Chapitre 20 – Récit
Les vérités qu'on aime le moins apprendre sont celles qu'on doit le plus savoir.
Proverbe chinois
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Quand il arrive à l'étage des bureaux au NCIS, Tony découvre qu'il a raté beaucoup de choses. Kort fait face à Gibbs. Ziva, McGee, Dwayne, Abby et Vance les entourent. L'ambiance est électrique.
- ...dérobé sur une base militaire, dit Leon, cela ne regarde en rien la CIA. Nous pouvons en revanche vous poursuivre pour ce que vous avez fait.
- J'avais l'aval de mes supérieurs, riposte l'agent.
- Savent-ils qui était infiltré ?
- Je...
- Vous avez perdu, Kort. Quant aux missiles...
- J'ai retrouvé leur trace, enchaîne Abby. Ils sont en partance pour l'Afrique.
- Mais...
- Allez-vous-en ! ordonne Jethro.
- Ça ne se passera pas comme ça ! Nous n'en avons pas terminé !
- Tout à fait d'accord ! approuve Tony.
Alors qu'il est en train de faire demi-tour, un magistral crochet du droit vient rencontrer son visage. Kort s'effondre au sol, le nez en sang.
- DiNozzo !
- Kort, salue-t-il.
- C'est impossible ! Vous devriez être...
- Mort ? Ce n'est pas la première fois !
- Mais comment ?
Il ouvre sa veste de cuir. Le gilet pare-balles apparaît ainsi que le projectile qu'il a arrêté.
- Vous feriez mieux de partir maintenant avant que je me souvienne de toutes les raisons pour lesquelles je veux vous tuer !
Sa main tentant d'endiguer le flot de sang qui se déverse de son nez, Kort se lève. Après un regard noir pour les agents, il quitte les lieux.
- Et n'oubliez pas de passer mes amitiés à votre patron !
Tout sourire, Tony se tourne ensuite vers ses amis.
- Ben alors, pas de ballons ! ?
Les regards se lèvent au ciel tandis que les lèvres s'étirent en sourires. Il est de retour.
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Assis sur un des fauteuils de la salle de conférence, Tony observe attentivement ce qui l'entoure. Un fin sourire ne quitte pas ses lèvres. Cela fait longtemps qu'il ne s'est pas laissé aller comme ça.
Pendant toute cette année, seules deux personnes ont eu droit à autre chose que son air impassible. Pour Ziva et Chris, il n'était pas l'impavide, juste Tony. Il ne compte pas son père dans l'équation, il ne peut pas. Avec lui, c'est trop différent.
- Ça fait du bien de revenir ici. Je ne pensais pas que le bureau me manquerait autant !
Face à lui, ses compagnons sourient. Étrangement silencieux depuis son arrivée, ils ne réalisent toujours pas de l'avoir devant eux.
- Vous avez tout réglé à ce que j'ai cru comprendre, c'est ça ?
- Les membres du réseau sont sous les verrous pour un moment, commence McGee.
- Ted Starning et Lennoy Mencken sont à la morgue et les preuves à l'abri, continue Dwayne.
- La CIA nous fout la paix, ajoute Abby.
- Et tu es de retour, termine Ziva.
- Ils nous manquent toujours des réponses cependant, précise Gibbs.
- Lesquelles ?
- Mon chien, Tony ! Où est-il ?
- C'est vous qui l'avez.
- Quoi ?
- Il était attaché avec les dobermans de la demeure. Tu ne l'as pas vu ?
- Je ne m'en suis pas occupé.
- Évidemment. Ça ne m'étonne pas de ta part, le bleu !
- Tony !
- Quoi ! ?
- Comment es-tu arrivé à un niveau si important ? coupe Gibbs.
- Pardon ?
- Tu nous as dis que Pedro Alcazar savait qui tu étais et tu es devenu son bras droit, son collaborateur le plus proche. Comment ?
Le visage du jeune homme se ferme soudain.
- Tony ?
Il passe une main dans ses cheveux, le regard perdu. Ses amis s'inquiètent de ce brusque changement d'attitude.
Ils n'ont pas le temps de poser de questions, la porte de la salle s'ouvre. Ducky n'a pas encore fait un pas que Chris se jette dans les bras de Tony.
- Papa !
- Eh ! Salut bonhomme !
Le garçon enserre son père de toutes ses forces.
- Je ne vais pas m'envoler, tu sais ! ?
Chris relâche son étreinte. Il se met debout face à lui et tire son collier de sous ses vêtements. Il le détache sans problème et le lui tend.
Tony contemple un instant l'ange de métal avant de le passer à son propre cou, là où est sa place. Il relève la tête.
