On se rapproche on se rapproche ... et on échafaude des plans.
Merci à ceux qui suivent et bonne lecture ^^
Ezio resta il ne sut combien de temps devant le château. La mort dans l'âme, il s'en détourna pour retourner vers les chevaux. Il les détacha puis prit le sien. Pourtant, il ne s'en alla pas tout suite, espérant encore. Il se doutait que seule Clara était responsable de cette explosion. C'était certainement la raison pour laquelle elle l'avait poussé dans les douves. Pour le mettre à l'abri. Quand il y pensa il sentit une sourde colère l'envahir.
« Madre de dio Clara ! C'était à moi de te protéger et non l'inverse !» s'exclama-t-il en serrant les rênes.
Il donna un coup de talon dans les flancs de son cheval, qui partit. L'autre monture était attachée à sa selle. Il s'enfonça dans les bois.
Pendant ce temps-là, Clara arriva à l'endroit qu'il venait de quitter. Afin de gagner la berge au plus vite, l'Assassine s'était balancée un instant et avait lâché la corde. L'explosion qu'elle avait provoqué avait cependant envoyé un morceau de pierre qui la heurta à la tête. Ce fut le trou noir. Heureusement, la confusion au château était trop grande pour que l'on pense à la chercher. Lorsqu'elle reprit connaissance Clara était à plat ventre sur l'herbe. Malgré son affreux mal de tête, elle s'était empressée de retourner à l'endroit où son ancêtre et elle avaient laissé leurs chevaux.
« Et merde ils n'y sont plus ! Il a dû partir avec, ce qui veut dire que je suis bonne pour rentrer à pied.» dit-elle en remarquant l'endroit vide.
Elle reprit son souffle, puis décida de l'appeler. Si ça se trouve il n'était pas loin … mais elle n'y croyait pas. Bon tant pis, autant prendre la route tout de suite. Clara n'eut cependant pas fait trois pas qu'elle entendit une cavalcade. Elle vit une silhouette familière bondir par-dessus un buisson. L'instant d'après Miles se retrouva prise dans un véritable étau.
« Bambina mia !» entendit-elle.
« E … zio … pas si … fort.» articula la brune.
Auditore desserra à peine sa prise. Il lui pencha la tête en arrière.
« J'ai cru que … dio mio Clara ne me refais plus jamais ça !» dit-il, les yeux emplis d'inquiétude.
« Laisse-moi … respirer !»
Il la relâcha mais garda les mains autour de sa taille. Clara prit une grande goulée d'air.
« Fouaf !» souffla-t-elle.
Elle leva à nouveau le visage vers lui.
« Bon sang Ezio, j'ai pas échappé aux gardes pour que tu m'achèves. Mais je croyais que tu étais parti.» dit-elle.
« Je venais tout juste de commencer à m'éloigner quand je t'ai entendue. Où étais-tu passée ?» demanda-t-il.
« Dans les pommes. Tu te doutes bien que celle qui a désintégré le castel c'est moi. Manque de chance je me suis pris une caillasse sur le casque une fois dehors. Du coup j'ai fais une sieste.» raconta succinctement Clara.
C'était donc pour ça qu'elle ne l'avait pas rejoint immédiatement. Ezio soupira. Il rapprocha la tête brune de la sienne, et déposa un baiser sur sa tempe. Miles rougit illico. Surtout que l'Assassin ne semblait pas disposé à la lâcher. Il restait en effet le nez dans ses cheveux.
« Euh … on n'est pas censés y aller là ?» questionna Clara, gênée.
« Bene, partons d'ici.»
Il la regarda encore, puis l'amena auprès des chevaux. Ils trottèrent pendant une bonne partie de l'après-midi. Ezio ne quittait pas sa descendante des yeux. Le mal de tête de la brunette la faisait souffrir, mais s'estompa avec le temps. Quelle peur elle lui avait causé. Ils mangèrent sur leur selle, Ezio préférant mettre le plus de distance possible entre ce maudit château et eux. Ils gagnèrent Venise pour l'heure du dîner. Ce fut donc éreintés qu'ils stoppèrent dans la première auberge venue.
« Bonne nuit Ezio.» bâilla Clara devant la porte de sa chambre.
