Après une longue attente, je vous offre une longue suite. Désolée pour cette attente, ce chapitre est horrible à écrire. Il est tellement sombre, je n'arrivais pas à le composer comme je le désirais. J'espère que cette version finale vous plaira. Je pends simplement quelques secondes pour répondre à vos commentaires, et je vous abandonne à ce chapitre riche en révélations mais plutôt triste. Merci pour votre fidélité.
Awakneza: Damon est plutôt choqué par les aveux d'Elena, et il est terrorisé par cette grossesse. Pour lui, une grossesse ce n'est pas synonyme de vie, mais de mort. C'est assez fort, ça explique beaucoup. Ses aveux dans ce chapitre explique pourquoi il a ce point de vue à ce sujet. Stefan se croit coupable de la mort de sa mère et de sa sœur, pour une raison. Mais elle n'est pas valable. En tout cas, merci de ton commentaire, j'espère que ce chapitre te plaira. Bises & à bientôt.
Jolieplante: Si tu as trouvé le précédent chapitre triste, attend de découvrir celui-ci! Il est horrible! Je te le vends bien, n'est-ce pas? Plus sérieusement, ce chapitre est émotionnellement éprouvant. Mais tu t'en doutais, tu l'as dis toi-même, tu t'attends à d'horribles révélations. J'espère que ce chapitre sera à la hauteur de tes espérances. Merci de ton commentaire. Bises & à bientôt.
M: Merci pour ton commentaire. Je suis contente que l'histoire continue de te plaire. J'espère que ce chapitre sera à la hauteur de tes attentes. . Bises & à bientôt.
Virginie06: Stefan a une raison de s'accuser de la mort de sa mère et de celle de sa sœur. Mais cette raison n'est pas valable. Enfin de mon point de vue. En tout cas merci pour ton commentaire, j'espère que la suite te plaira autant. Bises & à bientôt.
Dray86: Il est évident que Damon ne va pas changer d'état d'esprit du jour au lendemain. Il va lui falloir du temps pour que ses inquiétudes disparaissent. C'est un travail sur lui-même que Damon doit faire. Il doit accepter la grossesse de sa femme et il doit laisser le passé derrière lui. Heureusement il a Elena, elle est têtue, elle ne l'abandonnera pas. En tout cas merci pour ton commentaire. J'espère que cette suite te plaira. Bises & à bientôt.
Cassie52: Toutes les réponses à tes questions sont dans ce chapitre. Pas très joyeux ce chapitre, je préfère t'avertir. J'espère néanmoins qu'il te plaira. Merci pour ton commentaire. Bises & à bientôt.
Je m'excuse pour ce retard dans la fic. Vraiment désolée. Je tiens aussi à avertir les plus sensibles d'entre vous, CE CHAPITRE EST PLUTÔT TRISTE & VIOLENT. J'espère cependant qu'il vous plaira. Bonne lecture.
Chapitre 26
Un silence, presque oppressant, s'installa pendant de longues minutes. Elena observa Damon avec intensité, elle vit chacun des traits de sa moitié tiré par la douleur. La jeune femme a toujours su que l'enfance des Salvatore a été plus que difficile, marqué par des drames et la brutalité de leur père. Mais à voir la détresse actuelle qui habite de Damon, ce passé est pire que ce qu'elle osait imaginer.
C'était comme s'il devait pas être raconté. Damon ne trouvait pas ses mots. Il voulait véritablement se confier à Elena. Il a besoin de se confier à elle, et son épouse a le droit de savoir. Avec l'arrivée prochaine de leur enfant, elle doit comprendre pourquoi il a réagit si violemment à cette annonce. Elle doit savoir que cette réaction n'a rien à voir avec elle ou le bébé. C'est seulement cet horrible passé et ces douloureux drames qui paralysent Damon et l'empêchent d'être heureux avec Elena.
«Tout ça, c'est de la faute du vieux! Grinça Damon.»
