Bonjour tout le monde !
Je profite de mes vacances pour venir poster ce chapitre ici... Certains l'auront peut-être lu sur notre blog, vu qu'il est sorti depuis quelques mois maintenant... Quoi qu'il en soit, j'espère que vous l'aimez bien, parce qu'il a été écrit dans la douleur ! Il est également divisé en deux parties, comme vous pourrez le constater lors de votre lecture. Car oui, 20 000 mots d'un coup, on avait peur que ça fasse un peu beaucoup...
Allez, je ne vous embête pas plus longtemps, puis vous laisse lire... Surtout, cette fois-ci, ne négligez pas la note de fin. Elle est un peu différente des autres... M'enfin, vous allez bien comprendre pourquoi !
Bonne lecture !
DISCLAIMER : Pandora Hearts appartient à l'esprit détraqué de notre maître à tous, Jun MOCHIZUKI ! Par contre, l'histoire, les intrigues et les OC's appartiennent à Camille, ma formidable partenaire de plume, et à moi-même. Toute reproduction totale ou partielle et sans notre accord est totalement interdite, merci de respecter notre travail ! :)
RATING : K+
GENRE : Humour / Amitié
Chapitre 23
Le doux goût de Noël
- Partie I : Une avalanche de bonbons et de bons sentiments -
- CRAC ! -
- Tiens..., marmonna sombrement Victoria, la tête dans son oreiller. Ça faisait longtemps...
Alors que Typhanie se réveillait en grognant, la brunette à queue de cheval tourna difficilement la tête vers l'origine de tout ce bruit. Sans grande surprise, elle croisa ainsi le regard joyeux de Break, qui sortait de l'armoire.
- Debout là-dedans ! S'exclama-t-il en tapant dans les mains. C'est l'heure de se lever ! Aujourd'hui, on fait la meilleure visite de ces vacances !
Le cerveau de Victoria se remit péniblement en marche. La confiserie de la Bresse. C'était là leur programme du jour.
Cependant prise d'un doute, la jeune fille regarda l'heure qu'affichait le radioréveil. Constatation qui s'accompagna d'un long, mais alors très long soupir.
- Break ?
- Oui miss ?
- Rappelle-moi l'heure où le bus vient nous chercher.
- 10 heures et demi très précisément ! Chantonna l'albinos. Mais si je vous ai réveillé, c'est uniquement pour nous laisser un peu de marge...
Nouveau soupir. Victoria eut beaucoup de mal à articuler sa phrase tant elle était crevée :
- Et t'as pas l'impression que quatre heures trente de marge, c'est un peu exagéré ?
Break offrit à la demoiselle un très large sourire, et lui lança un bonbon. Puis, il disparut dans le placard en prenant bien soin de claquer la porte.
Mais alors que Victoria allait trouver un moyen de se rendormir, elle entendit le grommellement de Typhanie.
- Y se passe quoi ? Demanda-t-elle, un œil à peine entrouvert.
- Laisse tomber..., résuma sa meilleure amie. Profites-en, on a encore largement le temps de pioncer...
La blondinette souffla, puis se retourna sur le dos. Il y eut ainsi quelques minutes de silence.
Lorsque soudain...
- Grouiiiiiiiiiiik !
...
- ... Typh... C'est ton ventre qui a fait ce bruit ?
- Ouais, râla la concernée. J'suis réveillée, alors maintenant j'ai faim.
Victoria eut un petit sourire. Elle finit par se contorsionner difficilement, afin de récupérer le bonbon de Break dans l'objectif de le donner à sa camarade.
- Tiens, prends ça... À croire qu'il avait prévu le coup...
Et tandis que Typhanie se rassasiait, la brunette à queue de cheval jeta un coup d'œil au deuxième lit de la chambre.
Inutile de s'inquiéter pour Camille, cela dit : celle-ci dormait toujours à poings fermés. Et au vu de son petit air béat, on pouvait dire sans se tromper qu'elle allait on-ne-peut mieux.
_...~°0°~..._
Une fois leur petit-déjeuner fini et Victoria réveillée, nos cinq compères n'eurent d'autre choix que de s'acquitter de leur punition. C'est donc accompagnées par Break et le professeur Jack qu'elles allèrent aider le personnel de l'auberge à nettoyer les tables.
Naturellement, le cœur n'y était pas vraiment. Mais personne n'osait trop se plaindre, de peur de déchainer les foudres d'Abyss et de se retrouver privé de Noël. Ou encore privé de confiserie, si on en croyait les dires de l'albinos de l'équipe.
Mais laissons donc nos héroïnes à leur triste sort et avançons un peu dans le temps ! Il est désormais 10h 30, heure fatidique à laquelle le bus était sensé arrivé pour emmener les élèves et leurs profs à la Bresse. Oui, vous avez bien lu « était sensé arrivé ». Parce que vous vous en doutez, ça aurait été bien trop simple sinon.
- Mais que fait ce maudit chauffeur ?! Râla Elliot, shootant furieusement dans un malheureux tas de neige qui se trouvait sur son passage.
Effectivement, toute la classe et les accompagnants se trouvaient sur le parking de l'auberge, à attendre que le car daigne se pointer. Il ne neigeait pas, fort heureusement, et les routes étaient dégagées. Le seul véritable ennui restait le froid, mais avec tant de chaleur humaine, pourquoi s'en soucier ?
- Pas la peine de s'énerver ! Tempéra Oz en remontant son écharpe pour avoir plus chaud. Le bus n'a que vingt minutes de retard !
En guise de sa bonne foi, le blondin sortit de sa poche sa montre à gousset dorée. Une fois ouverte, elle laissa s'échappée une petite mélodie, au son de laquelle tout le monde se tut.
Voyant qu'il était au entre de l'attention, Oz haussa un sourcil.
- T'as pas passé l'âge pour des gamineries pareilles ? Railla Elliot, qui ne considérait apparemment pas qu'une boîte à musique était une grande preuve de virilité.
- Maieuh ! Se plaignit l'autre garçon en secouant vivement la tête. C'est un cadeau ! Et où il est le problème, au juste ?!
- Laisse tomber, Oz ! Soupira soudainement Florine en s'interposant. C'est Elliot le gamin. C'est lui qui râle depuis tout à l'heure !
- Mais... ! Tenta le concerné, pris de court.
Il n'eut pas le temps de trouver un quelconque argument, car Florine tourna les talons en traînant Oz derrière elle. Ce fut donc vert de rage qu'Elliot se tourna vers Leo.
- Et arrête de te marrer, toi !
- Je ne me moque pas ! Assura le valet, avec néanmoins un très large sourire sur les lèvres.
Un peu plus loin, Florine et Oz venaient de rejoindre le plus gros de la classe. Le manège n'avait –semblait-il- pas échappé à Sharon, qui accueillit son amie blondinette avec des étoiles dans les yeux.
- Pour un rebondissement, quel rebondissement ! S'exclama la noble en joignant ses mains.
- Euh... Sharon ? Interrogea Florine, qui voyait très bien arriver la chose.
- Ton cœur est déchiré par les deux amours de ta vie ! S'empressa de déblatérer la Rainsworth, qui se dandinait littéralement sur place. Alors que je pensais que tu étais subjuguée par le charisme naturel d'Elliot, je viens de comprendre qu'en réalité, le jeune maître Oz t'attire tout autant !
- Dis, c'est pas un peu hâtif, comme conclusion ?! S'alarma la jeune fille en se protégeant des cœurs et des étoiles qui émanaient de la future Duchesse. Tu penses sérieusement qu'il suffit de parler à un garçon pour en tomber amoureux ?!
- Ben oui, ma vieille ! Renchérit Chloé, qui décidait de se joindre à la conversation pour cause d'ennui mortel. Regarde, un exemple simple en ce qui me concerne...
Si Florine était toute ouïe, il en était de même pour Sharon. Celle-ci se penchait désormais vers la binoclarde, dans l'espoir sans-doute d'apprendre quelques détails croustillants à son sujet.
Fière de l'effet qu'elle produisait, Chloé inspira un grand coup et expliqua :
- Il a suffit d'un simple regard, d'un simple « Salut ! » échangé, pour que je tombe aussitôt raide amoureuse de Typhanie.
Histoire de soutenir sa camarade, ladite Typhanie lança un grand « Vouiiiiiiii ! ~ », tout en prenant l'air le plus niai et candide qu'elle avait en stock.
Et si la touche d'humour fit mouche pour une bonne partie de l'assemblée, la seule à prendre SERIEUSEMENT cette affaire fut notre petite Sharon, dont les yeux s'agrandirent comme ceux d'un potoo. ( - Note de l'auteur : la référence du potoo nécessite des connaissances en ornithologie que vous ne possédez peut-être pas. Vous avez un peu de temps à perdre ? Alors allez sur un moteur de recherche quelconque et tapez « potoo bird ». Regardez les images, vous m'en direz des nouvelles. )
- Chloé-chan est amoureuse de Typhanie-sama ?! S'égosilla la Rainsworth. Mais je ne le savais pas !
Jugeant qu'il serait bon d'en rajouter une couche, ce fut cette fois-ci à Victoria d'entrer dans la danse.
- Ce que tu ne sais pas non plus, entama-t-elle, c'est qu'en réalité, Typhanie et moi sommes mariées depuis notre enfance ! Et donc que Chloé et Typh ne peuvent pas vivre leur amour au grand jour !
- Mais c'est terrible !
- Hélas ! Soupira longuement la passionnée de loups. Ainsi est notre plus grand fléau...
Personne ne renchérit, se demandant quand-même comment quelque chose d'aussi énorme pouvait passer auprès de Sharon. Cette dernière semblait mortifiée par l'histoire qu'elle venait d'apprendre, ce qui n'était pas forcément bon signe.
Fort heureusement, le bus se décida à arriver à ce moment là, coupant court à toute possibilité d'enliser encore plus la situation. Par mesure de sécurité, nos cinq héroïnes décidèrent de laisser Sharon s'installer au fond du bus, pour finalement se mettre tout devant. Juste derrière les profs, pour tout vous dire.
On avait ainsi Typhanie et Victoria, côte à côte et unies jusqu'à la mort, derrière lesquelles se trouvaient Florine et Camille. Enfin, à la droite de ce beau monde, Chloé s'était assise toute seule, en profitant pour saluer son voisin de devant alias le professeur Liam.
- Bonjour à toutes et à tous ! Commença Glen, qui se tenait au milieu du bus. J'espère que vous avez bien dormi...
- Hrm..., toussotèrent conjointement Typh et Victo.
- ... car aujourd'hui sera la dernière journée où vous en aurez l'occasion avant Noël, continua le professeur d'Anglais. Je vous rappelle que la soirée de demain verra se dérouler le Réveillon. Aussi, pour ceux n'ayant pas encore fini leurs achats, je fais circuler une liste sur laquelle vous pourrez vous inscrire si besoin. Un nouveau quartier libre sera organisé cet après-midi pour les personnes le désirant.
Des rumeurs plus ou moins enthousiastes se firent entendre à travers le car. N'y prêtant guère attention, Glen poursuivit ses explications.
- Comme vous devez le savoir, notre visite de ce matin est la confiserie de la Bresse. Nous en avons pour environ vingt minutes de route. Je vous fais donc confiance pour rester calme au possible. N'est-ce pas ?
Aussi surprenant que cela puisse paraître, le regard sombre que lança l'enseignant ne fut pas à l'attention de ses élèves, mais bel et bien du professeur Jack. Celui-ci discutant innocemment avec Abyss, il ne s'en rendit absolument pas compte.
N'ayant plus rien à ajouter et dans un long soupir, Glen alla donc s'asseoir aux côtés de Liam. Aussitôt, les conversations fusèrent dans tous les coins du bus.
- Je suis contente que Sharon soit au fond..., avoua Florine en se laissant glisser le long de son siège.
- Et moi donc..., grommela Typhanie. Je ne pensais pas qu'elle serait capable d'avaler un truc pareil...
- Avec un peu de chance, quelqu'un aura la bonne idée de lui expliquer pendant le trajet, hasarda Camille.
- Dommage..., commenta Victoria. Je trouvais que ça faisait une belle histoire...
- Les meilleures plaisanteries sont souvent les plus courtes, signala Chloé dans un petit soupir. Et je suis désolée, Typh, mais... aussi génialissime soies-tu, je conçois mal le fait de vivre toute ma vie à tes côtés...
- T'inquiètes, assura la blondinette en haussant les épaules. Je resterai ton chevalier servant quoi qu'il arrive.
- Trop d'honneur. Et tiens, c'est bizarre, mais j'ai l'impression que quelque chose vient de m'agripper la jambe...
- Bonjour, miss !
Je vous passe le contingent d'insultes bien senties que lâcha Chloé lorsqu'une tête pleine de cheveux blancs sortit de sous les sièges, avant de s'installer sans la moindre gêne à la place libre à côté de la demoiselle. Le nouveau venu réussit ainsi à coincer la jeune fille du côté de la vitre, lui coupant toute possibilité de retraite.
- Tu vas pas t'y mettre, Xerxes ?! Râla la binoclarde, en tentant de pousser son encombrant voisin.
Naturellement, l'albinos n'en fit strictement rien. Au contraire, il prit bien soin de prendre le plus de place possible, ce qui était tout de même assez dur au vu de sa maigreur.
- Je venais vers vous parce que je trouve vos conversations nettement plus intéressantes, expliqua joyeusement le chapelier.
- Vraiment ? S'étonna faussement Florine.
- Alors dans ce cas, on va arrêter de parler ! Déclara fièrement Typhanie.
C'est ainsi qu'un silence quasi religieux se fit dans l'avant du bus. Comme profondément vexé, Break prit une mine boudeuse en croisant les bras.
- Pfff... Vous n'êtes vraiment pas drôles, vous savez ?
Aucune réponse.
L'albinos secoua la tête, navré. Histoire de ne pas se sentir trop seul, il se saisit de sa fidèle Emily et la posa sur ses genoux.
- Tu ne trouves pas qu'elles sont odieuses avec nous ? Demanda-t-il à la poupée.
- Ne m'en parle pas ! Caqueta la créature. Quelle ingratitude !
- Alors que nous avons déjà tant fait pour elles !
- Pfeuh ! Pourquoi se donner tant de mal, si c'est pour se faire remballer comme ça ?
- Tu as parfaitement raison !
- Xerxes ? Soupira Chloé, brisant cette loi du silence invoquée par Sir Typhanie. Aurais-tu l'amabilité de te taire, je te prie ? Parce que là, ça devient juste hyper chiant.
L'albinos considéra pensivement sa camarade, avant de hocher la tête à la surprise générale. Il remit donc Emily sur son épaule, et s'amusa à regarder tranquillement le paysage.
C'est ainsi que s'écoulèrent les dix premières minutes du voyage. Lorsque le bus franchit enfin le col séparant Gérardmer de la Bresse, les élèves eurent quasiment tous une exclamation de surprise en voyant le panorama qui s'offrait à eux. Ils étaient tout en haut de la montagne, la route perchée à côté d'un dangereux précipice.
- Un seul écart du bus, et on est tous morts après une chute de plusieurs centaines de mètres..., souffla Victoria avec un semblant d'admiration dans la voix.
Pas aussi enthousiastes à cette perspective, ses amies s'écartèrent du côté gauche de l'autobus (celui le plus proche du vide, quoi). Cela n'eut pas le moindre effet, naturellement. M'enfin... sauf du côté d'un certain albinos...
- Vous savez quoi ? Commença celui-ci en faisant mine de se lever. Je pense que je vais aller bavarder un peu avec notre chauffeur...
- NON, SURTOUT PAS ! Bondirent les cinq filles.
Ni une, ni deux, Florine se jeta sur le borgne pour l'immobiliser. Comprenant le plan de la blondinette, Chloé se saisit de la ceinture de sécurité et ligota fermement Break au siège.
- Toi, tu reste là ! S'exclama Florine tout en maintenant fermement le jeune homme. Tu t'avises de faire peur à ce chauffeur, et on te balance dans le vide !
- Hey, paix ! Fit le malheureuse chapelier en levant les mains. Je n'ai jamais parlé d'effrayer qui que ce soit !
