Merci beaucoup aux deux personnes qui ont posté un commentaire. Voici donc la suite, où Ezio fait plus ample connaissance avec Clara.
Pour ce qui est de l'italien, ne parlant pas cette langue me suis donc débrouillée comme j'ai pu. Je m'excuse donc auprès des italophones (si c'est bien le terme), pour les fautes éventuelles.
Bonne lecture ^^
Ezio approcha du miroir. Il détailla la jeune femme à l'intérieur. Elle portait un pantalon bleu qui la moulait, ainsi qu'un curieux haut blanc à fines bretelles.
« Ah enfin ! J'ai bien cru ne pas arriver à vous reparler.» dit-elle.
« Vous revoilà. Je me demandais si je reverrais à nouveau ce phénomène.» répondit Ezio.
« Je vous ai manqué ? C'est mignon.» sourit Clara avec amusement.
Ezio sourit aussi, amusé par sa répartie.
« Comment faites-vous ça ? » s'enquit-il.
« Avec du mal. Cela me demande pas mal de concentration et de volonté pour arriver à vous parler, messere Auditore. Je ne maîtrise pas encore bien le phénomène. Il est unique dans son genre.»
« Je crois aussi. Puis-je connaître votre nom au moins ?»
« Clara. Clara Miles.»
Si Ezio croyait avoir tout vu avec ça, il se trompait. Ce nom … il le connaissait. Comment aurait-il pu l'oublier ? Minerve, cette étrange créature enfermée dans la pomme d'Eden l'avait mentionné devant lui.
« C'est donc toi.» souffla-t-il.
Clara sourit avec douceur.
« Oui c'est moi. Moi à qui Minerve destinait son message. »
« Tu connais Minerve. Tu me connais moi également … qui es-tu donc ? »
Ezio ne s'était pas aperçu qu'il la tutoyait à présent. Clara ne s'en formalisa pas, elle préférait même qu'il en soit ainsi, après avoir assisté à la première partie de sa vie d'Assassin.
« Je me demande si tu vas me croire.»
« Au point où j'en suis.» répliqua Ezio.
« Bien vu. En réalité je suis ta lointaine descendante. Je vis en l'an 2012, autrement dit cinq siècles plus tard. Possédant ton ADN en moi, je peux visualiser ta vie grâce à un appareil appelé l'animus.»
Ezio cligna des yeux. Y'en avait d'autres comme ça ? Fallait qu'il arrête de se castagner avec les gardes, il avait dû prendre un coup sur la tête.
« Tu … ma descendante ...»
Il n'avait pas tout comprit -c'était quoi un ADN ?- et sentait encore plus perdu.
« Mais comment est-ce possible ?»
« C'est la grande question. »
Une voix retentit de l'autre côté de la porte.
« Ezio ? A qui parles-tu ?»
« C'est ma mère.» fit le brun.
Il se rendit auprès de la porte, ouvrit puis convia Maria à l'intérieur. Il la mit devant le miroir.
« Mère, voyez-vous la même chose que moi ?» demanda Ezio.
« Oui, nos reflets.»
« Et c'est tout ? »
« Oui pourquoi ? Que suis-je censée voir ?» s'étonna Maria.
L'Assassin n'y comprenait décidément plus rien. Était-il donc le seul à voir cette Clara ? Maria lui demanda à nouveau à qui son fils parlait. Ce dernier répondit qu'il réfléchissait tout haut. Sa mère le fixa un instant, puis décida de quitter la pièce. Ezio soupira. Regardant le psyché, il revint vers lui.
« Pourquoi elle ne t'as pas vue ? » demanda-t-il en montrant la porte.
« Eh bien je crois que c'est parce que c'est à toi, et à toi seul que je suis connectée.» avança Clara.
Ezio laissa retomber son bras. Eh bien, lui qui souhaitait savoir quel était le visage de cette Clara mentionnée par Minerve … seulement il n'aurait jamais imaginé une chose pareille.
« Tu es vraiment ma descendante ?»
« Oui. Ce que tu vois doit être une projection de moi-même, un peu comme Minerve. C'est grâce à notre ADN commun que je peux te parler, et à l'animus.» répondit la brune.
« C'est quoi un na de naine ? »
« A. D. N. C'est ce qui est à la base de la vie. Une série de données présente au plus profonds de nous-même. Il se transmet de parent à enfant. C'est ce qui fait qu'un humain ressemble à un humain, un chien à un chien etc.»
« Et l'animus ? » demanda à nouveau Ezio.
« Une machine qui lit les souvenirs cachés dans cet ADN. Ainsi, moi par exemple je t'ai vu naître, affronter les Pazzi dans un vrai combat de coqs et … la façon dont tu es devenu un Assassin.»
« Tu as réellement vu tout ça ? » s'étonna-t-il.
