatisée? Répliqua Bella, ironique.
- J'aurai mieux aimé. Dis-je, d'un ton sombre. (soupire) J'avais besoin de sa signature pour un papier et Violette n'était pas dans son bureau. Ayant entendu des bruits bizarres provenant d'une pièce située à côté, j'y suis allée...
- Et?
- J'ai ouvert la porte et ce que j'y vis me fit peur. Une femme, les mains menottées et assise sur une chaise, se faisait battre par Violette à coups de gourdin... Et, apparemment, cela faisait un moment que cela durait... Cette femme était en sang et ne criait pas. Pas un seul son sortait de ses lèvres en dépit de ce que lui faisait Violette... (murmure) Elle prenait son pied à battre cette femme... Et je n'ai pas pu m'empêcher de t'imaginer à sa place...
Je ne put en dire plus et des larmes coulèrent sur mes joues. J'étais soulagée de pouvoir le dire à Bella mais, en même temps, je me demandais si j'avais bien fait.
- Indirectement, je suis complice de tout ça... dis-je au bout de quelques secondes de silence pendant lesquelles Bella m'avait attirée contre elle. Ce n'est plus une question de fric ou je ne sais quoi d'autre... C'est beaucoup plus grave.
Bella me regarda et elle se mordit la lèvre.
- Tu as peur pour moi.
- Je ne supporterais pas le fait qu'ils posent leurs mains sur toi. Avouais-je en inversant la position pour me retrouver au dessus d'elle. Je ne supporterais pas qu'ils fassent du mal à la femme que j'aime...
- Tu m'aimes?
- Bien plus que tu ne peux l'imaginer. Murmurai-je en détaillant son visage. Les mots ne reflètent pas assez tout l'amour que j'ai pour toi...
Un sourire étira ses lèvres sensuelles et je me penchais pour l'embrasser. A l'instant même ou mes lèvres se posèrent sur les siennes, je sus que je ne pouvais plus faire machine arrière. J'avais désespérément envie de me fondre en elle, de lui montrer à quel point je l'aime...
Mes mains se promenèrent sur son corps, redécouvrant son ventre plat, ses hanches, la courbe arrondie de ses fesses tandis que mes lèvres partirent à l'assaut de sa poitrine. Je sens ses mains s'égarer contre mes épaules. Bella lâche des soupirs et je ne peux m'empêcher de sourire. Comme cela m'avait manqué! A la lumière d'une lampe à pétrole posée sur ma table de nuit, nos deux corps prennent des teintes différentes... C'est une renaissance et je veux prendre mon temps. L'emmener jusqu'au point de non-retour, l'entendre me supplier de lui donner ce qu'elle veux.
Je fermais les yeux et me laissait guider par la respiration de Bella. Mes mains étaient partout et nulle part, allumant un brasier en elle mais je voulais attendre.
- Alice... murmura Bella d'une voix rauque.
- Pas encore. Répondis-je en l'embrassant. Pas encore.
Un soupir de frustration franchit ses lèvres et je souris, amusée par la situation.
- Sadique.
- Je sais. Murmurai-je en laissant une de mes mains caresser son ventre.
Tandis que mes lèvres taquinaient ses seins, mes mains caressaient ses cuisses. Je sentais Bella frémir sous mes mains et je décidai de mettre fin à cette torture. Je fit lentement glisser ma main le long de son pubis et sourit en constatant qu'elle n'en pouvait vraiment plus.
- Alice...
Lentement, très lentement, j'accordais à Bella ce qu'elle me demandait...
- Un peu sadique sur les bords. Murmura Bella quelques minutes plus tard en étant allongée dans mes bras tandis que je fumais une cigarette.
- Je voulais prendre mon temps. Répliquais-je en éteignant ma cigarette.
- Qu'est ce que tu vas faire maintenant? Chuchota ma douce en fermant les yeux.
- Je ne peux pas retourner en arrière. Je doit aller jusqu'au bout. J'ai été élevée comme ça, avec des idéaux et des principes.
- Même si tu dois y laisser ta peau?
- C'est comme ça. Tant pis si je dois avoir une fausse réputation et que je doive en pâtir quand tout sera terminé.
- Alice?
- Oui.
- Promet moi que tu seras toujours avec moi.
- Je te le promet. Répondis-je tout en espérant que ce ne soit pas une promesse en l'air.
POV Bella
Alice a vu l'innommable. Je la revoit encore pleurer dans mes bras. Sincèrement, j'aurai largement préféré qu'elle me dise: je me suis envoyée en l'air avec Violette. Je ne peux pas le concevoir.
A présent, je comprend mieux pourquoi Alice ressent le besoin de s'isoler. Même si elle ne me parle pas de ce qui se passe, je voit bien à sa tête que cela la rend malade.
Je ne veux pas lui imposer ma présence quand elle est toute seule. Je me contente d'être dans le salon et d'attendre qu'Alice vienne me voir. Pour reprendre une expression favorite d'Alice, nous sommes en mode lapin. Honnêtement, le sexe nous permet d'oublier tout ce qui se rapporte à ce que nous vivons.
Depuis quelques semaines, sans qu'Alice soit au courant, avec Jasper, nous mettons des tracts appelant à la résistance dans des boîtes aux lettres. C'est tout se dont je suis capable de faire.
Jacob vit désormais dans la cave de la maison de famille Cullen. Jasper s'occupe énormément de lui et je le voit tout les jours, une fois qu'Alice est endormie. Secret de polichinelle entre nous trois mais Alice m'avait clairement fait comprendre qu'elle tenait à avoir un minimum de contact avec mon ami.
Comprend moi Bella, vu ce que je fait, je ne peux pas. J'aurai toujours cette impression de voir une victime devant moi...
Je ne vis pas ce qu'elle vit mais j'entends ce qu'Alice marmonne quand elle dort. Apparemment, Violette ferait plus que torturer ses victimes... Comment Alice fait pour ne pas montrer que tout ceci la rend malade?
Mes relations avec papa se sont complètement dégradées. Pour moi, il n'est plus qu'un étranger.
Il a totalement basculé dans la collaboration et travaille désormais pour le Commissariat général aux questions juives. Papa a également découvert la véritable nature de ma relation avec Alice.
Qu'est ce que j'ai fait pour avoir une fille aussi anormale? Va au diable, enfant de Satan. Les gens comme toi sont des anormaux. Tant que je vivrai, tu ne mettra plus un pied sous mon toit!
Après une virée culturelle avec Jasper (surtout parce qu'il tenait à me faire voir une expo qui m'a fait froid dans le dos), je suis rentrée à l'appartement. Comme je m'y attendais, il était désert. J'allais sur le balcon et, allongée sur une chaise longue, Alice dormait. Une de ses mains pendait et je remarquait qu'une bouteille de vin était posée sur le sol. J'étais un peu perplexe car ma douce ne buvait pas en journée.
- Alice? Murmurai-je en venant près d'elle en lui caressant les cheveux.
- Moui? Dit elle d'une voix endormie.
- Tu as bu?
Alice ne répondit pas et ouvrit les yeux. Son regard ocre se posa sur moi et j'y lu de la tristesse.
- Que se passe t'il? Fis-je en la regardant.
- Je... (soupire) Je suis un monstre Bella.
POV très court de Bella mais nous nous rattraperons pour la suite! A votre avis, pourquoi Alice dit qu'elle est un monstre?
a bientôt,
K&13
