Note de Jilano : Après des mois d'attente (je sais, on est impardonnables) voilà enfin le chapitre 6. Et mieux encore, le sept sortira la semaine prochaine, parce qu'il est déjà tout prêt dans mon ordi ! :) Bonne lecture à vous tous !

Note de Caela : Bonjour et tous et à toutes ! Nous revoilà avec un tout nouveau chapitre. :) J'espère que l'attente ne vous est pas trop longue (et que ceux qui lisent Poison Apple n'ont pas envie de me déchiqueter pour ce si long hiatus. '-') Dans ce chapitre-ci, la relation entre Mello et Matt fait un pas plutôt important ! :D Je vous laisse découvrir ceci par vous-même. ;P Merci à tous ceux qui nous ont laissé une review ; n'hésitez pas à nous donner votre avis à la fin de ce chapitre ! Les reviews nous motivent. :) Une bonne lecture à tous !


Réponses aux reviews anonymes :

Esca08 : Merci beaucoup :) Voilà la fameuse suite tant attendue ! Bonne lecture à toi :D

Iro : Merci, c'est gentil :) Bonne lecture, en espérant que le chapitre te plaise !


Matt: Fall Silently d'Ephixa Ft. Veela
Mello: Dark Blue de Jack's Mannequin


Chapitre 6 : Hauteurs.


"Non, je n'aime pas. On dirait que tu y as passé des heures. » dit Misa avec un geste de la main, le renvoyant essayer autre chose.

"Très bien. Dans ce cas, pourquoi est-ce que tu ne choisis pas ce que je vais porter ? » Répondit Mello, commençant à être agacé par ses exigences. Il appréciait qu'elle l'aide, mais c'était son rendez-vous à lui, après tout, pas à elle. Du moins, il présumait que c'était un rendez-vous, puisque rien de ce qui n'avait été dit lors des jours précédents ne l'avait convaincu du contraire.

Bien que lui et Matt ne se soient pas beaucoup vus en personne, depuis que Matt l'avait déposé au travail, ils avaient passé beaucoup de temps à s'envoyer des messages, à finaliser leurs projets pour le week-end, et à parler de choses diverses et variées.

« Je t'ai déjà dit ce que je pensais que tu devais porter, mais tu n'aimais pas mon idée, » rétorqua-t-elle, croisant les bras devant sa poitrine.

« Ouais, ben je ne vais pas porter cette horrible tenue en cuir à une fête foraine »

« Au moins, il saurait tout de suite ce que tu veux, » dit-elle avec un sourire sournois et un clin d'œil.

« Alors tu es d'accord pour dire que ça crie 'prostitué' ? » Demanda-t-il, soulevant un sourcil, surpris qu'elle l'admette finalement. Il la regarda dans l'expectative, attendant une quelconque réponse, qui ne vint jamais. Elle se mit simplement à glousser incontrôlablement. « Quoi ? » L'interrogea-t-il, ne voyant pas ce qu'il y avait de si drôle.

« Tu n'as même pas nié ! » Dit-elle avec excitation. « Tu as pensé à coucher avec lui ! »

« …Et alors ? » dit-il, essayant de faire comme si ce n'était rien, même s'il pouvait sentir ses joues devenir rouges. Et alors, qu'est-ce que ça pouvait faire ? Ce n'était pas comme si ça avait une quelconque importance de toute façon.

« Espèce de dévergondé ! » plaisanta-t-elle, lui lançant un des coussins du canapé.

« Au moins, je ne rentre pas le soir avec des types inconnus… » Marmonna-t-il.

« Oh, et moi oui? » demanda-t-elle, feignant d'être offensée. « Parce que je sais que tu n'es pas en train de parler de notre petite prude, Kiyomi. »

Takada releva les yeux de son journal pour les regarder en entendant son nom. « Hmm ? »

« Rien, » lui répondit Misa, mais au lieu de retourner à sa lecture, elle plia son journal et le posa sur la table basse.

