Chapitre un tantinet plus noir que les précédents mais qui est également rempli d'un peu de tendresse entre nos deux héroïnes.
Bonne lecture et on se retrouve en bas,
Enjoy ;)
Cdt13
PS: Merci pour vos reviews! Xenarielle, ne t'inquiètes pas pour Alice, elle n'a pas participé aux "exploits" de a juste constaté de visu que les collabos n'étaient pas des enfants de chœur.
POV Alice
- Je suis un monstre... répétais-je en détournant le regard.
- Tu n'en n'es pas un. Répondit ma douce en continuant de me caresser les cheveux.
- Si. Je t'entraîne dans un monde qui n'est pas le tien. (soupire) Je fait celle qui est forte. Celle que rien n'atteint mais ce n'est pas le cas. Je suis incapable de parler à ton ami...
- Pour des raisons qui te sont propres et que je peux comprendre.
- Justement... dis-je en m'asseyant. Je n'arrive plus à me regarder dans une glace par rapport à ce que je fait. A ce que je suis obligée de faire... Je croyais à la bonté de l'être humain mais j'ai vite perdu mes illusions...
- Je suis là, tu peux me parler. Dit Bella d'une voix douce mais j'y décelais une trace d'angoisse.
- Te parler de quoi? Dis-je après quelques secondes de silence. Des saloperies sans nom que fait Violette sur des femmes dont le seul « crime » est de vouloir une France libre? Je suis témoin de tout ça et je ne peux rien faire. Je ne peux pas intervenir quand elle fait tout ça...
Des images de Violette torturant sa dernière victime me revinrent à l'esprit et je me sentais nauséeuse. Rien à voir avec la bouteille que je me suis enfilée avant que ma douce n'arrive et que je perde pied.
- Alice, ce que tu fait est juste.
- Non, ce n'est pas juste de se taire. Répliquai-je sèchement.
- Tu l'as dit toi-même il y a quelques jours que tu te foutais des circonstances et que le plus important était ce que tu faisais avec Jasper.
Mes mains se posèrent sur sa taille et j'enfouis mon visage contre son ventre. Je sentais des larmes couler sur mes joues et Bella continuait de me caresser les cheveux.
- J'ai tellement peur... avouais-je.
Bella ne répondit pas et attendit que mes pleurs se calment avant de me relever pour aller dans la chambre ou elle me fit allonger dans notre lit. Je la sentis se coucher contre moi, en cuillère et poser une main sur ma hanche.
- Quand tout ceci sera fini, nous quitterons Paris pour aller vivre en bord de mer avec Edward et Jasper... murmura t'elle d'une voix apaisante. Et nous essaierons d'oublier cette saloperie de guerre... Nous passerons toutes nos soirées à nous saouler et nos journées à faire l'amour... Tu m'apprendras à jouer du piano... A jouer du Chopin ou du Debussy... Mais pas de compositeurs allemands. Et nous irons également voir ces artistes que tu aimest tant...
Tandis que Bella parlait d'un futur possible, je me laissait envahir par la douce chaleur de son corps et je fini par m'endormir.
Les choses sont ce qu'elles sont. Depuis quelques jours, je suis en congé maladie. La raison officielle est que j'ai chopé un sale virus mais, la raison officieuse est que je suis à bout. Physiquement, je tiens encore debout mais c'est psychologiquement que je ne tiens plus. Besoin de faire une pause. Un break comme aurait dit papa.
J'ai enfin eu des nouvelles d'Edward. Il s'est engagé dans les FFL et se trouve actuellement en Afrique du nord. Jasper en a eu également et il est heureux. Il a le sourire jusqu'aux oreilles depuis quelques jours et, en le questionnant un peu, il m'a avoué qu'il avait eu la visite d'Edward le mois dernier. Juste un aller/retour en Lysander sous le prétexte de récupérer des infos sur le réseau de Jasper.
