Joyeuses fêtes à tous et à toutes !
Profitant d'une flemme aiguë, je passe ici pour poster le chapitre 22 de la fic ! Camille et moi, on vous remercie encore pour votre soutien et vos commentaires, c'est vraiment super sympa ! ;w;
Allez, bonne lecture ! :)
DISCLAIMER : Pandora Hearts et ses personnages appartiennent à Jun MOCHIZUKI, sans qui nous n'en serions tous pas là... Par contre, nos OC's et notre intrigue nous appartiennent, à Camille et moi, donc merci de respecter cela s'you-plaît !
RATING : K+
GENRE : Amitié / Humour
Poker face
La neige, une fois de plus, était au rendez-vous. Imprévisible comme toujours, elle était tombée en masse dès le petit matin. La route menant à Gérardmer fut momentanément coupée pour laisser travailler les saleuses et déblayeuses. L'activité du jour fut alors décalée de quelques heures. Au lieu de partir vers 8 heures, le départ se ferait plutôt aux alentours de 11 heures. Certains râlaient, mais ils étaient peu nombreux. En fait, la majeure partie des élèves et des enseignants criaient presque de joie à l'idée de pouvoir dormir une ou deux heures de plus, mater des films à la TV, faire des batailles de boules de neige... Bref que du bonheur.
Mais quelle était donc cette activité du jour ? Tout simplement l'une des principales causes de leurs vacances dans les Vosges, j'ai nommé le Fantastic'Art. Il s'agit d'un festival qui a lieu tous les 2 ou 4 ans réunissant des œuvres fantastiques et hors du commun quels qu'en soient les supports. Il peut y avoir des tableaux tout comme des représentations, des statues ou mêmes des films. Le thème de cette année-là mêlait surnaturel et horreur. C'est exact, horreur. Avec du sang partout, des boyaux qui traînent de ci et de là, des... Un événement hors du commun, en résumé.
Beaucoup d'élèves étaient pressés voire surexcités de faire le tour de la ville et voir ces merveilles horrifiantes. Bien entendu, tout le monde n'était pas forcément de cette avis. Les plus anxieux se demandaient vraiment s'ils n'allaient pas s'évanouir ou détaler comme des lapins à la vue de ce genre de "spectacle".
Un homme binoclard frottait frénétiquement ses pauvres lunettes bien propres, à l'idée de ce que pouvait bien lui réserver cette journée. Sa nervosité fut l'un des sujets de conversation de nos protagonistes.
- A les essuyer de cette façon, il va finir par péter ses carreaux... soupira Chloé en s'étalant sur l'une des tables de la salle à manger tout en continuant de fixer le professeur Liam.
- Va savoir s'il va tenir la journée ou non, compléta Victoria en étalant du Nutella sur sa tartine. Si ça se trouve on va avoir le Samu dans les pattes avant ce soir.
- Peut-être...
- T'as l'air fatiguée, dit donc !
- Disons que j'ai mal dormi, répondit-elle en roulant des yeux.
- A ce point ? S'inquiéta Victoria en croquant dans sa tartine. Qu'est-che qui ch'est passé ?
- Oh disons que Florine et Sharon n'ont pas arrêté de discuter cette nuit. Je sais plus de quoi on parlait à l'origine, puis ça à dérivé sur Noël. J'ai pas écouté, mais en tout cas Sharon m'avait l'air très enthousiaste.
- Ah, c'est peut-être les cadeaux.
- Venant de Sharon, je ne pense pas vraiment et la connaissant, je m'attends plutôt au pire...
- Hum, si tu le dis.
Alors que la conversation se tassait peu à peu, Typhanie fit son entrée dans la salle. Toujours vêtue de son pyjama bleu orné d'un chibi de loup et essuyant une larme de fatigue, elle s'avança vers la table de ses amies en baillant. A peine assise, elle prit une tasse de chocolat chaud ainsi qu'une tartine de Nutella. Elle mangea tranquillement tandis que ses camarades la sondaient du regard. Mal à l'aise et pas encore totalement réveillée, elle râla entre deux bouchées :
- Qu'est-ce que vous avez à me regarder comme ça ?
- Camille n'est pas avec toi ? Questionna Chloé en repoussant quelques miettes devant elle.
- Et Florine alors ? Répliqua la fan de loup en se préparant une deuxième tartine.
- Encore en train de dormir, mais tu n'a pas répon...
- La v'là ta réponse, coupa Typhanie en avalant un autre morceau.
Chloé n'insista pas plus et semblait avoir compris que la concernée était encore et toujours au lit. A vrai dire, ce n'était pas très étonnant. Camille était toujours la dernière à se lever et jamais une fois elle n'avait loupé l'occasion de faire la grasse mâtiné. C'était une paresseuse dans l'âme et on ne pouvait rien y faire. Le déjeuner, lui, s'opéra dans un long silence non pas lourd, mais comme nécessaire. Florine n'arriva qu'une dizaine de minutes plus tard, bien réveillée et impatiente de passer une bonne journée. Une demi-heure suivit avant que la dernière du groupe ne pointe le bout de son nez, marchant en zigzag et manquant à plusieurs reprises de se rendormir face contre table.
Trois quart d'heures passèrent et l'heure du départ sonna. Il était 11 heures passé et tous les lycéens montaient un à un dans le car qui allait les transporter, l'histoire de quelques minutes, jusqu'à Gérardmer.
_...~°0°~..._
Arrivés sur place, les étudiants devaient encore essuyer les longs discours d'Abyss, avant de pouvoir pleinement profiter de leur premier quartier libre. Celui-ci durait jusque vers 14 heures. Il était prévu que tous les élèves se rejoignent devant une vieille bâtisse dans laquelle un film allait être diffusé. Quand tout fut fin prêt, les élèves se pressèrent et se dispersèrent dans la ville à la recherche d'un bon restaurant ou d'un snack. Le ventre était capricieux, certes, mais c'était surtout la fraîcheur de l'extérieur qui forçait tout le monde à se rendre dans un endroit plus chaud. Il avait cessé de neigé, cependant les températures restaient bel et bien de saison.
Nos cinq protagonistes avaient réussi à ne pas se perdre de vue. Avançant groupées comme des sardines, elles ne savaient pas vraiment où casser la croute. Le petit groupe passa au moins trois fois sur la même place - où trônait un grand manège par ailleurs - avant que quelqu'un ne daigne les interpeler. Visiblement, il s'agissait de l'un des serveurs qui se chargeait d'un Café du coin, et qui avait eu pitié d'elles. Il venait de sortir dehors pour les inviter à se mettre au chaud. Aucune ne refusa l'offre qui leur était faite.
Ce même serveur rappela à ses clientes en rigolant le nombre de fois où elles étaient passées et repassées devant son Café-restaurant. Traficotant on ne sait trop quoi dans son bar, il vint par la suite prendre les commandes des cinq affamées. Toutes prirent des frites, ainsi que des sandwich chauds. C'était pas mauvais et pas cher. La belle affaire en somme.
Alors que le serveur revenait pour prendre note des desserts sur son calepin, il jeta un coup d'œil par sa porte vitrée et ses grandes fenêtres.
