La suite et le tournant de la fic. La communication entre Ezio et Clara se fait cette fois de manière inattendue. Pour tout le monde.
Merci pour tout vos commentaires et bonne lecture !
« Oh tu l'as ramené. Chapeau coco.» déclara Miles, allongée sur l'animus.
« C'est moi que t'appelle coco ?» répondit Shaun.
« Quoi tu préfères poulet peut-être ?»
Shaun roula des yeux. Néanmoins, il se sentait satisfait qu'elle reconnaisse sa réussite. Rebecca s'approcha en même temps que Clara.
« On dirait une pomme d'Eden. Sauf que c'est en cristal de roche.» dit Crane.
L'objet présentait la même taille et les mêmes motifs.
« Et à quoi ça pourrait bien servir d'après vous ?» demanda Miles.
« Aucune idée, c'est peut-être destiné à alimenter un temple.» répondit Lucy.
Tous quatre restèrent un moment à contempler l'objet. Était-ce un essai pour une pomme d'Eden ? Quels pouvoirs celle-ci possédait-elle ? C'était là l'occasion d'avoir un aperçu de que l'autre artefact était en mesure d'accomplir.
« On va étudier tout ça pendant que miss Miles se trouve dans l'animus, qu'en pensez-vous ?» proposa Shaun.
« Pourquoi pas.» concéda Lucy.
L'étrange objet se mit à scintiller.
« Ça brille.» dit Clara, alors que les autres pivotaient.
« Quoi ? » demanda Lucy.
Clara posa la main sur la pomme en cristal et la prit. L'objet se mit à briller plus fort, envoyant des rayons de lumière partout.
« Repose-la ! lança Shaun en tendant une main.
Mais la lumière se fit aveuglante. Clara sentit la paume de sa main la brûler.
« J'en ai fais une belle je crois !» se dit-elle en fermant les yeux.
La lumière cessa enfin. Sauf que … Clara Miles n'était plus là.
« Ne me dites pas … qu'elle s'est fait désintégrer ?» s'alarma Shaun.
Une angoisse sans commune mesure lui compressa la poitrine.
Ville de Rome, seizième siècle.
« Rattrapez ce cane ! » hurla une voix.
Ezio Auditore se retrouvait dans les rues de la cité éternelle pour son jogging habituel, coaché par les gardes des Borgia. Lui qui venait tout juste de visiter les souterrains de la ville s'était fait repérer par une milice. Il n'avait eu que le temps d'en égorger deux que d'autres arrivaient en renfort. Eh bien, qu'ils essaient donc de l'attraper s'ils pouvaient. Ezio slalomait entre les citoyens. De temps à autre, il attirait les gardes à des angles de rue ou près d'un tas de foin, d'une charrette de fleurs depuis lesquels il les transperçait de ses lames secrètes. Petit à petit, il réduisait le groupe à ses trousses.
L'homme pencha la tête vers l'extérieur. Devant lui, une meule de foin. Parfait, il pourrait s'y dissimuler le temps que la meute des Borgia se calme. L'Assassin s'approcha discrètement, pendant que ses adversaires se concertaient sur la direction qu'il aurait pu prendre. Ezio s'apprêta à plonger dans la paille, quand il lui sembla entendre une voix familière. Il tourna la tête, mais ne vit personne.
« Ça vient d'en haut on dirait.» pensa-t-il.
Ezio leva alors la tête … pour découvrir qu'une personne lui tombait dessus. Auditore ne put qu'écarquiller les yeux devant l'imminence de l'impact. Puis il se retrouva violemment projeté dans le foin, les pieds seuls dépassant.
« Ouch ! Ma che ...»
Ezio se figea en apercevant le visage de l'individu l'ayant si gentiment fait mordre la paille. Non impossible … ce ne pouvait pas être ...
« Clara ?»
« Ezio ? C'est toi ?» répondit Miles.
Tous deux restèrent un instant à se dévisager. Mais comment était-ce possible ? Il n'y avait aucun miroir autour, et … et quand bien même comment diable la jeune femme avait-elle franchi cinq siècles de différence ? Ezio entendant des bruits de pas tout près reprit le premier ses esprits. Il remarqua que leurs pieds respectifs dépassaient du foin. Il saisit la jeune femme par la taille, la fit basculer sur le côté puis lui demanda de se camoufler en vitesse. Tous deux entendirent ensuite les gardes passer tout près. Ils palabrèrent un moment, puis sen allèrent. Dans le foin, deux soupirs retentirent. Prudemment, Ezio émergea. Il tendit ensuite la main à Clara pour l'aider à se lever. Ensemble, ils quittèrent l'endroit.
