Un seizième chapitre qui s'est fait attendre. Ce n'est pas le plus passionnant, mais bon.
Concernant les réponses à vos commentaires, étant donné que je dois aller bosser, j'y répondrai à la prochaine publication. Je vous remercie simplement pour votre fidélité en espérant que ce chapitre vous plaira.
À vos crocs et bonne lecture.
Chapitre 16
Désormais seule, Elena décida de prendre son temps pour regagner Véritas. Elle n'était pas pressée. Bien au contraire. Sans Damon entre les quatre murs de cette magnifique demeure, la jeune femme se sentait oppressée. Surveillée. En danger même. Elle se retrouvait dans la peau du pauvre petit chaperon rouge épier par le grand méchant loup. Et la jeune femme forte et libre du vingt-et-unième siècle détestait se transformer en une pauvre petite princesse en détresse. Elle a donné! Chez elle, trop souvent les créatures surnaturels l'ont mise dans en position de vulnérabilité, aujourd'hui elle était bien décidée à ne plus laisser qui que ce soit la rabaisser ainsi. Et certainement pas un homme représentant de tout ce qu'elle déteste. La cruauté humaine.
Mais même si elle était prête à sortir les griffes et prendre les armes, elle n'était qu'une femme, à une époque où la gente féminine est considérée comme inférieure aux hommes. Elle n'a aucun pouvoir, la société lui demande d'être belle et de se taire. Elle doit obéir aux hommes qui l'entourent, se marier et enfanter. Les femmes ne servent à rien d'autres, selon les dictats de cette époque.
Pourtant avec Damon elle a l'impression d'exister. Il ne la rabaisse pas, il ne la traite pas comme un petite chose fragile. Lorsqu'elle est avec lui elle sent qu'il la considère comme son égal. Elle reste une femme, une femme désirable, mais elle n'est pas cantonnée à cette étiquette. Bien au contraire, avec Damon elle peut discuter, philosopher, rigoler, se confier à lui… Elle n'a pas besoin de se présenter à lui comme un jeune fille lisse et dénuée d'esprit. Non, bien au contraire, son soupirant apprécie sa liberté, sa familiarité. Dés qu'elle est avec lui, elle lit dans son tendre regard une certaine admiration face à son tempérament tout feu tout flamme. Dés qu'elle est avec lui, elle sent, à travers l'attitude de Damon, à travers ses gestes, ses mots, qu'il la voit au delà de ce qu'elle devait laisser paraître. Damon voyait Elena tout comme Elena voyait Damon. Il n'y avait de masques, plus d'apparence, l'un avec l'autre, le couple se trouvait libéré des chaines de la société puritaine dans laquelle ils évoluent.
Elena soupira d'aisance. Elle se sentait tellement bien avec Damon. Dans ses bras, elle pouvait enfin se montrer elle-même. Depuis bien longtemps, la jeune femme ne s'était plus comportée avec insouciance. Les responsabilités, le devoir, tout cela, la brunette le mettait au placard dés qu'elle se trouvait avec son prétendant.
Elle était tellement heureuse avec lui! Tellement qu'elle désirait être et faire bien plus pour lui. Elle désirait tant lui donner, tant lui apporter. Elle voulait le rendre heureux et l'aider dans sa croisade pour récupérer son héritage. Pour faire court, elle souhaitait de tout cœur être «la femme derrière le grand homme».
Après tout, il était fort possible qu'elle soit coincée à jamais au dix-neuvième siècle, mais rien ne l'oblige à être une potiche. Elle peut mettre son intelligence au service de son homme et le guider jusqu'au sommet de la réussite. Tellement de femmes ont tenu ce rôle auparavant, d'autres le tiendront à l'avenir. Cela l'a toujours été, cela le sera toujours. Les femmes sont capables de beaucoup de choses par amour. Elles écoutent, elles conseillent. Ces femmes sont dans l'ombre mais ce sont elles qui portent leur couple à mains nues. Elles sont sur tous les fronts, à la fois des femmes respectables en société, des maitresses de maisons, des compagnes, des épouses, des confidentes, des conseillères, des amantes, des amies, des mères… Et elles sont prêtes à tout pour leur couple et leur famille. Ce sont elles les véritables héroïnes! Leurs maris sont peut-être des hommes de pouvoirs, mais sans ces femmes ils ne seraient rien.
Elena ne voyait aucun inconvénient à tenir ce rôle. Bien au contraire, prendre soin de Damon, le protéger et l'empêcher d'aller dans les excès était sa seconde nature. Elle aime le jeune homme et le materne à la fois. C'est plus fort qu'elle, Damon est tellement blessé dans l'âme que la jeune femme a envie de le guérir. Elle désirait seulement lui apporter du bonheur et apaiser alors ses souffrances. Et elle souhaitait l'aider par tous les moyens possibles à regagner Véritas.