- Tiens, on dirait bien que vous n'êtes pas les seules à tourner en rond ! fit-il remarquer, son air joyeux scotché au visage (Ah, on t'as reconnu, Jack ! /PAN/)
- Ces têtes me rappellent vaguement des personnes que je connais, affirma Typhanie en toisant les inconnus pas si inconnus que cela.
- Oh il y a Cheshire ! S'exclama Victoria en se levant de table et en clignant des yeux pour mieux voir. Il semblerait qu'il soit accompagné de... Oz et Alice !
- Viens Victo, on va leur dire de venir manger avec nous avant qu'ils ne meurent de froid, les pauvres, lança Florine en se dirigeant vers la porte suivie de près pas la fan de lapins crétins.
Les nouveaux venus entrèrent à leur tour dans le Café. Voyant que la table des filles s'avérait maintenant trop petite, le groupe migra vers une plus grande table. Enfin, ils purent manger tranquillement. Sortant quelques ragots et blagues, la pause repas se passa dans une bonne ambiance. Camille et Victoria finirent en dernière, comme à leur habitude, elles aimaient beaucoup prendre leur temps pour manger.
Les étudiants profitèrent encore quelques minutes de la chaleur du Café avant de finalement payer l'addition et rejoindre à nouveau le froid du dehors.
- Oh, il n'est que 13h 20, s'étonna Florine en jetant un coup d'œil à sa montre.
- Il reste beaucoup de temps avant de retrouver le reste de la classe, conclut Cheshire en s'enfonçant dans son écharpe. On aurait encore pu rester au chaud...
- Qu'est-ce qu'on fait, alors ? Demanda Camille en se frottant les mains, faute de gants.
- Bah c'est pas toi qui a dit que tu avais vécu la moitié de ta vie dans les Vosges ? Tu devrais savoir, non ? Siffla Alice en se tournant vers Camille.
- Oui, mais le problème c'est qu'il y a pas d'activité très intéressante en hiv...
- On a qu'à faire quelques tours sur ce manège !
Cette voix, si enjouée soit-elle, ne pouvait venir que de notre Oz - et non ce n'était pas notre chère Victoria cette fois /SBAFF/. Il désigna alors le grand manège qui se trouvait sur la place. Visiblement, même en hiver, l'attraction ne cessait aucune activité. Tous soupirèrent et seul Oz semblait un peu forever alone.
- Bah quoi, vous voulez pas ? Renchérit-il, la larme à l'œil.
- On a un peu passé l'âge pour ce genre de choses, non..., rétorqua Typhanie d'un air blasé. Faut pas oublier qu'on est plus des gamins.
- Mais y a pas d'âge pour ça !
- Ouais, je suis d'accord avec Oz ! répliqua Cheshire. Ça nous occupera un temps. Puis si ça se trouve, on va bien s'amuser !
- Mais vous êtes de vrais gosses, ma parole !
- Moi je viens avec ! Fit Alice en sautant sur Oz, tout en manquant un peu de l'aplatir au sol.
- Cheshire, y va, alors moi aussi ! Lança Victoria en se joignant au groupe.
- Cheshire se jette dans le lac, alors moi aussi... Imita Typhanie d'un air tout a fait exaspéré et le ton grave.
Et ce fut petit à petit que tout le monde suivait la marche. Seules Chloé et Typhanie restèrent en retrait un instant. D'un regard, elles se consultèrent et, finalement, se dirent "pourquoi pas" avant de rejoindre leur groupe.
Chacun avait en sa possession un ou plusieurs tickets. Chacun prit sa place. Entre les chevaux qui montent et qui descendent, les bidules qui tournent, les trucs qui s'élèvent dans les airs, les machins qui tanguent... Tous en avait pour leur bonheur. Les tours s'écoulèrent vite, peut-être un peu trop pour certains. Les quelques-uns qui venaient de retrouver leur âme d'enfant se virent obligés de faire un troisième et dernier tour. Les autres, eux, les regardaient depuis des chaises fraîchement déneigées. Ils prenaient des photos ou gueulaient des paroles à ceux qui s'offraient en spectacle sur le manège. Bref, ce furent quelques instants de magie qui naquirent durant cette journée hivernale.
Le troisième tour de manège n'était pas encore fini, mais Florine regarda à nouveau sa montre. Il était désormais 13h36. Mine de rien, le temps filait quand même.
_...~°0°~..._
Chloé fit un peu de buée dans l'air. Elle ferma un instant les yeux. Bien au chaud dans sa moumoute, elle serait restée des heures assise pour dormir. Elle était tellement crevée… Elle avait juste envie de dormir, c'est tout.
Alors qu'elle songeait à son lit et au repos, Chloé sentit subitement un goût sucré sur sa langue. Un goût de... fraise ?!
Alertée par ce truc tout à fait anormal, elle se réveilla d'un coup, manquant de peu d'avaler une sucette de travers. Un peu sonnée, elle la retira de sa bouche aussi sec. Une sucette à la fraise ? La binoclarde commençait à réaliser et comprendre, mais elle n'eut pas le temps de dire ou faire quoi que ce soit que des mains lui bouchèrent la vue.
- Qui c'est ? ~
- Break, fous-moi la paix ! Et arrête d'agir comme un gosse, merde !
- Et c'est à moi que tu dis ça ? S'étonna le blondinet en retirant ses mains gantées. Pourtant, vous avez l'air de bien vous amuser sur ce manège, fufufu~
- Ouais ! C'est qui LA gosse nha !
- Voyons Emily, tu n'as pas besoin d'être aussi directe, ho ho ~
Chloé garda le silence et ne répondit rien. Se contentant de tourner la tête pour ne plus voir l'homme qui l'insupportait, elle remarqua de nouvelles têtes parmi ses camarades. Gilbert et Vincent étaient eux aussi présents. Ils échangeaient quelques paroles en compagnie des filles. Vincent, accroché comme toujours à son aîné, fusillait du regard l'albinos sous un sourire hypocrite.
- Et autrement, ce bonbon, il t'a plu ?
- T'aurais pu trouver mieux... Répondit la brunette en croquant dans la sucrerie. Toujours ce goût de fraise...
- Fraise des bois ! Rectifia le borgne albinos en sortant des berlingots. Et c'est un bonbon des Vosges, encore meilleur que ce que j'aurais pu espérer !
- Tant mieux pour toi ! Trancha-t-elle, un poil agacée.
- Oh, le manège semble perdre de son allure ! Je vais prendre un peu d'avance, à plus tard !
- Clac, clac ! Arriverderci ! Clac, clac !
Et il partit comme ça, sans rien dire de plus. Bref on sait pas trop pourquoi il était venu, celui-là...
Le temps que l'attraction ne s'arrête sur son joli air musical, cinq minutes étaient encore passées. Il était temps de se rendre au lieu de rendez-vous, s'ils ne voulaient pas être en retard. Camille avait prévenu que ce n'était pas la porte à côté et qu'il fallait au moins un bon quart d'heure de marche. Aussitôt dit, aussitôt fait, la petite troupe se mit en route, s'éloignant du lac et s'enfonçant dans la ville.