Rosalie est toujours égale à elle-même. Elle vient, elle rentre chez moi sans prévenir et cela agace Bella qui se demande quand est ce qu'on va enfin pouvoir faire l'amour sans être dérangées. Et il y a toujours leurs petits mots d'amour. D'ailleurs, je crois que Bella est plus forte que moi à ce petit jeu!
Quand à Emmett... On se croise sur le palier, rien de plus. Nous ne nous parlons pas. Je sais qu'il est rue des Saussaies mais cela s'arrête là. Je ne veux pas savoir ce qu'il fait. Peut être que je ne veux pas savoir parce que j'ai une idée de ce qu'il peux faire...
Jacob.. Il m'est difficile de parler avec lui. Je lui apporte de la nourriture, des cigarettes, de l'alcool, des livres et des journaux mais je ne peux pas lui parler. Il me rappelle ma culpabilité par rapport à ce que je fait. Nos échanges sont silencieux mais je peux voir dans son regard qu'il est « heureux » de ce que nous faisons pour lui.
Et Bella... Mon Isabella joue avec le feu mais je ne peux pas la blâmer. Je ne peux pas lui faire de reproches sur quoi que ce soit. Je sais ce qu'elle fait avec Jasper. Je suis fière d'elle et en même temps, j'ai peur pour elle...
Cela fait deux jours que je n'ai pas vue Bella et je ne sais pas ou elle est. Elle n'est pas chez son père et Jasper n'a aucune idée d'où elle est. Il m'a dit qu'elle devait passer aux différentes boîtes aux lettres et faire son rapport pour le radio l'envoie à Londres mais, apparemment, il y aurai pas mal de camion-gonio sur Paris et qu'ils brouilleraient les fréquences radio avec une facilité déconcertante.
Son absence me bouffe et j'erre comme une âme en peine à la maison. Je prie je ne sais quel dieu pour que ma Bella soit simplement retenue quelque part. Chez une de ses connaissances par exemple ou qu'elle ai prit contact avec la famille de Jacob.
Je m'apprêtais à passer ma troisième nuit toute seule dans mon appartement quand on sonna à ma porte. Intriguée, j'allais ouvrir et je vit Emmett, tenant quelqu'un dans ses bras. Sans rien dire, le visage fermé, Emmett alla dans ma chambre et je le suivit. Il posa le plus doucement possible la personne sur mon lit et je me penchais pour savoir de qui il s'agissait. En voyant les boucles brunes, je ne pût m'empêcher de crier. Bella était allongée sur notre lit, le visage tuméfié, sa longue chevelure brune poisseuse de sang.
- Comment... dis-je en serrant les dents tandis que mon regard ne pouvait se détacher du visage de ma douce.
- Je l'ignore. Répondit mon frère en baissant la tête. Alice, Bella a été arrêtée devant une boîte aux lettres qui servait de souricière.
Je me tournais vers Emmett et je sentais la colère qui qui bouillait dans mes veines.
- Connard! Criais-je. T'es qu'un sale enfoiré! Qu'est ce que tu as fait à Bella? Qu'est ce que tes salopards de copains ont fait à ma femme?
- Je n'étais pas là quand ils ont fait ça. Argumenta t'il en reculant.
- Menteur! Hurlais-je. Putain Emmett! Regarde ou ça mène de travailler avec eux!
- Tu travailles bien avec eux...
- Je joue double-jeu espèce de connard!Tu crois quoi? Que je travaille avec Violette pour le plaisir? Regarde un peu ce que tes prétendus copains ont fait à Bella! Regarde là Emmett et ose me dire que tu l'ignorais.
Je vis mon frère jeter un rapide coup d'œil à Bella et il me regarda, l'air perdu.
- Je te jure que je l'ignorais Alice. Crois moi, je ne le savais pas. Dit il avec des sanglots dans la voix. Je devais simplement aller voir si les personnes interrogées avaient encore des valeurs sur elles et c'est là que je l'ai vue... Bella venait de subir la baignoire et elle était assise, menottée à une chaise en attendant la relève... Je n'ai pas réfléchit... J'ai prit une gabardine, je l'ai détachée et prise dans mes bras, Bella étant incapable de marcher...
