Yosh !

Je sais, je sais... ça fait un bout de temps, hein ? Pour ne pas avoir à vous raconter ma vie, on dira juste que les cours nous prennent plus de temps que prévu... et que Camille rame parfois pas mal pour écrire. Mais elle n'est pas la seule fautive : j'ai également besoin de beaucoup de motivation pour corriger les chapitres... A ce sujet, je m'excuse des fautes qu'il risque de rester, j'ai vraiment la flemme de tout relire une nouvelle fois...

Bref ! J'espère que vous, lecteurs, êtes toujours aussi motivés pour suivre les aventures de nos cinq protagonistes ! On vous remercie pour tous vos gentils commentaires, ça nous touche beaucoup, et ça nous convainc qu'écrire cette fic n'est pas vain !

Allez, on se retrouve à la fin !

Chloé

DISCLAIMER:

"-Ah, miss ! Tu es là !

-Non, Break ! C'est hors de question que tu vienne m'emm*rder alors que les vacances viennent de commencer !

-Rassure-toi, le fait que je sois là ne m'enchante absolument pas...

-Alors qu'est-ce que tu fais là ?

-Je venais de la part de tout le reste de l'équipe. Ils trouvent que vous nous maltraitez beaucoup, toi et Camille. Alors qu'en un sens... on ne vous appartient pas.

-C'est vrai, vous appartenez au merveilleux univers de la toute aussi merveilleuse auteur Jun MOCHIZUKI... Mais réfléchissez un peu à ce que vous dîtes, aussi, surtout toi, Xerxes ! Au vu de ce qu'elle vous fait subir dans Pandora Hearts... on est pas un peu moins tortionnaires que ça, quand-même ?

-Hm... Un point pour vous. Mais ça n'exclue pas que les miss Florine, Typhanie et Victoria subissent également des mauvais traitements.

-Certes, mais ce n'est pas pareil ! Là, ce sont exclusivement nos personnages !

-Aha.

-D'autres réclamations ou je peux me remettre à mon chapitre ?

-Non non, miss, ce sera tout... Je pourrais lire ?"

GENRE: Humour / Amitié

RATING: K+, il se passe vraiment rien de bien choquant...

Bonne lecture !


Chapitre 20 : A l'auberge

- Quoi tu as couché avec...!

Camille sauta tel un lièvre de sa chaise pour atterrir sur sa victime, Victoria. Cette dernière venait de sortir une connerie aussi grosse que le monde, qui dérangeait sérieusement son agresseur. Camille tenta de la faire taire ou du moins, réduisant le plus possible le son de la voix de son amie. Cela accompli, elle retourna doublement gênée sur sa chaise, continuant de manger son croissant avec une boule à l'estomac. Malheureusement, cette petite scène de ménage s'était produite dans le réfectoire de l'auberge, devant une bonne dizaine d'yeux, dont ceux des professeurs. Camille expliqua qu'elle était tombée de sa chaise et qu'elle venait de faucher sa voisine au passage. La jeune fille attendit le moment où plus personne ne les observer pour poursuivre la conversation à voix basse.

- Victo, je n'ai couché avec absolument personne ! Tu as très mal compris mon récit.

- Bah explique mieux, que veux-tu que je te dise ! répliqua l'interpellée un ton plus fort.

- Chut ! Parle moins fort, bon sang ! Bien, je reviens depuis le début… Et évite de sortir une aussi grosse connerie de ta bouche. Parce que là, je t'étripe !

- Tiens, Camille se rebelle ? s'intéressa soudainement Chloé en s'approchant du duo.

La brunette soupira en voyant que les ados se trouvant à sa table s'intéressaient de plus en plus à son étrange histoire. Ce qui était surprenant, c'était qu'elle n'avait pas vu le regard malicieux et manipulateur de ce cher Break. Enfin, ce n'était pas la peine de s'inquiéter pour une chose aussi futile, non ?

