Chapitre 13
J'étais à la forge entrain de faire une épée. Voilà presque une semaine qu'Oromis m'avait appris qu'il allait bientôt mourir. En repensant à cela, je me déconcentrai et brisai pour la troisième fois cette épée que j'essayais de faire depuis 5 jours.
-Enfin Loukiana! Qu'est ce qu'il t'arrive?, râlait Rhünon, depuis une semaine tu n'es plus bonne à rien!
-Ce n'est rien, répondis-je, c'est juste que … j'ai appris une mauvaise nouvelle et cela me distrait.
-Tu devrais régler ce problème ou en parler avec la personne concernée.
-Non, je ne peux pas!
Je m'assis par terre, cachant mon visage dans mes mains.
-De toute façon, nous serons bientôt fixer. Soit je réussis et tout redevient comme avant, soit je rate et je n'ai plus qu'à m'exiler ou mourir.
-Alors vas t-en. Reviens quand tu pourras à nouveau travailler correctement.
-Non, la suppliais-je, je vous promet de ne plus faire d'erreur, mais garder moi pitié!
Je finis mon épée, elle était parfaite. A la fin de la séance, Rhünon me dit que je pouvais rester son apprentie. Je retournai chez mon protecteur et pris les parchemins. Ce dernier m'attrapa le bras.
-Loukiana!
-Vous ne dormez pas, Maitre?
J'ai arrêtée de l'appeler « Oromis-elda », il fallait qu'il ne pense plus à moi. Pour cela, je ne devais plus me faire remarquer.
-Loukiana, arrêtes de m'éviter. Tu ne te rends pas compte du mal que tu nous fais, à toi et à moi.
-Bonne nuit Maitre. A demain.
Je m'éloignais sans me retourner. Le mal que je nous fais? A moi, je m'en rend bien compte. Devoir oublier mon protecteur alors que je le vois tous les jours est une torture. A lui, je ne sais pas à quel point je suis importante à ses yeux.
Je m'installais dans l'arbre dans lequel je passais mes nuits maintenant et me dépêchai de lire ces parchemins. Puis, je sortis la plume et le parchemin que j'avais empruntée à Eragon et commençai à écrire.
Le lendemain, j'arrivai chez Oromis avant Eragon et Murtagh, chose rare depuis quelques temps. Il se préparait. Ses yeux gris étaient boursoufflés et des sillons partaient de ses yeux et traversaient son visage. Il a pleuré! Pourquoi à t-il pleuré? Est-ce à cause de moi? Il ne doit pas pleurer à cause de moi! Si je m'éloigne de lui, c'est pour le sauver. Mais il ne doit pas être triste, je ne veux pas. Il est trop gentil pour être triste. Des gens comme lui ne devrait pas l'être. Cela ne me facilitait pas la tache. Il finissait de se débarbouiller. Il était torse nu. Mon dieu qu'il était beau. Il n'était certes pas battit comme une montagne, mais c'était un apollon, mon apollon. Il enfila une tunique. On ne parla pas jusqu'à l'arrivée des garçons. La matinée fut très calme, les trois heures de grammarie aussi. Puis arriva la séance de magie:
-Aujourd'hui, vous allez apprendre à faire un fairth, dit mon protecteur.
-Comme le tableau dans votre cabane?
-Effectivement Eragon, il s'agit d'un fairth d'Iliréa, la dernière fois que je l'ai vue.
-Iliréa, c'est Uru'Baen?
-Oui. Pour faire un fairth, il faut choisir une image, la visualiser dans vôtre esprit et prononcer la formule. Allez-y.
Eragon choisit un arbre où la sève coulait, Murtagh opta pour l'éclosion d'un petit oisillon. Je devais trouver un moment, une image intéressante à figer, ce qui est compliqué vu que les animaux le fuient. Et puis, revenaient sans cesses vers Oromis. Les deux frères avaient déjà finis leur œuvre.
-Eragon, ton défaut est que tu te concentres trop sur les détails de ton image, c'est assez rare chez les jeunes dragonniers, expliqua Oromis, Murtagh, toi tu ne précises pas assez c'est plus commun. Recommencez.
