Chapitre, je dirais complexe. J'espère qu'il vous plaira. Je répondrai à vos com' au chapitre 6, je suis HS ce soir.

Bonne lecture.


Chapitre 5

Elena quitta la chambre de Damon, le sourire aux lèvres.

Il ne la déteste pas! La jeune femme se sentit soulagée, l'impression de solitude qui s'était emparé d'elle s'estompa, mais elle laissa place à de nombreuses questions. Si Damon ne la déteste pas, pourquoi se montrait-il si violent envers elle? Il a un problème, c'est indéniable, et la jeune femme espérait qu'après son aveu elle serait en mesure de percer une nouvelle fois la carapace de son ténébreux ami pour pouvoir lui apporter tout son aide. Elle devait juste comprendre l'état d'esprit de Damon. Comprendre toutes les zones d'ombres du tableau. Mais elle comptait bien apporter son aide à son ami.

Après tout, Damon et elle s'extirpent de tout, ils survivent à tout. Lui a toujours été là pour elle dans son présent, à elle d'épauler Damon, qu'importe ce qui le ronge ainsi.

«Tu vois, petit chien, j'ai eu raison de me ressaisir. Damon ne me déteste pas! Dit-elle joyeusement au caniche. Aller viens là, il est temps qu'on dorme nous aussi.»

Puis, avec l'animal allongé sur son lit, la jeune femme alla se blottir sous sa couette, laissant derrière elle toutes ses angoisses. Quelque part, savoir que son ami ne la haïssait point la rassurait. Elle n'avait plus peur du passé, elle était certaine qu'elle arriverait à s'en sortir le temps de que durera son séjour en 1863. D'ailleurs, après mûre réflexion, peut-être qu'elle se trouvait ici pour aider Damon? Une sorte de remise à jour des compteurs. Lui l'a sauvé plus d'une fois au vingt-et-unième siècle, à elle de l'aider au dix-neuvième!

Après une nuit plutôt sereine compte tenu des circonstances, la jeune femme se réveilla dans la même pièce que la veille. La chambre qu'elle occupe chez les Salvatore. Cependant, avec ce que Damon lui avait confié, elle était bien plus sereine qu'hier. Une petite voix dans sa tête lui soufflait que tout irait mieux maintenant qu'elle sait que Damon ne la haït point. Ou peut-être était-ce juste une manifestation de ses espérances?

Oh oui, Elena voulait tellement croire que tout irait bien et qu'elle réussira à se lier d'amitié avec les deux Salvatore!

«Coucou le chien, sourit Elena. Bien dormi?»

La jeune femme caressa quelques minutes la petite caniche très affectueuse envers elle, puis, pleine d'entrain et d'énergie, elle se leva d'un bon, se sortit une robe et se dorlota pendant un bonne heure, le chien restant à ses côtés durant tout ce temps.

D'ordinaire, elle se moquait de Caroline pour passer autant de temps à se pomponner, mais elle était au dix-neuvième siècle, les femmes de cette époque lui paraissaient tellement soignées qu'Elena ne voulait pas passer pour une moins que rien en comparaison. Elle se devait d'être un brin présentable, digne du rang social des Gilbert.

Durant un court instant, alors qu'elle s'inspectait dans son miroir afin de voir si elle avait dressé sa robe convenablement, la jeune femme eut du mal à se reconnaître. La fille dont elle voyait le reflet ressemblait vraiment à une jeune fille de bonne famille du dix-neuvième siècle; elle n'avait vraiment plus rien à voir avec celle venue du futur. Avec sa sublime robe et ses cheveux attachés en chignon, Elena se trouva métamorphosée. Elle venait de tronquer ses jeans, ses caracos, T-shirts simples et ses vestes en cuir pour une tenue qu'elle ne porte d'ordinaire que lors de la journée des Fondateurs, mais qui, dans l'optique où son séjour en 1863 perdure, devra lui être coutumière.

«Je déteste les corsets! Déclara-t-elle en réajustant sa tenue. Mais j'aime bien la couleur de la robe! Bon ce n'est pas tout mais il est temps que nous allions manger, qu'en dis tu le chien? Demanda-t-elle alors que la caniche se releva et se dirigea vers la sortie. Oui, moi aussi je pense que c'est une bonne idée!»