Le récit remontait à tard la veille, dans la nuit, pile poil au moment où la pauvre Camille alla aux toilettes et chercha par la suite sa chambre…

*Flash-back*

Avec pas mal de peine et de temps perdu, elle finit par tomber sur la porte d'une chambre, qui ressemblait étrangement à la sienne. Persuadée que c'était son lit, Camille se glissa sous la couverture tout en étant surprise qu'elle soit encore chaude. La fillette finit par s'endormir, une bonne demi-heure avant d'être dérangée par une chose. Oui quelque chose bougeait dans son lit, la poussant à l'une des extrémités du sommier. Commençant à s'inquiéter, elle tâtonna du bout du doigt la table de nuit. Sur le chemin qui la conduisait vers l'interrupteur de la lampe de chevet, elle croisa quelque chose de froid. La surface lisse faisait penser à celle d'un miroir ou d'un verre.

"Mon dieu des lunettes !" s'exclama intérieurement la jeune lycéenne.

Elle évita de paniquer et fit le compte des personnes qu'elle connaissait possédant de tels objets. Dans son répertoire en figurait trois. Il y avait Chloé et Léo, ainsi que... Non c'était pas possible ! Pas lui !

Prenant son courage à deux mains, dans l'espoir de tomber sur Chloé plutôt que quelqu'un d'autre, Camille alluma la lampe. Une lumière presque aveuglante qui éclaira toute la chambre réveillant par la même occasion les occupants de la pièce. Tous somnolaient, sauf Camille, trop surprise par ce qu'elle venait de découvrir.

- Parce que tu croyais sérieusement que tu étais dans mon lit ? interrompit la binoclarde en relevant ses lunettes. J'ai fait nuit blanche tout en lisant un bouquin de plus de 500 pages.

- Oui je confirme, firent en chœur les colocataires de Chloé tout en bombardant l'intéressée d'éclairs. Et nous on a pas dormi non plus !

- Oh ! Mais on s'en fout de votre vie ! s'énerva Typhanie, qui ne voulait rien savoir de plus que la suite du récit de Camille.

- Bien, je m'en vais alors ! râla Chloé en quittant la table, frustrée par la réflexion de la blondinette.

- Bah, je crois que je dois continuer... finit par annoncer la conteuse tout en voyant son amie s'éloigner. Alors...

Camille regarda avec ébahissement la pièce dans laquelle elle se trouvait et fixait d'un air inquiet les ex-dormeurs. Elle s'était bien trompée de chambre, ce n'était pas la numéro 13, mais la 14. Celle des professeurs.

Ce qui retint son regard venait du lit deux places. Glen venait de se mettre assis sur son lit, essuyant légèrement ses paupières. Jack, pendu à son cou, semblait toujours endormi. Il répétait sans cesse "doudou Glen-kun", jusqu'à ce que le noiraud ne décide de le réveiller à la manière "forte". Un peu effarée, la jeune fille recula sur le matelas, se blottissant contre la fameuse "chose" au nom de M. Lunettes.

Camille s'en rendit vite compte et regarda le professeur de sciences, aussi blanc qu'un linge. On aurait dit qu'il se trouvait au bord de l'évanouissement. Enfin, il y avait de quoi quand même ! Dormir dans un lit une place avec une lycéenne, ça laissait forcément des traces !

Camille sortit du lit, manquant de trébucher sur le parquet de la chambre. Elle s'excusa mille fois avant que l'un des enseignants ne réussisse à caser une phrase, aussi petite qu'elle soit.

-Voyons Camille, entama Jack, une bosse bien rose au niveau de la joue. Arrête de t'excuser et raconte nous comment tu t'es introduit dans notre chambre. Je sais qu'on est des beaux gosses, mais je ne me souviens pas qu'une élève se soit introduite volontairement dans notre chambre, pour...