Entre temps, Arya, Orik et Brom étaient venus observer nôtre progression. Valentin était rester en ville pour apprendre avec les elfes. Étant donné que je ne pouvais cesser de penser à Oromis, je décidai de le faire lui. J'allais lui montrer quand Eragon qui avait finis son deuxième lui donna. Oromis le passa à Arya, horrifié. Elle perdit son sang-froid et fracassa le fairth par terre. Plus personne ne prêtait attention à Oromis, excepté moi. Il devint pâle comme la mort et commença à tomber. Je voulu me précipiter vers lui, mais avant qu'il ne touche sol, un éclat du fairth brisé l'écorcha. Je me figeai, humant l'air. Du sang! Je perdis le contrôle de mon corps et me préparais à attaquer. Saphira qui avait assistée à la scène me plaqua au sol avant que je n'ai pus bouger. J'étais enragée, je me débattais, j'essayais de me libérer de la dragonne. Je voulais de dégager, je voulais … du SANG! Je commençais à soulever ses pattes quand Thorn s'en mêla. Saphira ordonna à son dragonnier de soigner la plaie de notre mentor. Celui-ci revint à lui pendant qu'Eragon lançait son sort. Je me calmai presque immédiatement. En voyant la scène, je me rendis compte de l'ampleur des évènements. Les dragons me lâchèrent. Je me relevai et ayant peur de blesser quelqu'un d'autre, je sautai dans le vide. J'espérai me briser en mille morceaux et comme ça je ne pourrais plus faire de mal à personne. Le sol se rapprochait dangereusement. Je sentie la douleur de l'impact et plus rien. En ouvrant les yeux, je vis qu'Oromis m'avait rejoint avec Glaedr. Je me relevai rapidement et m'éloignai à reculons. L'elfe voulu me suivre mais le dragon d'or le retint en faisant non de la tête. Je me mis à courir. Lorsqu'il me semblait être assez loin d'eux, je m'arrêtai. Puis, je criai, je poussai un cris de douleur, de rage contre moi. J'extériorisais enfin ma peine. Je voudrais pleurer, je voudrais tant pleurer, juste une fois. Une seul et unique fois. Mais je ne pouvais pas, alors je criai, de toutes mes forces. Cela ne suffisait pas, je me frappai la tête contre un arbre. L'arbre cassait, je criai encore plus fort. Je m'assis.
-Je suis un monstre, me lamentai-je, ne suis-je qu'une créature tuant à la moindre goutte de sang? J'ai faillis tuer mon mentor, l'homme qui m'a sauvé, qui m'a sortie des ténèbres dans lesquels je sombrais. J'ai faillis tuer l'homme que … j'aime. J'... j'aime Oromis? Oui, je l'aime, depuis le début, sans m'en être aperçus. Mais il ne sera que plus difficile de me séparer de lui. Et puis, peut être qu'il ne m'aime pas lui. Cet amour est impossible, il a plusieurs siècles de plus que moi. Il doit penser que je suis une enfant, 19 ans aux yeux des elfes, c'est très jeune. Même si l'on dit que l'amour n'a pas d'âge, mais peut être qu'Oromis a passé l'âge d'aimer. Que vais-je faire? Que vais-je faire?
J'étais dehors, essayant vainement de lire et de grignoter quelques fruits. Je soupirai.
« Qu'y a t-il Oromis? », me demandait Glaedr.
-Loukiana n'est toujours pas rentrée et le soleil se couche. Tout est de ma faute.
« Mais non, tu n'es pour rien dans dans tes crises et c'est une coïncidence si ce bout de cailloux à écorché ton visage. »
-Je m'inquiète tant.
