Salut tout le monde !
Je m'excuse platement de tout ce retard... Mais j'avais complètement zappé de mettre les chapitres ici... =w=;;
Donc ! Je ne vais pas traîner plus que ça, et vais vous laisser lire ce chapitre 21 ! On se retrouve en bas !
Bonne lecture ! :)
Chloé
DISCLAIMER: Je ne suis pas du tout la propriétaire des personnages de ce récit, laissez-les donc à Jun MOCHIZUKI ! Par contre, je me permets de garder les 5 OC's de cette fiction... Promis, j'arrête -pas- de les maltraiter ! Et une nouvelle fois, je ne suis pas la seule à travailler sur HighSchool-Pandora, il y a également ma merveilleuse camarade, j'ai nommé Camille !
GENRE: Humour / Amitié
RATING: K+
Quand te reverrais-je, pays merveilleux ?
Les flocons continuaient de descendre vers la terre ferme, avec une lenteur inouïe. Le vent, quoique léger, les faisait valser dans tous les sens bien avant qu'ils n'atteignent le sol, un arbre ou bien même le haut du crâne de l'un de nos égarés. La forêt prenait peu à peu une apparence lugubre. Un brouillard à trancher au couteau s'installait progressivement, obligeant les randonneurs à faire une petite pause. Chloé se mit à l'écart des deux hommes qui l'accompagnaient. Adossée à un sapin, elle avait l'esprit vide et fixait avec insistance le ciel, espérant le signe d'un meilleur présage. Mais rien ne vint à elle, sauf quelques uns de ces grains blancs qui se déposaient et fondaient progressivement sur son nez, tandis que le reste restait collé aux verres de ses lunettes. D'ailleurs, elle les pris afin de les essuyer pour la énième fois contre son écharpe bien mouillée par le début de cette randonnée improvisée.
Voilà maintenant sûrement plus d'une heure qu'elle et Break avaient fait la rencontre de leur cher professeur Jack. Une heure qu'ils avaient marché dans la haute neige, ralentissant chacun de leur pas. Une heure qu'ils essayaient de chercher une sortie, mais toujours rien. Chloé tombait dans une dépression noire au fil des minutes qui s'écoulaient. Les garçons, quant à eux, se racontaient tout et n'importe quoi, surtout du n'importe quoi, pour détendre un maximum l'atmosphère plombante qui régnait dans ce bois.
Le groupe finit par se remettre en route, dans l'espoir de retrouver leur chemin. Break ouvrait la marche tel un éclaireur, Jack le suivait en gobant quelques flocons comme un gamin de primaire (je répète que c'est bel et bien, un professeur, même si on a pas mal de doutes à ce sujet), puis Chloé traînait le pas un peu plus loin derrière, à l'allure d'un zombie. Elle n'avait vraiment, mais alors vraiment pas envie de les suivre. Elle ne pensait qu'à faire demi-tour. Mais le fait d'imaginer qu'elle laisserait derrière elle deux professionnels de la course d'orientation -en toute ironie- la dissuadait légèrement. Il en valait de son honneur de rester avec eux, plutôt que de les laisser lâchement paumés dans les bois - même si en réfléchissant un peu plus, cela lui retirerait un lourd fardeau, non ?-
Plongée dans l'hésitation de prendre une autre direction ou non, Chloé n'avait pas remarqué que les deux "gentlemans" qui l'accompagnaient, s'étaient soudainement arrêtés, sans crier gare. La binoclarde fonça alors dans le manteau fourré et de couleur rouge du professeur Jack. Ce dernier ne ressentit aucun désagrément, tandis que la jeune fille peinait à respirer dans cette masse laineuse. Elle prit un peu de recul et questionna ses compagnons.
- Qu'est-ce qu'il y a encore ?!
Break pivota vers la demoiselle, esquissant l'un de ses habituels sourires joyeux, voir effrayants, pendant que Jack restait planté comme un arbre devant son cousin le sapin. Il semblait scruter avec attention l'écorce du conifère. Ce fut avec l'élégance et l'équilibre d'un manchot que le blondinet à la longue tresse imita Xerxes, manquant de peu de tomber dans le parterre neigeux.
- Et bien chère demoiselle, j'ai l'immense honneur de t'annoncer que nous sommes officiellement...
Une infime petite lumière vint briller faiblement dans le regard de la brunette, tandis que l'homme finissait sa phrase. Il la finit avec une lenteur déconcertante, digne des films à suspens, ce qui déstabilisa légèrement Chloé.
-... Nous sommes officiellement perdus !
-Ça on le savait déjà, m'sieur, fit le blandinet d'une voix monotone.
-Oui, mais cette fois, c'est définitif ! répliqua-t-il d'un air satisfait de sa déclaration.
Chloé resta bouche bée face à une telle remarque et Break laissa, quant à lui, s'échapper un petit "Quoi ?" de sa bouche. La demoiselle s'y attendait, mais en même temps, elle espérait tellement que ce soit l'inverse...
Un gros blanc refit surface, brisé par les bruits sourds et creux que provoquait la collision entre la tête de Chloé et le tronc d'un arbre mort.
« J'ai l'immense honneur de t'annoncer que nous sommes officiellement perdus..., se répétait la binoclarde en ne cessant pas de se frapper en grimaçant. Un honneur... Un honneur... Il n'y a pas plus déshonorant comme situation... Et moi qui pensait qu'il avait trouvé une solution, quelle imbécile je fais, quelle imbécile ! »
Chloé reprit finalement sa manie de pic-vert et ne s'arrêta pas cette fois-ci. Break ricana légèrement tout en parlant à Jack, une manche devant la bouche :
- Je me demande bien à quoi elle peut penser, pour se frapper avec autant d'acharnement, pas vous ? Hé hé... ~
- Peut-être qu'elle est contrariée... En tout cas, elle va s'écorcher le front en continuant ainsi.
- Je ne vous le fais pas dire, fit Break en pouffant. Allons donc la sauver avant qu'elle ne tombe dans le bas-fond du gouffre.
_~o0°0o~_
À plusieurs kilomètres de là, sur le versant de l'une des montagnes qui bordait Gérardmer, et offrait donc une vue magnifique sur le grand lac, les lycéens étaient enfin arrivés à bon port, soit dans la station de ski. Le bus reprit sa route dans un bruit fracassant qui confirmait l'ancienneté, peut-être exagérée, du véhicule. Beaucoup de fumée sortit du pot d'échappement et l'odeur se fit ressentir chez la plupart des étudiants. On pouvait entendre dans la foule des toussotements prononcés et de petits jurons habituels sortant de la bouche de Victoria. Elle détestait autant cette fumée noire que celle des cigarettes.
La troupe de jeunes se mit progressivement en route avant de gravir une pente assez ardue, d'une centaine de mètres environ. La petite bande que constituaient désormais Camille, Florine, Typhanie et Victoria avançait à l'allure d'une horde d'escargots. Pour certaines, c'était normal de prendre tout son temps et de ne pas s'épuiser pour rien, tandis que pour d'autres, la motivation n'était pas au rendez-vous. Elles se faisant des films sur ce qui pourrait bien arriver à Chloé, ainsi qu'au soi-disant "sauveur" Jack, égarés dans l'une des plus grande forêt des Vosges. N'oublions pas que ces demoiselles ne savaient aucunement qu'il y avait un paumé supplémentaire qui s'ajoutait à ces deux là...
- J'espère qu'ils vont bien, et que nous les retrouverons sains et saufs et en un seul morceau, surtout..., entama Florine en croisant ses doigts malgré la difficulté que lui conféraient ses gants de laine.
- Vous pensez qu'il y a des ours dans la forêt ? questionna Victoria en regardant le ciel gris desquels la neige continuait de tomber.
- Ça, pour sûr, il n'y en a pas, affirma Camille en fermant les yeux tout en soupirant. Les Vosges ne sont pas si dangereuses, même si elles regorgent de forêts verdoyantes et de tas de trucs aussi chiant les uns que les autres...
-Peut-être y a t-il des loups ? ajouta à son tour Typhanie en souriant.
Un blanc général s'installa durant leur ascension dans la montagne. Camille et Florine se regardèrent l'air anxieux, tandis que Victoria s'interrogeait, entourée de points d'interrogations imaginaires, sur ces soudains échanges de regard. Typhanie, quant à elle, souriait de toutes ses dents, toute fière, ayant désormais une réponse à sa question.
- Vous n'allez pas me faire croire qu'il y a une meute de loups sauvages dans ces montagnes, fit la brunette à la queue de cheval, légèrement surprise par ce silence.
Camille tenta de lui répondre, elle qui s'y connaissait tellement sur ce massif qu'était les Vosges, mais elle fut prise de vitesse par Florine. Cette dernière marcha à côté de Victoria et à sa même vitesse pour être sûre qu'elle l'entendrait.
- Ben disons que d'après les infos, il y aurait quelques loups dans la forêt qui auraient fait surface dernièrement, mais c'est surtout de l'autre côté de cette montagne, vers la Bresse. Il me semble... Puis ils n'attaquent que les fermes et les bétails, pas les humains.
- Comme dans les années 1800-1900 avec la Bête des Vosges, soupira de nouveau la porte poisse du groupe, dégoutée de devoir sortir une légende sur ces montagnes qu'elle n'appréciait guère. Un loup enragé avait tué non loin d'une centaine d'animaux fermiers tels que les vaches et les moutons, mais aucune victime humaine ne fut déplorée. Ce n'est pas du tout comme le mythe de la bête du Gévaudan, qui avait plus de cent humains à son tableau de chasse. Un sacré animal. Enfin ça serait tout de même marrant que cette bête refasse surface...
Alors que Camille venait d'étaler sa culture générale concernant les bêtes de France, un gros blanc s'installa à nouveau. La jeune fille, sentant qu'on la fixait avec une certain insistance, se mit alors à rougir violement, pensant qu'elle venait de prononcer une énormité. Elle n'osa pas fixer ses camarades à son tour, elle avait trop honte d'elle-même. Florine annonça la phrase que Camille ne voulait pas entendre et qui fit déborder le vase.
- Camille, je pense qu'on a assez d'ennuis, alors évite de dire des choses qui risquent vraiment de se produire...
- Je suis vraiment désolée ! s'écria Camille en accélérant le pas dans la neige d'une façon si soudaine et imprévisible que ses camarade eurent du mal à visualiser qu'elle s'éloignait rapidement.
- Mais non, reviens ici ! fit Florine en courant dans les pas de l'adolescente en fuite pour pouvoir la rattraper.
Victoria et Typhanie regardèrent leurs camarades s'éloigner vers les pistes skiables à une vitesse effroyable, les laissant par conséquence en plan. Les deux amis avaient stoppé leur marche et une légère brise leur rappela qu'elles étaient toutes seules à l'extrême arrière du groupe de lycéens. Typhanie prit quand même la peine de jeter un coup d'œil par dessus son épaule, mais il n'y avait bel et bien plus personne sur leur trace.
- Je pense qu'on devrait avancer un peu plus vite nous aussi, Victo, fit la blondinette en fixant sa camarade d'un air totalement blasé. On n'est comme qui dirait un peu à la traine, là.
- Oui tu as raison, répondit alors Victoria sans grande conviction, aucune d'entre elles n'ayant visiblement l'envie de faire du ski.
_~o0°0o~_
Jack était tout sourire, Break se marrait, en silence comme d'habitude, tandis que Chloé fixait le tronc de l'arbre avec une teinte rosie sur les joues, non pas à cause du froid mais d'une bien autre chose... Précédemment, la binoclarde n'avait eu de cesse de se cogner contre un arbre et avait malheureusement fini par s'écorcher le front.
L'équipe de bras cassés qui l'accompagnait avait beau chercher des pansements, il n'y en avait pas. Il tentèrent avec des mouchoirs, en vain à cause de la neige qui les avait un peu trop humidifié. Chloé du se résoudre à prendre l'écharpe de Break "en guise de dédommagement" disait-elle, et se l'été alors enroulé autour du crâne de la même façon qu'on le ferait avec un foulard. On pouvait alors facilement prendre la jeune fille pour une hippie des année 70. De plus, ses lunettes et ses longs vêtements, presque en patte d'éléphant, ajoutaient une certaine touche à cet accoutrement. Mais voyons le bon côté des choses, le saignement stagnait peu à peu, malgré une certaine douleur qui lacérait légèrement le haut du visage de la demoiselle.