Malgré sa migraine due à la quantité d'alcool qu'il avait absorbé la veille, Damon Salvatore fut debout, énergique, à la recherche de sa chienne. L'animal, qui accumule quinze ans au compteur, a pour habitude, depuis le décès de sa maitresse, de venir dormir dans la chambre du jeune homme, aux pieds de son lit.

À la mort de sa maitresse, la mère de Damon, la petite caniche a reporté toute son affection sur le fils ainé de Marie Salvatore. Elle passait son temps à suivre l'enfant qu'il était partout, et venait passer ses nuits auprès de lui. Pour veiller sur ce jeune garçon qui pleurait la femme qui l'a mise au monde. Probablement sentait-elle à quel point sa mère lui manquait? Qui sait! En tout cas elle ne s'approchait jamais de Giuseppe, qui l'effrayait par ses grands gestes et ses colères à l'encontre de son fils ainé. Elle fuyait aussi le personnel qui passait son temps à naviguer de droite à gauche dans la maison et elle ne se réfugiait que très rarement auprès de Stefan – elle se rendait auprès du cadet des Salvatore seulement lorsque son maitre était absent et qu'elle se sentait trop seule. Ainsi, en se réveillant, Damon a été plus que surpris et inquiet en n'apercevant aucune trace d'elle dans sa chambre.

Il courrait, comme un fou, en fouillant le moindre recoin de l'immense demeure familiale. Rien. Il ne trouvait pas son chien et commençait à sérieusement s'inquiéter. Stefan, qui l'observait à distance, crut dans un premier temps que son frère devenait fou. D'ordinaire, après une bonne cuite, Damon allait s'installer dans son fauteuil, une tasse de café noir dans une main, un croissant dans l'autre.

«Elle a disparu! Cria l'ainé des Salvatore. Nana a disparu, elle n'a pas dormi avec toi?

- Non. Mais calme toi Damon, on va bien finir par la trouver, elle est petite mais elle n'a pas pu disparaître comme par magie, tenta de le raisonner son cadet. Tu as essayé la chambre de maman? Elle y est peut-être allée en voyant que tu n'étais pas dans ta chambre.»

Damon dévisagea son frère avec sévérité, puis ajouta avec le plus grand des sarcasmes:

«La chambre de maman, Stefan, notre cher père l'a donné à notre indésirable invitée! Vas y, frappe donc à la porte de cette chère miss Gilbert, moi je ne veux rien avoir à faire avec elle. Mais si elle a mon chien… elle va m'entendre!»

Un prétexte, Damon n'attendait qu'un prétexte pour continuer sa guérilla contre la femme qui lui plait. Le jeune homme refusait de voir en elle une femme séduisante et intelligente. Il repoussait l'attirance qu'il éprouvait pour elle en préférant lui faire du mal. Il voulait se montrer blessant, il voulait qu'elle renonce à faire preuve de bonté envers lui comme elle l'a fait la veille. Elle devait le haïr au point de supplier Jonathan Gilbert de l'éloigner de cette maison et de ses habitants. Ainsi le fameux accord qui tenait tant à cœur à Giuseppe deviendra caduc.

Que ce mariage n'ait pas lieu était le plus important pour Damon. Qu'il soit attiré par Elena ne pesait pas dans la balance. Pas quand Véritas était en danger. Véritas représentait l'héritage que Stefan et lui tiennent de leur mère, ils ne peuvent pas perdre cette propriété au profit de leur père et de ses petites manigances.

Elena était loin de s'imaginer ce qui l'attendait avec Damon. La jeune femme prenait tranquillement son petit-déjeuner – une montagne de nourriture l'attendait dans l'immense salle à manger de Véritas –, le chien à ses pieds, lorsque l'ainé des Salvatore entra en trombe dans la pièce, se forçant d'enrager contre la pauvre Elena pour s'être occupée de son chien.

C'était une lutte intérieure pour lui, Damon n'avait pas pour habitude de se montrer si horrible. Encore moins avec une personne si angélique en face de lui! Elena l'attendrissait. Lorsqu'il la regardait, lorsqu'il lisait toute cette peine qu'il lui causait dans ses petits yeux de biches, le cœur de Damon se brisait. Il avait envie de la prendre dans ses bras, de la consoler de la peine qu'il lui causait.