Incroyable. Pourtant, elle avait mentionné son affrontement avec Vieri de Pazzi et sa bande, dans sa jeunesse. Détail qu'elle ne pouvait pas connaître sans l'avoir effectivement vu.
« Comme je te le dis. Si tu veux des preuves en voilà : ton père s'appelait Giovanni, tes frères Federico et Petruccio. Ils ont été injustement accusés de trahison et pendus pour ça. Tu y as échappé car tu étais absent le jour de leur arrestation, tu étais chargé d'apporter un courrier. Suite à ce tragique événement tu as quitté ta ville natale pour te réfugier avec ta mère Maria et ta sœur Claudia à Monteriggionni. Je m'y trouve au passage, dans ce qui fut la villa Auditore.»
Clara lui parla ensuite de sa traque contre les conjurés responsables de la mort de sa famille. Les yeux d'Ezio se voilèrent à ce souvenir horrible. En tout cas, Clara disait la vérité. Elle devait donc bien être apparentée à lui.
« Très bien je te crois. Si inimaginable que ce soit.» décida Ezio.
« A qui le dis-tu. Mais je suis quand même contente de pouvoir te parler.»
Ezio garda le silence, contemplant l'image de sa descendante. Il vivait là un moment absolument unique. Certains parents décédaient avant de connaître leurs enfants. Bon, Clara n'était pas sa fille, à tout point de vue ils étaient relativement étrangers l'un à l'autre. Cinq siècles les séparaient. Il s'approcha encore un peu, une trentaine de centimètres le séparant à présent de la glace. Peut-être pourrait-elle lui fournir quelques réponses.
« Alors dis-moi Clara, que dois-tu faire avec le message de Minerve ? »
« Je l'ignore encore. J'ai reçu le message très récemment : une semaine, deux tout au plus. Je cherche la pomme d'Eden, que tu dois encore avoir en ta possession afin d'accéder à un sanctuaire.» répondit la brunette.
« Je vois. Donc si tu connais cet artefact cela signifie que les Assassins existent encore, et par extension les Templiers.» devina l'Italien.
« Exact. Et on leur flanque toujours des châtaignes à tout bout de champ. Tout va bien quoi.»
Ezio sourit à nouveau. Elle commençait à lui devenir sympathique cette petite.
« Tout de même, cinq cents ans plus tard et ils sont toujours là. C'est décourageant en vérité.» dit-il en s'appuyant contre un angle de mur.
« Et nous aussi, nous sommes toujours là. Ne t'inquiètes pas Ezio, tu ne te bats pas en vain, ni toi ni les autres. Vous avez retardé leur projet, que je trouve assez stupide au passage. Les gens ordinaires ne le savent pas, mais ils te doivent beaucoup. C'est grâce à toi et à l'ordre que nous sommes encore libres. » lança Clara.
Ezio arrondit les yeux. Il sentit le contentement le traverser. Pour la première fois, il pensa que son combat n'était pas vain, que sa souffrance servait à quelque chose de positif.
« Tu trouves leur idée d'un nouvel ordre mondial stupide, dis-tu.» reprit-il.
« Bien sûr, et totalement utopiste. Nous priver de notre libre-arbitre, comme si c'était possible. La liberté fait partie de nous au même titre d'un bras ou une jambe. Même si les Templiers nous asservissent, cela ne changera rien. Il y aura toujours des envieux, des avides, des orgueilleux, des intolérants … tu en trouves partout, y comprit les plus hautes sphères pourtant censées être instruites. Tous ces défauts caractérisent l'être humain, et sont la vraie cause des conflits du monde. Pour obtenir durablement cet ordre mondial dont ils parlent, il faudrait changer l'homme. Or même Dieu n'y est pas parvenu. Alors de simples humains tu penses.» exposa Clara.
Ezio croisa les bras, considérant ces arguments. Cela se tenait en effet. Les Templiers voulaient un monde d'ordre et de discipline. Or ni l'un ni l'autre n'empêchaient le ressentiment envers son prochain.
« Mais tu sais, la pomme d'Eden renferme un immense pouvoir qui pourrait bien leur permettre d'arriver à leurs fins.» rappela-t-il.
« Oui et alors ? Tu crois vraiment que ça va durer cette histoire ? Moi à mon époque, on a vu les empires et les royaumes naître, vivre et mourir. Rien n'est éternel. L'empire romain a duré mille ans, mais il a fini par cesser d'être. Que les Templiers fassent de même, et il arrivera bien un jour où une personne se lèvera pour dire assez. C'est toujours comme ça. De plus, rien ne garantit que la pomme soit capable d'asservir des milliards d'humains.» répliqua Clara.
« Des milliards ? On est si nombreux que ça à ton époque ? » releva Auditore.