Chloé fixa attentivement les veine de l'arbre et aperçut alors une entaille profonde que le professeur Jack avait du graver lors de leur passage à cet endroit. Elle se gratta la tête, sans pour autant se faire mal, tournant toujours le dos au blond et à "candy-man".
- Dis Break... T'as trempé ton écharpe dans quoi pour qu'il y est cette odeur pour le moins... bizarre ?
- Disons que je me suis mis du parfum, ce matin avant de partir, miss -merci pour ton compliment, ça me touche beaucoup-. Pourquoi ?
- Non, mais je me disais aussi... -j'ai des maux de tête à cause de ça depuis tout à l'heure...-
La jeune fille finit sa phrase en tournant la tête de droite à gauche et s'engagea ensuite dans une direction prise aléatoirement. Elle s'apprêtait à marcher le plus rapidement possible afin de semer les perturbateurs qui l'entravait depuis trop longtemps déjà. Même si elle s'y attendait, Chloé sursauta légèrement lorsque l'une des mains de Break pris le poigné gantée de l'adolescente. Elle se retourna brusquement pour faire face au jeune homme à l'iris écarlate.
-Pourrait-on savoir où tu vas comme cela, miss ?
- J'en ai ma claque de fréquenter des incapables tels que vous deux ! Si je n'avais pas croisé votre route, jamais je ne serais dans un tel pétrin ! annonça la binoclarde en fronçant les sourcils et en libérant son poignet d'un mouvement de bras brutal. Donc voilà, j'me casse !
- Ah oui, vraiment ? J'ai encore une autre question, poursuivit Break en esquissant un sourire en "v", jusqu'aux oreilles.
- Accouche !
- Je sais que tu m'en veux profondément, mais penses-tu sincèrement que c'est une raison valable pour m'exploser le pied ?
Une veine apparut sur le visage de Chloé, qui grimaça d'ailleurs. Elle appuya instinctivement une dernière fois, mais avec beaucoup plus de pression sur le pied de l'albinos. Elle le retira par la suite avec quelques remords -de ne pas lui avoir offert des palmes à la place des pieds, surtout-.
La brunette fit un tour sur elle-même. Elle semblait chercher quelque chose. Break, curieux l'imita et ne mit pas longtemps à trouver la source de cette soudaine attitude. Visiblement quelqu'un manquait à l'appel.
- Il est passé où encore ce boulet de prof...
Chloé ne tarda pas à recevoir une réponse. À proximité de la jeune fille, de la neige ne tombait pas en flocons, mais en masse. Elle eut alors le réflexe de lever sa tête vers le ciel et avec un peu de mal, elle discerna des formes qui lui étaient familières au sommet d'un sapin.
- C'est bon, je crois que je l'ai retrouvé...
- Qu'est-ce qu'il fait ? demanda Break en touchant l'épaule de la binoclarde avec la sienne, la poussant légèrement sur le côté afin de regarder dans la même direction qu'elle.
- Arrête de me coller ! s'exclama aussitôt Chloé en ayant un mouvement de recul.
- Il joue à Tarzan apparemment, répondit Break, se remettant à pouffer.
Chloé continua de scruter le sommet du conifère, qui commençait à pencher légèrement à cause du poids du professeur Jack.
"Tarzan ? Tu parles ! Non, c'est plutôt Georges de la Jungle, ouais", songea la brunette en reculant de quelques pas, se cachant derrière les arbres.
Au sommet du sapin qui vacillait malgré qu'il n'y aie plus un pet de vent, Jack épiait les environs à la recherche de l'auberge ou la troupe du lycée logeait. Il ne tarda pas à la remarquer et appela ses élèves pour les prévenir. Chloé eut une once de soulagement, mais la mésaventure était encore bien loin d'être finie.
Alors que Break et Chloé commençaient à prendre de l'avance dans la direction que leur avait annoncé le professeur Jack, ce dernier les interpella.
- Hé ho ! Attendez-moi !
- Bah pour cela, faudrait peut-être que vous descendiez, monsieur, argumenta Break toujours sa face moqueuse plaquée au visage. Puis, comment vous vous êtes retrouvé là haut ? Car là, je ne saisis pas trop...
- C'est un peu comme toi avec les placards, murmura Chloé en toussant pour masquer sa réflexion.
- Eh bien j'aime monter aux arbres, avoua le blondinet à la longue tresse, je le fais depuis que je suis tout petit ! Je suis un vrai félin pour sûr, par contre...
- C'est pas que votre vie privée ne m'intéresse pas, -enfin si quand même-, coupa soudainement Chloé en remontant ses lunettes, mais vous pourriez descendre maintenant, pour que l'on puisse continuer notre chemin.
- J'ai dit que j'aimais monter aux arbres et que je m'y prenais plutôt bien. Mais je n'ai jamais dit que je savais en descendre.
L'adolescente se frappa le front. C'avait été trop beau pour être vrai. Il fallait toujours des ennuis au moment où on n'en voulait pas, mais alors pas du tout. Derrière elle, Chloé entendait le borgne albinos siffloter l'air de rien, une attitude qui lui paraissait bien suspicieuse. Elle l'aurait étripé si la voix alarmante de Jack n'avait pas ramené ses iris vers les cieux. L'adulte venait d'hurler "Je tombe !" alors qu'il tombait vraiment.
Chloé fut un poil ravie que le professeur, aussi têtu qu'une mule, soit finalement descendu de son perchoir, néanmoins, une telle chute ne devait certainement pas rester sans conséquences. Les deux ados, s'approchèrent du corps de Jack, presque enseveli sous la neige. Il ne bougeait pas d'un poil, mais respirait tout de même.
-Et merde, on fait quoi, maintenant ?
- Camille aurait sûrement trouvé une solution étant donné qu'elle a fait du secourisme l'année dernière, mais elle n'est pas là ! fit la brunette en aidant Break à adosser le professeur contre un arbre. Et bien aux grands maux, les grands remèdes ! Il faut lui donner des claques jusqu'à ce qu'il se réveille.
- Tu veux que je le fasse ?
- Non ! Je ne te laisserais pas faire, mon vieux ! Pour une fois que je vais pouvoir un peu me défouler...
- Euh...
- Réjouis-toi, mon cher Xerxes, si cela avait été toi, je te donnerais des baffes à t'en dévisser la tête, même si par le plus malheureux des hasards tu serais conscient, affirma Chloé en esquissant son premier sourire vicieux de la journée tout en commençant à sortir son professeur de son sommeil par des petites tapes molles qui virèrent assez rapidement à de grosses claques violentes. Bon il va se réveiller celui-là !
Alors qu'elle s'apprêtait à donner une autre paire de baffes, Jack ouvrit subitement les yeux. Break l'ayant remarqué, il stoppa la jeune fille de justesse en lui retenant le bras. Juste avant qu'elle ne mette le coup de grâce aux pauvres blondinet dont les joues étaient incroyablement rouges.
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La jeune troupe d'adolescents se trouvait désormais en bas des pistes skiables. La verte et la bleue étaient visibles, les deux autres, bien plus difficiles, devaient sûrement se trouver cachées quelque part au pied de cette forêt de conifères. Suite à une petite halte pour diverses raisons à l'auberge qui gérait la station de ski, le groupe d'élèves se dirigea alors vers l'appareil que l'on appelait plus communément, le tire-fesse.
Certaines personnes savaient s'y prendre et y arrivaient du premier coup, d'autres n'étaient pas très stables sur le siège en métal tandis que le reste se mangeait la neige, tout simplement. Florine faisait partie de la première catégorie, tout comme Camille, sauf que cette dernière, débutante comme elle l'était, se cramponnait telle une sangsue à la barre de soutien et regardait presque horrifier les mètres des neige qu'elle gravissait. Pour Typhanie, on dira qu'elle faisait partie de la seconde catégorie, ne supportant pas vraiment sa position assise. Quant à notre chère Victoria, suite à un problème technique, elle venait de tomber de son siège.
Mais comme nous le savons tous très bien, l'Homme -et les femmes aussi- ont un réflexe humain et extrêmement étrange qu'est celui de s'accrocher au tire-fesse comme si leur vie en dépendait. Résultat, Victoria laissait derrière elle une longue trace trainante de son récent passage.
Arrivées en haut de la pente, Camille, Florine et Typhanie attendaient patiemment leur amie qui s'approchait, cette derrière bringuebalée dans la neige bien froide. Lorsqu'elle fut à destination, Victoria lâcha le télésiège avec ses bras et s'apprêtait à se lever pour rejoindre ses camarades. Manque de bol, elle continua de suivre le tire-fesse à cause de... l'écharpe de Cheshire. Cet objet si précieux pour Victoria s'était accroché à la machine sans que sa propriétaire ne s'en rende compte. Les adolescentes, qui n'en croyaient pas leur yeux, regardèrent avec stupéfaction Victoria refaire un tour de tire-fesse gratuit.
- Bon, vous allez bouger votre cul ! Je suis coincée là ! paniqua la pauvre Victoria qui descendait désormais la pente, toujours par terre et son écharpe l'étranglant à moitié.
- Ah merde, Victo ! s'exclama Florine, qui venait enfin de réaliser la tournure que prenaient les évènements.
- Houlà ! enchaina Camille en fixant son amie qui partait au loin.
- On a qu'& attendre qu'elle revienne, que voulez-vous que je vous dise, soupira Typhanie tout en haussant les épaules. En attendant, je vais chercher Vincent, il aura peut-être des ciseaux sur lui et alors on pourra...
- HORS DE QUESTION ! TU NE TAILLERADERAS PAS L'ECHARPE DE CHESHIRE ! JE TE L'INTERDIS !
- Et comment tu comptes t'en sortir, de ce pétrin ?
- Ha ha ! Tu ne dis rien, esclave ! Ma grandeur d'esprit te laisserait sans voix ?!
- Plus sérieusement Typh', intervint Florine tout en grimaçant, notre pauvre Victoria est en train de se prendre pas mal de neige dans la face. Je ne pense pas qu'elle arriverait à parler dans ces conditions...
- Toute cette neige, en bouche... Brr, frémit Camille.
- Tant pis, on attend qu'elle revienne et on agira à ce moment-là. Si ça rate, on recommencera et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'elle aie fini de jouer au manège, conclut la blondinette en croisant les bras.
Camille et Florine s'échangèrent des regards inquiets avant de fixer de nouveau l'ado à la queue de cheval, qui se trouvait à deux doigt de la noyade.
Après deux ou trois tours de tire-fesse, nos amis réussirent à libérer Victoria. Leurs efforts venaient de porter leurs fruits. L'écharpe à clochettes s'était emmêlé autour de la barre de maintien du tire-fesse tout en se coinçant entre deux plaque métalliques de la machine. Ainsi, son propriétaire, s'il tombait, était pris au piège. Victoria eut la larme à l'œil en voyant que quelque fils de laine étaient sectionnés dans son cache-col.
Le petit groupe se remit très vite en route pour rattraper le retard accumulé par rapport au reste du troupeau.
Les étudiants se réunirent alors autours du professeur Glen qui, visiblement, leur donnait quelques consignes et astuces pour skier. Certains écoutaient le noiraud avec une grande attention tandis que d'autre faisaient les fiers et frimaient en disant qu'ils étaient des pros de la glisses. Bref, un attroupement de lycéens, quoi.
Mademoiselle Abysse prit par la suite la parole et expliqua à ses chers élèves qu'à cause de la soudaine absence de Jack pour des causes médicales (ce qui est archi-faux, bien évidement), les élèves seraient répartis uniquement en trois groupes de compétences distinctes : A, B et C. Les A sont les débutants pour ne pas dire les nuls qui ne savent même pas chausser des skis. Les B sont au dessus du niveau A, les notions de skis y sont, mais ne sont pas maitrisées à 100 %. Quant aux C, ce sont la crème de la crème, les meilleurs et les seuls autorisés à descendre la piste noire. Après pas mal de blabla et d'analyse de la part du professeur de français, nos personnages sont enfin classés, ce qui nous donne :
Groupe A (professeur-aide : Liam) : Camille, Typhanie, Victoria, Sharon, Ada, Alice
Groupe B (professeur-aide : Abysse) : Florine, Gilbert, Vincent, Léo
Groupe C (professeur-aide : Glen) : Oz, Elliot, Cheshire, Echo
Suite à cela, la parole revint à Glen, qui ajouta quelques petites choses. Sous l'emprise de l'ennui, Victoria commença alors à faire de petits élancements de pieds pour passer le temps, tandis que Typhanie buvait littéralement les paroles de son professeur favori. La brunette leva ses yeux vers le ciel nuageux qui avait cessé de faire tomber ses petits flocons. Victoria soupira tout en continuant son jeu de pied, sans penser une seule seconde au conséquences que cela pourrait engendrer.
