Chapitre 12 – Bientôt

Qui commence par avoir des certitudes aura bientôt des doutes ; qui commence par avoir des doutes aura bientôt des certitudes.

Gaston Bachelard

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Quelques jours ont passé. Aujourd'hui, Chris dépose des fleurs sur la tombe de ses parents sous la surveillance de Tony.

Peter et Allyson Twain ont été fauchés dans la fleur de l'âge. Ils sont morts deux ans auparavant dans un accident de voiture. Chris se trouvait avec eux, mais il s'en est sorti miraculeusement. Le rapport d'accident mentionne une défaillance technique. Seulement Tony sait que c'est faux. C'est Christina, la mère de Peter qui a commandité l'assassinat.

Il avait tout compris de ses manœuvres pour accéder au pouvoir, du trafic que faisait son oncle et qu'elle manipulait. Il savait tout ce qu'elle avait fait pour en arriver là. Une criminelle sans scrupules, voilà ce qu'elle était, ce qu'elle est toujours. Alors il avait décidé de la dénoncer. Elle l'avait appris, menacé et il avait préféré s'enfuir avec sa famille pour se mettre à l'abri. Il avait compris qu'elle était dangereuse, qu'elle n'avait rien d'une mère aimante et tendre envers sa progéniture. Elle ne l'avait jamais vraiment aimé de toute façon. Il ressemblait trop à son père, Edward, qu'elle avait épousé pour son nom et sa fortune. Ils avaient pris la route pour un lieu où ils seraient en sûreté. Ils n'étaient jamais arrivés à destination. Maintenant c'est contre elle que lui, l'infiltré, doit lutter, contre la marionnettiste du réseau.

Chris se redresse et donne la main à Tony. Il est temps de partir.

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Pedro vient de l'informer. La transaction est terminée. L'argent est sur leur compte, la marchandise a changé de main. Le Fantôme a accompli son travail parfaitement, comme toujours, bien que trop rapidement à son goût.

Il est temps pour Tony d'inverser la tendance. Il faut récupérer la machine avant qu'elle tombe entre de mauvaises mains. Et pour ça il n'y a qu'une chose à faire...

Eli David porte le combiné du téléphone à son oreille vivement. Cela fait presque deux semaines qu'il attend ce coup de fil.

- David.

- Directeur ! Vous avez été rapide à répondre. Dois-je en déduire que vous attendiez mon appel ? s'amuse Tony.

- Après le dernier que vous m'avez adressé, vous trouvez ça étonnant ?

- Non.

- J'ai eu ma fille au téléphone, ainsi que Gibbs.

- Je sais.

- Ah oui ?

- C'était la suite logique des événements.

- Je ne comprends pas.

- Normal, vous ne savez pas tout.

- Alors expliquez-moi !

- Impossible. Et ce n'est pas l'objet de mon appel.

- Alors quel est-il ?

- Vous vous souvenez de notre conversation ?

- Bien entendu ! Un mort qui passe un coup de fil, c'est quelque chose dont on se souvient !

- Sauf que vous saviez que je n'étais pas mort.

- Exact. J'ai suivi vos directives, j'ai fait savoir à Leon Vance que j'avais découvert quelque chose, avant d'attendre de vos nouvelles. Et maintenant, Ziva le sait.

- Ainsi que le reste de l'équipe, mais ça n'a aucune importance.

- Alors qu'est-ce-qui en a ?

- Vous.

- Pardon ?

- Le Fantôme a conclu une transaction avec Patrick Langa, un intermédiaire auprès d'une personne plus puissante. Il a réceptionné la marchandise, il doit maintenant l'acheminer jusqu'au Moyen-Orient pour son commanditaire. Vous devez l'intercepter. Je vous ai envoyé toutes les informations que j'ai pu réunir pour réussir.

- Je pourrais refuser.

- Vous ne m'aimez pas, ça ne veut pas dire que vous êtes un inconscient. Vous le ferez.

- Quel est la nature du chargement ?

- Une machine capable de brouiller les ondes radio sur une très grande distance. J'ignore le nom qu'on lui a donné. En tous cas, elle donne un avantage tactique certain et important.

- Je m'en charge.

