Chapitre 10

-C'est la vérité, je suis la princesse des elfes.

-Pourquoi ne pas l'avoir dit plutôt?, reprocha Eragon.

-Quel en aurait été l'intérêt?, répliqua l'elfe, ce qui est fait est fait, nous devons maintenant nous rendre à Ellesméra afin que ma mère puisse nous rencontrer. Car depuis mon enlèvement, Islanzadí a coupée toute communication avec le monde extérieur. Nous remonterons le lac Eldor puis la rivière Gaena et enfin le lac Ardwen en barque. Nous devrons passer à côté de Sílthrim. Saphira, tu vas devoir te cacher le jours et être prudente en volant la nuit car il faut une obscurité totale pour rendre aveugle des elfes. Eragon, Brom, Murtagh, Valentin et Loukiana, vous aller devoir mettre une cape à capuche pour cacher vos oreilles rondes. Loukiana, tu vas également devoir lancer un sort pour que ton esprit ressemble à celui d'une humaine. La reine doit être la première à nous voir., nous avons commis une erreur ici, heureusement, tous les elfes à qui nous avons parlés ont promis en ancien langage de garder secrète nôtre visite.

Elle m'en voulait, c'était sur. Elle me fusillait du regard. Chacune de ses phrases étaient pour moi une dague en plein cœur. Les autres hochaient la tête silencieusement sans comprendre ce que Arya sous-entendait. Mais Saphira s'agitait à l'extérieur, nous sortîmes la rejoindre. Arya avait ouvert son esprit pour que Saphira et Thorn puissent assister à la conversation.

« [i]Non! Je ne veux pas recommencer à me cacher! Dès que je m'éloigne, Eragon a des ennuis.[/i] », criait-elle dans l'esprit de tout le monde.

-Saphira, commençai-je, je comprend ce que tu ressens, mais serait dangereux de voler à découvert près de Sílthrim. Thorn l'a compris, même s'il n'a jamais été séparé de Murtagh. Ce n'est l'affaire que de 3 jours. Il faut que tu fasses un effort, nous faisons tous des efforts.

Après quelques instants de réflexions, elle se résigna.

Le lendemain matin, je me rendis au lieu du rendez-vous. J'étais restée dans la clairière tandis que les autres logeaient au palais. Ils arrivèrent quelques minutes plus tard, accompagnés de deux elfes.

-Nos guident, dit-Arya sans plus d'explications.

Il y avait 4 barques sur la berge du lac. Après un rapide calcul, nous remarquâmes qu'il y avait une personne en trop à raison de 2 passager par barque. Je pris la parole avant qu'ils ne puissent choisir une décision.

-Je vais nager. Ne vous occupés pas de moi. Je ne me fatigue pas et je n'ai pas besoin de respirer.

J'enlevai mes bottes et les posai dans une barque avant de plonger dans l'eau. La vérité est que j'avais besoin d'être seule, je ne pouvais plus supporter les regards d'Arya. Et plonger au fond d'un lac plusieurs heures durant est le meilleur moyen de s'isoler. Je ne remontais à la surface que pour vérifier leur progression. Saphira et Thorn plongeaient à maintes reprises pour me chercher, je m'éloignaient à chaque fois. Le soir je sortais de l'eau pour rejoindre le campement et grimper dans un arbre pour monter la garde.

Deux semaines s'écoulèrent ainsi. Au crépuscule du dernier jour, ils sortirent les barques de l'eau. Le campement était installé loin de la berge. Nous étions proche de Sílthrim. Je partis chasser tandis qu'ils préparaient leur repas. A mon retour, ils mangeaient. Une musique se fit entendre. Presque immédiatement, Brom, Eragon, Murtagh et Valentin se levèrent pour la suivre. Arya et les deux elfes lancèrent à chacun un sort pour qu'ils ne l'entendent plus. L'un des elfes s'approcha de moi pour me lancer ce même sort.

-Non, répliquai-je, je ne suis pas envoutée, je veux écouter. Je ne bougerais pas d'ici.

Il s'éloigna sans poser de question. La musique était très belle, je ne comprenais pas les paroles, mais elle était un peu triste, puis joyeuse. Le rythme et la mélodie changeaient régulièrement. Mes émotions vaguaient au grès de cette musique. Plusieurs fois, j'étais tentée de me lever, je me giflais alors mentalement et restais assise. Vers le milieu de la nuit, ne tenant plus, je rejoignis Arya et lui dis:

-Je m'excuse, je n'aurais pas dus révéler ton secret, je voulais juste me réconcilier avec toi, au lieu de cela, je n'ai fait qu'envenimer la situation. Excuses-moi, je suis sincèrement désolée. Je ne veux plus que tu sois fâchée, pardonnes-moi s'il-te-plais.

