Cette fois, la suite arrive vite ! Et c'est long chapitre ! Avec pas mal de passages issus de Modus Vivendi mais, vous avez dû le comprendre maintenant, c'est impossible qu'il n'y en ait pas.

Encore merci à tous pour vos reviews (Crowny, merci pour la mise en alerte) ! On se retrouve en fin de chap'.


Chapitre 9 – Dépendance

Une dépendance mutuelle implique une foi mutuelle.

Alfred Bester

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Tony rirait presque de la situation. Encore une fois le NCIS a prouvé qu'il détenait la meilleure équipe d'agents fédéraux de ce côté du pays. Gibbs pourrit la vie à Kort et ce dernier en est l'unique responsable. Pour un peu, il applaudirait.

Il faut dire que l'agent de la CIA a eu le pire des raisonnements avec l'ancien marine. Croire que Gibbs allait arrêter ses recherches parce qu'il avait enfin une réponse à une partie de ses questions était idiot.

- Eh oui, commente-t-il tout bas à l'ange de métal qu'il a entre ses doigts, Kort est le plus grand imbécile de la terre.

Que la CIA refuse de collaborer avec le NCIS pour arrêter le Fantôme amènerait des questions, c'était évident. Kort a alors eu la brillante idée de faire savoir à Gibbs pourquoi William Stone, le savant fou qui les a empoisonnés McGee et lui, avait disparu. Pour être exact, il a laissé l'information filtrer auprès de Fornell au FBI. L'homme aime apparemment se compliquer la tache sous couvert de protéger son infiltré. Et emmener dans une planque sûre celui que Jethro aurait descendu si Abby ne l'en avait pas dissuadé était définitivement une mauvaise idée. Car apprendre qu'il fait partie du Fantôme n'a fait que compliquer la situation. Même lui s'y perd.

S'il reprend tout à zéro, Stone commerçait avec des cubains sous la bienveillance du Fantôme. La CIA l'a caché au NCIS jusqu'à ce que les recherches de Gibbs pour comprendre leur silence sur le mafieux fasse grincer des dents en haute sphère. La révélation s'est faite à travers le FBI en la personne de Tobias Fornell. Et, au lieu de calmer Gibbs et les autres, elle les a poussés à se renseigner davantage. Tony n'a sans doute jamais été aussi fier d'eux et satisfait de voir Kort s'être magistralement planté en imaginant qu'ils allaient lâcher l'affaire.

Mais si cette défaite de l'agent lui fait plaisir, il craint aussi la réussite du NCIS. L'équipe d'Henrietta Lange à Los Angeles compte infiltrer le Fantôme. Il l'a appris par Ziva et supervise depuis la branche californienne du réseau. G Callen et Kensi Blye ont commencé à approcher leurs hommes là-bas. Il pourrait les en empêcher d'un simple coup de fil, mais il s'y refuse. Peut-être qu'en les laissant faire il pourrait y gagner. Ce serait un autre moyen de faire tomber le réseau, de rester proche de son équipe. Il a la possibilité de les aider, il ne va pas s'en priver. Toutefois le risque est grand. Il joue avec le feu, il le sait. Il doit faire attention, Dia serait ravi de voir l'ange se brûler les ailes.

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Devon Stinger, 24 ans, mécanicien de l'US Navy. Un mort bien trop jeune selon Tony.

Il travaillait sur un nouveau prototype de moteur et a été approché par le réseau du Fantôme. Mais il a refusé d'être acheté. Il voulait dénoncer les types peu avenants qui ont tenté de le soudoyer, Ted et Garceli, les hommes de main de Pablo Twain. Le neveu de Pedro Alcazar a voulu aller trop vite comme toujours. Les choses se sont mal terminées. Le chef du réseau était dans une colère noire à cause de ça. Et lui va devoir rattraper les pots cassés comme c'est parti, récupérer les preuves les incriminant et les mettre en lieu sûr tout en faisant croire les avoir détruites. Il espère réussir mais, pour l'instant, il doit se renseigner. Et puis ça fait longtemps qu'il n'a pas été voir Ziva.

