Notre duo retrouve la pomme de cristal, et Clara échafaude un plan.
Bonne lecture ^^.
Nos héros arrivèrent au pied de la montagne indiquée sur la carte. La recherche allait pouvoir commencer. Ezio avança jusqu'à la pierre. Écartant les branches d'un buisson, il trouva comme mentionné le symbole des Assassins. Il appuya dessus. Une porte s'ouvrit dans la pierre, s'enfonçant dans le sol. Clara alluma deux torches, en donna une à son ancêtre puis entra dans la montagne. Tous deux marchèrent dans un long couloir sombre.
« Ah, évidemment pas de lumière.» fit Clara, tout au bout.
Elle avisa un bac en pierre à côté d'elle qui tenait sur tout un pan de mur. Dedans, une substance graisseuse. La jeune femme approcha sa torche. Le liquide s'enflamma aussitôt, les flammes courant tout le tour de la salle dans laquelle ils venaient de déboucher. Un escalier montait sur la droite, rompu en son milieu. Un trou dans la pierre laissait passer le jour. Sans doute un ancien terrier.
« Prenons l'escalier bambina.» lança Ezio en éteignant sa torche.
Il prit la tête. Pour continuer vers l'escalier, il repéra une branche de métal. Le brun prit son élan, s'y suspendit et retomba de l'autre côté. Il monta deux marches pour laisser la place à Clara qui arriva. Ils gravirent encore quelques marches. Des chaînes pendaient dans le vide au second étage.
« Je savais bien que ce ne serait pas simple d'accès.» commenta Clara.
Chacun à leur tour, ils se balancèrent de chaîne en chaîne. Après cela, ils durent grimper après une paroi qui n'offrait que très peu de prises. Clara sortit la corde qu'elle munit d'un crochet métallique. Faisant ensuite tournoyer le tout, elle l'envoya en hauteur. Tous deux se hissèrent à la force des bras.
Une autre grande salle les attendait au troisième étage. Ezio ralluma sa torche, et remarqua un bassin similaire à celui du rez-de-chaussé. Il l'enflamma. Tout était sculpté dans de la pierre blanche ici. L'endroit avait dû être beau autrefois. Une colonne s'était effondrée au milieu. Les Assassins passèrent dessus, avant d'arriver devant un grand autel tout au fond. Sur le dessus, un relief représentant la pomme. Mais les parties la composant paraissaient en désordre.
« J'imagine qu'il nous faut la remettre dans l'ordre. Alors … ah ça coulisse. Donc cette partie là, celle-là ici ...» dit Clara.
« Non, c'est plus comme ça.» corrigea Ezio.
Il toucha la main de la brune au passage.
« Oh perdono !» dit-il en rougissant.
« C'est rien.» fit Clara en prenant elle aussi de la couleur.
La gravure de la pomme fut reconstituée. Elle s'enfonça dans l'autel. La seconde d'après ce dernier s'ouvrit comme un livre, un petit piédestal sur lequel reposait la pomme de cristal s'éleva.
« La voilà.» dit Clara.
L'objet se mit à briller. Cette fois-ci la brunette préféra ne pas y toucher. La lumière forma un écran, qui se modela pour devenir Minerve.
« Toi ? Mais que fais-tu ici ?» s'étonna-t-elle en découvrant Clara.
« Bonjour à toi aussi Minerve. Si je suis aujourd'hui en compagnie d'Ezio c'est grâce à cette pomme là. Ça tombe bien que tu sois là, tu vas pouvoir nous expliquer le comment du pourquoi.» répondit Clara.
« Je n'avais jamais envisagé pareille possibilité. Que tu puisses traverser les époques … cette pomme est en réalité un prototype. Elle me servait pour enregistrer le message que je te destinais à travers Ezio. Je l'avais programmée pour une date bien précise.» commença Minerve.
Lorsqu'elle lui donna la date, Clara fit immédiatement le rapprochement. Il s'agissait du jour où elle était partie de son époque. La pomme devait donc s'activer à chaque date anniversaire. Son but était donc de projeter Minerve dans le futur. Cependant, Minerve s'était aperçue que l'objet possédait l'effet inverse, un essai raté comme on dit.