Son regard était perdu dans le vide, et sa voix semblait lointaine. Il paraissait totalement loin d'Elena. La jeune femme comprit que le film des événements tragiques de son enfance, repasse dans sa tête. C'est comme si Damon essaye de décortiquer les choses afin de savoir s'il aurait pu éviter ces drames. Elena a la sensation qu'il culpabilise. En plus d'avoir perdu foi en la vie. Pour Damon, une grossesse est comme une maladie. Dés que la brunette a prononcé ce mot, cinq jours auparavant, il s'est imaginé le pire. Comme si, pour lui, l'histoire de sa mère et celle de Charlotte sont vouées à se répéter. Comme si Elena et leur bébé auront la même fin douloureuse.
«Tout a commencé bien avant Charlotte, se lança difficilement Damon. En fait, c'est à la seconde grossesse de ma mère qu'il faut remonté. Stefan pense que tout est de sa faute, parce que l'accouchement a été difficile et a laissé des séquelles. Notre mère a eu du mal à le mettre au monde. Sa grossesse s'est bien passée, mais son accouchement… Il a fallu appeler le médecin alors qu'il n'aurait pas dû venir.»
Damon marqua une pause dans son récit. C'était éprouvant pour lui de raconter la souffrance de sa mère et son ressenti de l'époque. Il se mettait en position de vulnérabilité, pour elle.
Elena désire connaître toute l'histoire, mais elle sait qu'elle doit se montrer patiente. Elle doit laisser à Damon tout son temps, et le soutenir.
Par instinct de protection, ou peut-être parce qu'actuellement Damon ressemblait à un enfant de cinq ans, apeuré et délaissé, la jeune femme effleura la joue de son époux et l'accueillit dans ses bras pour le consoler et l'apaiser, jusqu'à ce qu'il soit capable de reprendre son récit:
«Quelques semaines auparavant, maman et moi, discutions. Elle craignait que je ne m'inquiète lorsqu'elle serait en travail, alors elle m'a expliqué que je l'entendrai peut-être crier, mais que ce serait normal. Elle m'a dit qu'elle aurait mal, mais que ce ne serait pas grave. Elle m'a expliqué que Cordélia l'aiderait, comme elle l'avait aidé lorsque je suis né, et qu'une fois la douleur passée, j'aurais mon petit-frère ou ma petite-sœur. Et pendant la naissance du bébé, elle voulait que je joue tranquillement dans ma chambre, sans m'inquiéter, sans faire attention à l'environnement qui m'entourerait. Mais le jour de l'accouchement venu, maman criait vraiment fort, je ne pouvais pas jouer sans me faire souci pour elle. Alors j'ai pris une peluche avec moi et je suis allé me cacher dans le couloir, derrière un meuble pour ne pas que les domestiques me voit errer près de la porte de ma mère. Et c'est là que j'ai entendu Cordélia dire à une servante d'aller chercher le docteur. «Il y a trop de sang, Madame Marie est très affaiblie», avait-elle expliqué, inquiète. Et tout le monde autour de moi s'inquiétait. Normalement tout aurait dû bien se passer. Il n'y avait eu aucun signe, durant la grossesse de ma mère, pour indiquer un accouchement à risque. Stefan arrivait à terme et la gestation s'était bien passée. Le médecin n'a pas trouvé d'explication a ce qui s'est passé. C'était la fatalité. Maman était seulement heureuse que mon petit-frère aille bien. Je me rappelle, lorsque j'ai entendu Stefan pleurer, j'ai couru jusqu'à la porte, fou de joie. Cordélia m'a rattrapé par le col et m'a demandé d'attendre quelques minutes que le bébé soit présentable. Elle est entrée dans la pièce et m'a dit qu'elle viendrait me chercher d'ici quelques instants. J'ai attendu, et finalement, j'ai pu entrer. Le docteur parlait avec maman. Je ne me rappelle plus ce qu'il lui disait. À vrai dire, je n'écoutais. J'étais auprès de ma mère et de mon frère. J'étais heureux, ils allaient bien. Maman semblait un peu soucieuse, mais dés qu'elle posait son regard sur Stefan, ou sur moi, elle devenait sereine. Alors je n'ai pas posé de questions. J'ai profité d'avoir ma mère et Stefan rien qu'à moi avant que le vieux ne vienne. Lorsqu'il est entré, il a voulu que je sorte de la pièce, mais maman a insisté pour que je reste. J'étais encore choqué par la journée qui venait de se passer, j'avais eu peur et j'étais resté seul durant tout le temps où elle était en travail. Elle ne voulait plus me laisser. Et je crois aussi qu'elle ne voulait pas que Guiseppe reste. Elle préférait rester seule avec ses fils. Elle s'efforçait de le faire partir au plus vite. Mais il se fichait de ses désirs. Il voulait tenir son fils, «l'héritier», comme il l'appelait. Il a pratiquement arraché Stefan des bras de ma mère. Elle venait d'accoucher, elle avait probablement eu peur, et lui n'a rien trouvé de mieux que de lui prendre son nourrisson des bras!»