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La jeune femme est assise à même le sol du cimetière d'Arlington, devant sa tombe. Il la voit ramener ses jambes contre elle et les enserrer de ses bras. La fraîcheur et l'humidité de la nuit doivent la glacer mais elle ne bouge pas.

- Halloween est passé, commence-t-elle. Ça n'a pas été pareil sans toi. Et puis, avec ce qu'on a appris ces derniers jours, l'ambiance n'était pas à la fête. Abby n'a même pas quitté son labo. McGee est toujours en train d'écrire dans la pièce derrière. Ils ne se quittent pas. Gibbs n'a pas bougé de son bureau non plus, on dirait une statue. Ducky a essayé de leur remettre les idées en place, Vance aussi, mais ils n'ont pas réussi. Moi je suis partie du NCIS dés que j'ai pu, avant qu'ils fassent la même chose.

Elle marque une pause. Il s'approche d'elle. Sa détresse lui fend le cœur.

- Je ne comprends plus rien, Tony. Stone, le Fantôme, la CIA, Kort, je n'arrive pas à trouver le lien. Il nous manque des informations, mais où les chercher ?

- Comment puis-je t'aider ? demande-t-il en se plaçant près d'elle.

- Je ne sais pas.

Il s'assoit à ses côtés.

- Je ne sais plus où j'en suis, reprend Ziva.

- C'est pour ça que je suis là, ment-il.

- Ducky nous a invités pour Thanksgiving. Il nous l'a demandé juste avant de partir pour la prison. On a tous accepté.

- C'est une bonne chose, dit-il sincère cette fois.

- Tu trouves ?

- Oui. Vous devez vous retrouvez, c'est important. Où est donc passé le lien qui vous unissait tous ?

- Il est parti avec toi.

- La situation ne pourra pas durer éternellement, Ziva. Il faut que vous retrouviez votre cohésion comme avant. Je sais que je ne suis plus là, mais ce n'est pas une raison ! Avec ce qui se trame en ce moment ce n'est pas le moment de vous séparer.

Ces mots ne sont que trop vrais. Il n'ose pas imaginer ce qui se passerait si l'équipe n'en avait plus que le nom.

- Comment veux-tu que l'on y arrive ! ? riposte l'Israélienne.

- En agissant comme si rien n'était arrivé.

- C'est impossible !

- Il faut que vous essayiez.

- Je te vois toujours, alors comment je peux faire ça ?

- Justement, il n'y a pas que toi dans cette histoire ! élève-t-il la voix.

- Tony !

- La déprime ne te mènera nulle part. Où est passé la Ziva intrépide que j'ai connu ? Ta bonne humeur ? Tes sourires ? Ton plaisir à travailler avec le bleu, Abs, Ducky et Gibbs ? Où es-tu ?

- Avec ton fantôme.

Tony se lève d'un bond.

- Je ne suis pas un fantôme ! s'énerve-t-il à l'entente du mot qui explique la triste situation dans laquelle ils sont tous. Ça suffit, Ziva ! Réveille-toi ! Réagis bon sang ! Tu es en train de passer à côté de ta vie ! Tu n'es plus toi même !

Elle se lève à son tour.

- Et ça t'étonne ? réplique-t-elle sur le même ton. Je passe des soirées entières à discuter avec toi ! Je fais parfois mon footing avec toi ! En entier certains jours ! Je me ballade quelque part, tu fais un bout de chemin avec moi ! Tu es là alors que je ne t'ai pas forcément appelé ! Et quand j'aurais besoin de toi tu es absent ! Tu me dis que je ne vais pas bien ? Mais je te rappelle que tu n'es pas réel ! Tu n'es qu'une hallucination !