- On s'en fout ! Mesure préventive !
- Dîtes, vous ne voudriez pas vous calmer ? Tonna Glen qui se trouvait, rappelons-le, juste devant.
Aussitôt, Florine regagna sa place dans un « Désolée, professeur... ». Chloé, elle, lança un regard si noir à Break que cela le dissuada de se faire passer pour une victime.
Après ces péripéties harassantes, l'autocar se gara enfin devant la confiserie. Aussitôt, ce fut le même constat pour à peu près tout le monde :
- C'est moi, ou on dirait une vieille station essence ? Dit Oz en se grattant la tête.
- Vous pensez que c'est du chocolat qui sort des pompes ? Questionna Vincent avec des étoiles dans les yeux.
Suite à cette remarque dénuée du moindre grain de bon sens, tous les élèves s'écartèrent un peu du blondin, pour se presser vers la sortie du bus. Et sitôt à l'extérieur, une douce odeur sucrée vint se faufiler jusqu'aux narines aiguisées des adolescents.
- Bien..., commença Glen une fois tous les élèves réunis autour de lui. Au vu du retard du bus, nous allons décaler l'heure à laquelle nous devons nous retrouver ici. Je vous donne donc tous rendez-vous ici à midi moins le quart, et vous souhaite...
- DES BONBOOOOOOOOOOONNNNNNNNNNS ! S'écria Alice qui, n'en tenant plus, était en train de courir vers l'entrée de la fabrique.
Assez rapidement, la petite brunette fut rejointe par le reste de ses camarades, ainsi que par Jack (hein, pour changer). Ne restaient plus qu'Abyss, Liam et Glen, forever alone.
- ... je vous souhaite une agréable visite..., finit donc le Baskerville dans un long et profond soupir.
_...~°0°~..._
Vous avez déjà vu "Charlie et la Chocolaterie", de Tim Burton ? Oui ? C'est bien, je suis fière de vous. Non ? Alors tant pis, vous ratez un bon film...
Bref. Tout cela pour vous dire que si vous imaginez que la confiserie de la Bresse est comme la chocolaterie de Willy Wonka, vous êtes légèrement à côté de la plaque. Niveau taille, je précise. Car le contenu est tout aussi intéressant.
Pour vous aider à mieux vous schématiser le bâtiment : celui-ci était composé de deux parties bien distinctes. La première, celle où se trouvaient l'entrée et la sortie, était le coin boutique. La seconde pièce, elle, renfermait le trésors de la confiserie : les machines où étaient confectionnés les bonbons !
Chose fort sympathique, les deux salles étaient accessibles aux visiteurs, et gratuitement qui plus est !
- Gratuitement, tu dis ? S'étonna Leo lorsque Camille donna cette explication à ses camarades alors que ceux-ci se massaient dans l'entrée.
- Normal, ce bahut roule pas sur l'or..., grommela Typhanie, qui avait le sentiment d'avoir déjà pas mal vu ce côté crevard du Lycée.
- Surprenant, au vu des frais d'inscription..., fit pensivement Oz en se grattant la tête.
S'ensuivirent des remarques affirmatives de la part d'à peu près tout le monde... sauf nos cinq héroïnes. Pour le cas, elles étaient même plutôt larguées.
Face aux regards interrogateurs, Florine prit la parole :
- Ben... C'est-à-dire qu'en fait... je n'ai pas le souvenir que nos parents aient râlé par rapport au prix d'entrée ici...
- Je crois que ça a plutôt été le contraire..., avoua Victoria.
Un instant de flottement parcourut les troupes.
- Hrm..., toussota Gil. Il doit y avoir un problème, dans ce cas...
- Ah ? En quoi ?
- Le Lycée Pandora..., commença Sharon en s'approchant des cinq amies. C'est l'un des établissements les plus chers et les plus prestigieux qui soient. C'est pour ça que tous les membres de la noblesse y font leurs études.
...
...
...
~ Un ange passe ~
...
...
...
- Pardon ? Dit Victoria, ouvrant la bouche de stupéfaction.
- On a jamais signé pour entrer dans un Lycée de bourges ! S'exclama Typhanie.
- Puis je suis désolée, mais je vois pas vraiment où est le prestige ! Ajouta Chloé avec mauvaise humeur.
- Certainement pas dans l'enseignement, en tous les cas..., renchérit sa meilleure ennemie.
- Oui, ben on tirera cette affaire au clair plus tard ! Coupa Florine en sentant que cette histoire allait tourner au vinaigre. On pourrait pas entrer ? Je vous signale qu'on fait un peu un gros bouchon...
Les ados s'exécutèrent, des rumeurs d'incompréhension parcourant leurs rangs. C'était quand même bizarre, tout ça... Mais faisons cesser ces doutes, et concentrons-nous sur le plus important : les sucreries !
- Waouh ! S'exclama Ada en joignant ses mains. Qu'est-ce que c'est beau, toutes ces couleurs !
- Tu as vu tous ces bonbons, Alice ? Fit Oz à cette dernière.
Celle-ci répondit par un grognement affamé -et affirmatif, accessoirement.
Malheureusement pour elle, le beau Glen fit une annonce à ses élèves :
- Je pense qu'il serait plus judicieux que l'on commence par la visite, de manière à ce que vous ne soyez pas encombrés...
- Pfff..., soupira Alice. J'en ai rien à faire, moi, de la visite...
Contrariée, la petite brunette croisa ses bras. Puis, cherchant un peu de soutien, elle alla voir sa meilleure amie dans de telles situations : Typhanie.
- Dis, Typh, commença-t-elle. Tu voudrais pas qu'on reste ici le temps que les autres fassent la visite ? Comme ça, on est sûres qu'on aura tous les bonbons qu'on veut !
Hélas pour elle, la blondinette lui répondit sans la regarder :
- Euh... Non.
- Hein ?! S'égosilla Alice, surprise au plus haut point. Et pourquoi ?!
- Glen-samaaaaa..., susurra simplement Typhanie en s'éloignant avec le reste du groupe, un filet de bave imaginaire au bord des lèvres.
Un long soupir de frustration échappa à la petite brunette. Elle ne voulait pas aller faire cette visite, certes, mais elle n'avait pas envie d'être toute seule pour autant !
À la guerre comme à la guerre, Alice partit à la recherche d'un autre camarade pour l'accompagner.
- Hey, tête d'algues ! Ça te dirait pas qu'on -
- Hors de question, stupide lapin ! Répliqua immédiatement Gil. Après la boule de neige de la dernière fois, c'est hors de question que je te rende le moindre service !
- Maieuh ! Trépigna la fillette, avant de frapper le bras du noiraud. On a même plus le droit de s'amuser, ma parole !
Une paire de baffes plus tard :
Alice se frotta la joue, franchement énervée. Pourquoi diable personne n'acceptait de rester avec elle ?
Toujours aussi décidée, la jeune fille regarda les élèves un peu en retrait. Elle vit ainsi Sharon, de laquelle elle s'écarta prestement, ainsi qu'une autre demoiselle aux cheveux blancs. Celle-ci avait l'air complètement crevée et blasée, c'en était limite effrayant. Mais il s'agissait là de la victime idéale de notre petite Alice, qui se dirigea aussitôt vers sa camarade.
Néanmoins, un nouveau problème se posa là : qui était donc cette fille ? La brunette savait qu'elle était dans sa classe, mais elle avait toujours eu du mal à retenir les prénoms des personnes qui ne représentaient aucun intérêt pour elle.
Qu'à cela ne tienne, la carnivore se planta devant l'adolescente et la pointa fièrement du doigt.
- Hey, toi ! S'exclama Alice, faisant des efforts pour se souvenir de son nom. Elmo ! Non ! Ého ! ... Némo ! Oui, Némo !
La demoiselle blasée répondit d'une voix endormie :
- C'est Echo tout court, miss Alice...
- On s'en fiche ! Répliqua l'autre, fière tout de même d'être tombée pas trop loin. Je t'engage pour m'accompagner chercher des bonbons !
Égale à elle-même, ce fut avec une platitude exemplaire qu'Echo fit part de sa réponse :
- Je ne peux pas, miss Alice. Vincent-sama a besoin de moi. Je m'en excuse.
Après s'être inclinée, la jeune fille abandonna donc là la brunette et se pressa pour rejoindre son maître.
Décidément bel et bien seule, Alice mit ses poings sur ses hanches et souffla. La mort dans l'âme, elle était en train de se résoudre à assister tout de même à la visite lorsqu'une voix enjouée retentit derrière elle :
- Eh bien eh bien, quelle triste mine !
Alice se retourna dans un bond pour se retrouver nez à nez avec Break.
- Qu'est-ce que tu me veux, idiot de clown ?!
- Moi ? Rien du tout ! Je me disais juste que tu paraissais bien seule... Aurais-tu besoin de compagnie, à tout hasard ?
Face à l'énorme sourire de l'albinos, la brunette recula d'un pas. Puis, finalement, elle éclata de rire elle-même.
- Tu vas m'accompagner ! Déclara-t-elle donc en finissant par chopper le bras du chapelier. Pour une fois que tu as une quelconque utilité, on ne va pas s'en priver !
Break, lui, se contenta de jouer les kidnappés avec un minimum de conviction. À lui les bonbons ! Et si jamais Sharon lui faisait la moindre réflexion... il n'avait qu'à dire que c'était Alice qui l'avait forcé ! ~
_...~°0°~..._
Une grosse larme coula sur la joue de Glen, avant d'aller s'écraser mollement sur le sol. Contentes de pouvoir sortir à leur tour, d'autres larmes se précipitèrent joyeusement à la poursuite de la première.
Vous vous en doutez, il en fallait vraiment beaucoup pour que le grand Glen se mette à pleurer. Mais il n'était pas le seul à faire sa crise de larmes, non non non ! En effet, nombreux étaient les membres de notre troupe qui pleurnichaient dans leur coin.
Vous aussi, vous avez le léger sentiment d'avoir loupé un épisode ? Vous vous demandez comment, d'un groupe aussi joyeux que turbulent, on peut passer à une mer de larmes ? Eh bien, amis lecteurs, voici la réponse !
- Comme vous pouvez le voir, je verse l'essence d'eucalyptus sur la préparation...
- Comme vous pouvez le sentir, ouais ! Pesta Typhanie. Bordel, j'ai les yeux qui piquent !
Ainsi, comme vous pouvez le déduire, ce n'étaient pas des larmes de tristesse qui dévalaient les pentes abruptes qu'étaient les joues de nos protagonistes. Leur soudaine poussée lacrymale était due en fait à la puissance des arômes qu'un confiseur était en train de déverser sur sa pâte de sucre. Eh oui, tout s'explique !
Naturellement, certains plaisantins en profitèrent pour jouer à fond la carte du mélodrame :
- Bouh hou hou ! Chuina Victoria d'un air très théâtral. Ma vie est tellement mooooooche !
Cheshire, qui était juste à côté d'elle, décida de jouer le jeu lui aussi.
- La mienne ne vaut pas beaucoup mieux, nya ! Renifla-t-il. Réconfortons-nous, Victo-chan !
Et les deux adolescents se tombèrent littéralement dans les bras l'un de l'autre, sous des rires amusés ou des soupirs exaspérés.
Car certains n'appréciaient pas vraiment le fait de devoir ainsi sangloter devant des témoins. En première ligne, nous pouvons bien évidemment placer nos asociaux et très fiers de service tels qu'Elliot, Glen, ou encore Chloé et Typhanie.
- Hey ! Lança cette dernière à sa camarade binoclarde. Ça te dirait pas qu'on se casse de là ?
- J'approuve l'idée ! Accepta aussitôt Chloé, qui n'attendait qu'une bonne occasion de se tirer loin d'ici. Cette visite n'est pas particulièrement palpitante...
- Puis en plus, j'ai faim..., argumenta Typhanie en traînant sa meilleure ennemie hors de la salle.
S'ensuivit alors une magnifique réaction en chaîne : Chloé, qui ne voulait pas non-plus se retrouver seule avec la blondinette, attrapa Camille par l'épaule. Surprise, celle-ci choppa aussitôt le bras de Florine, qui était la personne la plus proche. Victoria, quant à elle, avait suivi ce manège du coin de l'œil et se lançait donc joyeusement à la poursuite de ses amies, quittant Cheshire avec de grands gestes.
C'est ainsi que nos héroïnes quittèrent la pièce, au nez et à la barbe ( inexistante !) de leurs enseignants.
_...~°0°~..._
De retour du côté boutique, notre petite troupe s'empressa de se diriger vers les montagnes de sucreries qui l'attendait sagement. Et puisque l'amitié, c'est bien, mais les bonbons, c'est mieux, les cinq mousquetaires allèrent chacune de leur côté pour trouver leurs douceurs préférées.
C'est ainsi que Florine tomba sur Alice dans le coin des assortiments de bonbons.
- Alors, tu trouves ton bonheur ? Demanda la blondinette.
En seule guise de réponse, la carnivore lui montra le panier plein à ras-bord dans lequel reposaient toutes ses emplettes. Ajoutez à cela les étoiles qu'avait la jeune fille dans ses prunelles, et vous aurez une idée de l'état dans lequel se trouvait la petite brunette.
- Eh bien, tu vas en avoir pour une fortune ! Commenta Florine en souriant.
- M'en fiche, c'est Oz qui paie ! Rétorqua Alice en haussant les épaules. Tu veux que j'en profite pour te prendre quelque chose ?
Un petit rire échappa à la blonde. Alice avait décidément une définition de l'altruisme bien à elle... Mais comment le lui reprocher, en même temps ? Elle était tellement mignonne !
_...~°0°~..._
De son côté, Typhanie reproduisait à peu près le même schéma stratégique que sa camarade morfale, à savoir : " 1. Hm, ça a l'air bon ! 2. Allez, je prends ça aussi ! 3. Y'aurait pas un paquet plus gros ? ". Seul bémol : elle n'avait aucun meilleur ami richissime pour lui financer cette razzia.
- Ça va, Typh ? Demanda Camille en voyant que celle-ci grimaçait face à des guimauves.
- J'arrive pas à me décider ! Geignit-elle. Y a trop de choix !
Face au désespoir de la fan de loups, notre petite Camille décida de réveiller son côté chevaleresque et héroïque.
- Si tu veux, on peut prendre un peu de tout toutes les deux, puis on partagera à la fin ? Proposa-t-elle gentiment.
Typhanie tourna un visage baigné de larmes vers son amie.
- C-C'est vrai ? Bégaya-t-elle. Tu ferais vraiment ça pour moi ?
- Ben évidemment ! S'exclama Camille, qui commençait déjà à paniquer en voyant tant de tristesse chez la blondinette.
Cette dernière se métamorphosa alors radicalement. Ses larmes s'évaporèrent d'un coup, et notre Typhanie nationale se laissa posséder un instant par ses émotions. Aussi, elle se jeta sur Camille pour lui faire un câlin.
- Je sais que je ne devrais pas te le dire..., commença la blondinette en serrant bien fort sa camarade. Mais je t'aime de tout mon cœur, Camille !
- Euh...
- C'est un peu précipité, poursuivit Typhanie, mais je te le demande car je me sens enfin prête !
La passionnée de canidés s'agenouilla donc devant Camille et lui demanda avec gravité :
- Veux-tu m'épouser ?
La jeune fille aux cheveux châtain passa du rouge pivoine au blanc cadavre, et balbutia des excuses diverses, allez savoir pourquoi. Heureusement pour elle, elle fut coupée par la voix d'un troisième personnage :
- Ça va, je vous dérange pas trop ?
Typhanie et Camille tournèrent la tête dans un même mouvement, découvrant ainsi une Chloé blasée à souhait. Celle-ci avait en main un sachet aux couleurs de la confiserie, signe qu'elle avait déjà fini ses achats, et elle était désormais en train de dévisager ses amies avec une absence d'intérêt notable.
Face à l'immobilité des futures mariées, la binoclarde ajouta :
- Je veux bien être votre témoin, du coup...
- Et moi votre demoiselle d'honneur !
