Merci à toutes (tous?) pour vos commentaires. Comme toujours, je les ai fortement apprécier. Cependant il est tard, je suis HS, le débit internet est faible et ça m'énerve... J'y répondrai donc au prochain chapitre. J'espère seulement que celui-ci vous plaira autant que le précédent. À vos crocs et bonne lecture.


Chapitre 19

Alors que le cocher les attendait devant l'entrée de Véritas, les frères Salvatore prenaient leur temps. L'ainé réorganisait son emploi du temps. Avec la découverte de la lettre, il devait, après l'installation de Stefan à Groove Hill, aller jusqu'à Richmond, rencontrer son avocat pour qu'il entreprenne toutes démarches afin que jamais Giuseppe ne puisse remettre la main sur Véritas.

Le jeune homme ignorait combien d'heures cela allait lui prendre, alors il sortit les relevés de trésorerie des affaires familiales et les posa dans sa chambre. Il avait demandé à Elena d'y jeter un coup d'œil, de relever les inégalités qu'il pourrait y avoir et d'évaluer quel salaire il serait capable de verser aux esclaves, à qui il comptait rendre leur liberté.

Quant à son frère, il naviguait entre la voiture et sa chambre. C'était la première fois que Stefan allait quitter Véritas, il était un peu déboussolé et avait l'impression d'oublier sa tête chez lui. Il vérifiait avoir emballé ses livres de médecines et quelques autres petits objets en tout genre.

Il était d'ailleurs tellement absorbé par ses vérifications qu'il en oublia d'aller saluer Cordélia et Elena.

Exceptionnellement, la gouvernante s'attelait à faire les chambres, aujourd'hui la femme de ménage est de repos. Quant à miss Elena, elle rangeait la cuisine, après avoir prit son petit déjeuner.

Stefan l'observa quelques minutes. Elle allait lui manquer. Bien sur, il ne regrette pas de partir faire un stage à Groove Hill. C'était une incroyable opportunité qui ne s'offrirait qu'une seule fois, il ne pouvait pas la laisser passer. Mais miss Elena lui manquera énormément. Il tient vraiment à elle, jamais il n'a ressenti de tels sentiments pour une femme et le jeune homme songea qu'aujourd'hui serait le bon jour pour lui déclarer sa flamme.

Hésitant dans un premier temps, Stefan s'approcha finalement de la jeune femme et la fixa intensément sans que miss Elena ne comprenne pourquoi. Puis, comme les mots ne sortaient pas de sa bouche, comme la jeune femme l'assaillait de questions, inquiète de le voir si silencieux, il décida de lui déclarer sa flamme en l'embrassant maladroitement.

Elena ne comprit pas immédiatement les intentions de Stefan; elle réalisa qu'il comptait l'embrasser que lorsque ses lèvres furent dangereusement près des siennes. Et aussitôt, la jeune femme eu un violent mouvement de recul. Elle tomba même en arrière! Mais elle se releva dans la seconde qui suivit et dévisagea le jeune homme d'un regard interrogateur.

Pourquoi a-t-il tenté de l'embrasser? Elena n'avait pas réalisé que Stefan l'appréciait au delà de l'amitié. D'ailleurs quand a-t-il commencé à ressentir plus que de l'amitié à son égard? Elle est fiancée à Damon, enfin officieusement, mais elle est tout de même sa fiancée, et elle ne désirait pas briser le cœur de Stefan lorsqu'il apprendrait la vérité. Incessamment sous peu. Maintenant que Véritas est revenu aux mains de ses légitimes propriétaire, la jeune femme sait que sa bague de fiançailles ne va plus tarder. Et son mariage non plus.

«Miss Elena, je vous prie de m'excuser, bredouilla timidement Stefan. Je ne désirais point vous offusquer. Je… je pensais que… Désolé.

- Stefan, vous ne devez pas ressentir de tels sentiments à mon égard, le gronda la jeune femme. Je… J'ai quelqu'un. Et ma relation avec cette personne est sérieuse. Je l'aime véritablement. Je ne veux point vous faire souffrir Stefan, je suis seulement franche avec vous. Je vous apprécie, croyez moi, mais pas de cette manière. Pour moi, vous êtes un ami.»