Au détour d'un hypermarché, le groupe d'amis finit par reconnaître quelques têtes de leur Lycée. En effet, le fameux lieux de rendez-vous n'était plus qu'à deux pas de là. Quelques-uns firent de grands yeux en découvrant ce qui les attendait. Une longue file.
Il y avait une longue file d'attente avec plein de gens se tenant à la queue leu-leu sur un peu plus de 20 mètres. Au bout de cette longue ligne d'inconnues se dressait une sorte d'hôtel-chalet. La curiosité plana quelques instants sur les étudiants : quel était leur programme du jour ?
Leurs questions ne tardèrent pas à trouver des réponses. La respectueuse Abyss, enveloppée dans ses élégants habits d'hiver, ordonna à ce que les élèves ne forment qu'un seul groupe bien distinct - oui nous ne sommes pas encore tout a fait à l'armée... La jeune femme acquit un petit silence de la part de son auditoire, et annonça alors qu'ils iraient voir un film "fantastique". Cependant il s'agissait là d'un court métrage demandant une certaine résistance aux scènes trop macabres et sanglantes - en gros, balancez les intestins et boyaux, on va voir comment ils réagissent ! /PAN/- ainsi elle demanda aux personnes sensibles de se retirer du groupe.
Personne ne fit rien. Personne ne voulait se faire passer pour un pauvre gosse qui avait peur de tout et de n'importe quoi. Autant dire que quelques lycéens s'étaient raclés la gorge, l'esprit anxieux avant de s'infiltrer dans la file d'attente.
A la surprise de tous, l'attente ne fut pas si longue que ça. Après une vingtaine de minutes à poireauter dans le froid, les premiers élèves faisaient leur entrée dans le bâtiment. Chacun passait la porte d'entrée, un à un et tranquillement, jusqu'au tour de Typhanie. Alors qu'elle s'apprêtait à fouler le plancher du chalet, elle fut stoppée dans son élan. Un homme, certainement de la sécurité, venait de placer son bras juste au niveau de la blondinette.
- Je ne pense pas que vous ayez l'âge autorisé pour entrer, s'expliqua-t-il brièvement.
- Quoi ! s'égosilla Typhanie. Je suis plus âgée que ces morpions qui viennent de passer ! Puis on va pas en boîte, là !
- Dans ce cas, votre carte d'identité fera l'affaire.
- Ah, mais je l'ai oubliée à l'auberge... grommela-t-elle en faisant mine de fouiller. Cela ne change rien, j'ai un an de plus qu'eux alors je peux passer !
- Vous m'en voyez désolé, mais je ne peux pas vous laisser entrer.
- Oh si que je vais entrer, tu vas voir... lança-elle en forçant le passage et en rebroussant légèrement ses manches.
- Non, répondit-il d'un air blasé en ramenant la lycéenne là où elle était.
- Mais bordel ! J'ai presque 17 ans, ça vous va ?!
L'homme jugea la jeune fille du regard de haut en bas. En semblait lire dans son regard " 17 ans hein ? Pas vraiment… ". Les filles, qui attendaient que leur camarade puisse passer, comprirent ce regard. Typhanie aussi...
- Quoi ?! Mais qu'est-ce que t'insinues ?! Que je suis naine peut-être ?! explosa Typhanie, retenue par Chloé avant que le coup de poing ne parte. Si tu me crois si naine, viens te battre ! Chloé, lâche-moi ! Il y a des baffes qui se perdent !
- Mais oui, mais oui... se contenta de soupirer la binoclarde tout en tractant son amie en dehors de la file.
Camille, Florine et Victoria les suivirent. Typhanie finit par se calmer, bien qu'elle fut encore révoltée au fond d'elle.
- Franchement! il aurait pu se retenir. Pauvre mec, va !
- Tout le monde doit être dans le chalet... remarqua Camille, je pense qu'on pourra pas voir le film.
- Qu'est-ce qu'on fait alors ? questionna Florine. On les attend ? On ne sait même pas combien de temps dure une séance.
- Je sais pas, mais du coup, j'ai plus rien envie de faire maintenant, souffla Typhanie un poil agacée.
- On pourrait allez voir "Jeannot le Lapin" ? Pour ma part, je n'aime pas spécialement les films d'horreur.
Tous se tournèrent pour voir un pauvre Jack dans un carton - WTF ? -, seul au monde, abandonné, en quête d'un peu de compagnie…
Bref, que de très classique.
_...~°0°~..._
Le groupe de lycéens sortit vivement d'un bâtiment bordant le lac de Gérardmer. Beaucoup soupirèrent d'ennui, d'autres se demandaient vraiment ce qu'ils pouvaient bien faire dans un endroit pareil. En effet, nos jeunes étudiants sortaient tout droit d'une exposition des plus ennuyantes qui soient. Rien de mieux pour gâcher la journée...
Rien de mieux ? Vraiment ?
C'était sans compter sur cette averse de grêle certes passagère, mais douloureuse, qu'essuya la troupe d'adolescents. Certaines personnes arrivèrent à se protéger, munies de leur cartable ou d'une bricole du genre. Les autres se débrouillaient comme ils le pouvaient. C'est décoiffé et blasé à bloc que tout le monde arriva sur le parking longeant le lac et bordant le Cinéma-Casino de Gérardmer. Un sentiment de lassitude intense gagna les jeunes gens. Allaient-ils encore souffrir longtemps ? Subiront-ils encore d'ennuyeuses visites un peu partout dans la ville au risque de se faire assommer par un grêlon ? A la surprise de tous, ce fut NON.
Les professeurs étaient eux aussi lassés de cette visite sans grand intérêt. Le festival de cette année n'était pas terrible, mais alors pas du tout. Pourtant, tous n'avait entendu que du bien de cet événement. Il fallait avouer que les visiteurs n'étaient pas très nombreux non plus.
La décision fut prise assez rapidement : quartier libre pour tout le monde jusqu'à l'heure de l'arrivée du bus, aux alentours de 19 heures. Sachant qu'il était 17 heures, cela laissait une bonne marge à tout le monde. Chacun partit alors de son côté. Sauf, bien entendu notre belle troupe au grand complet - si l'on omet une tignasse blanche dont personne ne semblait se soucier.
Après une ballade rapide d'une trentaine de minutes au bord du lac, à parler de tout et surtout de rien, la bande finit par s'échouer là d'où elle venait, sur le parking. A défaut de bancs, ceux qui avaient mal aux jambes, talons et chevilles prirent place sur les rebords de trottoirs. L'ennui reprit place peu à peu. Personne ne savait que faire. C'était beau les quartiers libres, mais cette fois... La grande majeur partie des personnes ici présentes ne pensaient qu'à une chose : se reposer et finir cette satanée journée. Tout le monde était crevé... Mais ce même tout le monde n'était pas au bout de ses surprises et de ses peines.
Les événements débutèrent lorsque Jack débarqua, toujours seul et sans compagnie - les professeurs l'avaient semé contre le gré de Liam, à ce qu'il parait - dans les rues de Gérardmer qui s'assombrissaient.
- Et bé dit donc, c'est "vachement" animé par ici., fit remarquer le professeur d'arts plastiques en déboulant de nulle part. Vous vous ennuyez ?
- A peine pas... soupira Typhanie pour elle-même.