« Oui. J'ai appris une ou deux bricoles sur Ceux qui étaient là avant. Ils étaient très avancés, plus que nous, et je crois que les êtres humains n'avaient pas la meilleure place qui soit. Et malgré cela … ils ne sont plus là. Nous si.»
« Malgré tout, je crois qu'il ne faut pas cesser de se battre.» continua Ezio.
« Évidemment. Bon t'as prévu quoi de beau aujourd'hui ? » interrogea la brunette.
« Comment ça, tu ne le sais pas ? Je pensais que vu que ma vie était passée pour toi ... » s'étonna Ezio.
« Oui elle l'est, mais ce n'est pas pour autant que je sais tout. Je vois les choses au fur et à mesure. Normalement, je ne dois pas rester trop longtemps dans l'animus, c'est risqué.» informa Clara.
Son reflet commença à se brouiller, signe que son immersion touchait à sa fin. La jeune femme salua rapidement Ezio puis disparut, laissant place à l'image de l'homme dans le miroir. Ce dernier se gratta la tête. Bon, il avait fait connaissance avec elle. Le phénomène serait amené à se reproduire, il le sentait. En attendant, il devait retrouver Machiavelli.
Dans le temps présent, Rebecca déconnecta Clara de l'animus. Elle avait recommencé. Elle était à nouveau parvenue à communiquer avec Ezio. Comme la fois précédente, Miles était inconsciente.
« Je n'arrive toujours pas à comprendre comment elle s'y prends.» fit Rebecca.
« En tout cas, ça pourrait nous être utile. Si Ezio pouvait nous dire où il a caché la pomme.» dit Lucy.
« Ce n'est pas utile qu'elle lui parle pour ça. Nous l'aurions su avec la méthode habituelle. » rappela Shaun.
« C'est vrai … de toute manière, je pense qu'il est inutile de lui demander de ne pas réitérer l'exploit. Elle recommencera, s'il y a une chose que j'ai appris d'elle à Abstergo c'est qu'elle est du genre têtu. » ajouta Lucy en croisant les bras.
« Faudrait quand même pas que ça mette sa vie en danger cette histoire.» maugréa Shaun.
Le trio laissa la brune se remettre de son immersion intense. Elle reprit connaissance trois jours plus tard, et dut encore prendre du repos. Rebecca lui apporta une assiette.
« Ah merci.» fit Miles.
« Alors, ça fait quoi de pouvoir parler à son ancêtre d'il y a cinq cents ans ? » demanda la brune.
« C'est très intéressant je trouve.»
« Ouais enfin, tu nous fais perdre quatre jours à chaque fois.» lança Shaun.
Clara l'ignora complètement.
« Quand j'y repense, c'est tellement incroyable. Je ne sais même pas pourquoi j'y arrive.»
« Et nous donc.» sourit Rebecca.
En tout cas, Clara pensa que Shaun avait raison. Si elle parlait à Ezio à chaque fois qu'elle se connectait à l'animus ils perdaient du temps. Elle décida donc de laisser défiler les souvenirs un moment. Puis il fallait avouer que cette sensation de déséquilibre quand elle reprenait connaissance était vraiment désagréable.
De son côté, Ezio se demanda un soir étoilé s'il lui était possible de parler à Clara, plutôt que d'attendre qu'elle le contacte. Il n'avait pas d'animus, cependant si elle le voyait elle devait pouvoir l'entendre. Il se sentait pris de curiosité pour elle, car il fallait l'avouer depuis qu'il avait rencontré Minerve le nom de la jeune femme résonnait souvent dans son esprit. Après tout, il avait tant enduré pour que ce message lui parvienne. L'Italien attrapa un miroir de toilette emprunté à une courtisane.
« Clara ? » appela-t-il.
L'espace d'un instant, il n'y eut que son reflet. Elle lui avait dit qu'il lui fallait du temps pour parvenir jusqu'à lui, aussi Auditore patienta un moment. Il se demandait s'il n'allait pas renoncer, commença à abaisser le miroir quand il vit le reflet se brouiller.
« Houlà. Comment ça se fait que tu es en aussi gros plan ? » demanda Clara.
« Bonsoir Clara, sourit Ezio. Je suppose que c'est à cause du miroir, il est assez petit.»
« Pardon, bonsoir. Alors, tu voulais me parler ? »
« Si euh … c'est un peu idiot en fait. » répondit le brun, embarrassé.
« Dis toujours, je verrais bien si c'est stupide ou pas.» reprit Clara.
« D'accord. C'est juste que … pendant longtemps j'ai souhaité pouvoir mettre un visage sur ton nom. J'étais une sorte de prophète, mais cela m'a tellement coûté.» commença Ezio.
« Oui j'ai vu ça. Tu n'as vraiment pas eu une vie facile. Cependant, tu as aidé beaucoup de gens ne l'oublie pas.»