- Bien.

- Et vous, qu'allez-vous faire ?

- Tacher de rester en vie et faire tomber le réseau.

- Seul ?

- Oui.

- Vous pourriez dire la vérité au NCIS, ils pourraient vous aider.

- C'est prévu.

- Mais ?

- Votre intervention va laisser le Fantôme pensif. Je dois éloigner les doutes de moi, dire la vérité me discréditerait, il l'apprendrait forcément.

- Vous en êtes sûr ?

- Je sème le doute dans les esprits depuis un moment pour les monter les uns contre les autres. Et je viens de vous donner de quoi annihiler la plus grosse transaction de l'année pour le Fantôme. Il va nous surveiller pour savoir qui est le traître, je ne peux pas me permettre un seul faux pas. Tout cela arrive bien trop tôt, il m'aurait fallu plus de temps pour être certain d'être hors d'état de cause. Maintenant je dois faire profil bas.

- Je vois.

- Je n'en suis pas sûr, mais peu importe. Faites ce que je vous ai dit, c'est tout ce que je demande.

- Vance ne va pas me lâcher comme ça. Il veut des réponses, et il n'est pas le seul !

- Un problème à la fois, d'accord !

- On ne peut pas se permettre d'attendre !

- Je m'en occupe.

- Je peux savoir comment ?

- Non. J'ai du travail qui m'attend, et vous aussi, au revoir Eli.

- Faites attention à vous, DiNozzo.

Tony raccroche mal à l'aise. Si même le directeur du Mossad se met à lui donner des conseils, c'est qu'il a vraiment changé, ou alors qu'il pense qu'il ne s'en sortira pas. Des deux, il ne sait pas ce qu'il redoute le plus.

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Sa décision est prise depuis longtemps lorsqu'il décide de gagner Washington. Il ne peut pas encore révéler la vérité à l'équipe, mais il doit la préparer. Il a des idées pour la plupart de ses membres, mais ce n'est qu'en passant une la librairie qu'il trouve celle qui lui manque.

Depuis le 1er décembre, le nouveau roman de Thom E. Gemcity sur l'affaire Stone est disponible. Comme pour les dernières aventures de l'équipe de Tibbs, les ventes battent des records.

Tony l'a acheté dès sa sortie. Sa lecture est sans doute ce qui a déterminé ce qui va se passer aujourd'hui. Bien que le seul titre l'ait bouleversé. Frères, voilà comment Tim l'a intitulé.

Par Ziva, il sait que le jeune homme va mal. L'écriture l'aide, mais elle n'est pas la solution. S'il doit tous les préparer à son retour, il ne peut pas se contenter de lui laisser un message. Il doit aller le voir. Et puis il sait qu'il ne posera pas de question sur sa présence, qu'il se contentera de ses explications et ne dira rien aux autres. Mais il doit d'abord passer chez l'Israélienne.

Sa veste de cuir est posé sur le lit. Il la passe avant de gagner la cuisine. Il s'empare d'un crayon et d'un papier.

Ton père sait pour moi, n'insistez pas.

Bientôt, je te le promets

Ton hallucination préférée

PS : J'ai récupéré ma veste, il fait froid dehors.

Satisfait de ce qu'il a griffonné, il abandonne le billet sur la table. Il prend ensuite la route de l'appartement de l'informaticien.

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Tim s'assoit derrière sa machine à écrire. Il passe tout son temps libre à l'écriture. Son troisième roman est sorti plus tôt que prévu, mais c'est un coup marketing de son éditrice. En le publiant à trois semaines de Noël, elle augmente les ventes. Il fera un merveilleux cadeau sous le sapin.

Il a entamé le quatrième tome des aventures de l'équipe de Tibbs. Après avoir raconté l'affaire Stone, il passe à celle du Fantôme, écrite au fur et à mesure que l'enquête avance.

Tony entre sans qu'il l'entende entrer. Il arrache la feuille de sa machine et la roule en boule avant de la jeter par terre, rejoindre les autres. Il n'arrive pas à écrire ce qu'il veut et l'écriture libre ne l'aide en rien.