- Vous savez, j'ai peut-être une idée pour vous réconforter de cette journée, les jeunes...
La voix du professeur semblait se perdre dans le brouhaha des étudiants. Personne ne l'écoutait vraiment, mais une petit morceau de phrase, trois mots, mirent la puce à l'oreille de tout le monde.
-... Vous savez, on pourrait faire des trucs de grands, non ? termina-t-il le sourire aux lèvres et tout fier de lui.
Silence soudain et anormal dans le parking. La scène était tellement spectaculaire et hors du commun que des passants les regardaient bizarrement et semblaient rire d'eux.
- Des trucs de grands... dans quel sens ?... s'inquiéta Gilbert en manquant de peu de perdre son couvre-chef.
- Oh, des trucs de grands, n'est-ce pas ? Fufufu ~ chantonna Vincent la mine songeuse et le regard légèrement vicieux.
- Calme tes ardeurs, le blond ! s'énerva soudainement notre fan de loup en balançant violemment le sac à main de Sharon sur le concerné.
- Mon sac ! s'exclama cette dernière, effarée. Il y avait deux flacons de parfum dedans !
A l'entente de ces propos, et certainement plus par réflexe, chacun recula d'un pas tandis que Vincent se prenait le sac en pleine tronche. Les flacons se brisèrent, les liquides se mélangèrent, et ils formèrent une odeur horripilante, insupportable. L'odeur suivit Vincent dans tous ses déplacements. A peine faisait-il un pas que le reste de la troupe reculait d'un même pas.
- Bour toi, ce sera bour une brochaine fois, les trucs de grands, dit le professeur d'une voix rassurante tout en se bouchant le nez et en faisant une tape dans le dos du blond aux yeux vairons.
- Mais, mais ! bégaya Vincent avant de se tourner vers Gilbert et de s'avancer vers lui. Je ne sens pas si mauvais que ça quand même !
Il fallut un courage immense et une apnée incroyable au noiraud pour ne pas bouger d'un poil. Il ne voulait pas sortir de chose affligeante à son petit frère, mais le manque d'air le poussa à bout.
- Vincent, va dans les toilettes et lave toi, tu sens... Tu pues !
De mieux en mieux tout cela, surtout que les paroles du noiraud étaient accompagnées d'un vif battement de la main en éventail pour chasser les mauvaises odeurs. Gilbert se rendit rapidement compte de son geste un peu déplacé et, prit d'un malaise, poussa dans le dos de Vincent. Il comptait l'emmener rapidement dans les toilettes les plus proches.
- Je l'emmène, ne nous attendez pas ! annonça le noiraud en s'éloignant avec son cadet.
- J'aime quand tu me fais des câlins dans le dos, Giiiil ! ~
- Oui, oui... C'est un sceau d'eau froide sur la tête qu'il te faudrait, ma parole...
Le groupe regardait incrédule le duo qui s'éloignait peu à peu. Echo prit le temps de s'excuser humblement tout en précisant que "Maître" Vincent n'était pas vraiment en grande forme aujourd'hui et qu'elle s'en allait l'aider avec "Messire" Gilbert. Elle partit rapidement et disparut à son tour dans l'obscurité grandissante. Ah, ces fameux titres de noblesse, jamais nos cinq protagonistes ne s'y feront…
- Bon…, soupira Florine en regardant partir tous ces gens. On vous écoute, professeur Jack. Quelle était votre idée ?
Comme si il avait totalement oublié l'incident qui venait de se produire, l'enseignant reprit où il s'était arrêté :
- Oui, ces trucs de grands ! S'écria-t-il en levant les bras au ciel. Je voulais vous proposer d'aller vous amuser comme des grands !
Les ados restants se regardèrent, la même image continuant de leur revenir en tête. Heureusement, Jack finit par enfin les éclairer.
- On pourrait aller là-bas ! Fit-il en pointant un bâtiment derrière la petite troupe.
Tous pivotèrent, et eurent des réactions similaires :
- Le casino ?!
- Mais on a pas le droit ! On est pas majeurs !
- Bah, c'est qu'un détail ! Éluda Jack, chassant ces interrogations d'un geste de la main. Alors, vous êtes partants ?
Nos cinq héroïnes se retournèrent pour en discuter avec les autres. Sauf que là, surprise ! Il n'y avait plus personne ! Tout le monde avait mystérieusement prit la fuite, préférant de loin se faire chier plutôt que d'être entraîné par le blondin dans une énième combine bizarre.
Seules, Typhanie, Florine, Camille, Victoria et Chloé reportèrent leur attention sur leur professeur. Ce dernier affichait un visage larmoyant, suppliant ses élèves du regard.
Et, une nouvelle fois, nos amies acceptèrent. Sûr qu'elles auront largement le temps de le regretter plus tard…
_...~°0°~..._
- Bordel, c'est serré, ce truc !
- Mais t'as pas fini de te plaindre, Typh ?!
Cette phrase avait été lâchée par Florine, alors que celle-ci rajustait le col d'une élégante veste de smoking.
- Nan mais regarde-moi ça ! Continua à s'énerver la blondinette, tentant désespérément de fermer son propre vêtement. Ce truc est trop petit !
- Tu vas pas râler, c'est déjà une chance qu'on aie trouvé quelque chose ! La contra Chloé, finissant de faire son nœud-papillon à Camille.
Et tandis que notre passionnée de loups marmonnait dans sa barbe, les quatre autres terminaient tant bien que mal de se préparer, serrées à mort. Bah oui, vous avez déjà tenté de tenir à cinq dans une cabine d'essayage ?
- Allez les filles, on s'active ! Leur lança Jack, depuis l'autre côté du mince panneau de bois.
- Sauf votre respect…, entama Typhanie d'un air qui laissait présager un très grand moment de poésie. Je pense que vous pouvez vous fourrer votre redingote dans le c-
Victoria eut la bonne idée d'éternuer à ce moment là, empêchant la blondinette de finir dignement sa phrase. Mais Jack, lui, ne semblait nullement froissé. Comme si il n'avait rien entendu, il s'exclama d'ailleurs joyeusement :
- Allez, ou j'enfonce la porte ! ~
Sentant qu'il ne plaisantait pas, les filles sortirent de la cabine au pas de course. Elles furent ainsi accueillies par des « Ooooh ! » et des « Aaaah ! » venant non-pas d'un public quelconque, mais bel et bien de leur enseignant.
- Parfait ! Fit-il, fourrant ses mains dans les poches de son propre smoking. En vous voyant ainsi vêtues, les vigiles n'y verront que du feu !
Puis, le Vessalius se tourna vers le loueur de costumes chez qui ils étaient allés, et lui demanda dans un énorme sourire :
- Elles peuvent laisser leurs affaires ici ?
Le vendeur répondit par un lent hochement de tête, fixant le professeur avec un regard vitreux. Car figurez-vous que le hasard avait voulu que ce loueur soit l'homme qui avait récupéré Jack, Break et Chloé à la sortie de leur expédition en forêt. Oui, celui-là même qui semblait être atteint de très forts penchants suicidaires, celui-là même dont le teint cireux ferait fuir n'importe quelle personne sensée ! Le monde est petit, pas vrai ?
