13.
- Toi, je t'ai connu de meilleur poil… Quoique !
Mais Warius ne plaisanta pas plus longtemps envers son ami de longue date.
- Des nouvelles, c'est ça ? Et pas des bonnes, j'imagine ! Il est arrivé quelque chose aux gamins, ou bien ce sont les Inspectrices qui t'ont contacté ?
- Les garçons, ça va. Anténor m'a effectivement appelé. Comme si la disparition de Madaryne n'avait pas suffi à complètement démoraliser Algie, la Mouche a refait son apparition au pire moment possible ! Vu son état, Algie n'était pas en mesure de jouer sa chance. Heureusement, une infime partie des pouvoirs d'Antie lui sont revenus juste à temps pour sauver la mise à son cadet.
- Antie ?
- Oui, il déteste ce diminutif d'où le fait qu'on ne va pas se retenir de l'utiliser !
- Et c'est tout ce qu'a dit Anténor ?
- Tu ne trouves pas que c'est déjà amplement suffisant ? ! grinça Albator. Et, non, il ne s'est pas arrêté là… Il semble que tous les souvenirs d'Alguérande lui soient revenus, même si certains détails tendent un peu trop vers le mélodramatique.
Warius fronça les sourcils, ne comprenant pas pourquoi son ami faisait tout sauf se réjouir des informations après leur manque cruel depuis des semaines !
- Accouche ! pria-t-il avec un brin d'agacement.
- Tarkensaff.
- C'est où ?
- A quelques kilomètres d'ici, lâcha alors Albator. Mais c'est surtout le nom du propriétaire de ce Bunker. Un collectionneur acharné, de tout ce qui est illégal de détenir généralement… Et un fou de musique.
- Quoi ? Il aurait enlevé Madaryne et son chef d'orchestre pour son plaisir personnel ? sursauta de fait Warius. Folie pure !
- Si tu avais seulement idée de tout ce que l'on peut se procurer avec de l'argent… gronda Albator, sombre.
- J'ai beau être à l'aise et permis à mes enfants de s'installer confortablement à leurs débuts hors du nid, je ne vis pas dans un château. Et je suis certain qu'aucun de vous ne se lance dans des entreprises illicites ou qui ferait du mal à autrui ! Ce Tarkensaff… ?
- Je ne le connais pas. En fait, personne ne peut se targuer de vraiment savoir quelque chose à son sujet ! Mais il a tout à fait les moyens de monter une combine pour kidnapper deux artistes renommés, sans laisser de traces quasi, et en s'offrant toutes les complicités nécessaires, à tous les niveaux pour verrouiller l'enquête.
- Oui, ce n'était pas loin de fonctionner. Sans ta foi absolue en ta belle-fille, tout le monde aurait cru qu'elle avait fui avec son vieil amant ! En fait, le plan de ce Tarkensaff n'était pas si idiot que cela à la réflexion !
- Nous n'aurions jamais gobé une telle bassesse ou déraison, de la part de Madaryne. Algie et elle en ont trop vu, leurs enfants ont un chromosome doré. Ils sont unis de la plus profonde façon possible ! Madaryne a eu un jour très peur et est effectivement partie avec Alveyron… Elle a fini par accepter la nature si particulière qui était pourtant né pour la douceur et la paix, et qui est au final un guerrier redoutable !
Warius se frotta les mains.
- Et maintenant, on fait quoi ? On prend d'assaut ce Bunker ?
- Impossible…
- Quoi ! Toi qui as investi des cuirassés et décimé leur équipage, une forteresse terrestre te ferait peur ? ne put s'empêcher d'ironiser Warius
- Dans la mer d'étoiles, je ne suis aucune règle. Sur Terre, c'est différent. Je n'ai aucune preuve de ce que j'avance, juste les délires d'un homme désespéré d'avoir perdu la moitié de son cœur… Quant au Bunker, voilà quarante ans qu'il résiste aux paparazzis et autres curieux ! Crois-moi, il y a là-bas plus de gardes privés et de caméras et autres détecteurs et pièges que sur un cuirassé de guerre ! Pas un rongeur ne pourrait s'infiltrer, et je suis un peu plus gros qu'un rat !
- Nous, rectifia plus doucement Warius. Tu veux dire que tu vas utiliser la voie légale ?
- Je ne vois pas d'autre option, même si je le répète il n'y a aucun argument pour provoquer une fouille des lieux. Et depuis le temps, ce ne sont pas non plus les caches qui doivent manquer… Je tente donc une approche normale, dans un premier temps.
- Tu vas appeler les Inspectrices Ortak ?
- Je vais à leur commissariat, je préfère leur parler directement. Attends-moi ici, là ta présence n'est pas nécessaire.
- Sans compter qu'elles ne me laisseraient pas assister à l'entretien, je suis un étranger à la famille. Il vaut mieux que je ne te complique pas la tâche !
- Merci, Warius, pour tout, sourit Albator en se levant pour quitter les lieux.
Guelmond Tarkensaff avait pris l'appel dès qu'on lui avait apporté son téléphone. Il avait ensuite porté son attention sur Chérole la cheffe de sa garde privée.
- Tylle Ortak veille au grain. Il n'est que temps de se débarrasser de ce fouineur de Pirate ! Action, Chérole !
- Mais c'est aussi Ilian Waldenheim, objecta cette dernière. Vous ne pouvez pas l'assassiner aussi impunément…
- Un cadavre est un cadavre ! Tu sais exactement ce que tu dois faire !
- A vos ordres, Monsieur.