Le professeur d'Arts plastiques n'eut pas le temps de finir sa phrase que Glen l'expédia deux bons mètres plus loin à la force d'un seul poing. C'était qu'il ne fallait pas l'énerver, le bourreau des cœurs des jeunes lycéennes…

Camille, toujours aussi abasourdie, en restait bouche bée. Elle commençait sérieusement à avoir peur de sa punition pour cette grosse gaffe. Elle se tourna vers Liam dans l'espoir de décrocher quelque chose qui pourrait avantager la jeune fille dans cette situation. Mais l'instit tremblait comme une feuille d'arbre tout en la regardant bizarrement, mais alors, très bizarrement.

Se rendant compte de l'évidence Camille s'excusa et annonça qu'elle était prête à accepter la punition qui lui était réservée. Les trois professeurs la regardèrent d'un air ahuri. Glen s'approcha de la jeune fille tout en cachant ses yeux sous ses longues mèches noires. Il approcha l'une de ses mains prêt du visage de Camille. Cette dernière s'attendait à un geste brusque et se raidit tout en fermant d'un coup hâtif ses yeux. Mais rien ne lui fit mal. Rien du tout. Elle sentit juste quelque chose ébouriffer ses cheveux, rien de plus. Glen lui grattait la tête.

- Bah ! Retourne donc dans ta chambre, fit-il en laissant la tête décoiffée de Camille tranquille.

- Quoi ! s'exclama Liam en regardant maitre Glen avec des yeux ronds comme des billes. Vous la laissez partir après ce qu'elle vient de faire ?!

- Silence, Liam ! répliqua le noiraud tout en regardant du coin de l'œil Camille, qui se déplaçait discrètement vers la sortie. Sa chambre est à coté, elle a du faire une erreur. Et puis, tu ne voudrais tout de même pas réveiller toute l'auberge à cause d'une affaire aussi futile, hein ?

Le professeur d'Anglais fusilla tel une mitraillette le pauvre homme à lunettes, qui d'ailleurs les nettoyait rapidement. Le regard noir de Glen fit acquiescer Liam, l'obligeant par la suite à se remettre au lit.

"On se croirait en maternelle..." soupira-t-il en s'approchant de son lit.

La porte de la chambre claqua doucement. Camille était enfin partie.

Glen s'installa de nouveau dans le lit deux places tout en étant étonné de ne pas voir Jack lui agripper les jambes ou quoi que ce soit d'autre. Il regarda au bords de son lit et vit le blond à la longue tresse calé entre le l'armoire et le matelas. Ah là là celui là... Il était vraiment irrécupérable...

La lumière qui éclairait depuis cinq minutes la petite salle de repos s'éteignit, plongeant par la suite l'auberge dans le noir de la nuit.

*Fin du flash-back*

- Quoi, c'est tout ?! s'étonna Victoria au moment où Camille eut enfin fini son récit.

- Oui bah c'est déjà pas mal, répliqua la brunette au long cheveux d'un geste de la main accompagné de rougeurs aux joues. J'ai vraiment cru qu'ils allaient me cuisiner ! J'ai eu du bol que maître Glen est été de bonne humeur cette nuit. De plus, il faudrait que je m'excuse auprès du professeur Liam...

Camille venait de finir sa phrase par un long soupir. Devoir s'excuser auprès du professeur de sciences ne devait pas être une chose facile.

Le brouhaha continuait à s'intensifier dans la salle de repas, jusqu'à ce qu'un petit bruit résonne sourdement dans le réfectoire. Une grande partie des élèves compris d'où ce mystérieux son provenait et se tut. Le silence régna en quelques secondes. C'était la prof de Français, Mlle Abyss, qui aimerait se faire entendre. Elle était debout avec une cuillère en argent et une tasse de porcelaine en main. Elle posa sur la table de bois ses petits ustensiles, avant de prendre la parole.

-Bien, mes chers élèves, vous vous calmez enfin ! Commença-t-elle d'un ton las et énervé.

Elle prit une grande inspiration avant de continuer.