_...~°0°~..._
- En fait c'était inutile d'aller voir un film d'horreur, on a côtoyé un zombie…, glissa pensivement Victoria à sa voisine la plus proche une fois nos six héros sortis de la sordide boutique.
La voisine en question étant Chloé, celle-ci ne fit que soupirer de désespoir. Elle en avait marre. Marre de ces montagnes, marre de la neige, marre des films fantastiques… et, plus que tout : elle en avait marre des plans foireux du professeur Jack.
Celui-ci paraissait au contraire croquer la vie à pleines dents. Il s'émerveillait de tout ce qu'il voyait, commentait chaque arbre qu'ils croisaient, gobait tous les flocons qui virevoltaient sous son nez…
- Ben au moins, y en a un qui s'amuse…, grommela Typhanie, qui crevait de froid dans son smoking à la veste pas fermée.
Lorsque nos joyeux lurons furent devant le casino, les filles n'eurent qu'une seule envie : rentrer. Les jeux d'argent ? Rien à faire. C'était la chaleur leur seul et unique objectif.
Comme si il était un habitué des lieux, Jack emprunta l'allée qui menait vers l'intérieur du bâtiment. Quand il passa à côté des vigiles, ceux-ci inclinèrent poliment la tête, et lui ouvrirent même la porte.
Comme qui dirait laissées sur le carreau, les filles se concertèrent du regard.
- On y va ? Questionna Florine.
- T-Tant qu'ils ont du ch-chocolat chaud à l'intérieur…, dit Victoria, grelottante.
- Pour ma part, je suis le mouvement, grommela Chloé. Sachant que ça va mal finir de toute manière, pourquoi ne pas se jeter directement dans la gueule du loup ?
Pas très rassurée par ce qui sonnait comme un mauvais présage, Camille parut fortement hésiter. Malheureusement pour elle, elle fut entraînée par Typhanie, qui privilégiait comme d'habitude l'action à la parlotte.
Une fois face aux gardes, la blondinette se contenta d'un courtois mais tranchant « Bonjour, mes braves. ». Les deux hommes se regardèrent, puis fixèrent de haut Typhanie. Vous vous en doutez, cela n'augurait rien de bon…
- Excusez-moi, mademoiselle…, entama l'un des deux.
Déjà, à ce stade de la phrase, on pouvait constater qu'une aura ténébreuse auréolait notre fan de loups. Elle lançait un regard tellement mauvais aux deux vigiles qu'on pouvait aisément le traduire par un « Une seule réflexion sur ma taille, et tu peux dire adieu à ta descendance ».
- Mais je ne pense pas que vous ayez l'âge requis pour…, poursuivit le deuxième homme.
Hélas pour lui, le garde fut coupé dans son élan. Pas par le pied de Typhanie, non non ! Mais par l'arrivée des trois demoiselles manquant au groupe (Camille traînant discrètement derrière son amie blondinette).
- Hey, Typhanie ! S'exclama Victoria avec un grand sourire, prenant sa camarade par les épaules.
Par ce biais, la brunette à queue de cheval en profita pour tirer la belligérante en arrière, l'éloignant du front. Florine en profita pour la remplacer.
- Excusez-là, elle est un peu susceptible…, glissa la blonde aux deux hommes sur le ton de la confidence.
Ceux-ci hochèrent la tête, apparemment désolés. Cependant, ils ajoutèrent, bien qu'un peu déstabilisés :
- Veuillez nous excusez, nous ne faisons que notre travail… Mais pourrions-nous voir vos cartes d'identité, je vous prie ?
Et ça y est ! Grillées !
Penaudes, les demoiselles s'apprêtaient à avouer leur culpabilité lorsque Chloé fit un pas en avant.
- Nos cartes d'identité ? Répéta-t-elle, un sourire poli aux lèvres. Bien sûr ! C'est moi qui les aies…
Et notre binoclarde commença à ouvrir son sac, sous les regards ahuris de ses camarades.
- Vous savez quoi ? Fit la brunette à ses amies, relevant la tête de ses affaires. Vous n'avez qu'à entrer, je vous rejoins ensuite…
Et l'ado replongea dans les abîmes de son sac.
Saisissant leur chance au vol, les quatre compères se massèrent et passèrent la porte, ignorant superbement les vigiles qui ne savaient plus trop où se mettre.
Chloé, quant à elle, leur lança un petit regard enjôleur. Ils avaient de la chance, les bougres… Ils allaient avoir le droit à une représentation improvisée ~
_...~°0°~..._
- Nous saluerons éternellement son sacrifice, lâcha Victoria avec la main sur le cœur.
Florine, elle, poussa un soupir.
- C'est parfaitement son genre, ça… Nous laisser de l'avance pour exécuter son plan…
- Que veux-tu…, fit Camille, enlevant la neige qu'elle avait sur les épaules.
Typhanie, elle, riait comme une possédée.
- N'allez pas vous plaindre…, ricanait-elle d'une manière assez effrayante. Vous ne savez pas ce qu'elle est capable de faire pour acheter notre passage… Mwah ha ha ha ha ~
Dans les esprits de nos étudiantes naquirent des images assez horribles - sauf pour Victoria, qui admirait un palmier en pot. Heureusement, une exclamation chassa ces pensées salaces.
- Youhou ! Les filles !
Comme on peut s'en douter, c'était notre Jack national qui s'avançait vers notre troupe. Dans ses mains, il avait plusieurs sachets pleins de jetons, qu'il s'empressa de distribuer à ses élèves.
- Tiens, il manque quelqu'un ? S'étonna-t-il, deux sacs lui restant entre les mains.
- Ouais, dit rapidement Typhanie en haussant les épaules. Mais z'en faites pas, j'prends la part de l'aut'.
Aussitôt dit, aussitôt fait ! La blondinette se saisit des jetons initialement destinés à sa meilleure ennemie. Et, afin que personne ne lui en réclame, elle les mélangea aussitôt avec les siens.
Il n'y eut qu'une fille pour questionner Jack :
- Dîtes…, commença timidement Camille. Ces jetons… C'est vous qui les avez payé ?
Puis, voyant que son professeur hochait joyeusement la tête, la lycéenne s'écria presque :
- Mais il ne fallait pas ! On va vous rembourser tout de suite !
Toute paniquée, notre 'tite Camille aurait bien pu nous faire une syncope si son enseignant n'avait pas éclaté de rire.
- Ça ne sera pas nécessaire ! Assura-t-il. Je vous fais grâce de cela ! Vous savez, la famille Vessalius est riche, donc…
Les quatre ados fixèrent Jack, abasourdies. Et il leur sortait ça comme ça ?
Une nouvelle fois totalement inconscient des réflexions qu'il avait engendré, le blondin finit par s'éloigner du groupe d'élèves en chantonnant. À nouveau seules, nos protagonistes féminines soupirèrent longuement.
- Dîtes, vous pensez que si on lui demande de nous payer un truc à boire, il accepterait ? Proposa Typhanie avec des étoiles dans les yeux.
Victoria semblait tentée aussi -tant qu'à faire, hein-, mais Florine s'interposa aussitôt.
- Non ! On a déjà suffisamment abusé de sa gentillesse aujourd'hui !