Elena espéra sincèrement ne pas avoir été trop brutale dans ses propos. Elle devait certes remettre Stefan à sa place, mais elle ne désirait nullement lui arracher le cœur. C'était très certainement la première fois qu'il éprouvait de l'attirance pour une femme, elle n'avait pas envie de le décourager. Elle reprit donc la parole plus calmement pour tenter de ne pas lui faire perdre espoir:

«Vous trouverez une femme qui vous aimera comme vous le méritez, lui assura-t-elle. Mais je ne suis pas celle qu'il vous faut. Néanmoins nous pouvons toujours être amis, lui proposa-t-elle gentiment.

- Bien sur, répondit le jeune homme en se forçant à lui adresser un sourire.»

Il était malheureux. Elena le savait. Mais que pouvait-elle faire d'autre? Elle a tenté de lui remonter le moral. Elle s'est même quasiment excuser d'avoir éveillé de tels sentiments en lui. Que peut-elle faire d'autre pour lui faire oublier sa désillusion? Rien. Elle ne peut que lui souhaiter le meilleur et espérer que son séjour à Groove Hill cicatrisera ses blessures.

«J'espère que cet homme vous rend heureuse, murmura le jeune homme. Vous méritez d'être bien traitée miss Elena. Vous méritez le meilleur. Je vous souhaite que du bonheur.

- Merci, souffla-t-elle alors que le jeune homme quittait la pièce.»

Elena détestait l'idée qu'ils se quittent ainsi. Elle aurait aimé… Elle aurait aimé qu'il ne tombe jamais amoureux d'elle. Qu'a-t-elle fait pour charmer Stefan? Elle a juste voulu être son amie! Et maintenant, elle lui a brisé le cœur! En plus si Damon sait ce qui vient de se passer…

Pourtant elle devra le lui dire. Avec ce qu'elle sait, avec ce qui vient de se passer, elle doit informer Damon pour qu'il ait une conversation avec son frère. C'est à Damon de lui annoncer leur relation, pas à elle. La jeune femme espérait seulement qu'elle ne créerait aucune tension entre les deux Salvatore.

Le cœur en miette, le cadet des deux frères retrouva son ainé à l'intérieur de leur voiture. Ce dernier souriait, heureux. Il abordait même une allure triomphante! On pourrait croire qu'il venait de gagner une guerre tellement il semblait fier.

Et en effet, c'était tout comme. Avec les papiers qu'il tenait entre ses mains, l'ainé des deux frères expliqua à son cadet qu'il avait la preuve que Véritas leur appartient.

Leur père leur a spolié leur héritage!

Stefan fut totalement stupéfait par de telles révélations. Il a toujours su que son père aimait le pouvoir et l'argent, mais il n'aurait jamais cru qu'il leur déroberait ce que leur mère leur a laissé! Il n'avait donc aucun respect pour ses enfants ou envers leur défunte mère! La moindre des décences aurait été de respecter ses derniers vœux.

Damon a toujours eu raison au sujet de Giuseppe. Il n'aime personne. Il n'a jamais aimé son épouse, il ne l'a épousé que par intérêt. Stefan ne se faisait plus aucune illusion sur son parâtre. Il partageait désormais le point de vu de son frère: Guiseppe n'est qu'un monstre sans cœur, égoïste, responsable de la mort de leur mère et de leur petite-sœur.

Stefan ne se rappelle peu de choses de cette époque, la mort de sa mère l'a traumatisé, mais il est certain que jamais son père n'a prit Charlotte dans ses bras. Jamais il ne s'est soucié d'elle. Jamais il n'a parlé d'elle. Il l'a tué par sa cruauté, comme il avait tué leur mère quelques mois plus tôt.

«Que comptes-tu faire Damon? S'enquit-t-il. Nous ne pouvons pas le laisser…

- Stefan, je t'installe à Groove Hill et je vais à Richmond voir mon avocat. Crois moi, quand Giuseppe rentrera, il sera à la rue! S'emporta l'ainé. Tout appartenait à maman. Véritas, les plantations, les industries… Tout était à maman! Après sa mort, tout nous revenait, elle nous laissait tout. Et lui nous a tout volé notre héritage!»

Les deux frères détestaient leur père. Damon l'a toujours haït, il se souvient dans les moindres détails de toute la cruauté dont son parâtre a pu faire preuve. Envers lui. Envers Stefan. Et surtout, envers Charlotte et leur mère. Il les a tué!

Quant à son cadet, pour la première fois, il voyait Giuseppe tel qu'il était. Comme un horrible monstre sans cœur!

