Comme annoncé sur le forum, voici la suite. Même si l'essentiel de cette fin d'histoire vient de Modus Vivendi, une partie reste inédite et le travail demandé est aussi conséquent que si tout était inédit. J'espère que vous passerez un bon moment à sa lecture. ^_^

PBG : Mille merci pour ces coms ! D'abord sur cette fic, et puis aussi sur Presque et L'anniversaire. C'est extra, puissant, parfait ! ;-)

Moufleyte : *est ravie de la review* Merki !


Chapitre 13 – Se retrouver

Le vrai peut quelques fois n'être pas vraisemblable.

Nicolas Boileau

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Pedro fait entrer ses hommes dans son bureau d'un air satisfait. Son neveu s'installe sur une des chaises, alors que Christina occupe déjà l'autre, Maria debout derrière elle. Dia et Tony sont adossés contre le mur.

- Je viens d'avoir Ray, annonce le patriarche, nos problèmes sont réglés. La bande vidéo n'est plus utilisable devant un jury.

- Comment ? veut savoir sa sœur.

- C'est à Angel qu'il faut le demander, répond Dia avec amertume. Pas vrai ?

- J'ai mes entrées.

- Je n'appelle pas ça une réponse !

- Et moi je te rappelle que c'est toi qui a organisé la rencontre. Si tu t'étais mieux débrouillé je n'aurais peut-être pas eu à passer derrière toi !

- Messieurs ! tempère Pedro.

- Je suis d'accord avec El Diablo, déclare Christina, j'aimerais en savoir plus.

- Je me suis arrangé pour que la bande soit compromise, explique Tony déjà au courant des actes de Ziva. Une signature d'oubliée et la preuve n'en est plus une.

- Tu as l'air de bien t'y connaître ! remarque Lennoy.

- J'ai déjà été accusé de meurtre, je sais ce qu'il faut faire pour annuler une condamnation. Rompre la chaîne de preuves, par exemple.

- Tu as été accusé de meurtre ?

- Trois fois. Et à chaque fois j'étais innocent.

- Tu m'en diras temps !

- Tu devrais le croire, dit Pablo, c'est la vérité.

- Comment tu peux le savoir, toi ?

- Parce que je lui ai dit, coupe le Fantôme. Je sais tout ce qu'i savoir sur ceux que j'emploie.

- Et maintenant ? demande Tony.

- Maria a repéré quelque chose.

- Quel genre ?

- Des missiles anti-aériens, leur apprend-elle.

- Joli ! siffle Dia.

- Et t'as dégoté ça où ? veut savoir son frère.

- Sur une base militaire.

- Tu sais comment les récupérer ? demande Tony.

- Pas encore.

- Mais elle y arrivera, assure sa mère, comme toujours.

- Je lui fais confiance pour ça.

- Vous l'aiderez si elle ne trouve pas, précise Pedro.

- Elle trouvera, affirme Christina.

- Sans doute, mais je ne veux pas perdre de temps. Et, après Langa, je ne veux prendre aucun risque. Maintenant, j'aimerais que nous parlions des acheteurs potentiels.

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Chris saute dans les bras de Tony aussitôt qu'il passe la porte.

- Hé ! Comment ça va, bonhomme ?

Le garçon montre son ventre.

- Ah, non, je ne sais pas ce que ça veut dire.

L'enfant le fixe interdit. Il reste pensif quelques instant, puis montre sa bouche avant de se frotter le ventre de sa main.

- Non, je ne comprends toujours pas.

Chris réfléchit de nouveau. Son visage s'illumine.

- Faim !

- Je suis sûr que tu peux faire mieux.

Le garçon se concentre intensément, avant de formuler sa phrase.

- J'ai faim... On peut... manger ?

Tony sourit, un de ses trop rares sourires, ils viennent de faire un grand pas en avant.

- Alors à table !

Pendant qu'il entraîne le garçon vers la cuisine, ses pensées se tournent vers Trent Kort. À sa demande, l'agent a dissimulé l'identité de Pablo Twain et de ses hommes suite au problème de l'affaire Langa. Car la compromission de la vidéo par Ziva n'était pas suffisante. Le NCIS aurait pu remonter jusqu'aux hommes du Fantôme s'il n'avait pas dit à l'homme de la CIA de s'en occuper. Et par la même jusqu'à lui, ce qui était bien trop dangereux. L'équipe doit apprendre la vérité par l'agent et de nulle autre façon.

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Ces pensées le hantent encore lorsqu'il gagne Arlington. Il avance entre les allées du cimetière une fleur à la main. Il s'arrête face à une tombe. Sa tombe.

Là, sous la terre, il y a quelqu'un. Mais ce n'est pas celui dont le nom est gravé dans la pierre. Impossible puisque c'est lui et, lui, il est vivant.

Il s'accroupit et dépose une rose noire.

Il n'a jamais porté d'intérêt aux fleurs, aux couleurs et à leur signification, sauf à celles qu'il leur donne. Pour lui le blanc est synonyme de paix, le rouge lui rappelle le sang et les horreurs qu'il croise dans sa vie, quant au noir il représente le deuil.

