La suite arrive plus vite que la dernière fois, je fais des progrès, avouez ! Merci à tous pour vos commentaires, ça me fait plaisir de voir que malgré les écarts de publication cette histoire est toujours suivie. Et bonne lecture !
Chapitre 8 – Surveillance
Tous les hommes ne sont pas vulnérables de la même façon ; aussi faut-il connaître son point faible pour le protéger davantage.
Sénèque
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Être l'allié de Pablo, l'infiltré de Kort tout en étant le bras droit du patron et en concurrence avec Dia et les femmes Twain est difficile. Tony trouve déjà dur d'être du mauvais côté de la barrière mais manipuler tout le monde est sans doute le plus épuisant.
Heureusement il y a Chris pour lui permettre d'oublier le bordel qu'est sa mission sous-couverture. Il y a également son père qu'il voit de temps à autre. Et puis il y a Ziva à qui il rend visite chaque semaine.
Souvent il débarque à son appartement le soir pour discuter avec elle. Elle ne s'en offusque pas, elle ne le croit pas réel après tout. En fait, elle est ravie de le voir, de passer du temps avec lui comme avant. Ce qu'il y a de nouveau c'est qu'il lui arrive de courir avec elle quand c'est le matin qu'il va la voir. Avec son cœur il a l'obligation de s'entretenir et puis il commence à y prendre goût. Quand il arrive en milieu de journée, c'est lors de son jour de repos et qu'elle se balade au parc. Par les discussions qu'ils ont, il sait toujours ce qu'elle va faire. Il voit bien qu'elle va mieux quand il est présent.
Elle lui reproche parfois de ne pas être venu la voir quand elle en a besoin. « Je ne suis pas un chien qu'on siffle Ziva ! a-t-il décrété le jour où elle lui a demandé s'il serait présent à sa naturalisation. Je ne vais pas accourir parce que tu m'appelles, même si je ne suis pas réel. » Et il n'était effectivement pas là lorsqu'elle est devenue américaine. Avec son travail pour le Fantôme il ne pouvait pas et, même si ça avait été le cas, il ne serait pas venu avec les autres présents.
Il sait que le croire imaginaire alors qu'il est réel et la voir aussi souvent n'est pas bon pour quelqu'un censé faire son deuil. Mais il est vivant après tout, alors il est excusé. Du moins s'en convainc-il car la situation ne pourra pas durer. Mais il évite à tout prix de penser à ça. Il est lui-même quand il est avec elle, c'est tout ce qui compte.
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Ce jour là, il se dispute avec Kort au téléphone. L'agent refuse de continuer à jouer les nounous. Il lui donne rendez-vous pour en parler même s'il souhaite simplement couper court à la conversation.
Les lumières se sont éteintes chez Ziva. Seule reste allumée l'ampoule du salon. Il entre chez elle comme il en a pris l'habitude.
L'Israélienne somnole sur le fauteuil. La télévision marche encore. Pour une fois, il ne prête pas attention au film projeté. Il éteint directement l'écran et le lecteur.
Il s'accroupit près d'elle. Il voit qu'elle peine à le distinguer à travers ses paupières semi-closes. Mais elle parvient tout de même à le reconnaître.
- Tony, murmure-t-elle.
Il sourit, attendri, et la prend dans ses bras. La jeune femme se laisse emporter dans les bras de Morphée. Il la porte jusqu'à son lit. Elle ne se réveille pas quand il la borde, pas plus que lorsqu'il embrasse son front avant de la quitter.
Il retrouve ensuite l'extérieur. Kort le rejoint rapidement.
- Je vais être très clair, annonce-t-il glacial. Soit vous continuer à veiller sur l'équipe, soit je monte voir Ziva lui dire la vérité.
Trent semble enfin comprendre en bas de quel immeuble ils sont. Il porte la main à son holster par réflexe, dévoilant le 45 à sa ceinture. Tony l'imite près à dégainer si nécessaire.
- Je vous déteste, DiNozzo, peste Kort en réajustant sa veste pour dissimuler son arme.
Tony hausse les épaules.
- Je sais, mais ce n'est pas le sujet. Alors ?
- Il est tard et je n'ai pas envie de me battre avec vous.
- Donc ?
- C'est d'accord, je continue à jouer les nounous. Je n'ai pas le choix de toute façon.
- Vous supposez bien.
L'Italien mène la danse et il le sait. Il ne peut que se ranger à son avis même si l'idée de devoir surveiller Gibbs et les autres l'ennuie au plus haut point.
- Au fait, poursuit Tony, ils vous donnent toujours du fil à retordre ?
- Vous posez la question alors que vous avez la réponse ?
- J'ai juste cru comprendre que Vance voulait obliger la CIA à collaborer pour attraper le Fantôme.
- La belle affaire. Comme si c'était possible.
- C'est déjà le cas.
- N'en rajoutez pas. La situation est déjà assez merdique comme ça.
Tony hausse les épaules et l'abandonne sans un mot de plus.
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- Vous ne pouvez plus supporter d'être loin de moi ? ironise-t-il le lendemain lorsqu'il l'a au téléphone.
- Je vous dis qu'il faut qu'on se voit.
- Je n'ai pas plus d'info qu'hier sur le réseau.
- Ce n'est pas ça.
- Alors ?
- Vous savez ce qui s'est passé avec votre satanée équipe ? Retrouvez-moi à l'adresse que je vous envoie dans deux heures.