« Dors bien bambina.» dit-il d'une voix tendre.
Clara ne réalisa rien et entra. Elle eut de la peine à ne pas s'effondrer directement sur son lit. La jeune femme ôta sa robe de domestique ne conservant que le chemisier et une culotte. Elle ferma les yeux sitôt qu'elle se coucha.
Dans la nuit, Ezio se retourna plusieurs fois. Dès qu'il fermait les yeux, il revoyait et entendait l'explosion. Il imaginait Clara prise sous les décombres, écrasée peut-être. Agacé, il rejeta la couverture et se leva. Auditore alluma une bougie, puis sorti. Il se dirigea vers la chambre de Clara. Il leva une main hésitante vers la poignée. Non, sans doute devait-il regagner sa chambre. Elle allait bien, elle était rentrée avec lui. Sa main prit la décision pour lui et abaissa la clenche.
« Elle n'a même pas pensé à fermer à clé. Pas très prudent bambina mia. Enfin, elle devait être très fatiguée.» pensa-t-il en entrant.
Ezio approcha du lit. Il posa la bougie sur la table de chevet, puis contempla le visage de la belle endormie. Un apaisement le gagna, en même temps qu'autre chose. Pourtant, il ne devrait pas … ça ne se faisait pas. En même temps, c'était un cas unique au monde. Ce n'était pas non plus comme si trois générations seulement les séparaient. Et ça eux seuls le savaient. Ezio soupira en fermant les yeux. Il avait le chic pour les histoires compliquées.
Le lendemain, lorsque Clara ouvrit les yeux elle distingua une large main sur la sienne.
« Il m'a poussé un troisième bras pendant la nuit ?» se demanda-t-elle.
Et pas un bras féminin semblait-il.
« Qui est-ce qui respire dans mon cou là ?»
Il y avait quelqu'un dans son lit. Mais qui ? La main posée sur la sienne vint s'enrouler autour de sa taille. Yeux grands ouverts, Clara n'osait plus bouger. Qu'il y ait un homme dans son lit ne posait pas de problème en soi. C'est qu'il y soit sans qu'elle se souvienne l'y avoir invité, et sans savoir de qui il s'agissait qui était plus préoccupant.
« Bon, restons calme. Il s'est peut-être juste trompé de chambre, après avoir bu comme un trou. Tâchons de nous sortir de là.»
La jeune femme commença à gagner le bord de son lit. Mais l'inconnu du jour resserra non seulement sa prise avec son autre bras, et bascula sur elle l'empêchant d'aller où que ce soit.
« Génial. Et je fais quoi maintenant ?»
Clara attendit donc un moment. Finalement, elle résolut de passer par en-dessous. Reculant donc, elle parvint à se dégager des bras l'emprisonnant, et enfin à sortir du lit. Utilisant la vision d'aigle, elle découvrit qu'il s'agissait déjà d'une présence amie. Elle trouva une bougie sur sa table de chevet.
« Oh putain de sa mère.» pensa-t-elle en découvrant l'identité de son squatteur.
La bonne nouvelle, c'est qu'elle le connaissait. Et en dehors du fait que messere Ezio était torse nu, il ne s'était rien passé de compromettant. À son époque avec la contraception elle n'aurait pas dit non, mais là … Clara resta un instant les yeux rivés sur Ezio. Décidément, il s'en passait des choses qu'elle n'aurait pas imaginé. La jeune femme prit une inspiration, puis revêtit son habit de la veille et quitta la chambre. Tout en avalant son premier repas de la journée, elle se demanda ce qui avait bien pu passer par la tête d'Ezio. Son lit était-il donc si inconfortable que ça ? Trop froid sans doute ?
Plus haut, Ezio ouvrait justement les yeux. Pour constater que le lit était vide.
« Bambina ?» appela-t-il non sans crainte.
Crainte de sa réaction. Mais la chambre était vide. Il sortit du lit, ouvrit la fenêtre puis entreprit de gagner sa propre chambre. Personne ? Il fila vite fait. Tout en s'habillant, il se demanda ce qu'il allait bien pouvoir trouver comme justification pour sa présence nocturne. Et en dehors de la vérité il n'en voyait aucune. Il savait à peine pourquoi il avait préféré s'endormir à ses côtés. Or elle voudrait savoir, chose bien naturelle. À sa place Ezio s'interrogerait. Ce fut donc avec une certaine appréhension qu'il la retrouva dans la salle restaurant.