Cette fois-ci, Damon était en colère. Elena pouvait le comprendre. Elle arrivait aisément à imaginer l'état d'esprit ambiant de cette journée, et surtout les sentiments de sa belle-mère. Cette femme venait de vivre un accouchement douloureux. Elle avait du s'inquiéter au sujet de la santé de son enfant à naitre, au sujet de son petit garçon de cinq ans, qu'elle devait supposer être terrorisé et seul, dans la chambre d'en face. Et puis, elle devait avoir peur tout court. Peur pour sa propre vie. Peur de ne pas survivre en laissant ses enfants derrière elle. En aucun cas, après la journée qu'elle avait passé, Marie Salvatore n'aurait eu besoin de voir son diabolique mari entrer dans sa chambre pour lui arracher si violemment on bébé!
«Et puis, sans que je ne m'y attende, il a accablé ma pauvre mère, confia Damon, bouillonnant de rage et de tristesse. Comme toujours, il n'a pas fait dans la dentelle! Il disait qu'il avait vu le docteur, qu'il lui avait tout dit. Il l'a traité d'incapable, de bonne à rien… Il la rabaissait, encore et encore. Maman était fière, elle ne montrait jamais ses émotions devant le vieux, mais il frappait vraiment là où il était certain de lui faire le plus mal. Je le voyais dans les yeux de maman. Elle a manqué de pleurer devant lui. Je ne comprenais pas pourquoi il se montrait si méchant avec elle, ni pourquoi maman ressentait le besoin de pleurer. Mais je savais qu'elle ne pouvait pas pleurer devant le vieux. Alors j'ai fais exprès de faire tomber un vase. Guiseppe s'est mis en colère contre moi, je me suis enfouit dans les bras de maman pour lui faire comprendre que je ne quitterais pas la pièce. Je savais qu'en faisant une bêtise, il ne supporterait plus ma présence autour de lui et qu'il ne supporterait plus de se trouver dans la même pièce que moi. En restant vers maman, je le forçais donc à partir. Mais en posant Stefan dans son berceau, il s'est tourné vers maman, il l'a regardé droit dans les yeux, et ce qu'il lui a dit… Je m'en souviendrai toujours Elena! Sans le moindre remord, sans la moindre pitié pour ma mère, sans le moindre respect pour elle et pour sa dignité. Il lui a dit, mot pour mot: «Ce n'est pas parce que n'es plus bonne à rien que je n'aurais pas d'autres héritiers. Ils seront illégitimes, je tiens trop à ton argent pour tout perdre, mais je ne veux pas laisser derrière moi que mon fils et malheureusement ce bon à rien de Damon. J'ai une maitresse Marie. Ce n'est pas la première, certainement pas la dernière non plu. Je me fiche que tout Mystic Falls le sache. Je me fiche de ta stupide dignité à laquelle tu accordes une si grande importance. Tu n'es qu'une femme, tu n'as pas de dignité, ni de fierté. Tu n'es rien. Tu as seulement eu la bonne fortune de venir d'une famille aisée. Rien de plus.» Puis il a quitté la pièce et maman s'est mise à pleurer. Pas parce que Giuseppe la trompait. Il ne lui apprenait rien à ce sujet, elle le savait déjà. Ça ne lui plaisait pas, elle côtoyait ses maitresses en ville et se trouvait obligée de le saluer, par politesse et afin de conserver sa dignité. Mais ce n'était pas le pire pour elle. La pire crainte de ma mère était ce que les gens penseraient s'ils venaient à apprendre la vérité. Sa famille est respectable, digne. Elle était française, pudique, les scandales sont toujours une honte dans sa culture. Son nom, celui de ses ancêtres, a toujours été le plus important, elle se devait de ne pas le tâcher avec les saletés du vieux. Le nom des Delcourt devait rester propre. Par respect pour ses parents et l'éducation qui lui ont donné.»