Cette phrase avait été prononcée par Sharon, qui venait de rejoindre le petit groupe. En effet, la visite venait de s'achever, et la boutique se remplissait doucement des élèves de Pandora.
- Je crois que Typhanie plaisantait, Sharon ! S'empressa de dire Camille.
Bien contente de pouvoir embêter son amie, la blondinette nia en bloc.
- Bien sûr que non ! Assura-t-elle. Ma proposition était sérieuse !
Vous vous en douterez, ce fut là le départ d'une énième envolée romantique de la part de Sharon. Elle s'amusa ainsi à déblatérer sur le choix des couleurs et sur les préparatifs du mariage, choses que Typhanie écouta avec la plus grande attention. Et Camille, dans l'histoire ? Elle était simplement en train de se mortifier tranquillement, comme à son habitude.
_...~°0°~..._
Il fallut une bonne heure pour que tout le monde fasse son choix dans la myriade de sucreries qui s'offraient aux jeunes. Et lorsque tous les morfales eurent fini de payer, les professeur comptèrent le troupeau d'adolescents avant de les faire tous monter dans la bétaillère dans le bus.
- C'est moi ou le narrateur de cette histoire a vraiment vite expédié le passage de la confiserie ?
- Qu'est-ce que tu dis, Victo ?
- Nan, rien... Un moment d'égarement...
Comme vous pouvez vous en douter, nos cinq héroïnes étaient en train de reprendre les mêmes places qu'à l'allée. Hors, une nouvelle fois, un élément perturbateur refit surface.
- Attention mesdemoiselles, je passe ! ~
- P*tain, Break ! Râla Typhanie avant de se prendre un sachet de confiseries en pleine figure.
Effectivement, une fois de plus, l'albinos avait décidé de se montrer encombrant au possible. Et là, autant dire qu'il avait placé la barre très haut : il disparaissait littéralement derrière la quantité de bonbons qu'il avait acheté.
- Et t'en as pour combien de temps, avec une réserve pareille ? Demanda Florine, suspicieuse.
- Hm..., fit pensivement Break tout en évaluant ses provisions du regard. Je dirais... entre un et deux mois ?
- SI PEU ?! S'exclamèrent les filles à l'unisson.
- Oh oui, hélas..., soupira le jeune homme. Vous savez, mon cœur généreux me pousse toujours à distribuer quelques bonbons aux pauvres âmes en peine qui se trouveraient sur ma route...
- Moi je suis une âme en peine ! Fit Typhanie en levant la main. Moi ! Moi !
En guise de réponse, elle se prit une pichenette sur le nez.
- Toi, tu en as déjà suffisamment ! La sermonna le chapelier.
Break reporta ensuite son attention sur Chloé, une nouvelle fois sans voisin.
- Allez, miss ! L'enjoignit-il d'un geste de la main. Fais-moi un peu de place !
- Quand on est gentil, on demande avec un minimum de politesse..., grommela l'auteur en herbe.
La prenant au pied de la lettre, le jeune homme s'éclaircit la gorge et demanda d'un ton chantant :
- Aurais-tu l'amabilité de me laisser un peu de place pour que je m'assoie à côté de toi, miss ?
- Nan ! Rétorqua férocement celle-ci.
- Merci bien !Répondit alors l'albinos, s'installant tout de même.
Et c'est ainsi que Chloé se retrouva elle aussi submergée de sucreries... pour son plus grand déplaisir, vous vous en doutez bien. Mais après quelques minutes de vains grommellements, la brunette préféra s'adonner à une méthode bien moins impressionnante : faire la gueule dans son coin.
Autant dire que le fait que Chloé se renferme sur elle-même à cause de Break ne changea la vie d'absolument personne. Comme si rien ne s'était passé, Victoria proposa même :
- Qui veut des bonbons ?
- MOIIIIIII ! S'exclama aussitôt Typhanie, qui n'attendait que ça.
Plus modérées, les autres demoiselles acceptèrent tout de même. La brunette à queue de cheval dévoila alors à ses amies sa belle collection de douceurs :
- Alors alors... Nous avons là des bonbons au Coca, des chocolats, de la guimauve, des flocons [ nda : les flocons sont des noisettes ou autres arachides enrobées de sucre aux parfums différents ( vanille, pistache, fraise, chocolat, café, ...). Et oui, c'est une p*tain de tuerie qui te brise les dents, mais osef car c'est juste trop bon. =w= ], et puis et puis... ah oui ! Du nougat !
À l'entente de ce dernier mot, l'expression de Chloé changea du tout au tout.
- Du nougat ? Répéta-t-elle, étonnée. Où est-ce que tu as trouvé du nougat ?
- Ben à la confiserie, quelle question ! Répondit Victoria en penchant la tête.
Un nuage noir vint déverser sa pluie sur le crâne de notre binoclarde, provoquant la surprise générale.
- Euh..., entama Florine. Quelqu'un peut m'expliquer ce qui se passe ?
Personne ne répondit, trop occupé à fixer Chloé. Celle-ci était d'ailleurs en train de psalmodier sombrement :
- Le nougat... J'ai raté le nougat... Honte à moi... Je suis nulle... Du nougat... Pourquoi... tant de... haine... Nougat... Nougat... Nougat...
L'état de la brunette était si étrange que pour le coup, même Break paraissait inquiet.
- Hm... Miss ?
Ladite miss leva vers ses camarades un regard dans lequel on pouvait lire tout le désespoir et la lassitude du monde. Envolée, la carapace de fierté et de supériorité que la demoiselle arborait habituellement ! On avait là affaire à une adolescente absolument banale... quoiqu'un brin désespérée.
Voyant que ses amies et Break attendaient quelques explications, Chloé soupira doucement. Puis, elle expliqua alors avec une toute petite voix, bien différente du ton qu'elle employait habituellement :
- Ben... C'est que j'aime le nougat, moi.
Cette déclaration retentissante fut suivie d'un grand silence. Personne ne s'attendait à ce que la binoclarde ouvre ainsi son cœur au sujet d'une sucrerie. À la limite, au sujet d'un rapace nocturne, pourquoi pas ! Mais de nougat ?!
Le premier à reprendre la parole fut Break, qui paraissait assez amusé.
- Eh bien eh bien, c'est une bonne chose à savoir ~
- Je sais, concéda Chloé en se ratatinant. Résumer sa vie sentimentale à des piafs, de l'écriture et du nougat, ça craint...
L'albinos lui tapota amicalement la tête, compatissant. Victoria, qui paraissait émue que son amie se livre ainsi, lui tendit alors son paquet de gourmandises.
- Vas-y, Chloé-chan, sers-toi !
L'adolescente à lunettes regarda tour à tour la brunette et les confiseries, avant d'en saisir une doucement.
- Merci..., lâcha-t-elle, un peu penaude.
Puis, sans faire plus de cérémonie que cela, la jeune fille mangea le petit morceau de nougat.
Chloé eut alors une véritable lueur d'adoration dans le regard, qui se traduisit également par un petit sourire niais. Et comme pour ajouter du charme à ce tableau, elle rougit elle-même en pensant à quel point elle devait être ridicule.
C'en fut trop pour Victoria, qui explosa littéralement :
- Kyaaaaaaaaa ! C'est trop kawai !
Et cette réflexion n'eut d'autre effet que de provoquer sourires et autres moqueries. Comme quoi, on en apprend tous les jours.
_...~°0°~..._
Il fallut bien toute la route du retour pour que Chloé retrouve un minimum de contenance. Sitôt son nougat fini, elle renfila hélas ses habits de poète maudit, et l'affaire fut pour ainsi dire pliée.
Avant que les adolescents ne quittent le bus, ils furent félicités par leurs professeurs. Ceux-là étaient effectivement très fiers qu'aucune catastrophe majeure n'aie eu lieu au cours de la visite, et tenaient vraiment à en faire part à leurs gentils mignons petits élèves.
Le repas, quant à lui, se passa également dans le calme. Les adolescents parlaient joyeusement de leur programme pour cet après-midi, qui s'annonçait pour ainsi dire chargé. On avait ainsi ceux qui partaient en ville faire leurs dernières emplettes, et les autres, prêts à larver à l'auberge.
Puis vint le moment très émouvant des séparations. Nos acheteurs de dernière minute embarquèrent dans le bus, et leurs camarades leur offrirent des adieux en bonne et due forme, mouchoirs en main.
Mais ce que ne savaient pas encore nos personnages, c'est que cette après-midi allait se révéler bien plus sportive et riche en émotions que prévu.
_...~°0°~..._
Chloé fixa la chambre vide avec perplexité. Prise d'un doute, elle alla vérifier le numéro à la porte : 13. Oui, c'était donc bien la chambre de Victoria, Typhanie et Camille. Mais dans ce cas, pourquoi cette dernière ne se trouvait-elle pas là ?
En effet, Chloé avait rendez-vous avec Camille à 15 heures afin que les deux amies s'entraident à faire leurs paquets cadeaux. Or, il était désormais 15 heures et quart, et il n'y avait aucun signe de la passionnée de reptiles à l'horizon.
Chloé soupira. Elle savait que sa camarade était d'ordinaire toujours à l'heure, ou qu'elle s'arrangeait à défaut pour prévenir si jamais elle devait avoir du retard. Conclusion : il avait dû se passer quelque chose.
La brunette remonta ses lunettes sur son nez, le temps de prendre une décision. Si ça se trouvait, Camille était en ce moment même en train de se faire martyriser par je-ne-sais-quel élève peu scrupuleux, et elle avait besoin d'aide. Pour sûr, il était hors de question de la laisser se faire maltraiter par qui que ce soit !
Chloé rebroussa donc chemin, après avoir prit soin de bien refermer la porte de la chambre de ses amies. Ne sachant pas vraiment où aller pour trouver Camille et ses agresseurs potentiels, elle prit donc la direction de l'une des salles communes de l'auberge.
« Voyons voir... » pensa-t-elle tandis qu'elle errait à travers les couloirs. « Flo, Typh et Vic sont en ville... Cheshire aussi, ainsi qu'Alice, Echo... Gil ? ... Non, je crois qu'il n'est pas monté dans le bus... Mais... Gil n'irait pas faire de mal à Camille, quoi qu'il en soit... »
Pendant un instant, Chloé s'amusa à imaginer un Gilbert sadique tenant entre ses griffes une pauvre Camille sans défense. Assez vite, malheureusement, cette image dériva sur un plan beaucoup moins sage...
- La peste soient les idées perverses de Typh..., grommela la demoiselle en chassant toutes ces pensées de son esprit.
Enfin arrivée aux environs de la salle qui l'intéressait, Chloé ralentit l'allure. Elle allait se contenter de passer devant l'entrée en jetant un coup d'œil, pour agir uniquement si nécessaire et ne pas perdre de temps.
Sa contemplation de la pièce ne la perturba pas plus que ça. Il y avait là un canapé, quatre fauteuils moelleux à souhait, Break assit sur l'un d'eux avec du nécessaire de couture, un grand feu qui ronflait paisiblement dans la cheminée, une belle table,... Bref, rien de particulièrement choqu-... WHAT ?! Break en train de coudre ?!
Chloé revint sur ses pas et se frotta les yeux. Mais rien à faire. L'albinos était bel et bien avec une aiguille, en train de travailler sur son fameux haut-de-forme. Voyant la demoiselle, il prit même la peine de la saluer joyeusement.
- On fait une petite promenade, miss ?
- Xerxes..., entama la brunette en prenant beaucoup sur elle pour ne pas s'énerver. Explique-moi... qu'est-ce que tu fous ?
Le jeune homme haussa un sourcil face à tant d'agressivité. Afin de prouver son innocence, il lâcha son chapeau pour désigner une boite pleine d'aiguilles et de fils bariolés.
- Je ne fais rien de mal..., se défendit-il.
- Pour une fois, compléta Chloé avec un air suspicieux.
- ... pour une fois..., concéda Break avec un petit sourire en coin. Mais tiens, miss, puisque tu es là, tu vas pouvoir me donner un coup de main...
- Je ne sais pas coudre.
- Pourquoi est-ce que ça ne me surprend pas ?
La brunette répondit au sourire insolent du chapelier par une fusillade oculaire assez magistrale. Malheureusement, cela n'eut absolument pas d'effet.
- J'aimerais que tu regardes ça, fit Break en tendant quelque chose à Chloé.
Curieuse, l'adolescente se saisit des objets, qui se révélèrent être des cartes. Cinq quartes à jouer : un dix et un roi de pique, ainsi qu'un valet, une reine et un as de cœur.
- ... Celles que tu as récupérées au casino ? Questionna l'écrivaine en herbe en s'asseyant sur le fauteuil à côté de celui de Break.
- Celles-là même ! Approuva-t-il joyeusement.
Chloé fit défiler les cartes, gardant le silence un moment. Constatant que l'albinos restait immobile, elle finit par redresser la tête.
Break la fixait avec une insistance assez dérangeante. Il avait un léger sourire sur les lèvres, mais restait pour autant parfaitement stoïque. Interdite, Chloé soutint le regard. Le chapelier rapprocha alors doucement la tête, regardant la binoclarde dans les yeux sans sourciller.
Les deux jeunes n'étaient qu'à une quinzaine de centimètres l'un de l'autre et se jaugeaient des yeux. L'écrivaine en devenir commençait à sérieusement se demander si cette confrontation avait un but particulier. Parce qu'en tous les cas, elle devenait sérieusement mal à l'aise.
- Xerxes..., entama Chloé, qui s'apprêtait à demander ce qui pouvait trotter dans la tête de son camarade.
Ce dernier la coupa en posant son index sur sa bouche. Ça commençait franchement à craindre, là ! Help ?
- Réponds-moi franchement, fit alors Break avec un sérieux assez étonnant.
La brunette n'aimait pas le ton et le sourire de l'albinos. Extrêmement sur ses gardes, elle se força à écouter sa question sans se lever et prendre la fuite.
- ... lesquelles te semblent le mieux ? Finit par demander le valet en pointant les cartes. J'en ai besoin de deux pour... améliorer ceci.
Tandis qu'il parlait, le jeune homme recula et se saisit de son haut-de-forme. Chloé en profita pour s'écarter, soupirant discrètement par la même occasion. Pendant un instant, elle avait sacrément eut la trouille.
- Hrm..., toussota-t-elle. Je dirais... L'as et le valet.
- Oho ?
- Oui, continua la demoiselle. J'ai hésité entre le valet et la reine, puis me suis dit qu'au vu de ta condition...
Break hocha la tête en souriant franchement. Puis, alors qu'il se saisissait desdites cartes ainsi que d'une aiguille et d'un fil, le chapelier commenta :
- J'hésitais aussi... Mais je me remets à ton jugement, miss ! Je te remercie pour ta gracieuse aide !
- Tu as une dette envers moi, nota machinalement Chloé.
Break éclata de rire tout en commençant à coudre. La binoclarde, elle, se cala un peu plus confortablement sur son fauteuil. Pendant de longues minutes, elle suivit d'un œil distrait les travaux de l'albinos, qui cousait méthodiquement ses cartes sur le côté du ruban de son chapeau où ne se trouvaient pas les roses séchées.
- Où est-ce que tu as appris à faire ça ? Demanda finalement la lycéenne, assez curieuse quant à ce fait.
L'étudiant marqua un temps d'arrêt, testant la solidité de ses points.
- C'était il y a longtemps..., éluda-t-il mystérieusement. Je ne m'en souviens pas vraiment...
La phrase sonnait bizarre de la bouche de Break. Chose encore plus surprenante, il avait eu un moment d'hésitation.
Considérant que cela n'avait pas d'importance, Chloé ne chercha pas à en savoir plus. Elle laissa donc tranquillement l'albinos finir son travail. Cinq minutes plus tard, donc, le domestique s'exclama joyeusement :
- Ça y est ! Fini !
Histoire d'avoir un avis, il tendit son œuvre à sa camarade. Celle-ci s'en saisit, et examina longuement le chapeau. Elle avait beau l'avoir acheté, elle était encore sidérée par la beauté de ce haut-de-forme. Pour un peu, elle le déroberait à son propriétaire !
Mais bon, un cadeau restant un cadeau, elle se contenta de déclarer avec entrain :
- C'est vraiment du beau boulot, Xerxes !