Ils se font face, en colère. L'ambiance est électrique. Tony s'apaise soudain. Elle ne doit pas savoir qu'il est vivant, pas encore. Et puis ce qu'elle dit est tellement vrai. Il n'agit qu'égoïstement en venant la voir, il ne peut qu'accepter des reproches aussi justifiés.

- Tu as raison, soupire-t-il, je te pourris la vie. Mais ça ne change rien à ce que je t'ai dit, l'équipe n'est plus ce qu'elle était.

Le portable de la jeune femme se met à sonner.

- Ils ont besoin de toi, déclare-t-il. File !

Ziva semble hésiter puis elle saisit son cellulaire et décroche. Elle se détourne de lui pour répondre. Il en profite pour s'éclipser et se dissimuler derrière un arbre lorsqu'elle clôt la conversation.

Comme à son habitude, elle fait un tour d'horizon en espérant le voir resurgir. Ce n'est qu'une fois acquis la certitude qu'il a bien disparu qu'elle prend la direction du NCIS.

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À son retour à New-York, Tony a pris sa décision. Il contact Vigo à Los Angeles pour qu'il mette à l'épreuve Kensi et Callen. Les deux agents vont devoir les accompagner jusqu'au Mexique en tant qu'escorte. Une semaine sur les routes avec eux lui permettra aussi de ne pas avoir à s'inquiéter de leur sort et rassurera Kort. L'agent en a assez de voir Gibbs et son équipe fouiner partout.

D'ici ce qu'il apprenne que l'OPS est dangereusement proche du Fantôme, il aura régler le problème Stinger. Une semaine plus tranquille que les autres se profile enfin à l'horizon, il compte bien la savourer.

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Bien sûr, la semaine passe vite. Trop vite.

Elle est terminée quand il s'assoit sur le fauteuil de l'appartement qui lui est réservé chez Pedro Alcazar. Il surveille Chris du coin des yeux. Il est attendri par l'enfant, pourtant son visage est neutre, sans aucune expression, comme d'habitude.

Seule une petite lueur vient parfois éclairer son regard désormais vide. Mais c'est si rare que l'homme de glace qu'il est devenu laisse transparaître ses sentiments. Si rare que seuls Ziva et l'enfant peuvent se vanter de l'avoir vu. Pourtant aucune d'entre elles n'est en mesure de partager cette information. Quel intérêt d'ailleurs ?

Le téléphone se met à sonner. Il décroche. Son visage devient dur alors que les mots « On a un problème. » parviennent à son oreille.

Leon Vance a envoyé la totalité des rapports du NCIS sur le Fantôme à Eli David. La nouvelle a de quoi faire peur à Tony comme elle l'a fait à Kort.

La CIA a tout fait pour écarter le Mossad. Convaincu que son directeur peut donc faire avancer les choses, Leon a pris sur lui de le mêler à l'affaire. Ils doivent à tout prix à régler ce problème. Tony l'assure, il s'en chargera. Mais ça ne l'empêche pas de programmer un rendez-vous avec son actuel supérieur pour discuter des événements.

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Deux semaines avant Thanksgiving, les rues de toutes les villes du pays fourmillent de monde. Bien sûr, ce n'est pas encore la grande ruée vers les magasins, mais quand même ! Il faut bien dire que peut-importe la période de l'année, parcourir Times Square relève du tour de force.

Trent Kort pousse un profond soupir d'exaspération en se faufilant entre les passants. Il déteste la foule.

- Souriez vous êtes filmé ! l'interpelle Tony.

L'agent de la CIA lève les yeux au ciel en découvrant l'Italien qui le regarde à travers le cadre formé de ses mains.

- Vous trouvez ça drôle, j'imagine ?

- Assez, oui.

- Que me vaut le plaisir, Angel ?

- Vous vous souvenez de mon nom ? Vous faites des progrès !

- Je n'ai ni le temps ni l'envie de jouer à ça, venez en au fait.