Elena s'assied sur un banc, au milieu du jardin enneigé, et prit le temps de réfléchir à la situation. Que pourrait-elle faire pour chasser définitivement Giuseppe Salvatore de cette demeure qu'il a usurpé?
Elle resta un long moment, perdue dans ses pensées, songeant à diverses possibilités – certaines complètement surréalistes – pour arriver à ses fins, lorsqu'elle vit Stefan venir à sa rencontre.
Un sourire amicale aux lèvres, le jeune homme discret et oppressé par un père infâmant et despotique, venait de prendre à l'instant la décision de vivre pour lui. Il allait suivre les conseils de miss Elena et tenter de la courtiser même s'il ignorait un peu comment agir.
Oh bien sur il a lu des livres d'auteurs contemporains qui relate de romanesques histoires d'amour, mais les choses fonctionnent-elles de mêmes dans la réalité? Ah si Damon était là, il saurait lui dire quoi faire, comment agir. Mais ce n'était pas le cas et le jeune Stefan devait se débrouiller seul. Il pria donc intérieurement le seigneur de lui épargner les maladresses afin de ne pas froisser son amie.
«Elle est tellement belle!», songea-t-il en observant intensément miss Elena.
La jeune femme portait une nouvelle fois une tenue simple, couleur lilas, mais qui mettait chacune de ses courbes en avant. Ses cheveux tirés en arrière étaient retenus par une pince et descendaient en cascades le long de son dos. Son visage était donc dégagé et son visage parfait, si angélique, se dévoilait tout entier pour la première fois depuis son arrivée à Véritas.
Sa peau semblait douce, un voile pourrait glisser tout le long de son corps magnifiquement sculpté. Jamais Stefan n'a rencontré une femme dont les traits et les formes se révélaient si parfaits. C'était comme si miss Elena ne représentait qu'un songe et qu'au moindre mouvement de sa part, elle disparaitrait tel un ange.
Le jeune homme comptait la traiter avec la délicatesse d'une rose sur le point d'éclore. Il songeait à la courtiser en douceur, de manière subtile. Il désirait de tout son être ne pas l'effrayer en se montrant trop pressant ou indécent. Il prendrait son temps, mais il espérait bien conquérir le cœur de la belle brunette.
Il lui proposa donc une balade en ville. Pour lui c'était un bon moyen de faire plus ample connaissance avec elle. Ils parleraient ensemble, et si tout se passait bien, ils s'échangeraient peut-être quelques confidences…
Alors il proposa son idée et vécut les quelques secondes qui précédèrent la réponse de la jeune femme comme une véritable torture.
«Pourquoi pas», avait-elle déclaré sur un ton indifférent. Stefan ne put savoir ce qu'elle pensait de cette promenade, son visage demeurait triste et le jeune homme ne sut dire pourquoi.
D'ordinaire miss Elena sourit toujours. Elle a toujours un mot bienveillant envers tout le monde. Même Damon qui la brutalise a le droit à son petit mot gentil! Pourtant ce matin, la jeune femme ne semble pas d'humeur à éclaircir les journées sinistres des habitants de Véritas.
Les soucis et la tristesse occupaient l'esprit et le cœur d'Elena. L'obsession de Damon pour cette propriété était contagieuse et la jeune femme désirait à tout prix préserver cette endroit de la cruauté de Giuseppe.
Et puis elle n'arrivait pas à se sortir Charlotte de la tête. Son cœur saignait à la simple pensée de ce bébé mort si brutalement. Elle n'imaginait pas la douleur qui pouvait habiter Damon. Le pauvre, il souffre tellement!
Soudain, la voix de Stefan la tira de ses tristes songes. Il lui rappela avec délicatesse leur projet de se rendre en ville et elle s'empressa de courir dans la maison chercher de quoi se couvrir et, suivie de la chienne qui l'accompagnait elle aussi en balade, elle revint auprès du jeune homme qui l'attendait patiemment dans le hall d'entrée.
Elena était bien consciente que Damon serait jaloux lorsqu'il apprendrait son escapade avec Stefan. Son soupirant ignore peut-être ce qu'elle a vécu à son époque, mais il reste le même, il est indéniable qu'il n'appréciera pas de savoir qu'elle s'est baladée en ville avec un autre. Mais elle cherchait un moyen de s'évader de Véritas, fuir son prédateur, et Stefan lui en offrait un sur un plateau d'argent. Et puis, de toute manière, Damon n'a aucune raison d'être jaloux! S'il savait à quel point elle n'a que lui en tête, aucun doute, il s'en enorgueillirait et elle en entendrait parler pendant des mois!