-Bref... Aujourd'hui, nous entamons notre première journée de cette belle semaine de vacances en montagne. Vous, y compris nous, vos professeurs, allons faire du ski dans la station, se trouvant derrière la ville de Gérardmer. Nous nous y rendrons en bus. Commencez déjà à préparer vos combinaisons et vos affaires de ski, nous partons pour 9 h 30 !

Après ce mini-discours, la femme aussi blanche que la neige de dehors se réinstalla confortablement sur sa chaise, touillant le thé se trouvant dans sa tasse à l'aide de sa petite cuillère. Puis, elle finit par le boire, surement bien chaud vu les petites vapeurs qui s'échappaient avec lenteur du récipient.

Florine jeta un coup d'œil à sa montre. Il était 8 h 20, dans un peu plus d'une heure, ils étaient partis.

Une demi-heure passa, sans nulle nouvelle de Chloé. Le groupe commençait sérieusement à s'inquiéter. Florine proposa que quelqu'un se dévoue pour aller chercher la binoclarde entêtée qui se trouvait sûrement dehors, aux abords de la forêt. Dehors, dans la neige, dans le froid... Personne n'avait vraiment envie d'y aller et tous se tournèrent vers Camille, espérant une réponse positive de sa part. Camille remarqua les paires d'yeux rivés sur elle et à cause de sa foutue timidité, elle rougit et ferma ses paupières tout en tournant la tête de gauche à droite, un air boudeur plaqué sur le visage.

-Non et non ! J'ai déjà vécu assez d'aventure depuis qu'on est ici ! Choisissez quelqu'un d'autre !

Miraculeusement ce "quelqu'un" ne tarda pas à se manifester. Il ne mit pas beaucoup de temps à s'habiller chaudement pour affronter le parterre glacé et les températures négatives. Il chercha d'abord autour du bâtiment qui leur servait de pensionnat. En arrivant près d'une porte, derrière l'auberge, il remarqua des traces de pas, sûrement des bottes d'hiver, ainsi qu'une forme étrange gravée dans la neige. Il les suivit du regard avant de se mettre en route. Apparemment, deux personnes s'étaient introduite dans la forêt qui bordait le lac et qui se trouvait à quelques pas de l'auberge.

_~o0°0o~_

Une bonne demi heure auparavant, dans l'auberge, Chloé faisait les cent pas dans sa chambre, ne sachant pas sur quoi acharner sa colère. Puis, après réflexion, elle regarda au travers de sa fenêtre. Il ne neigeait pas et le temps semblait agréable. Pourquoi ne pas faire une petite balade, histoire de se décontracter un peu et se dégourdir les jambes ? Personne ne pouvait lui reprocher une promenade rafraichissante…

Décidée et convaincue, la fille à lunettes enfila d'un coup son manteau d'hiver et une bonne paire de bottes fourrées. Evitant de se faire caler en passant par l'entrée principale, elle se dirigea vers les cuisines. En passant lors de la visite de l'auberge, Chloé avait remarqué une petite porte de secours menant à l'arrière du bâtiment. Se faisant discrète, elle se faufila entre les diverses tables de préparation de la cuisine et atteignit son but. Elle se retrouva donc dehors, dans le froid qui lui semblait agréable et bénéfique.

Finalement, sa stratégie porta ses fruits. Prenant une bonne bouffée d'air frais, elle se sentait beaucoup mieux. On aurait dit que sa frustration s'était évaporée. Du moins pendant quelques minutes...

Elle eut fait à peine quelques mètres en direction de la forêt se trouvant à proximité qu'elle heurta quelque chose d'assez dur. Elle tomba la tête la première dans la neige, perdant par la même occasion ses lunettes dans cette étendue blanche et froide. Elle se remit assez vite sur ses genoux, s'enlevant par la même occasion pas mal de neige dans ses cheveux et sur son manteau. Et c'était reparti, une colère profonde l'envahissait de nouveau… Elle était prête à maudire à jamais cette chose qui l'avait fait chuter.