Le jeune homme ne connaissait cette fille que depuis moins de vingt-quatre heures et l'attirance qu'il éprouvait pour elle ne faisait que s'accroitre. À chaque fois qu'il se montrait grossier et horrible envers elle, la puissance de l'attraction qu'il ressentait ne faisait que grandir un peu plus. Toujours plus. Jamais Damon n'avait tant été perturbé par une femme. Qu'avait dont-elle de plus, pour être si séduisante? Le ténébreux Salvatore refusait de céder à cette attirance, il ne pouvait pas, la situation le piégeait, c'était cette fille ou Véritas. Cependant, elle était là, face à lui, complètement perdue. La veille, dans un moment de faiblesse et face à la bonté dont elle a fait preuve envers lui, malgré l'accueil peu chaleureux qui lui avait offert à son arrivée, il s'était laissé aller à lui confier ne pas la détester. Et ce matin, il lui hurlait dessus, la traitant d'irresponsable, d'idiote, incapable de réaliser le soucis que «la disparition» de son chien lui a causé.

Pourtant elle encaissait. Bien que chacune des phrases de Damon sonnait comme un coup de poignard, elle refusait de se laisser aller et de céder aux larmes. Ses yeux brillaient, elle le savait, mais pleurer devant Damon serait bien trop humiliant. Elena a bien trop d'amour propre pour donner satisfaction à ce sadique de Damon Salvatore.

La jeune femme réalisa qu'elle a reproché beaucoup de choses au Damon vampire, mais en comparaison de l'humain qu'il était, son Damon est un ange. Elle qui s'était toujours imaginé que l'humain était crédule au point de se laisser leurrer par Katherine, tombait de haut en se trouvant face à ce monstre.

Malgré tout, il était hors de question qu'elle se laisse traiter ainsi. Elle avait sa fierté, certes moins démesurée que monsieur le goujat sans cœur qui se tenait face à elle, mais elle n'a jamais toléré certaines choses et ce n'était pas son voyage dans le temps qui allait changer cela.

Alors, avec toute la haine qu'elle ressentit à cet instant précis, elle poussa violemment le jeune homme avant de lui hurler:

«Vous êtes sans cœur. Ignoble et méprisable. J'ai essayé d'être votre amie. J'ai vraiment cru qu'il y avait du bon en vous. Je vous ai même cherché des excuses pour expliquer votre comportement. Mais il n'y en a pas. La vérité c'est que vous êtes une ordure, c'est aussi simple que cela. Non Damon, ne croyez pas que je vous déteste. Je vous haïs simplement.»

La jeune femme se tenait dignement. Bien sur, elle a haussé le ton, elle a crié sur Damon, mais elle ne semblait pas impressionné par son geste. Le ton qu'elle employé sonnait certes moins cruel que celui de Damon, mais ses phrases étaient bien plus violentes. Elles étaient simples, mais elles blessèrent le jeune homme. Elena l'a lu dans son regard. L'espace d'un instant, elle a cru retrouver la lueur torturée de son vampire. L'espace d'un instant, elle en était certaine, le Damon qu'elle connaît est apparu. Et voir cette souffrance lui a, malgré elle, fendue le cœur.

Mais elle n'eut pas le temps de se laisser aller à s'apitoyer sur lui. Giuseppe, alerté par les hurlements de son fils et d'Elena, venait d'entrer dans le salon en demandant des explications sur l'origine de cette dispute.

«Ce n'est rien, rétorqua froidement Damon.»

Il n'avait nullement envie de rendre des comptes à Giuseppe. Quant à Elena, son besoin de toujours protéger Damon reprit le dessus, et malgré la haine qu'elle éprouvait pour lui, elle prit sa défense. Elle se souvenait trop bien du jour où son ami du vingt-et-unième siècle lui avait confié à quel point son père était tyrannique.

«Hier soir, je me suis permise de mettre fin à la soirée de votre fils. J'étais fatiguée et plutôt de mauvaise humeur, j'ai dépassé les limites, je le reconnais. J'aurais du m'excuser auprès de Damon, je le sais, mais j'étais un brin trop fière pour le faire et notre discussion s'est transformé en dispute à cause de moi. Votre fils n'a rien fait monsieur Salvatore, mentit-elle, pour Damon. Sur ce, je crois qu'il est temps pour moi de me retirer.»