Elle persista jusqu'au moment où elle fut surprise que Typhanie aie bougé si soudainement d'une dizaine de centimètres. Victoria finit par se convaincre qu'il n'y avait rien à craindre et continua de gesticuler sur place, mais quelque chose d'encore plus mystérieux se produisit. Elles n'étaient pas des esprits pourtant, mais Typhanie et Florine commençaient à s'éloigner comme le feraient deux fantômes. Non, en fait, toute la troupe d'élèves semblait fuir Victoria à l'allure de fantômes.
Ce fut alors au tour de la montagne de s'éloigner étrangement, rapetissant petit à petit. Victoria regarda cet étrange spectacle avec des yeux ronds comme des billes, alors que le vent soufflait étrangement à contre sens, ramenant sa chevelure brune au milieu du visage. Son corps semblait attiré par une force qui l'entrainait en arrière. En à peine une ou deux secondes, Victoria commença à dévaler sur ses misérables skis la piste rouge à contre sens.
- Ahhhhhhh... ! gueula-t-elle en descendant la pente à vive allure.
Glen venait tout juste de finir son petit monologue et tout le monde se hâta de rejoindre les différentes pistes, lorsque le hurlement vint péniblement aux fines oreilles de Florine. La curiosité de l'adolescente la fit tourner légèrement vers l'arrière tout en prêtant attention à ne pas glisser. Elle fit de gros yeux lorsqu'elle s'aperçut que Victoria n'était plus là. Seules deux lignes bien droites étaient ancrées dans la neige froide, traçant la petite colline dont l'une des extrémités se trouvait pile poil à l'emplacement précédent de la brunette.
Affolée, Florine tapa plusieurs fois sur l'épaule de Typhanie qui -après avoir mis du temps à répondre- grogna légèrement suite à l'interruption de son matage de prof.
- Typh' ! Je crois qu'on a perdu Victoria ! chuchota-t-elle pour ne pas trop se faire remarquer par les autres élèves.
- Oh, mais laisse, elle saura nous retrouver...
- Regarde par terre, sur la piste rouge ! insista la blondinette en pointant de son doigt les marques au sol qui continuaient leur chemin en zigzaguant le long de la pente.
Typhanie se donna la peine de regarder les traces dans la neige. Elle prit alors conscience de la scène qui s'était passée ou qui aurait put se produire et se pinça la lèvres inférieures.
- Putain ! Faut vraiment être con pour descendre la piste rouge alors qu'on sait pas faire de ski ! En plus, comment on va faire pour la récupérer, je ne sais pas skier non plus ! Et Camille, elle est passée où ?!
- Je ne sais pas, mais calmons-nous pour le moment, tenta vainement Florine d'une voix tremblante pour rassurer sa camarade. Au pire, j'ai quelques bases en ski, je peux peut-être aller la chercher.
- Tu es vraiment sûre de toi ?
- Non, pas vraiment, mais on ne peut pas laisser Victoria toute seule comme ça, si ça trouve il lui est arrivé quelque chose de grave.
- Il est arrivé quelque chose à Victo, nya~ ?
Les deux amies se tournèrent alors vers le nouveau venu qui n'était autre que Cheshire. Florine manqua de peu de soupirer de soulagement. Un membre du groupe C pourrait sûrement les aider à retrouver la portée disparue.
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Camille regarda autour d'elle. "Calme-toi, Camille. Calme-toi... Tu vas les retrouver...".
Néanmoins, malgré ses pensées qui se voulaient réconfortantes, la jeune fille paniquait intérieurement. Suite à la réunion de tout à l'heure, lorsque Glen avait eu fini de parler, un tsunami humain avait soudainement déferlé sur elle. Ne pouvant imposer de grande résistance, elle se laissa emportée jusqu'à ce que cette vague ne se dissipe. Elle venait maintenant de s'échouer quelque part dans la station de ski. Mais où ? Si seulement elle pouvait savoir où, cela l'aiderait d'avantage...
Il y avait plusieurs skieurs qui serpentaient une piste à grande vitesse. Mais quelle piste ? On pourrait peut-être demander son chemin auprès de l'un de ces sportifs, peut-être qu'avec un peu de chance sera-t-il un habitué du coin et il vous indiquera la direction à prendre. Cette pensée effleura légèrement l'esprit de Camille avant de finir dans le gouffre de l'oublie. Non mais franchement, vous voyez vraiment une personne qui est à proximité d'une piste où les gens passent comme des fusées qui demande à ces mêmes gens "Hé ! M'sieur ! Vous pouvez m'aider à trouver mon chemin, je me suis perdue à cause d'un troupeau d'étudiants qui m'a amenée ici ?!" Non, je ne crois pas...
C'est alors que, ô miracle, des personnes de la classe de Camille passèrent sous son nez. Maladroites et bruyantes, ne faisant que rigoler et pousser de petit cris, Sharon et Ada tracèrent devant Camille. Cette dernière sentie une poussée de joie monter en elle, mais grimaça rapidement en se demandant "Mais pourquoi, je ne suis pas tombée sur quelqu'un d'autre...".
L'adolescente eut un petit mauvais pressentiment, riquiqui, tout petit, mais cela la faisait tout de même hésiter quelques instants. Finalement elle les suivit avec beaucoup de peine, paniquant presque à chaque fois qu'un skieur la frôlait et que la peur de le heurter se faisait sentir.
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Les joues aussi rouges que son accoutrement, Jack se gratta pensivement la tête. Il était en train de fixer le sol, ou plus précisément toutes les empruntes qui jonchaient la neige, et cette contemplation le rendait on-ne-peut plus sceptique.
-Je ne comprends pas..., entama-t-il, ce qui augurait déjà tout sauf des bonnes nouvelles. Je suis certain que nous ne sommes pas déjà passés par là, et pourtant, il y a ces traces, là... D'autres personnes auraient eu le malheur de se perdre ici comme nous ?
-Cherchez pas, c'est les nôtres, de traces ! s'exclama Chloé avec toujours autant de mauvaise humeur.
-A moins que nous soyons entrés dans la zone maudite de cette forêt..., hasarda Break avec un sourire mesquin.
À ces mots, le professeur eut un hoquet effrayé :
-U-Une zone maudite, tu dis ? Gémit-il d'un air pitoyable.
-Tout à fait ! approuva l'albinos, entouré soudain d'une étrange aura ténébreuse. Car figurez-vous qu'il y a de cela deux-cents ans, une famille de pay-
-Ne l'écoutez pas ! Ordonna Chloé en écrasant une nouvelle fois le pied de son camarade de classe. Il cherche juste à vous effrayer, rien de plus.
Pas franchement rassuré, l'enseignant regarda autour de lui, anxieux, comme si il allait être soudainement attaqué par un horrible monstre.
La brunette, elle, se frappa le front de désespoir. Elle en avait marre, mais alors marre... Ils avaient combien de neurones, les deux là ?! En tous les cas, sûrement pas assez pour recomposer un simple cerveau humain...
C'est pourquoi la demoiselle prit finalement la décision qu'elle aurait préféré évité : elle s'éloigna du duo infernal.
Break, qui avait suivi ce manège, prit un air moqueur en la pointant du doigt.
-Vu, miss !
-La ferme, crétin d'albinos ! rétorqua l'autre en pivotant, juste pour le plaisir de lui dire ce qu'elle avait sur le cœur. Je te rappelle qu'on est perdu ici à cause de TOI, et uniquement de toi ! Et maintenant, on est dans une merde pas possible, avec aucune possibilité de retrouver notre chemin, alors je prends la meilleur décision : me tailler !
-Hey, reviens ! S'exclama Break en comprenant qu'elle partait vraiment.
Nullement décidée à faire une fleur au chapelier, Chloé continua à avancer. Mais le valet se lança à sa poursuite, pour finir par se planter face à elle.
-Je ne voulais vraiment pas en arriver là..., soupira le jeune homme. Mais bon...
Et là, contre toute attente, le garçon s'agenouilla devant sa camarade, pour ensuite la supplier d'un air tout à fait pitoyable :
-Pitié, miss. Ne me laisse pas seul avec ce cinglé.
Jack, qui se trouvait non loin derrière ses élèves, eut un petit cri indigné. La lycéenne était quant à elle si surprise de la réaction de Break qu'elle marqua un temps d'hésitation.
Manque de bol pour elle, ces quelques secondes suffirent à son professeur pour qu'il arrive à son niveau. Et hop ! ni une, ni deux, le blond saisit Chloé et la mit sur son épaule comme un vulgaire sac à patates.
-Hey ! Protesta-t-elle en se débattant. Reposez-moi tout de suite !
-Hors de question ! Répondit l'enseignant avec un semblant d'autorité. Tu es sous ma responsabilité ! Alors si on se déplace, ce sera ensemble !
La jeune fille soupira, puis finit par se faire une raison. Aussi se laissa-t-elle mollement trimballer par Jack, profitant tout de même du fait qu'elle n'avait dorénavant plus à marcher.
Il n'y eut que lorsque Break vint derrière le prof, donc face à sa camarade, que cette dernière se permit de parler.
-Je vois venir une moquerie, grommela-t-elle en réponse au sourire jusqu'aux oreilles qu'arborait le borgne. Alors fais-moi plaisir, Xerxes : la ferme.
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Les trois ados venaient tout juste de descendre la piste rouge d'une façon assez comique. Cheshire, qui avait l'habitude des pistes, venait de prendre la première place et glissait tout de même avec douceur - enfin, il filait comme une flèche quand même, à certains moments. A ses talons, accrochée par les épaules du garçon, Florine se laissait guider tout comme Typhanie. Cette dernière crut faire une crise cardiaque à chaque fois qu'un virage se présentait au trio. À vrai dire, lorsqu'on est en bout de file, on ressent beaucoup plus les sensations fortes qu'à un autre endroit.
En suivant les tracés au sol, les amis n'ont pas eut trop de mal à retrouver notre pauvre Victoria. Elle était en un seul morceau, assise par terre, recroquevillée sur elle-même et tremblotante. Elle ne bougeait plus. Vu les symptômes de la malchanceuse, on pouvait facilement deviner que cette dernière venait d'avoir une sacrée peur bleue.
- P-Plu-u-u-us j-a-a-a-m-m-a-i-s, j-e-e-e sk-i-i-i-i-e-e... annonça Victoria en grinçant les dents sans oser bouger tellement elle semblait terrifiée.
- Aie, ça peut se comprendre, ajouta Florine en se mordant la lèvre inférieure.
- Oh pire, nya~, je peux t'apprendre à skier Victo' ...
- Non, je crois que j'ai eu ma dose pour aujourd'hui, lâcha la pauvre Victoria en retirant ses skis, les laissant derrière elle. J'abandonne, je ne veux plus entendre parler de skis !
Victoria s'en alla un peu plus loin devant l'auberge, là où plusieurs étaient confortablement installés sur des banc. Elle en sélectionna un, vide et s'y assis sans plus attendre. Elle semblait fusiller le sol ou la neige du regard, allez savoir, tout en s'entourant des ses propres bras. Lors de sa descente un peu casse gueule, la neige avait complètement inondé la pauvre Victoria. Elle était trempée comme pas possible. De plus, les vents et la température saisonnières ne faisaient qu'aggraver la situation.
Enervée, elle sortit quelques injures à on-ne-sait-trop-quel-dieu-et-on-ne-le-saura-jamais , sans s'être rendue compte que Cheshire l'avait rejoint. Elle leva légèrement ses pupilles vers le garçon alors qu'il venait de se dévêtir de sa grosse veste polaire. Il la lui tendait, un sourire au visage.
- Tiens, prend-la, tu auras moins froid comme ça.
- Euh... hésita Victoria, les joues légèrement rosies. C'est gentil, mais toi ... ?
- Ne t'inquiète pas, nya~ ! J'ai connu bien pire. Puis j'ai une tonne de vêtements sur moi, ça devrait faire l'affaire.
- Et bien merci, alors..., se contenta de répondre la jeune fille en s'enveloppant du vêtement chaud et réconfortant.
- Il n'y a pas de quoi !
Un silence qui commençait à avoir du poids au fil du temps s'installa progressivement. Pourquoi ? Voyons voir deux ou trois mètres plus loin, notre duo en arrière plan et gros zoom sur Typhanie et Florine qui ne pouvaient s'empêcher de sourire ou de pouffer devant cette scène.