Elle reprit ses lunettes, les essuyant délicatement à l'aide de ses gants, et se releva. Elle remit ses protèges oreilles en place avant d'émettre un hoquet d'étonnement.

Ce qu'elle venait de heurter n'était rien d'autre que la jambes du borgne le plus chiant de tout les temps. Ce dernier, allongé dans la neige, ricana tout en exécutant des gestes répétitifs dans le sol enneigé.

-Alors, Miss ? demanda-t-il en bougeant ses bras et ses jambes. On se balade de bonne heure ?

-Break, grogna-t-elle longuement tout en faisant craquer ses poings pour intimider l'homme à terre. S'il y a une personne que j'aurais aimé ne pas croiser sur ma route, c'est bien toi ! Mon pauvre, tu vas payer ce que tu viens de me faire…

-Voyons, je ne fais qu'un ange des neiges dans ce sol froid et apaisant ! répliqua Break d'un air innocent, une larme limite congelée à l'œil. D'ailleurs j'ai l'impression de m'enfoncer un peu...

-Tu veux que je t'aide à t'enfoncer encore plus rapidement ? questionna faussement la binoclarde, accompagné de rancunes noires planant au dessus de sa tête.

Elle semblait prête à donner un énorme coup de botte dans le bide du gars aux cheveux blancs pour l'expédier six pieds sous terre. Mais finalement, contre toute attente, elle se retint et retira son pied.

Chloé envoya un dernier regard rempli de haine à son "cher camarade de classe" avant de continuer sa petite promenade matinale. Break ne tarda pas à se relever et à la suivre dans la forêt, manquant à plusieurs reprise de sacré punch.

_~o0°0o~_

Pendant ce temps, à l'auberge, le groupe d'amies commençait sérieusement à s'inquiéter. L'heure de départ fixée par les professeurs pour se rendre à la station de ski était bientôt là.

- Mais bon dieu ! marmonna Florine. Qu'est-ce qu'il lui a pris de disparaître comme cela, sans même prévenir personne ! Décidément je ne la comprendrais jamais, cette Chloé…

- Voyons Florine, fit Camille, une personne de confiance est à sa recherche en ce moment, je suis sûre qu'il la retrouvera et nous la ramènera juste avant le départ.

Tout le monde se tourna vers l'adolescente, qui avait eu le malheur de dire quelques mots de trop. "Une personne de confiance" n'était sûrement pas la meilleure phrase à employer pour l'individu en question. Maintenant que trois pairs d'yeux s'étaient tournées vers elle d'un regard vague et noir, Camille décida de ne plus dire un mot et d'imiter Florine en faisant les cent pas dans la salle du réfectoire. Il était 9 h 20, il fallait déjà rejoindre les autres membres du lycée pour attendre le bus.

Le groupe d'amies sorti hors de l'auberge tout en croisant les doigts pour que rien ne soit arrivé à leur amie binoclarde.

_~o0°0o~_

Leur souhait ne fut malheureusement pas exaucé. Chloé venait tout juste de se prendre un sapin alors qu'elle débattait avec Break sur ce sujet : Où est-ce qu'on est ?

La fille à lunettes pesta tout en enlevant le peu de neige qui lui était tombé sur la tête lors de l'impact violent contre le conifère. Elle se releva et continua d'aller tout droit, accélérant à chacun de ses pas.

- Tu sais, ce n'est pas comme cela que l'on retrouvera notre chemin, miss...

Elle ne lui répondit pas, continuant d'avancer et d'ignorer le borgne albinos. Break soupira et regarda le ciel, enfin... Le plafond d'épines que procurait les géants sapins plutôt. Il continua de contempler cette voute de verdure quand soudain, les branches bougèrent. Le blandinet se stoppa; et regarda un peu mieux de son unique œil rouge. Il n'y avait pas un seul souffle de vent, et pas d'oiseau d'assez grande taille pouvant faire cela. Non, quelque chose d'autre se baladait de branches en branches tout là haut.