Elena se demanda pourquoi sa belle-mère restait avec Giuseppe. Comment une femme peut-elle accepter de se faire rabaisser ainsi? Sa belle-mère aurait dû claquer la porte avec perte et fracas, ses enfants sous le bras! C'est ce qu'Elena aurait fait, sans le moindre remord. Mais la différence entre les deux femmes: elles ne sont pas de la même époque! Elena est plus libre, moins attachée à l'insertion sociale que ne l'était sa belle-mère. Ce qu'elle pense n'a surement jamais dû effleurer l'esprit de Marie, ou alors, cette éducation et cette soumission à laquelle les femmes du dix-neuvième sont soumises l'ont poussé à endurer passivement la cruauté de son ignoble époux.
«Elle a voulu partir, lui apprit Damon comme s'il lisait dans son esprit. Un soir, une maitresse de mon père est venue à la maison. Il était tard. Le vieux était énervé, Maman nous a emmené à l'étage pour éviter qu'il ne s'énerve sur nous. Nous étions bien, tous les trois dans la chambre de maman, entouré par le chien qui nous jappait autour. Nous y avions soupé, puis, nous nous étions installés sur le lit. Stefan et moi écoutions notre mère nous raconter des histoires. Tout allait vraiment bien, jusqu'à ce que cette femme n'arrive! Elle hurlait sous nos fenêtres. Toute la plantation l'entendait. C'était horrible pour maman. Cette femme révélait clairement l'infidélité du vieux. Le pire est arrivé lorsque le sheriff est venu faire un tour à Véritas. Un esclave ou un employé de maison a dû aller le chercher. Cette femme n'était pas discrète, elle devait les déranger. Il était tard, certaines personnes devaient se lever tôt pour le travail et tous voulaient dormir calmement. Guiseppe était bien sorti dehors pour essayer de la calmer. Non pas par respect pour ma mère, mais pour lui. Sa maitresse n'avait pas à venir faire une scène de ménage chez lui. Encore moins à la porter de ses employés et de ses esclaves. Malheureusement, lorsque le sheriff et son adjoint sont arrivés, la femme continuait son scandale. Maman voyait tout de l'étage, et pour elle, cette scène était la cerise sur le gâteau. Elle pouvait tout endurer, mais elle se savait incapable de faire face aux cancans et à la pitié des voisins.»
Damon marqua une courte pause. C'était difficile pour lui de reparler de cette soirée et de ce qui a suivit. Et il sentait Elena toute tremblante, elle s'attendait vraiment au pire, sans savoir à quel point la vérité est sale. Et son époux ignorait encore comment lui avouer ce qui s'était passé. Alors, il choisit de continuer à planter le décor de cette nuit, parlant de tout ce qui a précédé l'instant om le sort de sa mère a été scellé.
«Maman s'est alors mise à jurer en français, dit-il avec un triste sourire. Elle le faisait toujours lorsqu'elle était en colère. Stefan et moi, nous la regardions, gesticuler de droite à gauche dans la pièce en faisant ses valises. Elle a appelé Cordélia, elle lui a demandé de faire immédiatement nos valises. Stefan avait quatre ans et demi, il ne comprenait pas ce qui se passait. Maman ne parlait qu'en français. Steffy saisissait mal ses paroles. À l'époque, maman commençait tout juste à lui enseigner la langue, tandis que moi, je parlais français couramment depuis quelques années déjà. J'ai donc vite compris que notre mère voulait rentrer dans son pays qui lui manquait tant. Avec Stefan et moi, bien entendu! Elle voulait simplement retrouver sa maison et sa famille. Elle se fichait des dettes de Giuseppe, elle se fichait désormais des quand-dira-t-on lorsqu'elle rentrerait chez elle avec seulement ses deux enfants. Elle voulait juste fuir le vieux et Mystic Falls. Elle ne voulait plus de cette vie déplorable. J'ai donc dis à mon frère que nous nous apprêtions à partir en voyage, dans le pays de maman. Nous étions heureux. Je ne pense pas que mon frère comprenait qu'il s'agissait de partir loin de Giuseppe, il devait penser que nous finirions par rentrer à la maison un jour. Je ne pouvais pas lui dire que nous allions partir définitivement. Il aurait pleuré sa maison, ses jouets, ses amis… Il n'a jamais aimé le changement mon petit-frère.»