- T'as vu comme ils sont mimi ensemble ! lança Florine à Typhanie en se voulant discrète, ce qui ne marcha pas vraiment vu les têtes désemparés de nos deux protagonistes un peu plus loin.
- Continue comme ça, Vic', balança la petite blondinette en levant le pouce en l'air en direction de sa meilleure amie. C'EST pour bientôt !
- Ah mais je t'emmerde ! répliqua hâtivement Victoria pour se défendre.
Par vengeance, Typhanie vint squatter elle aussi le banc, mais en s'asseyant bien sur Victoria. D'un geste à la limite de l'orgueilleux, l'adolescente poussa sur la joue de la brunette pour faire partir sa tête vers l'arrière en lâchant un truc du genre "N'oublie pas que je suis ton maître, esclave ! Ha, ha, ha !"
Cheshire sourit, à moitié cette fois-ci. Cette Typhanie pouvait être bien tyrannique des fois... Puis, son attention se reposa sur autre chose. Malgré le brouhaha ambiant, il réussit à percevoir une voix qui lui était familière - je vous rassure, il n'est pas schizophrène. Il se leva d'un coup sous les regards plus ou moins surpris de ses camarades. Il tourna la tête sur sa gauche et semblait regarder un peu plus loin.
- Tiens, tiens, ce n'est pas Camille, là-bas, nya~?
Les trois filles regardèrent dans la même direction que Cheshire. En effet quelques bancs plus loin à peine, Camille se trouvait coincée entre deux adolescentes.
- Qu'est-ce qu'elle fout là ? s'interrogea Typhanie en se retirant de Victoria, après l'avoir un peu aplati comme un crêpe.
- Va savoir, poursuivit Florine en croisant les bras. Tant qu'elle n'est pas en mauvaise compagnie...
- Je ne suis pas sûre que Sharon et Ada soient la meilleure des compagnies que l'on puisse avoir, contredit Victoria en se massant la joue. Typh', tu fais chier, je ne sens plus ma joue, maintenant...
- Si tu veux, je fais pareil avec l'autre alors ? enchaîna in extrémis la concernée, des étoiles malicieuses dans les yeux.
- Non, ça ira, je crois.
- Bon, on les rejoints ?
La question de Florine eut rapidement une réponse. Libérée de Typhanie, Victoria se mit sur ses jambes à son tour et tous les quatre se dirigèrent vers Camille, Sharon et Ada tout en papotant et sortant quelques ragots sans trop d'importance.
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Chloé jura lorsque ce qui lui servait de moyen de transport sursauta une nouvelle fois.
-Mais merde, Break, t'aurais pas pu attendre qu'il me pose par terre ?!
-Je ne vois absolument pas de quoi tu parles, miss..., assura innocemment le garçon, les mains dans le dos.
Vous aussi, vous avez le sentiment d'avoir loupé un épisode ? J'explique : Alors que nos trois compères cheminaient vaillamment à travers la forêt vosgienne, notre votre albinos préféré avait eu la glorieuse idée de se mettre à raconter quelques histoires sordides au sujet de montagnes maudites. Naturellement, cela n'avait nullement impressionné la brunette, qui n'en était plus à ça près. Mais Jack, quant à lui...
-Vous avez entendu, cette fois-ci ? Demanda le malheureux professeur, qui tremblait comme une feuille. Je suis sûr que quelque chose nous suit !
-À part une monstrueuse créature albinos, je ne vois strictement rien..., grommela Chloé, qui surveillait involontairement les arrières de son enseignant.
Pour toute réponse, Break éternua. Il avait le bout de nez tout rouge, et était de temps à autres parcouru par de petits frissons de froid.
-J'aurais dû prendre une veste plus chaude..., pensa-t-il à voix haute, remontant le col de son manteau.
-Mieux, proposa sa camarade de classe. Tu aurais dû crever tout de suite, emporté par une avalanche ou bouffé par un grizzly. Ça aurait grandement soulagé le restant du monde.
L'albinos la regarda, moqueur. C'était tout de même elle qui se retrouvait là, portée par son prof d'Arts Plas pour éviter qu'elle ne s'enfuie à nouveau !
Fort de cette constatation qui plaçait la miss en nette position d'infériorité, Break se rapprocha pour lui mettre une pichenette sur le nez. Sauf que, par un hasard des plus hasardeux, l'auteur en herbe décida exactement au même moment de tourner la tête, ce qui fit arriver la petite tape de l'albinos sur le dos de Jack.
L'enseignant, qui était tendu tant il avait peur, sursauta et hurla, lâchant son chargement au passage. Puis, comme toute proie fuyant un danger, il se mit à courir sans prendre garde à vers quoi il se dirigeait. Naturellement, la probabilité statistique de se prendre un arbre en pleine forêt est hautement élevée (comme pourrait vous en témoigner Chloé). Et c'est ainsi que le professeur rencontra de plein fouet un magnifique spécimen de sapin vosgien, dont l'écorce craqua sinistrement sous la violence du choc.
L'adolescente qui se trouvait désormais au sol fut pendant un instant bien tentée d'y rester. Puisque les deux personnes qui l'accompagnaient étaient apparemment décidées à la faire mourir d'une manière ou d'une autre, elle préférait carrément leur faciliter le travail.
Mais des bruits de pas à côté d'elle lui firent rapidement changer d'avis. Elle leva la tête, crachant toute la neige qu'elle avait dans la bouche, et observa sombrement Break qui s'était accroupi à côté d'elle. Pour une fois, le jeune homme paraissait peu désireux de faire des commentaires acerbes.
Au contraire, il tendit même la main à sa camarade pour l'aider à se relever. Chloé la saisit, bien décidée. Une telle occasion ne se représentera pas de sitôt...
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- Dis-moi Camille, pourquoi n'aimes-tu pas les Vosges ?
Cette question venait d'Ada. L'adolescente passa un coup de ses mains gantés sur sa magnifique tenue de ski qui faisait légèrement penser à une tenue d'automne de style urbain possédant des couleurs assez pâles. La Vessalius venait de fermer ses beaux yeux émeraude et attendait patiemment que sa voisine contre qui elle était lui réponde. En effet Camille se trouvait coincée entre elle et Sharon. Elle semblait nerveuse, mais cela ne provenait pas de la question d'Ada, non ! C'était la tête de Sharon qui se rapprochait de plus en plus de Camille, un air rempli de curiosité au visage. D'une certaine manière, elle avait l'impression que la brunette la fusillait du regard pour lui soutirer quelques informations croustillantes.
Camille se tourna vers Ada tout en tentant d'ignorer la Rainsworth, sans pour autant être impolie.
- Et bien disons que...
- Ne serais-tu pas une noble qui aurait fuit son odieuse famille ?!
- Pardon ?
Suite à sa réplique, Camille tourna sa tête en direction de Sharon. Une noble ? Impossible voyons, cela se verrait de suite !
- Mais c'est bien sûr ! renchérit la petite brunette tout en tapant de son poing son autre main. Tu es née dans une famille que tu n'arrivais plus à supporter alors, grâce à l'un de tes majordomes, tu as fugué et fuit, c'est ça, hein ?!
L'adolescente n'avait pas su quoi répondre à une pareille tirade. Pourtant, d'un certain point de vue, on pourrait affirmer que la future duchesse croyait en cette hypothèse dur comme fer - vu ses adorables yeux scintillants, il était difficile d'avouer le contraire. Ada se pencha légèrement pour voir Sharon et se permit un petit rire. La jeune fille du milieu ne savait pas trop comment prendre la situation telle qu'elle était gênée et rougit de honte tout en regardant ses pieds.
- Non c'est pas du tout ça ! affirma-t-elle en y mettant le ton, bien qu'il soit petit. Je viens TROP souvent ici, de ce fait ça me dégoûte. Faut pas se faire des films comme ça...
- Ah bon ... ?
Camille se tourna de nouveau vers sa voisine de gauche, l'air surpris. Sharon la fixait, le regard à la limite des larmes. Ah la la ! La pauvre brunette ne savait plus trop où se mettre maintenant. Elle venait de décevoir quelqu'un et cela la mettait peu à peu mal à l'aise. Mais en même temps qui aurait pu croire, voir même imaginer, une telle histoire - à part Sharon, en toute franchise ? Cette dernière tourna la tête avec un semblant de rebuffade.
- Désolée de te décevoir à ce point... Mais en même temps, il ne faut pas s'attendre à grand chose venant de moi.
- Dommage, continua Sharon en soupirant comme pour évacuer sa déception.
Puis elle lâcha comme si c'était une évidence tout en aillant une aura fleuri - oui, oui, il y a des fleurs en arrière plan :
-Si tu avais eu ce statut, cela aurait pimenté ta relation avec Gil !
Camille retint à cri d'effroi tout en se collant à Ada pour fuir, non pas une famille de nobles, mais la jeune brunette. Que venait-elle de dire ?
L'adolescente, accrochée au bras d'Ada comme si sa vie en dépendait, rougit à nouveau tout en tremblant à cause de sa confusion passagère. Elle tenta, vainement, de reprendre son sang-froid, et s'installa convenablement. Sharon la regardait tout sourire, contente que sa phrase fasse de l'effet, mais pour l'adolescente concernée, c'était tout autre.
- Voyons, Sharon ! bégaya-t-elle tout en regardant le ciel nuageux. Moi et Gilbert, on est que des amis. Il n'y a rien d'officiel, même si...
Elle marqua un arrêt et laissa sa phrase en suspens. Elle ne voulait rien dire de plus, de peur que cela ne se retourne contre elle.
- Même si ? répéta la brunette qui avait décidé de taquiner Camille jusqu'au bout.
- Il n'y a rien entre moi et Gil, on est amis, c'est tout.
- Vraiment ? Quel dommage...
Cette fois-ci, les paroles ne venaient pas de Sharon. Le trio d'adolescentes sursauta dans le même laps de temps. C'était Typhanie qui venait de s'incruster dans la conversation. Elle était là, à même pas un mètre de Camille, agenouillée, une main soulevant son menton pour maintenir sa tête vers les filles. Dieu sait depuis combien de temps elle se trouvait dans cette position, elle n'était néanmoins pas venue seule. Florine, Victoria et Cheshire se trouvaient en second plan, fixant d'un air intéressé la scène qui se déroulait sous leurs yeux.
- T'étais passée où ? ajouta Typhanie à Camille en se dressant sur ses deux jambes. On t'a cherché partout, tu sais.
- Disons qu'un ouragan m'a fait faire échouer à l'autre bout de la station... répondit-elle en regardant de travers.
- Et nous, on l'a retrouvée perdue, la pauvre..., renchérit Ada en faisait les yeux doux.
- Je vous ai plutôt suivi...
- Bref, trancha à nouveau Typhanie, maintenant qu'on t'a retrouvé, on fait quoi ?
- Aucune idée, personnellement, j'ai plus vraiment envie de faire du ski pour le moment.
- Ça ne nous aide pas...
- On peut monter sur le télésiège, ça à l'air marrant, nya !
Les regards se tournèrent vers Cheshire, qui venait de se rapprocher de la troupe. Florine et Victoria firent de même. Cette dernière répondit au noiraud :
- Je ne veux plus faire de ski, alors ne me comptez pas parmi les passagers !
- Moi, j'ai le vertige, ricana faussement Camille en jouant avec ses cheveux - c'est une activité très distrayante...
- Moi je veux bien par contre, répliqua Florine en tendant la main.
- Nous sommes donc deux... Tu es sûre Victo-chan ? Tu ne veux vraiment pas venir avec nous ?
- Non c'est non ! Je ne veux plus entendre parler de ski ! J'ai eu ma dose pour aujourd'hui.
- Vraiment ? insista Cheshire en tirant une bouille toute tristounette et mignonne.
- ... Eh bien...
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La tête de Break frappa plusieurs fois contre le sol gelé, au fur et à mesure que Chloé le secouait dans tous les sens.
-Tu - n'es - qu'un - crétin - fini ! S'exclamait la jeune fille au fur et à mesure qu'elle lui faisait manger de la neige.
L'albinos était un peu confus. Il se souvenait avoir tendu, dans un moment de faiblesse qu'il se promettait de ne jamais réitérer, sa main à sa camarade pour l'aider à s'extirper de la neige. Elle l'avait prise, avec un étrange petit sourire... puis avait fini par le faire lui-même tomber par terre. Ensuite, ben... le trou noir.