«Je désire que l'ont récupère notre héritage, mais les affaires, ce n'est pas pour moi Damon. Je n'y connais rien. Et je n'aime pas cela. Tu pourrais gérer les affaires et je pourrais poursuivre mes études.

- Ne t'inquiète pas Stefan. C'est ce que je comptais faire, je sais que tu souhaite devenir médecin et non pas te lancer dans les affaires. Et pour l'argent, je vais t'ouvrir un compte dont tu auras accès à tes vingt-et-un ans. En attendant, en cas de besoin, tu pourras te servir dans le coffre. Je te donnerai le nouveau code, je vais le changer.»

Les deux frères passèrent les dix minutes suivantes à parler de leur héritage. Ils semblaient sur la même longueur d'ondes. Puis, Damon aborda de nouveaux sujets. Il aborda le changement de décoration du bureau ainsi que l'affranchissement des esclaves, avant que le cocher ne s'arrête devant la bijouterie de Mystic Falls.

«Pourquoi nous arrêtons nous ici? S'enquit Stefan en se tournant vers son frère.

- Pour choisir une bague de fiançailles! S'exclama son ainé. J'ai envie de m'assagir!»

Stefan était complètement dérouté par son frère. La veille, Damon lui confiait entretenir une relation sérieuse. Cette nuit, il n'y avait aucun doute sur le fait qu'il a ouvert sa porte à cette fameuse femme à qui il doit sa métamorphose, et aujourd'hui, il comptait se marier. Le jeune homme était ravi que son frère soit heureux en amour, mais il trouvait les choses un peu précipitées et ne put retenir cette question:

«Cette femme est-elle dans une situation délicate?»

L'ainé se tourna vers son frère et l'observa avec horreur. Comment Stefan pouvait-il penser qu'il a osé signer l'arrêt de mort de sa propre fiancée? Une femme qu'il aime plus que tout au monde! Enfin, c'est vrai, Damon devait bien reconnaître qu'il se montre imprudent avec Elena, mais il espère bien qu'elle ne tombera jamais enceinte. Il ne supporterait pas de la perdre ou de la voir pleurer un enfant.

«Stefan! Gronda-t-il. Non! Elle n'est pas enceinte.

- Désolé de t'avoir offusqué, mais… J'ai pensé… Avec cette nuit…

- Oui, elle a passé la nuit avec moi, admit l'ainé. Mais ne t'avise pas à y faire référence! Je ne veux pas que toute la ville la regarde comme une fille perdue! Et puis, ce matin Cordélia nous a déjà fait la morale, Elena était vraiment mal à l'aise, n'en rajoute pas lorsque tu la reverras!»

Stefan fut stupéfait de découvrir que la jeune femme avec qui Damon entretient une liaison n'est autre que celle pour laquelle il éprouve lui-même des sentiments.

De plus, Damon déteste miss Elena. Stefan se mit donc à douter des sentiments de son frère. Après tout, son ainé est un Dom Juan, le cadet ne su si cet amour était réel ou si Damon cherchait seulement à salir la réputation de la jeune femme, simplement parce qu'elle a eu le malheur d'être choisi par leur père. Mais dans ce cas pourquoi Damon comptait-il l'épouser? S'il jouait avec elle, il l'aurait jeté après l'avoir mise dans son lit. Stefan n'y comprenait plus rien. Il avait besoin d'explications, parce que le comportement de son frère devenait incompréhensible.

«Je croyais que tu la détestais, souligna-t-il simplement.

- Au début, je voulais vraiment la détester, lui confia son frère. Mais tu l'as vu, elle est sublime! Non seulement c'est une femme qui captive, mais en plus, elle est stupéfiante. Elle a énormément d'esprit, elle est très intelligente et elle n'a pas froid aux yeux. Avec elle, les apparences sont trompeuses. Elle passe pour une sage jeune fille, mais elle est volcanique! C'est une femme capable de faire face à une horde d'hommes ivres pour me sortir du Mystic Grill. Elle m'a enlevé pour avoir des réponses à ses questions! Elle est forte et fragile à la fois. C'est une femme bluffante! Avec elle, je me sens bien Stefan. Elle me comprend, elle m'écoute. Et elle ne me juge pas. Elle sait que j'ai un passé, disons «peu flatteur», mais cela n'a aucune importance pour elle. Elle me rend heureux, tout simplement.»