« Je sais mais … je ne peux m'empêcher de me demander si cela en valait la peine. Je veux dire … pourquoi maintenant ? Pourquoi Minerve ne t'a-t-elle pas parlé directement à toi ?» questionna Ezio.
« Peut-être parce qu'elle ne pouvait pas. Ou bien alors, parce qu'ainsi tu as pu voir ce que ces artefacts étaient, ce qu'ils pouvaient faire, et donc qu'il fallait à tout prix éviter que ça ne tombe entre de mauvaises mains. Je crois qu'une partie de ce message t'était malgré tout destiné, que tu puisses toi aussi avoir des réponses.» suggéra Clara.
« Si … d'une certaine manière j'en sais un peu plus.» convint Ezio.
« Ce sera utile à l'ordre des Assassins également. Que chacun sache pourquoi ils doivent garder ces objets, un minimum. Ne t'inquiètes pas, tu n'as pas subi tout ça pour rien.»
Ezio sourit à nouveau. Oui, sans doute quelques bonnes choses étaient sorties de tout cela, si on en croyait ceux qu'il avait côtoyé durant sa traque. Et voilà qu'aujourd'hui cette histoire de pomme revenait sur le tapis. Il allait devoir se lancer à nouveau à sa poursuite.
« Le doute te traverse on dirait.» continua Clara.
« Qu'est-ce qui te fait penser ça ? »
« Je le vois dans tes yeux. Ne te bile pas trop Ezio. Fais de ton mieux, donne-toi à fonds comme tu l'as fais précédemment. Ça se passera bien.»
« Si tu le dis.»
« Je l'affirme même. De toute manière je te surveille.»
« Non mais … voilà qu'une bambina va me dicter ce que j'ai à faire ! » s'amusa Ezio.
« Bambina ? Tu t'es regardé grand-père ?!»
« Sale gosse ! »
« Vieux croûton ! »
« Novice ! »
« Néophyte toi-même ! »
« Gamine.»
« Vieux schnock.»
Ils continuèrent leur échange de politesse durant cinq bonnes minutes. Au moins, sa descendante avait de la répartie. Voilà de quoi lui changer les idées. Clara de son côté, admit qu'il était plaisant de voir les yeux chocolat de son ancêtre pétiller à nouveau. Toutefois, l'échange prit fin quand la transmission se brouilla à nouveau.
« Bonne nuit Ezio ! À la prochaine ! »
« Bonne nuit bambina. »
Ezio crut entendre un grognement, ce qui le fit glousser. Il posa le miroir à côté de lui, puis s'allongea bras croisés derrière la nuque, un petit sourire aux lèvres.
Le jour suivant, l'Italien se retrouvait de nouveau à arpenter les toits de la cité de Rome. Il épingla le garde devant lui. Avisant ensuite une poutre donnant sur le vide, il s'y aventura. En-dessous, une charrette remplie de fleurs rose. Il se leva et commença à écarter les bras.
« EZIO NON ! » entendit-il dans sa tête.
« Ouwaaaah ! »
L'Assassin sursauta, agita les bras pour retrouver son équilibre et finit par se retrouver suspendu à la poutre dos au vide.
« Clara ? As-tu perdu la testa ? J'allais faire un saut de la foi, il ne faut JAMAIS me déranger dans ces moments-là !» s'exclama Ezio.
« Ouais ben toi, c'est ta testa à toi qui a manqué d'être écrasée au sol, en plus du reste ! » rétorqua la brune.
« Cosa ? »
« Regarde en bas.»
Penchant alors la tête en arrière, Ezio aperçut son chariot de fleurs s'en allant. S'il avait sauté il ne serait plus qu'un tartare d'Auditore à présent.
« Diamine. » souffla-t-il.
« J'ai vu le conducteur monter sur sa charrette au moment où tu écartais les bras. J'ai préféré t'avertir. » expliqua Miles.
Ezio se remit à l'endroit, une jambe pendant dans le vide.
« Eh bien, on dirait que c'est la seconde fois que tu me sauve la vita, bambina. Grazie mille.»
« Y'a pas de quoi papy. »
« Enfin évite quand même de me hurler dans la testa la prochaine fois.»
« Oh sûr, je t'enverrais un parchemin ça va tellement plus vite. Idiota.»
Ezio leva la tête au ciel. Ses journées n'allaient pas être tristes désormais. Bon, il était peut-être temps de descendre de là. Gentiment cette fois. Il retrouva le sol avec un contentement inhabituel. Il regarda dans la direction où était partie sa charrette. Si Clara n'avait pas été là … enfin il se comprenait. Ezio sentit un frisson le parcourir. Il tourna le dos et quitta l'endroit.
Si = oui
Cosa = quoi
Testa = tête
Bambina = petite fille
Diamine = zut
Vita = vie