« Bon, ici on devrait être tranquilles.» dit Ezio.
Il s'arrêta au milieu d'une ruelle déserte, puis se tourna vers celle qui l'accompagnait. Pas de doute possible, il s'agissait bel et bien de sa descendante qui quelques jours plus tôt dialoguait avec lui via un miroir. Et la voici aujourd'hui en chair et en os devant lui.
« Comment … comment diable es-tu arrivée là bambina ?» demanda-t-il perdu.
« Si je le savais ! J'étais en train d'examiner une relique ressemblant à la pomme d'Eden, quand celle-ci s'est mit à briller comme une ampoule. L'instant d'après, je me suis vue traverser un espace blanc à toute vitesse, et je te suis tombée dessus.» raconta Clara en levant les mains.
Ezio cligna des yeux. Cette histoire prenait une sacrée tournure à présent. Parler avec une personne cinq cents ans plus tard était déjà extraordinaire, mais si en plus elle décidait de venir vous rejoindre...
« Mais … mais enfin tu … tu n'es pas censée être là !» s'exclama Ezio en désespoir de cause.
« Faut que t'arrête le saut de la foi toi, ça t'endommage le cerveau. Évidemment que je ne suis pas censée être là ! Seulement maintenant j'y suis, par la grâce de cette copie de pomme d'Eden. Ne me demande pas pourquoi ni comment, je n'en sais rien.» répliqua la brune.
De fait, Auditore ne savait quoi dire. Il resta planté là comme une tige à dévisager sa descendante. Que devait-il faire ? Qu'allait-il même dire aux autres s'il la ramenait avec lui ? Car il ne se voyait décemment pas la laisser dehors toute seule, dans un endroit et un monde dont elle ne connaissait rien.
« Je vais avoir besoin de réfléchir. Bon, venga con me.»
Clara lui emboîta aussitôt le pas. L'Assassin vérifia avec plus de prudence qu'aucun garde ne les apercevait. Il pressentait une catastrophe si jamais la demoiselle tombait entre les mains de l'autorité. Sans nul doute elle serait accusée de sorcellerie et alors là … cheminant ainsi avec des arrêts fréquents, Ezio ramena une visiteuse du futur à la Rose Fleurie.
« Tu sais grimper ?» demanda-t-il devant le bâtiment.
« Oui. J'imagine donc qu'on ne va pas entrer par la grande porte.» comprit la brune.
« En effet, il serait étrange que j'amène une inconnue dans ma chambre pour ensuite la présenter plus tard. Et il nous faut une histoire crédible.»
Sur ce, il bondit après une fenêtre. Clara le suivit sans hésitation et sans peine, merci l'effet de transfert. Il poussa la fenêtre de sa chambre, entra et aida la brune.
« Bien. Nous allons déjà déterminer d'où tu viens.» annonça Ezio.
« Hmmm … j'ai un prénom à consonance latine, on peut prétendre que je viens d'Espagne ou du Portugal.»
« Va pour le Portugal, cela évitera que l'on t'assimile aux Borgia. Par contre ton nom de famille n'est pas du tout latin.» reprit Ezio, appuyé contre une commode.
« Non, il est américain.»
« Le nouveau monde ?»
« Exact. Voyons … je crois que j'ai trouvé. Clara Marques. Ça devrait aller. Pour ce qui est de la raison de ma présence ici, disons simplement que je suis en mission, et que ça m'a conduit dans ce pays.» répondit-elle, anticipant la prochaine question.
« Tu crois que ça suffira ?» questionna Ezio, sceptique.
« Qui veux-tu qui aille vérifier ? Par contre, évite d'envoyer tes recrues au Portugal, autrement tu vas me plomber ma couverture.»
« Mouais. Va bene. Enfin ça ne me dis toujours pas ce que je vais faire de toi.» reprit Ezio en se passant la main dans les cheveux.
« Pas bien compliqué ça. Je vais te coller au train.» lança Miles.
« Cosa ?!» s'exclama Auditore.
« Tu as très bien compris. Et t'inquiètes, j'ai les compétences pour, grâce à toi au passage. Sinon, je dois savoir où tu vas planquer la pomme d'Eden une fois que tu l'auras.» rappela Clara.