« Je croyais m'être débarrassée de cet essai, mais il semblerait qu'il soit passé entre les mailles du filet.» continua Minerve.
« Oui. Comment vais-je donc rentrer à mon époque ?» questionna Clara.
« Je peux corriger cela. Je sais comment procéder à présent. La pomme s'activera dès que tu la touchera.» annonça Minerve.
« Fort bien, je te remercie. J'avais également autre chose à t'annoncer.»
« Je t'écoute Clara.»
« À mon époque j'ai rencontré une des tiennes. Une certaine Junon je suppose que tu connais.»
Clara vit alors Minerve écarquiller les yeux. Ce qui confirmait ce qu'elle pensait : quelque chose ne tournait pas rond. La jeune femme s'était en effet demandé lorsqu'elle avait fait la connaissance de Minerve via Ezio, pourquoi ce n'était plus la même personne qui s'adressait à elle par la suite.
« Elle aurait donc survécu ...» souffla la projection.
« Tu confirmes donc que Junon n'est pas une de tes amies. À en juger par ton expression, ce n'était pas prévu.» lança Clara.
« Non en effet. Junon n'aurait pas dû te contacter, nous la pensions morte.» affirma Minerve.
« La preuve que non. Je vais être franche, cette femme a un je-ne-sais-quoi qui me dérange, et je pressent une catastrophe. Je requiers donc ton aide afin que cela n'arrive pas. J'ai bien compris que tu nous avertissais d'un grand danger, et m'est avis que Junon va en profiter. J'aimerais donc que tu me dise de quoi il s'agit et comment l'empêcher de nuire.»
Minerve fixa Clara, fouillant dans ses souvenirs. Elle lui expliqua ensuite qu'à une date précise une éruption solaire menaçait de détruire la Terre. Son peuple avait conçu plusieurs relais afin de créer un champ magnétique capable de les protéger. Cependant, cela nécessitait un sacrifice de la part de Clara si jamais elle y touchait. Car en elle se trouvait un code pour activer ces relais. Un code transmis par ses ancêtres petit à petit. Ezio écarquilla les yeux : c'était donc à ça qu'ils servaient tous ! C'était plus que pour délivrer un message.
« Tu ne dois donc pas y toucher, sans quoi elle sera libre.» avertit Minerve.
« J'avais compris merci, mais si je ne le fais pas alors ce sera la fin du monde des Hommes.» répliqua Clara.
« Non … pas vraiment non.»
« Non ? Dans ce cas qu'arrivera-t-il ?» s'étonna Clara.
« C'est compliqué.»
« Dis, c'est pas bientôt fini de nous prendre pour des imbéciles ? Il va se passer quoi si je n'y touche pas ?» attaqua la brune.
Minerve lui parla alors d'une histoire qui avait une étrange consonance familière pour Clara, et même pour Ezio. Ils se regardèrent.
« C'est moi ou ça ressemble à ce que le Christ a vécu ?» dit-il.
« Cela y ressemble en effet, car c'était un descendant des survivants de la dernière catastrophe. Les humains ont ensuite transformé son histoire en mythe. Tout comme Clara si elle n'active pas le piédestal, il possédait des connaissances avancées, qu'il a utilisées pour guider les Hommes.» précisa Minerve.
« Eh bien, si jamais l'Église apprenait cette histoire nous serions beaux !» commenta Ezio en se grattant la tête.
« Ils n'y croiraient pas, ils sont tellement englués dans leur croyance débile. Mais trêve de bla-bla. Aucun des choix que tu me propose ne me convient Minerve. Pas plus que tu ne serais heureuse de voir Junon de nouveau libre. Il va donc falloir remédier à tout ça.» continua Clara.
« Aurais-tu une idée ?» questionna Minerve.
« Faut voir. Si j'ai bien tout suivi, ce qui va permettre le retour de Junon se trouve dans mon ADN. Or ça, il y en a partout et pas que dans mon sang : les ongles, la peau, les cheveux … je ne suis donc pas obligée de toucher ce truc. On est d'accord ?»
« Oui c'est bien cela.» acquiesça Minerve.