« Oh, c'est ce que tu vas porter pour ton rendez-vous ?" Lui demanda Takada sans laisser à Misa une chance de poursuivre. « Ça a l'air bien. » Mello la regarda avec incrédulité, temporairement distrait de sa conversation avec Misa. Je crois que c'est la première chose gentille qu'elle m'ait jamais dite… A moins que ce ne soit de l'ironie…

« Donne-moi la tenue suivante. » dit-il, se retournant vers Misa. « Il va arriver bientôt. » Même si ce que Takada avait dit n'était pas de l'ironie, il n'était pas sûr d'avoir confiance en son jugement.

« Très bien, » soupira-t-elle, se retournant pour fouiller dans sa valise et lui lancer une chemise à carreaux blancs, rouges et noirs. « Garde ton jean et essaye ça. » Il attrapa la chemise et se résigna à retourner à la salle de bains, pour essayer sa cinquième tenue, et entendant Misa demander à Takada : « Tu ne trouves pas que je suis une fille facile, si ? » Il n'entendit pas la réponse de Takada, et il s'en souciait peu.

Il ferma la porte de la salle de bains derrière lui et enleva le tee-shirt qu'il portait, révélant son chapelet. Il le regarda dans le miroir, la croix métallique reposant sur sa peau nue. Une partie de lui la détestait, voulait la détruire et oublier tout ce qu'elle représentait, mais à quoi cela servirait-il ? Même s'il s'en débarrassait, il doutait de sa capacité à oublier un jour. Non, il valait mieux la garder sur lui, comme un souvenir.

Il enfila la chemise à carreaux, la boutonnant doucement, cachant de nouveau le chapelet, et ouvrit la porte, espérant que cette chemise serait celle qui permettrait à Misa de le déclarer prêt à partir. « Alors ? Quelque chose à redire sur celle-ci ? » Lui demanda-t-il.

« Hmm… Retrousse les manches » Ordonna-t-elle. Il s'exécuta, dévoilant ses avant-bras et attendit son jugement. Elle l'examina sous toutes les coutures, et fit un mouvement circulaire avec son doigt, lui faisant signe de tourner. Il étendit ses bras, tournant sur lui-même. « Eh bien… » Commença-t-elle, et il pensa qu'elle allait le renvoyer essayer autre chose. « J'aime bien. » Décida-t-elle avec un sourire satisfait, avant de faire un geste en direction de ses vêtements étalés par terre et sur le canapé. « Maintenant range tout ça. »

« Quoi ? C'est toi qui as balancé mes affaires partout dans le salon ! » Dit-il, énervé. Misa ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais n'en eut pas l'occasion. Quelqu'un frappa à la porte.

« Il est là ! » s'exclama-t-elle d'une voix suraiguë, faisant des petits sauts sur le canapé, tapant dans ses mains avec impatience. Mello la regarda, puis regarda la porte, et enfin ses vêtements par terre. Il ne voulait pas que Matt voit ce bazar.

A sa grande horreur, Misa se leva soudainement et bondit vers la porte. « Misa, non ! » Elle se tourna vers lui, sa main sur la poignée de porte, et lui jeta un regard irrité, comme s'il l'avait privée d'une grande satisfaction en l'interrompant. « Distrais le pendant un moment, » lui dit-il, se fichant de savoir si elle était contrariée ou non, « et ne le laisse pas rentrer avant que j'aie rangé. »

« Oh, tu es inquiet de ce que Mattie va penser ? » le taquina-t-elle. « Très bien, très bien, » soupira-t-elle en voyant son air exaspéré. Elle entrouvrit un tout petit peu la porte et se glissa dehors en fermant derrière elle.

A la seconde où elle fut sortie, il se mit au travail, courant dans la pièce et ramassant ses vêtements. Il aurait aimé que Misa ne jette pas les affaires qui ne convenaient pas par-dessus son épaule quand elle fouillait dans sa valise.

Takada le regardait avec une expression amusée. Si elle n'avait rien d'autre à faire que de s'asseoir là, elle aurait pu lui donner un coup de main, et il aurait pu lui demander de l'aide, mais il se ravisa. La convaincre de lui faire une faveur serait plus d'ennuis que cela en valait.