L'adolescent fronça les sourcils de désarroi, ce que la lycéenne ne sembla pas très bien interpréter vu qu'elle lui mit une claque magistrale. Sonné, l'étudiant eut tout juste le temps d'intercepter la main de l'écrivaine en herbe pour éviter que celle-ci lui en remette une.
-Hmpf, fit-il d'un ton désapprobateur. Tu sais que ce n'est pas très poli, de frapper les gens ainsi ?
-Oh, vraiment ? S'étonna faussement l'autre. Pardonne-moi, alors, Xerxes. Je te promets d'arrêter, ce serait teeeeeeeelement bête de te faire subir un trauma crânien.
À la limite, Break préférait presque qu'elle continue à le frapper. Parce que là, la demoiselle lui faisait pour ainsi dire l'effet d'un Rufus Barma qui pète un câble. Pas très joyeux, tout ça...
Les deux meilleurs amis du monde se défièrent du regard, évaluant chacun de leur côté si il valait ou non la peine de continuer à s'entretuer. Finalement, le chapelier proposa poliment :
-Et si on concluait une trêve ?
Chloé le considéra longuement, pour ensuite acquiescer silencieusement. Satisfait, l'albinos demanda alors avec la même courtoisie :
-Bien... Tu pourrais t'enlever de moi, maintenant ?
La brunette s'exécuta aussitôt, gênée en ce rendant compte à quel point une personne qui passerait par là pourrait se poser des questions. Et pendant que son compagnon d'infortune se redressait, l'étudiante se dirigea vers le professeur Jack, toujours aussi lamentablement effondré contre un tronc.
-Allons, M'sieur ! Le somma-t-elle en le poussant du bout du pied. Il est temps de repartir.
Le blondin bougea légèrement, et ouvrit un œil vitreux sur son élève.
-Hm ? Gémit-il faiblement. Y' s'passe ?
-Vous avez foncé dans un arbre..., résuma Chloé.
-Vraiment ? S'étonna l'enseignant en regardant autour de lui. Mais... où suis-je ? Et... qui êtes-vous ?
-Tu as vu ce que tu as fait, miss ?! S'alarma Break en constatant les dégâts.
-... Je me disais aussi qu'il manquait quelque chose à ma journée pour qu'elle soit définitivement foutue..., marmonna ladite miss en se prenant la tête entre les mains.
-Au fait, qui suis-je ? Interrogea Jack en se relevant. Je ne me souviens absolument de rien...
Chloé hésitait franchement entre se pendre avec l'écharpe de Break et tenter de trouver une solution à ce léger problème.
-On fait quoi ? Questionna le valet, qui semblait lui-même un peu dépassé.
-Je te laisse choisir..., soupira la binoclarde. Marre de prendre toujours des décisions qui de toute façon ne mènent à rien...
Et elle alla s'asseoir sur une vieille souche qui traînait par là.
Le domestique regarda l'enseignant, qui suivait des yeux la neige qui continuait à tomber. Pris d'une soudaine inspiration, le jeune homme hasarda :
-Et si vous montiez sur cet arbre avant de vous laisser tomber tête la première ? Peut-être que ça vous remettrait les idées en place...
Chloé se tourna vers son camarade, s'attendant à ce que le professeur refuse en se marrant. Quelle ne fut donc pas sa surprise lorsqu'elle vit alors Jack s'exécuter sans poser la moindre question.
-Attention je tombe ! Annonça juste l'amnésique avant de se jeter dans le vide.
-P*tain, il l'a fait, ce con..., souffla la jeune fille en suivant des yeux la chute de son sensei.
Elle rejoignit aussitôt Break, qui s'affairait à désensevelir l'homme à la tresse.
-Et il n'a opposé aucune résistance ! S'exclama la brunette, toujours aussi surprise. Aaaah, Xerxes... Ce serait si beau que tu en fasses de même si je te demandais de te jeter par une fenêtre...
Le chapelier leva les yeux au ciel mais préféra ne rien dire. Il en allait de sa survie, là...
Lorsque leur enseignant se réveilla, les deux lycéens eurent la surprise de le voir bondir sur ses pieds.
-Alors les jeunes, qu'est-ce qu'on attend ? Demanda Jack, frais comme un gardon. Au rythme où vous marchez, on est pas près d'arriver à l'auberge...
Break et Chloé le dévisagèrent avec des yeux ronds. Il était vraiment increvable, ce type ?!
-Allez allez ! Fit le prof en frappant dans ses mains. On se remet en marche !
Et il se dirigea tout naturellement en direction de ce qu'ils espéraient être Gérardmer, les adolescents le suivant avec la plus totale incrédulité.
-Parfois, il vaut mieux ne pas chercher à comprendre..., conseilla l'albinos en voyant le visage déconfit de sa camarade.
Drôle de promenade, décidément...
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La machine de ferraille fonctionnait bruyamment. Les télésièges valsaient au dessus du vide, avançant à une certaine allure. Leur descente ainsi que leur ascension ne cessait jamais, et leurs passagers se devaient d'avoir certains réflexe afin de ne pas se faire mal au genou ou de passer le bonjour au sol enneigé en se ramassant par terre. À son bord, dans le sens de la monté, se trouvait Florine, Cheshire, Typhanie, Victoria et Oz, ce dernier venu à l'improviste pour prendre la place de libre sous prétexte qu'il faisait la course avec Elliot, direction la piste noire. Il discutait avec Florine tandis que Typhanie et Cheshire restaient silencieux, évitant plus ou moins de fixer le vide sous leurs pieds, de peur d'en être aspiré. Victoria quant à elle, marmonnait des messes basses, pas forcément remplies de politesse.
Le voyage aérien se poursuivit jusqu'au moment où Typhanie entama la conversation tout en jetant un coup d'œil aux skis attachés à ses pieds.
- Dîtes, vous imaginez si nos skis tombaient ?
- T'en poses, d'ces questions..., marmonna Victoria, mais cette fois-ci de façon audible et presque pareille à un râle.
- Non mais attends ! T'imagine le pauvre skieur, si il y en a un qui se fait assommer !
- C'est sûr que ça doit pas être très agréable, nya...
- Disons aussi que tu as autant de chance de laisser tomber l'un de tes skis que si le télésiège s'arrêtait net pour cause de panne.
Notre chère Victoria venait de parler un peu trop vite car, en effet, de façon soudaine et cela choqua les passagers, le télésiège stoppa tout mouvement, comme ça, sans raison apparente. Les bancs métalliques vacillèrent sur le coup avant de redevenir stables. Tout le monde regardait un peu partout, de façon plus ou moins paniquée, cherchant une cause à ce nouveau problème. Les étudiants tentèrent de garder leur calme, jusqu'à ce qu'une annonce ne se fasse par mégaphone. Le son résonna dans toute la vallée, fort heureusement qu'ils se trouvaient dans les Vosges, les risques d'avalanches étaient minimes.
- Messieurs-dames, nous vous demandons de garder votre calme. Restez assis sur vos siège et ne bougez plus. Un problème au niveau du moteur est survenu. Nos mécaniciens sont en plein travail et ont la situation en main. Veuillez patienter quelques minutes, le temps que ce petit contretemps soit résolu. Le télésiège reprendra du service par la suite. Merci de votre attention.
Victoria semblait déprimer dans son coin du télésiège. Des rancunes tournaient autour de sa tête, une telle situation était si rare qu'elle faisait peur.
- Voyons Victo-chan, ne te mets pas dans cet état...
- J'en ai marre des Vosges, je ne veux plus faire de ski... Je veux me jeter de ce télésiège...
- Houlà, ça va pas ! s'exclama Typhanie en secouant légèrement Victoria par les épaules. Camille, sort de ce corps !
- Non mais sérieux... J'en ai marre de cette journée, j'ai l'impression qu'on s'acharne sur moi...
- En parlant de se jeter du télésiège, remarqua Oz en sortant du silence, vous pensez que l'on peut sauter dans la neige de cette hauteur ? Ca serait marrant en hurlant quelque chose comme « Youpi ! Pasta ! »
Typhanie et Victoria fixèrent le blondinet, pas très convaincues. Puis, une idée traversèrent leur esprit simultanément. Une image, un passage d'un manga qu'elles aimaient bien trottait dans leur tête. ( Hetalia, ça vous dit quelque chose ? )
- N'y pense même pas ! rétorquèrent en chœur les deux amies en se tournant hâtivement vers Oz.
- C'était pour rire, répondit le blondinet en faisant signe de se calmer des mains. Il faudrait être fou pour se jeter dans le vide.
Suite à cela, le silence anxieux du groupe revint à grands pas. Quand allaient-ils se remettre en route ? Personne ne savait vraiment. Dix longues minutes passèrent avec une telle lenteur que l'on aurait parié des heures. Le groupe d'adolescents se faisait plus chier sur ce perchoir ennuyeux plutôt que de se faire un sang d'encre sur ce qu'il pourrait leur arriver. Victoria balançait ses jambes dans le vide, histoire de s'occuper. Par conséquent, elle faisait légèrement bouger le banc suspendu. Typhanie la scruta d'un regard fatigué.
- T'imagines si jamais les skis tombaient ? rétorqua-t-elle avec une certaine lassitude dans la voix.
- Tu nous as déjà posé la question tout à l'heure, fit remarquer Florine en fixant au hasard une montagne, sans attendre que quoi ce soit ne se passe.
- Qu'est-ce qu'on se fait chier... approuva Victoria en cessant son petit jeu de jambes. Elle peut pas redémarrer cette machine de mer-...
Aussitôt dit, aussitôt fait. Comme si c'était à la demande de notre brunette à queue de cheval, le télésiège se remit bruyamment en route. Un bruit métallique précéda un soudain déplacement des compartiments. Le choc fut si brut que certains peinaient à reprendre leurs esprits et à se stabiliser sur leur siège. Notre groupe d'amis reprit alors son ascension vers les hauteurs, plus ou moins sonnés.
Enfin arrivés à destination, les filles faillirent se manger dans la neige, tandis que les garçon les rattrapaient à bout de bras. L'équilibre ne semblait pas être au rendez-vous pour certains...
Ils avancèrent avec leur longs skis au bord d'un carrefour de pistes. Il y avait la bleue et la noire. Oz se tourna vers la seconde, avant de s'adresser à Florine, les yeux étincelants.
- Dis Flo ! T'as envie de faire la course avec moi ? - j'ai trop la flemme d'attendre Elliot.
- Je ne sais pas assez bien skier pour tenter la piste noire... Je préfère plutôt tenter la bleue, elle me semble moins compliquée, enfin...
Florine fixa un instant les deux pistes. Il semblait qu'un léger problème trottait dans son esprit. Elle regarda de nouveau attentivement avant de lâcher au blond ainsi qu'à toute la troupe :
- Dîtes, c'est normal qu'il y aie plus de zigzags dans la bleue que dans la noire ?
- Il est plus facile de réguler sa vitesse en faisant des slaloms plutôt que de piquer comme une flèche, conseilla Cheshire en tendant l'un de ses bâtons de ski vers la piste noire.
- Ah...
- Dans tous les cas, je préfère commencer par la plus simple, trancha Typhanie en entamant sa route vers la piste bleue d'un air décidé, avançant à l'allure d'un manchot.
Typhanie fit quelques pas jusqu'à une petite butte de neige d'une quarantaine de centimètres. Ne faisant aucune inspection, elle eut la bonne idée - si l'on peut dire bonne - de monter ce petit obstacle comme le ferait un enfant pour s'amuser. À peine mit-elle brièvement son pied sur cette bosse de neige qu'elle... remua ?
L'adolescente retint un bond de surprise, mais recula quand même d'un pas. Quelle était cette chose ? Une butte de neige qui bouge, c'est pas très commun, non ?
D'ailleurs, elle s'éleva peu à peu. Quelque chose en sortait doucement et avec une certain difficulté. Une silhouette se leva devant la bande d'ami avant de se retourner brutalement vers la blondinette. Typhanie se mit sur ses gardes et grimaça, mais les traits de son visage se détendirent soudainement. Elle aurait mis une formidable droite au nouveau venu si la surprise ne l'avait pas entièrement envahie. C'était...
- Vincent ?! s'étonna la petite troupe en se tournant vers le blond aux yeux vairons.
- Mais d'où il sort celui-là, encore ?! s'exclama Typhanie, le cœur battant à cent à l'heure sous le coup de la surprise. Pourquoi t'étais par terre, toi ?!