« Ma … je travaille en solo. Et pour la relique je te la donnerais si tu veux.» objecta Ezio.
« Eh bien tu vas faire une exception. De toute manière je n'ai rien de mieux à faire. Puis on verra pour la pomme, en espérant que ça ne perturbe pas trop la cohésion du temps.» continua la brune.
Ezio soupira. Dans quelle histoire s'était-il encore embarqué ? Bon, d'un autre côté qu'elle soit avec lui éviterait probablement des questions embarrassantes. Plus ou moins.
« Il va donc te falloir une tenue appropriée. Nous en avons dans notre repaire.»
« Morfidable. On n'oublie rien ?»
« J'espère juste que personne ne te demandera de parler portugais.»
« Les probabilités sont faibles.»
Ils allaient donc pouvoir rejoindre le repaire des Assassins, plus loin que la Rose Fleurie. Ezio avait amené sa descendante au plus près. Ils s'en allèrent de la même manière. Le brun conduisit sa nouvelle coéquipière dans leur repaire, s'assurant tout de même que personne ne s'y trouvait. Vite il dénicha une tenue de recrue pour Clara, qui s'empressa de la revêtir.
« Bene. Je te présenterais aux autres en temps utile. Allons-y.» annonça Ezio lorsqu'elle revint.
Clara rabattit le fameux capuchon blanc sur la tête puis le suivit dehors.
« Tu pourras m'acheter de meilleures protections ?» questionna-t-elle.
« Uniquement si tu fais tes preuves.» sourit Ezio.
« Ben voyons. Si y'a que ça pour te faire plaisir. M'enfin j'aimerais bien éviter d'être trop charcutée quand même.» répondit Clara.
« Cela ne dépendra que de toi, bambina.»
« J'adore quand tu me soutiens.»
Ezio referma la porte derrière eux, puis l'amena près d'une tour appartenant aux Borgia.
« Voilà. Tout en haut se trouve de quoi incendier la tour. J'aimerais donc que tu y grimpes et fasses en sorte qu'elle prenne feu.» annonça Ezio.
« Quelque chose me dit que de ton côté, tu vas gentiment rester au sol.» lança Clara.
« Tu comprends vite. Cela va me permettre d'analyser tes capacités, afin de voir si effectivement tu es de taille à me suivre.» expliqua l'homme.
« Je commence à comprendre pourquoi tu n'arrives pas à garder une copine.»
« C'est quoi le rapport ? Et je sais garder une femme merci !» rétorqua Ezio.
« Le rapport c'est que tu mets la barre un peu haut. Et … c'est pas ce que j'ai pu voir. Allez ciao !»
Clara commença à s'éloigner. Ezio pesta sur son dernier commentaire. Il attendit qu'elle approche de la tour pour la suivre, histoire de s'assurer que tout irait bien. Clara avisa celui qui paraissait être le capitaine, au vu de son uniforme.
« Bon, vu mes protections presque inexistantes, il serait stupide de foncer dans le tas. Les lances c'est pas bon pour la peau. Je vais donc ruser.» songea-t-elle.
La brune quitta son poste d'observation. Elle regarda un instant autour d'elle, puis défit la chemise composant sa tenue. Elle noua les pans juste en-dessous de la poitrine, laissant également une large ouverture. Clara retroussa également ses manches. Ceci fait, elle approcha de la tour et se mit bien en vue du capitaine. Ce dernier stoppa net en apercevant cette belle brune au ventre tout découvert. Clara lui adressa un sourire aguicheur.
« Mais ! QU'EST-CE QU'ELLE FABRIQUE ?!» se demanda Ezio ahuri.
Il sentit une chaleur lui monter au visage devant ce petit ventre finement musclé. Le capitaine Borgia lui, jeta un œil à ses hommes. Tous étaient à leur poste, raides comme la justice. Clara plia l'index. Le soldat déglutit. La brune rejeta ses cheveux en arrière. Bon … ça ne pouvait pas faire de mal d'aller lui parler … après tout elle risquait de distraire ses hommes s'ils la découvraient ainsi. Le capitaine se mit à marcher dans sa direction. Clara lui tourna le dos et s'éloigna en prenant bien soin de rouler des hanches. Lorsque le capitaine arriva, il trouva l'endroit désert. Où était-elle passée ? Soudain, il sentit une terrible douleur le saisir. L'homme s'écroula, frappé à mort.
« Bien, le grand chef est out. Voyons comment je peux me débarrasser des autres.»
