À la base, c'était dans ce chapitre que la naissance du bébé était programmée, mais il devenait trop long, j'ai du le couper avant. Donc dans le prochain chapitre, vous rencontrerez - enfin - bébé Salvatore! Fille ou garçon? A vos pronostic. Et essayez de trouvez quel pourrait être son prénom, si vous voulez.
Sinon merci pour vos commentaires, j'y répondrai au prochain chapitre.
J'espère que celui-ci vous plaira. Bonne lecture.
Chapitre 34
Depuis quelques jours, un épais manteau blanc s'était installé, prenant une grande partie de la région par surprise. La Virginie, comme beaucoup d'autres états voisins, n'était pas coutumière de la neige. Le climat en hiver restait doux, la moyenne des températures se trouvait autour des treize degrés. Or l'hiver 1863 s'annonçait froid. Les températures n'ont eut de cesse de baissée. Des gelées se manifestaient, les matins où les thermomètres indiquaient des températures négatives. Et puis, un matin, en ouvrant les volets, oh surprise, la neige tombait et s'ancrait au sol. Depuis trois, il neigeait sans sursit et Damon s'inquiétait pour son épouse.
Elena n'avait toujours pas accouché. Elle partageait constamment son mécontentement sur le sujet, avec qui voulait bien l'entendre. Elle se désespérait en constatant que son enfant n'était pas pressé de venir au monde, râlait à cause de son énorme ventre et des douleurs qui l'accompagnait, et s'apitoyait à l'idée qu'elle n'aurait pas de bébé à dorloter pour Noël. Mais le pire pour Damon, ce n'était pas le mauvais caractère passager de son épouse, mais l'inquiétude au sujet de l'accouchement. Véritas se trouvait en retrait de la ville, avec cette neige qui tombait sans cesse, tous les accès à la maison devenait rudement difficile, voir impossible pour certains. Si jamais le bébé pointait son nez «au mauvais moment», ils ne devront compter que sur les compétences de Cordélia. Il faudrait alors espérer que tout se passerait bien, et que rien ne nécessiterait la présence du docteur Fell.
«Mauvaise nouvelle, l'entrée sud est elle aussi bloquée par la neige. Il fait nuit, je ne peux envoyer personne la débrayer. Actuellement, nous n'avons que l'entrée ouest d'à peu près praticable. Mais si la neige continue… Demain, la propriété sera inaccessible pour quiconque résidant en ville.»
Stefan, dont les vêtements étaient mouillés par les énormes flocons qui tombaient, venait de faire un tour de la propriété afin d'évaluer l'état des lieux. Il espérait ainsi rassurer son frère, mais au lieu de le rassurer, il l'angoissait encore plus.
«Elena n'a toujours aucune contraction, souligna-t-il sur un ton optimiste.
- Cordélia dit que ça ne saurait tarder! Si ce n'est pas aujourd'hui, ce sera demain, ou après demain. Et d'ici quelques heures, nous seront coupé du reste de la ville pour plusieurs jours, Stefan!»
Quand Cordélia prédisait quelque chose, les deux frères savaient que l'événement se produirait. Ainsi, le cadet tenta de relativiser, mais il n'y croyait pas lui-même. Il posa l'hypothèse que peut-être, le bébé viendrait après Noël, et qu'avec un peu de chance, la tempête de neige aurait cessé. Mais leur gouvernante avait prédit que l'enfant viendrait au monde entre le vingt-trois et le vingt-cinq décembre, le bébé naitra donc sur ces dates là.
«Je n'en peux vraiment plus, Cordélia, se plaignit Elena. Je suis tellement grosse, que je n'arrive même plus à me redresser du lit sans demander de l'aide! C'est horrible, ce bébé me torture! Pourquoi ne se décide-t-il pas à naitre? Oh, Cordélia, trouvez-moi des plantes qui déclencheront l'accouchement!»
La jeune femme perdait patience. C'était compréhensible, Elena était d'une nature plutôt active et autonome, elle n'aimait pas dépendre de ses porches. De plus, la dernière ligne droite d'une grossesse était toujours difficile d'un point de vue physique pour une maman à en devenir. Et le moral aussi ne semblait pas au beau fixe. Apparemment, la jeune femme escomptait vraiment pouponner pour Noël, elle se trouvait déçue, persuadée que son bébé ne viendrait pas au monde avant la fin de ce Noël.