- Tu crois qu'il y a des singes dans cette forêt ?

Chloé ne lui répondit de nouveau pas et se mordit les lèvres. Comment pouvait-on être aussi crétin pour poser une question aussi débile ? Il y avait la montagne des singes à quelques kilomètres, mais tout de même ! C'était l'hiver, il ne fallait pas l'oublier !

Puis, les branches des sapins se firent plus bruyantes et Chloé les entendit. Elle regarda le ciel parcouru d'épines. Quelque chose bougeait bel et bien là haut. Mais quoi ? La binoclarde soupira, laissant s'échapper un petit nuage de vapeur. De toute façon, cela ne l'intéressait pas. C'était plutôt la question "Comment sortir de ce pétrin" qui la perturbait le plus.

Un peu épuisée, Chloé s'adossa à un arbre. Break quant à lui, la fixa bizarrement.

- Qu'est-ce que t'a encore derrière la tête, toi ?! râla la fille à lunette.

- Je me disais que ce n'était peut-être pas une si bonne idée de te mettre à cet emplacement…

- Et pourquoi donc, je te prie ?

- Je pense que tu le sauras dans la minute qui suit, répondit l'albinos en levant les yeux au ciel.

Chloé suivit le conseil de Break et fixa le plafond de sapins. Un peu de neige, tombée d'un des arbres sans doutes, vint s'écraser contre le visage de la binoclarde. Elle avait maintenant les lunettes mouillées.

Elle râla et pesta contre le borgne à la tignasse blanche tout en essuyant les verres de ses lunettes avec les doigts. Break pensa à voix haute "ho ho, le plus gros arrive", tout en fixant un endroit précis juste au-dessus de la tête de Chloé.

Cette dernière ne prit pas la peine de lever les yeux au ciel. Mauvaise réaction, car oui, le plus gros tomba sur elle, l'aplatissant comme une crêpe dans le parterre blanc et froid. Cette fois-ci, elle était sûre d'être trempée jusqu'aux os, à force de se rouler dans la neige.

Quelque chose -ou plutôt quelqu'un- venait de tomber d'une hauteur vertigineuse. Cette personne portait sur elle des vêtements chauds aux couleurs rougeâtres et aux extrémités blanches et douces. Il y avait une grosse ceinture au niveau des hanches et de grandes bottes marron. Sur sa tête trônait un gros bonnet de la même couleur que ses autres vêtements possédant en bonus, un joli petit pompon.

Chloé qui venait de se relever après ce violent plaquage, regarda étrangement l'inconnu, tout comme son compagnon d'infortune albinos.

- Attend ! Ce n'est quand même pas... ?! s'exclama Chloé en mettant ses lunettes bien en place afin de mieux voir.

- Faut croire que si... poursuivit Break d'une mine moins enjouée.

- Ho ! Ho ! J'espère que vous avez été sages, les enfants ! répondit l'inconnu d'un ton extrêmement grave.

Il y eut par la suite un grand silence. Les deux adolescents s'échangèrent des regards inquiets. L'homme, qui paraissait bien enrobé, se mit debout et regarda attentivement autour de lui, comme s'il cherchait quelque chose. Puis, il se tourna vers les deux étudiants, le sourire aux lèvres. Il reprit, toujours avec le même ton grave et brusque :

- Dîtes, la jeunesse, vous n'auriez pas vu mon traîneau par hasard ?

- C'est bon, professeur Jack, on vous a reconnu... firent Chloé et Break en chœur, l'un se tenant la tête et l'autre grimaçant.

Deuxième gros blanc pesant. L'homme fut finalement démasqué, c'était bel et bien le professeur Jack.

- Et bé, vous avez l'humour mauvais à ce que je vois... continua le professeur en retirant son bonnet pour faire tomber tous ses cheveux tressés le long de son dos. Bref, on m'a envoyé vous chercher et...