- Content de te revoir, Ducky.
- Moi de même, Anthony
- Je ne suis plus habitué à ce qu'on m'appelle comme ça ! Ces derniers temps c'était surtout Angel ou Tony, quelques fois Junior.
Face à l'incrédulité des personnes présentes, il s'explique.
- J'ai mis Senior au courant il y a plusieurs mois que j'étais en vie. Étant donné qu'on habitait dans la même ville... Enfin...
Il attrape Chris et le met sur ses genoux. Le gamin appuie aussitôt sa tête contre sa poitrine, au niveau du cœur.
- Pedro Alcazar ? demande Gibbs.
- Mort. Son neveu l'a tué le jour où je vous ai revus. Il ne reste que des cendres.
Un instant, ils se taisent, assimilant les informations. Puis Abby reprend.
- Comment s'appelait-il ?
Bien qu'elle ne soit pas très explicite, il comprend tout de suite la question. Il passe une main sur son pendentif avant de répondre.
- Nathan, Nathan Eliott. Il avait dix-sept ans, pas de famille, pas d'attaches. Une fusillade a eu lieu dans son quartier. Deux gangs qui ne doivent même pas savoir pourquoi ils se sont affrontés. Au mauvais endroit, au mauvais moment, comme moi, il s'est pris quatre balles dans la poitrine. Un miracle que le cœur n'ait pas été touché. Kort a ordonné à ce que se soit moi qui le reçoive, même si personne ne savait si j'allais m'en sortir. Le Carpe Diem était toujours là. Je n'aurais pas dû recevoir le greffon.
- Mais tu l'as reçu et tu es vivant.
- Oui.
- Tu n'as pas à te sentir coupable.
- C'est à Kort que j'en veux, Ducky, pas à moi.
- Tu ne peux pas changer le passé.
- Seulement vivre avec, je sais. Ça ne sert à rien de s'étendre sur le sujet, j'ai eu assez de temps pour y réfléchir.
- Bien.
- Sinon, et les missiles ?
- En route vers l'Afrique, lui apprend Tim. Tout est prêt pour les intercepter. Ce sera fait dans les heures qui viennent.
- Ça fera des méchants en moins, c'est déjà ça. On récupérera les missiles plus tard. Ils sont à l'abri de toute manière et on n'est plus à un jour près.
- De quoi tu parles ?
- Des vrais missiles.
- Pardon ?
- Tony, dit Abby, j'ai tracé le chargement de Seth Birman. Il se dirige vers les côtes africaines !
- C'est exact.
- DiNozzo ? veut savoir le patron.
- Vous ne croyez quand même pas que j'allais refiler des missiles en parfait état de marche à des mafieux ? Si ?
- Venant de ta part, se moque Ziva, plus rien ne m'étonne !
- Je vais prendre ça comme un compliment.
- Tu nous expliques ? demande Gibbs.
- C'est fou ce qu'on peut faire croire aux gens quand on sait s'y prendre !
- Ce sont des faux ? suppose la gothique.
- Oui et non.
- C'est à dire ?
- Ce sont des vrais missiles mais ils sont totalement inoffensifs. Il ne reste que la coque. J'ai acheté ça à un studio de cinéma. Les armes des films sont presque toujours des vraies. Sauf qu'elles ne sont plus en mesure de marcher.
- Tu as acheté des missiles servant dans un film pour les vendre comme des vrais à des mafieux ! ?
- Oui, et ça a super bien marché.
- Qui était au courant ?
- Personne, Gibbs.
- Et les vrais, où sont-ils ?
- En lieu sûr à New-York.
- Mais comment tu as fait ? s'exclame Tim. Je ne comprends pas !
- Dès que j'ai su que le Fantôme s'intéressait aux missiles j'ai acheté les faux et je les ai déposés dans l'entrepôt où a eu lieu la transaction. Je savais que ni Maria, ni Dia ne réussirait à récupérer les vrais. J'ai dis à Pablo Twain que j'en étais capable, mais que c'était très risqué et que ça avait très peu de chance de réussir. Comme je l'avais prévu, il m'a appelé le matin du 24 décembre pour me demander de m'en charger car les deux autres n'avaient pas trouvé de solution. Dans l'après-midi j'ai récupéré un véhicule et je suis passé chez toi prendre ton chien. Je suis passé ensuite chez Suzanne déposé les cadeaux avant de rejoindre Norfolk. J'y ai retrouvé le lieutenant Stern. Avec son aide et celle de quelques marines, les missiles et la voiture ont été mis dans un camion. Pendant ce temps Jethro -je ne me ferai jamais à son nom !- faisait diversion. Il a rendu fou toute la base je crois ! Ensuite, j'ai rejoint un immeuble désaffecté de New-York, je les ai planqués au sous-sol et je suis reparti en voiture. J'y suis retourné après la transaction pour voir si rien n'avait bougé avant de devoir rattraper les conneries de Kort. Ils attendent toujours sagement qu'on vienne les chercher.