Pas peu fier, l'albinos tendit la main pour récupérer son bien. Sauf qu'au lieu de le lui rendre, Chloé lui fit un petit sourire. Lentement, elle se rapprocha alors du jeune homme jusqu'à ce qu'ils soient séparés par une poignée de centimètres, comme un peu plus tôt.
Avec un air de défi, Break s'avança lui aussi. Son nez frôlait désormais celui de la brunette, au point que celle-ci pencha légèrement la tête.
Chloé était satisfaite. Ils étaient désormais suffisamment proches pour qu'elle...
_...~°0°~..._
Florine, Typhanie et Victoria étaient en train de tranquillement errer dans les rues animées de Gérardmer. Elles avaient chacune dans les bras une myriade de sachets colorés, où reposaient leurs emplettes. Elles étaient désormais parées pour le Noël du surlendemain !
- Vous voulez faire quelque chose en particulier ? Demanda Florine à ses deux amies après un rapide coup d'œil à sa montre. Il est presque quatre heures, et le bus ne vient nous récupérer que dans deux heures !
- Moi, je suis d'avis qu'on pose nos fesses dans un coin au chaud et qu'on attende que ça se passe, proposa Typhanie.
- Ben moi, je vous suis ! Annonça joyeusement sa meilleure amie à queue de cheval.
- C'est pas une réponse, Vic ! Rétorqua aussitôt Typhanie. Il serait temps que tu prennes des initiatives, un peu !
- Maieuh ! Se défendit la brunette. Je veux juste dire par là que tout me convient ! En plus, je commence à avoir un peu froid...
- Tu m'étonnes, t'as vu comment tu t'es fringuée ? Fit Typhanie en levant les yeux au ciel.
Florine, elle, était assez d'accord avec l'autre blondinette.
- Tu n'as pas mis ton écharpe ? Remarqua-t-elle d'ailleurs avec étonnement.
Gros silence.
En une fraction de secondes, Victoria venait de perdre le peu de couleurs qu'elle avait déjà en temps normal.
- Oh p*tain, jura-t-elle tout en ouvrant grand les yeux.
Ses amies la regardèrent de travers. Elles avaient bien peur de comprendre...
Comme vous pouvez vous en douter, d'un coup, ce fut la panique à bord. Victoria se prit la tête entre les mains, et se secoua dans tous les sens en hurlant :
- Bordel, j'ai perdu l'écharpe de Cheshire !
Tout autour du trio, des passants dévisageaient le spectacle avec étonnement. La jeune fille s'était désormais mise à faire une étrange chorégraphie, criant son désespoir en toutes les langues qu'elle connaissait.
- Hey, du calme ! S'exclama Typhanie, qui commençait à avoir sérieusement honte pour sa camarade.
- Comment tu veux que je me calme ?! Sanglota celle-ci. J'ai perdu mon bien le plus précieux !
- Qui te dit que tu l'as perdue ? Glissa judicieusement Florine. Tu l'as peut-être simplement oubliée à l'auberge ?
Victoria regardait ses amies avec un air paniqué. D'un côté, cette option lui paraissait assez logique. Elle se connaissait, et savait en l'occurrence très bien qu'elle était parfois tête en l'air. Mais justement ! Qui lui disait qu'elle n'avait pas égaré son écharpe dans l'un des magasins qu'elle venait d'arpenter avec Florine et Typhanie ?
- Bon, c'est décidé, je fais demi-tour ! Déclara donc finalement la fan de lapins crétins.
- Ouais bah ce sera sans moi ! Grogna Typh, qui avait franchement la flemme de se taper tout le chemin inverse.
- Okay ! Répondit Victoria, pas plus choquée que ça de se faire lâcher par sa camarade de toujours.
Ni une, ni deux ! la brunette déposa tous ses sachets dans les bras de Typhanie. Cette dernière poussa une exclamation de surprise face au poids que cela représentait, si bien que Florine dut venir lui filer un coup de main pour tout porter.
Victoria, elle, ne perdit pas plus de temps.
- Bon, j'y vais ! S'écria-t-elle. On se retrouve plus tard !
Et sans attendre la moindre réponse de la part des deux autres, notre artiste disparut à travers la foule.
Florine et Typhanie se regardèrent un moment, médusées. La scène s'était déroulée si vite qu'elles n'avaient pas eu le temps d'en placer une.
- Euh..., Hésita Florine. C'est moi, ou Victo ne nous a même pas donné de lieu de rendez-vous ?
Typhanie haussa les épaules, agacée par cette charge supplémentaire que venait de lui léguer sa meilleure amie.
- Bah, tant pis ! Lâcha-t-elle sans état d'âme. Au pire des cas, on la retrouvera bien au bus ! En attendant, je sais pas toi, mais moi j'ai faim...
_...~°0°~..._
Chloé était satisfaite. Break et elle étaient désormais suffisamment proches pour qu'elle...
... dépose le haut-de-forme de l'albinos sur la tête de celui-ci.
- Et voilà ! S'exclama-t-elle joyeusement. Comme ça, c'est parfait, chapelier !
Le jeune valet en était tout retourné. Il s'attendait à n'importe quoi sauf à ça. Et il se retrouvait donc là, affalé bêtement sur son fauteuil, avec son chapeau de travers et un air littéralement paumé.
Face à ce tableau ma foi assez... touchant ( ? ), Chloé éclata de rire tout en se relevant.
- Bon, c'est pas tout, mais j'ai d'autres choses à faire ! Annonça-t-elle comme si rien ne s'était passé.
Constatant que Break la fixait avec des yeux de merlan frit, la jeune fille le dévisagea avec insistance.
- Quoi ? Questionna-t-elle, ne comprenant pas pourquoi l'albinos la regardait ainsi. J'ai une tâche sur le visage ?
Le chapelier cligna niaisement des yeux un instant, avant de secouer la tête comme si il reprenait ses esprits.
- Rien du tout, miss ! Assura-t-il d'un ton plus-convainquant-que-ça-tu-meurs.
Après avoir haussé les épaules, Chloé tourna donc les talons et se dirigea vers la sortie de la salle commune. A mi-chemin, elle se fit cependant héler par son camarade de classe :
- Et pourrais-je connaître la raison qui te pousse à partir comme ça ?
- Oh, ben disons qu'il faut jusque que j'aille sauver Camille de je-ne-sais quelle situation embarrassante...
À la surprise de la jeune fille, Break éclata de rire. Voyant l'air interrogateur de la binoclarde, il lui glissa, amusé :
- Je serais toi, j'éviterais de côtoyer la miss corbeau cet après-midi...
- Ah ? Et pourquoi donc ?
- Eh bien..., entama l'albinos d'un ton badin. Il est fort possible que des personnes mal intentionnées aient l'intention de mener sur elle quelques fâcheuses... expériences ?
Un scénario assez catastrophique défila à toute vitesse dans l'esprit de notre fan de hiboux. Pour couper court à cet instant de doute, elle s'en retourna vers l'albinos et alla redresser son haut-de-forme, qui tanguait dangereusement sur le haut de son crâne.
- Qu'est-ce que vous avez encore prévu de faire subir à cette pauvre Camille..., finit-elle par soupirer en secouant la tête.
Break la regarda silencieusement depuis son fauteuil, avant de sourire malicieusement tout en fouillant dans son nécessaire à couture. En déduisant qu'elle n'avait plus grand-chose à en tirer, Chloé laissa donc là son camarade. Et tandis qu'elle quittait la pièce, elle entendit juste le chapelier lui lancer :
- Au fait, on est quitte, miss ! Je viens de te sauver la mise !
- Que de mauvaise foi..., lâcha alors l'adolescente pour elle-même, levant les yeux au ciel tout en pouffant.
Le lycéen, lui, continua à fixer l'embrasure de la porte jusqu'à être certain que la demoiselle aie disparu. Puis, enfin seul, Break soupira longuement en haussant les sourcils.
Il préférait honnêtement oublier ce qui venait de se passer. Ça valait mieux pour son matricule. En plus... ça avait franchement été un moment trop bizarre pour y accorder le moindre intérêt, n'est-ce pas ?
_...~°0°~..._
Victoria était au bord de la syncope. Elle venait de refaire tous les magasins où elle, Typhanie et Florine étaient allées un peu plus tôt. Elle avait questionné les vendeuses, fouillé les moindres recoins des établissements,... mais toujours aucune trace de l'écharpe de Cheshire.
Notre pauvre brunette était complètement désespérée, alors qu'elle quittait l'endroit où avait reposé son dernier espoir. Elle était désormais seule dans les rues, à grelotter de froid et à se morfondre sur le sort de son précieux châle. En plus, elle venait de se rendre compte qu'elle ne savait absolument pas où retrouver ses amies.
À tout hasard, Victoria emprunta le même trottoir où elle les avait laissé un peu plus tôt. Mais arrivée à destination, elle dut bien se rendre à l'évidence : elle était bel et bien livrée à elle-même.
Durant un moment, l'adolescente songea sérieusement à s'asseoir dans un coin et se laisser mourir de froid. Néanmoins, une petite lueur continuait à brûler tout au fond de son cœur, la dissuadant de s'abandonner à un sort aussi fatal. Il fallait qu'elle se ressaisisse !
C'est donc avec un maigre sourire de résignation que la lycéenne décida de se trouver un café où elle pourrait tranquillement attendre l'heure de rentrer. Si ça se trouvait, elle allait finir par croiser l'un ou l'une de ses camarades, avec lequel / laquelle elle allait ensuite pouvoir squatter ?
Victoria avait bien fait d'aller de l'avant. En effet, ses espoirs furent récompensés de la meilleure manière qui soit.
Et ce don de la providence se présenta par lui-même, et sous la forme d'un être humain qui percuta notre protagoniste féminine.
- Oh, excusez-moi ! S'exclama cette dernière en se retournant prestement. J'étais dans la lune, c'est pour ça que je ne faisais pas attention à où j'a-
- Ce n'est pas un problème, Victo-chan ! Coupa la voix joyeuse d'un tout aussi joyeux adolescent.
La brunette faillit s'étouffer en reconnaissant la personne en question.
- C-Cheshire ?! S'étrangla-t-elle.
Le jeune homme ferma les yeux et lui fit un grand sourire, l'air de dire « Coucou c'est moi ! ~ ». Le cœur de Victoria, lui, manqua un battement. Ça faisait certainement trop d'émotions d'un coup...
La lycéenne regardait son camarade avec un mélange d'euphorie et de désespoir. Elle était tellement contente de le voir ! Mais en même temps... elle avait perdu le cadeau qu'il lui avait offert à son anniversaire, quoi !
Et ce mélange de sentiments contradictoires créa un semblant de court-circuit dans le cerveau de Victoria. Complètement à côté de la plaque, celle-ci déconnecta de la réalité pendant une poignée de secondes.
Lorsqu'elle reprit ses esprits, la jeune fille était blottie dans les bras de Cheshire. Du peu qu'elle comprenait, elle s'était instinctivement jetée sur lui pour chercher du réconfort.
Le garçon, lui, la serrait de bon cœur.
- Quelque chose ne va pas ? Demanda-t-il, un peu inquiet quant à la bonne humeur de sa camarade.
Celle-ci hésita un moment. Devait-elle lui annoncer la terrible nouvelle, ou feindre et dire que tout allait bien ?
- Hrm..., toussota-t-elle. Eh bien...
Finalement, Victoria craqua.
- Ça ne va pas du tout ! Lâcha-t-elle dans un cri plaintif. J'ai perdu l'écharpe que tu m'avais offerte !
Prête à recevoir les foudres de la colère divine, l'adolescente ferma les yeux et sanglota. Pourtant, rien ne vint. Au contraire, même : la brunette à queue de cheval sentait que Cheshire était secoué par un petit rire.
- Tu n'as pas besoin de t'inquiéter, dans ce cas ! Assura-t-il alors qu'il lui caressait les cheveux.
- Hm ? S'enquit la jeune fille en relevant la tête.
Lorsqu'elle croisa le regard de Cheshire, Victoria rougit violemment. Elle venait seulement de se rendre compte de sa proximité avec l'adolescent. Cependant... bah disons qu'elle n'allait pas vraiment s'en plaindre, hein ?
- Lorsque tu as quitté l'auberge, commença le garçon, j'ai vu que tu n'avais pas ton écharpe. Elle doit certainement être restée là-bas !
Victoria soupira de soulagement. Elle était tellement heureuse que ses jambes ne la portèrent plus pendant un instant, obligeant le garçon à la serrer encore plus fort.
« Nyaaaaaa... » pensa la jeune fille, revenue à son état mental habituel. « Mon Cheshouneeeeet rien qu'à moi... »
D'un commun accord, les deux adolescents décidèrent de rester ensembles jusqu'au retour du bus (n'en déplaise à Vic, bien sûr !). Ils commencèrent donc à errer sans but dans les rues enneigées de Gérardmer, parlant de tout, de rien, de la connerie du professeur Jack, de l'épi de Rufus Barma, et j'en passe et des meilleurs...
Hélas, la réalité revint bien vite au galop pour notre petite Victoria. Elle avait beau se sentir grandement soulagée à l'idée que son écharpe ne soit pas perdue, elle commençait quand-même à avoir vachement froid.
Ce fut lorsqu'elle éternua pour la cinquième fois consécutive que Cheshire prit une mine soucieuse.
- Nya, quelque chose ne va pas, Victo-chan ?
- J-J'me les g-gè-gèle..., bafouilla-t-elle, penaude.
Le jeune homme l'arrêta alors, et commença à lui frictionner énergiquement les bras. Puis, voyant l'état de la demoiselle, il eut un petit sourire désolé.
- Excuse-moi, fit-il, j'aurais dû y penser plus tôt...
Cheshire ôta alors son écharpe, et la tendit à sa camarade. Celle-ci resta interdite un long moment, fixant ledit foulard avec une lueur d'adoration dans le regard. Pour un peu, on aurait dit un fanatique religieux envers une sacro-sainte relique.
- Je ne peux pas accepter ! Finit-elle par dire, émerveillée. Sinon, c'est toi qui va avoir froid...
L'étudiant ferma les yeux et sourit dans un miaulement amusé.
- Bah ! S'exclama-t-il joyeusement. Quand on y réfléchit bien, il y a suffisamment de place dans cette écharpe pour nous deux !
Ni une, ni deux ! Cheshire enroula son châle autour du cou de Victoria, puis du sien. Et comme le foulard avait beau être long, il n'en restait néanmoins pas extensible à l'infini, cela obligea les deux adolescents à cheminer serrés l'un contre l'autre. Pour plus de confort, Cheshire passa sa main autour de la taille de la jeune fille (non sans lui en avoir demandé l'autorisation), et celle-ci se permit de poser sa tête sur son épaule.
Tous les passants qui croisèrent le duo eurent alors exactement la même réaction : un petit sourire attendri. Car oui, qu'on se mette d'accord : blottis ainsi l'un contre l'autre, Cheshire et Victoria étaient juste... terriblement mignons.
Afin de faire passer le temps un peu plus vite et histoire de se protéger tout de même un peu mieux contre le froid, les deux amis finirent par entrer dans un café. Ils mirent au moins deux minutes à enlever leur longue écharpe et, en grands gamins qu'ils étaient, choisirent tous les deux de prendre un bon gros chocolat chaud. Et lorsque celui-ci arriva, on pouvait officiellement considérer Victoria comme étant la personne la plus heureuse du monde.
- Tu as vu ça ? S'exclama-t-elle, les yeux brillants. Ils ont mis des marshmallows et de la crème chantilly !
- Nya nya nya, ça a l'air délicieux ! Commenta joyeusement le garçon en se pourléchant les babines.
Victoria riva son regard dans celui de Cheshire, qui lui offrit un grand sourire. La jeune fille se sentait vraiment comme dans un écrin de douceur, là, assise dans ce fauteuil moelleux et en compagnie de l'un de ses meilleurs amis.