C'est vrai que dans d'autres pays le noir et le blanc ont des significations inverses. Seulement dans le sens où il les utilise, c'est la même chose. Il voulait une rose blanche, symbole de paix, dont la paix de l'âme, la mort. Le noir veut aussi dire "vie", parce qu'il a appris qu'on pouvait aimer cette teinte sans pour autant être dans tout ce qui est négatif. Et puis la rose rouge restera toujours l'Amour, le seul et l'unique.

Blanc, rouge, noir. Trois couleurs pour la vie. Trois couleurs pour la mort.

Il a besoin d'avoir les idées claires avant de basculer dans un nouvel univers. Celui de la vérité, et celui de ces trois couleurs.

Il pose sa main dans l'herbe fraîche.

Gibbs a été intraitable pour qu'il soit enterré là, sauf que ce n'est pas lui. Pourtant celui qui s'y trouve mérite tout autant d'y être, parce que c'est grâce à lui qu'il est en vie, bien qu'il n'ait rien demandé. C'est également ce qui l'a mené à sa place actuelle, à cette situation où il doit jouer sur tous les tableaux sans avoir droit à la moindre erreur. Le jeune homme qui se trouve là lui a permis de vivre mais, sans le vouloir, il l'a plongé en enfer.

Il passe une main dans ses cheveux en bataille, plongé dans ses souvenirs. Enfin il se relève, lentement. Il écarte les bribes de sa mémoire et comment toute histoire a commencé à lui.

Lorsque une chose se termine, une autre commence, c'est toujours comme ça. Alors, à présent, il va tenter de terminer cette histoire, mais sans avoir trop recours aux trois couleurs. Il ne veut plus de morts, il y en a déjà trop eu.

Il repense à cette inscription, gravée sur un banc de Central Park. Il y court régulièrement.L'exercice physique est obligatoire depuis qu'il a eu sa greffe. Il repense à cette phrase sur ce banc : Aujourd'hui est le premier jour du reste de ta vie. Jamais elle ne lui a paru aussi vraie.

Il s'éloigne d'un pas assuré. Demain, il va tout leur révéler. Et enfin, il reprendra le chemin qu'il n'aurait jamais dû quitter.

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Il est fait encore nuit lorsqu'il quitte l'hôtel où il a passé la nuit. Il passe son sac sur ses épaules et enfourche sa moto en frissonnant. Il fait froid à cette période de l'année, trop à son goût pour le deux roues.

Il prend la direction de l'appartement de Ziva. La porte est ouverte. Il sourit amusé et entre dans l'appartement.
L'Israélienne n'est pas encore levée. Elle profite d'une rare grasse matinée en ce dimanche matin. Et puis il est tôt encore.

Elle ne se réveille pas quand il entre dans sa chambre, comme toujours lorsqu'il vient la voir à des heures indues. Il caresse du bout des doigts son visage sans qu'elle réagisse. Il glisse alors sa main sous l'oreiller et en retire l'arme qui s'y trouve presque chaque nuit. Il s'assied ensuite sur la chaise près du lit. Il la voit remuer mais elle n'ouvre toujours pas les yeux.

- Ziva, appelle-t-il doucement, debout !

La demande est efficace. Mue par l'instinct, elle se redresse d'un bon en cherchant son arme.

- Cherche pas, c'est moi qui l'ai.

- Tony ?

- Bonjour Ziva.

- Mais enfin, qu'est-ce-que...

- Je ne voulais prendre aucun risque, alors j'ai préféré te l'emprunter le temps que tu te réveilles.

Il se lève du siège et dépose l'arme sur la table de chevet. La jeune femme le laisse faire sans réagir. Il s'assoit près d'elle.

- Je ne t'ai pas entendu !

- Je sais.

- Mais je me réveille toujours !

- Pas quand c'est moi. Je peux te l'assurer.

- Serais-tu en train de sous-entendre que c'est déjà arrivé ?

- Exactement.

- Mais...

- Non, plus tard. Ce n'est pas le moment d'avoir cette conversation.

Il réarrange les couvertures tout en la forçant à se rallonger. Elle se laisse faire sans comprendre.

- Qu'est-ce-que tu fais ?

- Il est encore tôt, tu devrais dormir. Surtout si tu dois veiller la nuit prochaine.

- Pardon ?

- Ce soir, minuit, au parc. Réunis tout le monde.

- Ce soir ? Tu veux dire que...

Elle suspend sa phrase. Il acquiesce en la bordant. Aucun d'eux ne relève l'incongru de la situation.

- Tout ira bien maintenant.

Il l'embrasse sur le front.

- Fais de beaux rêves.

Il quitte la chambre en lui faisant un dernier signe de la main. Elle l'entend partir, emmitouflée sous les couvertures, avant de replonger dans le sommeil, un sourire sur les lèvres.

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Le soir arrive bien trop vite à son goût. Tony doit prendre le temps de se calmer avant d'abandonner sa moto et de pénétrer dans le parc où il a donné rendez-vous.