« Buon giorno.» dit Ezio d'une voix mal assurée.
« Buon giorno à toi aussi, Ezio.» dit simplement Clara.
Auditore héla le premier serveur qui passa, pensant ainsi gagner quelques instants. Clara le fixa un moment, et il n'osait croiser son regard.
« Bon, allons-y.» lança-t-elle.
Aïe. Ezio se crispa.
« Peux-tu me dire par quel miracle tu as atterri dans mon lit cette nuit ?»
S'il y avait une chose qu'il avait comprit avec Clara, c'est qu'elle était directe. Ezio leva les yeux vers elle. Il sentit son cœur s'accélérer. Ezio s'humecta les lèvres. Voilà la bien la première fois qu'il était à court de mots ! Clara perçut son malaise.
« Ne t'inquiètes pas, je ne suis pas en colère simplement surprise.»
« È vero ? Tu ne m'en veux pas ?» demanda-t-il avec espoir.
« Non, ce n'est pas vraiment grave en soi. Juste surprenant.»
Ezio prit une inspiration.
« Le problème c'est que … je ne sais pas quoi te dire. Je … je n'arrivais pas à dormir. Chaque fois que je fermais les yeux, je revoyais le château exploser et je t'imaginais prisonnière des décombres. Alors je … j'ai fini par aller voir si tu étais bien là.» avoua-t-il les joues roses.
Clara haussa les sourcils avec un sourire. C'était plutôt mignon en fait, d'autant plus avec son petit air embarrassé et les joues teintées.
« Quand je disais que t'étais un sacré outil !» sourit-elle.
« Héééé !» fit Ezio en rougissant davantage.
Clara pouffa de rire. Le serveur apporta la commande d'Ezio. Qui poussa un profond soupir.
« Tu pourrais peut-être faire preuve d'un peu plus de considération non ?» dit-il.
« J'y penserais à l'occasion !» reprit-elle avec un clin d'œil.
Ezio roula des yeux puis saisit ses couverts. Bon, elle ne lui en voulait pas c'était déjà ça. Son problème n'était qu'en partie réglé cependant.
Plus tard dans la matinée, le couple retrouva Antonio et sa bande. Ezio l'instruisit de son échec.
« Reprendre les deux autres parchemins va être très difficile.» réfléchit Antonio.
« Oui, Cesare va redoubler de prudence maintenant.» ajouta Clara.
« Il y avait une ville de mentionnée sur un des écrits. Peut-être qu'en s'y rendant nous aurons des indices.» avança Ezio.
« Sauf si c'est complètement à l'opposé, ou simplement pour situer la zone géographique.» contredit Clara.
« Leonardo a parlé d'un poème, la solution doit d'y trouver.» reprit Ezio.
« Dans ce cas, pourquoi tracer une carte derrière ? Il suffit simplement de mentionner les lieux dedans. Toute manière, on n'arrivera à rien avec un poème incomplet.» objecta encore Clara.
« Mais tu vas arrêter d'avoir raison ?!»
En réponse, Clara lui tira la langue. S'ils avaient été seuls, Ezio lui aurait bien montré ce qu'il en coûtait de le provoquer de la sorte. Il s'occuperait donc plus tard de cette petite langue qui le narguait.
« Quelqu'un a-t-il une idée valable alors ?» demanda Rosa en levant les mains dans un geste interrogateur.
Un silence suivit cette demande. Tout le monde se mit à réfléchir.
« À part les lui voler je ne vois pas comment faire.» dit Ezio au bout d'un moment.
« Risqué ça. Vraiment risqué mais je crois qu'on a pas le choix.» dit Antonio.
« Donc … comment on procède ?» interrogea Clara.
« Il nous faut une diversion. Une qui pourrait éloigner Cesare de l'endroit où il se terre. Antonio tu sais où il loge ?» reprit Ezio.
Il aurait été seul, il en aurait profité pour égorger son ennemi. Toutefois, il ne voulait plus revivre l'incident de la veille.