Il attrape le gobelet de café noir à sa portée et avale une gorgée. Il fait la grimace, ce n'est vraiment pas ce qu'il aime. Seulement ça lui permet de rester éveillé et donc de continuer à travailler. Il ne dort plus beaucoup, obnubilé par son ouvrage. En l'espace de seulement trois mois, il aura écrit plus de lignes de texte que pendant ces dix dernières années.

Il est bloqué au chapitre vingt, au lendemain de Thanksgiving. C'est à partir de ce jour là que tout s'est accéléré, et pas forcément dans le bon sens. Il s'est passé beaucoup de choses, mais ce n'est rien par rapport à ce qu'il s'est passé dans l'ombre, il en est sûr. Et il ne peut pas continuer son récit sans savoir ce qui s'y trouve. C'est comme jouer au poker sans savoir qui on a comme partenaires, quelles sont les cartes jouées et quelles règles suivent chacun des joueurs. Un vrai foutoir, diraient certains, ou du grand n'importe quoi. Lui il penche plus pour une immense escroquerie où ils seraient les pigeons. D'ailleurs c'est ce qu'il a écrit sur la feuille jetée au sol.

Tony est assailli par l'émotion en le voyant faire. Même de dos il devine sa détresse. Il s'en veut de lui avoir fait endurer ça après tout ce par quoi ils sont déjà passés. Son petit frère va mal et il en est le seul responsable.

Laissant de nouveau ses doigts courir sur les touches, Tim laisse parler son inconscient. Le résultat est identique au précédent et il lance la boule de papier par dessus son épaule.

- Peut-être qu'en éteignant la musique j'y arriverai mieux, grogne-t-il.

Tony saute sur l'occasion.

- Très bonne idée ! Ce truc m'écorche les oreilles !

Tim se fige. Il ne s'est pas rendu compte avoir parlé à voix haute. Tony coupe la musique.

- Ah, là, c'est beaucoup mieux ! Commente-t-il en endossant le rôle de l'ami insupportable auquel Tim est habitué.

Celui-ci se retourne. Vêtu d'une veste de cuir noir et d'un jean sombre, Tony tient la feuille jetée précédemment dans ses mains et la parcourt du regard.

- Tony ! s'exclame-t-il.

L'homme relève la tête et affiche un grand sourire.

- Salut, le bleu ! Comment ça va ?

- Mais... Tu... Enfin...

- Mais ? Je ? Fais-moi une phrase complète que je comprenne !

- Tu es mort !

- C'est aussi ce que Ziva a dit quand j'ai débarqué chez elle, se moque-t-il.

- C'est impossible, tu ne peux pas être là !

- Excellente remarque, pourtant je le suis.

- Mais tu...

- Peu importe si je suis réel ou non, l'important c'est que je sois là. Parce que vu que tu écris des choses sur moi, il faut que je supervise.

- Pardon !

- Oh allez, c'est bon ! Je ne touche rien sur les ventes, je peux au moins donner mon avis.

- Tu plaisantes !

- J'en ai l'air ?

Sans chercher à comprendre la présence de son ami dans son appartement, Tim se prend au jeu.

- C'est hors de question !

- Et pourquoi ça ?

- Parce que c'est moi l'écrivain.

- Et en quoi c'est une raison ?

- C'est moi qui raconte l'histoire. C'est ma vision des choses, pas la tienne.

- Étant donné que tu t'inspires de moi pour ton bouquin je ne suis pas d'accord.

- Ça m'est égal.

- Bon, voilà ce qu'on va faire. Tu vas me résumer ce que tu as écrit et me dire où tu bloques. Je vais tenter de t'aider.

- Quoi ! Mais enfin pourquoi ?

- C'est pour ça que je suis là. Je viens t'aider à y voir plus clair et à continuer ton chef d'œuvre, improvise l'agent pour justifier sa présence. Bon "chef d'œuvre" n'est certainement pas le terme approprié, mais on va faire avec.

- ...

- On va dire que tu es en train de réfléchir à la façon dont tu vas me raconter le bouquin, d'accord ?

- Je...

- Oui ? Vas-y, je t'écoute.

Rassemblant ses pensées, l'écrivain entame un rapide résumé du livre, et par la même de l'enquête.