Car oui, elle avait fini par le considérer comme tel. Après tant de péripéties avec elle, de ronrons et de blagues diverses, Cheshire avait réussi à devenir l'une de ces personnes qui font chaque jour un peu plus le bonheur de notre petite Victoria. Elle ne pouvait pas s'empêcher de sourire bêtement quand il parlait avec elle, de se marrer à chaque fois qu'il riait, même sans raison, de ... bref, elle en était arrivée à cette conclusion, toute seule, comme une grande : elle l'aimait.
Pas d'un amour bref et incohérent comme elle pouvait en ressentir parfois pour un personnage de manga, non ! Mais d'un amour tendre et véritable, simple et compliqué à la fois et, quoi qu'il en soit, sincère et débordant.
Toujours yeux dans les yeux avec Cheshire, Victoria sentit le rouge lui monter un peu aux joues. Non seulement le jeune homme était gentil, mais en plus il était juste super mignon. Comment résister ?
Au prix d'un grand effort de prise sur elle-même, la brunette à queue de cheval finit par faire ce qu'elle rêvait de faire : elle alla déposer un petit baiser sur la joue de son camarade.
Puis, ragaillardie, elle alla même lui murmurer d'une toute petite voix :
- Merci d'être resté avec moi, Cheshounet...
Argh, non ! Elle avait utilisé devant lui ce surnom qu'elle usait habituellement en présence de ses amies !
Se rendant compte de sa bourde, Victoria perdit toute prestance et rougit violemment en se reculant.
- Euh, n-non ! Balbutia-t-elle. Je v-voulais pas dire ça !
Cependant, cela ne sembla pas choquer Cheshire. Au contraire, il rit doucement, et frotta vigoureusement le haut de la tête de la jeune fille.
- Ça ne fait rien, Victo-chan ! Assura-t-il en souriant. Ça me va très bien, comme surnom !
Et, comme pour appuyer ses paroles, le jeune homme attira la lycéenne contre lui pour lui faire un gros câlin.
Victoria se sentait tellement bien que ça commençait même à lui faire mal. Son petit cœur paraissait étouffer sous le coup de tant d'émotion, si bien que l'étudiante dut ravaler des larmes de joie afin de ne pas paraître trop pitoyable.
Histoire de se changer les idées, la brunette s'en retourna à son chocolat chaud. Mais là, elle eut exactement le même problème qu'avec son Cheshounet : c'était tellement délicieux qu'un cœur humain normalement constitué ne pouvait pas supporter tant de perfection.
C'est ainsi que le serveur de ce petit café de Gérardmer eut affaire à la scène la plus étonnante et la plus mignonne de sa vie. Il avait face à lui une jeune fille à queue de cheval qui, semblait-il, pleurait de joie. Paradoxalement, elle était aussi en train de rire face à un garçon à la coiffure évoquant des oreilles de chat qui avait réussi à se faire involontairement une moustache de chantilly à cause de son chocolat chaud.
Et c'est généralement dans ce genre de moment que l'auteur trouve le moyen de vous caser une phrase niaise et optimiste sur ce merveilleux sentiment qu'est l'amour. Malheureusement, l'auteur n'ayant aucune idée de ce qu'elle pourrait placer de mignon et mièvre pour conclure cette partie, je vous invite cordialement à poursuivre votre lecture.
_...~°0°~..._
Camille courait à en perdre haleine dans les couloirs de l'auberge. Nostalgique du cross ? Pas du tout. Si vous voulez tout savoir, l'adolescente était juste en train de courir pour sa survie. Car oui, une fois de plus dans sa vie, Camille avait des ennuis.
Si nous nous intéressons à ce qui se passait quelques dizaines de mètres derrière la jeune fille, nous pouvons ainsi constater que celle-ci semblait avoir quelques poursuivants. Il y avait ainsi Vincent, pour le coup particulièrement fringuant, suivi de près par le jeune Oz qui riait en appelant Camille. À quelques foulées des deux garçons se trouvait également Sharon, qui tenait dans les bras ce qui ressemblait fortement à du tissu rouge et blanc.
Mais ne perdons pas plus de temps à observer ces gens là, et retournons auprès de notre proie préférée. Camille courait donc aussi vite que ses jambes le lui permettaient, réfléchissant à toute allure. Elle avait derrière elle trois personnes qui lui voulaient tout sauf du bien, et elle se doutait fortement qu'ils allaient finir par se séparer pour la retrouver plus facilement. Aussi, si la fuite paraissait une bonne option au début, il allait falloir changer de tactique, et vite.
Lorsqu'elle atteignit un carrefour, Camille fit un magnifique dérapage contrôlé et s'engouffra dans un couloir au hasard. Sa décision était prise : il lui fallait une cachette, ou au moins un endroit où elle serait temporairement protégée par une âme charitable.
- Camille ! Cria Oz, qui avait l'air de ne plus être très loin. Reviens !
- On te promet qu'on ne te veut aucun mal ! Assura Vincent d'un ton pas très rassurant.
Ajoutez à cela le rire de Sharon, et voilà notre pauvre Camille complètement paniquée. Elle allait y rester, c'était sûr !
... Non ! Attendez ! Il restait une lueur d'espoir !
« Une porte ! » s'exclama la jeune fille en pensées. « Une porte ouverte ! »
Il ne fallut que quelques foulées à notre adolescente pour qu'elle se précipite à l'intérieur de cette pièce, qui apparaissait là comme un sauveur inespéré.
Une fois la porte refermée derrière elle, Camille cessa de respirer et plaqua son oreille contre le bois, alerte. Elle entendit alors des bruits de course, ainsi que de faibles rumeurs.
- Tu penses qu'elle est partie par là ?
Ah, c'était la voix de Oz, non ?
- J'en sais rien, avoua Vincent. Il y a trop de couloirs ici !
- Et si Cami-chan avait rejoint sa chambre ? Hasarda Sharon. On pourrait aller y faire un tour, elle est un étage en-dessous !
Cette proposition provoqua une vague d'enthousiasme du côté des garçons, qui semblèrent ensuite reprendre leur course.
C'est seulement lorsqu'elle fut sûre d'être seule que Camille s'autorisa enfin à respirer. Dans un long et profond soupir, la jeune fille se laissa glisser le long de la porte et atteignit le sol dans un « Pfiou ! » de soulagement. Haletante, elle conserva les yeux fermés le temps que se calment un peu les battements de son cœur.
Mais alors que la lycéenne pensait tout danger écarté, elle entendit soudain une voix s'adresser à elle :
- Camille ? Ça va ?
Nouveau vent de panique chez notre adolescente. Elle était entrée dans une pièce habitée. Ce qui, après coup, était plus ou moins logique puisque la porte était entrouverte. Mais bref.
Camille ouvrit un œil, déjà inquiète de ce qu'elle allait bien pouvoir avoir en face d'elle. C'est alors qu'un rocher, ou plutôt un pan entier de montagne, lui tomba dans l'estomac.
- G-Gil ?! S'égosilla-t-elle.
En effet, c'était bel et bien le noiraud qui se tenait face à elle, apparemment surpris de voir l'objet de ses fantasmes Camille dans sa chambre. Car oui, c'était là où l'adolescente se trouvait : dans la chambre numéro 20, celle de Vincent, Oz et Gil.
Ce dernier rougit un peu en croisant le regard de la demoiselle, mais se précipita vers elle en voyant le teint maladif qu'elle arborait.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?! S'inquiéta-t-il en s'agenouillant en face d'elle.
Camille se sentait juste terriblement mal. Sa course effrénée l'avait épuisée, elle tremblait de tous ses membres, et commençait en plus à avoir la nausée. De plus, elle commençait à avoir une nouvelle montée de stress en raison de la situation dans laquelle elle se trouvait.
- R-Rien..., bredouilla-t-elle faiblement. Y-Y a juste O-Oz, Sharon et V-Vince qui se sont mis en tête de...
L'étudiante se coupa elle-même tant elle avait le tournis. Gilbert, lui, avait compris l'essentiel.
Le jeune homme soupira en se passant une main dans les cheveux. Il avait beau énormément apprécier Oz, son frère ( oui oui, même si il le trouvait parfois très encombrant ! ) et la petite Rainsworth, il ne pouvait pas nier le fait qu'il trouve cela déloyal qu'ils s'en prennent toujours aux mêmes personnes.
- Désolé, finit par lâcher le noiraud. Je sais qu'ils sont pénibles, mais... ils ne sont pas méchants !
- C'est moi qui suis désolée ! S'exclama Camille, toute pâlotte. Si j'étais capable de me défendre, ils ne s'en seraient pas pris à moi !
- Pardon, s'excusa Gil, mais je pense que je suis dans la même situation que toi...
- Et je suis désolée de m'imposer comme ça ! Ajouta la jeune fille en se redressant maladroitement. Tu devais certainement être en train d'emballer tes cadeaux... Il faut que j'aille faire ça avec Chloé, moi aussi !
Le jeune homme aida sa camarade à se relever, sans pour autant cesser ce qui ressemblait fortement à un concours d'excuses improvisé.
- Ça attendra ! Affirma-t-il. Excuses-moi de me montrer aussi insistant, mais il faut que tu te reposes !
- Non mais je t'assure ! Fit une nouvelle fois Camille, agitant les mains dans une étrange chorégraphie. Je ne veux pas te déranger ! Vraiment pas !
- Je te dis que tu ne me déranges pas ! Assura Gil, qui ne savait plus dans quelle langue parler pour se faire comprendre. Reste !
- N-Non ! Bredouilla la jeune fille, dans un état proche de la panique totale.
Pour appuyer ses dires, la demoiselle détourna le regard et se saisit de la clenche.
Gilbert ne pouvait pas la laisser faire. Il ne voulait pas qu'elle se fasse attraper et martyriser par les autres. Son seul souci, c'est qu'il n'arrivait pas à la convaincre de rester... Aux grands maux les grands remèdes, donc ! Le noiraud agirait par instinct !
C'est pour cette raison qu'il fit la première chose lui passant par la tête, à savoir empoigner fermement le bras de Camille et la retourner pour qu'elle ne s'enfuie pas. Aussitôt, ses yeux dorés croisèrent ceux, doucement bleutés, de la jeune fille.
À ce moment, ce fut comme si quelque chose se brisa en Gil. Il rougit violemment, bégaya comme il le pouvait... Mais incapable de se défaire du regard paniqué de sa camarade.
Le jeune homme se sentait comme le dernier des minables. Il essayait de parler, mais en était juste incapable. Il fit donc cette chose que sa conscience lui criait depuis des semaines déjà : il se pencha, et embrassa Camille.
_...~°0°~..._
- VICTORIAAAAAAAAAAAA !
Ce cri du cœur qui creva les tympans de toute personne présente dans un rayon de dix mètres provenait bien entendu de notre Typhanie nationale. Aussitôt son appel fini, la blondinette se jeta avec bonheur sur sa meilleure amie, qui l'accueillit dans un grand « Ouiiiiiiiiiiiii ! » débordant d'amour et de joie.
Il était 6 heures, moment où le bus venait chercher les adolescents ayant été faire leurs courses de dernière minute.
- Tu m'as tellement manqué ! Fit Victoria en enlaçant Typhanie.
Celle-ci eut un mouvement de recul, et lâcha un « Pfeuh ! » dédaigneux - pour changer.
- Pendant que je me faisais un sang d'encre pour toi, commença la blondinette, toi, tu m'as trompée !
- Trompé ? Répéta Florine, qui suivait la scène d'un peu plus loin.
- Trompé ? Fit également Victoria en penchant la tête. Pourquoi est-ce que je t'aurais trompé ?
- Ben avec Cheshire, voyons ! Râla Typhanie, croisant les bras sur sa poitrine. Me faire ça, à moi ! ... Tu me dégoûte !
Et la blondinette monta fièrement dans le bus.
Laissée seule face au fait accompli, Victoria tendit la main vers l'entrée du bus où venait de disparaître son amie. Florine, elle, clignait simplement des yeux. Elle ne comprenait pas, mais alors pas du tout ce qui se passait. Et pourtant, c'était pas faute d'avoir déjà essayé de saisir leurs délires, à elles.
Mais alors que l'adolescente allait proposer un peu de réconfort à son amie à queue de cheval, celle-ci redressa la tête.
- Je sais ! S'exclama Victoria. Je vais lui faire un dessin pour reconquérir son cœur !
Et, sans laisser le temps à qui que ce soit de l'arrêter, la brunette s'engouffra dans le bus en hurlant :
- Attends-moi, Typhanie ! Je vais te dessiner quelque chose de vraiment awesome pour être à nouveau digne de ton amour !
Définitivement larguée, Florine lâcha un « Euh... Quoi ? », signe, vous vous en douterez, d'incompréhension totale. Fort heureusement pour elle, elle n'était pas la seule à avoir le sentiment que son cerveau était à la dérive.
- Nya, tu sais ce qui leur a prit ? Questionna Cheshire en dévisageant la blondinette.
Celle-ci regarda le jeune homme qui, loin d'avoir l'air jaloux, paraissait surtout très curieux au sujet de cette affaire. Finalement aussi perdue que lui, Florine finit juste par lui dire, tout en haussant les épaules :
- Je n'en ai aucune idée. Mais en fait... est-ce que y'a vraiment la moindre once de logique là-dessous ?
_...~°0°~..._
Un léger soupir échappa à notre petite Camille. Celle-ci errait une nouvelle fois à travers les couloirs de l'auberge de jeunesse, mais n'avait cette fois-ci pas d'objectif précis en tête. Ou si : elle devait retrouver Chloé. Mais en avait-elle vraiment envie ? En fait, la seule chose que voulait la jeune fille, c'était rêvasser tranquillement.
Hélas pour elle, on ne lui en laissa pas vraiment le temps.
- Regardez ! S'écria Vincent à l'angle d'un couloir. Elle est là !
Camille tourna mollement la tête vers ses assaillants, qui se précipitaient vers elle en courant. Bien sûr, elle aurait pu fuir une fois de plus. Mais, là encore, en avait-elle vraiment envie ? ... Bon, bah apparemment non.
Une nouvelle fois, la jeune fille soupira. À cela vint s'ajouter un petit sourire niais, ainsi qu'un doux air rêveur. Ce comportement étrange ne stoppa néanmoins pas Vincent, Oz et Sharon qui, bien partis sur leur lancée, se jetèrent sur la petite Camille.
Celle-ci encaissa le choc, et se laissa plaquer au sol sans offrir la moindre résistance. Elle ne tenta pas non-plus de se débattre lorsque ses camarades l'évacuèrent en grande pompe vers une salle vide, afin de lui faire subir ce qui ressemblait à l'humiliation de l'année. Honnêtement ? Camille s'en fichait.
En même temps... est-ce que ça vaut vraiment la peine de faire quoi que ce soit lorsque l'on est amoureux ?
- Partie II : Joyeux Noël ! -
Les retrouvailles entre les deux groupes d'élèves furent comme les séparations : bourrées d'émotions. Durant le trajet qui les ramenaient à l'auberge, Typhanie et Victoria étaient redevenues les meilleures amies du monde, et Cheshire et Florine en étaient quittes pour un moment de grande solitude intellectuelle. Chloé, quant à elle, avait fini par retrouver une Camille dans un état très bizarre, et avait alors commencé à engueuler copieusement les responsables de l'agression qui avait eu lieu un peu plus tôt.
Le repas du soir, lui, se passa dans la joie et la bonne humeur. Une nouvelle fois, les filles, Jack et Break furent obligés d'accomplir une tâche ménagère, en l'occurrence laver la vaisselle. Mais les jeunes prirent leur travail à cœur : ils savaient en effet qu'ils seraient exhortés de corvée le lendemain et le surlendemain ( trêve de Noël ! ), puis qu'ils seraient ensuite repartis pour Pandora. Ainsi, il s'agissait là de leur dernière soirée de boulot !
Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, la nuit qui suivit fut calme et reposante. Puisque rien n'était prévu pour la journée, les professeurs laissèrent leurs élèves dormir de tout leur soûl. Ainsi, il était quasiment midi lorsque le gros des troupes se réunit dans la salle à manger.
Mais passons sur le repas et l'après-midi qui suivirent, car il ne se passa pour une fois rien de particulièrement palpitant (laissez nos héros souffler un peu, vous voulez bien ?). Faisons donc un petit bond dans le temps, et intéressons-nous à ce moment que l'on attendait tous avec impatience, à savoir : le soir du réveillon !