« Au palais des Doges. Il est leur invité de marque.»
Ah. Forcément. Or si Ezio y retournait nul doute qu'on se souviendrait de lui là-bas. Un problème de plus.
« Exit Ezio dans ce cas. Concernant la diversion hmm … qu'est-ce qui pourrait bien le tirer de ce palais ?» demanda Clara.
« Il va nous falloir une chose à laquelle il ne pourra pas résister.» dit Rosa.
« Mais quoi ?» reprit Antonio.
Le groupe se perdit à nouveau dans ses réflexions. Clara vit soudain Rosa attraper un fruit dans une coupelle. Elle redressa la tête.
« Une pomme !» s'exclama-t-elle.
Trois paires d'yeux interrogateurs se tournèrent vers elle.
« Pour appâter Cesare.» précisa Clara.
« Tu veux l'appâter … avec une pomme ?» répéta Rosa stupéfaite.
« Ouais, et pas n'importe laquelle : une de l'espèce Eden.» sourit Clara, espiègle.
Ezio cligna des yeux, tandis que l'idée faisait son chemin dans son cerveau.
« Ton idée serait donc de lui faire croire que nous possédons une pomme d'Eden, c'est bien cela bambina ?»
« Tout à fait Ziozio. Une qui ressemble à du cristal.» souligna Clara.
« Zioz …»
« Mais comment fabriquer une fausse pomme d'Eden ?» questionna Antonio.
« Notre avantage c'est qu'il ne sait pas exactement à quoi elle ressemble. Les motifs je les connais, ça ne sera pas difficile à reproduire.» continua Clara.
Restait à déterminer la matière de ladite pomme. La brune pencha pour de la pierre. Il faudrait y ajouter les motifs.
« Si elle pouvait produire de la lumière ce serait parfait. Il nous faudrait juste un jeu de miroirs. Le souci, c'est qu'à cette époque la seule source d'éclairage c'est le feu. Ça risque de faire un peu léger.» réfléchit-elle.
Mais ils n'avaient guère le choix.
« Attends une minute, on n'est pas obligé de voler en pleine nuit. Avec la lumière du soleil on pourrait donner l'illusion qu'elle brille.» songea Clara en écarquillant les yeux.
Là ce serait parfait. Oui ça pouvait le faire. La brune les informa qu'elle tenait un plan. Les trois autres l'écoutèrent l'exposer.
« En théorie ça peut marcher.» concéda Antonio.
« C'est même assez rusé. Mais comment savoir dans quel pièce réside Cesare ?» souleva Rosa.
« En observant attentivement le palais des Doges. Il sortira bien à un moment ou à un autre. Clara tu peux te charger de créer la pomme ?» demanda Ezio.
« Sans problème, je comptais demander un coup de main à Leonardo.»
« Molto bene. Antonio, appelle toute ta bande, je veux une surveillance étroite du palais, j'en serais également.» continua Auditore.
« Tout de suite.»
« Et qui va montrer la pomme au Borgia ?» questionna Rosa.
« Je pensais à Ezio, ce qui mettrait notre cible en colère bien plus qu'avec n'importe qui.» répondit Clara.
« Pourquoi pas. Bene, au travail tout le monde.» conclut l'Assassin.
Chacun se dispatcha. Ezio rattrapa toutefois Miles dehors. Il l'escorterait chez l'artiste, la brunette n'ayant pas encore intégré la géographie de la cité.
« Bambina ...»
« Oui ?»
« Quelque chose me dit que tu vas essayer de subtiliser ces parchemins.» commença Ezio.
« En effet, avec Ugo un des hommes d'Antonio. À deux ça ira plus vite et il sait crocheter une serrure.»
Bon, elle ne serait pas seule.
« Je préférerais tout de même que tu restes en retrait.» tenta Ezio.
« Et pourquoi donc ?» s'étonna la jeune femme.
Son ancêtre s'arrêta.
« À cause de ce qui s'est passé au château. Je ne veux plus que tu sois en danger, bambina.»
Clara sourit, puis se rapprocha de lui.
« Malheureusement c'est impossible pour un Assassin.» dit-elle doucement.