Ezio pour sa part, reconnut la valeur de la ruse. Clara avait directement frappé à la tête. Il s'était attendu à un combat en bonne et due forme, mais bon. En attendant, elle était repartie. Les deux gardes postés devant la porte de la tour la virent approcher. Ils échangèrent un regard en coin.
« Bonjour messieurs. J'aurais besoin de votre aide, il y a une grosse caisse en bois là-bas que je n'arrive pas à porter. Vous voulez bien m'aider s'il vous plaît ?» demanda-t-elle en se mordant la lèvre inférieure.
« Ben c'est que … on est consigné ici nous.» dit l'un d'eux.
« Oh allez ! Pour des hommes costauds comme vous ça ne prendra que deux minutes. Je parlerais à votre responsable s'il le faut.» continua Clara avec une petite moue.
« Bon d'accord. Mais vite hein.» fit le second garde.
Clara les entraîna donc où leur capitaine venait de périr, ayant bien entendu prit soin de cacher le corps. Elle s'arrangea pour passer derrière eux.
« Alors ? Elle est où cette caisse ?» demanda un des gardes.
En réponse, ils reçurent ses lames secrètes dans la nuque.
« Juste là, ça s'appelle un cercueil.»
Clara ne prit la peine de cacher les corps, trop lourds. A présent qu'elle avait dégagé l'avant de la tour, elle allait pouvoir y monter. Elle revint rapidement devant la bâtisse, puis sauta contre la porte. Ezio poussa un soupir. Il avait comprit que Miles était rusée, par contre pour ce qui était de ses compétences il n'en savait pas grand-chose. Clara continuait gentiment son ascension. Arrivée tout en haut, elle repéra ce à quoi elle devait mettre le feu. Les flammes dévorèrent bientôt le toit de la tour. La brunette retrouva son ancêtre, qui patientait assis sur un mur.
« Et voilà ! Mission accomplie. Je peux avoir mes protections à présent ?»
Il baissa les yeux vers elle. Tiens, elle n'avait pas remis sa chemise comme il faut.
« Ouais enfin, tu as neutralisé la tour mais pour ce qui est de tes aptitudes au combat, je n'ai pas vu beaucoup de technique.» lança-t-il.
« Il est pas contrariant lui. Il faut aussi savoir se servir de sa tête. À mon époque il y a un dicton qui dit : la plus grande des batailles est celle qu'on n'a pas menée. » répondit doctement Clara.
« Argument irrecevable pour un Assassin.» objecta Ezio, non sans jeter de fréquents coups d'œil à ce ventre.
« Donc pour toi il faut être une brute sans cervelle. Tu verras de quoi je suis capable à l'usure. Alleeeez Eziooo !»
Ah miseria. Si elle commençait à le prendre par les sentiments … le Florentin soupira puis accepta.
« Merciiii !» clama la brunette, avec un sourire éclatant.
« Nessun problema. Mais cache ton ventre veux-tu.»
« Mon … ah oui.»
Clara lui tourna le dos le temps de s'arranger.
Peu de temps après, ils se retrouvèrent devant un forgeron. Auditore fit l'acquisition d'un plastron en cuir ainsi que d'épaulettes.
« Ouf ! Ben c'est pas léger tout ça.» remarqua Miles.
« Tu t'y feras. Allez en route.»
« Où va-t-on ?»
« Au château d'un ami, Bartolomeo d'Alviano.»
« Je vois qui c'est.»
Le trajet se fit en silence, passant de temps à autre par les toits. Clara soupçonnait Ezio de vouloir tester également son endurance et son agilité. S'il savait qu'il lui avait transmit tout ceci … la nuit était tombée lorsqu'ils atteignirent la porte de Bartolomeo. Ezio toqua. Le chevalier l'accueillit bruyamment.
« Tiens ? Qui est-ce ? » demanda-t-il en apercevant Clara.
« Une consœur. Clara voici Bartolomeo d'Alviano. Bartolomeo, je te présente Clara Marques.» répondit Ezio.
La jeune femme s'avança pour lui serrer la main.
« Toujours entouré de jolies filles hein.» glissa le chevalier.
Il annonça ensuite vouloir présenter sa femme. Clara haussa les sourcils. Eh bien, fallait-il qu'elle soit patiente avec ce numéro.
« Je le croyais pourtant marié à son épée.» chuchota Clara pendant que Bartolomeo braillait.
