Comme le prologue a été plébiscité, j'ai décidé de poster le premier chapitre. La suite arrivera lorsqu'elle arrivera.
Bonne lecture.
Chapitre 1
Elena Gilbert soupira lourdement en repliant soigneusement sa feuille de papier qui lui sert de journal. Jonathan Gilbert, son «oncle» venait de l'appeler. Elle devait descendre le rejoindre et grimper dans la carriole qui l'amènerait à Véritas, la propriété des Salvatore. Là-bas, elle devra sourire et être une fille ordinaire du XIXème siècle. Elle ne devra rien laisser transparaitre. Elle devra jouer un rôle et ne laisser personne se douter que cette époque n'est pas la sienne. Elle devra épouser les mœurs d'une société où les droits des femmes sont restreints et mettre en sourdine ses instincts de femme libérée du vingt-et-unième siècle. Et surtout, par dessus tout, elle devra résister aux Salvatore!
La jeune femme avait tellement peur de voir ses sentiments pour eux prendre possession de son être. Certes elle s'apprêtait à cohabiter avec le Damon et le Stefan humains, mais, même s'ils sont très certainement différents des vampires qu'elle connaissait à son époque, ils restaient les frères Salvatore. Ces deux frères Salvatore qui la rendent constamment totalement dingue! L'un la met constamment dans tous ses états, il la pousse dans ses retranchements, il la consume totalement. Quant à l'autre, il l'aime et respecte ses décisions sans sourciller.
Oh qu'elle a peur de ses sentiments pour les deux frères! Si jamais ici aussi elle se laissait consumer par les ténèbres Damon et séduire par la gentillesse de Stefan, elle ne s'en sortira jamais. Ces deux frères étaient indéniablement son talon d'Achille dans son présent, et dans le passé ils seront susceptibles de la mener tout droit à sa perte. Elle qui devait jouer la jeune fille respectable et bien sous tout rapport paniquait à l'idée de se retrouver dans un triangle amoureux avec les deux frères.
Durant tout le trajet qui la mena à Véritas, assise bien sagement dans sa carriole, la jeune femme angoissait à l'idée de se retrouver dans la même maison que Damon et Stefan. Elle ne dit rien, resta silencieuse, ne laissant échapper que quelques vagues monosyllabes lorsque «son oncle» lui adressait la parole, mais tout son être tremblait. Elle palissait à la simple évocation des Salvatore! La jeune femme craignait tellement que le pouvoir qu'ont Stefan et Damon sur elle les mène tous les trois à leur perte. Le dix-neuvième siècle n'est pas son époque, les mœurs de ce temps là sont très pieuses, vertueuses, Elena doit faire profil bas et ne pas attirer l'attention sur elle avec ses histoires de cœur. L'attachement qu'elle porte aux Salvatore dans le futur ne doit pas la mener à sa perte dans le passé.
Pas de sentiments, pas d'attachements plus qu'amicaux envers le Damon et le Stefan humains, voilà la résolution prise par miss Gilbert! Ne restait plus qu'à espérer qu'elle s'y tienne!
Et pendant que les jambes de la brunette flageolaient, les domestiques s'activaient dans la demeure des Salvatore. Giuseppe les pressait à préparer la chambre de sa nouvelle pensionnaire sans avoir au préalable prévenu ses fils de l'arrivée d'Elena!
Il n'en a pas eu l'occasion. Stefan étudiait énormément ces derniers temps – en bon fils, il se constituait un savoir suffisant pour reprendre les reines des entreprises Salvatore –; quant à Damon, cet imbécile venait tout juste de rentrer au bercail après avoir passé une semaine dans la nature.
L'homme haussa les épaules de lassitude à la pensée de son fils ainé. Damon se comportait comme un roi: il s'opposait à lui dés qu'une occasion s'y présentait, il allait et venait en abordant son air le plus dédaigneux et insolant histoire de montrer que personne n'a d'autorité sur lui. De plus, les domestiques et les esclaves lui réservaient toujours un accueil chaleureux, comme s'il était le maitre des lieux. Aux yeux de Giuseppe Salvatore, son fils n'était qu'un bon à rien, la honte de la famille; il finira en prison avec son attitude odieuse et son poil dans la main. Damon était incapable de travailler, il ne faisait que dépenser sans compter, courir après la gente féminine dés la nuit tombée et se tourner les pouces en journée. Il ne fera jamais rien dans la vie. Il vivra très certainement aux crochets de son frère! Oui, pour Giuseppe, Damon n'est qu'une déception. Depuis sa plus tendre enfance. Jamais cet enfant n'a su honorer son nom! Au contraire, il s'employait à le souiller par des frasques de plus en plus grossières et insultantes envers les Salvatore.
