Un chapitre plutôt sérieux, pas très joyeux. Il est dans la continuité de son prédécesseur. J'espère qu'il vous plaira.
Aux sujets de vos commentaires, tout d'abord merci Virginie, Awakenza, Valrus, Aurely18, Pims10 et MimiBoom pour vos gentils messages. J'y répondrais au prochain chapitre, j'aurais plus le temps qu'aujourd'hui.
Bonne lecture.
Chapitre 31
«De quoi parliez-vous, le médecin, Cordélia et toi? S'enquit immédiatement Elena, lorsque son époux l'eut rejoint. Et ne me répond pas qu'il s'agissait d'une conversation anodine, sans importance!»
La jeune femme se sentait désormais plus calme. Avoir vu son agresseur embarqué par le sheriff, le mains menottés, avec la promesse qu'il passera le restant de ses jours en prison grâce à tous les chefs d'accusations prononcés à son encontre, l'avait vraiment apaisée. Désormais ne comptait plus que son bébé, dont l'état continuait de l'inquiéter. Les contractions ont peut-être cessé, le médecin l'a peut-être rassuré en lui certifiant que tout allait bien, que le petit-être qui grandi en elle se porte à merveille et qu'il a un rythme cardiaque régulier, elle s'inquiétait. Le bébé lui donnait des coups, énormément, la situation, le stress l'avait agité, mais malgré tout, ce n'était pas grave, Elena savait qu'il finirait par se calmer. Mais ce qu'elle craignait, c'était que son dernier mois de grossesse se passe mal, et qu'il y ait des complications pour le bébé, ou lors de son accouchement.
Alors en voyant son mari, sa gouvernante et le médecin discuter ensemble, elle craignit immédiatement le pire. Elle imaginait le vieux Fell mettre en garde ses proches contre certaines complications. Elle en était même certaine, grâce à la simple vue du visage de Damon. Au fil de la conversation, il s'était décomposé. Ses yeux ont crié la peur, et son front s'était plissé, traduisant son inquiétude. Il y avait donc des renseignements qu'on lui cachait alors qu'elle était parfaitement en droit de savoir. Il s'agissait de sa santé et de celle de son enfant!
«Elena, nous allons remonté à l'étage et je t'expliquerai tout. Mais ne t'inquiète pas, tout ira bien, lui promit-il, plein d'espoir.»
Elle voulut lui répondre, mais aucun mot ne sortit de sa bouche. Elle observait son époux et le voyait tellement angoissé, renfermé sur lui-même, comme si son pessimisme et cette distance qu'il avait installé entre eux deux après l'annonce de sa grossesse refaisaient surface. À cause de ce qui venait de se passer, Damon recommençait à faire l'amalgame entre ce qui était passé pour sa mère et sa sœur avec le destin d'Elena et du bébé. Une petite voix dans la tête du jeune ne cessait de lui rappeler qu'il agissait comme un idiot, qu'il s'inquiétait bien trop, qu'il ne devrait pas comparer les drames de son enfance avec l'actuelle situation. Elena est différente de sa mère. Elle est en pleine santé, sa grossesse n'est pas jugée à risque, le médecin le lui a juré. Mais le jeune homme s'inquiétait malgré tout, à un tel point, qu'en raccompagnant le docteur Fell à la porte, il en a profité pour avoir une conversation privée avec lui. Une conversation qui le hantait toujours, durant laquelle il avait eu l'impression d'être une horrible personne. Son amour égoïste pour Elena l'a poussé à ordonner au médecin de privilégié la vie de son épouse si jamais la vie de la jeune femme et celle du bébé venaient à être menacée. Il avait clairement affirmé au vieux Fell qu'il était prêt à sacrifier son enfant pour sauver son épouse, et il savait que si Elena venait à l'apprendre, elle le détesterait.
«Confortablement installée? S'enquit-il après avoir déposé son épouse dans leur lit. Si tu as besoin de quelque chose…
- Une verre d'eau, s'il te plait, lui réclama la jeune femme. Bien fraiche.
- Je te le monte tout de suite. Et ta part de gâteau?
