Nous revoilà pour vous jouer un nouveau tour!
Suite qui était prête depuis un long moment mais bon, dans la vie, on ne fait pas toujours ce qu'on veut. Parce qu'en plus d'être marées, il faut gérer le boulot de madame, les Nains (qui sont 5 maintenant) et mon emploi du temps qui est très chargé. (d'ailleurs, celui qui dit que les profs ne foutent rien, je lui colle mon pied au luc^^)
Enfin bref, c'est avec plaisir que le K13 vous propose sa suite qui, on l'espère, vous procurera autant de plaisir que nous avons eu à l'écrire.
Bonne lecture et on se retrouve en bas,
Enjoy ;)
Cdt 13
A Régine D., dont l'inoubliable saga fait partie de nos livres de chevet.
POV Alice
Au départ, cela ne devait être qu'un simple séjour avec Bella, histoire d'être loin de Paris pendant quelques jours. Juste elle et moi mais Jasper s'est joint à nous. Sa présence n'est pas dérangeante, bien au contraire. Tous les trois, nous renouons avec l'insouciance car nous en avons besoin.
Bella pour se remettre de ses blessures, moi pour ne plus penser aux saloperies de Violette et Jasper pour ne pas être tout seul.
Je me sentais bien dans cette maison si typique des bords de Loire, avec ses murs en pierre de tuffeau et son toit en ardoise. Mes racines. Mon fief devrai-je dire.
J'avais passé toute mon enfance et mon adolescence ici, sous la surveillance discrète mais ô combien précieuse du couple qui s'en occupait toute l'année.
Vétéran de la dernière guerre et ami de papa, Henri s'occupait de l'entretien de la propriété tandis que sa femme, Agathe, faisait office de gouvernante.
Des gens simples et chaleureux que mes parents ont toujours respectés, ne serait-ce parce qu'Henri et mon père se sont connus dans les tranchées.
Couple qui a essayé de transmettre à moi, Edward et Emmett leurs valeurs ce dont je suis fière.
Notre venue ne les a pas étonnés. Un simple télégramme pour annoncer notre arrivée et nous avons été accueillis comme des rois.
Avec sa bonhommie habituelle, Henri avait été chercher quelques bonnes bouteilles dans la cave.
Cela fera ça de moins dans la goule des Boches. Avait-il dit avec un sourire qui en disait long.
En entendant cette phrase, je n'avais pas pu m'empêcher d'éclater de rire tandis qu'Agathe, bras croisés, me faisait les gros yeux. Réprimande qui n'en n'était pas une.
- Je manque à tous mes devoirs. Agathe, je te présente Bella. Bella, voici Agathe. L'âme de cette maison.
- Bonjour.
- Jasper, chenapan. Tu ne dis plus bonjour ?
- Excusez-moi. Fit mon beau-frère en l'embrassant sur les joues. Je suis un peu perdu dans mes pensées.
- Qui s'appellent Edward. J'ai vu juste ?
- Oui.
- Vous avez de ses nouvelles ?
- Il est avec le Général.
- A la bonne heure ! Voilà une excellente nouvelle ! s'exclama Agathe. Et Emmett ?
- Sans commentaire. Répliquai-je. Et il est toujours avec sa dinde.
- Quand est ce qu'il va se décider à divorcer ? Cette catin ne lui apportera que des ennuis. Pff… Si les rues de Paris n'étaient pavées que de bites… Désolée Jasper, j'oublie que nous parlons de ta sœur.
- Ce n'est pas grave. J'ai d'autres chats à fouetter que de m'occuper de ce que peut bien faire ma sœur. Je vais aller voir ce que fait Henri. Il a peut être besoin d'un coup de main.
Jasper parti, j'allumais une cigarette sous le regard désapprobateur d'Agathe.
- Je croyais que tu avais arrêté.
- Les habitudes ont la vie dure.
- Tu dis ça à chaque fois.
- Je sais.
- Et vous Bella… Essayez donc de convaincre cette bourrique d'arrêter. Elle finira par y laisser sa santé. Bougonna Agathe.
- Alice est têtue et bornée. Répliqua Bella, amusée. Mais c'est pour ça que je…
- Que vous l'aimez. Ah, c'est beau l'amour. Trente ans avec mon Henri et j'ai toujours l'impression que c'est le premier jour…
Agathe s'affaira quelques minutes dans un placard et en sortit trois verres ainsi qu'une bouteille légèrement poussiéreuse.
- Réserve personnelle que je ne sort que quand Alice vient dans le coin. Une bonne bouteille de chez nous.
Elle remplit les verres et nous les donna. Je vis Bella qui regardait son verre d'un air circonspect, comme si elle craignait de le boire.