- C'est du délire !
- Tu trouves ?
- Y a que toi pour imaginer des plans pareil !
- Je suis d'accord ! approuve Ziva.
- Je crois qu'on l'est tous, certifie Abby.
- Ok, ça va. J'ai compris.
- Tony, appelle Jethro.
- Oui ?
- Comment ?
Le jeune homme se renfrogne aussitôt. Sentant son malaise, Chris lève des yeux inquiets vers son visage sombre. Tony affiche un sourire rassurant.
- Si tu allais m'attendre dans le bureau du directeur. Je sais qu'il veut te rencontrer.
Pas dupe une seule seconde, mais comprenant la demande, l'enfant s'exécute.
- Je vais l'accompagner.
Tony remercie Dwayne d'un signe de tête et attend que la porte se soit refermée pour parler.
- Ziva, tu te souviens du jour où j'ai débarqué chez toi ?
- Tu m'as dis de me mettre au déca avant de me faire croire que tu étais une hallucination.
- Et la raison ?
- Tu avais eu une journée particulièrement difficile et me voir de temps en temps ne te suffisait plus.
- Excellente mémoire ! Sauf ce n'était pas une journée mais des journées, plusieurs semaines en réalité.
- Tony ! ?
- Quand on s'est revu, je vous ai dit que lors de ma rencontre avec Alcazar, il m'a dit qu'il avait toujours su qui j'étais ?
- Oui, et qu'ensuite ce n'étaient pas les meilleures semaines que tu avais passé de ta vie.
- Vraiment, je te tire mon chapeau Ziva !
- Tu as aussi dit qu'il t'avait accordé une chance de lui prouver que tu étais avec lui désormais.
- Après trois semaines de tortures, je suppose que c'était logique.
Des visages effarés se braquent sur lui.
- Tony !
- Oh, il m'a toujours donné mes médocs à cause de la greffe. Ça devait être son côté charitable. Il voulait aussi que je reste vivant.
- Qu'est-ce-qu'il t'a fait ?
- Aucune importance.
- Tony !
- DiNozzo ! s'énerve Gibbs.
- Quoi ! ?
- Dis-nous ce qu'il t'a fait !
- À quoi ça servirait ?
- Dis-le.
Il reste silencieux quelques instant avant de soupirer et de se décider à répondre.
- Après l'avoir vu, Dia et deux de ses hommes se sont chargés de moi. J'ignore où ils m'ont emmené. Je me suis retrouvé ligoté à une chaise dans un endroit glauque, humide et glacé. Ils ont commencé tranquille avec des coups, le classique quoi. Ensuite... ensuite ça c'est corsé. J'ai eu droit à quelques plongeons dans de l'eau glacé. Vous saviez que le record d'apnée statique était de 11min 35s ? Il est détenu par un français. Je ne pensais même pas que c'était possible. Personnellement je n'ai pas tenu aussi longtemps.
- Tony, murmure Abby, tu veux dire que tu es...
- Mort ? Oui, plusieurs fois. Évidemment j'ai chopé la crève. Ils m'ont suspendu au plafond comme je n'arrivais pas à tenir debout. Dia a terminé le boulot puis Alcazar s'est ramené. J'ai réussi à le convaincre de ma bonne foi et il m'a accordé sa confiance. Au moindre faux pas, il me descendait bien entendu. Après j'ai eu droit à quelques jours d'hosto, plus de médocs et j'étais de retour. C'est à ce moment là que j'ai débarqué chez Ziva.
- Tony, je...
- Tu voulais savoir, Gibbs, tu sais. Autre chose ?
- Je crois que tu as répondu à toutes nos questions, Anthony.
- Dans ce cas, je vais retrouver Chris.
Il se lève et quitte la pièce sans un mot.
- Gibbs...
- Je sais, Abby. Je sais.
L'air perdu de la jeune femme fait écho au sien. Ziva lui jette un regard. Ils savent tous deux que Tony ne leur a pas tout dit.
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Ziva se lance à la suite de Tony. Elle bloque les portes de l'ascenseur alors qu'elles se referment. Le jeune homme lui jette un regard agacé tandis qu'elle pénètre dans l'habitacle. Elle attend que la machine se mette en route pour la bloquer entre deux étages. Ils se font face, déterminés. Tony prend la parole, décidé à en finir au plus vite.
