Enfin je retrouve du tempspour écrire la suite de cette histoire ! Et vous la poster bien sûr.
Les épisodes précédents sont sans doute loin, mais je n'ai pas le courage de faire un résumé. Il y a quelques rappels aux épisodes précédents de toute façon et puis ça vous fera travailler la mémoire. ^^
Aujourd'hui, c'est donc un Tenior inédit et le Tiva du premier chap' de Modus Vivendi. Ça devrait vous rappeler des souvenirs ! Bonne lecture à tous !
Chapitre 7– Réconfort
Guérir parfois, soulager souvent, consoler toujours.
Proverbe français
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Il a convaincu le Fantôme qu'il est de son côté. Cette fois, c'est bien Angel allongé sur le lit d'hôpital. Tony DiNozzo est mort il y a dix jours.
Après les supplices infligés par Pedro Alcazar, le jeune homme a eu droit d'y retourner. Un transplanté torturé pendant des jours ne reprend par le cours de sa vie auprès de son nouveau patron comme si de rien n'était. Il passe d'abord par la case médecin et dit adieu à son identité. Il n'a pas le choix s'il veut vivre, s'il veut protéger Chris, il doit renoncer à cet homme. Du moins tout le monde le croit-il.
Une fois l'hôpital quitté, une ordonnance longue comme le bras dans la poche, Chris retrouvé, il a besoin de partir. Il a besoin de se souvenir de qui il est. Il a besoin de le revoir.
Laissant l'enfant aux soins de Suzanne, il enfourche sa moto, cadeau de son supérieur pour les avoir rejoint, et roule jusqu'au centre de New-York. La nuit est tombée depuis longtemps, il a pris le temps de coucher Chris et de réfléchir à la suite des événements. Ses réflexions l'ont conduit à quitter tard la demeure et il est près de quatre heures du matin lorsqu'il se gare devant chez son père.
Il ne sait pas si venir ici est sûr, mais ça lui est égal. Pedro sait la vérité. S'il apprend cette visite, il ne la lui reprochera certainement pas. La famille est sacrée pour lui.
Il frappe plusieurs coups. L'attente lui paraît longue. Il craint un instant que son père ne soit pas chez lui. L'inquiétude est vite dissipée. Une clé tourne dans la serrure, la porte s'ouvre et Senior lui fait face.
- Salut Papa.
Il ne reconnaît pas sa voix lorsqu'il ouvre la bouche. À vrai dire, il ne se reconnaît plus depuis des mois. Les dernières semaines n'ont fait qu'aggraver les choses.
Senior a les traits tirés. Il pense l'avoir tiré du sommeil et s'apprête à s'excuser de le réveiller si tard. Plus exactement si tôt. L'homme ne lui en laisse pas l'occasion. À peine l'a-t-il reconnu qu'il le prend dans ses bras.
- J'ai eu si peur qu'il te soit arrivé quelque chose ! Tu devais venir me voir plus tôt, tu m'avais dit... oh, Junior, j'ai cru que j'avais rêvé ton passage ici !
Il aimerait lui répondre mais les mots s'étranglent dans sa gorge quand il essaye de parler. Alors l'aîné se détache, comprend qu'il y a eu un problème et le pousse à l'intérieur de la maison.
- Je... tente le plus jeune. Papa...
Le New-yorkais lève une main pour l'empêcher d'aller plus loin puis la pose sur son épaule.
- Tout va bien, dit-il en captant son regard. Tu es là maintenant.
Son fils tourne la tête, joue d'une main avec son collier.
- Raconte-moi, demande son père.
- C'est pas important.
- Tu es pâle comme la mort et tu débarques ici en pleine nuit. C'est forcément important !
Il s'esquive, gagne l'extrémité du salon et se perd dans la contemplation des cadres.
- Que se passe-t-il Junior ? Que t'est-il arrivé ? C'est ton enquête ? Ton cœur ?
- Un peu de tout ça.
- Tu ne veux pas m'en parler ?
- …
- Junior...
- Je vais bien, Papa. Je sors de l'hôpital.
- C'est censé me rassurer ?
- J'ai été malade, mais ça va maintenant.
- Tu sais mieux mentir d'habitude.
- Écoute, je n'ai pas envie d'en parler.
- Alors pourquoi es-tu là ? À cette heure ?
- …
- Junior, parle-moi.
- …
- Anthony...