-Je te pardonnes, répondit-elle, je n'aurais pas dus m'emporter de la sorte, peu importe la gravité de ton acte. C'est juste que, plus on se rapproche de chez moi, plus je suis nerveuse.

-Je t'aiderais, quoi qu'il arrive.

-Merci Loukiana, moi aussi je te soutiendrais.

Elle partit se reposer tandis que je regagnais ma place, enfin en paix.

Ellesméra se dessina devant nous 3 semaines plus tard.

Les elfes affluaient sur la grande place, à la vue de leur princesse et des dragons, ils sautaient de joie, puis me voyant, s'en allaient horrifiés. Je n'avais pus maintenir mon sort de camouflage plus longtemps, mon esprit leur était très clair. Le reine Islanzadí arriva avec ses conseillers. S'ils étaient effrayés, ils ne le laissaient pas paraître. Elle nous conduisit dans son palais, Saphira et Thorn pouvaient rentrer sans tout casser, puis on arriva dans la salle du conseil. A ce moment là seulement, elle pris la princesse dans ses bras.

-Oh Arya ma fille, tu m'as tellement manquée, je ne pensais plus te revoir un jour. Je te croyais morte.

Arya hésita puis répondit.

-Je suis là mère, je suis saine et sauve.

-Tu n'aurais pas dus prendre le Yawë, je t'avais prévenue.

-C'était ma décision mère.

-Oui, oui. Bien quoi qu'il en soit, je veux savoir ce qui c'est passé et qui vous êtes.

Chacun raconta son histoire. La reine et les conseillers tiquèrent au nom de Murtagh puis se rassurèrent quand ils surent qu'il était au service de Nasuada. Mais ils bondirent de leur siège à la fin de mon histoire.

-C'est un monstre!

-Une abomination!

-Une erreur de la nature!

-Il faut l'exécutée!

-Qu'on lui coupe la tête!

-Mère! Non, intervint Arya, vous n'avez pas le droit.

-Elle tue des animaux et bois leur sang!

-Tout comme les dragons les mangent. Loukiana nous a tous sauvé la vie au moins une fois. Je serais encore à Gil'Ead sans elle. Tu ne peux pas l'exécuter.

-Elle représente un danger pour les elfes. Imagines qu'elle ne puisse plus se contrôler et décime Ellesméra.

-L'erreur de la nature a été sevrée et sais très bien se contrôler.

-Tu vois Arya, elle ne respecte même pas une personne supérieur à elle.

-Ma reine, Loukiana est indépendante et fais se qu'elle veut. Estimez-vous heureuse qu'elle ait choisit de nous aider nous plutôt que Galbatorix.

-Elle pourrait très bien changée de camp.

-Non, je ne changerais pas de camp, je déteste le faux roi pour tout le mal qu'il a fait. Je tue peu être des animaux, mais je n'ai pas le choix, il faut bien que je me nourrisse. Je n'ai pas choisie d'être un vampire et je préfère tuer des animaux, plutôt que des elfes, des humains ou des nains.

-Vous voyez ma reine, elle n'est pas dangereuse, je vous en pris, laissée la vivre.

Islanzadí réfléchit quelques instants, pesa le pour et le contre, puis annonça:

-Loukiana sera en sursit, au moindre faut pas, s'il elle touche à un elfe pour le blesser ou autre, elle sera arrêtée et jugée. C'est bien parce que tu viens de rentrer ma fille, Arya, que je te fais ce cadeau. Maintenant, allez tous au banquet. Ce soir, c'est la fête.