« Alors voilà ce qu'on va faire.»
Celle qui était là avant écouta le plan proposé par Clara avec attention. Un silence méditatif suivi quand la brune eut terminé.
« Hmmoui, c'est faisable. Cela prendra du temps en revanche.»
« Tu as cinq cents piges au bas mot, ça devrait suffire tout de même.» répondit Clara en croisant les bras.
« Je m'y mets immédiatement. Je vous retrouverais lorsque vous serez en possession de l'autre pomme d'Eden.» annonça Minerve.
« Merci beaucoup. Et toi Ezio tu es d'accord ?» dit Clara.
« Évidemment que je le suis bambina. Pas question que je laisse qui que ce soit te faire du mal, si je suis là pour l'en empêcher.» répondit le beau brun.
« Merci, ça me touche beaucoup.» sourit Clara non sans rougir.
Ne leur restait plus qu'à se saisir de la pomme de cristal, puis la confier à Minerve pour modifications. Ce fut Ezio qui la prit, la tendit ensuite à Minerve qui passa une main au-dessus. Tout un tas de symboles apparurent autour de la pomme. Il y eut ensuite un clic, un halo autour de l'objet et ce fut terminé. Minerve disparut. Ezio mit la relique dans un petit sac, non sans y avoir jeté un regard … mi-incendiaire mi-méfiant. Cette pomme qui allait causer le départ de sa descendante. Clara vit ces émotions passer sur son visage, et en fut intriguée. Il était en tout cas temps pour eux de quitter cet endroit. Une fois dehors, ils s'aperçurent que la nuit était tombée. Ezio alla refermer l'endroit, pendant que Clara entreprenait d'établir un campement. Il vint l'aider sitôt qu'il eut terminé. Durant le dîner toutefois, la jeune femme le vit sortir la pomme pour l'examiner. Elle était réellement comme celle qu'ils avaient fabriqué pour duper Cesare, la matière seule différant. Plus claire.
« Ezio ?» appela Clara.
« Qu'y a-t-il bambina ?»
« Tu as l'air … pensif depuis qu'on est sorti. Je pensais que tu aurais beaucoup à dire pourtant.»
Ezio leva les yeux de la pomme pour l'observer. Ses yeux se voilèrent.
« Ce n'est rien bambina, je … j'ai encore un peu de mal à digérer tout ça.» éluda-t-il en rangeant l'artefact.
Clara se contenta de cette réponse. Ils terminèrent en silence, rangèrent le tout et s'apprêtèrent à dormir. Ezio vit non sans contentement que sa descendante s'installait tout près de lui. Chacun s'allongea et se souhaita bonne nuit. Auditore mit cependant un moment à fermer les yeux. Il tourna la tête vers Clara. Il se sentait moins seul depuis qu'elle était là. Plus joyeux, comme il n'aurait plus jamais pensé l'être depuis le jour terrible où il avait perdu une partie de sa famille. Il comprenait également mieux son rôle dans cette étrange histoire. Ezio se mit sur le côté, remuant pour l'approcher. Là, il appuya sa tête contre sa main.
« C'est comme si j'avais un sens à ma vie, à présent. Autre que celui d'Assassin. Les combats ne cesseraient pas pour autant mais … ce serait différent. Si seulement elle voulait bien rester. Ce n'est plus qu'une question de temps avant qu'elle ne parte.» pensa-t-il.
Ezio soupira doucement. Il savait qu'il ne pourrait, et ne devait pas la retenir. Tout comme lui sa famille attendait son retour, et elle avait un combat à mener à son époque. Le pire dans tout ça, était qu'il la sentait réceptive à ses sentiments.
« Pourquoi a-t-il fallut qu'elle soit aussi belle et qu'elle me comprenne aussi bien ?» se demanda-t-il.
Par moment il regrettait que Clara aie prit contact avec lui. Si elle s'était contentée de suivre sa vie bien gentiment dans son drôle d'appareil, Ezio n'en serait pas tombé amoureux et n'aurait pas eu à souffrir comme maintenant. Pourtant … en la voyant ainsi endormie il chassa cette pensée. Non, il était heureux de l'avoir connue, sincèrement. Ces quelques semaines passées à ses côtés avaient été une des meilleures périodes de sa vie. Il en chérirait le souvenir. Ezio enlaça la jeune femme et ferma les yeux.