- Je dormais, pourquoiiiii ?... bailla le concerné en s'essuyant une perle de sommeil au coin de son œil doré.
- Tu dormais ?! Par ce froid ! enchaina Victoria en grelottant légèrement.
- Bah quoi ? J'étais en train de faire du ski avec Gil. J'ai senti que j'avais sommeil alors je me suis allongé et me suis endormi comme ça.
- Comme ça ? fit Typhanie avec un ton exaspéré.
- Comme ça, insista-t-il avant de scruter ses compagnons un à un. Dîtes, vous savez faire du ski ?
- Bah disons qu'on essaye d'apprendre..., répondit Florine. D'ailleurs, où est Gilbert ?
- Je sais pas, je l'ai perdu de vue à un moment. Dommage, il devait m'enseigner les techniques de ce sport...
- Ah...
Ce fut la dernière réponse de Typhanie avant que les différents regards ne se posent un peu plus loin dans le paysage qui s'offrait à eux. Des skieurs et vacanciers fuyaient une grosse boule de neige d'environ 1 mètre 50 de haut, qui dévalait la pente skiable à vitesse grand V. Cela ne les choqua pas plus. Peut-être que des amateurs de bonhommes de neige avaient laissé partir le tronc de leur personnage... Quoi qu'il en soit, personne n'avait intérêt à se trouver sur son passage, ou bien en bout de piste, à moins de vouloir servir de quille à cette grosse boule de bowling blanche. Chacun la scrutait du regard, alors qu'elle continuait son périple sur la piste. Aucun ne s'était fait la réflexion d'où elle pouvait bien venir, et ce qu'elle pouvait bien cacher.
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Camille créa un souffle d'air chaud qui envahit ses mains. Elle souffla, visiblement en vain, pour se les réchauffer. Autant elle supportait bien mieux le froid que la chaleur, mais ses petites mains en pâtissaient toujours. Les gants paraissaient inutiles avec ces températures négatives. Elle persista tout en écoutant d'une oreille les discussions "passionnantes" de Sharon et Ada. Elle s'ennuyait assez pour devoir les écouter. À bien y réfléchir, elle regrettait légèrement de ne pas avoir accompagné ses camarades. En même temps, elle aurait sûrement fait une crise ou aurait étranglé quelqu'un en s'y agrippant, à cause de sa peur du vide.
Le vide, les guêpes et le fromage. Voilà à quoi se résumaient les phobies de Camille. Elle laissa échapper un petit soupir à cette pensée avant de tourner sa tête vers les deux coquettes. Elles avaient soudainement changé de sujet et cela ne passa pas inaperçu à l'ouïe de l'adolescente. Les paires d'yeux montèrent alors la pente skiable jusqu'à la fameuse boule de neige... Qui leur fonçait droit dessus ?!
Telle une claque que l'on se prend pendant que l'on dors, les trois amies furent tirées de leurs pensées et détalèrent comme des lapins, pour éviter le danger qui maintenant mesurer environ 2 mètres. Le bloc sphérique s'échoua quelques secondes plus tard à deux pas du banc où s'étaient installées les jeunes filles. Agglutinée contre le mur de l'auberge, la masse de neige s'affaissait peu à peu. Deux, trois curieux, en plus de Camille, Ada et Sharon, observèrent ce phénomène hors du commun. Les inconnus finirent par se lasser et retournèrent à leurs occupations. Sharon et Ada firent quelque pas, avant que Camille ne les interpelle.
- Dites, c'est moi ou on voit une sorte de touffe noire, là, en bas ?
- Tiens, tu as raison, c'est bizarre..., affirma Sharon en revenant vers Camille. Allons voir ça de plus près.
Camille et Sharon s'approchèrent de l'amas de neige et s'accroupir pour identifier cette touffe noir. Ada, elle, restait en retrait. Sharon, pourvue d'un naturel curieux, ne put se retenir de tirer sur ces quelques fils noirs, légèrement ondulés. Un petit "Aie !" se fit entendre, ce qui fit frissonner les deux adolescentes. Quelqu'un se trouvait prisonnier dans cette neige.
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Break et Chloé marchaient côte à côte, suivis par le professeur Jack qui allait d'un arbre à l'autre pour en caresser l'écorce. Par chance, il s'agissait là de la seule séquelle laissée par les chutes et chocs à répétition qu'avait reçu le prof...
La brunette, quant à elle, avait fini par se faire une raison. Elle ne pouvait pas rentrer seule à l'auberge car elle se serait sérieusement fait remonter les bretelles, et ses camarades masculins avaient l'air de beaucoup trop tenir à ses capacités de survie élémentaire pour la laisser se barrer. Aussi avait-elle finalement prit la décision de subir... 'fallait dire aussi qu'après toutes ces péripéties... elle avait un peu fini par s'y attacher, à ces deux boulets en puissance !
-Qui l'aurait cru..., soupira Chloé dans la volonté de relancer la conversation. Se perdre dans la forêt vosgienne au bout de même pas 24h de présence sur les lieux... Record battu !
-C'est un reproche ? Questionna Break en penchant la tête.
La brunette réfléchit un moment, et haussa les épaules.
-Bah, pas tellement... Au fond, j'étais énervée, je ne réfléchissais pas à ce que je faisais... Je suis donc en partie coupable...
-Oh, tu demandes pardon ? S'étonna l'albinos.
-Hey, déconne pas non-plus ! S'écria aussitôt la binoclarde. J'en suis pas à ce point, tout de même !
Le valet considéra sa camarade de haut en bas, et dit d'un air déçu :
-Dommage... J'aurais pu te demander un dédommagement pour tout ce que j'ai subi...
Chloé leva les yeux au ciel, mais afficha tout de même un sourire amusé. Break, lui, fit quelques petits bonds joyeux dans le but déguisé de se réchauffer un peu. Cependant, voyant que la demoiselle ne le suivait plus, il se retourna, sourcil haussé.
Ce qu'il vit alors lui tira un hoquet de surprise : la brunette était immobile, le visage insondable et des larmes brillant aux coins de ses yeux. Se disant que c'en était sûrement trop pour le pauvre esprit fragile de la lycéenne, le chapelier se rapprocha, mal à l'aise à la perspective de voir quelqu'un pleurer. Il détestait que des personnes se mettent à craquer devant lui.
Aussi demanda-t-il d'une voix presque gênée :
-Hm... Tout va bien, miss ?
À cela, l'ado répondit :
-C'est le plus beau moment de ma vie...
Au grand étonnement de l'albinos, elle pointa un truc se trouvant derrière lui tout en murmurant, ivre de joie :
-Regarde, Xerxes... Je crois que je n'ai jamais été aussi heureuse de voir une auberge...
Le jeune homme pivota sur lui-même, n'osant y croire. Et pourtant, oui : le bâtiment qu'ils recherchaient tant était là, juste sous leurs yeux ébahis ! Les deux étudiants furent tellement submergés d'émotion qu'ils manquèrent tout juste de se jeter dans les bras d'un de l'autre. Sauf qu'un éclair de lucidité commun les rappela à l'ordre quasiment au même moment, évidemment.
Pour pallier au froid qu'ils avaient ainsi réussi à mettre tous seuls sur l'ambiance, Break et Chloé se concertèrent du regard, avant de se mettre à courir pour se précipiter vers l'auberge de jeunesse. Une personne les aurait vus arriver à ce moment là, elle aurait très certainement pu penser un instant au générique mémorable de La Petite Maison dans la Prairie.
-Enfin la délivrance ! s'exclama la brunette.
-Et à moi les croissants et le chocolat chaud ! ajouta le chapelier en levant les bras au ciel.
Les deux jeunes étaient déjà loin lorsque le professeur Jack sortit du couvert des arbres. En voyant ses élèves aussi contents, l'enseignant se permit un énième sourire d'imbécile heureux. Puis, voulant cependant lui aussi son heure de gloire, il se lança à la poursuite des adolescents en criant :
-Hey, vous avez vu ? J'ai réussi à la retrouver en finale !
Enfin, tout allait mieux dans le meilleur des mondes ! Du moins... jusqu'à ce qu'un nouvel événement vienne changer la donne.
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- Oh non quelqu'un est là-dessous ! s'écria Camille en commençant à dégager la neige de ses petites mains gantées.
- Vite sortons-le de là ! renchérit Sharon en s'accroupissant au côté de sa camarade pour l'aider.
Ada resta figée sur place, se contentant d'attendre et d'espérer que la personne ensevelie n'aie pas subi de gros dommages. À vrai dire cela relevait du miracle que celle-ci soit encore vivante. La panique et le doute qui plombaient l'ambiance générale contraignait les deux amies à accélérer le mouvement. Sur qui allaient-elles tomber ? Les trois adolescentes s'attendaient à tout même au pire, mais pas ce bonhomme là...
D'abord apparu une touffe noire de jais légèrement bouclée, puis des yeux dorés suivit d'un nez rougi par le froid. C'était, presque sans surprise notre cher ami Gilbert Nightray. Mais que faisait-il dans cette amas de neige ? Cette découverte stoppa les deux filles dans leur déneigement. Le noiraud du même rappeler qu'il était encore enseveli et qu'il crevait de froid pour réveiller les deux ados. Camille et Sharon s'apprêtèrent à continuer leur besogne, mais...
- Eh, là-bas ! Attendez !
C'était notre adorable Alice carnivore qui arrivait d'un ski assuré, comme on pourrait le dire. Marquée d'un sourire jovial et les joues roses de froid, elle marcha avec ses palmes de bois vers le quatuor assez rapidement. Les questions auraient pues affluer par dizaines, mais la jeune ne leur en laissa pas le temps. Sûrement absorbée par un objectif stupide, elle traça devant les filles, les poussant presque dans son élan, afin de faire face à Gilbert.
- Dis, tête d'algues tu as oublié quelque chose ! annonça-t-elle joyeusement en sortant quelque chose de sa poche.
Le concerné ne semblait pas vraiment rassuré de voir la petite brunette dans les parages an vu de la grimace qui se lisait sur son visage. Et cela ne semblait pas être la faute du froid. Tournant sa tête vers la nouvelle venue, Camille eut peur de comprendre.
Tout se passa ensuite vite. Alice s'agenouilla par terre. Une carotte sortie de nulle part - oui, oui, une carotte d'un orange pimpant. Des plaintes, un rire satisfait. En bref, un pauvre Gil déguisé désormais en bonhomme de neige dégustait, si on peut le dire, une bonne carotte congelée.
- Et bien voila maintenant ! s'empressa d'ajouter la petite brunette aux yeux violets. J'ai enfin réussi à finir mon premier bonhomme de neige ! Youhou !
La fillette avait l'œil pétillant et semblait très fière de sa petite création. Incapable de sortir un seul mot et gigotant péniblement sous la lourde neige blanche, le victime du jour rendait la scène plutôt comique. Mais restons sérieux. Retenant un fou rire mérité, les deux adolescentes continuèrent leur travail sous la lourde déception d'Alice. Et oui, il fallait détruire sa petite œuvre d'art.
Avec peine, mais aussi du succès, Gilbert fut délivré de sa prison froide en quelques minutes. Le pauvre était mouillé de la tête aux pieds. Une écharpe faisant guise de serviette sur la tête, le noiraud fusillait Alice du regard. En même temps, il y avait de quoi... Cette dernière lui répondit en tirant la langue, le jeune homme avait vraiment envie de l'étriper. Non pas pour aggraver la situation, mais par simple curiosité avec un poil d'anxiété, Camille se tourna vers Alice pour lui demander des explications. Faisant la moue parce qu'elle ne voulait rien dire, la petite brunette aux longues tresses finit par parler sous la pression des regards qui portaient sur elle. Deux-trois minutes de monologue suffirent pour éclaircir la situation.
Elle avoua qu'avec Leo - et oui elle n'était pas la seule coupable dans l'histoire - elle avait aperçu Gilbert se promenant dans le coin. Visiblement, il semblait perdu et n'avait pas remarqué les deux jeunes. Pendant qu'il flânait dans les environs, Leo, qui n'avaient pas envie de skier, venait d'achever un beau bonhomme de neige qui faisait presque sa taille. Jalouse de l'œuvre de son camarade - contrairement à son petit tas de neige qui ne ressemblait à rien - elle regarda attentivement "tête d'algue" et...
- Une idée de génie me traversa l'esprit ! enchaina Alice tout en continuant de bouger les bras comme pour mimer la scène.