- Je n'ai plus très faim, merci, murmura Elena en caressant tendrement son ventre.»
Après tout ce qui venait de se passer, Elena aurait plutôt envie de vomir. Ce qui la rassurait, c'était les coups que le bébé lui donnait. Certes elle pouvait clairement jurer qu'il était anxieux, par sa faute, parce qu'elle-même l'était, mais sentir son bébé bouger, sentir ses coups de pieds énergiques lui signifiaient qu'il était en vie. Et après ce qu'elle venait de vivre, elle remerciait le ciel qu'il ne lui soit rien arrivé.
Elle ne l'aurait pas supporté. Elena a perdu beaucoup de personnes au court de son existence. Ses parents sont morts. Sa mère biologique l'a rejeté. Sa tante est morte. Son père biologique s'avérait être son oncle, avec qui elle entretenait une relation conflictuelle, et il est mort avant qu'elle ait pu tenté de se rapprocher de lui. Elle-même s'était perdue en voyageant dans le temps. Elle était arrivée dans une époque connue seulement à travers les livres d'Histoire et quelques anecdotes des Salvatore, loin de tout ce qu'elle connaissait. Cette époque était tellement différente du monde qu'elle connaissait. Elena n'aurait jamais cru s'y faire une place, elle n'aurait jamais cru s'y marier et y construire une famille. Elle n'aurait jamais pu imaginer s'adapter à un monde loin de ceux qu'elle aimait. Son frère continuait de lui manquer, ses amis aussi, mais elle s'était résignée au fait que sa vie serait au dix-neuvième siècle. Et elle n'allait pas se plaindre. Certes, par moment elle pleurait tout ce qu'elle avait perdu, l'éloignement d'avec ses proches qui lui étaient si chers, mais en retour, elle avait obtenu le réconfort d'avoir un incroyable mari, qui l'adore, avec qui elle a mis un bébé en route. Au final elle a perdu avec ce voyage dans le temps, mais d'un autre côté, elle a tout gagné en pouvant réaliser son rêve le plus cher. Fonder une famille. Alors si ce soir, ce rêve avait brutalement pris fin, Elena aurait perdu le gout de vivre. Pour elle, la vie la plus importante était celle qui grandissait à l'intérieur d'elle. Elle ne saurait poser les mots sur ce sentiment d'amour qu'elle portait envers son enfant. C'était comme si, pour ce bébé, aucun sacrifice n'était impossible. Elle pourrait mourir si en retour elle avait l'assurance que sa mort permettrait à son enfant de vivre et d'être heureux.
Et pendant qu'Elena s'inquiétait pour son enfant à naitre, Damon, lui, s'offrait un petit break afin de s'arranger avec sa conscience, avant d'aller retrouver sa femme, qui, très instinctive, se douterait de son état tourmenté.
Il s'en voulait encore de son arrangement avec le médecin. Il avait le sentiment d'avoir trahi son épouse, et d'être déjà un mauvais père pour ce bébé, qui n'était même pas encore né. Alors il s'inquiétait, en imaginant comment il agirait lorsque cet enfant sera venu au monde. À coup sur, il sera incapable de s'en occuper!
«Que se passe-t-il? S'enquit une voix concernée.»
Sa gouvernante, debout à l'entrée de la pièce, le dévisageait, inquiète à son sujet. Elle le connaissait bien, sa mine tourmentée et son immobilité devant une carafe d'eau, l'avaient alerté.
«Rien, mentit le jeune homme.»
Il ne pouvait pas décemment confier à Cordélia quels ordres il a donné au docteur Fell dans le cas où les choses se passeraient mal pour son épouse et son enfant. Sa gouvernante prendrait son balai et le frapperait avec, comme elle avait coutume de le faire lorsqu'il faisait l'idiot.
«Jeune homme, cessez de me mentir! Gronda la quinquagénaire. Asseyez-vous un moment et parlez-moi un peu!
- Cordélia, soupira le jeune homme face à l'obstination de sa gouvernante.