- Bon ! Est-ce que vous m'écoutez, toutes ?
- Chef, oui chef !
- ... merci pour le soutien, Vic.
- Pas de quoi !
- Donc... Cette soirée qui nous attend est une soirée à risques ! Oui, vous m'avez bien entendu : à risques !
Tandis qu'elle parlait, Typhanie martelait la table de ses poings. Ses camarades, elles, se contentaient de la fixer avec un intérêt plus ou moins forcé.
- Je disais donc une soirée à risques, reprit la blondinette.
- Bon, tu te magnes ! S'exclama Chloé. Parce que c'est pas tout, mais j'aimerais bien descendre avec les autres...
Typhanie fixa la brunette d'un air supérieur.
- Parfait. Si tu veux courir le risque de te faire embrasser par un inconnu, je t'en prie, vas-y ! Mais je ne te sauverai pas des branches de gui !
La binoclarde releva les lunettes, silencieuse. Il s'agissait là d'un cas de force majeur, en effet...
- Avec en guise de seule aide ma formidable supériorité, poursuivit Typhanie, j'ai dressé un rapide plan des endroits où a été accroché du gui. Car vous n'êtes pas sans savoir que la tradition veut que l'on s'embrasse sous du gui, en période de Noël.
Ses amies hochèrent la tête, consciente du danger. Toutes, sauf une.
- Bon, Camille, tu m'écoutes ?! S'exclama la passionnée de loups à sa camarade, qui avait un regard absolument vitreux.
Ladite Camille lâcha tout juste un « Mhmh » désintéressé, les yeux dans le vague. Pour tout dire, elle s'en foutait complètement. De ce que Typh pouvait lui dire, des branches de gui, et de la dinde de Noël. Elle était obnubilée par une seule image. Et elle avait beau essayer de se raccrocher au vrai monde, elle n'y arrivait pas.
Constatant que leur amie avait totalement déconnecté, les quatre autres filles se concertèrent d'un regard. Personne ne comprenait ce qui avait pu se passer pour avoir face à soi une larve, et non pas une Camille. Décidées à faire se changer les idées à la fan de reptiles, ses camarades plièrent cette réunion de crise et recopièrent vite fait un plan contenant tous les emplacements de gui. Puis, les demoiselles quittèrent la chambre de Typhanie, Camille et Victoria, pour gagner le salon où se déroulait la soirée de Noël.
Mais sur le chemin, une voix joyeuse se fit entendre :
- Cami-chan ! Tu n'as pas oublié ta promesse, n'est-ce pas ?
Les jeunes filles se tournèrent pour voir Sharon, toute bien habillée, qui trottinait vers elles. Seule Camille restait parfaitement impassible, même lorsque la petite noble la prit par les épaules pour l'entraîner avec elle.
- Ne vous en faites pas, nous arrivons bientôt !
Et les quatre demoiselles restantes fixèrent leur amie se faire enlever sans dire le moindre mot.
- Vous savez quoi ? Entama Florine, regardant le bout du couloir d'un air impassible. Parfois, je m'en veux d'abandonner Camille comme ça à chaque fois.
- Bah, soupira Typhanie en agitant les mains. Pourvu qu'elle et Sharon ne tombent pas sous une branche de gui, sinon c'est mort.
_...~°0°~..._
Une fois arrivé dans le salon, le petit groupe ne put s'empêcher de se sentir fondre face à tant de douceur. Un grand sapin trônait au centre de la pièce, et à son pied, des tonnes de cadeaux bariolés. Tout autour, leur classe presque complète était réunie dans de joyeux bavardages. Sans compter les professeurs, habillés sur leur 31, et qui gardaient férocement le buffet.
- Alors, les filles ? S'exclama Jack en voyant ses victimes préférées. Vous vous êtes faites toutes belles, à ce que je vois ? Je peux venir vous faire un câlin ?
Fort heureusement pour nos demoiselles, Abyss écrasa le pied de son collègue sans plus d'états d'âme. Profitant du fait que le blondin hurlait la mort, elle fit un rapide signe de tête à ses élèves de filer se mêler à la foule. Trop aimable. Décidément, ça se sentait que c'était Noël.
Afin d'échapper plus facilement à une agression de groupe, notre quatuor décida de se séparer le temps de se faire oublier. Aussi, Typhanie et Victoria prirent naturellement la direction d'un attroupement de mecs, dont le sujet de conversation se résumait à deux sujets :
- J'espère que mes cadeaux seront bien...
- Quelqu'un sait quand est-ce qu'on mange ?
- Je trouve ça vraiment chiant, commenta Typhanie en s'insérant dans la conversation qu'entretenaient Vincent, Leo, Elliot et Cheshire. Les profs nous barrent la route vers la bouffe !
- C'est certainement pour attendre que tout le monde soit là, nya ! S'exclama Cheshire en accordant un clin d'œil à Victoria.
Celle-ci se sentit rougir de la tête aux pieds, et bégaya vaguement :
- Y-Y manque q-qui, à p-part Camille ?
À l'entente de ces mots, Vincent prit un air tout à fait outré :
- Gilbert, bien entendu ! Je ne sais pas où il est, il m'avait pourtant promis qu'il me rejoindrait !
Dans une quinte de toux forcée, on put entendre Victoria dire clairement « YAOI INCEST », mais personne ne releva vraiment. La seule chose qui choquait réellement, c'était bel et bien l'absence du noiraud à tête d'algues.
- Le nabot n'est pas là non-plus, souligna Elliot avec mauvaise humeur.
- Ni Alice, ajouta Leo en remontant ses lunettes.
- J'ai comme l'impression que Gil et Camille vont de nouveau en prendre plein la gueule, soupira Typhanie en se prenant la tête entre les mains. Franchement, quels boulets ! Ils pourraient pas finir leurs trucs plus tôt ?! Comme ça, on pourrait manger !
- Je veux retrouver Gil ! Fit à nouveau Vincent dans un couinement... pas très viril, en fait.
- Mais on s'en fout de Gil ! Tempêta Typhanie. Il ne se bouffe pas, aux dernières nouvelles !
- Eh oui ! Renchérit aussitôt Victoria. Ça s'appelle le cannibalisme, mes chers enfants, et c'est désapprouvé dans la plupart des sociétés !
Un concert de longs soupirs accueillit cette réplique. Décidément, bonjour les références...
_...~°0°~..._
À quelques mètres de là, Florine et Chloé se lançaient des regards tout à fait désespérés. En face d'elles, Ada s'était lancée dans un monologue enflammé au sujet de... de quoi, d'ailleurs ?
- ... et vous savez, la sorcellerie était un art particulièrement pratiqué au Moyen-âge ! J'ai donc fait mes recherches dans la bibliothèque de ... blablabla... et je devais ajouter à la préparation des ailes de chauves-souris ! Problème : c'est une espèce protégée ! Alors du coup, j'ai dû me rabattre sur... blablabla... et Leo m'a filé un sacré coup de main ! Même que... blablabla...
- Je vais la tuer, murmura Chloé à l'oreille de Florine.
En signe d'apaisement, la blondinette donna un coup de coude à son amie. Avec un peu de chance, Sharon allait débarquer sous peu pour les tirer de ce piège qui n'en semblait pas un à la base. Quoique... imaginez un peu ce qu'une conversation impliquant la Vessalius et la Rainsworth pourrait donner ?!
Heureusement, le vent était du côté de Florine et Chloé.
- Bonsoir mesdemoiselles ! Lança joyeusement un Liam sauvage, qui errait à travers ses élèves pour bavarder avec eux. Tout va bien ?
- Parfaitement bien, professeur ! Répondit joyeusement Florine.
Chloé, elle, vit plutôt en son enseignant un sauveur potentiel. Aussi se jeta-t-elle littéralement sur lui pour lui déclarer d'un air désespéré :
- Monsieur ! Ça tombe super bien que vous soyez là ! J'avais une question à vous poser, j'arrive pas à trouver la réponse depuis des jours, ça me torture horriiiiiiiiblement !
Le binoclard haussa un sourcil, un peu surpris par les réactions de Chloé. Mais celle-ci ne s'arrêta pas là. En effet, elle se saisit du bras de Florine, et déblatéra à toute vitesse :
- Puis Florine aussi, elle n'en peut plus, regardez-là !
Forte de ses petites expériences théâtrales, la blondinette fit mine d'être complètement retournée :
- Oui, professeur, aidez-nous ! On devait vous poser une question sur... sur...
Oups, bavure. Quelle raison pouvait donc justifier tant d'empressement ? Paniquée, Florine regarda Chloé en coin. Celle-ci comprenant qu'il en allait de leur survie, elle attrapa sans ménagement Liam par le bras et les traîna, lui et Florine, vers l'autre côté de la salle. Laissant, de ce fait, la pauvre Ada Vessalius seule face à elle-même. M'enfin, « pauvre »... vu qu'elle était en train de parler toute seule, ça n'avait pas l'air de lui faire un gros choc.
_...~°0°~..._
Camille poussa un petit soupir en voyant tout ce monde qui s'étalait face à elle. Sharon s'agrippant à son bras, notre fan de reptiles se savait impuissante. Elle allait donc devoir faire l'animation, à son grand dam.
Avec un air aussi blasé qu'une Echo en grande forme, notre petite Camille laissa les gens qui l'avaient vu s'extasier face à elle.
- Oooooh ! S'exclama même le professeur Jack. Que tu es mignonne, Camille !
En temps normal, la jeune fille aurait rougi violemment, avant de se confondre en excuses. Mais là, elle n'en avait juste strictement rien à foutre. Elle flottait toujours sur son nuage. Et le monde entier en devenait terriblement ennuyeux.
Pour que vous compreniez mieux pourquoi tout le monde fixait Camille avec tant d'ébahissement, observons un moment sa tenue. Une belle robe rouge à pompons blancs pelucheux, de petits souliers pourpres, puis un joli bonnet tout doux arborant les mêmes couleurs. Oui oui, vous avez bien compris : Sharon avait déguisé notre adolescente en Mère Noël.
Mais ce n'était pas tout, non ! De l'autre côté de la pièce, à la seconde entrée de la salle, se tenait un pauvre noiraud à tête d'algues et aux bois de rennes. Car oui, quand on a aucun scrupule à l'idée de costumer Camille en Mère Noël, on en a pas plus lorsqu'il s'agit de s'occuper de Gilbert.
- Qu'ils sont mignons ! S'amusa Oz en poussant son meilleur ami vers la jeune fille, qui venait de prendre les mêmes teintes rouges que sa robe. Allez vous deux, faites-nous un sourire !
Les regards de Camille et Gil se croisèrent un bref instant, avant de se détourner brusquement. À la surprise générale, les deux adolescents paraissaient s'ignorer royalement.
Nullement troublé, Jack proposa avec la grande joie qui le caractérisait :
- Alors, si on passait au meilleur ?
- LE BUFFET ! S'exclamèrent d'une même voix Typhanie et Alice.
Hélas, Glen cassa net les espoirs des demoiselles :
- Il voulait parler des cadeaux...
Mis à part les deux morfales, les autres trouvaient l'idée plutôt bonne. Vincent s'exclama même en mettant ses mains en porte-voix :
- Je veux que ce soient Gil et Camille qui nous donnent nos cadeaux !
Les deux concernés se tétanisèrent encore plus, devenant tellement raide qu'il fut très dur pour Sharon et Oz de les faire s'asseoir sur des chaises mises sous le sapin.
- Allez, tous en file indienne ! Chantonna joyeusement Jack, taxant par la même occasion la première place de ladite file.
Il ne fallut pas tellement de temps pour distribuer les paquets à tout le monde. La seule grosse galère fut rencontrée lorsque tous les garçon tentèrent de faire des bisous à Camille, mais son service de sécurité (alias Glen Baskerville) réussit à intervenir avant que la situation ne dégénère réellement.
Une fois tout le monde avec ses cadeaux dans les bras, ce fut une nouvelle fois Jack qui donna le top départ pour les ouvrir. Approchons-nous donc de notre groupe d'ados préférées pour regarder un peu la situation :
- Ooooh, Camille ! S'exclama Victoria en regardant sa camarade. J'adore le haut de ce pyjama ! Il est trop kawai !
La Mère Noël avait effectivement reçu un joli pyjama vert avec un chibi-crocodile qui dormait. Le vêtement était accompagné d'une peluche de reptile avec la gueule ouverte, qui fut immédiatement baptisée Ally l'Alligator.
Victoria, elle, reçut divers T-shirt à l'effigie du Joker de Batman, ainsi qu'une grosse boîte de matériel à dessin pour laquelle s'étaient cotisées ses quatre amies. Ajoutez à cela un porte-clefs vache qui fait « Meuh !» quand on lui appuie dessus, et vous avez des heures d'amusement en perspective.
Florine eut pour sa part un lot de bijoux avec le signe « Peace », puis une sacrée quantité de bouquins avec en prime un poster géant d'un de ses films favoris. Quant à Chloé, ses présents se résumèrent à un coussin-hibou-qui-faisait-la-geule, puis également un gros tas de livres. Puis il y avait ce petit paquet, aussi, grossièrement emballé et dont l'étiquette était seulement signée par un « Joyeux Noël ! ~ » suivi d'un petit cœur.
Quelque peu inquiète, la binoclarde déchira le papier, et eut l'immense surprise de se retrouver un paquet de nougats dans les bras. Haussant un sourcil, la demoiselle regarda autour d'elle, à la recherche d'un contact visuel avec quelqu'un. Comme par hasard, elle tomba presque aussitôt sur un jeune homme aux cheveux blancs, qui tenait un magnifique pull violet tricoté main et qui lui souriait d'un air amusé. Face à l'air interrogateur de Chloé, Break se contenta de lui faire un clin d'œil et de partir rejoindre Sharon.
Ce fut alors Typhanie qui arriva dans le champs de vision de la binoclarde, arborant fièrement un nouveau sweat-shirt sur lequel était écris en grosses lettres capitales « JE SUIS SM » suivies d'un astérisque. Soudainement souriante, la brunette demanda à sa meilleure ennemie :
- Alors, il te plait ?
- Ouais, j'adore ! Confirma la blondinette en riant. Surtout le dos !
Elle se retourna, dévoilant ainsi la signification de ce fameux « SM », à savoir « SUPRA MACHIAVELIC ».
Sinon, partout dans la salle, on pouvait entendre des exclamations joyeuses. Tout le monde semblait être content avec ce qu'il avait reçu. Tout le monde, sauf Vincent.
- Un nécessaire de couture ?! S'écria-t-il, outré. Pourquoi ça, Echo ?!
La jeune fille aux cheveux blancs regarda son maître d'un air tout à fait placide, et lui répondit avec un détachement presque effrayant :
- Echo voulait vous responsabiliser, maître Vincent. Echo en avait marre de réparer vos peluches.
Et la petite repartit avec dignité, serrant contre elle un ours Janta édition spéciale Noël (c'est-à-dire qu'il portait un bonnet et qu'il était pendu à une guirlande). Avec une once de désespoir, donc, Vincent porta des regards autour de lui. Mais aucune pitié.
- Bien fait pour lui, grommela Typhanie. De la moumoute de peluche partout, ça devenait chiant.
- Si on t'écoute, soupira Chloé, tout est chiant...
- Je t'ai causé, à toi ?!
- Quand-même, commenta Victoria en s'interposant entre les deux filles avec les yeux brillants de joie. Je trouve tout ça magnifique ! Surtout ce sapin !
- Sapiiiiiiiiiiiiiiin !
Les jeunes tournèrent la tête suffisamment vite pour faire un bond sur le côté, afin d'éviter un professeur Jack dans un état... étrange ?
- Je ne savais pas que tu étais un sapin ! S'exclama le blondin en parlant à... l'arbre ? Pardonne-moi !
Et afin d'implorer le pardon du conifère, l'enseignant se rapprocha de végétal et lui fit un énorme câlin.
Silence de mort dans la salle.
Dix secondes plus tard, tout était revenu à la normale. À croire que ce qui venait de se passer était parfaitement logique.