«Vous avez prit Nana, constata simplement Stefan.
- Oui, cette chienne ne sort jamais! En plus, quand elle a comprit que j'allais partir, elle s'est mise à pleurer, se justifia Elena. Je ne pouvais pas la laisser. Bien sur, il est possible que le trajet l'épuise, la ville est un peu loin, mais dans ce cas je la porterai. Ce n'est pas un chien de trois kilos tout mouillé qui va peser lourd!»
Stefan proposa donc de prendre Mezzanotte. Ainsi avec le cheval, ils pourraient prendre des raccourcis et éviter à la chienne de trop s'épuiser. Cependant, même si Elena accepta de partir à cheval, elle ne comptait pas jouer les pauvres filles du dix-neuvième siècle qui se laisser balader par un homme! Petite elle a prit des cours d'équitation, elle sait monter un cheval. Et elle était loin d'accepter de se faire traiter comme un être inférieur, fragile. Elle allait monter un cheval, c'était soit cela, soit Stefan et elle se rendraient à pieds en ville.
«Bien, bredouilla Stefan face à l'autorité dont à fait preuve la jeune femme. Je… Il y a une jument, Bella, elle vous conviendra parfaitement. Mais vous êtes bien sur le vouloir…
- Stefan! Gronda-t-elle. Je ne suis pas un bébé! Je vais monter ce cheval et vous allez arrêter d'avoir peur pour moi. Je suis une très bonne cavalière, il n'y a aucune raison que vous paniquiez Stefan! Dés que j'ai su marcher, mes parents m'ont mise sur un poney, puis sur un cheval. Détendez-vous.»
Plus facile à dire qu'à faire. Stefan n'arrivait pas à s'enlever de l'esprit le fait que laisser miss Elena monter un cheval était mal. Si jamais quelqu'un les voyait en ville et le rapportait à son père… Le vieux allait devenir fou s'il apprenait qu'il laissait la jeune femme n'en faire qu'à sa tête.
Mais comment pouvait-il lui résister? Elle est si belle. Et vraiment très têtue. Lorsqu'elle a eu décidé qu'elle monterait un cheval, le jeune homme aurait pu tout tenter, il n'aurait jamais pu la forcer à revenir sur sa décision. Pour preuve, en bonne bourrique, elle était déjà entrain d'atteler sa jument!
Ce trait de caractère est admirable pour Stefan. Le fait qu'elle soit obstinée alors que lui est incapable de s'opposer à qui que ce soit suscitait chez le jeune homme une certaine fascination. Parfois miss Elena bravait la bienséance. Être une femme, ne l'emprisonnait pas. Elle se contre-fichait des convenances. Oui c'est une femme, cependant elle ne s'empêche pas d'afficher ses opinions et de prendre de son propre chef ses décisions. L'avis des autres, elle n'y prêtait aucune attention. Elle jouissait de sa liberté que cela plaise ou non. Elle était totalement admirable.
«Alors Stefan, vous montez votre jument ou bien vous préférez rêver? Le taquina Elena qui chevauchait déjà son cheval. Aller en route! P'tite chienne, tu me suis!»
Dix minutes plus tard, les deux jeunes gens, le caniche – bien obéissante comme chienne, suivant au millimètre près les pas du cheval de la jeune femme – et les deux juments quittèrent la forêt et empruntèrent le court chemin qui le mena au centre ville de Mystic Falls.
Elena attacha son cheval face à la vitrine d'Honoria Fell et se dirigea, avec Stefan et sa petite garde du corps de trois kilos tout mouillé, vers la papeterie.
Durant le trajet, elle a songé réunir les clichés trouvés dans sa chambre sur un immense cadre photo qu'elle offrira à Damon.
Alors elle fit ses emplettes chez le papetier et suivit Stefan au Mystic Grill – la partie dite «convenable» de l'établissement – afin d'y consommer un café bien chaud et discuter un moment.
Durant ce moment de repos, Elena sentit le jeune homme nerveux. Le Stefan humain était timide, elle n'avait pas mit moins de vingt-quatre heures pour s'en rendre compte, mais jamais il n'avait eu peur de lui adresser la parole. Là, à chaque fois qu'elle lui posait une question, il bredouillait quelques mots avant d'arriver à formuler une phrase cohérente.
La jeune femme luttait pour ne pas rigoler. La maladresse de Stefan face à elle l'amusait. Mais si elle s'esclaffait, elle pourrait le froisser et le blesser alors qu'elle trouvait juste ses bafouillages plutôt adorables sachant que dans le futur, il n'a jamais eu du mal à s'exprimer en sa présence. Alors elle se contenta de sourire, et avec gentillesse, elle tenta de détendre Stefan. Elle n'allait pas le manger tout de même!
