Vous allez me détester. Ne croyez pas que je déteste vos commentaires, c'est tout le contraire, je les adore, de plus en plus même. Mais je n'ai toujours pas le temps d'y répondre. Longue journée de boulot + chaleur excessive + tâche ménagère en retard + diner à préparer (puisqu'il faut bien manger!) + chiens à promener (puisqu'il fait beau, il faut faire le tour du quartier!). Bref je poste le chapitre et espère trouver quelques minutes ultérieurement pour vos commentaires.

Dans ce chapitre, retour dans le présent afin de voir ce qui s'y passe. J'espère que ce chapitre vous plaira.

Bonne lecture.


Chapitre 36

Une routine s'était installée chez à la pension des Salvatore, où toute la bande avait élu domicile depuis qu'Elena était coincée au dix-neuvième siècle. Bonnie était la première debout. Elle psalmodiait dés le petit déjeuner des formules afin de détendre l'atmosphère, sinon tout le monde deviendrait vite insupportable. Caroline cédait à ses névroses. Elle s'inquiétait pour Elena et angoissait tout ses proches en formulant les pires hypothèses au sujet de Katherine, ou plutôt de la réaction de la vampiresse lorsqu'elle découvrirait l'existence de son double humain en 1864. Meredith passait tous les jours alimenter les Salvatore avec des perfusions sanguines. Pour Damon, elle chargeait en sang humain dérobé discrètement à l'hôpital, et pour Stefan, elle harcelait le boucher de la ville pour qu'il lui vende chaque jour un peu plus de sang de porc, de veau, de bœuf ou de volaille. Alaric passait ses journées dans les archives de la ville, et ses soirées dans la chambre du comateux Damon, à converser avec le vampire, comme si celui-ci allait à tout moment lui répondre avec une de ses répliques sarcastiques, dont lui seul en avait le secret. Jeremy, de son côté, ne vivait plus que pour cette boite métallique. Il la trainait partout et ne s'en séparait ni pour ses cours, ni pour son travail au Mystic Grill. Il attendait anxieusement une lettre d'Elena. Une lettre qui ne venait pas.

Jusqu'à ce matin là. C'était un dimanche ordinaire, exception faite de l'orage qui s'abattait sur la ville. Le tonnerre grondait méchamment, les éclairs se succédait avec fougue, un vent glacial gelait le moindre aventureux qui osait poser les pieds à l'extérieur et une pluie ardente tombait sans interruption depuis la veille. Caroline venait de repartir après avoir ramener le petit déjeuner. Bonnie étudiait ses grimoires, comme toujours. Elle espérait trouver un moyen de ramener Elena plus tôt dans leur siècle. Matt lisait un vieux carnet, trouvé quelques jours plus tôt dans une des chambres de l'immense demeure principale de la propriété. Alaric corrigeait des copies, la mine offusquée par le manque de culture de certain de ses élèves. Et Jeremy, nerveux, ouvrait et fermait la boite, machinalement. Jusqu'à cet instant où il vit, le regard ahurit, deux enveloppes apparaître. En lettres manuscrites, de la main d'Elena, son nom, écris au centre de chacune d'entre elle. Le jeune homme s'empressa de les ouvrir, le sourire aux lèvres. On aurait dit un enfant, le matin de Noël, découvrant ses cadeaux au pied du sapin. Sa sœur venait de lui écrire. Enfin, il avait une nouvelle lettre d'Elena! Il était tant. Il avait besoin de savoir comment se passait sa vie au dix-neuvième siècle. Est-ce qu'elle allait bien? Damon la traitait-il toujours avec le même mépris? N'était-elle pas perdue? En quelle année se trouvait-elle? 1863 ou 1864? Katherine était-elle déjà arrivée en ville?

Mystic Falls, le 24 décembre 1963

Jeremy,

Il s'est passé tellement de choses à Mystic Falls depuis ma dernière lettre. Ou plutôt, je t'ai tu certaines choses. Par peur de ce que tu pourrais dire, ou penser. Par peur tout court, je crois.

Mais il est tant que je sois franche!