- Tu ne crains rien. Murmurai-je. Coteaux du Layon.
Qui ne date pas de Mathusalem. Compléta Agathe. Je ne vais pas vous empoisonner ! De toute manière, si je dois empoisonner quelqu'un, ce serai le Maréchal. Quelle enflure celui là.
Agathe but son verre cul sec et Henri fini par revenir avec Jasper, les bras chargés de bouteilles.
Je ne pouvais m'empêcher de sourire devant cette scène tellement familière. A chaque fois que je venais, Henri disparaissait toujours dans la cave, soit avec moi, l'un de mes frères ou mon père. Généralement, quand nous remontions, nous étions un peu raides car il tenait absolument à nous faire goûter ses dernières acquisitions.
- Ce coup ci, j'ai eu de la chance. Les allemands allaient faire main basse sur le vin d'Albert. En une nuit, on a transvasé le contenu de quatre tonneaux dans la cave avant qu'ils ne foutent du fioul dedans.
- Albert ne va rien te dire ?
- Non. Il me les a vendues avant de partir je ne sais ou. Money is money and friends are friends. Agathe, je t'emprunte les deux jeunes.
- Bella peut venir avec nous. Coupa Jasper.
- Tu es sûr ?
- Si cela ne vous dérange pas, je préférerai rester ici avec votre femme. Répondit ma douce avec un sourire d'excuse que je fus la seule à comprendre.
- D'accord. Dis-je ne lui serrant doucement la main.
- Allez, filez. Dites moi Bella, vous savez éplucher des patates ?
Sans rien dire, nous suivîmes Henri qui nous conduisit dehors, près du cabanon ou il entreposait certains outils.
- Bon les jeunes, votre visite n'est pas si anodine que ça n'est ce pas ?
- On ne peut rien te cacher. Admis Jasper. J'aurai besoin…
- D'organiser un parachutage. Je sais, je suis au courant et la piste est prête. Le coucou doit pondre ses œufs cette nuit.
- Comment est tu au courant ? Demandai-je, soupçonneuse.
- C'est moi qui gère cette partie du département. Un nouveau pianiste doit arriver et c'est moi qui m'en charge.
- Tu es au courant de beaucoup de choses ?
- Assez pour savoir ce que tu fais et que Jasper fait du bon boulot. D'ailleurs, vous avez les félicitations de Max. Il doit venir dîner ce soir.
- Max ? Il est dans le coin ?
- Oui mais il repart à Lyon demain. Il a certaines instructions à vous donner.
- Ah bah putain. Lâcha Jasper, étonné.
- Tu peux le dire. Bon, la nuit ne va pas tarder à tomber et il faudrait se magner si on ne veut pas que ma femme râle parce qu'on est en retard.
- Mais quel couillon…. Crétin d'Anglais ! marmonna Henri tandis que le Lysander effectuait des cercles au dessus de nos têtes. Il va finir par nous faire repérer. Mais saute ducon !
- Comme si le pilote l'avait entendu, l'avion fini par cesser de tourner en rond et un parachutiste sauta.
- Putain, il était temps. Maugréa notre ami en éteignant sa lampe torche. Jasper, éteint moi toute les lampes. Alice, vient.
J'accompagnais Henri jusqu'au point de chute du parachutiste qui essayait tant bien que mal de se dépêtrer de la toile de son parachute.
- Hello. Are you OK?
- I know it was an asshole suggestion…Putain de saloperie de merde! S'exclama l'inconnu dont la voix m'était familière.
Tout aussi surpris que moi par cette expression si française, Henri braqua sa lampe sur l'inconnu qui se révéla être Edward.
- Alice ? Henri ? dit il, surpris.
- C'est toi le pianiste ? Répliquai-je en le dévisageant. Je croyais que tu étais chez les FFL.
- Provisoire en attendant une affectation définitive. Répondit mon frère en me prenant dans ses bras. Qu'est ce que tu fais là ?
- Je te le raconterai plus tard.
- Tu as intérêt. Quelles sont les nouvelles à Paris ?
- La merde habituelle.
- Oh.
- C'est bientôt fini la parlotte ? Coupa Henri qui terminait d'enfouir le parachute d'Edward.
- Je sais, il y a Max. soupira Ed en se passant une main dans les cheveux. Bon sang… Je le retiens l'autre crétin. Tourner en rond…. Un coup à se faire gauler. Même pas un gars de la RAF mais un type lambda qui a fait le quota minimum d'heures de vol….
- Au lieu de râler, on va rentrer. Je crois que quelqu'un va être surpris de te voir.
- Agathe ?
- Non. Enfin, tu verras bien.
- Oh merde… fit Jasper en venant à notre rencontre.