Son prénom le fait se détourner. Sans qu'il puisse les contrôler, les larmes perlent au coin de ses yeux, commencent à couler sur ses joues. Senior ne dit pas un mot, mais il s'approche de lui et l'oblige à s'asseoir sur le canapé. Il le prend ensuite dans ses bras, desserre l'étreinte sur son dos quand il voit une grimace de douleur peindre sur ses traits, écarte légèrement le col de sa chemise pour comprendre...
- Oh Junior, qui donc a osé te faire ça ? Pourquoi continues-tu cette satanée mission ?
Angel disparaît, Tony refait surface pour aussitôt laisser la place à un petit garçon perdu. Il ne répond pas, mais son père n'attend pas de réponse de toute manière. Il se contente de le bercer tendrement et de lui murmurer des paroles rassurantes à l'oreille.
Tout homme à ses limites. Tony a atteint les siennes et son père est là pour l'aider à y faire face. C'est un rôle qu'il n'aurait sans doute même pas accorder à Gibbs s'il avait su qu'il était en vie. Il a beau être extrêmement proche de lui, il ne peut s'imaginer pleurer devant lui, le soutenir et le laisser repartir chez le Fantôme continuer sa mission. Gibbs peut beaucoup de choses, mais il n'est pas celui qui l'a veillé enfant lorsqu'il était malade. Il n'est pas son père même si leur relation peut le laisser supposer.
Alors c'est dans les bras d'un New-yorkais de qui il s'est éloigné qu'il trouve du réconfort. C'est son père qui le berce jusqu'à ce qu'il dorme. C'est lui encore qui le rassure quand un cauchemar l'éveille deux heures plus tard. C'est lui enfin qui embrasse sa joue mal rasée lorsqu'ils se séparent dans la journée en lui faisant promettre de faire attention à lui. Et Tony se dit alors qu'il a une chance folle d'avoir un père tel que lui dans sa vie.
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Il joint Kort pour lui faire savoir qu'il a définitivement acquis la confiance du Fantôme. Il ne lui dit rien de plus. Moins ils ont de contact, mieux il se porte.
Il apprend qu'il a sauvé Ziva et Dwayne Wilson, celui qu'il a recommandé pour prendre sa place. Il est soulagé de les savoir vivants, rassuré de voir que l'agent de la CIA tient sa parole.
C'est en raccrochant qu'il décide de prendre la route de Washington. Ça fait longtemps qu'il ne les a pas tous vus. Il sait bien qu'il ne pourra pas les approcher, mais il s'en fiche. Voir Ziva lui suffit.
Il se gare dans une ruelle non loin de son immeuble. Il songe à faire comme d'habitude, l'attendre au bout de la rue et s'éclipser dès qu'elle le repérera. Seulement ça ne lui suffit pas cette fois. Et puis son père lui a fait comprendre à mots couverts qu'il serait bien que l'équipe sache qu'il est vivant. Ce n'est pas possible bien sûr, mais il peut s'approcher de Ziva. Si elle le voit, elle ne songera jamais qu'il est vraiment là. S'il fait bien les choses, elle pensera qu'il n'est pas réel. Après tout, il a bien imaginé que Kate était devant son bureau peu après sa mort. Il peut aussi bien faire croire à l'Israélienne qu'elle l'imagine.
Il sait que c'est égoïste de sa part. Il a conscience que ça risque de lui faire plus de mal que bien. Mais après tout ce n'est que pour une fois, pas vrai ? Et puis il a désespérément besoin de la voir, lui parler, prendre des nouvelles des autres par son biais... Tant pis si c'est égoïste, aujourd'hui il a besoin de ne penser qu'à lui.
Alors il gagne l'immeuble, grimpe les marches jusqu'à son étage et s'assoit sur celles de l'escalier menant au niveau suivant. La porte de son appartement dans son champ de vision, il guette son arrivée.
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Ziva est nerveuse. La journée a été éprouvante semble-t-il. Il la détaille à loisir lorsqu'elle apparaît. Le regard fixé sur l'intérieur de son sac, elle cherche ses clés. Elle vient de les trouver et s'approche de la porte quand il l'interpelle.
- Tu devrais te mettre au déca.
La jeune femme se fige. Il regrette un peu sa phrase, mais il sait que c'est celle qu'il devait prononcer, celle que le Tony d'avant aurait dite. Car elle ne doit pas se douter qu'il est vivant, laisser le caractère qu'il a enfoui avec son infiltration reprendre le dessus est essentiel. Ça lui permettra aussi de ne pas oublier qui il est.