Par où puis-je commencer… Et bien, je n'ai pas les mots pour t'avouer cela en douceur. J'aurais aimé minimiser le choc, ou arriver à la maison, le sourire aux lèvres, pour te dire ces si grandes nouvelles. Jeremy, je me suis mariée. Avec Damon. Il ne me détestait pas et j'ai percé sa carapace. Lui et moi, c'était une évidence. Notre complicité n'a eu de cesse de se renforcer. Je voulais être avec lui. Pour la première fois, j'ai cessé de douter, et j'ai réalisé que celui avec qui je devais être était Damon. Qu'importe ce qu'il a pu faire, qu'importe son caractère emporté, je l'aime. Je suis heureuse avec lui.

Mais je craignais de t'écrire pour t'annoncer mon mariage. D'où ce pesant silence. Non pas que j'aie honte de mon couple ou de mon mari, loin de là, seulement je ne veux pas que tu penses que je t'ai abandonné. C'est faux! Tu es mon petit frère, et je t'aime. Épouser Damon s'est seulement imposé à moi comme une évidence. Lui et moi, au fond, nous sommes pareils, et ensemble, nous sommes heureux. Nous nous comprenons, et je n'imagine plus ma vie sans lui. Je suis prête à tout pour lui, comme je sais qu'il ferrait n'importe quoi pour moi. Que ce soit notre Damon vampire, ou le Damon humain avec qui je partage actuellement ma vie.

Je veux que tu saches que je ne regrette pas mon choix. Je n'aurais pas épousé Damon si je n'avais pas été certaine qu'il soit le bon. Nous sommes heureux. Vraiment heureux! Nous nageons dans le bonheur. Et… Nous allons avoir un bébé. Je ne voulais pas que tu l'apprennes dans les archives de la ville, à la recherche d'informations me concernant. Il fallait que tu saches pour mon mariage, ainsi que pour ton neveu ou ta nièce.

J'aimerai avoir une petite fille. J'aimerai la voir dans les bras de son père, rigolant aux éclats face à ses pitreries. Damon la protégerait de tout, il ferrait d'elle une véritable princesse.

Il adore déjà cet enfant, même s'il refuse de l'admettre. Non pas par fierté, mais par peur. Damon est terrorisé par les grossesses. Longue histoire. Pour faire court, sa maman est décédée en couche. D'où les névroses de mon mari au sujet de ma propre grossesse! Mais ça n'a aucune importance. Damon est un mari formidable et sera un père merveilleux. Que nous ayons un fils ou une fille. Que nous vivons au dix-neuvième siècle ou au vingt-et-unième.

Véritas, la propriété des Salvatore au dix-neuvième siècle, est magnifique! Je l'adore. Néanmoins, mon époque me manque. Ou plus précisément, toi et nos amis me manquez.

J'ai peur. 1864 approche. Katherine arrivera au court de l'année, je ne sais pas vraiment quand. Si nous nous croisons… Il est inutile d'entretenir des illusions. Katherine recherche à tout prix sa liberté. Elle veut que Klaus cesse de la poursuivre. Elle le contactera – certainement après avoir détruit ma famille et ruiné mon mariage, par plaisir –, ils passeront un accord, sa liberté en échange du double Petrova humain. Et Klaus viendra à Mystic Falls. Tout recommencera comme avant, il organisera son sacrifice, seulement cette fois-ci, personne ne pourra me sauver la vie. Damon est humain. Et Cordélia, notre gouvernante, née sorcière, a perdu ses pouvoirs en essayant de ramener à la vie la mère de Damon.

Je mourrais. Je laisserai mon pauvre petit bébé orphelin de mère. Je ne veux pas que cet enfant me perde. Toi et moi, nous savons ce que c'est de perdre nos parents. Et nous étions de grands enfants lorsque papa et maman sont morts. Mon bébé n'aura que quelques mois. Il n'aura aucun souvenirs de moi. Il ne saura pas qui j'étais et combien je l'aimais. Et Damon, s'il tombe sous l'emprise de Katherine… Je ne sais pas ce qu'il adviendra de Damon. Je ne sais ce qu'il ferra de notre enfant, dans ce cas de figure précis. Se raccrochera-t-il à lui ou à elle? L'abandonnera-t-il? Qu'adviendra-t-il de mon bébé si jamais il m'arrivait malheur?

J'aime ma vie au dix-neuvième siècle, mais une part de moi voudrait retrouver mes proches, au vingt-et-unième siècle, là où je ne suis pas vulnérable face à Katherine. J'y retrouverai aussi mon mari, je le sais. Cependant, Jeremy, je ne veux pas rentrer à la maison si cela signifie abandonner mon bébé. Si Bonnie trouve le moyen de me ramener et de m'éviter d'essuyer la fureur de Katherine lorsqu'elle débarquera à Mystic Falls, elle doit aussi ramener mon enfant avec moi. Je ne veux pas le laisser derrière moi, comme une mère indigne. Je ne suis pas comme Isobel!