Pourtant, même si ce récit transpirait l'espoir, Elena savait bien que jamais sa belle-mère n'a réussi à fuir cet enfer. Elle imaginait aisément que Giuseppe l'a intercepté avant qu'elle ne quitte la maison et l'a retenu d'une quelconque manière. Et connaissant la cruauté de l'odieux personnage, la jeune femme s'attendait vraiment au pire!
«Nous descendions les escaliers du personnel. Maman pensait sortir par la porte de service. Cordélia avait attelé les chevaux, tout était prêt. Maman et elle n'avaient pas peur de conduire l'attelage, elles ont toujours eu du cran. Maman ne s'inquiétait pas d'avoir un accident, elle a toujours eu un bon rapport avec les animaux, elle leur accordait toute sa confiance. Non, elle craignait que nous ne prenions froid! Elle nous avait emmitouflé dans des couvertures, même la chienne avait la sienne.»
Un ange passa. Cette fois-ci, Damon resta bien plus longtemps silencieux. Le pire de l'histoire arrivait. À présent, tout n'allait plus qu'être drames et tragédies. Elena, toute flageolante, se mettrait à pleurer. Ses yeux brillent déjà. Le jeune homme sait que dés qu'il reprendra son récit, elle se mettra à pleurer. Et Damon n'est pas certain d'être capable de supporter une telle image. Il n'aime déjà pas les larmes d'Elena en temps normal, alors la voir pleurer à cause de son passé, dans son état en plus. Ce n'est pas bon pour elle de telles émotions. Mais le jeune homme sait aussi que les cachoteries et son attitude de ses derniers jours, sont tout aussi néfastes.
Elena a besoin de calme, de sérénité et d'amour. Elle n'a pas besoin de lui et de son affreux passé qui le dévore comme la rouille ronge le fer. Il ne l'aide nullement à rester calme et apaisée, bien au contraire. Si cette grossesse connaît des problèmes, il en sera l'unique fautif et Elena l'accusera à juste titre. Lui a peut-être du mal à se familiarise avec l'idée que son épouse attend un enfant, mais elle n'a véritablement d'yeux que pour cette enfant à naitre.
Il se doit de la ménager. Il se doit de lui dire la vérité afin qu'elle cesse de s'inquiéter pour leur couple et s'apaise un peu. Mais c'est tellement dure de formuler à voix haute tout les évènements qui se sont produits à partir ce moment.