- Et comment tu as fait pour la sortir? Dis-je, sceptique par rapport à ce qu'il racontait.
- Je l'ai mise dans mon véhicule de service et j'ai été récupérer ses papiers. J'ai également prit soin d'effacer son nom des registres...
- Et tout ça sans que tes potes ne s'en aperçoivent?
- J'ai eu du bol. La relève était en train de se faire.
Je réfléchit quelques secondes et je dit, en regardant Emmett dans les yeux:
- Maintenant, tu as vu ce dont tes copains sont capables de faire. Arrête pendant qu'il en est encore temps.
- Je ne peux pas. Par rapport à toi, je ne peux pas.
- Comment ça, par rapport à moi? Fis-je, surprise.
- Ils savent que je suis ton frère et qu'Ed s'est tiré en Angleterre.
- Je te le répète, arrête tant que tu le peux. Si tu ne le fait pas pour moi, fait le pour Bella...
Emmett jeta un dernier coup d'œil à Bella et, sans me répondre, partit.
Je restait seule avec Bella qui semblait être endormie. Je me sentais coupable. Coupable de l'avoir attirée dans une voie qui n'est pas la sienne. Coupable de la voir dans cet état là.
Une main réconfortante se posa sur mon épaule.
- C'est Emmett qui m'a dit pour Bella. Murmura Jasper. Je suis désolé. Je n'aurai pas du l'entraîner dans tout ça.
- Ce qui est fait est fait. On ne peut pas retourner en arrière.
- Si je peux faire quelque chose pour toi...
- Oui. Va me chercher une bassine d'eau et du désinfectant.
Jasper revint quelques minutes plus tard dans la chambre me donner ce que je lui avait demandé et resta à côté de moi, ne sachant pas quoi faire.
- Rentre chez toi. Dis-je d'une voix douce.
Jasper opina de la tête et s'en alla. J'observais ma douce et je me décidais à la déshabiller. En enlevant ses vêtements trempés et couvert de sang, je constatai qu'elle avait des bleus partout.
- Les salauds... sifflais-je entre mes dents tout en la nettoyant du mieux que je le pouvais.
Bella s'agita un peu quand je lui désinfectais la plaie qu'elle avait à l'arcade gauche et elle murmura, d'une voix atone:
- Alice...
POV Bella
Chaque mouvement me fait mal, y compris quand je respire. Je suppose que je doit avoir quelques côtes de brisées.
De mon arrestation, je ne me souvient de pas grand chose. Juste de l'arrivée de deux miliciens. Par contre, je me souvient de ce qu'ils m'ont fait... Par contre, je ne sais absolument pas comment je suis arrivée chez Alice. Je me rappelle juste être restée assise, menottée à une chaise, juste après une séance de baignoire.
Depuis, plus rien. Je sais que j'ai vaguement reprit conscience quand j'ai sentit qu'on me déshabillait et que j'ai reconnu le toucher délicat mais hésitant d'Alice.
Les deux jours suivants passèrent dans le flou le plus complet. Alice me réveillait toutes les deux heures pour que je m'hydrate et m'alimente un peu mais je ne voulais qu'une seule chose, dormir et toujours dormir.
Ce ne fut que le troisième jour que je parvint à me réveiller sans l'aide d'Alice. J'étais dans notre lit et je ne sentais pas la présence de ma douce à mes côtés. Paniquée, je me redressais d'un seul coup et je fini par la voir, endormie sur une chaise, à mes côtés.
- Alice... murmurai-je en tendant une main pour pouvoir la toucher.
Ses yeux s'ouvrirent et son regard ocre se posa sur moi tandis qu'un sourire de soulagement flottait sur ses lèvres pleines.
- Tu es enfin réveillée. Constata t'elle sans cesser de sourire. Comment tu te sens?
- Nauséeuse et j'ai mal quand je respire.