Cependant je doute. Je culpabilise. Je me sens monstrueuse de vouloir retrouver mes amis, embarquant mon enfant, en abandonnant mon mari… Enfin le Damon du dix-neuvième siècle. Je le retrouverai à notre époque, mais sur le coup, je le ferrais souffrir si je venais à disparaître du jour au lendemain, qui plus est avec notre bébé.

Je ne sais pas quoi faire. Je veux seulement protéger mon enfant. Si fuir et retrouver mon époque permet de le préserver de Katherine, alors je veux fuir. Mais une autre partie de moi refuse cette alternative. Et puis il y a toi, il y a nos amis. Je ne veux pas vous abandonner. Vous me manquez tous. Je vous aime. Je pense à vous chaque jour.

Je suis perdue. Je ne sais pas quoi faire. Je ne peux pas en parler au Damon de mon époque, il me prendrait pour une folle! Il ne croit pas à la magie. Pour lui, le surnaturel n'est qu'une ineptie. Je ne peux pas lui en vouloir, avant j'étais aussi terre-à-terre que lui.

Parle lui cette lettre, demande lui ce qu'il en pense. Qu'il vous aide à prendre une décision pour protéger notre bébé.

Oh vous me manquez tous tellement! Je vous embrasse fort, vous êtes des amis en or. Je vous aime.

Elena.

Jeremy relut la lettre au moins un vingtaine de fois. Il ne réalisait toujours pas que sa sœur s'était mariée et s'apprêtait à devenir maman. Maintenant qu'il possédait ces informations, il était aussi indécis que son ainée. Il ne savait plus s'il devait la laisser vivre au dix-neuvième siècle, auprès d'un Damon humain, de qui elle attendait un enfant, ou bien s'il devait la ramener pour la préserver de Katherine, et probablement de Klaus.

Il ne voulait pas qu'Elena meure. Il ne voulait pas non plus la rendre malheureuse en prenant une décision égoïste. Paradoxalement il souhaitait la voir revenir auprès de lui, loin de l'année la plus sanglante qu'avait connue leur ville. Mais sa sœur est mariée et sur le point de devenir mère de famille, il ne sait pas plus quoi faire! Et il ne pouvait pas remettre le choix entre les mains du Damon de son époque, parce que le voyage dans le temps d'Elena l'a rendu comateux. À moins que Bonnie ne trouve le moyen de réveiller le vampire, la décision de ramener ou pas Elena reposait entre ses mains.

«Oh mon dieu! S'exclama Matt en refermant le carnet, par respect pour la personne qui l'écrivait jadis.

- Quoi? S'inquiéta Bonnie. Un problème?

- C'est Elena!»

Matt était tout pale. Il réalisait que le carnet qu'il avait ouvert quelques minutes plus tôt était celui de son amie. Et elle y racontait sa vie au dix-neuvième siècle, et surtout, elle y avait consigné, noir sur blanc, s'être mariée avec Damon et attendre un enfant de lui!

«Son journal, rajouta-t-il.

- Elle doit y parler de Damon, murmura Jeremy en ouvrant la seconde lettre. Et du bébé.»

Bonnie et Alaric sursautèrent et demandèrent immédiatement des explications. Ils craignirent de comprendre de que Jeremy avouait. Aucun d'eux n'étaient idiots, ils savaient l'attachement qu'Elena portait aux deux frères, ils se doutaient bien qu'en étant auprès des humains, elle céderait à l'un d'eux et pourrait construire une famille. Après tout, Elena avait toujours été maternelle et n'avait jamais caché son envie de fonder un jour une famille. Elle devait être heureuse à prochainement pouponner son enfant et à mener assurément la vie dure à Damon en cherchant à tout diriger avec maniaquerie.

«Elle l'a épousé, leur apprit-il en tendant la lettre à Bonnie. Ils vont avoir un bébé. Peut-être l'ont-ils déjà. J'ai reçu une seconde lettre, il faut que je la lise.»

