Et voilà le 11ème chapitre, j'espère qu'il vous plaira. Même si, je suppose que le début sera le bémol, il s'agit d'un moment Stelena. En parlant de Stelena, si vous avez vu l'épisode 3 de la saison 5, que pensez-vous de ce qu'on a apprit les concernant? Moi je trouve cela trop facile. Ce n'est pas... ça me dérange si les scénaristes ont pour but de rapprocher Stefan et Elena. Si ça renforce le Delena, en revanche, je suis pour. Actuellement je suis mitigée, j'attends de voir ce qui arrivera dans les prochains épisodes. Et vous?
Au sujet de vos commentaires, j'y répondrai au prochain chapitre, là je dois partir au boulot! Et oui, il faut bien gagner sa croute!
En tout cas j'espère que ce chapitre vous plaira. Bonne lecture.
Chapitre 11
Stefan Salvatore n'avait pas donné signe de vie de toute la matinée. Après la soirée qu'il avait passé à écouter son père dénigrer sa pauvre mère, il n'avait pas à cœur de descendre, saluer les employés, faire comme si rien ne c'était passé face à Damon, qui, à coup sur le harcèlerait de questions afin de savoir si leur père n'a pas été trop bourru envers lui.
Alors, le jeune homme a préféré passer la matinée dans sa chambre. Il n'avait d'ailleurs pas prévu d'en sortir de la journée, encore perturbé par la violence des paroles prononcées par Giuseppe. Mais lorsqu'il vit miss Elena seule avec les enfants, il se dit que l'occasion d'apprendre à la connaître s'offrait à lui sur un plateau d'argent.
Non, le jeune homme n'avait vraiment rien de calculer à l'esprit, il ne pensait à rien de malsain, il souhaitait juste parler avec elle. Savoir qui elle est.
Ainsi, il se vêtit correctement et descendit dans le jardin, où la jeune femme était assise dans la neige, trois bébés auprès d'elle, à gazouiller joyeusement pendant que les enfants plus âgés courraient et s'amusaient à donner vie à des bonhommes de neiges.
«Bonjour miss Elena. Comment allez-vous?»
La jeune femme sursauta presque en entendant la voix de Stefan. Il l'avait prise par surprise, elle ne s'attendait pas à ce que quelqu'un arrive derrière elle. Encore moins à ce que Stefan lui adresse la parole dans un contexte plus privé. Mais elle ne lui en voulait pas. Elle le comprenait. Elle comprenait les frères Salvatore et pourquoi ils se sont montrés si distants et froids envers elle. Non seulement elle les comprenait, mais en plus, elle ne leur en voulait pas.
«Bien, sourit-elle. Vous en revanche… Vous semblez mal, se rendit-elle compte. Est-ce à cause de ce qui s'est passé hier? Je suppose que votre père n'a pas été tendre lorsque vous êtes parti le rejoindre. Écoutez, je sais pertinemment que tout cela est de ma faute, je suis désolée que mes décisions vous ait porté préjudices.»
Stefan releva timidement la tête, surprit que miss Elena ait immédiatement remarqué son malaise. Après tout, elle ne le connaît que depuis quelques jours, il fallait qu'elle soit observatrice, très empathique et très compatissante pour l'avoir remarqué.
«Vous savez Stefan, je ne mords pas. Si vous en ressentez le besoin, vous pouvez vous confier à moi, lui proposa-t-elle généreusement.»
Cependant le jeune homme dut décliner cette proposition. On lui a toujours apprit qu'un homme doit se montrer fort et ce n'était surement pas en s'épanchant sur miss Elena qu'il honorera son éducation.
Malgré tout, la jeune femme insista et lorsqu'il croisa son regard angélique, si soucieux de son bien-être, Stefan ne put que lui céder.
Cette fille est belle, généreuse et à l'écoute, elle arrive à vous mettre dans une confiance telle qu'on ne peut que se confier à elle.