- Et donc, j'en suis arrivé au lendemain de Thanksgiving, au moment où Vigo a envoyé un message à Callen pour leur dire qu'ils se passeraient de Kensi et lui.

- Tu bloques à cet endroit, alors ?

- Oui.

- Pourquoi ?

- Parce que je ne sais pas ce qui se passe dans le réseau du Fantôme.

- D'accord.

- Tu as des idées ?

- Oui. Voilà ce que tu vas faire. Tu vas rapporter tout ce qui s'est passé pour le NCIS à partir de ce jour là. Tout ce qui se passe dans le réseau et que tu ignores tu vas le laisser de côté. Une fois que tu auras fini, tu reviendras à ces passages. Normalement, si tu as tout le reste bien en tête, les transitions devraient te venir toutes seules à l'esprit.

- Tu crois ?

- Tu as mieux à proposer ?

- Non.

- Alors fais comme j'ai dit. Je repasserai dans quelques jours voir où tu en es.

- Tu vas revenir ?

- Eh oui McGuignol, je vais revenir !

- Mais tu n'es pas réel !

- On s'en fiche. Tu as besoin de moi, je suis là. Ne vas pas chercher plus loin. Ok ?

- Ok.

- Bien. Et d'ici là, pas un mot sur moi.

- Entendu.

- Brave garçon ! Allez, à la prochaine, et n'oublie pas de dormir de temps en temps !

Tony quitte l'appartement, laissant un McGee totalement incrédule derrière lui. Il n'ira pas chez les autres. Émotionnellement, il a atteint ses limites en revoyant Tim. Il reviendra une autre fois.

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Deux jours plus tard, la grande maison bourgeoise du Fantôme résonne de ses cris.

La mission de Los Angeles n'est pas une réussite. Si Lloyd et Vigo, les convoyeurs pour la transaction, ont fait un sans faute, ce n'est pas le cas de leurs accompagnateurs. Pablo et ses hommes, Miguel, Ted et Garceli, devaient se charger de la sécurité. Ils ont failli à leur tache. L'échange a été filmé et le NCIS a déjà les bandes en sa possession.

Pedro Alcazar les congédie en leur commandant de rester dans la propriété. Ce sont des incapables, quelqu'un d'autre se chargera de régler la situation. Le coup de grâce arrive quelques heures plus tard, Eli David a rempli sa part du marché, la marchandise et Langa ont été arrêtés par les israéliens. Toujours aussi remonté, le Fantôme fait venir Dia et Angel dans son bureau.

- Monsieur, demande Dia, vous m'avez fait demander ?

- Oui, Lennoy. Asseyez-vous.

- Nous attendons quelqu'un ?

- Oui.

- Angel, je suppose.

- Exact.

- Et où est-il ?

- Ici.

Tony apparaît dans l'embrasure de la porte.

- Messieurs, salue-t-il.

- Assis-toi, commande Pedro.

- Que se passe-t-il ? s'enquière Dia.

- La transaction avec Langa a été filmée, répond Tony, et le Mossad l'a attrapé, lui et la marchandise.

- Comment tu sais ça ?

- Je pourrais dire que j'ai mes sources, mais le fait que Pedro ait hurlé pendant plus d'un quart d'heure à ce sujet me semble plus probable.

- Tu devrais arrêter de jouer au plus malin, ça te retombera dessus !

- C'est déjà arrivé.

- Alors tu n'es vraiment qu'un imbécile !

- Messieurs ! S'il vous plaît.

- Que pouvons-nous faire pour vous, Pedro ? questionne l'Italien.

- Je veux que vous récupériez la bande.

- Elle doit déjà être dans les mains des fédéraux, déclare Lennoy.

- Raison de plus.

- En quoi cela va-t-il changer quelque chose ?

- Si nous détruisons l'original, annonce Tony, ils ne pourront pas nous accuser. Pas de preuve, pas d'accusation.

- Ils auront des copies.

- Qu'ils ont trafiqué afin qu'on voie de braves citoyens commettre un crime. C'est que l'avocat dira.

- Tu penses à tout, n'est-ce-pas ?

- J'essaye.

- Alors tu sais comment récupérer la bande ?