Bonnie lut à voix haute le papier tendu par le cadet des Gilbert, puis commenta le contenu en disant qu'ils devraient cacher ces éléments à Caroline, qui détestait Damon et qui deviendrait hystérique et invivable en apprenant qu'Elena l'a épousé. Ensuite, Jeremy inspira un grand coup et découvrit, avec ses proches, la seconde lettre:

Mystic Falls, le 25 décembre 1963

Jeremy,

C'est une petite fille! Hier, quelques heures après avoir écrit la précédente lettre, j'ai mis au monde une magnifique petite fille. Nous nous portons toutes les deux à merveilles, ne t'en fais pas.

Ma fille est sublime! Elle est vive et bien potelée. Cordélia pense qu'elle pèse entre 3 et 4 kilos. Un beau bébé pour l'époque.

Charlotte. Nous l'avons appelé Charlotte, Marie, Miranda, Cordélia Salvatore. Nous voulions que notre fille sache d'où elle vient et qui sont les femmes importantes qui l'auraient aimé plus que tout. Et leur rendre hommage à notre manière. Quand à Cordélia, si tu la connaissais, tu saurais qu'elle fait partie de notre famille.

C'est une femme incroyable, qui a prit soin de Damon et de Stefan comme s'il s'agissait de ses propres enfants. Elle a toute ma confiance. C'est un peu comme un gentille tata qui nous bichonne. Elle fait partie de la famille. C'est vraiment une personne extraordinaire, je suis fière que ma fille porte son prénom, même en quatrième position.

Charlotte était la petite sœur de Damon et Stefan, morte bien trop tôt, dans d'horrible circonstance. Je te raconterai cette histoire dans les détails un jour. Pas aujourd'hui. C'est trop triste et je suis bien trop heureuse d'être enfin maman pour pleurer en repensant à ce bébé injustement décédé.

Marie était la mère de Damon. Là encore, son histoire, en lien avec celle de sa fille, est douloureuse. Je n'ai pas la force de l'écrire. Mais je veux que ma fille sache qui elles étaient. J'ai voulu qu'elle porte leurs prénoms, comme j'ai voulu qu'elle porte celui de maman.

Jeremy, maman me manque terriblement. Maintenant que je suis mère à mon tour, je pense énormément à elle. J'aurai aimé qu'elle connaisse sa petite fille.

Oh que ma Charlotte est belle! Elle a les yeux bleus. «Comme beaucoup de bébés», me diras-tu. «Comme Damon», te répondrais-je. Charlotte a les yeux de son père. Ils sont si bleus! Lorsqu'elle les ouvre, je m'y perds. Ils sont aussi captivants que ceux de Damon. J'ai même l'impression qu'elle a ce regard sournois, tu sais, un peu orgueilleux et moqueur, ce regard que Damon jette à presque tout le monde, comme s'il était supérieur aux autres. Ne le dis à personne, mais j'adore ce regard! Et ne te moque pas, c'est vilain de se moquer, et extrêmement impoli lorsque la personne est absente!

Je sais, j'agis comme une maman, à te donner des injonctions! Mais tu es mon petit frère. Je suis peut-être loin, à des centaines d'années de toi, mais je reste ta grande sœur. Tu me manques. Je voudrais que tu sois là pour voir ta nièce.

Elle est vraiment adorable! Elle ne pleure que très peu. Lorsqu'elle a faim, elle sait se faire entendre, crois moi, mais le reste du temps, elle dort et aborde un air totalement angélique. Je la regarde souvent, elle semble si paisible. C'est si serein de l'observer. Je réalise alors qu'il s'agit de mon enfant. La fille de Damon. Ce n'est que du bonheur!

J'aime être une mère et une épouse. C'est si paisible de prendre soin de mon mari et de mon bébé. Je me sens enfin à ma place auprès d'eux. J'aime cette vie avec Damon. C'est un mari et un père extraordinaire. Nous sommes peut-être au dix-neuvième siècle, mais Damon n'agit nullement comme un homme de cette époque. Il s'investie beaucoup auprès de sa fille. Il ne s'est pas montré déçu de ne pas avoir de fils. Pour tout dire, il m'a avoué qu'une fille fallait bien un garçon. Et il a ajouté qu'il ne fallait absolument pas sous-estimé sa princesse chérie. «Elle sera brillante!», répète-t-il à longueur de journée, à Stefan et Cordélia.