- Je sens que ça ne va pas être calme dans les parages.
- Henri ! Dis-je en riant.
- Je taquine.
Edward et Jasper se regardaient et il me semblait qu'aucun des deux ne réalisait vraiment qui était en face de l'autre. Ils ne disaient rien mais leurs regards en disaient long. Pratiquement un an qu'ils ne s'étaient pas vus.
- Henri, on part devant. Fis-je en l'entraînant par le bras. Ils nous rejoindront plus tard.
Bella riait aux éclats avec Agathe à une histoire racontée par un homme brun, au cou ceint d'une écharpe qui se leva en nous voyant.
- Cela fait du bien de rire un peu. Confia-t-il avec un sourire amusé.
- A qui le dites vous mon cher. Répondit Henri en lui serrant la main. Le voyage n'a pas été trop long ?
- On s'habitue aux lenteurs du train ainsi qu'aux contrôles.
L'inconnu allait rajouter quelque chose mais il semblait être mal à l'aise en ma présence et celle de Bella. Henri dut s'en rendre compte car il dit :
- Elles sont des nôtres. Alice, voici Max.
- Enchantée. Fis-je en lui serrant la main.
- De même. J'ignorais que « Alice » était tout à fait charmante et que vous étiez une femme. N'y voyez pas de la misogynie de ma part. C'est juste que pas mal d'agents ont pour noms de code des prénoms féminins… En même temps, le fait que vous soyez rue Lauriston aurait du me mettre la puce à l'oreille.
- Y'a pas de mal. Assurai-je.
- Bella, ne prenez pas pour argent comptant la première phrase que j'ai dite à votre amie.
Du coin de l'œil, je vis que ma douce vidait son verre et qu'elle souriait à moitié. Ma Bella serait elle jalouse ?
- Enfin bref, j'aimerai vous parler en privé dans la mesure du possible.
- Maintenant ?
- A la fin du repas. Je crois que votre frère et votre beau-frère doivent arriver d'ici peu. D'ici là, amusons nous et faisons honneur au repas préparé par Agathe.
POV Bella
On se sent bien dans cette maison. Elle est agréable et à l'image des propriétaires. Simple et chaleureuse.
Je dois dire qu'au premier abord, quand Alice m'a proposé de se mettre au vert pendant quelques temps, l'idée ne m'avait pas convaincue. J'avais encore du mal à marcher et à me tenir debout mais ma belle amoureuse su trouver les arguments convaincants pour vaincre mes réticences.
Toi et moi dans ce coin perdu en bord de Loire… Avec pour compagnie le silence. Imagine de ne pas entendre et de ne pas voir un seul allemand dans la propriété de mes parents… Juste le calme des lieux avec les bons petits plats d'Agathe et la gouaille d'Henri. Ce sont des amis de longue date de mes parents et ils vivent à l'année là bas. Et puis, ils ne nous jugeront pas.
Au final, Jasper s'est joint à nous. Le pauvre, il avait lui aussi bien besoin d'une coupure après avoir réussi à faire passer Jacob en Suisse.
Nous avons été accueillis à bras ouverts par Henri et Agathe qui m'ont tout de suite mise à l'aise. Mine de rien, on se sent bien dans cette maison. Elle retentit de rires et de calembours et cela fait du bien au moral d'entendre parler d'autre chose que la guerre !
Ici, j'ai l'impression que le temps s'est arrêté, que les derniers évènements ne sont que des « souvenirs » de notre vie parisienne.
Ici, tout n'est que calme et silence, à peine troublé par les bruissements du fleuve qui coule en contrebas de la propriété. Ma belle Alice a raison. Quel pied de ne pas entendre d'allemands ni de voir du vert de gris !
Ici, la vie suit son cours, au rythme immuable des saisons.
Ici, on se sent bien.
Je me sens bien.
Même si je sens qu'Alice me cache des choses depuis l'arrivée de ce fameux Max.
Je ne suis pas jalouse loin de là. Simplement, on ne touche pas à ma belle Alice. Quoique je me doute bien que ma réaction a du la surprendre. Enfin, Max n'est pas Violette et c'est déjà ça.
Le repas était déjà bien entamé et Max nous racontait une ou deux histoires bien grivoises quand Jasper daigna enfin faire son apparition. Je failli tomber de ma chaise en reconnaissant la personne qui l'accompagnait.
Edward, en uniforme anglais, ses cheveux cuivrés en bataille et les joues mal rasées. Détendu mais souriant.
- Ed ! Que fais-tu là ? Fis-je en me levant pour me jeter dans ses bras.
- Doucement. Murmura-t-il en me serrant contre lui. Alice m'en voudrai si je te faisais mal.