- Vous ne les avez jamais, mais soit, venons-en à ce qui nous intéresse.

Les deux hommes se mettent à marcher côte à côte.

- J'ai appris que vous aviez quelques inquiétudes au sujet du NCIS, reprend Tony.

- Ils trament quelque chose, j'en suis certain.

- Qu'est-ce-qui vous fait penser ça ?

- Ils ont des échangent suspects avec Los Angeles auxquels on ne peut pas avoir accès.

- Ça vous étonne ? Trois des meilleurs informaticiens du pays font partie du NCIS. Vous ne parviendrez pas à savoir ce qu'ils se disent.

- Ce qui ne me rassure absolument pas !

- Vous êtes trop suspicieux, Kort. Vous les avez mis sur la touche. Normal qu'ils refusent de partager leurs informations avec vous.

- Donc vous pensez comme moi.

- Non, je pense que vous faites fausse route. Ont-ils jamais partagé quelque chose avec vous ? Non, vous le savez bien. Hormis ce cher directeur Vance, personne ne vous a remis des informations. Vous vous souvenez quand vous êtes allé en Californie ? ajoute-t-il en pensant à Keelson et ses dossiers, dorénavant en cendre, sur des personnes clés du pays. Ils vous ont bien baladé, avouez-le ! Je ne peux les aimer qu'encore plus avec ça ! Ils n'ont pas vraiment apprécié votre rétention d'informations au sujet du Fantôme, comme pour Stone. Alors qu'ils dissimulent leurs échanges n'est guère étonnant. Vous pensez qu'ils parlent du trafiquant ? Qu'est-ce-que ça change ? Ils n'ont pas réussi à les approcher que je sache !

- Et vous en êtes sûr, bien entendu !

- Voulez-vous que je vous rappelle qui je suis ? se moque-t-il. Non, vous le savez trop bien !

- Je vous hais !

- Et c'est réciproque ! Maintenant que ce point est éclairci, passons au suivant.

- Nous en avons déjà fait le tour. Il nous est impossible d'intervenir !

- Je m'en charge, je vous l'ai déjà dit, précise Tony en songeant à la façon de s'y prendre avec Eli David. Non, il s'agit d'autre chose.

- Vous voulez leur dire la vérité ? Hors de question !

- Non plus, je voulais vous parler d'un point autrement plus essentiel.

- Lequel ?

- J'ai perdu mes lunettes de soleil !

- Vous vous foutez de moi ?

- Bien sûr que non ! Je les avais faites faire sur mesure ! Vous imaginez le problème ! Elles font partie de moi, d'Angel.

- Vous me faites chier ! Allez au diable avec vos lunettes !

- Et comment je fais à moto ?

- Vous avez un casque, non ? Et puis vous n'avez qu'à en racheter d'autres !

- C'est un souvenir !

- Je m'en fous ! J'ai des choses à faire, au revoir.

Il le plante sur le trottoir et traverse la rue.

- N'oubliez pas de garder un œil sur les enfants ! lance Tony.

Seul un haussement d'épaule lui permet de savoir que le message a été entendu. Il reprend sa route en sifflotant tout en sortant une paire de lunettes de soleil de sa poche. Elles n'ont jamais été perdues, mais quel plaisir a-t-il eu de le faire croire ! Emmerder Kort est un des rares plaisir qui lui reste.

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Pedro Alcazar le félicite. L'affaire de Los Angeles s'est parfaitement terminée. Aucun agent fédéral ne peut remonter leurs traces comme toujours. Tony accepte les félicitations d'un hochement de tête. L'homme ne le sait pas mais il a conservé des bandes de caméra surveillance qui incriminent un des leurs. C'est une preuve de plus pour faire tomber le Fantôme qu'il conserve dans un entrepôt qu'il a acquis récemment par l'intermédiaire de son père.