Ce fut Clara qui s'éveilla en premier le matin suivant. Ezio était blotti contre son dos, un bras autour de sa taille. Elle se dégagea doucement, il tourna avec un grognement.
« Il est vraiment mignon quand il dort.» pensa-t-elle en souriant.
Elle se pencha et écarta une mèche de cheveux.
« Je l'embrasserais bien pour le réveiller, tiens.»
Non sans rire, il était vraiment tentant. Clara tergiversait à n'en plus finir quand le destin prit la décision à sa place : Ezio ouvrit les yeux, la découvrant en train de le regarder.
« Buon giorno bambina mia.» dit-il avec un sourire adorable.
« Salve Ezio.» répondit Clara d'une voix plus sensuelle qu'elle n'aurait pensé.
Ezio arrondit les yeux. Oh miseria. Les rayons du soleil jouait dans la chevelure ébène. Et la façon dont elle le regardait …
« Allez Clara, décroche de là avant de faire une bêtise. Allez ...» se dit-elle.
Mais tous deux semblaient rivés au regard de l'autre. Avec le risque que cela comportait. Ezio leva la main, qu'il approcha lentement de sa joue. Clara sentit son souffle se raccourcir lorsque ses doigts entrèrent en contact avec sa peau. Elle n'allait plus pouvoir résister très longtemps. Un des chevaux poussa un hennissement qui les fit sursauter, rompant la magie de l'instant. Clara s'éloigna, tout comme Ezio se leva. La brune jeta une pomme au responsable. Chacun se demanda si l'interruption était tant mieux ou tant pis. Aucun n'osa croiser le regard de l'autre, toujours. Ils remontèrent à cheval sans un mot. Le trajet fut affreusement silencieux. Lorsqu'ils retrouvèrent le bateau, Clara commençait à trouver cette distance assez agaçante. Mais qu'allaient-ils se dire ? Ou pire faire ?
Une heure passa sans qu'elle ne trouve de solution satisfaisante. Ezio pour sa part, s'était retranché dans sa cabine.
« Bon ça suffit ! On va pas passer des jours à s'ignorer. Je vais aller le voir, et puis si on finit par s'arracher les vêtements ben ...»
Clara n'osa pas se formuler la suite, ne sachant quel parti prendre. Une chose était sûre : c'était frustrant. Elle toqua à la cabine, et reçut une sorte de grognement d'ours des cavernes en réponse.
« T'as avalé un ours ou quoi ?» lança-t-elle en entrant.
« C'est toi bambina ?» répondit Ezio en levant la tête.
Il était assis sur son lit.
« Non c'est Minerve. Je viens savoir si t'aurais pas envie d'une petite pomme par hasard.»
Ezio eut un sourire.
« Je crois que j'ai assez vu de pommes pour ma vie entière.»
« Dommage, parce que t'as encore la mienne à supporter, de pomme.» répliqua Clara en s'adossant à la porte.
« Celle-là par contre, je devrais arriver à pas m'en rendre malade.»
« J'espère oui. Dans ce cas, pourrait-on arrêter de s'ignorer toi et moi ?»
Ezio soupira. Lui aussi n'aimait pas ça, seulement … devoir garder ses distances avec elle lui pesait de plus en plus. Mais être à côté sans pouvoir la toucher comme il aimerait était également une torture.
« Ezio ?»
« C'est que …»
« Bon je vois. On va encore rester à distance.» pensa-t-elle désappointée.
Clara s'écarta de la porte. Inutile de rester plus longtemps.
« Ok message reçu.» soupira-t-elle en sortant.
Ezio tendit la main pour la retenir, trop tard. Il gémit et retomba en arrière. Il resta ainsi longtemps, jusqu'à ce qu'un marin annonce l'arrivée au port de Rome. L'Assassin se redressa, attrapa ses affaires et sortit. Clara attendait sur le pont prête à descendre. Ezio marqua un temps d'arrêt en la voyant, puis soupira. Il avança et descendit après elle. Clara le laissa passer devant pour retourner à la Rose Fleurie déposer leurs affaires, puis pour se rendre au repaire. Ce fut Maria qui les accueillit, aux côtés de La Volpe.