Oh, et Damon se lève la nuit pour m'aider avec la petite. Lorsque notre Charlotte pleure pour réclamer la téter, je me réveille pour l'allaiter, et mon cher mari est auprès de moi, près à la prendre dans ses bras dés qu'elle aura fini. Je la nourris, lui la fait digérer. C'est un bon compromis. Et c'est bien pour Charlotte. Elle s'habitue à ses deux parents. Elle s'habitue un peu plus à son papa. D'ailleurs, ils s'adorent tous les deux! Ma fille est trop jeune pour reconnaître les visages ou distinguer les voix près d'elle, mais j'ai l'impression qu'elle a un lien indéfinissable avec Damon. Elle se sent bien lorsque je la laisse dans les bras de son père. Sa sérénité se lit sur son visage. Elle est merveilleuse.

Oh, Jeremy, je t'écris cette lettre, et je réalise à quel point je suis idiote! Damon a du parler de notre mariage, et de sa fille. Tu connais déjà tout de Charlotte. Tout Mystic Falls a du entendre parler d'elle et la connaît des pieds à la tête. Néanmoins c'était important pour moi de t'annoncer la naissance de ma fille. Ta nièce. Je suis ta sœur, même séparés par quelques petites centaines d'années, nous restons une famille, qui s'est agrandie avec mon mariage et la naissance de Charlotte.

Et je t'aime. Je t'embrasse très fort et je te promets que je te donnerai des nouvelles prochainement.

Elena.

PS: Mille bisous à tout le monde. Je vous aime très fort. Vous me manquez terriblement.

«J'ai une nièce, répéta-t-il avec émotion. Elena a eu une fille!

- Waouh! Soupira Matt.

- Damon Salvatore a un enfant! S'exclama Ric. C'est… Incroyable! Elena doit réellement être aux anges avec son bébé.

- Il faut lui parler, décréta Bonnie. À Damon. Il faut que je trouve un moyen de communiquer avec lui! Oh, et hors de question de parler de tout ça à Caroline! Elle déteste Damon et si elle apprend ce mariage couronné par la naissance de la petite Charlotte, elle ne va cesser de rabâcher qu'Elena aurait mieux fait de se casser une jambe plutôt que d'épouser, je la cite, «un psychopathe». Et elle capable de nous faire vivre l'enfer, alors que nous n'y sommes pour rien. Elena est une grande fille, elle sait prendre des décisions, bon sang de bonsoir! Oh comment allons nous pouvoir parler de ce mariage et de ce bébé à Caroline tout en évitant un scandale? On y réfléchira plus tard, trouvons un moyen de parler avec le grand méchant vampire comateux!»

Matt s'installa au milieu des grimoires de Bonnie, afin de l'assister dans ses recherches. Il fallait impérativement que Damon. Non pas à prendre une décision pour ramener Elena au vingt-et-unième siècle. Bonnie était déterminée à la voir revenir au bercail. La petite Charlotte aussi. Pour la sorcière il était évidemment que le retour d'Elena n'irait pas sans l'arrivée de sa fille. Cependant, étant donné que 1864 approchait, la sorcière avait besoin de yeux et d'oreilles à l'époque, et Damon était la meilleure source de renseignements dont ils disposaient. Et si Bonnie arrivait par bonheur à faire parvenir des messages au dix-neuvième siècle, Elena aura une longueur d'avance sur son ennemie.

Ric, de son côté, s'installa auprès de Jeremy et discuta longuement avec lui. Il voulait s'assurer qu'il allait bien et qu'il n'était pas trop chamboulé par les révélations d'Elena.

Le jeune homme semblait bien prendre les choses. Il confia même être heureux pour sa sœur, et fou à l'idée d'être tonton, même s'il ne connaissait pas sa nièce. Il espérait la rencontrer prochainement et ressentait un pincement au cœur à l'idée que cela ne pourrait jamais arrivée. Si jamais Charlotte ne pouvait pas faire ce voyage dans le temps, cela ne signifiait pas seulement qu'il ne rencontrerait jamais sa nièce, mais aussi qu'il ne referait jamais sa sœur. Les deux hommes le savaient, et autant ils étaient enjoués par la venue au monde du bébé, autant ils redoutaient de ne jamais retrouver la jeune femme. Un sœur pour l'un, «une fille» pour l'autre.

«Allons aider Bonnie, proposa l'adolescent, pour changer de sujet.

- Bonne idée, tonton Jeremy, le charia son professeur d'Histoire.»