«Ma mère est décédé, je n'avais que sept ans, lui dit-il d'une petite voix. J'ai quelques souvenirs d'elle, mais… sa mort, les jours qui l'ont précédé, je ne m'en souviens plus. Mon frère dit que c'est parce qu'on était avec elle lorsqu'elle a… Bref, apparemment cette scène m'avait perturbé et… j'ai oublié beaucoup de chose la concernant et j'ai tout oublié de sa mort. Excepté son enterrement. En réalité, j'ai l'impression que je ne me rappelle plus vraiment d'elle. Alors entendre père… Hier soir, il n'a eu de cesse de la rabaisser. Mon père voulait bien faire, il voulait m'expliquer sa vision de ce qu'une femme doit être. C'est un homme dur avec des idées assez strictes. Il pense que les femmes doivent se taire face aux hommes. Il n'a pas apprécié que vous lui teniez tête, et votre comportement lui a rappelé celui de ma mère. Je n'ai pas le souvenir d'elle comme étant méchante… Damon dit que père l'a manipulé pour l'épouser seulement parce qu'elle venait d'une famille aisée. Il s'est même mis en tête que Véritas n'appartenait pas à père mais à mère! Si c'était le cas, notre père nous rendrait ce qui nous revient de droit! C'est un homme de principes, malgré tous ses défauts. Mais leur mariage était catastrophique, je suppose que c'est pour cela que Damon croit à toutes ces chimères. D'autant plus avec tout ce que Cordélia a pu nous raconter après la mort de notre mère. Elle n'a pas voulu mal faire mais elle n'a fait que nourrir l'imagination de mon frère. Apparemment, après le mariage de mes parents, père s'est montré… disons, «tel qu'il est» et… entre ma mère et lui, c'est devenu l'enfer. Mère avait du caractère et… enfin, elle n'a pas apprécié d'avoir été utilisée ainsi. Et puis, apparemment la naissance de mon frère n'a rien arrangé. Bien au contraire. Véritas était en construction à l'époque et père ne voulait pas d'enfant tant qu'il n'avait pas de situation. Alors l'arrivée de Damon… C'est surement pour cela qu'ils ne s'entendent pas tous les deux. Père a toujours été distant, voir méprisant, envers mon frère. Et Damon… j'étais trop jeune pour comprendre, mais contrairement à moi, Damon n'avait que notre mère. Alors quand elle est morte… Je me souviens qu'elle le protégeait toujours, dans n'importe quel conflit, elle prenait le parti de mon frère. Elle se montrait toujours plus bienveillante envers Damon qu'envers quiconque d'autre. Petit, je croyais, tantôt qu'elle le préférait, tantôt que j'étais trop gentil pour avoir besoin que ma mère me protège, mais en grandissant j'ai comprit qu'elle était le seul parent présent pour mon frère. Et je comprends mon frère. Je comprends pourquoi il se montre si insolent envers notre père, je comprends pourquoi il se met constamment dans un tas d'ennuis. À part moi, mon frère n'a personne.»
Elena fut abasourdie par tant de révélations. Elle ne s'attendait pas à ce que Stefan lui parle de sa mère. Elle aurait pensé que tout tournerait autour de Giuseppe, de la dureté qui le qualifie, mais en réalité le totalitarisme du vieux n'était qu'une partie de la souffrance de Stefan. Au fond, il restait un petit-garçon traumatisé par la haine que portait son méprisable père à l'égard de son frère ainé et de sa défunte mère et hanté par le décès de cette dernière. Dans cette famille, il y avait tellement de non-dits, tellement de mystères, qu'il n'est pas étonnant que les deux frères souffrent tant, chacun à leur manière. Stefan enfermé dans son obéissance, à ne jamais prendre le risque d'entrer en conflit avec son despote de père. Damon à se rebeller contre la terre entière et à masquer ses émotions les trois quart de son temps pour éviter d'avoir à admettre qu'il est malheureux et que sa mère lui manque.
C'était si triste. Tout n'est que souffrance, ou presque. Elena a toujours désiré en savoir plus sur la vie des Salvatore avant qu'ils ne deviennent vampires, mais maintenant qu'elle découvrait leur existence en tant qu'humain, maintenant qu'elle connaissait la tristesse qui les habite depuis leur enfance, son cœur saigne pour eux. Ni Damon, ni Stefan ne mérite tant de douleur et d'oppression.