- Ça va passer. Assura ma douce en prenant ma main dans les siennes. (murmure) Tu m'a fait très peur.
- Je suis solide. Plaisantais-je en souriant à moitié.
Alice me sourit et cela me faisait du bien de la voir ainsi. Je crois que c'est ça qui m'a le plus manqué. Son sourire. Un sourire franc et chaleureux. Un sourire rassurant qui me fait tout oublier.
- J'ai une idée. Dit ma douce sans se départir de son sourire. Je ne serai pas longue.
- Ou tu vas? Demandai-je, inquiète.
- Tu verras.
Alice revint quelques minutes plus tard toujours en souriant. Elle me prit une main et me regarda.
- Te sens tu capable de te lever?
- Je pense qu'avec ton aide, c'est faisable. Répondis-je en la regardant.
- C'est tout ce que je voulais entendre. Dit elle en me tendant un peignoir. Je vais t'aider à le mettre et ensuite, nous irons dans la salle de bain.
A la simple évocation de ce lieu, je repensais au supplice de la baignoire et j'eus la désagréable sensation d'étouffer.
- Je ne veux pas...
- Je serais avec toi mon amour. Dit Alice d'une voix douce. Je ne vais pas te laisser toute seule...
Tandis qu'Alice me parlait, je la sentais qui m'aidait à enfiler le peignoir et me relever.
- Ça va? Me demanda ma douce tandis j'avais du mal à tenir sur mes jambes vacillantes.
- Je crois que j'ai un peu surestimé mes forces. Avouais-je en regardant par terre.
- Ce n'est pas grave. Dit elle en me soulevant sans efforts.
- Je vais te faire mal.
- Mais non. Fit Alice en marchant vers la salle de bain. Tu es aussi légère qu'une plume.
Le trajet ne dura que quelques secondes mais je ne me lassais pas d'être dans ses bras. Que cela m'a manqué pendant tout ces jours. Alice dut s'en rendre compte car elle ne me reposa pas de suite par terre. Elle me tenait serrée contre elle, comme si elle avait peur que je m'échappe et je pouvais entendre les battements de son cœur. C'est alors que je me rendis compte que la salle de bain était éclairée par des bougies et qu'un bain moussant m'attendait ainsi qu'une bouteille de champagne avec deux flûtes.
- C'est pour nous? Demandais-je d'une voix hésitante.
Alice opina de la tête et m'embrassa délicatement sur les lèvres avant de murmurer:
- Pour la femme exceptionnelle que tu es...
Alice me reposa à terre et me fit signe d'enlever mon peignoir tandis qu'elle se déshabillait. Une fois nue, ma douce me fit assoir dans la baignoire et se glissa derrière moi, ses mains posées sur mon ventre. J'appuyais ma tête contre sa poitrine et Alice murmura:
- Je suis tellement désolée de ce qu'il t'es arrivée. C'est de ma faute...
- Tu n'as pas à te sentir coupable de ce que je fait. Répliquai-je doucement.
- Je t'ai entraînée la dedans.
- Alice, la France vaut la peine qu'on se batte pour elle. (soupire) Tu m'a dit, un jour, que les Allemands te filaient de l'urticaire. Moi, c'est pareil.
- Si tu pars, je n'y survivrai pas.
- Je ne partirai pas. Dis-je, sûre de moi tout en entrelaçant nos doigts. Et il me semble que je t'ai dit nos projets pour le futur...
- C'est vrai. Concéda ma douce. Toi et moi faisant l'amour à longueur de journée... Moi, essayant de t'apprendre à jouer du Chopin. Toi, essayant de me distraire alors que je serai en train de lire...
Et comment je ferai pour te distraire?
- De cette manière là... murmura Alice en m'embrassant dans le cou tandis que ses mains caressaient mon ventre...
Coupure sadique des auteurs. Que voulez-vous, pas d'inspiration pour les lemons en ce moment!
En espérant que ce nouveau chapitre vous ai plus,
A bientôt,
K&13