Les quatre amis épluchèrent chacun quelques grimoires, jusqu'à ce que le téléphone de Jeremy ne les interpelle. Ce n'était pas tant le fait qu'il reçoive un coup de fil, mais plutôt l'identifiant de la personne qui l'appelait. Le numéro indiqué était celui de son domicile. Or Alaric, désormais résident de la maison blanche située sur Maple Street, se trouvait à côté de lui. Et Elena pouponnait au dix-neuvième siècle. Personne ne pouvait l'appeler de sa maison, c'était tout bonnement impossible!

«Décroche, le pressa Bonnie.

- Mais enfin…

- Décroche, lui ordonna la sorcière. Tu dois savoir qui est chez toi, Elena a peut-être changé certain détail de l'Histoire. Peut-être que Klaus n'est jamais venu à Mystic Falls, et que Jenna te demande de rentrer pour le déjeuner!»

Jeremy obtempéra, inquiet, apeuré de découvrir qui se trouvait à l'autre bout du fils.

Il reconnut immédiatement la voix de son interlocutrice et faillit lâcher son téléphone tellement il était surpris. Il crut même à une blague, mais il se rappela que les actes d'Elena ont influé ceux de Damon et Stefan. Il se pouvait donc que le cadet des Salvatore ait réussit à sauver à la fois Elena et sa mère lors de l'accident. Peut-être même son père.

«Maman? Bredouilla-t-il, confus.»

Toutes les personnes autour de lui furent médusées en l'entendant prononcé ce nom. Jeremy parlait avec sa mère. Si Bonnie avait envisagé qu'il s'agissait de Jenna, elle n'aurait pas cru que l'Histoire, leur passé à tous, serait modifié à ce point.

«Je suis chez des amis, répondit-il penaud.

- Jeremy, mon cœur, tu es certain que tu te sens bien? S'inquiéta sa mère. Ta voix semble étrange. Tu sais que tu peux tout me dire, mon cœur. Si jamais…

- Je vais bien maman, la rassura-t-il naturellement.

- Je dois aller voir le sheriff. Je veux savoir si elle a des nouvelles concernant la disparition ta sœur. Oh Jeremy, ça fera bientôt un an qu'elle s'est volatilisée, pleura sa mère. Ma petite chérie, où peut-elle se trouver en se moment? Et pourquoi est-elle partie?

- Maman, ne t'inquiète pas, on retrouvera Elena, tenta-t-il de l'apaisé. Je viens de suite te rejoindre. Et je t'aime, maman.»

Jeremy raccrocha, tout tremblant. Sa mère qu'il aimait tant était en vie! Il n'arrivait pas à le réaliser. Le voyage dans le temps d'Elena l'a sauvé. Il devait la voir. Immédiatement. Il voulait la serrer dans ses bras et profiter de sa douceur qui lui avait tant manqué.

Et puis, il fallait la rassurer. Au sujet d'Elena. Sa sœur a toujours été une petite princesse pour leurs parents. Elle était l'enfant calme, la fillette qui passait des heures à écouter leur père parler de médecine et à se laisser coiffer comme une poupée par leur mère, alors que lui était le petit clown, terrible et attachant à la fois.

Il devait aussi découvrir passait autour de la «disparition» de sa sœur. Chaque jour, tout changeait dans sa vie. C'était irritant de se réveiller chaque matin en découvrant de nouvelles choses, avant de réaliser que ces éléments changeaient leur passé. Un matin, il découvrait la propriété des Salvatore totalement restituée comme à l'époque de la guerre de sécession, un autre jour, les industries Salvatore envahissaient le pays, et aujourd'hui, sa mère, morte, lui parlait au téléphone. C'était surréaliste! Néanmoins Jeremy devait avouer qu'il était heureux. Elena a changé le passé, et ses actes ont sauvé leur mère!

«Maman! Maman! Cria Jeremy, dans le square de la ville.»

Dés qu'il avait vu sa mère, le jeune homme s'était senti envahi de bonheur. Comme une petit garçon, il courut se jeter dans les bras. Miranda Gilbert, sembla surprise par ce tel élan de tendresse émanant de son fils, cependant elle ne s'en plaignit pas. Elle serra son petit-garçon dans ses bras, et le bichonna. Elle pensait que c'était l'absence d'Elena qui rendait son fils si affectueux, et profita de cette accolade pour le chouchouter comme un bébé.