Ayant attrapé ses derniers habits, il laissa tomber le tas de vêtements dans sa valise et poussa le dessus, ne prenant pas la peine de la fermer. Tout ce qu'il possédait serait sûrement froissé quand il rentrerait, mais il s'en contenterait; des vêtements froissés valaient mieux que le fait que Matt les voit éparpillés dans toute la pièce.

Il courut jusqu'à la porte et l'ouvrit à la volée, n'ayant pas eu l'intention de le faire aussi brutalement. La première chose qu'il remarqua fut l'expression de surprise de Matt, qui s'effaça doucement pour faire place à un demi-sourire.

« Oh, parfait, » dit Misa, distrayant momentanément Mello, « tu es enfin prêt. J'étais justement en train de dire à Matt à quel point tu as mis du temps pour te préparer. »

"Merci, Misa," dit-il d'une voix monotone. Génial.Maintenant il va penser que je suis super maniaque.

"Je t'en prie. Amusez-vous bien," dit-elle avec un sourire sournois avant de disparaitre à l'intérieur de l'appartement.

« Hum, prêt ? » demanda Matt, poussant ses mèches de devant ses yeux, couverts par ses lunettes, un petit sourire gêné s'affichant de nouveau sur ses lèvres.

« Ouais, » acquiesça-t-il, et ils se dirigèrent vers l'ascenseur. « J'ai pas vraiment mis tant de temps que ça à me préparer, » Ajouta-t-il avec hésitation, ce qui arracha un petit rire à Matt.

« Pourquoi est-ce que le temps que tu as mis devrait me déranger ? » dit-il avec un haussement d'épaules, en poussant le bouton. « Tu es là, non ? »

Mello jeta un coup d'œil à Matt, qui fixait l'affichage numérique au-dessus des larges portes métalliques, les chiffres montant doucement pour leur annoncer que l'ascenseur était en chemin. Il aurait pu jurer qu'il avait vu les joues de Matt se tinter d'un léger rose en disant ça, et il sourit intérieurement.

Il devinait que ce serait une bonne journée.

• • •

Mello commençait à avoir de sérieux doutes concernant ses capacités à comprendre Matt. Bien sûr, il ne le connaissait pas depuis si longtemps que ça, et ce n'était pas comme si c'était une science exacte, de toute façon, mais il avait été quasiment sûr, quand Matt lui avait suggéré qu'ils sortent, qu'il lui avait proposé un rendez-vous. Le matin-même, il était certain que Matt avait été nerveux, et si vraiment ils n'étaient qu'amis, alors Matt n'avait aucune raison d'agir de cette façon.

Ce n'était pas qu'il ne passait pas un bon moment avec Matt. Au contraire, c'était la meilleure journée qu'il ait eue depuis son arrivée en Californie, même si tout avait commencé un peu maladroitement. Comme toujours, il leur avait fallu un moment pour se rappeler comment avoir une conversation l'un avec l'autre. Ça semblait être la routine qui s'était installée entre eux, et ce n'était pas vraiment un problème aux yeux de Mello, du moins pas immédiatement.

Le problème, c'est qu'il avait vraiment l'impression qu'ils ne faisaient que traîner ensemble.

A chaque fois que Mello essayait de se rapprocher de Matt, c'était comme si celui-ci s'éloignait par instinct. C'était plus que frustrant d'essayer de flirter avec Matt, lequel devenait nerveux et changeait de sujet.

Il se rappelait combien il avait été excité le matin même, à quel point il avait espéré qu'à la fin de la journée, il serait en couple avec Matt. Maintenant que le soleil commençait à se coucher, il lui restait peu d'espoir.

Ce qui signifiait qu'il était temps de tenter quelque chose qu'il n'aurait pas tenté normalement.

« Matt ? » essaya-t-il, mais le roux était trop pris dans son jeu de fléchettes, qu'il essayait désespérément de gagner après y avoir passé vingt dollars.

La seule réponse qu'il reçut fut un « hmm ? » distrait, alors que Matt visait précautionneusement, mâchonnant le bâtonnet sur lequel s'était trouvé son pogo*.

« Peut-être que tu voudrais- » Commença-t-il, mais il était clair que Matt ne lui prêtait pas attention.