- Qu'est-ce-que tu veux ?
- Tu le sais très bien. Je veux des réponses.
- Je croyais pourtant les avoir toutes données.
- Tu nous balances que tu t'es fait torturer avant de nous laisser en flan.
- En plan Ziva. L'expression c'est laisser en plan. Le flan est un dessert !
C'est à son tour de lui décocher un regard courroucé.
- Arrête ça !
- Quoi ?
- Ça !
- C'est à dire ?
- J'attends des réponses !
- Je vous l'ai dit. Alcazar m'a accordé sa confiance après une séance de boxe et de natation.
- Apnée forcée, pas natation. Quant à la boxe tu as servi de punchingball ! Et je veux savoir quelle était la dernière "activité" !
- Dia se l'ai joué dompteur.
- Dompteur ! ?
Il s'adosse à la paroi. Elle reste sans comprendre un instant. Puis la lumière se fait dans son esprit. Elle se rapproche de lui.
- Tony...
- Quoi ?
- Regarde-moi.
- …
- Regarde-moi !
De sa main, elle l'oblige à tourner sa tête vers elle. Ses yeux sombres rencontrent les siens, clairs et douloureux.
- Raconte-moi. S'il te plaît.
Ils s'observent quelques instants. Elle attend qu'il parle. Un dernier regard et...
- Je ne sais pas quand il est arrivé. J'étais toujours suspendu par les bras et j'avais perdu la notion du temps. Mencken n'avait pas la tenue, mais il avait la manière. Dès que le fouet a claqué dans l'air j'ai regretté de ne pas être mort avant. J'avais pourtant eu de nombreuses occasions depuis le Carpe Diem. Je ne sais pas combien de temps ça a duré, je voulais juste que ça s'arrête. J'ai perdu connaissance. Ce qui ne l'a pas empêché de continuer, je m'en suis rendu compte à mon réveil. Alcazar était devant moi. Il m'a expliqué qu'à cause de la greffe, il ne pouvait pas se permettre n'importe quoi sur moi. Tu parles ! Je n'ai pas vu de différence ! Je garderai toujours les marques.
- Et ensuite ?
- Je l'ai convaincu que j'étais de son côté. Il m'a accordé sa confiance en m'assurant qu'au moindre faux pas il me descendait. Passage à l'hosto ensuite, je crois d'ailleurs que je devrais leur demander une carte d'abonnement vu le temps que j'y passe ! Et puis je suis devenu son plus fidèle serviteur, au point qu'il avait foi en moi aveuglément. C'était assez déstabilisant !
- Et c'est après ça que tu es venu chez moi.
- Oui.
Ziva enlève enfin sa main de son visage.
- Ça ira maintenant.
Sourires, Tony relance l'ascenseur.
- Tu fais toujours autant de fautes d'expression ?
- Je n'en sais rien.
- Vraiment ?
- Personne ne m'avait corrigée depuis ton départ.
- Pourquoi ?
- Je ne l'ai pas permis. C'est à toi de le faire.
Façon détournée de dire qu'il lui a terriblement manqué et qu'elle ne s'est jamais faite à son départ. Il a la sagesse de ne rien répondre.
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Ils gagnent l'open space où discute l'équipe. Chris est assis au bureau du patron. Dès qu'il voit Tony, il court se jeter dans ses bras. L'enfant baille.
- Sommeil, hein ! Il faut dire qu'il est tard et que ces derniers jours ont été bien remplis.
- Puzzle...
- Puzzle ?
- Son chat, Tony.
- Alors c'est comme ça que tu l'as appelé ? Ça ne m'étonne pas !
- Je t'emmène, décide Gibbs.
Il acquiesce et salue ses amis. Abby est la plus longue à lui dire au revoir. Elle refuse de le laisser s'en aller. McGee l'éloigne pour leur permettre de partir. Tony constate avec amusement que rien n'a évolué. Tim n'a pas suivi ses conseils. Ce qu'il a mis dans sa lettre n'a servi à rien. Il aurait dû s'en douter. Le bleu a beau avoir des sentiments pour elle, Abby est mariée à son travail. Quand bien même elle s'en rendrait compte, il doute qu'elle réagirait. Ça changera peut-être avec le temps.
Le trajet jusque chez Gibbs se passe en silence. Tony couche Chris, qui s'est endormi dans la voiture, et fait connaissance de Puzzle. Le chaton prend place près de son jeune maître alors que les adultes gagnent le salon.