Callen et Kensi n'ont pas encore été contactés depuis leur escapade au Mexique. Il hésite encore sur la marche à suivre même s'il certifie le contraire à Pedro. Il sera toujours temps plus tard de revenir sur ses projets et de les garder à l'écart du réseau. Il assure pour l'instant au chef de famille que les deux angelenos avec lesquels travaillent Lloyd et Vigo sont sûrs et qu'ils peuvent continuer à travailler avec eux.

Il se retrouve une nouvelle fois dans la salle de bain de ses appartement à fixer d'un regard éteint le miroir en face de lui. Chris est à l'école. Les autres sont sortis. C'est une bref accalmie avant de retourner dans ce qui s'apparente de plus en plus à une tempête.

La situation ne cesse de se compliquer à chaque seconde qui passe. Il doit jouer sur beaucoup trop de tableaux à la fois pour maintenir l'équilibre. Il se rapproche de l'échéance, il en a parfaitement confiance. Le Fantôme ne sera bientôt plus qu'un souvenir. Les derniers faits en sont la preuve. Il a accumulé des preuves sur la plupart des membres du réseau. Seuls les pièces maîtresses de l'échiquier sont inatteignables, mais ce n'est plus qu'une question de temps.

Le NCIS se rapproche, Eli va découvrir la vérité sur lui. Rien ne doit être découvert, il doit prendre les devants. Il va devoir agir, vite. Seulement il n'a aucune certitude des conséquences de certains de ses prochains actes. Or c'est sur eux que repose tout. Un tout bien trop vaste à cause de tous ceux qui en font partie, bien trop vaste par leurs ignorances, bien trop vaste par ces inconnues. En somme, un tout bien trop vaste pour lui.

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La nuit est là lorsqu'il atteint Washington. Il a une nouvelle fois laissé Chris aux soins de Suzanne pour se rendre dans la capitale. C'est devenu si habituel que ça lui fait peur. Il est devenu dépendant à ses visites autant qu'elle. Ce n'est bon pour aucun d'eux.

Il pousse la porte en silence. Ziva ne ferme plus depuis longtemps. Une bonne chose sans quoi il serait contraint de sortir l'attirail du parfait cambrioleur pour déverrouiller la serrure.

Elle est installée sur le canapé, le regard vissé sur le fauteuil près de la fenêtre lorsqu'il s'approche. Elle sent sa présence derrière lui.

- Je sais que tu es là, dit-elle.

- La bonne phrase était « Tu ne devrais pas être là ! », rétorque-t-il.

Elle rouvre les yeux alors qu'il s'installe dans le fauteuil.

- Mais tu l'es, persiste-t-elle.

- Exact. Ça t'inspire quelque chose ?

- Je suis perdue.

- Tu me l'as déjà dit. D'abord au cimetière, puis quand tu m'as parlé de la virée mexicaine de Callen et Kensi.

- Et ça t'inspire quoi, toi ?

- Que tu te sois trompée de phrase, que tu sois perdue ou que tu me le répètes une nouvelle fois ?

- Les trois je pense.

- Je ne suis pas psy.

- Tu es une projection de mon esprit pour me réconforter, donc tu l'es un peu.

- D'accord. Alors d'après moi, tu me dis que tu es perdue parce que tu espères que je vais t'apporter des réponses et tu me le répètes dans l'espoir que je te réconforte, que je te rassure.

- Et la troisième chose ?

- Tu ne veux pas que je disparaisse.

- Donc je suis définitivement bonne à enfermer !

- Arrête de dire des bêtises. Tu cesseras de me voir quand tu en auras terminé du Fantôme. C'est la raison pour laquelle je suis toujours là. Cette affaire t'obsède, je te permets d'y faire face. Et depuis que tu sais pour Stone, me voir devient plus important encore. Plus de Fantôme, plus de Tony, tu verras, assure-t-il.

- L'espoir fait vivre, n'est-ce-pas ?