«Madame Elena, laissez faire la nature. Ce bébé naitra lorsque ce sera le bon moment, tempéra la gouvernante. Vu votre état, je vous l'ai dit, ce petit naitra au plus tard le vingt-cinq décembre!
- Quand Noël sera passé, murmura tristement l'épouse de Damon.
- Ou peut-être avant, souligna gentiment Cordélia en s'installant auprès d'Elena. Le réveillon n'aura lieu que demain soir, vous avez encore toute la journée à venir pour le mettre au monde.»
La jeune femme échangea un regard complice avec sa gouvernante, et lui demanda de l'aide pour se lever. Allongée dans son lit, elle avait l'impression de dépérir. Même si elle n'arrivait pas à se mouvoir comme elle le désirait, elle avait besoin de faire quelques pas, avec Cordélia pour la soutenir.
«Damon s'inquiète, souligna-t-elle en arrivant dans la chambre bleue. À cause de la neige. J'aimerai vraiment l'aider à relativiser.
- Vous lui ferrez un beau bébé qui lui ferra oublier ses inquiétudes, répondit tout naturellement Cordélia. Aller madame Elena, retournons dans votre chambre, je dois relever votre tour de hanches.
- Il faut d'abord aller vérifier la chambre rose, Cordélia. Je veux m'assurer que tout soit prêt pour l'arrivée du bébé.
- Madame Elena, vous inspectez tous les jours ces deux chambres, tout est parfait pour la venue de votre bébé!»
Cependant la future maman ne put résister à son besoin de visiter la seconde pièce. Peut-être Elena était-elle trop perfectionniste, voir obsessionnelle, mais elle craignait chaque jour d'avoir oublié de vérifier un détail la veille. Alors elle faisait quotidiennement un petit check-in et demandait à Damon de faire le sien, avant de venir la rejoindre pour la nuit.
Et il la rassurait. Elena s'endormait apaisée. Damon était auprès d'elle, il lui résumait son check-in, lui assurant que leur enfant, fille ou garçon, ne manquera de rien. Les chambres étaient parfaites.
La matinée qui suivit fut longue pour Elena. Elle s'était réveillée avec un mal de dos plus douloureux que la veille. Damon l'avait bien massé, en vain.
«Je vais demandé à Cordélia de te porter un de ses remèdes lorsqu'elle te montera le petit déjeuner.»
Son mari était tendu. Il semblait nerveux. De son lit, Elena voyait de gros flocons, aussi gros qu'une noix, tomber en grande masse pour épaissir le beau manteau blanc déjà bien installé. Stefan, du rez-de-chaussée, s'exclamait qu'il reposait sur la terre près d'un mètre de neige et qu'il était désormais impossible de quitter la maison. Avec le bébé qui pourrait arriver à tout moment, cette information ne fit qu'accroitre l'angoisse de son époux.
Elena, tout au contraire, était sereine à propos de son accouchement. Ce qui l'énervait, c'était son poids, qui la fatiguait et éveillait en elle des douleurs. Elle était aussi contrariée de ne plus pouvoir descendre au rez-de-chaussée. Si son bébé ne venait pas au monde dans les heures qui viennent, elle se retrouvait condamnée à passer le réveillon de Noël dans sa chambre. Damon lui avait promis de le déplacer à l'étage, mais ce ne serait pas pareil. Ils ne se retrouveront pas autour d'une table, ornée spécialement pour l'occasion. Et puis, personne ne serait bien à l'aise, à manger assis sur un lit, ou débout, l'assiette posée sur une commode.
«Damon, avant de descendre, pourrais-tu m'aider à me lever. J'aimerai m'asseoir devant le bureau.»
Elena avait envie d'écrire. Ça faisait un moment qu'elle n'avait plus écrit son journal, et un long moment qu'elle n'envoyait plus de lettre à son frère.