« Bordel ! » s'exclama-t-il, interrompant Mello, quand la dernière de ses fléchettes atterrit entre deux ballons et rebondit sur le carton. « Je croyais que les jeux vidéo étaient supposés améliorer la coordination œil-main ou une connerie comme ça, » dit-il en secouant la tête en signe de défaite, ses mèches retombant devant ses yeux. « Tu veux essayer ? » proposa-t-il à Mello, jetant le bâtonnet du pogo dans une poubelle proche.

« Hum, non… Mais je pensais, ça te dirait d'aller sur la grande roue ? » Demanda Mello, regardant Matt en l'attente d'une réponse. Il n'aimait même pas vraiment les grandes roues, mais la journée était presque terminée, et ses options commençaient à être limitées. C'était cliché, mais ça pouvait marcher. Il devait savoir si Matt ressentait la même chose que lui, ou s'il avait mal interprété sa proposition de 'sortie'. Matt ne serait plus en mesure de s'échapper s'ils étaient confinés dans l'une des nacelles.

Matt eut instantanément l'air mal à l'aise en entendant sa suggestion. « La, heu, grande roue ? »

« Ouais, » répondit Mello, un peu inquiet à l'idée que Matt décline catégoriquement son offre, détruisant ce qu'il savait être son dernier espoir. « Toutes les lumières de la ville doivent avoir l'air plutôt cools vues d'en haut. »

« Heu, d'accord… hum, ouais, bien sûr, » réussit à articuler Matt, passant sa langue sur ses lèvres avec nervosité. Il sortit une cigarette, l'alluma et inhala la fumée, l'air résolu.

Matt semblait traîner derrière, alors qu'ils se dirigeaient vers la grande roue, qui, comme tout le reste à la fête foraine, avait été illuminée avec des centaines d'ampoules, maintenant que le soleil s'était couché, et que seule une faible lueur émergeait de l'horizon, à l'ouest. Il était si clairement réticent que Mello se demanda si Matt était opposé à l'idée de faire quoi que ce soit de potentiellement romantique avec lui. Peut-être que je ne lui plais pas autant que je le croyais…

Ils continuèrent tout de même en direction de la grande roue, Mello décidant qu'il n'avait rien à perdre en y allant, juste au cas où.

Ils atteignirent la file d'attente, et Mello jeta un coup d'œil à la roue de métal géante qui ralentissait, avant de tourner son regard vers Matt, qui avait fumé la cigarette jusqu'au filtre. Il inhala une dernière fois et jeta le mégot par terre, l'écrasant avec sa chaussure pour l'éteindre. La main de Matt revenait sans cesse à la poche où il gardait son paquet de cigarettes, et Mello devinait qu'il en voulait une autre.

Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi Matt était si anxieux. Bien sûr, il avait été plus ou moins tendu toute la journée, mais rien qui ressemblait à ceci. Il ne peut pas être aussi nerveux simplement parce qu'on va être seuls tous les deux on a déjà été seuls avant, et ce n'est pas comme si j'allais le violer sur la grande roue…

Mais alors que la queue avançait, Matt commença à montrer des signes d'inquiétude croissants, jusqu'à ce qu'ils soient poussés dans une des nacelles. Mello s'assit en face de lui, alors que la porte de la nacelle se refermait. La grande roue s'anima, se déplaçant pour que les prochains passagers puissent monter dans une autre nacelle, et Matt n'avait plus seulement l'air nerveux. Une expression de panique était affichée sur son visage.

« Est-ce que ça va ? » Demanda Mello, soudainement inquiet.

« N-non, je- » Mais la grande roue commença à bouger de nouveau, les emmenant plus haut dans les airs, et Matt laissa échapper un son qui ne pouvait être décrit que comme un glapissement, ses mains agrippant les bords métalliques de la nacelle, ses jointures devenant blanches. « J'ai le vertige. » finit-il, jetant un coup d'œil à Mello, les yeux écarquillés.

« Vraiment ? » Demanda Mello, choqué. « Mais tu allais bien sur les montagnes russes. »

« C'est différent. » dit Matt, ne décollant pas ses yeux du sol. « Quand je suis sur les montagnes russes, c'est comme si je n'avais pas le temps d'y penser, ou un truc dans le genre. Je-je ne peux pas l'expliquer. C'est juste… différent. » Ils bougèrent de nouveau, cette fois en continuant de monter plutôt qu'en s'arrêtant pour laisser d'autres personnes monter.