Ziva est assise sur le banc mal à l'aise, son portable éteint entre les mains. Il reste au loin, dissimulé par la végétation, attendant la venue des autres.

Elle ne tarde pas. Gibbs est le premier à arriver, criant le nom de la jeune femme. Il semble effrayé, un air que Tony ne lui connaît pas. Il prend Ziva entre ses bras à peine l'a-t-il rejointe. Il vérifie ensuite qu'elle va bien sans que Tony comprenne vraiment pourquoi. Débute ensuite ce qui ressemble à une série de questions auxquelles elle ne répond pas. Le muet devenu volubile, voilà qui le surprend davantage.

Il se rapproche en voyant arriver les autres. Abby se jette dans les bras de son amie, laissant peu de temps à Gibbs pour s'écarter d'elle. Ducky confirme à Gibbs l'arrivée des secours alors que Tim prend place à ses côtés. Tous affichent une angoisse qui rend mal à l'aise l'Israélienne. Tony secoue la tête en comprenant de quoi il retourne et décide de mettre fin à son supplice.

- Suicide ? dit-il. Tu aurais pu faire plus simple.

Sortant enfin de son mutisme, la jeune femme se tourne vers lui. Les autres l'imitent alors qu'elle répond.

- Je n'ai pas trouvé mieux, Tony !

- Je suppose que c'est le résultat qui compte, pas vrai ?

Ses compagnons le regarde bouche bée.

- Tony ?

- Salut Abs, ça me fait plaisir de te revoir ! Vous aussi les gars !

La laborantine ne cherche pas à comprendre et court se jeter dans ses bras.

- Oh ! Doucement, Abby ! rigole-t-il pour cacher son trouble. Je ne vais pas m'envoler tu sais.

Elle le serre plus encore.

- Tu es là ! Tu es vivant !

- En chair et en os princesse.

- Mais enfin, balbutie Tim, c'est...

- Impossible ?

- Oui !

- Je ne suis pas mort, le bleu, tu devrais le savoir, je suis passé te voir l'autre jour !

- C'était vraiment toi ?

- Oui, et je suis passé ailleurs.

- La rose.

- Je n'ai pas trouvé mieux, Ducky.

La laborantine desserre son étreinte, sans toute fois le lâcher.

- Et la photo ?

- Aussi. Gibbs, tu as dû trouver quelque chose également.

- Oui.

- Attends, réfléchit McGee, il y a un truc que je voudrais comprendre, Ziva, tu le savais ?

- Ça ne fait pas longtemps et Tony m'avait interdit d'en parler.

- Je sais que vous avez énormément de questions et je me ferai une joie d'y répondre, mais je pense que nous pourrions trouver un meilleur endroit pour ça. La nuit risque d'être longue. Gibbs ? On peut aller chez toi ?

- Allons-y.

L'homme ne sait pas comment réagir, aussi préfère-t-il se taire. Tony s'éloigne avec Abby, les autres dans son sillage. Ils gagnent silencieusement leurs véhicules.

Tony attrape son casque alors que les autres ne le quittent pas des yeux. Ils ont peur que tout ça ne soit pas réel, qu'il disparaisse. Le jeune homme le remarque, aussi prend-il une décision.

- Hé, le bleu !

- Oui ?

- Viens là.

Tim s'exécute et le rejoint. Tony lui fourre un casque dans les mains.

- Enfile ça, je t'emmène.

Il le regarde sans comprendre.

- Pour être sûr que je ne vais pas m'envoler.

Comme prévu, cela les rassure. Il met son casque et grimpe sur sa machine.

- Alors, tu prends racine ou tu viens avec moi ?

Tim s'empresse d'enfiler son casque et prend place derrière lui.

- On se rejoint chez toi, Gibbs !

Il rabat sa visière.

- Accroche-toi bien, le bleu, c'est parti !

Faisant vrombir l'engin, il quitte les autres, qui ne tardent pas à en faire de même.

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Ils sont les premiers à arriver. Profitant que les autres ne sont pas là, Tim pose ses questions.

- Pourquoi tu ne m'as pas dit la vérité quand tu es venu me voir ?

- Tu y aurais cru ? Non, et tu n'étais pas en état.

- Comment ça ?

- Ton bouquin. Tu veux que je développe ou tu as compris ?

- D'accord, mais pourquoi être venu ?

- Il fallait que je te prépare à mon retour, et c'est la seule chose que j'ai trouvé.

Tim semble prendre note de tout ça. Tony baisse la tête et détourne le regard avant d'avouer à voix basse :

- Tu m'as manqué.

McGee le regarde surpris, il n'est pas sûr d'avoir bien entendu. Ce n'est pas le genre de phrase qui ressemble à son camarade. Seulement il est sincère, il le voit bien.

- Je... Toi aussi Tony, tu m'as manqué.

Son ami lui donne l'accolade alors que les autres se garent. De la neige commence à tomber.

- Allez, viens. On a beaucoup de choses à se dire.

Passant devant, il entre dans la maison.


La suite arrive dans la semaine si vous le souhaitez. Suffit de demander ! Et pourquoi pas donner votre avis sur ce chapitre au passage ?