Stefan se contenta de murmurer de sincères félicitations à son frère. Si Damon est heureux, ce qui est indéniablement le cas, il est ravi. Même s'il souffre du rejet qu'il vient de subir de la part de miss Elena, il sait qu'elle aime son frère et qu'elle lui est fidèle. Et Damon mérite une femme comme elle. La jeune femme se soucie des autres, elle sera une alliée de taille pour son frère. Le genre d'épouse qui, en société, permet à son mari d'atteindre les sommets de la réussite.

Stefan leur souhaite véritablement d'être heureux. Bien sur il souffre que la jeune femme lui ait préféré son frère, mais il ne leur en veut pas. Il espère seulement que miss Elena taira à son frère l'incident de ce matin.

Damon est un homme possessif, il est certain qu'il sera jaloux et en colère que son frère ait tenté d'embrasser sa femme. Stefan ne veut pas que sa mégarde le fâche avec le seul membre de sa famille qu'il lui reste. Son loyal grand-frère.

Elena de son côté impressionna Cordélia tout au long de la journée. La jeune femme est méthodique, très organisée et pleine d'énergie. Non seulement elle a étudié chacun des documents laissés par Damon, elle a aussi déterminé d'un salaire décent pour les futurs affranchis, mais en plus elle leur a mis en place des horaires de travail en fonction de leur vie personnelle. Et ensuite, elle a continué son labeur en mettant sur pieds un plan pour la future décoration du bureau. Elle a déjà engagé un peintre à qui elle a expliqué comment elle imaginait la pièce et elle a déjà vu le menuisier pour fabriquer sur mesure des meubles afin qu'ils ornent la pièce.

Vraiment, la jeune femme a fait un travail titanesque! Les moindres petits détails ont été soignés. Cordélia songea que cela faisait bien longtemps que personne ne s'était tant investi pour Véritas. Pour tout dire, cela ne s'est plus produit depuis la mort de Madame Marie! Même lorsqu'elle était affaiblie, la maitresse de maison veillait à ce que tout aille droit sur son domaine.

Et aujourd'hui il y avait miss Elena. Après des années où cette magnifique propriété est restée à l'abandon, il y a enfin une nouvelle maitresse de maison pour en prendre soin.

Il était temps! Il était temps surtout pour monsieur Damon. Cordélia s'est fait énormément de souci pour son jeune protégé. Elle avait même perdu espoir le concernant, pensant qu'il ne rencontrerait jamais une femme qui lui donne envie de se ranger. Et puis miss Elena est arrivée et les cartes ont toutes convergées dans la même direction. Aujourd'hui, elles indiquent enfin du bonheur dans la vie du jeune homme. Quelques tumultes sont aussi à prévoir, mais les cartes ne mentent jamais, si ce jeune garçon continue sur la voie qu'il a empruntée, il sera enfin heureux! La gouvernante n'aurait même pas besoin de se servir de ses cartes ou de sa boule en cristal pour le savoir. Il n'y a qu'à observer la dévotion dont la jeune femme fait preuve envers monsieur Damon. Elle ferrait n'importe quoi pour lui.

«Miss Elena, votre repas est prêt, lui indiqua la gouvernante.»

La brunette continuait son travail pour Damon en remplissant les documents qui permettront aux esclaves de devenir des hommes libres. À son retour, Damon n'aura plus qu'à les signer.

Elle était tellement absorbée par ses tâches, que l'appel de Cordélia pour aller prendre le diner au salon lui passa presqu'inaperçu. Pour toute réponse, elle annonça à la gouvernante qu'elle dinerait avec Damon, lorsque ce dernier rentrera.

«Mais enfin miss Elena, vous avez travaillé toute la journée, sans prendre un seul moment de répit, mangez donc un peu! Insista Cordélia. Monsieur Damon va me taper sur les doigts si je ne m'occupe pas bien de vous. Aller, venez manger un tout petit peu, histoire d'avoir quelque chose dans le ventre. Vous mangerez plus copieusement lorsque monsieur Damon sera rentré.

- Bien, céda Elena afin de contenter la gouvernante. Mais c'est seulement pour vous faire plaisir Cordélia! J'ai encore pas mal de chose à faire!»

La jeune femme grignota par ci, par là, puis elle monta à l'étage, s'installer dans la chambre de Damon.