- La soirée a été difficile, et encore, c'est un euphémisme. Je ne vais donc pas vous lâcher tant que je ne serais pas certaine que vous alliez bien. Et actuellement, ce n'est pas le cas.»
Cependant, malgré l'insistance de Cordélia, le jeune restait muet, bien trop honteux à la pensée de confier sa dernière mauvaise action à sa gouvernante, une femme droite et de principes.
Pourtant, il finit par rompre son silence, et avec la mine affligée, il confia dans un murmure ne pas se trouver assez bien pour son épouse.
«Idiotie! S'écria vivement la quinquagénaire. Vous êtes un garçon brillant, mais parfois, vous dites des bêtises plus grosse que vous jeune homme. Je sais que les évènements de ce soir ont été… difficiles et angoissants pour vous, mais c'est vraiment idiot de penser que vous êtes mauvais pour votre épouse. Madame Elena est une femme chanceuse de vous avoir, peu d'hommes s'occupent si bien de leur dame! Oh mon garçon, je sais que les soucis rencontrés par votre épouse vous a bouleversé, je sais que ce que ce monstrueux vieux couillons – et encore je mesure mes propos – lui a fait, vous pousse à vous en sentir responsable, mais ne pensez pas que vous ne méritez pas ce bonheur qui s'offre à vous.
- Cordélia, je ne vaux pas mieux que le vieux, confia-t-il honteusement. Je suis égoïste Cordélia. Je ne la mérite pas. Ni elle, ni le bébé. J'ai spécifié au docteur, que si, tôt ou tard, un choix devait s'opérer entre Elena et le bébé, je choisissais la vie de ma femme. Ma femme avant mon enfant. Si Elena l'apprend… Je suis monstrueux. Quel genre de personne dirait de sacrifier un bébé? Mais vous savez quoi, je ne regrette pas cet ordre donné. Parce que je ne veux pas perdre Elena. Elle est trop importante pour moi, plus que le bébé, je dois l'admettre.»
Contre toute attente, la gouvernante ne gronda point. Bien au contraire, elle s'attendrie sur le jeune homme et le prit dans ses bras, en le rassurant. De son point de vu, ce choix n'était pas étonnant, elle pensait que, contrairement aux femmes, les hommes ne réalisent l'importance d'un enfant que lorsque celui-ci est né. Tout n'est concret pour eux qu'une fois le bébé venu au monde. Avant, tout est abstrait pour eux.
«Mais ne vous inquiétez pas, tout ira bien pour votre épouse et votre bébé, sourit-elle, certaine de ses dires. Madame Elena mettra au monde un enfant bien portant, et tout se passera bien pour eux deux, je n'en ai aucun doute. Aller mon garçon, montez donc cette carafe d'eau à votre charmante dame et prenez bien soin d'elle! N'oubliez pas qu'elle doit rester éveillée durant les prochaines vingt-quatre heures! Oh et dites lui que je viendrais jouer à des jeux de société avec elle dans la matinée!
- Bien sur. Et merci Cordélia, sourit le jeune homme en se dirigeant vers les escaliers du personnel.»
Damon ne se sentait pas moins coupable, cependant, grâce à la conviction dont faisait preuve sa gouvernante, il se sentait plus serein et capable d'apaiser à son tour les craintes de son épouse, qu'il s'empressa de rejoindre. Il déposa prudemment la carafe d'eau sur la table de chevet et servit un verre remplit quasi à raz bord, à la jeune femme en s'enquérant de son état:
«Comment te sens-tu?
- Disons que ça peut aller, chuchota la jeune femme, épuisée. Ne t'inquiète pas. Raconte moi plutôt ce que le docteur t'a dis!
- Rien d'inquiétant, déclara Damon, sur un ton qui se voulait rassurant pour son épouse. Il te recommande du repos, jusqu'à la naissance. Et durant les prochaines heures, il vaudrait que tu restes éveillée, à cause de ta tête. Mais ne te fais pas de souci, je vais te tenir compagnie, et le temps passera vite. Cordélia aussi prévoit de venir durant la matinée, et il y a de forte chance que Stefan vienne te rendre visite un fois qu'il aura quitté le bureau du sheriff. Tu sais, il y a des papiers à signer… Tout se passera bien Elena. La journée sera vite finie et tu pourras te reposer. Le mois à venir ne sera pas non plus insurmontable. Je suis là, appuie toi sur moi.»