Je ne mis rendis pas, de toute façon je n'aurais rien manger et je ne voulais pas subir le courroux des elfes. Au lieu de cela, j'explorais la ville. Ces arbres maisons étaient fascinants. Chacun étaient unique tout en ressemblant en même temps aux autres. J'attendais avec impatience de visiter Ellesméra, j'ai toujours aimé les elfes, les forêts et tous ces lieux magiques qui ont bercés mon enfance. Mais, je ne sais pas pourquoi je décris cela, peut-être parce que je voulais oublier cette rencontre avec Islanzadí-Dröttning. Sa réaction était plus que prévisible, mais cela n'a fait que me blesser un peu plus. J'avais envie de hurler ma tristesse au monde entier, c'était plus que je ne pouvais supporter. Une erreur de la nature! Une abomination! Ne suis-je que cela aux yeux de ce monde? Tout ce que je veux, c'est les aider, et en retour, je suis traitée comme de la vermine. Est-ce tout ce que je mérite? Peut-être que l'on devrait me tuer? Moi qui rêvais de vivre avec des elfes, me voilà chez eux en tant que démon à annihiler. Quel ironie! Et voilà que je recommence à déprimer! Il faut que j'arrête ça! Ce n'est bon pour personne. Et puis zut! J'ai bien le droit de faire une dépression, non? Je passe mon temps à aider les gens et en retour, ils me rejettent. Heureusement que mes amis restent avec moi, sinon il y a longtemps que j'aurais trouvé un moyen de me suicider. Certes, je me dispute souvent avec Arya, mais on se réconcilie toujours après. Bon, et si j'allais chasser avant de m'installer pour la nuit? Excellente idée, j'ai soif. Il faut que j'arrête, je vais finir par devenir schizophrène si je continue à dialoguer dans ma tête.

Le lendemain matin, la reine nous convoqua. Après avoir échangé le salut elfique, elle me dit:

-Excusez-moi Loukiana, hier je ne vous ai pas proposer d'appartements, c'est un manque de respect et de politesse de ma part.

-Je n'en veux pas, répondis-je sèchement.

Elle ne pensait pas ce qu'elle disait, ça se voyait.

-Ah, hum, d'accord. Comme vous voudrez.

Elle ne s'attendait pas à cette réponse visiblement, mais elle devait être aussi contente de ne pas avoir à me loger. Elle nous emmena vers une grande clairière à l'extérieur de la ville.

-Bien, Eragon, Saphira, Murtagh, Thorn et Orik, avant de rencontrer vos nouveaux maitres, sauf pour Orik, ils ne seront pas vos maitres évidement,vous aller devoir jurer en ancien langage de ne pas parler d'eux ou de leur enseignement sans l'autorisation d'un membre de la famille royale.

-Mère, intervint Arya, vous avez oubliée Loukiana et Valentin.

-Non, je n'ai pas oubliée, ils n'ont pas le droit de savoir, je ne veux pas. Ils vont partir sur le champs.

-Vous n'avez pas le droit de prendre cette décision à titre personnel, ma reine.

-Le peuple ne veut pas que cet humain et cette … créature rencontre les maîtres de nos dragonniers.

Elle m'agace de plus en plus la Reine.

-Nous sommes déjà au courant pour Osthato Chetowä.

-Quoi?!

-Oui, si vous nous aviez écoutée hier, vous auriez sus que nous connaissons toute vôtre histoire, que nous ne pouvons pas en parler, et que j'ai perdue une bonne partie de ma mémoire humaine. Mais vous étiez surement trop obnubilée par le fait que je sois une vampire pour écouter.

-C...Comment oses-tu me parler de cette façon.

Elle lève le bras.

-Allez-y frapper moi, tout ce que vous récolterez, c'est un gros bleu.

-Mère, arrêtez! Loukiana aussi! Ne vous disputez pas.

Je me résigne.

-Comme tu veux Arya.

-Ma fille, tu es trop gentille envers des gens que tu connais à peine.

-Non, ma Reine, c'est mon amie et je la comprend mieux que vous. Jamais elle n'aurait parler de cette manière si vous n'aviez pas commis une injustice.

-D'accords, accepta-elle exaspérée, Valentin, Loukiana, je m'excuse. Vous pouvez rencontrer Togira Ikonoka à condition que vous juriez en ancien langage.

-Oui, Islanzadí-Dröttning, répondis-je en même temps que Valentin.