Camille acquiesça silencieusement, très pâle. Elle détestait l'idée que son professeur lui aie offert une fortune en jetons. Ça allait la rendre malade, elle en était sûre !
C'est ainsi qu'un blanc se saisit du petit groupe. Il manquait une personne pour trancher. Mais la concernée à lunettes était toujours introuvable.
Naturellement, un immense sourire s'esquissa très vite sur les lèvres de Typhanie. Mais, sentant venir une remarque douteuse, Victoria pointa la salle de jeux en s'écriant :
- Hey, vous avez vu ?!
Mettons-nous d'accord : il n'y avait strictement rien à voir. Mais par ce biais, la brunette à queue de cheval réussit à détourner l'attention. Et il ne suffit de rien de plus pour que notre joyeuse bande ne gagne la grande pièce où se côtoyaient machines à sous et tables de jeux.
- Waaaah ! S'extasia Florine face à tant de couleurs.
- Je veux essayer la roulette ! Annonça Victoria en se précipitant vers ledit jeu.
Curieuse, Typhanie suivit tranquillement sa meilleure amie. Quant aux deux autres, elles se dirigèrent vers les machines à sous, plus par flemme de marcher que par autre chose.
_...~°0°~..._
De son côté, Chloé venait enfin de rentrer dans le casino. Elle avait les cheveux trempés et décoiffés, et les joues légèrement rouges. Pour faire cesser ce suspens insoutenable quant à la manière dont elle avait usé pour rentrer, laissez-moi vous expliquer.
Avant toute chose : non, notre binoclarde n'avait pas soudoyé les vigiles d'une quelconque manière qui soit. Elle avait juste usé de sa technique ancestrale préférée : la manipulation.
Il lui avait suffit de raconter un peu sa vie, et la manière dont elle et ses amies avaient déjà jouer dans quelques célèbres casinos français, pour prétendre ensuite ne plus savoir où elle avait rangé les pièces d'identité. Les gardes n'y virent que du feu, et la laissèrent finalement rentrer en s'excusant platement du malentendu ayant eu lieu plus tôt.
" [i]Heureusement qu'il existe des personnes comme moi dans ce bas-monde…[/i] " , se félicita Chloé en remontant ses lunettes sur son nez.
Oui, elle considérait qu'au vu de son exploit, la modestie n'était que vaine hypocrisie...
Sans grande surprise, la brunette constata que personne ne l'avait attendue dans le hall. Ce fut donc seule mais fière de l'être que notre binoclarde pénétra dans la salle de jeux. Elle n'avait pas prit de jetons, mais l'envie de jouer n'y était vraiment pas. Elle s'était déjà suffisamment amusée avec les vigiles.
Déambulant dans les allées avec l'espoir de tomber sur ses camarades, Chloé regarda d'un œil distrait les gens se divertir face aux diverses machines ça et là. Quand on a de l'argent à perdre, pourquoi pas...
Lorsqu'enfin, elle arriva aux tables de jeux de cartes. Là, elle esquissa un sourire. L'ambiance lui plaisait tout de suite plus. On pouvait lire sur les visages de la réflexion, de la tension... Manipulation en force, youhou !
Près de l'espace dédié au poker, l'ado remarqua qu'un attroupement s'était formé. D'après ce qu'elle pouvait entendre, l'un des joueurs se démarquait du lot par son talent.
Curieuse, Chloé s'avança... et manqua de se décrocher la mâchoire en reconnaissant le joueur en question.
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- Et merde, encore perdu ! Jura Typhanie.
Face à elle, le croupier soupira. Il en avait vu, des joueurs acharnés, mais alors celle-là...
À côté de la table de roulette anglaise où misait Typhanie, Victoria avait décidé de camper. Elle encourageait ainsi son amie à grands coups de " Vas-y, Setsuko-chan ! Tu vas tous les avoir ! ".
En un sens, cela aurait pu être vrai, au départ. Car lorsque la blondinette avait commencé à jouer, elle se tenait entre sept autres personnes qui misait tout comme elle sur le possible numéro sortant.
Mais à force d'entendre l'étudiante râler et Victoria hurler son soutien pour la passionnée de loups, les gens avaient fini par prendre la poudre d'escampette.
Aussi, lorsque le croupier énonça une nouvelle fois et avec une voix fatiguée le " Messieurs, faîtes vos jeux ! ", il ne restait plus que Typhanie à la table. Et tandis que la demoiselle déposait quelques jetons un peu partout sur le tapis, l'homme souffla une nouvelle fois. Par pitié, faites qu'elle aie un numéro de juste...
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Florine récupéra ses gains, le sourire aux lèvres. Pour une première fois aux machines à sous, elle trouvait qu'elle ne s'en sortait pas si mal...
- Et toi, Camille, ça va ? Demanda la blonde à son amie, qui était assise à la place voisine. Tu as eu de la chance ?
... Franchement, quelle question ! Bien sûr que non, ça n'allait pas !
La pauvre Camille contemplait les quelques jetons qui lui restaient, le regard vide. En un sens, elle se demandait pourquoi elle avait joué, alors même qu'elle savait pertinemment que la chance ne lui sourirait pas pour ce genre de trucs.
- J'en ai maaaarre..., lâcha la jeune fille aux cheveux châtain, se décomposant sur place.
Florine grimaça, avant de tendre son sachet encore plein de piécettes vers son amie.
- Sers-toi, il y en a beaucoup trop pour moi ! L'enjoignit la blondinette d'un air encourageant.
Camille lança un regard touché à sa camarade, mais secoua la tête négativement.
- Non merci, Florine ! Je crois que je commence à en avoir assez, de toute façon !
Et, comme pour prouver cela, l'ado regarda sa montre. Six heures et quart. Le bus serait là dans environ quarante-cinq minutes. Bientôt, la délivrance.
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Incroyable. Le tableau était franchement à la limite du réel. Tout à droite de la table de jeu se tenait un jeune homme aux lunettes de soleil, qui souriait d'un air mutin à ses trois adversaires restants.
L'un d'entre eux paraissait tendu. Au vu des gouttes de sueur qui ruisselaient sur son visage, son jeu ne devait vraiment pas être terrible...
Après un soupir, il finit par déclarer en posant ses cartes :
- Je passe...
Et un de moins...
Le voisin de celui qui venait de déclarer forfait en fit de même, claquant son jeu sur la table avec violence. Envolé, le bel espoir de victoire !
Il ne restait désormais que deux joueurs : le porteur de lunettes, et un autre homme assez baraqué qui fixait son adversaire d'un œil mauvais.
- Enlève tes lunettes, grogna-t-il en fronçant des sourcils. Tu me déconcentres.
Le binoclard pencha poliment la tête de côté, pointant le chef de table du menton.
- C'est que l'on m'a demandé de les porter..., s'expliqua-t-il avec courtoisie. Voyez-vous, je crains que vous ne soyez déstabilisé si je retire ces lun-
- Enlève-les ! Répéta l'homme, prêt à se lever pour rabattre le clapet de cet impertinent.
Comme prit de lassitude, le joueur obtempéra. Aussitôt, un murmure parcourut l'assistance. C'était bien la première fois que les gens voyaient un œil de couleur rouge rubis...