- J'ai quelques idées.

Dia se lève furieux.

- Je ne vois même pas pourquoi je suis là !

- Lennoy, tente Pedro, calme toi !

- Non ! Monsieur-je-sais-tout a qu'à s'occuper de cette histoire tout seul ! Je m'en vais.

Il quitte la pièce, claquant la porte.

- J'ai fait quelque chose de mal ? interroge Tony innocemment.

- Tu le sais très bien.

- Oh, allez, c'est bon. Avouez-le, il vous tape sur le système à vous aussi.

- Peut importe, ce n'est pas ce qui nous intéresse. Tu as dit tout à l'heure que tu avais une idée.

- Oui.

- Mais ?

- Après l'arrestation de Langa et l'interception de la marchandise, je ne sais pas si...

- Je sais que tu n'y es pour rien. Il y a plusieurs mois je n'en aurais pas dit autant, mais tu as su prouver ta sincérité. De plus l'argent a tout de même été viré. Seul Langa et son commanditaire ont été lésés.

- Donc vous me faites confiance ?

- Oui Tony, je te fais confiance. Je sais que le NCIS est derrière toi et que tu nous es fidèle.

- Tout le monde n'est pas de cet avis.

- Tu veux parler de Lennoy ?

- Entre autres. Dia n'est pas au courant de mes origines, c'est juste qu'il me déteste.

- Et tu le lui rends bien, tout comme à ma sœur et ma nièce. Tous les autres t'apprécient et te respectent.

- Plus ou moins.

- On ne peut jamais faire l'unanimité. Parle moi plutôt de ton idée.

- J'aimerai d'abord vérifier si elle est possible.

- Entendu.

- Alors je vous laisse, je vous tiens au courant.

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En vérité, Tony n'a aucune idée de la façon de résoudre le problème et il compte sur Ziva pour l'aider à trouver une solution. Mais la jeune femme n'est pas à son appartement lorsqu'il gagne la capitale. Il trouve porte close.

Il est prêt à forcer la porte comme il en a l'habitude -il n'est pas sûr qu'elle accepterait de lui passer une clé et il préfère agir de la sorte-, quand le voisin sort de chez lui.

- Elle ne sera pas là avant plusieurs heures, l'informe-t-il sans qu'il ait demandé quoi que ce soit.

- Je vais lui laisser un message, certifie alors Tony.

- Vous voulez une enveloppe ? Comme ça vous pourrez lui glisser dans sa boite.

L'agent se garde bien de lui dire qu'il pourrait tout autant faire passer le mot sous la porte. L'homme semble décider à le raccompagner dehors. Il ne va pas lui donner des raisons de douter de ses bonnes intentions, il semble en imaginer assez lui-même.

- Je veux bien, accepte-t-il.

Le trentenaire attrape fait un pas en arrière pour ouvrir le tiroir du meuble de l'entrée, tout en lui jetant de fréquents coups d'œil.

- Tenez.

Il lui présente feuille et stylo en plus de deux enveloppes. Tony le remercie et se dépêche de tracer quelques lignes. Observé, il fait au plus court en espérant que Ziva comprendra, ajoutant deux mots pour dire que la révélation à l'équipe est proche.

Compromets l'original

Vital

Comme tu veux

Quelques jours

Il plie en quatre la feuille pour la faire tenir dans l'enveloppe. Il rend le reste à son propriétaire.

- Gardez-les, j'en ai d'autres, dit-il avant de l'accompagner jusqu'en bas où il dépose le pli dans la boite à lettre.

L'homme ne le quitte pas des yeux même après qu'ils soient sortis et qu'il ait enfourché sa moto. C'est avec soulagement que Tony disparaît de son champ de vision à l'angle de la rue. Au moins Ziva a quelqu'un sur qui compter en cas de besoin.

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L'agent décide ensuite de passer chez Gibbs. Il fait attention à ne pas être vu cette fois. Il passe par derrière, ouvrant la porte grâce aux outils habituellement utilisés chez Ziva. Il ne veut pas forcément frapper fort avec le chef d'équipe, mais la seule idée qu'il ait risque d'en avoir l'effet.