Sans qu'il ne puisse finir sa phrase, la binoclarde se jeta sur lui, le tenant par le col comme si sa vie en dépendait. Elle était en même temps furieuse de cette longue attente, mais soulagée que quelqu'un d'autre que Break lui tienne compagnie.

Durant cinq minutes, Chloé expliqua avec lamentation et honte le récit de ses mésaventures dans la forêt jusqu'au petit incident du professeur. Elle était tellement énervée que sans trop y faire attention, mais surtout par réflexe, elle commença à menacer son instituteur. Ce fut donc à son tour de parler et de leur annoncer une nouvelle, pas forcément agréable :

- Bien, comme je vous l'ai dit, je suis venu vous chercher sous la menace et la contrainte… euh… pour aider vos amis en détresse ! J'ai suivi vos traces depuis les airs et je vous suis tombé dessus comme je le pensais...

- Parce qu'il prévoyait de s'écraser sur moi l'enfoiré…, marmonna Chloé de façon inaudible.

- Pardon ?

- Non, rien ! Absolument rien ! Continuez, je vous prie ! grogna la jeune fille en souriant, un air las et agacé gravé sur son visage.

- Bref, je vous ai trouvé, mais il y a un gros problème dans tout ça...

Le fameux "mais", mot grammatical foutant des frissons à grandes doses aux destinataires de ces fameuses paroles, glaça le sang des deux adolescents. Jack voyait très bien que l'ouragan n'était pas loin et tenta de se montrer diplomate. Du moins, un minimum...

- Pour être clair, tout comme vous, je me suis paumé dans cette forêt ! répondit le blondinet, l'air guilleret et heureux d'avoir sorti une telle remarque.

Break et Chloé avalèrent leur salive de travers de manière parfaitement synchronisée, de telle façon que le professeur d'arts plastiques eut droit à un magnifique concert de toussotements. La fillette faillit avoir un arrêt cardiaque et se trouvait maintenant à genoux en train de prier. Une lumière presque divine vint s'échouer sur la binoclarde alors qu'elle récitait sa prière, avec une petite once d'espoir de pouvoir massacrer l'un de ses deux compagnons ici présents. D'ailleurs, ces derniers la fixèrent bizarrement, loin d'en être rassuré.

- C'est bon, je crois qu'on a perdu Chloé définitivement, déclara Break d'un ton moqueur.

_~o0°0o~_

Pendant ce temps, les quatre amies, ainsi que le reste de la bande, venait d'embarquer dans le bus. Trois personnes manquaient à l'appel. Malgré cela, le bus démarra tout de même, emmenant ses passagers vers la piste skiable de Gérardmer. Camille, Florine et Victoria restèrent scotchées à la vitre, voyant l'auberge s'éloigner ainsi que la forêt dans laquelle leurs camarades s'étaient perdus. Chacune tentait de rassurer l'autre, d'espérer que leurs amis reviendraient indemnes de cette mésaventure.

Ce qui n'était pas vraiment gagné d'avance.

by Camille


Hey, fin du chapitre !

Pour le prochain, il est écrit, et plus ou moins corrigé... Mais en même temps, je dois vous prévenir : il est juste terriblement long. Bloquez une bonne heure si vous voulez le lire... ;)

Il est posté sur notre blog, ainsi que tous les One-Shot que nous ne mettons pas sur , alors on vous invite à aller y faire un tour si vous ne parvenez vraiment pas à attendre ! ^^

Maintenant, les commentaires ! On nous a demandé si Isla Yura apparaîtra à un moment ou à un autre. Eh bien j'ai le plaisir de vous annoncer que... non, pas aux dernières nouvelles ! En fait si, on a une possibilité pour le faire apparaître, mais ce sera que quand la fic sera fini. Donc pas de Yura pour le moment...

Sinon, à tous nos fans en délire : merci encore de nous suivre ! On se doute bien qu'un rythme de publication pareil est franchement pas joyeux, mais en même temps, c'est pas comme si on lâchait l'affaire, n'est-ce pas ?

à bientôt !

Chloé