La surprise passée de voir Break jouer au poker, Chloé esquissa un sourire. C'était qu'il menait drôlement bien sa barque, l'albinos... En ménageant ainsi le suspens autour de lui, il avait l'air de fortement impressionner les autres joueurs. Même son adversaire bourré de testostérone eut un mouvement d'hésitation.
- Alors ? Questionna le chapelier, passant la main dans sa mèche blanche. Satisfait ?
L'autre ne répondit pas, et regarda ses propres cartes. Il perdit ainsi le peu de couleurs qui lui restaient.
- ... Je..., marmonna-t-il.
Toute l'assemblée était tenue en haleine.
- ... Je passe.
Ce fut un véritable tonnerre d'applaudissement qui retentit alors. Fier de son coup, Break se leva de sa chaise et fit une petite révérence moqueuse. Il en profita également pour retourner ses propres cartes : un dix, un valet, une dame, un roi et un as, tous rouges.
- Quinte Flush Royale ! S'égosilla un connaisseur.
Et pour vous et moi qui n'y connaissons rien en poker, le croupier annonça à Break :
- Mes félicitations, Monsieur ! Vous venez de remporter cent fois votre mise de départ !
Le chapelier sourit. Puis, il se saisit de ses cartes gagnantes et demanda, tandis que l'on mettait dans un grand sachet tout son joli pactole :
- Cela ne vous dérange pas si je garde ces cartes ? En guise de souvenir...
Puisque de toute manière, les paquets étaient changés entre chaque partie, le croupier accepta aussitôt.
Après avoir serré la main à tous ses adversaires, Break fendit la foule, son sac de jetons en main. Lorsqu'il vit Chloé, il s'enquit aussitôt :
- Alors miss ? On accepte d'offrir un verre au vainqueur ?
La binoclarde leva les yeux au ciel.
- Tu es riche aux as, et tu oses me demander ça à moi, pingre de service ?
L'albinos rit de bon cœur, et fit signe à la brunette de le suivre.
- Qu'importe ! S'exclama-t-il. Au moins, j'aurais essayé... Allez, viens ! Magnanime, je t'invite...
Ne se le faisant pas dire deux fois, la demoiselle marcha aux côtés de son camarade. Tant qu'à faire, si elle pouvait s'économiser le prix d'une boisson...
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Camille contempla sombrement le dernier jeton qui lui restait. Florine l'avait laissée, partant ainsi voir d'autres jeux, mais la jeune fille aux cheveux châtain n'en avait plus envie. Elle se sentait vraiment lamentable, là... Coupable, aussi, d'avoir ainsi gaspillé inutilement l'argent de Jack.
Après un haussement d'épaule, la lycéenne inséra le dernier jeton dans la machine. De toute manière, il ne lui servirait à rien une fois dehors...
Aussitôt, les cylindres recouverts de formes commencèrent à tourner. Ne voulant pas voir le désastre qui se profilait, Camille ferma les paupières et pressa trois fois le bouton au hasard, stoppant les cylindres un à un.
La jeune fille sût que quelque chose n'était pas normal au moment où elle entendit un bruit de cloche. Surprise, elle rouvrit un œil, puis les deux.
- Euh… Camille ? Demanda Florine, qui venait de revenir et qui voyait sa camarade comme absorbée par la machine.
La blondinette hésitait à lui demander si tout allait bien, vu que ce n'était évidemment pas le cas. Quoi que…
La jeune fille aux cheveux châtain leva lentement la main, et pointa l'écran de son jeu sans dire un mot. Face à elle, une grande inscription clignotait :
JACK-POT
Pour la première fois de sa vie, Camille avait eut de la chance.
Mais alors qu'une voix annonçait dans un haut-parleur le gain exceptionnel de plusieurs milliers d'euros aux machines à sous, un hurlement retentit dans la pièce.
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Break et Chloé étaient tranquillement au bar, sirotant des cocktails sans alcool et discutant de ce que l'albinos pourrait bien faire de sa fortune, lorsque le cri atteignit leurs oreilles :
- MAIS BORDEL, LÂCHEZ-MOI ! JE VOUS DIS QUE JE SUIS MAJEURE, MERDE !
Sans grande surprise, les deux jeunes virent arriver un peu plus tard Typhanie, traînée par les deux vigiles de l'entrée. La blondinette se débattait comme un beau diable, tandis que Victoria essayait de tirer sur les bras des gardiens pour qu'ils lâchent sa meilleure amie.
Break lança un regard poliment curieux à Chloé, l'air de dire « Tiens, elles sont de la partie, celles-là ? ». La brunette, elle, dut bien pâlir un grand coup. Son plan avait foiré, elle était responsable. La question était [i]Mais où avait eu lieu la faille dans son système pourtant quasi-infaillible ?[/i]
Malheureusement pour la binoclarde, elle n'eut pas vraiment de temps pour réfléchir à tout cela. En effet, Typhanie venait de l'apercevoir, et s'en prenait directement à elle.
- Regardez, c'est de sa faute ! Fit-elle en pointant sa meilleure ennemie dans l'espoir, sans doute, de s'en tirer à meilleur compte.
Les vigiles tournèrent naturellement la tête vers Chloé, et la reconnurent aussitôt.
- Eh merde ! S'exclama la brunette en bondissant de sa chaise, prête à fuir.
Mais alors que l'un des gardes venait dans sa direction, la jeune fille sentit quelqu'un lui serrer le bras. S'apprêtant à mettre un coup de poing à son agresseur, la demoiselle fut surprise de constater que c'était Break qui la retenait ainsi.
Sans lui demander son avis, l'albinos la fit se rasseoir et alla lui murmurer au creux de l'oreille :
- Réfléchis bien à ce que tu vas faire, miss… Si tu pars, tu risques bien plus gros que la simple colère du gérant de cet établissement…
Chloé s'ébroua, dérangée par cette soudaine proximité avec le jeune homme. Cependant, lorsqu'elle croisa son regard, elle cessa de se débattre. Il avait raison, hélas.
Néanmoins, histoire de ne pas partir complètement perdante, la binoclarde glissa à son camarade en le fixant droit dans l'œil :
- Si je tombe, tu tombes.
Comme satisfait par la sentence, le valet esquissa un sourire en coin.
- Ça me va, assura-t-il à mi-voix. Je ne savais pas quoi faire de tout cet argent, de toute manière…
Et, dans un même geste, les deux lycéens se levèrent, parés pour faire face à leur funeste destinée.
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Bon, naturellement, la réalité ne fut pas aussi héroïque que cela. Chloé se rendit sans opposer de résistance, proposant amicalement aux vigiles de vérifier l'âge de son camarade richissime aux cheveux blancs. Et comme celui-ci n'avait pas sa carte d'identité sur lui, l'affaire fut assez vite pliée.
Furent aussi embarquées Camille et Florine, que les gardes avaient retrouvé en parcourant la salle de jeux. Notre bande réunie au grand complet, elle dût faire face à la colère du patron du casino, qui en profita au passage pour insulter copieusement ses vigiles qu'il jugeait « [i]d'idiots incompétents[/i] ».