«Je suis désolé, je ne voulais pas vous attristée, murmura Stefan en lisant du chagrin dans le regard d'Elena. Je n'aurais pas du…
- Non. C'est moi qui vous ai demandé de me parler, je… Je ne m'attendais juste pas à tant de douleur dans cette demeure, se justifia-t-elle, d'une petite voix émue. Je suis tellement désolée pour vous et votre frère. Votre mère devait être une personne formidable, je suis persuadée qu'elle serait fière de vous Stefan. Elle vous aimait, c'est certain. Et oui, elle protégeait certainement beaucoup plus votre frère. Je comprends pourquoi. Vous l'avez dit vous même, Damon n'avait personne d'autre, excepté votre mère. Vous, depuis votre naissance, vous aviez un grand-frère. Et votre père est moins austère envers vous. Vous l'aviez elle et vous aviez un grand-frère sur lequel vous appuyer. Damon n'avait que votre mère. En apparence, votre frère semble le plus fort, il se cache derrière son arrogance, sa sournoiserie, son insolence. Et c'est vrai, votre frère est celui qui est capable de faire face à votre père, il est fort, mais au fond, il est resté ce petit-garçon qui souffre de la persécution d'un père qui ne l'aime pas, qui souffre d'avoir perdu sa mère trop tôt. Et vous… oh Stefan, vous êtes un jeune homme adorable, mais ne croyez-vous pas qu'il soit grand temps de prendre votre vie en main? Cesser de chercher a satisfaire votre père, prenez des décisions par vous même, pour vous même. Prenez des décisions qui feront votre bonheur. C'est ce que votre mère aurait voulu.»
Puis un long silence s'installa. Elena songea que peut-être elle était allée trop loin en jouant le docteur Freud. Certes elle tentait de comprendre un peu mieux Damon et Stefan, mais elle n'avait pas à jouer leur psychologue. Peut-être a-t-elle froissé son interlocuteur en lui disant comment il devrait agir?
Mais ce n'était pas une réplique de Giuseppe qu'elle avait à côté d'elle, il s'agissait de Stefan, le gentil Stefan, conscient de n'agir que selon la volonté du père en réprimant ses propres désirs pour satisfaire ceux d'un despote sans cœur. Il n'était nullement contrarié des conseils prodigués par miss Elena, au contraire, il lui adressa un sourire, reconnaissant qu'elle se soucie tant de lui et de son frère.
Les deux jeunes gens restèrent un long moment dehors, et lorsqu'ils rentrèrent à l'intérieur de l'immense demeure blanche, ils continuèrent leur conversation. La jeune femme posa une multitude de questions, au sujet de Damon principalement, Stefan admirait tellement son grand-frère qu'il ne tarissait pas d'éloges à son sujet. Et puis, au cours d'une conversation où le jeune homme reparla de l'obsession de son ainé pour Véritas, la jeune femme ne put s'empêcher de supposer que peut-être Damon n'avait rien imaginé et qu'il s'agissait de la vérité pure. Après tout, Cordélia, elle aussi, a, plus d'une fois, déclaré que la propriété et les affaires familiales n'appartiennent pas à Giuseppe.
Malheureusement, Stefan ne voulait pas entendre une telle hypothèse, il refusait de croire que son père puisse être capable de leur voler leur héritage. C'était trop difficile à concevoir. Son père serait un monstre s'il avait commis un tel acte.
Vers dix-huit heures trente, alors que la température chutait au point que la neige qui tombait laissa place à de la gelée, Damon Salvatore rentra au bercail par la porte de service, deux immenses bouquets de roses dans les bras. Des rouges sanglantes pour miss Elena, des roses pour sa gouvernante, gardienne de ses secrets et de sa relation avec la jeune femme.
Pour la première fois, il était heureux. Jamais la perspective d'un rendez-vous avec une jeune femme l'avait mit dans un tel état. Mi excité, mi anxieux. Il voulait tellement que tout se passe bien… Miss Elena est une jeune femme d'exception, il se devait de lui offrir une soirée mémorable!
Seulement avant de kidnapper la jeune femme, il devait mettre son porc de père hors jeu. Et pour se faire, il devait l'occuper toute la nuit. Ainsi, il comptait faire perdre de l'argent au vieux en commettant un geste totalement dingue. Mais avant de mettre son plan à exécution, il avait besoin de savoir où chacun des habitants et des employés de la maison se trouvent actuellement, histoire de tous les savoir en sécurité. Et pour cela, il questionna Cordélia, sa gouvernante qui sait toujours tout sur tout.
Il la mit dans de bonnes dispositions avec un regard angélique, ce regard qu'il sert lorsqu'il attend quelque chose de la part d'une personne, lui tendit ses fleurs et l'entraina à l'écart afin de l'interroger hors de porté des oreilles de Thérèse, l'une des cuisinières de la maison.
Cependant Cordélia n'était pas idiote, elle connaît parfaitement ce jeune homme, elle a vu clair dans son jeu. Il s'apprêtait à commettre un acte démentiel, mais étant donné que c'était pour miss Elena, elle se rendit complice. De toute façon avec monsieur Damon, il y avait toujours une bonne raison pour qu'elle cède à ses demandes.