Il a confié à Gibbs sa plaque. Il doit maintenant mettre la main dessus et la mettre en évidence ailleurs dans la maison.

Il se retrouve dans sa chambre. Mal à l'aise, il se dépêche d'ouvrir le tiroir de la table de chevet où il devine qu'elle doit se trouver. À sa place, c'est là qu'il l'aurait mise.

Il n'est pas déçu, simplement surprise en voyant le bandeau noir barrant l'aigle doré qu'il a si souvent arboré à la ceinture. Refusant tout moment nostalgique, il ôte la bande et quitte la pièce. S'il se laisse à penser à ce qu'elle signifie, il n'y arrivera jamais. Il se dépêche donc de rejoindre le sous-sol et pose la plaque au milieu des jouets en bois sur l'établi, là où il ne pourra la manquer en descendant l'escalier.

Un carton attire son attention. Il reconnaît son écriture sur le dessus. C'est ce qu'il a laissé à l'équipe à sa mort, même s'il ne l'est pas au final.

Il attrape le premier album du carton. Les pages ont été feuilletées souvent. Celle où se trouve une photo de l'équipe a d'ailleurs tendance à revenir souvent. Un des angles est déchiré, c'est la dernière qu'ils ont prise tous ensemble. Les plis sur la tranche ce l'album l'ouvrent presque automatiquement à cet endroit. Il s'en empare et la glisse dans l'enveloppe qu'il a gardé un peu plus tôt.

Satisfait, il se presse de partir ou il sait qu'il restera jusqu'à l'arrivée de l'ancien marine. Or, il n'est pas question que leurs retrouvailles se passent aujourd'hui.

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Non loin de l'appartement de la gothique, il intercepte un adolescent. Il lui tend l'enveloppe et un billet en lui montrant une photo d'Abby. Il lui indique l'entrée de son immeuble et lui donne ses ordres. Le garçon hoche la tête pour signifier qu'il a compris. Tony s'éclipse.

Posté pour voir sans être vu, il n'attend pas longtemps avant que la HotRod d'Abby se gare dans la rue. L'ado se précipite vers elle. Il lui tend l'enveloppe et file avant qu'elle l'en empêche.

Tony voit la surprise puis l'incompréhension se peindre sur le visage de la laborantine lorsqu'elle reconnaît le cliché. Il recule dans l'ombre de la ruelle et rejoint la moto.

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Avant de gagner le cimetière, l'agent passe chez un fleuriste acheter une rose blanche. Ce sont celles réservées à sa tombe habituellement. Cette fois, il va rompre au rituel.

Il gagne la tombe de la mère de Ducky. Il dépose la fleur contre la pierre. Ce n'est pas grand chose, mais il sait que le légiste se posera les bonnes questions. Et puis il n'a pas d'autres idées.

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Enfin, Tony enfile son caque et enfourche sa moto. Elle fait partie de son personnage depuis qu'il a infiltré le Fantôme. Il s'y est fait, et ne pourrait plus s'en passer à présent, bien qu'il regrette parfois sa Mustang.

Il vient de parler à Kort. Il approche du but. Voilà une nouvelle qui a réjoui l'agent de la CIA.

Il s'insère dans la circulation de la capitale et prend la direction de New-York.

Il a laissé des messages à beaucoup de monde aujourd'hui, mais pas à Jimmy. Il ne fera rien pour lui, il n'est pas toujours très doué pour garder les secrets et pas forcément non plus pour comprendre les sous-entendus et leurs subtilités. Il ne fera rien non plus pour Dwayne, il ne le connaît pas assez pour savoir comment procéder et cela ne servirait pas à grand chose. Tous deux apprendront la vérité en même temps que Vance, c'est plus simple et plus prudent.

Il accélère. D'ici quelques jours, il leur révélera la vérité.


Et vous aurez donnez votre avis ! Ce serait un vrai plaisir de le connaître. ^_^

Pour la suite, il n'y aura qu'un chapitre différent de Modus Vivendi et quelques ajouts par-ci par-là car l'histoire s'y concentre à la fin sur Tony. Rendez-vous là-bas si vous ne voulez pas attendre la suite de l'histoire, car je ne sais pas quand elle arrivera.