- Très conne surtout... Stupide lapin, va..., renchérit Gil avant de se prendre une boule de neige dans la face "made in Alice", ce qui le réduisit au silence durant un petit instant.
-Bien, reprit-elle les mains sur les hanches tout en jetant un coup d'œil à la pente de ski. Donc l'idée qui pouvait me permettre de réussir à surpasser Leo était de me servir de cette tête d'algue comme outils se base.
Et c'est alors qu'elle expliqua tout en détail. Comment elle s'y était prise pour assommer Gilbert avec un ski. L'ensevelir sous la neige pour en faire un haut bonhomme de neige alors qu'il était inconscient. Et le clou du spectacle, autrement dire la manière dont Gilbert avait dévalé la pente a vive allure sans crier gare, du moins presque.
- Cette andouille s'est soudainement réveillée et en me posant des questions - je ne sais toujours pas comment il a réussi son compte -, il est tombé en arrière et a enchaîné les roulés-boulés. Le méchant est même parti sans sa carotte, sans sa cerise sur le gâteau...
- Je m'en serais bien passé - en plus j'aime pas les carottes..., marmonna l'adolescent tout en roulant des yeux et en sentant des envies de meurtres lui démanger les mains.
Deuxième boule de neige de la part d'Alice. Cette dernière commença a prendre un peu d'avance au pas de course, sentant le danger d'instinct ou parce que Gilbert était trop prévisible. Ma foi, elle eut bien raison. Gilbert fabriquait in extremis une boule de neige prête à envoyer. Manque de pot, la cible était trop loin. À peine sur ses deux jambes, près à courir derrière la gamine aux yeux violet, qu'il se rassit de suite une main dans le dos. Le jeune homme avait beau dire que tout allait bien, cette petite mésaventure lui avait infligé un bon petit mal de dos.
- Ton dos te fait si mal ! s'inquiéta Camille, assise à côté du noiraud, n'osant pas le toucher de peur de ne faire qu'aggraver son cas. Si tu veux, on t'emmène dans une infirmerie, il doit surement y en avoir une dans l'auberge. J'espère que tu ne t'es rien cassé et...
- Ce n'est pas grave, affirma Gilbert en battant sa main en éventail. Un petit mal, rien de plus. Demain, j'irais beaucoup mieux, alors arrête de t'inquiéter pour moi.
- Tu es sûr ... ? insista Camille d'une voix hésitante.
- Oui, oui...
Ce petit "oui, oui" ne semblait pas vraiment avoir eut d'effet sur Camille. Cette dernière continuait encore à tirer une tête anxieuse et larmes aux yeux à l'idée de ne pas savoir quoi faire pour que son ami aille mieux. Le noiraud soupira longuement avant de se tourner vers Camille et de lui adresser un sourire se voulant réconfortant.
- Ca ira, arrête de te faire du mouron, lâcha-t-il en ramenant ses yeux dorés vers le sol blanc. En tout cas, c'est gentil que tu t'inquiètes pour moi.
- C'est normal, répliqua de suite l'adolescente en esquissant un léger sourire à nouveau. Entre amis, il faut savoir s'inquiéter des uns et des autres.
- Si tu le dis...
Gilbert ramena de nouveau son regard sur Camille. Bizarrement, elle avait un air déterminé que le jeune homme n'avait jamais vu auparavant - à vrai dire, il est très rare qu'elle le soit aussi /MUR/. Devant cette face, il ne put retenir un petit rire, ce qui fit rougir la brunette. Se rendant compte de sa gaffe, Gilbert l'imita. Tous deux regardèrent ailleurs tout en murmurant un petit « Désolé ! » en même temps. Cela amplifia encore plus leur gêne, aussi décidèrent-ils de ne plus rien dire.
- Rhooo~ ! Que c'est beau l'amour~, chantonna Sharon en roulant bien c'est "r" tel un miaulement.
La claque qui réveille instantanément. Camille et Gilbert reprirent leurs couleurs habituelles d'un coup et firent des yeux ronds comme des billes, le temps de comprendre la situation.
- Z'êtes encore là, vous deux ! rétorqua le duo en chœur.
Et oui, Sharon et Ada, qui avaient servi de paysage jusqu'à maintenant, s'incrustaient à nouveau dans la conversation. Toutes deux se racontaient des choses à voix basse, ce qui bien évidement ne parvenait pas à l'ouïe des deux concernés. Le doute montait peu à peu, quand Sharon tenta de sortir une phrase que personne n'entendra jamais.
En voyant les lèvres de Sharon bouger et prise pas la peur d'entendre encore une ânerie, Camille racla avec un gant la neige au sol et, sans prendre soin d'en faire des boules de neige ou de viser correctement, elle balança le tout sur les deux amies. Se rendant compte qu'elle avait agit sans réfléchir, Camille lâcha un long "Désolée !" avant de se rendre le pas pressé vers l'auberge des pistes skiables. Personne n'osait la suivre en vue de sa réaction peu banale. Néanmoins, notre grande spécialiste Sharon alla s'asseoir près de Gilbert, suivie d'Ada.
- On dirait que j'ai touché la corde sensible... fit-elle remarquer à haute voix tout en faisant une moue toute innocente.
- Pardon ?! ...
Mais changeons de sujet : Pourquoi tu n'aimes pas les chats Gil-kun ! coupa Ada en prenant un ton digne d'un présentateur questionnant son candidat.
- Euh...
BREF !
Environ une heure plus tard, dans les alentours de midi, la troupe de lycéens commença d'un air fatigué à monter les marches menant à l'intérieur du car. Ce dernier, de toute évidence, avait pour destination l'auberge à laquelle les voyageurs étaient assignés. Tous avaient faim et espéraient pouvoir se reposer l'après-midi - et oui, le grand air, ça creuse et ça fatigue beaucoup. Autrement, mis à par cela, sûrement rien d'exceptionnel...
Gilbert avait réussi à échapper dieu sait comment aux griffes d'Ada et Sharon. Le petit groupe composé de Typhanie, Victoria, Florine, Cheshire et Vincent (Oz s'était rué sur Elliot et l'avait plaqué dans la neige et avait ainsi quitté le groupe) avait fini par trouver son enseignant ou "aide" qui n'était pas apparu, ne serait-ce qu'une seul fois, depuis le début de cette aventure - hormis au détour d'un chemin où ils l'ont retrouvé effondré contre un arbre. Une bataille de boule de neige, déclenchée par Alice et - quelle surprise ! - par Gilbert, atteint subitement la quasi totalité des élèves. Chacun y allait à cœur joie, oubliant les vêtements mouillés par la neige et les soucies du train-train quotidien. C'est qu'elle avait durait une bonne demi-heure, avant que le traité de paix ne soit signé, sous la contrainte d'Abysse, mais surtout du beau professeur Glen. Ah, d'un coup, il y avait plus grand monde. En résumé, que du bonheur avant que midi ne retentisse.
Le bus démarrait tranquillement, faisant vibrer son moteur ainsi que le bus entier, qui ne finit par redevenir calme que lorsque le chauffeur appuya sur l'accélérateur. La machine démarra, marquant une distance de plus en plus conséquente entre elle et les pistes de ski. Les élèves, pendant ce temps, racontaient les milles ragots ou réussites de leur journée. Mais penchons-nous du côté de notre quatuor dont les visages ravis prenaient au fur et à mesure un aspect inquiétant. Le sort de leur amie binoclarde les troublait encore. Elles ne seraient soulagé de ce poids qu'après l'avoir revu.
Camille et Florine se trouvaient sur les deux sièges qui devançaient ceux de Typhanie et Victoria. Les deux adolescentes s'étaient retournées vers leurs amies pour discuter. Dans le fond, bien qu'elles s'étaient plus ou moins amusées, la plupart prirent honte en se rappelant la situation de leur amie : peut-être seule, dans la forêt, ayant pour unique sauveur un incompétent de professeur du nom de Jack Vessalius. Eh oui, même à ce stade de l'histoire, elles ne savaient pas, du moins pas encore, qu'il y avait un troisième figurant dans l'affaire. Les échanges laissèrent place à un concert de soupirs. Une déprime générale s'installait petit à petit. On pourrait les mettre devant des bières dans un bar sombre avec des orages dehors, l'effet ressenti serait le même.
- J'espère qu'il ne lui est rien arrivé, lâcha Victoria pour relancer la conversation.
- Elle ne changera jamais, elle n'en fait qu'à sa tête, fit Florine en regardant par la fenêtre du long véhicule. N'empêche, je me demande ce qui a bien pu la pousser dehors sans prévenir personne - au fait vous ne sentez pas une odeur bizarre ?...
-Manquerait plus que le clown d'albinos ne lui aie collé au basques, argumenta Typhanie en s'enfonçant dans son siège. Tel qu'on les connait, ça aurait sûrement fait un bain de sang.
- D'ailleurs, en parlant de Break, vous l'avez vu ce matin ? questionna Florine. Il me semble qu'il n'était pas présent à l'appel tout à l'heure.
- Qui s'en occupe, franchement... marmonna Typhanie tout en levant les yeux au plafond grisâtre.
- Oh, que cela me réchauffe le cœur de savoir que l'on se soucie de moi ~ !
Cette voix nonchalante fortement reconnaissable venait d'au dessus de Typhanie. Cette dernière s'était soudainement affaisséé sur son dossier. Elle n'osait pas se redresser, de peur de voir la face d'un être qui lui était aussi insupportable que méprisable. De ses petites mains, elle pointait quelque chose qui devait se trouver au dessus de sa tête tout en murmurant "Dîtes moi que c'est pas lui... !". Visiblement, elle ne voulait pas le revoir.
- Oh, oh ! Mais quel accueil chaleureux que vous m'offrez, les miss~, rétorqua Break dans sa manche tout en secouant une sucette devant la passionnée de loups de sa main libre qui le soutenait sur le dossier. Vous me direz, à force, on s'y habitue... Tiens, veux-tu bien lâcher ma sucrerie, Typhounette ?
Typhounette... Typhounette... Ce surnom aussi absurde que débile résonnait dans le crâne de l'adolescente telle une bombe et son tic-tac juste avant l'explosion. Tirant un bon coup sur la sucette du blandinet, elle finit par la lui voler. Afin de ne pas se faire piller à son tour, Typhanie la mit, entière, dans sa bouche, et ne la sortit que pour parler.
- J'ai faim... répondit la jeune fille tout en retenant ses pulsions meurtrières.
- Au fait, qu'est-ce que tu fais ici, t'étais pas là tout à l'heure, non ? continua de questionner Florine en fixant Break, les sourcils froncés.
- Et bien disons que..., enchaîna Break en sortant une deuxième sucette, plus grosse en tournant sa pupille rouge sur sa gauche. J'étais occupé à autre chose ? (long sourire de sa part)
En effet une petite touffe brune dépassait tout juste derrière le siège de Victoria. Ladite masse eut un sursaut, puis semblait marmonner des choses incompréhensibles suite à la réflexion du jeune homme. Camille fit de petits yeux pour percevoir la personne qui se trouvait au côté de Break. Ils finirent par devenir grands de surprise.
- Chloé... ? hasarda-t-elle d'une voix hésitante, sortant du silence qu'elle maintenait depuis quelques minutes.
- Chloé-chan !
Cette fois-ci, il s'agissait bien de l'enthousiasme si joyeux de Victoria. En comprenant la nouvelle, elle avait voulu sauter sur Chloé pour lui faire un gros câlin réconfortant - qui aurait été le bienvenue en vue de ce qu'elle avait récemment enduré... Malheureusement, le siège faisait obstacle à la brunette, ce qui ne fit paraître à Chloé que ses bras. Elle les agitait de façon comique, et finit par admettre qu'elle ne pourrait pas faire ce qu'elle voulait initialement. Mais cela ne l'empêcha pas de continuer :
- Bouuh ! Le siège a des mains ! Ah ! Ah ! Ah !
- Euh... Victo...
- C'est bon j'arrête, j'arrête, repris la fan de Lapins Crétins en s'accoudant sur son siège tout en fixant la binoclarde. Mais j'y pense : comment vous êtes atterris là ? On vous a même pas vu !
- Eh bien nous sommes sortie par le porte-bagages et...
- Nous étions là bien avant que vous n'arrivez dans le bus, coupa Chloé en remontant ses lunettes, préférant empêcher Break de raconter des bobards. Le professeur Jack est partie en courant vers les pistes en espérant pouvoir faire un peu de ski. Nous, nous nous sommes abrités du froid en montant dans le bus...