«Damon, arrête de te pavaner et suis moi dans mon bureau! Gronda le vieil homme.
- Évidemment! Répliqua sarcastiquement le jeune homme. Pas de «bienvenu Damon, tu nous as manqué à la maison! Au fait comment vas tu?». Et bien sur, pas de «Joyeux anniversaire»! En même temps, vous et moi savons, Père, que ce serait faire semblant. Tellement pathétique, soupira-t-il.»
La discussion allait dégénérer. Damon ne comptait pas s'arrêter là dans ses petites réflexions et Giuseppe commençait déjà à voir rouge face à l'insolence dont a fait preuve son fils ainé. Fort heureusement ce fut à ce moment précis que Stefan – alerté par les cries de joies du personnel et des esclaves, ces manifestations de bonheur dues au retour de Damon –, descendit au rez-de-chaussée afin de voir son ainé et lui souhaiter un bon anniversaire. Ainsi, avec son arrivée, il empêcha les deux hommes de se lancer dans une de leurs habituelles disputes.
En effet, lorsqu'il a vu son fils cadet arriver, Giuseppe a mis de côté sa colère contre Damon, et entraina ses deux fils entre les quatre murs de son bureau, pour avoir avec eu une conversation privée. Une conversation des plus importantes. De plus, il devait le faire avant l'arrivée des Gilbert et espérait que Damon saurait se tenir et ne ferrait aucun scandale desquels il était coutumier.
«Stefan, Damon, vous avez dû remarquer que les domestiques s'attraient à préparer une chambre? Nous allons accueillir la nièce de Jonathan Gilbert, Elena. Vous avez bien évidemment entendu parler d'elle, messieurs? Je vous prie de bien vous comporter devant cette jeune fille! Damon, aucun scandale! Jonathan et moi avons un accord. Il doit partir aider nos troupes à repousser ces sales parasites de Yankees. Lui et moi avons un accord. À vrai dire ce n'est pas par hasard que cette jeune fille vient ici. Son oncle songe très sérieusement à la marier et…»
Les garçons se regardèrent complètement paniqués. C'était comme si l'un d'eux s'apprêtait à aller au bûcher. Qu'est-ce que leur père avait bien pu manigancer avec ce vieux fou de Gilbert? Après tout, il vient de prononcer le mot «mariage», or les deux frères se connaissent suffisamment pour savoir qu'aucun d'eux n'était prêts à convoler en juste noces. De plus, ils n'en avaient pas envie. Stefan se consacrait à ses études; les femmes ne l'intéressaient pas tant que cela. Il les admirait, bien évidemment. Comme tout homme, lorsqu'il croise une belle femme, il pose son regard sur elle, mais il préférait avoir une situation convenable au sein de la société avant de se trouver une épouse. Quant à Damon, il avait ses petites affaires et des dizaines de femmes lui tournaient autour, mais aucune d'elle n'était assez bien pour lui. Le ténébreux est «compliqué», bien qu'il ne veuille absolument pas se marier, il imaginait sa future épouse parfaite. Belle, mais aussi intelligente. Spirituelle et pleine d'humour. Avec du caractère, de l'indépendance et une once de mystère. Bref ses critères d'exigence étaient interminables, et, lorsqu'il voyait les petites idiotes qui trainent dans les bals, il en venait à se demander si une telle perle existe si bas.
«Il est temps que je me remarie, finir par déclarer leur père. La nièce de Jonathan fera une épouse et une mère parfaite! Stefan ne pourra jamais reprendre Véritas seul, et je veux qu'à ses côtés se trouve un enfant légitime pour le seconder.»
L'annonce frappa Stefan et Damon telle une bombe. Aucun d'eux ne s'attendait à ce que leur père leur formule l'attention de se remarier. Encore moins avec une fille de leur âge!
Stefan ouvrit la bouche pour baragouiner quelques mots totalement inaudibles alors que son frère se refugia dans les sarcasmes qui le définit si bien.