Elle ne savait plus quoi lui dire. Soit elle lui mentait, en omettant de lui avouer s'être mariée et attendre un enfant, soit elle lui disait la vérité. Elle avait peur de lui confier avoir trouvé le bonheur et s'être résignée à rester dans le passé. Jeremy était son petit frère, sa famille, elle ne pouvait pas l'abandonner. Cependant elle était consciente de ne pas survivre si elle rentrait chez elle sans son enfant. Elle devait parler de sa vie à son frère, afin que ses amis ne tentent pas de la ramener. Néanmoins, Elena songea que si 1864 devenait aussi sanguinaire que celui dans lequel elle n'existait pas, elle aurait besoin d'un rapatriement d'urgence. Elle et surtout son bébé.
L'année à venir la terrorisait autant qu'avouer la vérité à ses proches. Elle ne savait pas comment leur la dire, ni quelle décision leur faire parvenir.
Alors elle écrivit ce qu'elle avait sur le cœur. Elle parla de sa vie, de sa joie de devenir bientôt mère, de ses craintes, de ses indécisions. Elle aborda l'année à venir qui la terrorisait, et Katherine, qui n'allait pas tarder à poser ses valises à Mystic Falls, avec une vingtaine d'autres vampires. Et pour clôturer sa lettre, elle s'adressa à tous ses proches, en leur disant à quel point elle tenait à eux et combien ils lui manquaient.
Elena posa sa plume, et plia la lettre pour la déposer à l'intérieur d'une enveloppe ivoire où elle inscrivit le nom de son frère. Puis, elle la déposa parmi ses documents, ceux dont Damon ne prêtait aucune attention, et prévit de l'enterrer chez les Gilbert, en janvier. Son bébé sera né, et avec un peu de chance, la neige aurait disparu. Quand au vieux Gilbert, il n'était pratiquement jamais chez lui. Il passait son temps avec le général Lee, à inventer tout un tas d'objets sans grande utilité pour les Confédérés. Et puis, s'il se trouvait dans la maison, Elena prétexterait venir lui présenter son bébé. Jonathan était peut-être fou, mais lorsqu'il avait appris qu'elle avait épousé Damon, qui possédait désormais Véritas ainsi qu'une belle petite fortune, il lui avait subitement donné sa bénédiction. Par intérêt, mais quelque part Elena avait été soulagé de ne pas le voir faire un scandale de son mariage. Aux vues des mœurs de la société du dix-neuvième siècle, il aurait très bien put faire profiter à tous d'un violent esclandre.
Cordélia entra, au moment où Elena reprenait sa plume pour consigner dans son journal, ses sentiments actuels. La jeune femme abandonna ses écrits, et se tourna vers sa gouvernante, qui lui déposa ensuite, son plateau sur le bureau.
«J'ai déposé les plantes dans votre café, lui expliqua la quinquagénaire. Monsieur Damon ne va pas tarder à revenir auprès de vous, il inspecte les extérieurs, dans l'espoir fou qu'une porte ne soit pas bloquée par la neige. Je vous ai monté votre petit déjeuner habituel, mais si vous désirez autre chose, je peux aller vous le chercher. Il suffit de me le dire.
- Cordélia, détendez-vous. Ce petit déjeuner est parfait, lui assura Elena en souriant. Asseyez-vous donc, et papotons un peu!»
Damon remonta une quinzaine de minutes plus tard, en compagnie de son frère. Les deux femmes virent le plus jeune des deux courir à sa chambre, semble-t-il trempé. Tout autant que Damon. Apparemment, les Salvatore avaient essayé de sortir dehors et s'étaient retrouvés couvert de neige en ouvrant une des larges portes fenêtres du salon. Cordélia s'activait à leur rapporter à chacun des couvertures bien chaudes, tellement ils grelotaient, tout en les grondant pour leur dernière bêtise. Et Elena renchérit, pendant que la gouvernante partait au rez-de-chaussée, concocter à chacun des frères une de ses tisanes magiques. La jeune femme était plus anxieuse qu'en colère à vrai dire. En plein hiver, son époux était trempé et glacé. Il allait tomber malade. Elle lui ordonne de s'empresser à changer de vêtements, pour en passer des secs, bien plus chauds que ceux qu'il portait et dans lesquels il frissonnait.
«Tu es frigorifié, souligna-t-elle en tentant de se lever. Quelle idée d'ouvrir une des portes de la maison alors qu'il y a un mètre de neige dehors! Cherches-tu à attraper la mort? Enfin, as-tu pensé au bébé? Ou bien à moi? Que ferrais-je sans toi, avec un nourrisson? Et ce bébé, je devrais lui dire que tu n'es qu'un crétin, qui s'est pris de la neige en pleine figure, sans réfléchir aux conséquences sur sa santé et sur l'avenir de sa famille!»