« Pourquoi est-ce que tu as accepté de venir, alors ? »

« Merde, j'en sais rien, d'accord ? » Cria Matt. « Tu avais l'air de vouloir, donc… J'en sais rien… Je suis vraiment nul pour ça. »

« Nul pour quoi ? » Demanda Mello avec hésitation, essayant de rendre sa voix aussi douce que possible. Ce que Matt racontait n'avait pas beaucoup de sens, à son avis, mais il ne voulait pas le bouleverser plus qu'il ne l'était déjà il se sentait déjà assez coupable d'être la raison pour laquelle Matt se retrouvait dans cette situation.

« Les gens. »

« Tu es nul… Avec les gens ? »

« Ouais… Je ne sais jamais comment agir. Je voulais faire quelque chose de spécial avec toi aujourd'hui, et j'ai tout foiré. » Il releva les yeux pour jeter un coup d'œil à Mello, mais son regard revint rapidement vers ses pieds. « Oh mon Dieu, » grinça-t-il, sa respiration plus rapide, ayant visiblement réalisé à quelle hauteur ils étaient.

La main de Matt se dirigea vers sa poche, tâtonnant à la recherche de son paquet de cigarette. Il réussit à sortir une cigarette et à la placer entre ses lèvres, mais au moment de l'allumer, ses mains tremblantes lâchèrent le briquet. Il s'écrasa sur le sol et roula jusqu'aux pieds de Mello. « Non, ne bouge pas ! » S'écria Matt, ses mains agrippant de nouveau les bords de la nacelle quand Mello se pencha pour le récupérer, sa cigarette menaçant de tomber d'entre ses lèvres. Ce fut seulement une fois que Mello s'était doucement relevé que Matt avait, avec hésitation, retiré l'une de ses mains des bordures métalliques, pour la ramener vers son paquet de cigarettes.

« Ce n'est pas ta faute, » Mello essaya de le réconforter, ayant peur qu'il ne se mette à hyperventiler.

« Si, ça l'est. A chaque fois qu'on commençait à se rapprocher, je devenais hyper nerveux et je me compohrtais bizarrement. » Mello ne pouvait le contredire c'était une description plutôt exacte de la façon dont leur journée s'était déroulée. Il devrait tenter une nouvelle approche pour calmer Matt.

« Quelles études tu fais ? » L'interrogea-t-il, dans une tentative de le distraire.

« Quoi ? »

« Tu ne m'as jamais dit quelles études tu faisais. Probablement quelque chose avec des ordinateurs ? »

« Euh, ouais. De l'informatique. »

« Alors… Qu'est-ce que tu veux faire, de la programmation de logiciels ? »

« Eh bien, je veux faire de la musique – C'est pour ça que j'ai emménagé en Californie – mais si ça ne marche pas, je voudrais faire du design de jeux vidéo. » Mello était content de voir que Matt ne semblait plus sur le point d'avoir une crise d'angoisse, même s'il avait l'air tendu. « Et toi ? » Demanda-t-il, risquant un autre regard en l'air, cette fois-ci avec plus de succès, même si cela pouvait être attribué au fait qu'ils étaient beaucoup plus proches du sol qu'ils ne l'avaient été la dernière fois.

« Qu'est-ce que je veux faire ? Aucune idée. Je n'ai même pas encore décidé d'une filière. » Il haussa les épaules. Ce n'était pas qu'il n'y avait pas réfléchi – En fait, il avait beaucoup réfléchi à ce qu'il voulait faire de sa vie, mais peu importe le travail auquel il pensait, il ne pouvait s'imaginer le faire.

« Bah, qu'est-ce que t'aimes faire ? »

« Je… » Il n'était pas vraiment sûr de la façon dont répondre à cette question. Les quatre dernières années de sa vie, il les avait passées à préparer son départ. Il s'était acharné sur son travail scolaire, dans l'espoir d'obtenir une bourse pour payer ses études universitaires. Toutes les heures libres qu'il avait, il les passait à travailler, pour économiser quand le moment serait venu de déménager.