Le matin même, lorsqu'ils se sont réveillés dans les bras l'un de l'autre, le jeune homme a proposé à sa dulcinée de partager la même chambre. Officiellement. Avec le départ de Giuseppe pour le Tennessee, ils n'ont plus aucune raison de se montrer prudent. Les quatre murs de Véritas n'abritent plus qu'eux deux et Cordélia; jamais la gouvernante n'irait les trahir en colportant la rumeur comme quoi ils sont en ménage.

Ils peuvent donc profiter de leur amour sans aucune limite, sans aucune contrainte. Librement, tout simplement.

Et Elena s'en réjouissait d'avance. Elle aimait s'endormir après avoir partagé un instant passionné avec Damon. Elle aimait se réveiller, au petit matin, dans les bras du jeune homme, sous les caresses de ce dernier. Elle se sentait libre, enivrée d'amour. Elle réalisait même que la vie au dix-neuvième siècle lui plaisait. Enfin elle doutait que ce soit dut à l'époque, à vrai dire, qu'importe l'époque, sa vie lui plaira, du moment qu'elle a Damon à ses côtés.

Elle s'empressa donc de déménager ses affaires dans la chambre de son quasi fiancé et une fois qu'elle fut installée, elle remarqua une clé, posée sur la table de chevet et entreprit de découvrir qu'elle serrure elle ouvrait.

Elena la testa d'abord dans la chambre, puis elle sorti se balader dans le couloir, testant chacune des portes de la maison.

Finalement, elle découvrit que cette fameuse clé ouvrait la porte à côté de son ancienne chambre. Et elle découvrit la chambre de Charlotte. Elle jura qu'il s'agissait de la chambre du défunt nourrisson. Les murs étaient peints en rose, il y avait de la lingerie pour bébés, un berceau… Damon gardait précieusement la chambre de sa petite-sœur intacte. Comme s'il s'agissait d'un sanctuaire.

La jeune femme observa les moindres détails de la pièce, le cœur en miette. Elle serrait contre elle une couverture bordée aux initiales du bébé, en songeant oh combien cette fillette manquait à cette maison. Cette chambre aux couleurs si vives semblait tellement triste. Elena connaissait suffisamment Damon pour savoir que dans ses moments de nostalgie, il devait venir se réfugier ici, ressasser la perte de sa sœur et celle de sa mère.

«Elena, murmura le jeune homme, en la découvrant dans la chambre de Charlotte.

- Damon, je ne t'ai pas entendu arriver. Je… J'ai été un peu trop curieuse, s'empressa-t-elle de s'excuser. Je…»

Mais tout ce que Damon vit à ce moment précis fut les larmes de la jeune femme. Penser à Charlotte, à l'histoire de cette fillette rendait tout le monde triste. Elena l'empathique se retrouvait à pleurer cette enfant comme si elle l'avait connu. De plus, cette pièce est tellement imprégnée de l'essence de l'enfant, qu'Elena n'avait pas d'autre choix que de ressentir le vide laissé par le décès de Charlotte.

«Cette pièce est triste, je sais, murmura Damon en serrant la jeune femme dans ses bras. On s'attend à y trouver un bébé, voir cet enfant pleurer à plein poumon. Et c'est la chambre de Charlotte. Mais je ne peux pas... C'est la chambre de Charlotte. Un jour, je verrai peut-être cette pièce autrement, mais aujourd'hui c'est encore la chambre de ma petite-sœur. Et cette couverture, c'est une des couvertures que ma mère lui a tricoté. Elle rêvait d'avoir une fille. Pour ma mère, avoir Charlotte c'était comme un miracle. Elle nous adorait Stefan et moi, je ne dis pas… C'est juste qu'elle voulait aussi avoir une fille. Ma mère a veillé aux moindres détails de cette chambre. C'était comme si elle avait préparé la venue de Charlotte toute sa vie!

- Pour une femme, avoir une fille, c'est l'opportunité de transmettre un certain savoir et des valeurs. Des choses qui ne se transmettent que de femme à femme. Pour une femme, avoir une fille, c'est avoir une héritière. Une fille c'est un peu une princesse, à qui une maman enseigne l'art d'être une femme. Il y a des moments qu'une mère ne peut partager qu'avec sa fille. Ta maman n'allait pas t'apprendre comment te faire des tresses, comment te maquiller, t'offrir ses bijoux ou t'expliquer qu'il faut te méfier du grand méchant loup! Non, ta maman avait ses deux petits rois qu'elle devait adorer plus que tout! Je me souviens de son sourire sur les photos que j'ai trouvé, elle rayonnait de bonheur entourée de ses deux garçons. Il n'y a aucun doute sur l'amour qu'elle vous portait à ton frère et à toi. Sa petite princesse complétait parfaitement le tableau. Elle désirait avoir un enfant à qui elle puisse transmettre les secrets hérités de sa propre mère. Mais elle a du avoir l'impression de s'accomplir lorsqu'elle t'a eu toi. Certaines femmes ont seulement besoin d'être mères pour être heureuses.