«Nous allions sortir lorsque le vieux nous a vu, reprit-il sombrement. Il avait tout compris. Il faut reconnaitre que nos sacs nous trahissaient! Pourtant maman essayait de mentir, pour nous protéger, Stefan et moi. Mais plus elle mentait, plus la rage du vieux accroissait. Il s'est défoulé sur maman. Il l'a frappé, encore et encore. Stefan hurlait, il devenait fou, il voyait son père violenter sa mère! Cordélia et moi avions tenté de nous interposer, mais le vieux l'a projeté contre le mur et m'a cassé le bras. Il menaçait de me casser tous les membres si jamais je continuais de chercher à l'empêcher de «corriger» sa femme. Maman a eu peur, elle m'a alors supplier de le laisser la frapper, mais je ne voulais pas l'abandonner. Je ne pouvais pas la laisser. Je devais la défendre. C'est alors que le vieux m'a regardé, avec un sourire sadique. Il m'a alors dit que si je continuais à «chercher les ennuis», il frapperait aussi Stefan et qu'il s'arrangerait pour m'envoyer en pension afin que je ne revois plus jamais mon frère et ma mère. Et Steffy a été terrorisé par ses paroles. Il est sorti de sa cachette et m'a attrapé la jambe, il refusait de me lâcher. Il criait, il disait qu'il ne voulait pas que je parte. Il n'arrêtait pas de pleurer en regardant le vieux battre notre mère. J'essayais de calmer mon frère afin qu'il me lâche pour que je puisse partir secourir ma mère, mais je n'y arrivais pas. Stefan refusait de me lâcher. Et le vieux a fini par emmener de force maman à l'étage. Il voulait «la punir» et «la soumettre». Elle hurlait, elle pleurait, elle était totalement vulnérable et apeurée. Il la trainait par les cheveux, en direction de sa chambre. Il venait de décider qu'il voulait, non seulement se venger d'elle, mais un autre héritier, légitime cette fois. Il se fichait bien que maman n'avait pas le droit de retomber enceinte sous peine de mettre sa vie et celle du bébé en danger. Il se fichait bien qu'elle ne soit pas consentante. Il désirait seulement la faire souffrir de la pire façon qu'il connaissait. Et il l'a brisé. Ce qu'elle a vécu, aucune femme ne devrait avoir à le vivre. Ma mère était forte, mais ce qu'il lui a fait… Maman est restée des semaines enfermée à double tour dans sa chambre, muette. Elle ne voulait même pas nous voir Stefan et moi. Cordélia ne savait plus quoi faire, elle s'inquiétait beaucoup pour elle. Maman mangeait peu. Elle pleurait tout le temps. Elle a fini par sortir de son mutisme le jour où Stefan est allé se réfugier auprès d'elle. Il voulait seulement la voir. Cordélia venait de le gronder, il avait fait une énième bêtises, il voulait sa maman. Depuis cette soirée, il ne cessait de faire des cauchemars la nuit et de terribles caprices en journée. Il était totalement bouleversé par tout ce qu'il a vu et entendu, il n'arrivait à s'exprimer qu'avec violence. D'ailleurs aujourd'hui encore, il garde des séquelles, il a pratiquement tout oublié de cette période. Ses souvenirs reprennent après la mort de Charlotte. Et il se sent fautif, il pense que si maman et Charlotte sont morte, c'est parce que maman a eu des soucis lorsqu'elle l'a mis au monde.»
À l'évocation de sa petite-sœur chérie, Damon marqua une pause. Sa rage à l'encontre de son parâtre, se transforma en indescriptible souffrance lorsqu'il prononça le prénom du pauvre nourrisson. Il arrivait à peine à formuler ses phrases. Sa gorge était serrée et les larmes perlaient dans ses prunelles bleues tant aimées par Elena.
La jeune femme a déjà vu Damon vulnérable par le passé, mais jamais à ce point. Son cœur se brise en mille morceaux à le voir ainsi. Elle pleurait à chaudes larmes en imaginant l'enfer dans lequel son époux, sa belle-mère et Stefan ont vécu. C'est tout bonnement horrible, il n'existe aucun mot assez fort pour décrire quelle vie ils ont eu auprès de ce monstre.
«Maman a su dissocier Charlotte de cette horrible nuit et de tout ce que le vieux lui a fait, reprit tristement Damon. Elle a su se montrer forte lorsqu'elle a su. Elle m'a dit que ce bébé, comme Stefan et moi, sera le sien, et rien que le sien. Et elle à insister sur sa volonté de taire à Charlotte les monstrueuses conditions de sa conception. Elle l'aimait vraiment. Autant qu'elle aimait Stefan et autant qu'elle m'aimait, confia-t-il d'une toute petite voix étranglée. Maman savait que sa grossesse était dangereuse, mais je ne crois pas qu'elle avait peur. Pour elle, il n'y avait que ses enfants qui importaient. Ses fils et le bébé qu'elle attendait. Sa grossesse a été horrible! Elle était constamment alitée, malade et trop faible. Elle a mit au monde Charlotte prématurément. Et cet accouchement l'a épuisé. Deux jours plus tard, elle était… Tu sais.»