Conscients de leur faute, les adolescents encaissèrent sans vraiment sourcilier. Mais le plus gros du problème se présenta ensuite :
- Comment puis-je joindre vos responsables ? Questionna le directeur, un téléphone en main.
Les six adolescents se regardèrent, gênés.
- Bah on va dire qu'on a pas vraiment rencontré beaucoup de personnes responsables depuis qu'on est parti…, grommela Typhanie.
Florine lui écrasa le pied. Ce n'était pas le temps pour faire de l'humour, là ! Ils étaient quand-même sacrément dans la merde !
- Nous étions accompagnés par un professeur…, expliqua donc calmement la blonde, penaude. Pour tout vous dire, c'était même son idée au départ, et…
- Même pas vrai !
Les étudiants pivotèrent sur eux-mêmes, pour voir que de nouveaux arrivants avaient pointé le bout de leur nez. Et si cette perspective pouvait paraître assez réjouissante aux premiers abords, disons qu'elle ne ravit pas vraiment nos protagonistes…
- Même pas vrai ! Répéta le professeur Jack, qui se tenait aux côtés de Liam, Glen et Abyss. J'ai désespérément essayé de vous en dissuader, mais en vain !
Ces paroles n'étant pas très convaincantes aux oreilles des trois autres enseignants, Glen se prit la tête entre les mains.
- Je crois que je commence à comprendre…, soupira-t-il.
Voyant une brèche se profiler, les six élèves n'hésitèrent pas : ils se mirent tous à accuser le méchant Jack en même temps. Cela créa une cacophonie telle qu'Abyss poussa une gueulante :
- SILEEEEEEEEEENNNNNNNNNCE !
- Sortez, ordonna alors Glen en pointant la sortie aux jeunes. Nous allons régler cela.
D'un côté, il était rassurant de se dire que ce serait le Duc Baskerville qui s'occuperait de cette affaire… Mais de l'autre, au vu du regard absolument glacial qu'il lança à ses élèves, ceux-ci n'étaient absolument pas tirés d'affaire…
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- Comment est-ce que vous avez sût ? Demanda Camille à Liam lorsque les adolescents et le professeur de Sciences furent à l'extérieur.
L'enseignant, qui avait été désigné pour garder un œil sur tous ces joyeux lurons, redressa ses lunettes sur son nez avant de répondre :
- Le car était là, ainsi que tous vos camarades… Lorsque nous avons fait l'appel, nous nous sommes rendus compte que vous manquiez… Aussi le professeur Jack a fini par nous dire qu'il lui semblait vous avoir vu rentrer dans le casino…
- Le salaud ! S'exclama Typhanie.
- En tous les cas, c'est sympa d'être venu nous tirer de là…, lâcha Victoria. Merci, professeur Liam…
L'homme rougit, et eut un petit rire nerveux.
- J'espère que vous vous rendez compte que des sanctions vont certainement vous tomber dessus…, fit-il, regardant la petite troupe d'un air désolé.
- On s'en doute…, acquiesça sombrement Florine.
- Mais par pitié, si vous nous renvoyez du Lycée, GARDEZ JACK ! Supplia Chloé. Je crois bien qu'il est la personne que je déteste le plus au monde, à l'heure actuelle…
- Vraiment ? S'étonna Break, qui était en train de jouer avec les cinq cartes qu'il avait demandé à garder au casino. Et moi, alors ?
La binoclarde lança à son camarade un regard qui semblait dire « [i]Pas de soucis, vieux, t'es le deuxième sur ma liste ![/i] ». Comme rassuré, l'albinos leva la tête vers le ciel en riant.
- Au fait, pourquoi t'étais là, toi ? Questionna Florine en dévisageant le chapelier.
- Comme vous : je m'ennuyais ! Dit-il simplement. Mais avec mon apparence, je n'ai pas vraiment eu besoin d'user d'artifices quelconques…
- Sur ce coup, tout est de la faute à Chloé ! S'énerva Typhanie. Comme quoi, tirer un coup avec les vigiles de lui aura servi à rien !
- Pardon ?! S'étrangla Break, devenant aussi blanc que ses cheveux. Miss, ne me dis pas que tu as… !
- Wow, du calme ! S'interposa Florine, voyant que la situation était en train de dégénérer.
- Je tiens à mettre les choses au clair tout de suite ! Cria Chloé, qui n'en pouvais vraiment plus de toutes ces suppositions douteuses à son sujet. Je suis capable d'un tas de choses, mais certainement pas de ça ! J'ai simplement raconté des trucs aux gardiens, et ils ont fini par me laisser rentrer, c'est tout !
- Ah ? Fit Typhanie, sourcils froncés et rictus moqueur peint sur les lèvres. Des trucs de grands, comme dirait Jack ?
- Typh, tu vas trop loin…, la prévint Florine.
- Surtout que c'est plus ou moins de ta faute si on s'est fait repéré, signala amicalement Victoria. Tu râlais tellement que tu as ameuté la sécurité…
- Par pitié, vous disputez pas ! Couina Camille, se cachant les yeux pour ne pas voir le massacre qui se profilait.
Liam, lui, soupira longuement. Pourquoi avait-il choisi d'enseigner, déjà ?
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Le retour en bus fut assez horrible, pour tout vous dire. La totalité des élèves en voulaient à nos six retardataires, qui se tapèrent en plus la honte lorsque Abyss déballa toute leur histoire devant l'assemblée réunie.
La sentence tomba également à ce moment là : ce sera corvée de nettoyage pour tout le monde jusqu'à la fin des vacances. Par chance, nos amis avaient évité l'exclusion grâce au fait que le loueur de costumes avait témoigné en leur faveur.
Aussi bizarre que cela puisse paraître, Jack fut puni également. Glen insista pour qu'il subisse la même sanction que ses élèves, de manière à ce qu'il réfléchisse un peu aux conséquences de ses actes. Dans un sursaut d'humour, Abyss décida même de priver le blondin de dessert pendant deux jours, ce qui finir d'achever le pauvre professeur d'Arts Plastique.
Une fois tous nos adolescents de retour à l'auberge, le repas eut lieu dans un silence quasi religieux. Personne n'osait parler, de peur de s'en prendre une. Ironie du sort, les gérants de l'établissement vinrent féliciter les enseignant du comportement exemplaire de leurs élèves. On crut d'ailleurs qu'Abyss allait décoller sous le coup de toute cette pression qu'elle contenait en elle.
La soirée qui suivit fut assez triste pour nos cinq héroïnes, qui durent s'acquitter de leur tâche avec Break et Jack. Elles nettoyèrent ainsi la salle de bain de l'auberge, dans une ambiance… plutôt morose, comme on peut le supposer.
Et ce fut épuisées et déprimées que nos compères s'endormirent… jusqu'à un lendemain annonciateur de nouvelles péripéties.
By Camille & Chloé
Et ce sera tout pour ce chapitre ! Le prochain risque de mettre un peu de temps avant d'être publié, je tiens à prévenir... J'en ai déjà publié la première partie sur le blog, mais j'attends d'avoir fini la deuxième pour la poster ici ! =w=;;
Sinon, merci encore de nous suivre, on vous aime très fort !
Don't dorget to nous laisser un commentaire ! :)
à bientôt !
Chloé