« À vrai dire moi aussi.» répondit Ezio.
La dame fit son apparition. Après les présentations, les hommes parlèrent combat. Si le chevalier tentait de dédramatiser, sa femme mit les points sur les i sitôt son époux parti aider ses hommes. Elle chargea Ezio d'une mission. Ce dernier accepta. Lui et sa descendante passèrent la nuit au château. Ce fut la première nuit de Clara dans un château. Le jour suivant, elle retrouva Ezio à l'extérieur.
« Bien : voici un autre test bambina. Tu élimineras le capitaine Borgia qui envoie ses troupes par ici.» annonça Ezio.
« Entendu. Mais j'espère que tu ne vas pas me confier tout le boulot à chaque fois quand même ?» voulut savoir Miles.
« Je pourrais si je le voulais.» la taquina Ezio.
Clara vint alors se planter devant lui.
« Oui en effet, tout comme je peux aussi te dire non Ezio. Je te prête main-forte on est d'accord, cependant je suis pas à tes ordres compris ?»
« Hmm. Il faut pourtant bien que je t'évalue.»
« Dans ce cas pourquoi tu ne m'affrontes pas en personne ? Au moins tu serais fixé.» répondit la brune en s'écartant.
« Va bene. J'y penserais à l'occasion. Mais je désire aussi voir quel niveau tu possèdes en tant qu'Assassin.»
« J'avais compris papy.»
« Un peu de respect, sale gosse.» répliqua Auditore.
« Faudra que je t'évalue pour ça.»
« Pfffrrr !»
Ils arrivèrent bientôt sur le lieu du combat. Clara repéra aussitôt le chef : il portait une cape. Elle contourna les combattants. Le capitaine l'aperçut. Il acheva son homme et tourna l'épée vers elle. Clara ne ralentit pas pour autant. Elle opéra une esquive quand la lame siffla. Ce faisant, elle octroya un coup de pied au ventre à son adversaire. Puis profitant de ce qu'il ployait sous la douleur, Clara bondit sur lui, le renversa et planta sa lame dans le cou de sa cible. Ezio afficha un sourire appréciateur. Il aida un peu les hommes de son ami. Clara vint l'assister, ce qui lui permis de la voir un peu plus à l'œuvre.
« Pas mal du tout bambina ! Tes mouvements sont un peu étranges, mais ça semble efficace.» commenta Ezio en rengainant son épée.
« C'est du krav maga. Une technique de combat de mon époque.» expliqua Clara.
« Je vois. Vene, nous devons aller informer Bartolomeo de notre succès.»
Le chevalier du reste, les remercia avec emphase comme à son habitude. Ezio demanda ensuite à son ami si ses hommes pouvaient le tenir informé des agissements de Rodrigo Borgia et son fils Cesare. En échange, il restaurerait sa demeure. Le marché fut conclu. Un peu plus tard, Ezio retrouva Clara sur une terrasse.
« Tout va bien bambina ?» questionna-t-il en s'appuyant contre la rambarde à côté d'elle.
« Eh bien … je ne sais pas trop en fait. Je commence à réaliser que je ne suis réellement plus à mon époque, et que contrairement aux fois où je te parlais depuis un miroir le décor sera le même à mon réveil.»
Ezio comprit que ce devait être compliqué pour elle. Se retrouver ainsi projetée dans un lointain passé … et lui il ne trouvait rien de mieux à faire que la tester. Il s'en voulut un peu de son manque de considération.
« Enfin, cela aurait pu être pire il y a au moins quelqu'un que je connais et que j'apprécie.» reprit-elle avec un sourire.
« Merci bambina. Et euh … désolé pour aujourd'hui. Je suis allé un peu vite en besogne, je ne t'ai même pas laissé le temps de t'adapter. Car après tout, c'est encore plus difficile que de venir d'un pays étranger.» dit Ezio.
« Oh ça. D'un autre côté tu n'as pas tort, au vu de ce que tu accomplis. Mieux vaut être entouré par des gens qui s'y connaissent. Et nous n'avons guère de temps devant nous je suppose.» concéda Clara.
« È verità. Mais si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à me le demander, d'accord ?»
« Je n'y manquerais pas. Grazie mille mentore.»
« Je t'en prie.»
Ils restèrent encore une demi-heure à papoter, avant de regagner leur chambre.
Cane = chien
Ma che = mais que
Venga con me = viens avec moi
Nessun problema = pas de problème
È verità = c'est vrai