«Et bien… Il n'y a plus que Thérèse et moi, les autres domestiques ont terminés leur journée. Monsieur Giuseppe est dans son bureau, il a demandé à ne pas être déranger, à mon avis il ne sortira que pour… vous savez. Et monsieur votre frère étudie dans la bibliothèque, lui rapporta-t-elle. Monsieur Damon, dites moi ce que vous allez faire?
- Et miss Elena? S'enquit-il, sans prêter attention à la question de sa gouvernante.
- Occupée à prendre un bain! Répondit la gouvernante. Monsieur Damon, cette jeune femme n'est point comme ces filles que vous avez pu «fréquenter». Elle…»
Mais le jeune homme ne l'écoutait déjà plus. La seule chose qu'il déclara en quittant la pièce, fut que miss Elena était spéciale. Ce n'était pas très explicite comme annonce, mais suffisant pour rassurer Cordélia. Monsieur Damon en disait toujours moins que ce qu'il ressentait réellement. Dire que miss Elena est, pour lui, spéciale, signifie qu'il tient vraiment à elle et qu'elle n'est point une de ces filles qu'il a pu «fréquenter» par le passé.
«Décidément ce garçon ne ferra rien comme les autres, soupira Thérèse en croisant le regard de Cordélia. Mais je dois bien avouer que voir la tête que ferra monsieur Salvatore en réalisant que son fils a séduit miss Elena sera un moment épic et hilarant.
- Assurément j'espère que nous serons présentes ce jour là! Rigola Cordélia. Mais surtout j'espère que les petits se seront protégés auparavant. Il ne faudrait pas que ce porc les sépare! Enfin, heureusement, monsieur Damon semble vouloir faire les choses bien avec miss Elena. Il est tout de même grand temps pour ce garçon de se poser! Et miss Elena… Elle est adorable! Et surtout, elle tient assurément très fortement à notre jeune protégé! Déclara la gouvernante avant de se ressaisir. Bon, ce n'est pas tout, mais vous et moi avons du travail, remettons nous y. À papoter ainsi, miss Elena va finir par m'attendre à l'étage et elle ne sera pas prête pour sa soirée!»
Et après avoir mis ses fleurs dans un vase et attraper un second pour le monter dans la chambre de la jeune femme, la gouvernante se pressa à monter à l'étage, afin d'aider miss Elena à se vêtir, se maquiller et se coiffer.
«Damon est-il déjà arrivé? S'inquiéta Elena aussitôt qu'elle vit Cordélia.
- Oui. Mais ne vous inquiétez pas, vous n'êtes point en retard. Monsieur Damon règle le souci «monsieur Salvatore», lui apprit la gouvernante. En attendant, nous avons tout le temps de vous mettre sur votre trente et un!»
Et une heure plus tard, Elena resplendissait dans sa robe indigo. Ses cheveux étaient remontés en un éblouissant chignon, volumineux. Elle était maquillée avec élégance et discrétion. Son style différait fortement de celui qu'elle abordait au vingt et unième siècle qu'elle eut bien du mal à se reconnaître dans le miroir. Cordélia a fait un travail formidable, Elena n'espère plus qu'une chose: plaire à son cavalier.
«Croyez moi, monsieur Damon sera fou lorsqu'il vous verra, sourit la gouvernante.
- Je l'espère, murmura Elena. En tout cas la robe qu'il m'a offerte est magnifique.»
Puis, alors que la jeune femme s'apprêtait à s'installer dans un des fauteuils de sa chambre, des cries se firent entendre dans toute la maison.
La grange, située à l'autre bout du jardin, face à l'écurie, le lieu où les récoltes de la plantation sont entreposées, prenait feu. On entendait déjà le vieil avare hurler qu'il allait perdre des milliers de dollars.
«À mon avis, avec cette étrange coïncidence, monsieur Salvatore va être occupé tout la nuit, sourit Cordélia. Monsieur Damon ne devrait plus tarder à venir vous chercher, rajouta-elle en quittant la pièce.»
Note de l'auteure: Alors ce chapitre, il vous a plu? Que pensez-vous du moment Stefan/Elena? De ce que Stefan lui confie? De ce qu'on apprend sur les parents Salvatore? Sur Damon? D'Elena qui psychanalyse la situation? Que pensez-vous de Damon heureux? Ça sent le rendez-vous galant tout ça! Du fait qu'il offre des fleurs à Cordélia et Elena? De comment il arrive à amadouer sa gouvernante? Que pensez-vous aussi de la conversation Thérèse/Cordélia? Et que pensez-vous de ce mystérieux feu dans la grange?
Comme toujours j'attends vos avis avec impatience.
Bises & à bientôt.
Amandine.