« Si… ma …»
« Tout ira bien ne t'en fais pas.» assura-t-elle en posant une main sur son épaule.
Ezio la prit et déposa un baiser sur sa paume. Clara lui caressa la joue, ce qu'il eut l'air de bien apprécier.
« Je ne te ferais pas changer d'avis, n'est-ce pas ?» dit-il.
« Non, moi aussi je suis têtue j'ai qui tenir.»
Elle parvint à lui arracher un sourire. Ils reprirent leur route. Ezio toqua à la porte de Leonardo.
« Ah vous voilà ! Vous avez un autre parchemin à me montrer ?» questionna l'artiste en les accueillant.
« Non, mais nous avons besoin de vos talents d'artiste et d'inventeur.» répondit Clara.
Leonardo attendit avec curiosité. Son ami se chargea de lui expliquer ce qu'ils attendaient.
« Un système de réflexion pour donner une illusion de projection de lumière … ingénieux. Mais de quelle couleur sera cette fausse pomme ?» dit Leo.
« Elle est censée être en cristal donc blanche. Mais je préférerais de l'argent, ça renverra mieux la lumière.» répondit Clara.
« Va bene. Je vais vous fabriquer tout ça.»
« Je vous ferais un dessin sommaire pour les motifs. Je n'ai pas votre talent malheureusement.» ajouta la brune.
« Vous me flattez.» sourit le peintre.
Clara remarqua alors un étrange petit engin sur la table. En le prenant, elle se rendit compte qu'il s'agissait d'un avion.
« Oh ne faites pas attention à ça, ce n'est qu'une maquette, pour une machine de mon invention.» intervint Leo.
Clara sourit. Puis elle attrapa une feuille.
« Je vais vous montrer quelque chose. Un petit cadeau en quelque sorte.»
Elle plia la feuille de manière à ce qu'elle forme un avion. Elle s'approcha ensuite de la fenêtre qu'elle ouvrit, avant de faire signe à l'artiste de s'approcher. Une fois qu'il fut près d'elle, elle lança l'avion qui traversa la rue et alla s'écraser plus loin.
« Oh ! Mais il a volé ! Comment avez-vous fait ?» s'exclama Leonardo.
« Je vous l'apprendrais. Cependant, c'est essentiellement pour que vous compreniez une chose importante. Votre maquette si j'en juge par les ailes est destinée à voler. Or il manque un détail : elle doit être profilée à l'avant. Si vous regardez un oiseau ...»
Elle en dessina une silhouette, puis montra la tête.
« Cette partie est en pointe, pour percer l'air devant lui. Vous comprenez ?»
Leonardo prit la feuille qu'il examina avec attention.
« Si … si vous avez raison comment n'y ai-je pas pensé ? Ah grazie mille madonna, cela va certainement faire avancer mon projet !» s'exclama l'artiste euphorique.
« Autre chose : vitesse plus lévitation égal envol.»
Leonardo ne comprit pas cette dernière phrase. Mais il était enthousiaste et prêt à partir dans de nouveaux calculs et autres croquis. Ezio, qui avait regardé son ami exulter, décida qu'il était temps de lui rappeler la raison de sa visite.
« Leonardo ! Je te rappelle que tu as une mission.» tempéra Ezio.
« Oh … si, je vais m'y mettre.»
« On t'as déjà dit que t'étais rabat-joie toi ?» intervint Clara.
Ezio lui tira alors la langue. Leonardo en fut surprit, pendant que la brune répondait de la même manière.
« Encore une occasion de ratée, on dirait.» pensa Ezio.
Il pouvait bien se l'avouer à présent. Il ressentait une envie croissante d'embrasser Clara. Leonardo de son côté, commença à farfouiller pour trouver la matière pour la pomme. Il lui restait un peu de pierre en principe …
« Bien, je vais vous laisser. Bambina, je viendrais te chercher en milieu d'après-midi.» informa Ezio.
« Très bien, amuse-toi bien.» répondit Clara.
Leo releva le surnom affectueux. Tiens donc …
« Oh oui, je vais m'amuser comme un petit fou.» ironisa Ezio.
Il quitta l'atelier.