D'un coup, comme par magie, trois têtes supplémentaires s'ajoutèrent à celle de Victoria. La curiosité était au rendez-vous, ma foi. La binoclarde finit par comprendre et, tout en soupirant, elle entama son récit qui était aussi une réponse à la question silencieuse qui pouvait se lire sur les visages des quatre intéressées. Soit : "Comment es-tu atterrie ici ?"
*Début du Flash-back*
11 heures et 21 minutes, devant l'auberge bordant le lac, le joyeux trio semblait hésiter. La bonne odeur sortant du bâtiment les aurait attirait fortement vers l'intérieur, pourtant un doute persistait. Un doute grand, énorme ! Provenant tout droit de notre Jack adoré. La bouffe ou le ski ! Quel choix compliqué, n'est-ce pas ?
Oui, voilà, vous avez compris, cela faisait dix minutes que Break et Chloé, en particulierscette dernière, se faisaient chier en attendant la réponse du prof. En toute franchise et en vue de ce que réclamait leur ventre affamé, la question ne se posait pas trop. La tentation d'abandonner le professeur à son triste sort - vraiment très triste - leur titillait l'esprit. Mais la faim ne l'emportera pas ce coup-ci. Comme pris en otage par le blondinet, les deux adolescents se résolurent à le suivre. Soit c'était repasser sur les traces que Jack laissait dans le sol enneigé, soit subir le courroux de Mlle Abysse. L'adulte était tellement cachotier et doué dans l'art du mensonge qu'il pourrait très bien rajouter une couche sur la sentence qui leur était initialement réservée. Cet enseignant était capricieux et têtu. Sérieusement, la binoclarde commençait doucement à regretter de le suivre.
Ils n'avaient même pas parcouru un petit kilomètre, le long du lac de Gérardmer, que Chloé s'assit sur une poutre en bois. Les deux garçons l'analysaient du regard, tandis qu'elle tentait vainement de les ignorer.
- J'ai un caillou dans la chaussure... grommela-t-elle entre ses dents avant de finalement se redresser pour reprendre la marche. Dîtes, vous avez vraiment pas plutôt envie de retourner à l'auberge ? On a tous faim, et en toute franchise, remonter à pieds jusqu'aux pistes de skis nous prendra plusieurs plombes. On sera à peine arrivé là-haut qu'ils seront sûrement tous attablés.
- Mais non, on y arrivera avant, il faut juste se donner le mal nécessaire pour y parvenir, n'est-ce pas ? répliqua ironiquement le professeur Jack à l'attention de Chloé. Puis vous m'avez fait perdre mon précieux temps dans cette forêt. Moi, j'ai envie de skier, je suis venu pour ça, alors on va aux pistes de ski, voilà !
- Oh, quelle magnifique remarque, professeur... ironisa à son tour la brunette dans un chuchotement inaudible.
- Mais oui, miss ! Il faut écouter son professeur ! ajouta Break avec un ton fort jovial.
Il y a comme des coups de pieds qui se perdent... pensa Chloé pour elle-même tout en grimaçant à cause du froid, mais aussi de ses deux débiles de compagnons.
Environ quelques minutes plus tard -non, ce n'était pas Chloé qui venait de râler- le professeur Jack s'approcha subitement très près de la route où pas mal de voiture circulaient depuis tout à l'heure. L'adolescente cru un instant qu'il allait se faire écraser - bien que cela aurait été un poids en moins et non une grosse perte. Alors qu'elle reprenait son souffle, elle observa de son œil pointilleux ce que cet imbécile pouvait bien faire. Son pouce en l'air, le professeur Jack ne faisait que du Stop dans le vent. Break opta aussi pour cette solution et l'imita. En vu de la grimace qu'il tirait aux passants, aucun n'osa s'arrêter pour les embarquer, même s'il s'agissait d'une affaire de deux-trois minutes.
Ne renonçant point, leurs efforts (notamment apportés par Jack) portèrent leurs fruits et une vieille voiture se stoppa devant le trio. C'était une vieille auto bonne à mettre à la casse. Son âge était tellement avancé que les lettres et chiffres des plaques d'immatriculation étaient presque invisibles,. Juste de vue, il était impossible de connaître la marque de voiture. De la boue recouvrait toute la partie inférieure du véhicule et une sorte de poussière jaune-beige camouflait la couleur rouge rouillé d'origine. En vue de la fumée qui sortait du pot d'échappement, celui-ci devait puer au moins comme une dizaine de cheminées qu'on trouve souvent sur les toits des usines. Bref, rien de très éblouissant.
Non, en fait la voiture ne donnait pas du tout l'envie d'entrer dedans, surtout en voyant le conducteur. De loin on pouvait jurer qu'il était affalé sur son volant, en train de dormir ou de subir une dure gueule de bois. Impossible de dire quelle expression il pouvait avoir, ses cheveux cachaient tout son visage.
Ne se faisant pas prier, le professeur Jack ouvrit de suite la porte droite avant de la vieille "bagnole" et commença à s'installer sur le fauteuil aussi dur que de la pierre et déchiré de partout. Une forte odeur de cigarette imprégna l'air ambiant, tout en s'échappant par la portière ouverte. Chloé ne put s'empêcher de boucher son nez quelques instants.
- Vous allez pas me dire qu'on va... Qu'on va rentrer là-dedans, quand même ?!
- Mais de quoi tu te plains encore ? balança joyeusement Jack tout en accrochant sa ceinture de sécurité et en faisant signe aux deux jeunes de venir. Ce monsieur a eu la gentillesse de s'arrêter rien que pour nous. Alors montez !
En parlant du conducteur, le blondinet donna une petite tape dans le dos de ce dernier. L'homme cogna alors sa tête sur son volant, au vu de la violence du coup asséné. Il tourna alors sa vieille face ridée de partout, fatiguée et lugubre, vers le joyeux enseignant - qui ne tilta pas - avant de faire face à nouveau à son volant.
Dans les secondes qui suivirent et à contre-cœur, les deux adolescents s'installèrent péniblement sur la banquette arrière. La voiture gronda, bascula un coup en avant, un coup en arrière, cessa soudainement de vibrer et se mit en route. Le chemin n'était pas très long : longer le lac et traverser Gérardmer, c'était l'affaire de moins de dix minutes. Néanmoins, ces minutes étaient longues. Malgré la bonne humeur habituelle de Jack qui faisait presque émaner de lui des arc-en-ciel, de jolies fleurs ainsi que des petits poneys, une lourde ambiance noire et désagréable régnait dans le véhicule. Oppressante, même pire, les deux jeunes de derrière commençaient peu à peu à s'inquiéter. Même Break venait d'effacer son habituel sourire, c'est pour dire.
- C'est un drogué au bord du gouffre, je dirais, chuchota Break à l'oreille de sa camarade, bien que Chloé ne voulait pas qu'il s'approche d'elle comme ça.
- Quoi qu'il en soit, maintenant c'est trop tard, murmura la brunette en s'éloignant de son camarade, quitte à se cogner mollement contre la vitre.
- Mais t'imagines ? On est à deux mètres du lac ! Et s'il décidait de se foutre en l'air, nous avec ?
- Arrête de te faire des films, je te dis... - tu m'énerves plus que tu ne me fais peur...
- Et bien, comme tu veux, miss~, c'était juste une question..., fini le clown albinos tout en mangeant une dragée.
Le silence régnait de nouveau, l'envie de sortir et le doute de se retrouver dans le lac glacé aussi. Finalement, le mal passa au bout de cinq longues et éternelles minutes. Une vrai torture psychologique qui prenait fin.
La voiture stationnait au milieu d'un parking au large de l'étendue d'eau, mais cette fois, dans la ville. Les passagers s'empressèrent de sortir de cette auto peut confortable tout en toussotant. Jack, lui, prit son temps pour remercier le chauffeur, avant que celui-ci ne l'ignore totalement et ne lui éjecte toute la fumée emmagasinée dans le véhicule. Le professeur toussa un coup, mais ne broncha pas.
- Bien, où sommes-nous et quelle heure est-il ? se questionna le blondinet au yeux vert tout en cherchant l'église des yeux.
- On ne doit pas être très loin du centre-ville, il y a un casino collé à un cinéma, ici... argumenta Chloé avant de faire un tour sur elle-même. Tiens ! Là-haut il y a une office du touri-...
-Bien il est 11h 43 ! coupa vivement Jack tout en prenant une direction, sans doute au pif. Suivez-moi, les enfants, on va faire du ski !
- Il ne m'a pas écouté... Du tout... rétorqua Chloé dans sa barbe avec un poil d'agacement.
- Tu devrais pourtant t'être habituée, n'est-ce pas Miss ? répliqua Break sur un ton moqueur et plus rassurant que précédemment. Bien, suivons-le avant de le perdre à nouveau~
- C'est plutôt lui qui va finir par nous perdre... Enfin, suivons-le, on a rien d'autre à faire de toute façon. On est que de pauvres moutons dirigés par un grand mouton encore plus débile...
- Moi aussi j'aurais pris la poudre d'escampette s'il n'y avait pas eu cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête. Je suis costaud, mais je n'ai aucunement l'envie d'expérimenter "ça". Je ne sais pas si tu te souviens... Ceci-dit, tu étais plus concerné que moi... Il y a quelques temps, dans la salle 18, avec Mlle Abyss à propos des flan au ... ?
- C'est bon, c'est bon ! Arrête de raviver ces "souvenirs"-là, trancha Chloé avant de se mettre en route. Je pense qu'on en a encore pour un quart d'heure de marche...
« Vivement que l'on rentre et que cette journée ne se termine... » , garda-t-elle pour elle comme pour se consoler de ses malheurs du à ce jour-ci.
*Fin du Flash-back*
Le bus était enfin à l'arrêt, tout comme le récit de Chloé. Elle n'avait pas accordé de réponse positive à Victoria, trop curieuse de ce qui avait bien pu se passer avec le professeur Jack. Cette curiosité était naturellement plus forte chez la brunette à queue de cheval, mais aussi chez les autres amies de la binoclarde en apprenant que Break était du voyage. Malheureusement la demoiselle n'en dit point un mot et annonça que, lors d'un jour plus propice -si tant est qu'il se présente-, elle leur conterait ses petites mésaventures dans la forêt.
La faim au ventre, tous les élèves, sans même passer par leurs chambres et à peine entrés dans l'auberge, enlevèrent d'un coup leurs combinaisons et se précipitèrent vers la grande salle à manger. Notre groupe préféré s'installa comme d'habitude depuis la veille à l'une des tables rustiques nappées de blancs et de petits dessins. Ragots et autres racontars de toutes sortes prirent place et augmentèrent de volume dans la salle. Seul un léger malaise de la part de Chloé stagnait à table. Mais plus le temps passait, moins cette gène se faisait ressentir. Visiblement, notre chouette adorée venait d'être épargnée du courroux de l'enseignante de français. Jack devait avoir tenu sa promesse, à savoir défendre ses élèves.
Quand les entrées faîtes de salades et de tomates furent retirées, de gros instruments de cuisine firent leur apparition sur chaque table, munis de larges cuillères plates. Des machines à raclette. De la nourriture chaude, juste après être rentré de dehors, rien de mieux n'est-ce pas ? Alors qu'Abyss faisait son petit discours, rappelant les différents projets de la semaine, chacun se jetait sur les tranches de fromages, à une exception près. Camille, pour se réconforter, pris deux fois plus de charcuterie que les autres et céda sa part de fromage principalement à Typhanie, affamée comme toujours.
Suite à une bonne mousse au chocolat, tout le monde s'attela à différentes activités dans l'auberge. Lire, faire la sieste, jouer à la console, regarder la TV ou faire chier le monde, tout y était. L'après-midi s'écoula avec un doux air de vacances bien mérité. Quelles surprises attendaient nos chers protagonistes durant cette semaine qui ne faisait que commencer ? Seul le futur nous le dira... ~
Chapitre by Camille (et un peu Chloé)
Voilà pour ce chapitre ! J'espère qu'il vous aura fait plaisir ! ^^
Je pense que je vais poster le chapitre 22 dans la foulée, comme ça, je rattraperai mon retard... Ceci-dit, si vous ne pouvez pas attendre, ou que vous voulez tout simplement lire des OS désopilants (si si !) sur HsP, on vous invite à venir faire un tour sur notre blog !
Je pense que ce sera tout... Merci encore de nous lire et de nous soutenir, ça nous fait vraiment plaisir !
N'oubliez pas de commenter ! ;)
à plus !
Chloé