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Trent Kort pousse la porte du bar tout en avançant d'un pas vif. Il s'installe au comptoir près de l'Italien et commande un scotch sans glace.
- Ça ne vous ressemble pas de prendre ce genre de boisson, lance DiNozzo.
- La preuve que vous ne me connaissez pas encore par cœur, rétorque Kort.
Le barman dépose un verre devant lui. L'agent le prend et le fait tourner entre ses doigts. L'autre enchaîne.
- Mais j'ai fait des progrès, reconnaissez-le.
- Possible, répond l'agent.
- Vous ne changerez jamais Kort ! dit-il après un éclat de rire.
- C'est ce qui fait mon charme.
- Plutôt ce qui donne l'envie de vous tuer à la plupart des gens.
- Dont vous ?
- Vous connaissez la réponse.
- C'est vrai.
Le silence se fait un instant. Trent avale son verre d'une traite.
- Toujours au jus d'orange ? se moque-t-il.
Tony lève son verre à hauteur des yeux. L'alcool lui est interdit depuis la greffe mais il s'en est très bien accommodé.
- Non, corrige-t-il le regard rivé sur le breuvage, c'est de l'ananas.
- Grand changement effectivement !
- Les jus de fruits sont très bons pour la santé.
- Mieux que les sirops ou le lait ?
- Les premiers sont trop sucrés, le second me sert déjà de petit déjeuner.
- Pas de café ? De thé ?
- Fortement déconseillés pour ma santé.
- Physique ?
- Mentale. Mais vous le savez déjà.
Car les deux boissons lui rappellent bien trop de souvenirs pour qu'ils puissent les consommer sans risque de se trahir. C'est étrange quand il y pense, mais le café et le thé sont bien ses pires ennemis dans cette affaire. La faute à un Gibbs accro à la caféine, rejoint en cela par Abby, et une Ziva qui l'est tout autant à la théine, accompagnée en cela par Ducky.
Il chasse vite les visages de ses amis et se reconcentre sur l'essentiel.
- Que puis-je faire pour vous Kort ?
- Ils savent pour moi.
Sauver McGee et Wilson impliquait de dévoiler son identité cette fois. Hélas pour lui.
- Je suis au courant, annonce Tony que le Fantôme a prévenu, ayant toujours un œil sur le NCIS. C'était prévisible.
- C'est tout ce que ça vous fait ?
- Je vous rappelle que c'est vous qui m'avez entraîné dans cette histoire !
- Et je commence sérieusement à le regretter ! Vous êtes incontrôlable !
- Je prends ça pour un compliment !
- Vous avez causé autant d'ennui où vous étiez avant ?
- Autant ? Non, beaucoup plus...
- Merveilleux !
- Expliquez-moi ce qui vous pose problème.
- Vous !
- Kort, Kort, Kort... Que les choses soient claires, vous m'avez recruté pour cette mission. Vous m'avez obligé à la mener à bien. Vous m'avez coupé de mon monde. Vous me devez plus qu'un grand service. De ce fait, il est normal que vous fassiez quelque chose pour moi.
- Jouer la nounou du NCIS, vous appelez ça un service ? À croire qu'ils ont pris un abonnement ennuis !
- Cela peut donner cette impression.
- Vous croyez !
- Cessez ce ton ironique et dites moi ce qui vous gêne vraiment.
- Je viens de vous le dire, vous.
Tony repose son verre sur le comptoir et se tourne vers l'agent l'air agacé.
- Quel est le problème ? Le véritable problème j'entends.
Kort soupire.
- Rien n'a changé, dit-il.
- Tout change.
- C'est pour ça que le réseau du Fantôme nous échappe ! ?
- Il ne nous échappe pas puisque je suis là.
- Et c'est moi qui faisais de l'ironie ?
- Écoutez-moi bien Kort ! Il me faut du temps pour obtenir des informations. Vous pouvez proférer des menaces, crier ou taper du pied si ça vous chante, cela ne fera pas aller les choses plus vite !
- Et je dis quoi à mes supérieurs ?
- Depuis quand vous préoccupez-vous d'eux ?
- Ne croyez pas que je n'ai plus rien à perdre.
- Vous aviez moins de principes quand il s'agissait de la Grenouille.
- Mais il ne s'agit pas d'elle.
- Si vous n'êtes pas content vous n'avez qu'à faire appel au NCIS. Je suis sûr qu'ils seront ravis de vous aider !
- Vous plaisantez j'espère !
- Vous croyez ?
- Espèce d'en...
- ...gel. Oui il paraît que c'est mon nom !
- Rrrha ! Vous me tapez sérieusement sur le système !
- D'ici deux mois, trois tout au plus, s'en sera terminé du Fantôme et de toute cette histoire, alors prenez votre mal en patience !
- Je suppose que je dois me satisfaire de ça.
- Vous supposez bien. Autre chose ?
- Non.
- Dans ce cas, je vous laisse. On m'attend.
Tony, alias Angel, quitte le bar d'un pas tranquille. Adossé au comptoir Kort commande un nouveau scotch. Toute cette affaire lui échappe sans qu'il ne puisse rien y faire, il a besoin d'un remontant.
Un avis sur ce chapitre mélange d'inédit et d'extraits revus et corrigés de Modus Vivendi (comme le sera fatalement toute la fic) ?
La suite dans une semaine maxi si vous la souhaitez !