Jethro attrape du lait et des céréales dans un placard. Il s'empare de bols et de cuillères puis s'installe sur le canapé. Ils se servent en silence et commencent à manger. Tony repose son bol vide devant lui quelques minutes plus tard. Il se laisse aller contre le divan.
- Ziva m'a dit que tu étais toujours autant accroc à ton café. Depuis que cette histoire a commencé je n'ai pas été capable d'en avaler, même chose pour le thé. Ça fait un an que je suis à l'eau, aux jus de fruit et au lait. Kort s'est d'ailleurs bien foutu de ma gueule à ce sujet.
Gibbs termine à son tour de manger.
- Je ne pouvais rien te dire. Nous le savons tous les deux. Pourtant, tu m'en veux.
- Je ne t'en veux pas, Tony.
- Vraiment ?
- J'en veux à Kort, à la CIA et au Fantôme, certainement pas à toi.
- Mais...
- C'est à moi de te protéger, pas l'inverse.
- Je suis toujours vivant.
- Mais pas entier.
- Tu ne peux pas changer le passé.
- Seulement sa vision des choses.
- Et vivre avec.
Nouveau silence.
- Que va-t-il se passer maintenant ?
- À ton avis ?
- Ça fait si longtemps. Je ne suis pas sûr d'être capable de pouvoir reprendre une vie normale. Surtout qu'il y a Chris.
- Ton fils.
- J'ai encore du mal avec cette notion là !
- Tu fais un très bon père.
- J'espère.
- Je te le dis.
- J'ai le meilleur des exemples... papy Gibbs.
Dire qu'il est le grand-père de Chris revient à dire qu'il est le père de Tony. Jethro relève la tête vers lui avec surprise. Il constate que le jeune homme est sincère. Il sourit.
- S'il a le même caractère que toi, je te souhaite bien du plaisir !
- Hé ! Tu es censé me soutenir !
- Je te prépare, c'est suffisant.
- Ah non, ce n'est pas la même chose !
- Tu comptes reprendre ton appartement ?
Le brusque changement de sujet le déstabilise.
- Je... je ne sais pas encore.
- Tu as pourtant dû y réfléchir, ainsi qu'à ce que tu vas faire.
- ...
- Tony ?
- J'ignorais si je m'en sortirais, donc non, pas vraiment.
- Quel est le problème ?
- Même si je trouve un endroit où vivre, qui me dit que je vais pouvoir garder Chris ou retourner au NCIS ?
- Donc tu y as quand même réfléchis.
- Quelles sont les chances que ça arrive ?
- Si tu n'y crois pas, personne ne le pourra.
- Ce n'est pas une réponse.
- Chris est ton fils, tu es son père. Rien ne peut changer ça. Après ce qu'il s'est passé, je ne pense pas qu'il y aura de problèmes pour qu'il reste avec toi.
- Et si jamais ça arrivait ?
- On t'aidera. Pour le reste, ton bureau t'attend.
- Vance ? Dwayne ?
- Vance ne peut pas refuser. Quant à Wilson, je crois qu'il a toujours su que ça arriverait. J'en parlerai avec lui.
- Tu es sûr que tu vas bien ? Ce genre de phrases ne te ressemble pas.
- Il n'y a pas que toi qui as changé.
- Possible.
- Certain.
- Donc, c'est ça. Je reprends ma place au NCIS comme si de rien n'était tout en étant un père célibataire ?
- Je n'ai pas dit que se serait facile, ni pour toi, ni pour nous. Il faudra simplement du temps.
- Ça ne me rassure pas Gibbs. Depuis un an, je rêve de ce moment, mais maintenant qu'il est là...
- Tu ne peux pas rayer cette année de ta vie. Tu dois assimiler le fait qu'elle soit terminée. Ne la rejette pas, accepte la.
- Tu as passé trop de temps avec Ducky.
- La plupart de tes meubles sont chez lui.
- Et le reste ?
- Un peu partout, comme tu l'as souhaité. On n'a rien jeté.
- On verra ça demain, ou même plus tard. Il reste pas mal de choses à régler avant.
Jethro attrape quelque chose dans sa poche. Il le pose sur la table basse.
- Je crois que ça t'appartient.
Tony saisit sa plaque du NCIS avec précaution. Cela fait si longtemps. D'un geste sûr il la passe à sa ceinture. Il relève la tête vers Gibbs en souriant. L'homme lui donne alors une claque sur la tête.
- Hé ! Pourquoi tu me frappes ?
- Pour m'avoir fait croire à ta mort !
Tony se masse la tête, son sourire se fait plus grand. Les slaps sont de retour et pour un moment...