Pour Damon, celui qui apportait la honte sur la famille Salvatore était leur père. En trompant sa mère avec une insignifiante bonne, en ayant un enfant avec, et maintenant en convoitant une jeune fille de dix-huit ans qu'il comptait épouser dans la foulée.
«Super, il ne manquait plus que cela! S'indigna l'ainé des deux frères. Et quand auront lieu ces festivités, histoire que je prenne mes cliques et mes claques avant?
- Damon! Gronda Giuseppe. Tu seras présent ce jour là et j'attends de toi que tu te montres poli et courtois envers mademoiselle Gilbert! Elle deviendra ta belle-mère, respecte là.
- Dans vos rêves, le provoqua le jeune homme. La belle-mère, les bâtards que vous pourriez engendrer, je vais leur faire vivre l'Enfer. C'est chez moi ici! C'était chez ma mère, il est hors de question que vous bafouez sa mémoire!»
Giuseppe fut à deux doigts de frapper son fils. Son impétuosité, cette manière qu'il a d'entrer en guerre contre lui pour le provoquer ont toujours eu le don de l'énerver. Mais aujourd'hui, aujourd'hui, Damon a dépassé les bornes. Il a osé dire qu'il était chez lui. Il a clairement sous-entendu que Véritas lui appartenait!
Fort heureusement pour Damon, Stefan a retrouvé ses esprits, et, comme à son habitude, il s'interposa entre les deux hommes et fit mine de s'intéresser aux projets de son père afin que celui-ci en oublie sa colère contre Damon.
Comme son frère, le plus jeune des Salvatore haïssait l'idée d'avoir une belle-mère. Grandir sans mère avait été suffisamment difficile, avoir un demi-frère né d'une liaison extra-conjugale tout autant, mais une belle-mère guère plus âgée que lui… C'était le pompon. La cerise sur le gâteau comme on dit.
«Oh Stefan, il faut du temps avant d'épouser une femme! S'indigna Giuseppe face à la question, «stupide», de son cadet. Il faut la courtiser d'abord! Le mariage n'aura lieu que d'ici quelques mois. Au mieux!»
Puis, sans plus de soucier de ses fils, l'homme tourna des talons et partit vaincre à ses occupations, laissant les deux garçons blancs comme neige. Si Stefan avait du mal à digérer le fait que son père comptait épouser une jeune femme de son âge, Damon était furieux. Véritas est leur héritage, à Stefan et à lui. De plus, son père salissait une nouvelle fois la mémoire de sa défunte mère. Cela le rendait malade!
Malgré tout ce qui se disait sur l'ainé des deux frères, Damon était probablement celui qui accordait le plus d'importance au mariage. Il considérait qu'un homme ne devait pas se marier par devoir mais par amour. Il considérait aussi que l'époux devait rester fidèle à son épouse, même si cette dernière était décédée. À vrai dire avec le jeune homme tout était absolu et inconditionnel. Au fond Damon était un romantique. Il pensait vraiment qu'une femme pouvait prendre la place la plus importante dans la vie d'un homme et lui suffire. Sa conception de la vie s'opposait totalement à celle de Giuseppe. Son père pensait toujours «affaires» avant «famille», Damon lui pense «famille» avant «affaires».
«Ici c'est chez nous, siffla Damon, en colère. C'était la maison de maman, cette fille n'y est pas la bienvenue!
- Calme toi, tempéra Stefan. Que veux-tu y faire Damon? Père fait ce qu'il veut, tu ne peux pas chasser cette fille, il s'agit de l'invitée de Père.
- Je vais me gêner, grogna Damon. Stefan, si cette fille a une once d'intelligence, elle se rendra bien vite compte qu'elle n'est pas la bienvenue ici. Et si c'est une idiote… ce sera encore plus facile de la foutre dehors.»
Note de l'auteure: Alors ce chapitre, il vous a plus? Que pensez -vous de la peur d'Elena de se retrouver avec les Salvatore? De l'accord entre Giuseppe & Jonathan? De Stefan & Damon? De leur relation avec leur père? De leur relation fraternelle? Que pensez-vous qu'il va se passer dans la suite?
Comme toujours j'attends vos avis avec impatience.
Bises & à bientôt.
Amandine.