Après quatre ans, il avait obtenu son baccalauréat, second de sa classe, dépassé seulement par son cousin, Near. Il avait obtenu une excellente bourse, et même s'il n'avait pas réussi à économiser autant qu'il l'aurait souhaité, c'était suffisant pour commencer.

Il s'était dit que tous les sacrifices qu'il faisait en vaudraient la peine, au final, mais maintenant qu'il avait traversé tout ça, il n'était pas plus près de décider de ce qu'il voulait faire que quand il avait commencé le lycée. « Je suppose que j'aimais bien mes cours d'anglais… » Répondit-il finalement.

« Alors fais quelque chose en rapport avec ça. »

« C'est ça, » plaisanta-t-il. « La seule chose que tu peux faire, avec un diplôme d'anglais, c'est enseigner, et y'a pas moyen que je sois prof d'anglais. Après une semaine à essayer d'apprendre quelque chose à ces idiots d'adolescents, je finirais probablement par les tuer. » Il fut surpris quand Matt laissa échapper un faible gloussement. « Quoi ? » Demanda-t-il, pas vraiment sûr de ce qui était si drôle; il était complètement sérieux.

« T'as quel âge? Tu donnes l'impression d'avoir trente ans. 'Idiots d'adolescents' » Répéta-t-il avec un petit rire.

« Dix-huit ans. » Répondit Mello, roulant ses yeux.

« Donc tu es un ado. »

« Mais je ne suis pas un idiot, » dit Mello catégoriquement. Il était heureux que Matt trouve ce qu'il avait dit drôle – il essayait de le distraire de son vertige, après tout – mais il était un peu offensé, même s'il ne savait pas exactement pourquoi. « Et toi tu as quel âge ? Je veux dire, tu dois être plus vieux que moi, puisque tu as déjà passé une année ici. »

« Nope. J'ai eu dix-huit ans en février. »

« Février… Donc tu es plus jeune que moi ? »

« Je suppose. » Il haussa les épaules. « En tout cas, si ton anniversaire est avant le mien. »

« Le treize décembre. Mais… »

« J'ai sauté une classe en primaire, » dit Matt, répondant à la question muette de Mello.

« Oh. » En entendant ces mots, il se sentit jaloux de Matt. Il avait travaillé dur à l'école, et pourtant, il n'avait jamais réussi à prendre de l'avance comme ça. Cependant, il savait que sauter une classe en primaire avait très peu à voir avec la quantité de travail et beaucoup plus à voir avec les tests de QI demandés par l'Etat. En tout cas, c'était de cette façon que Near avait fini dans la même classe que lui.

« Et, hum, comment t'as fini à UCLA ? » demanda Matt, tirant Mello de ses pensées..

« Ben, ils m'ont offert une bourse, et Misa allait déjà là-bas et avait dit que je pouvais vivre avec elle, donc… ça me semblait être la meilleure option. »

« Eh bien, je suis content que tu aies décidé d'emménager ici, » commenta Matt, tentant de relever la tête pour offrir à Mello un de ses petits sourires maladroits.

« Oui. Moi aussi, » Répondit Mello, un sourire s'étirant sur son propre visage. Il aurait voulu embrasser Matt plus que tout au monde en cet instant, mais il n'en eut pas l'occasion.

C'était peut-être parce que Matt vit qu'ils étaient de nouveau près du haut de la grande roue, ou peut-être l'explosion inattendue de feux d'artifice au-dessus d'eux, ou peut-être un mélange des deux, mais Matt fit un bond sur son siège, se cognant contre un bord de la nacelle, la faisant vaciller légèrement d'avant en arrière. « Putain de merde ! » Jura Matt, ses yeux fixant de nouveau ses pieds. Sa respiration accéléra de nouveau, et il raffermit sa prise sur les bords de la nacelle, comme si sa vie en dépendait.

« Matt… » Dit Mello délicatement.

« S'il te plait. Fais que ça s'arrête. » Supplia Matt. Et même si Mello n'avait pas le pouvoir d'arrêter la grande roue, il pouvait peut-être calmer Matt.