A tour de rôle, chacun de nous prononça le serment. Puis un bruit se fit entendre : Frrr! Il était sourd, éloigné. Frrr! Il se rapproche. Frrr! Il devient assourdissant. Frrr! L'air vibre autour de nous. Frrr! Une silhouette massive se distingue. Frrr! Elle est dorée. Frrr! Elle se pose, nous nous approchons et voyons un dragon d'or gigantesque, il lui manque sa patte avant gauche. Il est chevauché par un elfe magnifique, il descend de son dragon. C'est le plus gracieux des elfes que j'ai rencontrée. Il est beau, ses pas sont si légers qu'il effleure à peine le sol. La nature s'arrête sur son passage pour le voir. Ses cheveux noirs, mi-long, ondoyant sur ses épaules ainsi son corps maigre et svelte font battre mon cœur à la chamade. Ses oreilles dont seule la pointe dépasse de sa chevelure noire me fait l'effet de papillons voletant dans mon corps. Il tourne la tête, me regarde. Ses yeux gris en amande croisent mon regard. Il pénètre mon âme, sa douceur m'envoie une vague d'apaisement calmant mes angoisses et ma peine qui sont depuis plusieurs semaines mon quotidien. Je ne sais plus quoi faire. Je ne veux pas bouger, c'est si agréable, d'ailleurs je ne peux pas bouger. Sa sagesse et sa beauté m'ont pétrifiées. Il sourit, un courant électrique me parcourt la colonne vertébrale. J'ai envie de le voir sourire à chaque heures, à chaque instants de la journée. Mais, pour mon plus grand malheur, il continu son chemin et salut Islanzadí, puis il se présente:

-Bonjour, je suis Oromis et mon ami que voilà se nomme Glaedr. Nous sommes les derniers dragons et dragonniers de l'âge d'Or de l'Alagaësia.

Saphira, Thorn et leurs dragonniers se figèrent. Valentin était heureux. Orik s'écria:

-Un dragonnier! C'est le pompon! Veuillez pardonner mon langage, c'est juste que... Bon sang c'est une excellente nouvelle!

Quand à moi, je m'avançai, retournai la paume de ma main droite sur ma poitrine et posai deux doigts sur mes lèvres avant de dire:

-[color=blue]Astra eterni ono thelduin.[/color]

Par ce geste et par cette phrase, je l'élevais au rang de la reine. Ses yeux s'écarquillèrent et, souriant une fois de plus, il répondit:

-[color=blue]Mor'ranr lifa unin hjarta onr.[/color]

J'ajoutai pour finir:

-[color=blue]Un du enfarina ono varda.[/color]

La reine était offusquée, mais sa fille souriait. Cependant Islanzadí ne voulait pas perdre sa constance, elle coupa court à la rencontre.

-Bien, nous allons laisser nos jeunes dragonniers à leurs nouveaux maitres. A bientôt!

-Eragon, Murtagh, montez sur vos dragons, nous partons tout de suite.

-Attendez Oromis-elda, intervins-je, je souhaiterais suivre vôtre enseignement, apprendre vos coutumes et vos traditions. Je voudrais connaître le plus de choses possible sur vôtre peuple.

-Hors de question, coupa la reine, cette … « fille » n'a pas le droit de suivre l'enseignement des dragonniers.

Oromis n'hésita pas une seconde.

-Bien sur que tu peux venir. Il n'y a aucune raison qui indique le contraire.

-Mais enfin Oromis, répliqua t-elle, cette fille n'est pas dragonnier, elle n'est même pas … humaine.

-Je le sais très bien. Et c'est une raison de plus pour qu'elle puisse me suivre. Si elle veut apprendre nos coutumes, elle en a le droit.

-Elle peut les apprendre avec d'autres elfes, mais pas avec toi.

-Vous ne la respectée pas visiblement, aucuns elfe ne voudra l'approcher à moins de 10 mètres. Elle sera mieux avec moi.

-Elle tue des animaux, c'est monstre! Et les monstres n'ont pas le droit d'apprendre les secrets des dragonniers.

-Ce n'est pas un monstre, c'est une jeune fille qui se sent seul au monde car elle est rejetée de tous et qu'elle n'est pas d'ici. Et de plus, elle a fait le serment, donc je ne vois pas le problème.

La reine s'en alla s'en demander son reste, aussi rouge qu'une tomate. Orik et Valentin quittèrent également la clairière et Brom nous expliqua qu'il avait des choses à régler en ville et que de toute façon, il n'était plus nôtre maitre. Eragon et Murtagh montèrent sur leur dragon ainsi qu'Oromis qui me dit:

-Viens, montes.

-Je peux?

-Bien sur!

Il me tendis une main en souriant. Je profitais de cet instant de bonheur au maximum, ils étaient si rare au milieu des autres. Puis en attrapant sa main, je me plaçai derrière lui sur Glaedr. Je serrai mes bras autour de sa taille alors que Glaedr décollait.