«Et êtes-vous prêt? Demanda-t-elle en faisant référence à l'entretien auquel le jeune homme se rendrait dans l'après-midi.
- Je le pense, répondit-il, d'une voix peu assurée. Je ne sais pas…
- Stefan, vous n'êtes pas un idiot, vous allez bien vous en sortir! S'exclama vivement Elena. Vous savez, vous n'allez pas être mangé à cet entretien. Tout ce que ce médecin veut savoir c'est, si vous êtes motivé – et vous l'êtes –, et qu'elles sont vos connaissances. Vous avez toujours la tête dans les livres, vous devez avoir emmagasiné plusieurs procédures médicales, les théories du moins. Durant votre stage, un médecin vous supervisera pour vous permettre de les mettre en pratique. Croyez moi, tout se passera bien Stefan, lui assura-t-elle gentiment.»
Tous les deux restèrent un long moment à discuter, abordant plus d'un sujet, du plus anodins tels que les frasques Damonesque ou leur enfance respectives, au plus sérieux, comme Véritas ou encore les deuils qu'ils ont vécu.
Ils s'entendaient bien. Stefan restait quasiment le même qu'au vingt-et-unième siècle, assurément plus timide et moins indépendant que celui avec lequel elle est sortie, mais à part cela, Elena ne le différenciait pas de celui avec lequel elle est sortie.
Damon en revanche… Que ce soit dans le passé ou dans le futur, il demeure «l'homme au mille et une facette». Son Damon qui tantôt la surprend, tantôt la met dans une colère noire, tantôt l'attendrie, tantôt l'amuse... Son Damon qui s'arme d'une carapace en publique pour la mettre aux oubliettes en privé, lorsqu'il se retrouve en intimité avec elle. Son Damon qui ferrait n'importe quoi pour elle et dans les bras duquel elle se sent aimé comme jamais auparavant. Avec son ténébreux prétendant, Elena avait l'impression de découvrir l'amour. Le véritable amour, bien loin des amourettes de lycéenne.
La jeune femme n'a plus aucune doute sur le fait que Damon est celui qu'il lui faut. Dans ses bras, elle se sent vivante et en oublie ses douleurs. Jamais elle n'a reçu autant d'amour qu'en étant avec lui, que ce soit le Damon humain ou le Damon vampire. Il le comprend, le cheminement de son esprit n'a aucun secret pour lui. Ils sont fait pareils.
Elena songeait à son charmant prétendant, le regard perdu dans le vide, inquiétant au passage Stefan par son long silence. Son esprit s'était mit à divaguer d'un coup et elle gambadait dans un autre univers, loin de la réalité. Loin du jeune Salvatore dont elle percevait la voix, sans comprendre les paroles.
Ce ne fut qu'au bout d'un moment qu'elle quitta de force ses rêveries et, secouant la tête pour se remettre les idées en place, elle sourit au jeune homme et hocha la tête avant de reprendre le fil de leur conversation, sur le chemin de Véritas, l'esprit toujours accaparé par Damon.
Le jeune homme n'était parti que depuis quelques heures, mais il manquait déjà à la brunette. Non pas qu'elle n'appréciait pas ce moment passé avec Stefan, Stefan est charmant, mais avec Damon, avec Damon, ce n'est pas pareil. Avec lui, elle se sent légère, le poids du monde ne pèse plus sur ses épaules. Elle se sent libre. Vivante. Dans les bras de Damon, tout va bien. Elle est aimée, elle se sent protégée. Avec Damon, elle peut se laisser aller, elle n'a plus à prendre soin d'elle, Damon le fait pour elle.
Il est tellement attentionné. Charmant. Au petit soin envers elle. Parfois ça fait du bien de s'abandonner à autrui et Damon et elle se donnent corps et âme l'un à l'autre. Sans restriction. Sans honte.
À Richmond, alors qu'il en avait enfin terminé avec ses affaires, le jeune homme naviguait de rues en rues à la recherche d'un cadeau exceptionnel pour miss Elena. Quelque chose de bon gout et d'atypique, quelque chose qui correspondra parfaitement au caractère tout feu tout flamme de la brunette.
Un bijou. Son choix se porta sur un collier en or, serti de diamants et de rubis. Une pièce unique, juste comme miss Elena.
Note de l'auteure: Alors ce chapitre, il vous a plu? Que pensez-vous de la volonté d'Elena d'aider Damon? Du fait qu'elle commence à s'accommoder à la vie au XIXème siècle? De la promenade Stefan/Elena? Que pensez-vous aussi de Stefan fasciné par Elena? Et du cadeau qu'achète Damon pour Elena?
Comme toujours, j'attends vos avis avec impatience.
Bises & à bientôt.
Amandine.