« Mattie, regarde-moi, » dit-il doucement, surpris quand les mots quittèrent sa bouche. Il avait dit 'Mattie' plutôt que 'Matt' sans même y penser, et il se demandait si c'était parce qu'il avait entendu Misa l'appeler comme ça avant de partir dans la matinée. Mais si Matt avait remarqué la différence, il n'en fit pas cas, secouant seulement la tête pour lui signifier son refus. « Mattie… » Essaya de nouveau Mello, délibérément, cette fois. Il plaça une main sous le menton de Matt et le releva légèrement, pour que son visage ne soit plus tourné vers le sol, même si ses yeux étaient hermétiquement fermés derrières les verres oranges de ses lunettes. « Fais-moi confiance, » Souffla Mello, se penchant plus prêt de Matt. Les yeux de Matt s'ouvrirent doucement, fixant directement ceux de Mello, n'osant pas se poser ailleurs. « Ecoute-moi, » Commença Mello, « C'est presque terminé, d'accord ? On ralentit. Tout ce que tu as à faire, c'est attendre que ce soit notre tour de sortir. Tu peux le faire… »

Matt hocha la tête et fit quelque chose d'inattendu. Il se pencha en avant, et pendant une seconde, Mello fut convaincu qu'il allait l'embrasser. Au lieu de cela, il reposa sa tête sur l'épaule de Mello, cachant son visage dans le creux de son cou. « Merci » murmura Matt.

« Pas de problème, » répondit Mello doucement, sa main se posant sur le dos de Matt et le caressant délicatement, sentant la colonne de Matt sous le bout de ses doigts.

Il fut presque déçu quand leur nacelle atteignit le sol, même s'il était soulagé pour Matt. « On y est, » dit-il à Matt, alors que la grande roue les positionnait correctement pour sortir. « Tu peux regarder maintenant, » ajouta-t-il avec réticence.

Matt releva la tête et regarda avec attention le forain ouvrir la porte sur le côté de la nacelle. A la seconde où il le put, il récupéra son briquet là où il était tombé et se dépêcha de sortir pour poser les pieds sur la terre ferme. Mello le suivit avec beaucoup moins d'impatience.

Il s'attendait à moitié à ce que Matt embrasse le sol tellement il avait l'air heureux d'être sorti de la grande roue. Au lieu de cela, il se tourna vers Mello et prit sa main. « Merci. » Dit-il encore une fois, sa sincérité visible dans ses yeux.

Mello ne répondit pas, retirant simplement sa main de celle de Matt, lequel regarda le blond d'un air confus. Ses mains enlevèrent les lunettes de Matt, les relevant pour qu'elles reposent dans ses cheveux désordonnés. Même si les cernes étaient toujours visibles sous les yeux de Matt, comme ils l'étaient les deux dernières fois où Mello l'avait vu sans ses lunettes, il trouvait que ses beaux yeux verts ressortaient. Il adorait les yeux de Matt.

Le cœur de Mello se mit à battre furieusement alors qu'il s'avançait. Il se pencha en avant, mais s'arrêta soudainement, hésitant, à quelques centimètres. Une seconde plus tard, Matt avait comblé l'écart qui les séparait, écrasant ses lèvres contre celles de Mello. Les lèvres de Matt étaient sèches et un peu gercées contre les siennes, mais Mello s'en fichait elles étaient parfaites.

Ils s'éloignèrent un instant, mais Mello se rapprocha pour un baiser plus doux, ses lèvres bougeant délicatement contre celles de Matt, ses bras entourant la silhouette mince du roux.

Les gens continuaient de se déplacer autour d'eux, mais ils avaient peu d'importance aux yeux de Mello. La seule chose qui comptait, c'était l'homme qu'il tenait dans ses bras.


*Un pogo est, selon Wikipédia « une saucisse fumée enrobée de pâte à frire, le tout planté sur un bâtonnet après la cuisson ». Pour ceux qui, comme moi, ne savaient pas. )


Note de Jilano : Et voilà ! Alors, que pensez-vous de l'évolution de la relation de notre petit Mello et de Mattie ? :)