« Heureuse de te revoir mon fils.» dit-elle en l'étreignant.
« Moi aussi mère.» sourit Auditore en lui rendant son étreinte.
« Alors quelles nouvelles ?» demanda La Volpe en approchant.
« Nous avons la pomme de cristal. Reste à récupérer celle qui m'a été volée.» répondit Ezio.
« J'ai quelques indices pour ça.»
« Dis-moi tout.»
Ezio s'éloigna en compagnie du chef des voleurs. Volpe annonça qu'il était toujours recherché, mais que ses voleurs et les recrues des Assassins se démenaient pour faire baisser cette popularité. Ezio apprit également que Lucrezia fréquentait un homme du nom de Pietro. Il envisageait de lui rendre une petite visite.
« Allons discuter à mon repaire si tu veux bien.» dit Volpe.
« Entendu. Clara, je m'absente un moment d'accord bambina ?» lança-t-il en se retournant.
« Mouais. Ça peut durer longtemps cette affaire. Tu ne préfères pas que je t'accompagne ?» répondit-elle depuis un fauteuil.
« No, non ne vale la pena, bambina. Profites-en pour te reposer.»
Clara plissa les yeux, guère convaincue. Enfin, puisque la distance était de mise à présent. Ezio la regardait pourtant avec tendresse. Il se tourna ensuite vers La Volpe pour le suivre, non sans la regarder une dernière fois au moment de sortir. Peut-être que s'éloigner un peu lui permettrait de se remettre les idées en place.
Une fois dans la tanière du renard, Volpe annonça qu'un de ses hommes savait où trouver l'amant de Lucrezia. Il lui fit également part de ses doutes toujours présents concernant Machiavelli. Doutes qui s'accrurent quand un des voleurs annonça que les Borgia savaient où les trouver. Ezio et Volpe sortirent pour contre-attaquer.
« Je ne crois toujours pas que Machiavelli soit un traître.» fit Ezio à la fin du combat.
Il suivit son ami à cheval.
« Je ne sais pas ce qu'il te faut : la villa, le château, puis ça ...»
Ils rejoignirent plusieurs voleurs qu'il leur fallut défendre. Ces derniers leur apprirent où trouver le fameux Pietro. Et de quelle manière on envisageait de lui ôter la vie. La Volpe somma instamment son ami de régler le cas de Machiavelli, sans quoi il s'en chargerait lui-même. Lorsqu'il s'en alla, Auditore s'attendit à entendre Clara. Sauf qu'elle n'était pas avec lui. Il secoua la tête pour chasser une sensation de manque. Il devait s'activer et vite. Tout d'abord, retrouver un homme qui le conduirait à la pièce où jouerait Pietro.
« Tiens. Si ce n'est pas ce bon vieux Cesare.» pensa Auditore en surprenant une conversation.
Il devait sans aucun doute tenter de retrouver l'autre pomme d'Eden. Eh bien, ils seraient deux à ce petit jeu. Ezio s'éloigna, suivant sa cible. Sur ce coup il bénéficierait de l'aide de ses recrues. Ainsi, il apprit que des soldats seraient déguisés à la pièce de ce soir. Il lui fallait absolument en être. L'homme fit abattre chacun des gardes, afin de récupérer les costumes. Ceci fait, il arriva au Colisée. Il lui faudrait s'y introduire discrètement. Un fois à l'intérieur, lui et ses recrues se déguisèrent puis entrèrent en scène.
Ezio localisa sa cible, et s'avança pour la tuer. Seulement, il était trop tard : Pietro avait été empoisonné. Auditore dut le sortir pour l'amener de toute urgence à un médecin. Alors qu'il récupérait la clé du Château Saint-Ange, il reconnut un homme présent lors de l'attaque de la villa familiale. Ce dernier s'enfuit.
« Merda !»