- Oui, murmura Damon. Comment tu…

- Ma mère. Elle m'a confié un jour qu'elle n'aurait rien été si elle ne nous avait pas eu mon frère et moi. Elle était tellement douce. Elle m'a tout apprit. Elle a fait de moi celle que je suis. En me rappelant ma mère, la femme qu'elle était, la maman qu'elle était, je comprends pourquoi ta maman désirait tant une fille, déclara-t-elle simplement. Ma mère adorait mon frère, c'était son fiston et elle n'en était pas peu fière. Petit, Jeremy était très gentil, adorable avec elle. C'était le petit-garçon à sa maman. Ils s'adoraient tous les deux. Mais il y avait certain moment que ma mère ne pouvait partager qu'avec moi. Sa fille. Mais tu sais, je crois que chaque enfant, fille ou garçon, à ses moments privilégiés avec ses parents.»

Les deux jeunes gens restèrent un long moment dans la chambre de Charlotte. Ils étaient installés parterre, à discuter de la vie. De leurs familles; Damon parlant de sa défunte maman et de sa défunte sœur, Elena se remémorant ses souvenirs d'enfances et confiant oh combien son petit-frère adoré lui manque.

Puis, le court de la conversation changea et la jeune femme se retrouva à confier à son fiancé l'incident qui s'est produit ce matin avec Stefan.

Elle craignait que Damon s'emporte. Après tout, c'est un homme possessif et jaloux. Il faudrait un véritable miracle pour qu'il ne s'emporte pas.

«Stefan a quoi? S'écria le jeune homme. Je vais le…»

Elena ne lui laissa pas le temps de formuler des menaces et tenta de l'apaiser tout en tentant de dédramatiser les faits. Stefan a essayé de l'embrasser. Il s'est excusé et il sait qu'elle fréquente quelqu'un. Il ne retentera plus de lui voler un baiser. Cependant Elena attend de Damon qu'il parle à son cadet, pour l'informer de leur relation.

«Il le sait déjà, réalisa le jeune homme, tourmenté.»

Il venait de réaliser qu'il a dû horriblement blesser son frère en lui apprenant si brutalement qu'il allait se marier avec Elena. S'il avait su, il s'y serait prit autrement pour l'annoncer à son frère.

«Tu vas rompre avec moi, murmura tristement Elena. Je peux comprendre, Stefan est ton frère, il passe en priorité.

- C'est trop tard Elena, dit-il tendrement. C'est trop tard princesse parce qu'à l'instant où je suis tombée amoureux de toi, je suis devenu incapable de me séparer de toi. Je t'aime Elena.»

Le jeune homme la serra dans ses bras sans se soucier de son frère. Il préférait se dire que Stefan s'en remettrait. Il se disait aussi qu'il allait être forcé d'aller à Groove Hill mettre les choses au clair avec lui. Il ne voulait pas être en froid avec son petit-frère mais il ne voulait pas non plus que celui-ci ait des vues sur sa femme. Il y avait deux poids, deux mesures dans cette histoire, et en attendant de l'éclaircir, Damon Salvatore profitait de sa future épouse en l'embrassant passionnément.


Note de l'auteure: Alors ce chapitre, il vous a plu? Que pensez-vous d'Elena qui repousse Stefan? De ce qu'elle lui dit? Que pensez-vous aussi des confidences des deux frères? De Damon qui apprend à Stefan qu'il compte épouser Elena? Du discours qu'il tient, expliquant à son frère, combien il est amoureux de la jeune femme? Que pensez-vous aussi d'Elena, de tout le travail qu'elle fait en l'absence de Damon? Et le Delena, qu'en pensez-vous? Les confidences sur leurs familles?

Comme toujours, j'attends vos avis avec impatience. J'espère aussi que le chapitre vous a plu.

Bises & à bientôt.

Amandine.

PS: J'aimerai écrire un OS ou mini fic (3 chapitres maxi) de Noël, seulement je n'ai pas d'idée ou alors que des mauvaises. Des idées vous?