- Je vais très bien, là n'est pas la question. Qu'est ce que tu fais là ? Quand est tu arrivé ?
- Ma sœur te le racontera. Dit Edward en me regardant. C'est plutôt à toi qu'il faut demander si tout va bien.
- T'inquiète chaussette. Il en faut plus. Plaisantai-je. D'ailleurs, comment est tu au courant ?
- Je l'ai su par Jasper. Avoua mon beau-frère en baissant la tête.
- Le principal, c'est que je sois là. Et que tu sois avec nous. Viens t'assoir et racontes nous.
- Ce sera avec plaisir mais je dois d'abord m'entretenir avec Max, Alice et Jasper.
- D'ailleurs, si vous le permettez Isabella, je vous emprunte votre compagne. Coupa Max en se levant de table. Ce ne sera pas long, je vous le promets. Juste quelques points de détails à finaliser.
Max s'éclipsa en compagnie d'Alice, Ed et Jasper tandis que je restais avec Henri et Agathe.
- C'est donc toi la compagne d'Alice. Fit Henri en me dévisageant. Elle a bon goût la petite. Si j'aurai quelques années de moins…
- Henri ! dit Agathe en lui donnant une tape sur la main.
- Je plaisante ma chérie. Tu es l'unique à mes yeux et tu le sais. Reprit-il en souriant à sa femme.
- Vil flatteur.
- Je ne fais que rendre hommage à la beauté de la jeunesse. Qui aurai besoin de reprendre un verre. Qu'en dit tu jeune fille ? Veux-tu continuer sur le Cabernet ou, au contraire, opter pour un Coteaux du Layon ? Ou alors, pour un Bonnezeaux de la cuvée 1923. Un vrai délice. C'est comme si toute la Loire élisait domicile en toi…
- Mon mari devient poète en parlant de ses vins. Fit remarquer Agathe en riant. Sert donc la petite.
- Elle ne m'a toujours pas dit ce qu'elle voulait. Alors…
- Ce que vous voudrez. Répondis-je en souriant.
- Va pour le Bonnezeaux. Conclut-il en remplissant mon verre d'un liquide jaune comme le soleil.
- A la bonne heure ! s'exclama Henri. C'est du soleil en bouteille. A une époque, il se murmurait dans les tranchées que le Tigre en buvait un verre tout les matins. Chose bien entendue invérifiable mais cela remontait le moral de tout les gars du coin.
- Dont je reprisais les chaussettes que tu m'envoyais. Renchérit Agathe en souriant. Pendant qu'Henri était au front, je reprisais les chaussettes en écoutant la TSF. Quand Madelon vient nous servir à boire…
Le reste de la soirée se passa au rythme des chansons fredonnées par Henri et Agathe ainsi qu'aux souvenirs des tranchées. Rythme qui ne changea pas quand ma compagne et nos amis nous rejoignirent, bien au contraire. Je crois bien que Max fut le plus gai de tous. Détendu, heureux et souriant, racontant des anecdotes sur les différents ministres qu'il avait rencontré au cours de sa carrière de préfet, poussant même le vice jusqu'à nous croquer sur bout de nappe, le tout au rythme des bouteilles vidées.
Ce fut Jasper qui donna le signal de fin en se levant. Le pauvre, ça se voyait qu'il n'avait qu'une seule envie, celle de s'éclipser avec Edward. Ces deux là s'étaient cherchés toute la soirée. Pour ma part, c'était la même chose. Je n'avais qu'une seule envie, celle de me retrouver avec ma belle Alice.
Nous avons fini par nous lever pour aller nous coucher. En vérité, bien que je désirais être en compagnie de ma belle amoureuse, je voulais savoir ce que Max leur avait dit.
- Alors ? Qu'est ce que Max vous a dit ?
- Pas grand-chose. Juste les félicitations du Général.
- C'est tout ? fis-je, déçue.
- Après, ce sont des ordres concernant mon boulot rue Lauriston. Il n'y a rien que tu ne sais déjà. Dit elle en me prenant dans ses bras.
- Tu es sûre ?
- Oui. Je crois que tu as un peu abusé du vin d'Henri.
- Juste un peu. admis-je en riant.
- J'aime t'entendre rire. Avoua Alice en rougissant. C'est quelque chose que j'avais cru ne plus entendre.
- Je suis là. Je ne part pas. Je reste à tes côtés. Pour le meilleur et pour le pire ai-je envie de dire.
Alice eut un sourire lointain et, l'espace d'un instant, je demandait si elle ne me cachait pas quelque chose mais ses lèvres posées sur les miennes ainsi que ses mains baladeuses eurent vite raison de moi….
A bientôt pour la suite!
K13