- Tu es d'un pessimisme !

- Toi aussi tu as changé.

- Comme tout le monde.

- Pourquoi es-tu là ?

- Tu me manquais ?

- Tony !

- Je te manquais alors.

- Et ?

- Tu appréhendes les futures découvertes de la mission sous couverture de L.A. et ce qui en sortira. Où est Stone ? Que cache la CIA ? Qui est le Fantôme ? Ces questions te hantent.

- Il est insaisissable.

- D'où le nom Fantôme.

- Pourquoi ?

- Écoute, Ziva, je veux bien faire des efforts, mais là notre conversation est plus que décousue. Explique-toi. Pourquoi quoi ?

- Pourquoi suis-je la seule à te voir ?

- Qui te dit que les autres ne m'ont pas vu ? À la mort de Kate, on a tous parlé avec elle, avec nous même en fait.

- Mais moi je te vois alors que ça fait plus de dix mois que tu es mort ! Et ce bien avant l'obsession du Fantôme !

- Tu n'as pas l'explication, comment veux-tu que je l'ai ! ? se justifie-t-il.

- J'aurais aimé.

- Cesse de penser à ça ! Maintenant tu vas te lever et aller te coucher. Demain j'aurai disparu. On se reverra certainement. Mais dés que le problème Fantôme sera résolu je disparaîtrai pour de bon.

Avant de ne plus en avoir la force, il se lève et s'approche de la porte. Venir était une très mauvaise idée, il s'en rend compte maintenant. Il doit partir. Il lui a fait déjà trop de mal.

Il a ouvert lorsque la voix de Ziva retentit.

- Reste ! supplie-t-elle après s'être levée comme pour le retenir.

Tony ne bronche pas et passe dans le couloir en refermant derrière lui. Une fois sur le pallier, il s'immobilise.

Il devine que Ziva, bouleversée, va bientôt entrer dans sa chambre. Elle se changera rapidement avant de se glisser dans son lit. Et il sera en route pour New-York.

Du moins est-ce ainsi que devraient se passer les choses. Car il est incapable de faire un pas vers la sortie. Il est toujours là, figé devant sa porte alors que la lumière s'est éteinte. La voix de la jeune femme résonne encore à ses oreilles, son appel à l'aide en disant « Reste ! » également. Elle va mal et c'est à cause de lui.

Il n'aurait pas dû venir la voir, lui parler. Faire comme si elle le voyait était définitivement la pire idée qu'il ait eu. Mais il ne peut pas pour autant lui dire la vérité. Bientôt, oui, mais pas maintenant.

Et il est toujours incapable de partir.

Alors il se détourne. Il entre de nouveau chez elle en sachant que ce qu'il va faire est stupide. Mais elle a besoin de lui et, après tout ce qu'il a déjà fait, la voir un peu plus ou un peu moins ne changera pas grand chose. De plus, il en a besoin lui aussi. Il refuse de l'admettre, mais il a besoin d'être près d'elle. Elle est l'un de ses rares points d'ancrage avec la réalité. Et puis elle est tout simplement elle.

Il gagne sa chambre en silence. Il la voit recroquevillée dans le lit, tremblant de tout ses membres. La culpabilité le fusille sur place. Il retire ses chaussures et sa veste, vite et sans bruit, avant de faire la dernière chose qu'il devrait faire ce soir. Il la rejoint sous les draps. Il appuie son torse contre son dos, l'enserre de ses bras. Elle se niche aussitôt contre son corps chaud.

- Je suis là, murmure-t-il en resserrant sa prise.

Les frissons de la jeune femme s'apaisent, elle se laisse emporter par le sommeil. Il ferme les yeux, cale sa tête contre la sienne et rejoint à son tour les bras de Morphée.


Et les lecteurs décident quant à eux de donner leur avis parce que ça ne coûte rien et que ça fait toujours plaisir à l'auteur. ^_^