Morte. Elena n'avait pas besoin que Damon prononce le mot. Elle avait compris. Deux jours après ce douloureux accouchement, Marie Salvatore était morte. Son corps n'a pas supporté la naissance de sa fille et tout les maux qu'elle avait enduré lors de sa grossesse.
«Quand maman est morte, reprit-t-il difficilement, le vieux n'a rien trouvé de mieux que de dire «tant mieux, bon débarras». Il continuait ses affaires, sa vie, et le seul de ses enfants qui comptait, c'était Stefan alors que celle qui avait besoin qu'on s'occupe d'elle, c'était Charlotte. Elle si petite! Vulnérable. Mais adorable. Elle ressemblait à maman. Mais elle était vraiment chétive. Au début, lorsque j'allais auprès d'elle, je n'osais pas la toucher. Et puis j'ai appris à prendre soin d'elle. Elle avait beaucoup de soucis de santé, mais elle allait mieux de jour en jour. Elle était forte. Deux mois plus tard, elle commençait à bien respirer et elle avait pris du poids. Elle ressemblait vraiment à un bébé en pleine santé. Mais le vieux a laissé les fenêtres du salon ouvert alors que le berceau se trouvait dans la pièce. En plein hiver, il avait chaud! Charlotte a pris froid. Elle a développé une infection respiratoire. Elle s'est étouffée dans son sommeil. Le vieux l'a tué, comme il a tué notre mère!»
Elena tremblait. Toute cette histoire était horrible. Traumatisante. Pas étonnant que Damon et Stefan soient perturbés après une telle enfance. Cependant, si la jeune femme saisissait bien des choses au sujet de la famille Salvatore, elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi Damon avait tant de mal avec sa grossesse. Certes le souvenir de sa mère et de Charlotte remontait, mais elle n'a aucun point commun avec Marie Salvatore. Leur histoire et leur vie sont différentes.
Elle mourrait d'envie de lui poser la question. Mais vu l'état dans laquelle Damon se trouve actuellement, vu l'état dans lequel elle-même se trouve, elle préféra s'en tenir à ce «je ne déteste pas le bébé» plein d'espoir, que de chercher la petite bête maintenant. Elle préféra attendre que tous les deux se remettent de leurs émotions.
«Je ne veux pas que tout aille aussi mal pour toi, avoua-t-il après une bonne heure de silence. Je t'aime trop pour te perdre comme j'ai perdu maman. Et je ne veux pas te voir perdre le bébé. Je ne veux pas… Depuis la mort de maman et de Charlotte, une grossesse n'est plus synonyme de vie pour moi, elle annonce la mort. Comprend Elena, je…
- Tout ira bien, le coupa la jeune femme. Tu as peur, c'est normal après tout ce que tu as vécu enfant. Mais tout ira bien pour moi et le bébé. J'ai seulement besoin de toi auprès de moi. Je sais que c'est peut-être trop t'en demandé, j'imagine que tu ne veux pas trop t'attacher au bébé mais… Il ou elle ira bien. J'en suis certaine. Nous allons avoir un bébé, et ce bébé sera en bonne santé Damon. Je sais que tu as peur, tu n'as pas besoin d'essayer de faire bonne figure. Je te connais. Et je suis là pour toi. Tu peux t'appuyer sur loi Damon. Je suis ta femme, je répondrai toujours présente pour toi.»
Elena ne pouvait rien dire d'autre. Elle ignorait quels sont les mots juste pour apaiser les terreurs de Damon. Elle pouvait juste lui promettre de tout faire pour qu'il ne revive jamais une telle tragédie.
Note de l'auteure: Alors, ce chapitre vous a-t-il plu? Que pensez-vous de toutes les révélations de Damon? Du rôle de Giuseppe dans les décès de Marie et de Charlotte? De la culpabilité de Stefan? Du fait qu'il ait tout oublié de cette époque. De Damon, de son état d'esprit actuel? Pensez-vous qu'il saura se détendre au sujet de la grossesse d'Elena?
Comme toujours, j'attends vos avis et vos théories avec impatience.
Passez un bon weekend.
Bises & à bientôt.
Amandine.