À vrai dire, les deux personnes les plus interloquées restaient Chloé et Break, qui avait comme un goût de déjà-vu. Le coup sur la tête de Jack avait quand-même dû être sacrément puissant...
- Il faudrait qu'il fasse un IRM, non ? Proposa la binoclarde à l'albinos, duquel elle s'était du coup rapprochée.
- Pour qu'ils lui découvrent quelque chose de grave et qu'ils lui sauvent la vie ? Répondit le jeune homme d'un air horrifié. Hors de question !
_...~°0°~..._
Quelques instants plus tard, une fois Jack remis de son câlin avec son ami sapin, le même enseignant se mit debout sur une chaise et proposa joyeusement :
- Alors les jeunes ! Prêts pour les chants de Noël ?
Vous vous en douterez, rares étaient les volontaires. Pourtant, lorsque Jack se mit à chanter « Vive le vent », nombreux furent ceux qui prirent le courage de le suivre. Tout cela donna à voir un magnifique moment de communion, où les lumières brillaient, les gens chantaient, les mains se serraient, et où la neige tombait paisiblement... Euh... La neige. Dans une salle.
Naturellement, les gens levèrent la tête vers le plafond, au-dessus du professeur Jack sur qui tombait un tas de flocons. Curieux, celui-ci en fit de même.
- Tiens, la fenêtre du toit s'est ouverte ! S'amusa-t-il en riant. C'est génial ! Là, on dirait qu'on est vraiment Noël ! ... Dîtes, les jeunes, pourquoi est-ce que vous reculez ?
En effet, tous les élèves venaient de faire un énorme pas en arrière pour s'éloigner de leur enseignant. La réponse à la question de ce dernier arriva peu de temps après, sous la forme d'une montagne de neige qui tomba de la fenêtre et alla sauvagement écraser le professeur Jack.
- Décidément, ça va devenir une habitude..., souligna Florine d'un air maussade.
Mais Typhanie, elle, avait surtout compris autre chose.
- Hey, fit-elle à Victoria. Glen, Abyss et Liam sont à l'autre bout de la salle. Tu sais ce que ça veut dire ?
- Bah non, répondit la brunette à queue de cheval en clignant des yeux.
- Ça veut dire que LE BUFFET EST LIBRE, HA HA HA HA HA !
Sans autre préambule, la jeune fille se précipita sur la nourriture, suivie de près par tous ses camarades. Les professeurs, eux, soupirèrent un long moment. Ils auraient bien retenu leurs élèves, mais il fallait d'abord aller sauver Jack. Puis vous savez ce qu'on dit : ventre affamé n'a pas d'oreilles. Alors imaginez un peu quand on parle d'une meute d'adolescents déchaînée...
Le reste de la fête fut tout à fait parfait. Tout le monde était de bonne humeur, et se mit à chanter joyeusement lorsque Jack fut libéré de son tombeau de neige. Puis, petit à petit, les voix se turent, et les paupières se firent lourdes. Mais tout n'était pas fini pour autant...
_...~°0°~..._
Florine cheminait à travers les couloirs, les paupières lourdes. Elle n'était jamais la dernière à s'amuser, certes, mais cette belle soirée l'avait mise sur les rotules. Un peu de sommeil ne serait pas de trop...
Et c'était donc seule qu'elle errait, ses cadeaux serrés contre elle. Sharon était avec Camille pour l'aider à enlever son costume et son maquillage, puis Chloé l'avait laissée tomber pour accomplir une "mission de la plus haute importance" selon ses dires. Quant à Victo et Typh, elles avaient décidé de rester un peu plus longtemps dans le salon, histoire probablement de profiter un peu du beau professeur Glen.
Mais à l'angle d'un couloir, notre blondinette solitaire fut prise de court par un jeune homme.
- Florine ! S'exclama celui-ci. Attends-moi !
La demoiselle se retourna, et haussa un sourcil en voyant Elliot se précipiter vers elle. Aussi lui laissa-t-elle poliment reprendre son souffle avant de lui demander :
- Qu'est-ce que tu fais là ? Ta chambre n'est pas un étage plus haut ?
- Si, confirma le jeune homme en dansant d'un pied sur l'autre comme s'il était gêné. Mais... hmpf... je voulais te parler...
Florine regarda son camarade de classe avec suspicion. Il commençait un peu à la gonfler, ce stalkeur en puissance ! Hélas pour elle, notre jeune fille n'était pas une méchante de nature. Puis le soir de Noël, quand-même, le temps était plutôt à l'apaisement !
Aussi notre demoiselle décida se prendre les devants, juste au cas où :
- Ce... n'est pas une technique de drague, hein ?
Elliot vira à un cramoisi du plus bel effet, avant de se mettre à bégayer :
- H-Hein ?! Mais t'es dingue ! Où tu vas chercher des idées pareilles ?!
Florine rit doucement face à la tronche assez pitoyable du jeune homme. Mais il ne s'agissait pas d'un rire de psychopathe type Typh-a-faim-et-y'a-du-steak-haché-à-la-cantine, non ! C'était plutôt un petit rire, plein de malice et dénué de la moindre intention maléfique.
Quelque peu rassuré, Elliot perdit ses couleurs rouges et se passa la main dans les cheveux.
- Non, soupira-t-il, ce n'est pas ça, t'inquiètes... Je me disais juste que...
Le Nightray se stoppa, visiblement mal à l'aise. Quelque peu apaisée par la tournure de la conversation, Florine l'encouragea d'un petit signe de tête amical.
- Promis, je ne m'énerverai pas ! Assura la blondinette en souriant gentiment.
Toujours aussi mal à l'aise, Elliot ferma les yeux et balança tout d'une traite :
- Estcequetuveuxbienquonsoitjusteamis ?
Bien que très compréhensive sur beaucoup de points, Florine ne réussit pas à retenir un levage de nyeux vers le plafond. Les mecs, j'vous jure...
- Je suis prête à accepter ce que tu veux, Elliot, mais si tu pouvais la refaire moins vite...
Piqué au vif, notre jeune homme se redressa avec toute la dignité qui lui restait. Puis, après avoir pris la grande inspiration qui annonce le discours hyper solennel, le garçon demanda en regardant Florine droit dans les yeux :
- Est-ce que tu veux bien qu'on soit juste amis, toi et moi ? Qu'on reparte sur de nouvelles bases ?
La jeune fille trouva la proposition plutôt séduisante. De nature, Florine n'aimait pas entretenir des relations conflictuelles avec qui que ce soit. Même si l'idée d'avoir un rival lui avait plutôt bien plu...
Cherchant à trouver un terrain d'entente, la blondinette haussa un sourcil en faisant :
- Tu acceptes donc de dire que je suis meilleure que toi ?
Pris de cours, Elliot répliqua aussitôt :
- J'ai jamais dit ça ! Tu ne m'aurais pas fait ce croche-pieds au Cross, je t'aurais battu !
- Rancunier, non ? Souligna Florine avec malice, quoiqu'un peu agacée que ce soit toujours ce même exemple qui revienne sur le tapis.
Elliot secoua la tête en grommelant. Ravalant sa fierté, il questionna à nouveau :
- Alors ? Tu acceptes ?
Florine l'avouait : ce petit jeu lui plaisait bien. Faire tourner le garçon en bourrique s'avérait très drôle, en fait ! Aussi, pour le faire mariner encore un peu, la jeune fille regarda en l'air avec une mine interrogatrice. C'est alors que l'adolescente fronça les sourcil. Que diable faisait cette plante au plafond ? Et pourquoi... Oups.
Du gui.
Le sang de notre petite Florine ne fit qu'un tour. Après avoir reculé, d'un pas, elle attrapa Elliot par le col pour qu'il suive le mouvement. Et pour qu'elle lui colle une baffe, aussi, accessoirement.
- Mais t'as vraiment un problème, ma parole ! Explosa la habituellement très placide jeune fille en secouant sa camarade. Tu voulais me piéger d'une manière aussi... débile ?!
Elliot essaya vainement de se rattraper. C'était sans compter sur le terrible dragon qui lui faisait face.
- J'en ai marre que tu me tournes autour, Elliot ! Poursuivit Florine avec colère. Alors laisse-moi tranquille !
Relâchant le jeune homme, la blondinette recula encore.
- Je vais faire comme s'il ne s'était rien passé parce que c'est Noël, d'accord ? Mais arrête de t'acharner, s'il-te-plait...
Décidément bien énervée, Florine tourna les talons et disparut dans les couloirs de l'auberge. Resté seul, Elliot poussa un très long soupir.
Le plan d'attaque de Typhanie lui aurait bien servi, à lui aussi. Car notre jeune homme n'avait absolument pas prévu que cette branche de gui se trouve sur leur chemin.
_...~°0°~..._
- Xerxes !
Sur le point de refermer la porte de sa chambre, l'albinos passa la tête dans l'ouverture et haussa un sourcil de surprise.
- Miss ? S'étonna-t-il, alors que Chloé arrivait à son niveau. Que me vaut ce plaisir ?
La jeune fille tenta de regarder dans la chambre, ne répondant pas. Finalement, ne pouvant pas juger par elle-même, elle questionna son camarade :
- Ches' est avec toi ?
- Oui, nous nous apprêtions d'ailleurs à dorm-
Break n'eut pas le temps de finir sa phrase que la brunette l'avait saisit par le col pour le trainer à l'extérieur. Sans une explication de plus, elle lui balança une veste, et se mit à cheminer dans les couloirs de l'auberge. Sa curiosité vivement attisée, l'albinos enfila le manteau un peu trop petit pour lui (c'étaient surtout les manches qui posaient problème... trop courtes !) et suivit la demoiselle.
Lorsque celle-ci ouvrit une porte dérobée pour sortir de l'auberge, il eut cependant un mouvement de recul.
- Notre expédition en forêt de la dernière fois ne t'auras pas suffi ? Demanda-t-il, un brin inquiet.
- J'ai besoin de me mettre un peu les idées au clair, répondit simplement l'autre.
- Te mettre les idées au clair... avec moi dans les parages ?
- Après, tu fais ce que tu veux ! Soupira Chloé en le fusillant du regard.
Il n'en fallut pas plus pour que Break décide définitivement de suivre sa camarade.
Une fois à l'extérieur du bâtiment, qui était décidément aussi bien gardé que Pandora, les deux jeunes allèrent se mettre pas loin d'une bouche d'aération, du côté des cuisines. Appuyés contre le mur, ils étaient ainsi protégés du plus gros du froid, tout en ayant cependant un peu de fraicheur pour les oxygéner.
- Je suppose que je devrais te remercier pour les nougats..., entama Chloé après un très long moment de silence.
Break, qui regardait des flocons tomber, se contenta d'un sourire.
- Pas de quoi, miss. J'avais compris qu'il s'agissait là d'une nécessité absolue. Et ayant déjà connu une situation de manque de bonbons, je ne pouvais que compatir.
La passionnée de hiboux rit doucement, produisant un peu de buée. Mais Break se doutait bien que l'adolescente ne l'avait pas entraîné là juste pour parler sucreries. Aussi attendit-il patiemment que l'étudiante veuille bien lui faire comprendre ce qui pouvait la turlupiner à ce point.
- ... Xerxes ?
- Hm ?
Chloé poussa un long soupir. Puis, sans crier gare, elle alla se poser juste en face du chapelier, rivant son regard dans le sien. Le valet toisa la lycéenne sans dire un mot, pensant fortement au fait qu'entre eux deux, ça faisait tout de même beaucoup de proximité en deux jours.
- Je préfère te prévenir, entama la demoiselle d'une voix peu assurée. Ce qui va suivre risque d'être extrêmement illogique et dénué du moindre sens.
En guise de réponse, Break haussa les épaules. Logique, dîtes-vous ? Connait pas.
Après un nouveau petit soupir, Chloé se dressa sur la pointe des pieds et se rapprocha du domestique. Puis, une fois arrivée au niveau de son visage, elle alla déposer ses lèvres sur sa joue.
Le chapelier resta parfaitement immobile. Si bien que, lorsque la binoclarde se recula, il n'avait pas bougé d'un pouce. Il ne fit pas non-plus le moindre geste quand la jeune fille tourna les talons sans crier gare, afin de retourner dans l'auberge.
Bizarre, effectivement. Break n'avait pas vraiment compris ce qui venait de se passer. Il avait pris le geste de Chloé comme un remerciement pour ses nougats, là, pas de problème. Mais un détail le tourmentait tout de même beaucoup :
Était-ce voulu que le baiser de la binoclarde arrive au coin de ses lèvres, où ne s'agissait-il là que d'une malencontreuse erreur de trajectoire ?
_...~°0°~..._
La nuit qui suivit fut douce et calme, tout comme la journée du 25. Le repas de Noël fut délicieux, et l'ambiance était aussi joyeuse que conviviale. Camille et Gil durent remettre leurs costumes, à leur plus grand malheur, et Jack décida d'organiser une course de raquettes par équipes tout autour de l'auberge. Course qui fut gagnée par l'équipe de Florine, Oz et Alice, cette dernière ayant réussi à attenter à la vie d'Elliot pour l'empêcher de prendre la place de premier.
Bref, que de très normal.
Puis vint enfin ce moment fatidique : l'heure de remonter dans le bus, et quitter les Vosges !
Et tandis que les professeurs échangeaient les dernière civilités avec les gérants de l'auberge, notre troupe d'élèves préférée cherchait à s'installer au mieux pour le long trajet qui s'annonçait.
- Toi, tu viens avec moi ! S'exclama Florine en saisissant le bras de Chloé pour la faire asseoir à côté d'elle.
La brunette se laissa faire, mais afficha un sourire en coin.
- On peut savoir pourquoi j'ai le droit à tant de considération ? Demanda-t-elle.
La blondinette lui répondit en lui tapotant l'épaule :
- Bah comme ça, au moins, on est sûr que Break ne viendra pas t'embêter !
- ... Ah. Merci. Trop d'honneur.
À la droite des deux amies vinrent s'installer notre duo de choc, j'ai nommé Typhanie et Victoria. Camille, quant à elle, s'installa juste derrière ces dernières, bien décidée à ne laisser aucun élément perturbateur venir la déranger. Hélas pour elle, la menace fut toute autre...
- Je peux me mettre à côté de toi ?
Camille aurait reconnu ce timbre de voix entre mille. Sans doute est-ce pour cela qu'elle se mit à rougir violemment, n'osant même pas regarder celui qui venait de lui parler lorsqu'elle lui répondit :
- O-Oui, b-b-bien sûr, G-Gil !
Rassurez-vous, le noiraud était tout aussi rouge que sa camarade en prenant place à ses côtés. À peine si ils échangèrent les civilités classiques, type « Bonjour ! / Bonjour ! / Tu vas bien ? / Oui, et toi ? / Je vais bien ! / Cool. / ... ».
Et tandis que Camille et Gil prenaient de belles couleurs, comme à leur habitude, les professeurs, eux, venaient de monter dans le bus.
- Allez les jeunes ! S'exclama joyeusement Jack pendant que le moteur du car pétaradait. En voiture, Simone !
- Dis, Typh..., lui murmura Victoria. Tu connais une Simone, dans notre classe ?
La blondinette secoua la tête, visiblement elle aussi troublée par les paroles de l'enseignant. C'était quand-même grave, ça, ne pas se souvenir de la composition de ses classes après quatre mois passés ensemble...
Le trajet se passa relativement calmement. La grande majorité des élèves étant fatiguée par ces journées de fête, ils passèrent le plus clair de leur temps à dormir comme ils le pouvaient. Cela promettait de belles courbatures pour le lendemain, c'est moi qui vous le dis... bah quoi, vous n'avez jamais tenté l'expérience de dormir sur les sièges inconfortables des bus, pendant un voyage scolaire ?
Parmi les rares à ne pas dormir, on pouvait compter entre autre Typhanie, qui commençait à grandement se faire chier. Victoria ayant rapidement piqué du nez, la blondinette se retrouvait coincée contre la vitre, avec nulle autre possibilité de repli.