Ezio se lança à sa poursuite. Il finit par le coincer en dépit des gardes. L'homme portait une missive des Borgia, et força Ezio à le tuer. Mais ce dernier devait rejoindre La Volpe en vitesse. Le Florentin emprunta un cheval qu'il lança à bride abattue. Il aperçut bientôt la capuche de son ami, qui accourait vers Machiavelli lui tournant le dos.
« Vol…»
Quelque chose fendit l'air pour atteindre le chef des voleurs au poignet tenant son arme. La Volpe la lâcha avec un cri. Ezio leva la tête et afficha un petit sourire.
« Bambina. Ne t'avais-je pas demandé de prendre un peu de repos ?» interrogea Ezio en descendant de cheval.
« Certes, mais tu n'as rien spécifié pour la suite. Puis tu sais bien que je suis du genre à n'en faire qu'à ma tête.» répondit Clara, perchée sur un mur.
Elle descendit et approcha d'Ezio. Baissant les yeux, il découvrit qu'elle enroulait une fronde autour de son poignet.
« Ouch ! Dites donc madonna, ça vous arrive souvent de lancer des pierres sur les gens ?» s'enquit La Volpe.
« Oui, en particulier sur les gens déraisonnables.» sourit Clara.
Ezio pouffa de rire. Il expliqua ensuite avoir démasqué le coupable, tendant une lettre pour preuve. La Volpe admit enfin son erreur de jugement. Machiavelli s'enquit de la situation, et le chef des voleurs l'invita à bavarder.
« Fiou !» soupira Ezio.
« J'aurais pas dis mieux. Je me doutais que La Volpe n'en démordrait pas au sujet de Machiavelli, j'ai donc préféré le garder à l'œil dès que possible.» indiqua Clara.
« Et tu as rudement bien fait, bambina mia.»
« Grazie mentore. Alors, il paraît que tu as fais l'acteur ce soir ?»
« Si on veut oui. Bien, rentrons la nuit n'est pas terminée.»
Tandis qu'ils retournaient à leur repaire, Ezio se remémora que la jeune femme lui avait manqué. Il n'avait pas été absent longtemps pourtant. Il n'osa pas imaginer ce que ce serait quand elle ne serait plus là. Ah zut, voilà que son cœur refaisait des siennes.
« Ezio ça va ? Tu vas pas me faire une crise cardiaque ?» s'alarma Clara en le voyant la main à cet endroit.
« No, pas du tout bambina. Je vais très bien rassure-toi.» sourit Ezio.
« Hmm. Physiquement peut-être. Moralement permets-moi d'en douter. Et si tu m'en parlais ?» proposa-t-elle.
« Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, bambina.»
Clara s'arrêta. Ezio se tourna vers elle, intrigué.
« J'ai pourtant dans l'idée que j'y suis pour quelque chose. Je n'ai pas le souvenir de t'avoir offensé, mais si jamais j'ai fais quelque chose de mal j'aimerais bien le savoir.» dit-elle.
Il soupira doucement.
« Tu n'as absolument rien fais de mal, crois-moi.» assura-t-il.
« Alors cesse donc d'être distant comme ça !»
Il détourna les yeux. Il ne pouvait pas le lui dire. Même si présentement il en mourait d'envie.
« Eh bien ?» insista la jeune femme.
« Je ...»
Ezio ouvrit la bouche et la referma aussitôt. Il laissa passer un moment de silence. Clara tenait visiblement à ce qu'ils soient proches comme avant. C'était douloureux pour lui, étant donné qu'il désirait le moins de distance possible entre eux. Mais … c'était mieux que d'en être totalement éloigné. Surtout que cela serait bientôt définitif. Mieux valait donc au contraire qu'il en profite.
« Entendu bambina. Je suis désolé si je t'ai blessée par mon comportement.»
Elle soupira de soulagement, et se rapprocha.
« Je pourrais exiger un châtiment pour ça, tu sais.» lança-t-elle.
« Oh vraiment ? Et de quel genre ?» sourit Ezio.
« Je crois que tu sais très bien de quoi je parle.» dit-elle en s'éloignant.
Ezio haussa les sourcils amusé, laissant son regard errer sur son arrière-train. Il se décida ensuite à la rejoindre.
Perdono = pardon
Non ne vale la pena = ce n'est pas la peine