Ziva se retourne lentement vers lui pour se statufier de nouveau en le reconnaissant.
- Tony, souffle-t-elle.
- Bonsoir Ziva.
- Ce n'est pas possible ! Tu es...
- Mort ?
Elle acquiesce.
- C'est le cas.
- Mais tu es là !
- Quelle brillante déduction ! En effet, je suis là.
- Donc ?
- Je ne suis pas réel.
- Mais...
Elle soupire.
- Je ne comprends pas.
- Zi-Va ! Fais marcher tes méninges !
Il lui décoche un grand sourire.
- Si je suis mort, je suis quoi à ton avis ? Et ne me dis pas un fantôme, je le prendrais très mal !
Car être comparé à Pedro Alcazar, même sans que ce soit volontaire, n'est pas franchement quelque chose qui peut le ravir.
- Tu es une hallucination ? suppose la jeune femme après un instant.
- Une projection de ton esprit malade et perturbé tu veux dire !
- Tony ! Espèce de...
Il la coupe l'empêchant de déverser le flot d'injures qui menace de sortir.
- Eh bien voilà ! Là je te retrouve !
- Quoi ! ?
- Maintenant qu'il est établi que je suis une hallucination, une projection de ton subconscient, si on passait à l'intérieur ? Je doute que tes voisins voient d'un très bon œil de te voir parler toute seule !
Ou plutôt est-ce risqué qu'ils le voient et lui confirment qu'il est vivant.
Constatant qu'il a raison, elle ouvre la porte, les faisant entrer tous les deux. Il s'installe dans le fauteuil tandis qu'elle prend le canapé.
- C'est plutôt pas mal chez toi.
- Tony, qu'est-ce-que tu fais là ?
- Pas de « Bonjour Tony, comment vas-tu ? » ?
- Tu n'es pas réel je te signale !
- D'ailleurs à ce propos, qu'est-ce-que ça fait de se faire la conversation ?
- Si tu n'étais pas mort je te tuerai moi même !
- Oh, doucement Ziva ! On se calme !
- Je répète ma question, qu'est-ce-que tu fais là ? Pourquoi éprouverais-je besoin de voir mon collègue mort et de discuter avec lui ?
- Tu viens de le dire, tu en éprouves le besoin.
- Mais pourquoi ?
- Bonne question !
- Si tu es moi, tu dois être en mesure de me le dire.
- Je crois que tu le sais déjà.
Elle attend qu'il poursuive.
- Tu n'acceptes pas ma mort et je te manque. Tu as besoin de quelqu'un sur qui t'appuyer. Avant j'étais là, mais je ne le suis plus. Tu m'imagines donc pour te réconforter.
- Merci Freud !
- Tu le connais ?
- Je ne suis pas inculte Tony !
- C'est vrai.
Le jeune homme se tait. Le silence s'installe un instant, rompu par Ziva.
- Tu ne m'as toujours pas répondu.
- Bien sûr que si, je viens de le faire !
- Non, tu m'as dit pourquoi je te voyais, pas pourquoi tu viens de débarquer chez moi pour que l'on discute !
Il paraît embarrassé.
- Tony ?
- Tu as eu une journée éprouvante et seulement m'apercevoir de temps en temps ne te suffit plus.
Traduction : après les semaines que je viens de vivre, j'avais besoin de te voir. Mais il se garde bien de le lui dire.
- Je suis désespérée à ce point là ? demande-t-elle.
- On dirait bien.
Il sait qu'il n'a pas tout à fait tort en tournant les choses de cette manière à vrai dire. Ziva prend le temps de réfléchir.
- Tu vas rester longtemps ?
- Aussi longtemps que tu auras besoin de moi, en théorie du moins.
- Comment ça ?
- Je suis toi et tu l'ignores, alors comment pourrais-je le savoir ? Et à la question que tu es en train de te poser la réponse est non. Non, tu n'es pas folle et encore moins malade. Mais si tu ne me crois pas tu peux toujours aller faire un check up complet.
- Je crois que je vais te... me croire.
- Oublie que je suis toi, fais comme si j'étais vraiment Tony, ça sera plus simple.
Elle hoche la tête en signe d'assentiment.
- Et maintenant ? demande-t-il.
- Comment ça ?
- Si je suis là pour te remonter le moral, qu'est-ce-que je dois faire ?
Elle sourit et se lève.
- Je n'ai pas encore mangé et j'ai besoin de me détendre !
- Pizza DVD ?
Ça vous plaît ?