Cherchant désespérément du soutien, la passionnée de loups regarda du côté de Chloé et Florine. Cette dernière était visiblement elle aussi en train de pioncer, dormant paisiblement sur l'épaule de son amie binoclarde. Celle-ci, quant à elle, fixait le siège devant elle d'un air absent, tel un jouet que l'on aurait mis sur /off/.
Qu'à cela ne tienne pour Typhanie. Elle comptait bien se changer les idées !
- Hey ! S'exclama-t-elle en chuchotant. Chloé !
La brunette regarda sa meilleure ennemie avec des yeux vitreux, signe qu'on venait de la couper dans un grand cheminement mental.
- T'as pas une idée de truc qu'on pourrait faire ? Demanda la blondinette. Parce que je commence sérieusement à m'emmerder...
Chloé soupira profondément et se tourna un peu sur son siège. Elle parcourra ensuite du regard l'allée du bus, cherchant un moyen de divertir sa douce et tendre. Lorsqu'enfin, elle trouva.
- Regarde le siège juste derrière toi, Typh..., suggéra alors l'auteur dans un petit sourire. Tu risques de ne pas être déçue...
Intriguée, la blondinette pivota dans une suite de grands gestes désordonnés. C'est ainsi que Victoria se prit un coup de coude magistral, se réveillant en sursaut.
- Houlà..., grommela-t-elle en se secouant. Merci de m'avoir réveillée, j'étais en train de me faire lobotomiser par un espèce de ver de terre géant...
Aucune réponse. Victoria tourna la tête vers Typhanie, qu'elle retrouva à l'envers sur son siège, le menton appuyé sur son dossier afin de mieux regarder ce qui se passait derrière. Poussée par cette curiosité naturelle qui la caractérisait, la brunette à queue de cheval en fit de même, ce qui donna à elle et sa voisine un air de stalkeuses professionnelles.
- Oooooh ! S'exclama alors Victoria face à ce qu'elle découvrit. C'est juste trop kawaiiiii !
Là, assis sur leurs sièges, Camille et Gilbert dormaient tranquillement. Et si il n'y avait que ça... Nos deux tourtereaux étaient en effet tout serrés l'un contre l'autre, Gil ayant passé son bras autour des épaules de la jeune fille. Ce qui donnait un tableau, comme le disait si judicieusement Victoria, « Absolument trop kawai ».
Mais tout ce raffut que faisaient la brunette et Typhanie eut pour effet dramatique de réveiller notre couple. Encore dans le brouillard, les deux camarades ouvrirent les yeux et ne comprirent pas tout de suite ces grands sourires qu'ils avaient en face d'eux.
- Euh..., parvint à articuler Camille. Pourquoi est-ce que vous nous fixez comme ça ?
- Vous ne nous l'aviez pas dit, répondit Typhanie avec un air très sharonesque.
- De quoi ? Demanda poliment Gil.
- Ben..., entama Victoria.
- ... que vous sortiez ensemble ! S'exclamèrent joyeusement les deux compères dans une même voix.
Camille et Gil se regardèrent un instant, ne réalisant pas vraiment ce qui était en train de se passer. C'est alors qu'ils comprirent que leur position ne leur permettrait absolument pas de se défendre face à ces accusations.
Un instant de panique plus tard, donc, nos deux z'amoureux étaient assis à une distance raisonnable de l'autre, rouges comme des tomates et implorant leur camarades du regard de ne surtout rien dire. Cherchant un peu d'aide, Camille fixa Chloé avec insistance. Mais la brunette, qui n'avait rien loupé de la scène, se contenta de lui sourire d'un air désolée.
Comme si ça ne suffisait pas, Florine venait elle aussi d'émerger, et elle soupirait face à l'acharnement de Victoria et Typhanie. Ceci-dit, elle ne pouvait pas nier qu'elle était vraiment contente pour Camille et Gil, qui se tournaient quand-même autour depuis un sacré bout de temps !
- Enfin ! S'exclama Typhanie, comme ayant lu dans les pensées de l'autre blondinette. Vous vous êtes décoincés !
Nouvelle séance de rougeurs sur les joues.
- Je suis quand-même curieuse de savoir ce qui s'est vraiment passé..., avoua Chloé. Non-pas que ça me regarde, mais... vous me surprenez, vraiment.
Camille et Gil se fixèrent, se demandant si ça valait vraiment le coup de leur raconter. Puis, se disant finalement qu'ils n'étaient plus à ça près, ils leur déballèrent toute l'histoire.
*Flash-back*
Gilbert ne pouvait pas laisser faire Camille. Il ne voulait pas qu'elle se fasse attraper et martyriser par les autres. Son seul souci, c'est qu'il n'arrivait pas à la convaincre de rester... Aux grands maux les grands remèdes, donc ! Le noiraud agirait par instinct !
C'est pour cette raison qu'il fit la première chose lui passant par la tête, à savoir empoigner fermement le bras de Camille et la retourner pour qu'elle ne s'enfuie pas. Aussitôt, ses yeux dorés croisèrent ceux, doucement bleutés, de la jeune fille.
À ce moment, ce fut comme si quelque chose se brisa en Gil. Il rougit violemment, bégaya comme il le pouvait... Mais incapable de se défaire du regard paniqué de sa camarade.
Le jeune homme se sentait comme le dernier des minables. Il essayait de parler, mais en était juste incapable. Il fit donc cette chose que sa conscience lui criait depuis des semaines déjà : il se pencha, et embrassa Camille.
La jeune fille se laissa à peine faire. Cinq secondes plus tard, elle repoussa violemment Gil, et haleta comme si on venait de chercher à la tuer.
- P-Pourquoi... ?! Réussit-elle à articuler péniblement.
- P-Parce que je t'aime ! Répondit difficilement Gil.
Camille fixa son camarade, les yeux grands écarquillés.
- Ben... Moi aussi je t'aime !
Puis, sans réfléchir, elle prit le visage du noiraud entre ses mains pour l'embrasser également, avant de reculer.
- Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire ? Questionna-t-elle, paniquée.
- ... On peut sortir ensemble ?
Nouveau clignement de nyeux. Pas bête.
- ... Je te préviens, Gil. J'ai jamais eu de copain.
- Moi non plus.
Se rendant compte de l'énormité qu'il venait de sortir, le jeune homme bredouilla vaguement qu'il parlait d'avoir une copine, et non un copain. Tout cela fit nerveusement rire Camille, qui réussit juste à s'étouffer avec sa salive et tomber sur le sol.
- Camille ! S'exclama Gil pour se précipiter afin de sauver sa camarade-et-nouvelle-petite-amie-peut-être-prochainement-décédée.
*Fin du flash-back*
- ... Bordel, mais en fait, vous êtes aussi lamentables en amour que dans la vraie vie !
- Merci pour ce charmant résumé, Typhanie..., soupira Florine en levant les yeux au ciel.
Gênés, mais quand-même contents de s'être débarrassés de ce poids, Camille et Gil lancèrent à leurs amies des regards pitoyables. Cela leur permis juste de se faire amicalement frotter la tête par une Victoria toute émue.
- N'empêche, fit-elle en se reculant un peu, c'est quand-même génial que vous sortiez ensemble !
- Vas-y, cries-le plus fort, je crois que les gens de fond ne t'ont pas entendu..., maugréa Camille entre ses dents.
La prenant au mot, Victoria mit ses mains en porte-voix et cria :
- N'EMPÊCHE, C'EST QUAND-MÊME GÉNIAL QUE VOUS SORTIEZ ENSEMBLE !
- La ferme ! S'exclamèrent de concert Gil et sa camarade.
Trop tard, hélas. Pour autant, le premier assaillant ne fut pas Sharon, non non non !
- Ohoho ! ~
Les cinq filles et Gil levèrent les yeux au plafond du bus, convaincus que cette voix railleuse venait d'au-dessus d'eux. En effet, le porte-bagages s'ouvrit d'un coup sur un jeune homme aux cheveux blancs, qui se retourna pour se retrouver tête à l'envers, à observer les passagers avec curiosité.
- Décidément, toujours là pour faire chier le monde..., observa Chloé avec cynisme.
Ignorant la binoclarde, Break s'exclama joyeusement :
- Je viens parmi vous car je crois avoir entendu quelque chose d'intéressant... Alors comme ça, deux d'entre vous auraient trouvé l'amour ?
Une paupière fermée (ben oui, la gravité, et donc la mèche qui ne cache pas la misère... bref !), le jeune homme regarda alors ses camarades. Il fixa ainsi Typhanie et Victoria avec un grand sourire, jusqu'à ce que la blondinette grogne qu'elle se passerait bien d'un commentaire débile sur elle et son amie. C'est ainsi que le chapelier en arriva raisonnablement sur Camille et Gil, auquel il offrit un sourire... juste absolument terrifiant.
- Oh, que c'est touchant ! Annonça-t-il en joignant ses mains (ou Xerxes Break, maître de la gravité).
- Tu trouves aussi ? Sanglota Victoria, juste trop heureuse pour ses camarades.
Mais si il y en avait bien deux qui voyaient assez mal le fait que Break s'immisce ainsi dans leurs affaires, c'était bel et bien Gil et Camille.
Aussi cette dernière supplia-t-elle le jeune homme, une larme de crocodile au bord de l'œil :
- Par pitié, ne le répète pas aux autres ! Sinon, on est foutu !
- Pas de problème, miss ! Assura l'albinos, une main sur le cœur. Je serai muet comme une tombe !
Naturellement, dès le lendemain, tout le Lycée Pandora était au courant.
Coucou tout le monde !
Alors, on peut pas dire que vous ne l'aurez as attendu, celui-là ! Eh oui, malgré vents et tempêtes, l'équipe d'HsP est toujours au rendez-vous !
J'en conviens, nos...
Hey !
... nos performances ne sont pas excellentes en ce moment, et pour cause ! Il se trouve que Camille et m-
Hey, le narrateur !
Quoi ? Tu vois pas que j'essaye de finir cette note aux lecteurs ?
Et t'as pas le sentiment d'avoir un peu oublié quelque chose ?
Hm ? Quoi donc ?
_...~°0°~..._
- On est de retoooooooooooooouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuur ! S'exclama joyeusement Victoria en voyant la grande route qui menait au Lycée Pandora.
Derrière elle, tous les adolescents parlaient avec enthousiasme. Enfin, c'en était fini de cette terrible expédition dans les montagnes vosgiennes !
Quelques instants plus tard, alors que toute notre joyeuse troupe descendait de l'autocar, les professeurs accompagnants firent un dernier comptage des bêtes.
- Et... le compte est bon ! Annonça finalement Abyss avec un certain soulagement.
- C'est triste, commenta Jack avec un grand sourire. On a réussi à en perdre aucun !
De petits rires éclatèrent ça et là. Au vu de toutes ces péripéties, il s'agissait là d'un exploit notable ! Avec une certaine joie à l'idée de retrouver leurs chambres, les élèves se massèrent pour récupérer leurs bagages. Mais une fois tout le monde en direction de l'enceinte de l'établissement, la voix du chauffeur les retint
- Hey ! Z'avez oublié une valise !
Notre bande se regarda, interloquée. Impossible. Tous les élèves étaient là ! ... Wait. Ne me dites pas que...
- Oh mon Dieu..., lâcha Florine, les yeux exorbités par l'étroit.
- C'est pas vrai..., ajouta Camille.
...
- ON A OUBLIÉ LIAM DANS LES VOSGES !
Chapitre rédigé par Chloé
Re-bonjour ! Alors, vous avez aimé ? Si oui, laissez un commentaire ! Si non... laissez un commentaire aussi, ça nous aide beaucoup pour progresser.
Donc. Comme promis, cette petite note de fin sera différente des autres que vous aurez déjà vu ici... En voilà la raison :
HighSchool-Pandora, c'est un travail commencé il y a maintenant 3 ans et demi. Camille et moi avons eu des hauts et des bas, des difficultés et de grands moments de bonheur. A l'heure d'aujourd'hui, nous venons de passer notre Bac (et de l'avoir, en plus, si c'est pas génial !), ce qui signifie qu'un gros fossé va se creuser entre nous dès la fin des vacances. Nous n'étudierons plus dans la même ville, et n'aurons plus le même rythme de vie non-plus (je pars en classe prépa, en maso que je suis, ce qui veut dire que mon temps pour écrire se verra largement réduit...). Ainsi, il est fort possible que cette fiction ne se voit jamais terminée. Ou alors, nous la finirons, mais sur un autre format (par exemple : des chapitres beaucoup plus courts et synthétiques, afin que vous voyiez tout de même ce que nous avions prévu de faire subir à nos personnage...). Car oui, sur le papier, HsP est déjà terminée. Nous savons où nous voulons nous arrêter, et nous connaissons le contenu de chacun des chapitres prévus initialement. La seule chose dont nous manquons réellement, c'est du temps. Et de l'envie, aussi, certainement, car nous avons évolué en même temps que cette fiction.
Je ne peux donc pas m'engager à vous promettre une suite sous peu, voir même une suite tout court. Voilà pourquoi les mots qui vont suivre seront peut-être les derniers sur cette fiction (cela dit, ne perdez pas espoir, on ne sait jamais...).
Tout d'abord, je tiens à remercier une masse de gens, qui ont permis à cette fic de devenir ce qu'elle est :
- Camille, qui un jour s'est tournée vers moi en me disant "Allez, viens, on va écrire une school-fic sur Pandora Hearts !". Sans elle, vous ne liriez pas cette fic, et vous ne profiteriez pas de tout ce qui en a découlé (comme le forum, par exemple, ou même le simple fait que les chapitres les plus récents soient meilleurs que les premiers...). Donc oui, Camille, c'est notre boule d'amour, notre monstre de gentillesse, celle grâce à qui tout est arrivé, et grâce à qui tout a continué aussi longtemps !
- Camille (oui oui, la même), Florine, Typhanie et Victoria, les originales, les vraies, qui ont accepté de donner les personnages qu'elles sont au quotidien à cette fiction, sans demander d'argent, en plus, comme c'est cool ! Si vous avez aimé ces OC's, c'est avant tout grâce à elles, car elles sont de vrais personnages de fiction dans la vie de tous les jours. Quoi qu'il en soit, ce fut un immense plaisir d'écrire sur elles !
- les dizaines de lecteurs qui nous ont soutenu, que ce soit pour un chapitre ou pour toute la fic. Sans lecteurs, une oeuvre ne vit pas. Et par chance, autour de cette fiction, nous avons eu un tas de personnes qui ont pris le temps de commenter, de bavarder avec nous, devenant même pour certaines de très bonnes amies... et un peu plus que ça, même... Bref, on vous remercie pour tous vos commentaires, qui nous ont donné envie de continuer, et de nous améliorer en écriture. Ne changez rien à votre bonne humeur et votre passion des écrivains expérimentaux, vous êtes tous géniaux !
Voilà... pour conclure, je tenais à vous dire qu'HighSchool-Pandora aura certainement marqué un tournant dans ma petite vie. De fic, elle est passée à forum, et j'ai eu la grande chance de rencontrer un tas de personnes géniales... alors que tout est parti d'un délire sur les escaliers d'une cour de récréation. Donc si je devais retenir une seule chose de toute cette belle aventure, c'est quoi ? Ne jamais renoncer, et toujours se donner à fond pour ses rêves. Car avec de l'énergie, du courage, et un peu de chance, on parvient vraiment à faire des choses dont on ne se serait jamais cru capable auparavant. Pour la suite, en ce qui me concerne : je vais continuer à écrire, évidemment. Il est fort probable que je délaisse le domaine de la fanfiction pour les oeuvres originales, puisque j'ai enfin trouvé la flamme pour me lancer dans quelque chose de grand. Je ne sais pas où tout cela me mènera, mais une chose est certaine : je compte bien donner le meilleur de moi-même. Et qui sait, peut-être un jour, sortir un bouquin...
Allez, je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Si vous voulez bavarder, n'hésitez pas à me stalker par MP ! Et si d'aventure vous vouliez nous laisser de jolis commentaires sur ce que vous avez pensé de tout ça... on vous lira avec plaisir ! ;)
Bonne continuation à tous, et peut-être à bientôt, car l'espoir fait vivre (et en plus, c'est gratuit !) !
Chloé