S'évader aurait été le bon mot. Elena ne supportait plus de rester dans la même pièce que Damon. Elle partit donc à grandes enjambées en direction de la bibliothèque, voyager au travers d'un roman de Jane Austen, Orgueil et préjugés. Une histoire d'amour entre la jeune Elizabeth Bennet et Monsieur Darcy; une histoire perturbée par leur fort caractère respectif et les idées préconçues qu'ils ont l'un envers l'autre. Une histoire compliquée, pleine de conflits qui n'aide pas la jeune femme à oublier Damon. À chaque fois qu'elle lisait une ligne, l'orgueil et les préjugés des personnages ne cessaient de la ramener à sa dispute avec son ami. Elle a beau vouloir le haïr, elle n'y arrivait pas. C'était Damon, elle était liée bien plus qu'elle ne voulait l'admettre avec lui. Que ce soit au vingt-et-unième siècle ou ici, Elena se sentait obligée de se montrer bienveillante envers lui.

«Miss Elena, soupira Cordélia en entrant dans la pièce. J'ai entendu la dispute avec monsieur Damon. C'est… Vous vous méprenez sur lui. Oh je ne prends pas sa défense, ce garçon s'est montré odieux envers vous, mais ce n'est pas un mauvais bougre! Il sait être charmant. C'est juste… Compliqué. Il est… C'est à cause de monsieur Salvatore en réalité. Monsieur Damon cherche juste à préserver cette propriété. Messieurs Damon et Stefan sont plus chez eux ici que leur père!»

Puis, sur cette phrase mystérieuse, la gouvernante quitta la pièce, forcée de retourner au travail par son patron, d'humeur despotique à cause de la dispute qui a eu lieu entre son invitée et son fils ainé. Giuseppe Salvatore hurlait sur tout son personnel, si bien que Stefan vint lui aussi se refugier dans la bibliothèque où un silence oppressant s'installa entre eux.

Le cadet des Salvatore était désolé du comportement de son frère, mais il était bien trop loyal envers Damon pour le trahir en copinant avec miss Gilbert. Si jamais il se montrait gentil envers elle et que son frère l'apprenait, il vivrait cela comme une trahison et le jeune Salvatore se retrouverait seul face à leur père. Dans sa famille, Stefan ne peut compter que sur son frère. Damon répondra toujours présent pour lui, il ne pouvait pas le trahir ainsi. Surtout pas pour une fille, aussi belle puisse-t-elle être!

Alors, il détourna son regard d'Elena et se plongea dans l'étude d'un livre de médecine.

«Stefan, justement je te cherchais! S'exclama Giuseppe, avant de changer de couleur à la vue du livre de médecine. Qu'est-ce que s'est que cela? Gronda-t-il.»

Son fils était blanc comme neige. Elena observa la scène et comprit que le Stefan était incapable de faire face à son père. Alors, sans vraiment réfléchir, elle se leva et affirma que ce livre lui appartenait. Et le vieux Salvatore bu ses mensonges avec aisance. Il crut sincèrement que ce livre appartenait au défunt père de la jeune femme.

Quant à Stefan, il remercia la jeune femme par un discret sourire avant d'aller retrouver son frère et lui rapporter ce qui venait de se passer avec Elena. Mais Damon semblait perdu dans ses pensées.

Il s'en voulait de s'être montré sous son plus mauvais jour, il souffrait de la savoir peinée par sa faute. Cette fille est fascinante, littéralement, et lui s'est comporté en monstre. Bien sur il devait préserver Véritas, mais il n'avait pas envie de le faire au détriment d'Elena. Une fille comme elle, il n'y en a pas deux. Elle a prit sa défense alors même qu'il lui a fourni toutes les raisons de ne pas le faire. Ensuite, elle a protégé Stefan de la tyrannie de Giuseppe. Elena Gilbert était une fille en or, Damon avait envie de la sauver des griffes de son père autant qu'il désirait protéger son héritage. Cependant il devait choisir: c'était la fille ou sa propriété. Et malgré l'attirance qu'il éprouvait pour la jeune femme, Véritas était tout ce qui lui restait de sa mère. Son choix était dont fait, c'était Véritas au détriment d'Elena qu'il allait devoir faire souffrir à chaque seconde de chaque jour.


Note de l'auteure: Alors ce chapitre, il vous a plus? Que pensez-vous des d'Elena heureuse lorsqu'elle croit qu'il y a de l'espoir? De Damon qui saute sur tout les prétextes pour s'en prendre à elle? De la dispute Delena? Du fait qu'Elena defendent les deux frères face à Giuseppe malgré tout? Du moment où elle reprend du poil de la bête? Du chien auquel elle se lie? De Damon? De son état d'esprit?

Comme toujours j'attends vos avis et vos théories sur la suite avec impatience.

Bises & à bientôt.

Amandine.