Ezio et les autres passèrent des heures à guetter le palais des Doges, armés de longues vue. Ils entouraient l'imposante construction, à différentes hauteurs afin d'avoir le champ de vision le plus large possible. De temps à autre, un gars venait rendre des comptes auprès d'Ezio. C'est ainsi qu'il apprit où le Borgia logeait exactement. Il acquiesça. Il était temps d'aller retrouver Clara. Il demanda aux autres de rester encore un peu, au cas où. L'Assassin descendit de son poste d'observation.
Quand il revint à l'atelier, il trouva un Leonardo euphorique.
« Tout va bien ?» demanda Auditore.
« À merveille mon cher Ezio. Nous avons discuté de choses fascinantes. Cette demoiselle est vraiment intéressante, il faudra que tu me l'amènes plus souvent.» répondit Leo.
Un sourire se peignit sur le visage de l'Assassin quand il vit Clara venir à lui.
« Vous avez terminé ?» interrogea-t-il.
« Oui. Nous avons également fait quelques essais, ça devrait fonctionner. Et de ton côté ?»
« Nous savons où se trouve Cesare : dans l'aile Est du palais. La garde est relevée toutes les heures.» informa Ezio.
« Entendu. Il nous faudra installer nos miroirs à des points stratégiques, et nous pourrons passer à l'action.» décida Clara.
« Quand comptez-vous réaliser cela ?» questionna Leonardo.
« Cette nuit. Inutile que les gardes nous voient procéder.» répondit Ezio.
En attendant, retour au repaire d'Antonio. Il était justement l'heure du dîner. Rosa arriva en portant une large soupière remplie de pâtes, dont elle distribua de généreuses portions à tout le monde. La conversation devint rapidement guillerette, les rires fusants d'un bout à l'autre de la grande table.
« Purée ! Un peigne ne serait pas du luxe !» pensa Clara en tentant de dénouer ses pâtes.
À côté d'elle, Ezio avait déjà terminé son assiette. Il s'étira un peu.
« J'en reprendrais bien un peu.» dit-il.
« Tiens prends dans mon assiette, j'en ai trop.» proposa Clara.
« Si tu insistes bambina.»
Ezio attrapa sa fourchette et piocha dans l'assiette de sa descendante, que celle-ci avait poussé au milieu. Absorbés par les pitreries de deux d'entre eux, aucun voleur ne remarqua l'affaire. D'autant plus que … Clara et Ezio levèrent leurs fourchettes entre lesquelles pendait une pâte commune. Absorbés par la conversation devant eux, ils ne virent rien et portèrent leur couvert à la bouche. Jusque là, tout va bien. Les autres pâtes furent tranquillement mangées, chacune dans leur coin. Arriva le tour de celle qu'ils partageaient. Ezio et Clara rapprochèrent leur tête pour suivre l'aliment, et leurs lèvres se touchèrent. Écarquillant les yeux, ils sectionnèrent la pâte et s'écartèrent, le rouge aux joues.
« Pardon !» dirent-ils.
Tous détournèrent la tête, gênés. Levant les yeux, Ezio se rendit compte que l'incident était passé inaperçu. Tant mieux c'était assez embarrassant comme ça. Miles poussa l'assiette vers Auditore pour qu'il la termine. Ce qu'il fit sans oser la regarder. Il porta un doigt à sa bouche. Un sourire l'étira. Il l'avait pratiquement embrassée. Ezio darda un regard en coin à Clara, qui se concentrait sur la tablée. Il sourit, rougissant encore. Le repas s'acheva. Les deux Assassins regagnèrent leur auberge en silence.
« Bon, ben bonne nuit Ezio.» lança Clara devant la porte de sa chambre.
Le bel homme baissa les yeux vers sa bouche. Elle remarqua qu'il la fixait. Repensant à l'incident du dîner, les joues de la demoiselle se teintèrent. Le cœur battant la chamade, Clara ouvrit sa porte s'y engouffra et la referma vivement. Ezio soupira de déception.
« Bonne nuit, bambina mia.» dit-il à mi-voix.
Derrière la sienne, Clara tentait de se reprendre. Ce genre de réaction risquait de se reproduire à l'avenir.
È vero ? = c'est vrai ?