Pour toute réponse, la brunette soupira. Elle comprenait très bien ce que son mari était entrain de lui dire. Si veiller pendant vingt-quatre heures lui semblait logique étant donné qu'elle avait été violemment projetée contre un mur, et nullement insurmontable contre contrainte, elle avait très bien compris celle du repos. Il ne s'agissait point de se ménager, il s'agissait de rester alitée, comme une personne malade ou invalide. Elle allait devoir être assistée jusqu'à la naissance de son bébé, et pour Elena, cette contrainte était tout bonnement insurmontable!
Elle avait tellement de choses à faire dans le mois à venir. D'un côté, il fallait continuer de préparer la venue du bébé, de l'autre côté, il y avait les fêtes de fin d'années à prévoir. Les cadeaux pour ses proches, les décorations pour la maison, le choix du menu du réveillon, celui du jour de Noël… Il y avait tellement de choses sur sa liste et en aucun cas Elena ne comptait déléguer! Elle devra seulement trouvé le moyen de se ménager, pour le bien-être de son bébé, tout en s'appliquant à ses tâches.
«Et je veille avec toi! Sourit le jeune homme en la prenant dans ses bras. Le bébé semble encore agité, tu te sens bien?
- Oui. Physiquement je me sens bien mieux que tout à l'heure, lui assura-t-elle tendrement.
- Physiquement? S'enquit Damon, soucieux. Qu'est-ce qui t'inquiète Elena?
- L'avenir. Moi. Je… Damon, si jamais mon accouchement se passait mal ou bien si un jour il m'arrivait quelque chose…
- Elena, soupira le jeune homme, qui refusait d'avoir cette conversation.»
Mais son épouse insista, elle voulait vraiment le mettre face à la réalité. Si jamais les choses ne se passaient pas comme espérées, elle voulait être sur que son bébé s'en sorte et qu'il sache qu'elle l'aimait plus que tout.
«C'est vraiment important pour moi, alors écoute moi attentivement et ne dis rien. Je ne veux pas m'inquiéter au sujet du bébé. Je veux être certaine qu'en cas de choix, c'est notre enfant que tu choisiras. Avant moi. Parce que, tu ne le réalises pas encore, mais ce bébé est bien plus important que moi. La plus belle chose qui te soit arrivée, ce n'est pas moi, c'est notre bébé. Ce n'est pas une conversation facile pour moi non plus, mais ce qui s'est passé ce soir m'a fait réalisé que nous devions aborder ces sujets. Je ne veux pas vous laisser, Damon, jamais. Mais je ne contrôle pas la vie et la mort mon amour. Il se pourrait que mon accouchement se passe mal, ou bien qu'il m'arrive un accident qui te lasserait seul avec notre enfant. Et dans ces cas de figure, je veux m'assurer que tout se passera bien pour vous deux. Je te laisserais des directives, ne t'inquiète pas. Tout sera simple, tu sauras quoi faire, à tout moment. Je ne t'abandonnerai pas. Je veux seulement… rester dans le cœur de mon bébé. Fais en sorte que dans le pire des cas, notre enfant sache qui j'étais et que je l'aimais plus que tout.
- Elena…
- Ne répond rien. Promets moi juste de respecter mes décisions.
- Je ne peux pas, avoua-t-il faiblement.
- Pourtant tu le feras, murmura-t-elle en pleurant. Je ne te laisse pas le choix Damon.»
Note de l'auteure: Alors, ce chapitre vous a-t-il plu? Que pensez-vous du Delena dans ce chapitre? De la décision de Damon, privilégient Elena plutôt que le bébé? De celle d'Elena, contraire (bien évidemment!) à celle de Damon? De Cordélia, toujours présente pour Damon?
Comme toujours, j'attends vos avis et vos théories avec impatience.
Bises & à bientôt.
Amandine.