Elena finit par se radoucir en croisant le regard peu fier de son époux. Il n'osait même plus la regarder dans les yeux, et lui murmurait des excuses. Il ressemblait à un enfant, et la jeune femme n'avait qu'une envie, le prendre dans ses bras pour le consoler. Alors, comme elle n'arriva pas à bouger de sa chaise, elle l'invita à s'installer près d'elle, et l'attira à elle, dans un geste possessif et protecteur.
«Je t'aime, idiot, avoua-t-elle, la voix chancelante. Ne me refait plus jamais ce genre de frayeurs!»
Elle réchauffa son époux, autant qu'elle le put, jusqu'au retour de Cordélia, qui tendit à Damon une tasse bien chaude, avant de partir s'occuper de Stefan, pour s'assurer qu'il s'était séché correctement et pour l'emmitoufler dans des couvertures bien chaudes.
«Oh, ça faisait longtemps que votre frère et vous ne m'aviez plus fait ce genre de bêtises! Je pensais que tout cela appartenait au passé vous concernant, que vous étiez assez grand pour ne plus faire de bêtises, et que la relève serait prise dans quelques années, avec l'enfant de votre frère, soupira Cordélia en maternant le cadet des Salvatore. Souvenez-vous, lorsque vous aviez quatre ans? Il neigeait autant qu'aujourd'hui, et vous vous étiez excité à la vue des flocons. Vous vouliez jouer dehors, et bien entendu, votre frère vous a sorti. Tous les deux, vous aviez joué pendant des heures dans le jardin enneigé, et vous étiez rentrés tous les deux couverts de neige. Tout mouillés de la tête aux pieds, mes deux petits protégés! Et mon petit Stefan, malade pendant quinze jours! Votre frère, pas mieux non plus. Il a toussé pendant des jours, il ne tenait plus debout, il était tout pâle et refusait de voir le docteur. En revanche, tous les jours, il fallait que je l'appelle pour vous, afin qu'il soit rassuré sur votre état de santé. Une tête de mule, ce garçon!»
Un sourire nostalgique se dessina sur le visage de la gouvernante. Elle revoyait encore les deux frères, si proches et si farceurs lorsqu'ils étaient ensemble. Deux beaux petits bonhommes, vraiment très attachants. En repensant à ces deux garçonnets qu'elle adorait depuis toujours, elle eut un grand mal à réaliser qu'ils étaient désormais bien grands et que l'ainé des deux s'apprêtait à devenir père, sous peu.
«Cordélia, je vais aller nettoyer le salon quand je cesserai d'avoir froid, déclara Stefan.
- Et puis quoi encore!? S'offusqua sa gouvernante. Hors de question, je m'en occuperais, ne vous en faites pas mon petit.
- Cordélia, je ne suis plus un bébé depuis bien longtemps! Se défendit le jeune homme. D'ailleurs, sou peu, un bébé naitra dans cette maison.»
À l'évocation de ce nourrisson, la gouvernante ne put cacher sa joie. Elle était ravie en imaginant que d'ici peu, des cris de bébé se feront entendre dans cette maison silencieuse depuis bien longtemps.
«Enfin un peu de vie va animer Véritas! S'enjoua-t-elle. Il était grand temps que des enfants voient le jour dans cette demeure. Ce bébé est un véritable rayon de soleil, qui va ne nous apporter que de la joie et des éclats de rires.»
Note de l'auteure: Alors, ce chapitre vous a-t-il plu? Que pensez-vous de l'état d'esprit d'Elena, qui n'en peut plus d'être enceinte? De son obsession à vérifier les chambres de bébé? De ce qu'elle écrit à son frère? Des Salvatore qui se sont mouillés largement à cause de la neige? De Cordélia, impatiente de la naissance du bébé? Et ce bébé, vos pronostics, garçon ou fille? Et quel pourrait-être son prénom?
J'attends vos avis & vos théories avec grande impatience, comme d'habitude.
Bises, bon weekend & à bientôt.
Amandine.