«Elle me manque, murmura sa mère, en étouffant un sanglot.

- Maman, Elena t'aime. Elle t'adore. Elle n'aurait jamais rien fait pour te causer de la peine.»

Mais au lieu de calmer sa mère, il la vit s'écrouler et pleurer à chaudes larmes.

«Alors, cela signifie qu'elle est… Non! Je refuse d'admettre que mon bébé est… Je ne veux pas! Ta sœur a disparue! Elle est partie, Jeremy. Elle a quitté notre domicile familial. Pourquoi, je l'ignore, mais elle est quelque part sur cette terre! Ton père est résigné, il me prend pour une folle d'espérer que Liz puisse un jour la retrouver saine et sauve, mais moi je sais. Je connais ma fille, Jeremy. Elle n'est pas morte. Pas ma fille! Si tu penses comme lui qu'elle est…

- Non. Elena va bien, lui assura Jeremy, un peu trop certain de ces informations. Je veux dire, elle est forte et débrouillarde. Je suis certain, où qu'elle soit, qu'elle se porte à merveille.

- Jeremy, mon cœur, si tu sais quoique ce soit…

- Je ne sais rien, mentit à contrecœur le jeune homme.»

Une part de lui voulait tout lui dire, mais il n'osait pas. Il craignait de lui causer de la peine, de la déception, de la choquer ou bien de la rendre un peu plus malheureuse. Il savait pourtant qu'elle connaissait tout du surnaturel, mais il y avait une grande différence entre connaître l'existence des vampires, loups garous, Originels et sorcières, et admettre que sa fille se trouve dans le passé – qui plus est à une époque dangereuse pour les humains de Mystic Falls! –, et lui qu'elle lui a sauvé la vie à travers ses actes et son influence sur deux futurs vampires!

La mère et le fils rentrèrent dans les locaux municipaux. Miranda inspirait fortement afin de se calmer, alors que Jeremy ne pouvait s'empêcher de la fixer. C'était comme dans un rêve. Il avait retrouvé sa maman. Il se sentait comme un enfant qui venait de se perdre dans un parc. Il était heureux. Cependant, il voulait revoir sa mère sourire. Depuis qu'il est avec elle, elle a cette mine triste. Son cœur est rongé par l'absence d'Elena.

«Je vais voir Liz, reste ici mon cœur, lui ordonna sa mère en entrant dans le bureau de son amie.»

Le jeune homme aurait voulu la suivre, mais il savait que sa mère le maternait. Elle le protégeait. Même si elle semblait nié l'idée qu'elle ne soit plus de ce monde, une idée que son père, apparemment lui aussi vivant, avait admis, elle restait lucide, au point d'envisager la possibilité qu'une mauvaise nouvelle ne tombe.

Jeremy voulait tout lui dire. Mais il ne cessait de s'interroger afin de savoir s'il devait le faire. Ses parents avaient le droit de savoir ce qui était arrivé à leur fille. Cependant comment réagiront-ils? Se pourrait-il que la vérité soit pire que ce qu'ils vivent actuellement? Comment son père réagira-t-il en apprenant les liens qui unissent les Salvatore à Elena? Et sa mère, était-elle capable de concevoir que sa fille chérie se trouve en 1863, mariée et mère de famille?

«Jeremy Gilbert, j'étais morte, en paix, et ce matin, je me retrouve chez ma sœur, avec elle, alors qu'elle est, elle aussi, censée se trouver six pieds sous terre! Gronda une voix familière, qui dévoila la femme qui venait d'arriver au bureau du sheriff. Et cet univers est totalement différent de celui que je connaissais de mon vivant! Aurais tu une explication à me fournir? Et ta sœur, où se trouve-t-elle actuellement? Ne me dis pas qu'elle… Dans cette réalité bizarre, les Salvatore… Si Damon lui a fait du mal… Jeremy passe à table immédiatement!»


Note de l'auteure: Alors, ce chapitre vous a-t-il plu? Que pensez-vous des lettres d'Elena? De la réaction de ses proches? Du retour des parents Gilbert et de Jenna? De l'état d'esprit de Miranda et Grayson au sujet de la disparition de leur fille? Des hypothèses sur la suite de l'histoire?

J'attends vos avis & vos théories avec grande impatience, comme d'habitude.

Bises & à bientôt.

Amandine.