Je me mis à arpenter la clairière de long en large comme je le faisais depuis que Loukiana m'évitait. Glaedr s'endormit. Je me rongeai les sangs, chaque soirs je m'inquiétais pour elle, des bêtises qu'elle pourrait faire. J'ai peur qu'elle ne se fasse du mal. J'ai crus que mon cœur allait s'arrêter quand elle a sautée. Heureusement, elle n'était pas blessée, physiquement du moins. Je sais qu'elle est profondément blessée intérieurement, et pour cela, je faisais tout pour la guérir. Elle souffrait tant, les autres elfes la détestait, particulièrement Islanzadí. Toutes les horreurs qu'elle lui a dite lorsque l'on s'est rencontrés. Je n'imagine même pas leur entretien, elle a surement du ordonner de l'exécuter. Heureusement qu'Arya est toujours prête à la défendre. Je l'aime, je l'aime tellement. Dès que je l'ai vus. J'ai tout de suite vus à l'intérieure de son âme, sa souffrance et sa douleur. Je serais ce qu'elle veut, si elle ne m'aime pas, et c'est pratiquement sûr. Elle doit me prendre pour un vieillard. Si elle ne m'aime pas, je serai son grand frère, son père si elle le désire. Je veux qu'elle soit heureuse, peu importe de quel manière. Je l'aime de tout mon cœur. La voir sourire fait de moi l'elfe le plus heureux du monde. Quand je lui ai annoncé que j'allais mourir et qu'elle est partie en courant, j'ai été dévasté. Je voulais passer mes dernières semaines avec elle. Son sourire, le vrai me manque. Ses chansons me manque. Même son « Oromis-elda » me manque. J'avais voulus la suivre tout à l'heure, mais Glaedr m'en a empêcher:
« Laisse-la, elle a besoin d'être seule. », avait-il dit.
Mais cette fois, je ne la laisserai pas s'enfuir, c'est trop dangereux dans son état. Je sentis une présence derrière moi:
-Que veux-tu Rhünon?, dis-je sans me retourner.
-N'y vas pas.
-Alors tu sais ce qui s'est passé.
-Arya m'a tout raconté. N'y vas pas, tu ne feras qu'aggraver les choses.
-Tu sais que je l'aime, tu ne peux pas m'empêcher de la sauver.
La forgeronne était venu plusieurs fois depuis que ma vampire m'évite. Elle est au courant de tout.
-Tu n'es pas le seul à souffrir. Tu verrais dans quel état je la récupère le soir, je devrais t'interdire de la voir. Je n'ai pas besoin d'apprenti bon à rien.
-J'en suis navré, mais se n'est pas ce qui m'importe le plus pour le moment. Je vais la chercher.
-Non, elle a besoin d'être seule de réfléchir.
-Tu t'es concertée avec Glaedr avant de venir ou quoi.
-C'est qu'il est plus sage que toi. Oromis, tu as beau avoir 500 ans, tu te comportes comme un gamin.
-Et alors, je ne vais pas la laisser tout faire pour se suicider. Il est hors de question qu'elle meurt.
-Elle ne peut pas se suicider ici. Il faut soit qu'un dragon, soit que des Kulls l'aide pour le faire. Aucun dragon n'aurait accepté cela. Elle aurait dû se rendre au Hadarac trouver un village Urgal.
-Arrêtes de parler au conditionnel. Si ça se trouve, c'est ce qu'elle est partie faire.
-Oromis, ouvres un peu les yeux voyons. Si tu veux des preuves tangible, elle est partie vers le nord, hors le Hadarac est au sud.
-Elle a pu aller vers le nord et faire un large détour pour aller vers le sud.
-Bon sang Oromis, ce que tu peux être borné! Elle ne se suicidera pas!
-Elle a sautée de la falaise!
-Il faut bien plus que ça pour qu'elle se tue. Elle n'a rien, tu le sais Tu ne vois pas qu'elle...
Elle s'était figée, regardant les racines d'un arbre.
-Qu'elle quoi Rhünon?
-Qu'est ce que c'est?
-Quoi?
-Qu'est ce que ce fairth fait aux pieds de cet arbre?
-C'est surement celui que Loukiana avait fait avant l'accident.
Elle alla le chercher.
-Oromis, regardes.
Elle me le tendis. En le voyant, je n'en croyais pas mes yeux. Elle avait fait un portrait de moi, le jour où je lui ai proposé de vivre ici. Elle m'avait fait éblouissant, magnifique. Est-ce qu'elle me voit comme ça? Est-ce qu'elle m'aime? Je l'espère. Elle ne m'abandonnera pas, ça c'est certain. Je suis rassuré. Je l'attendrais, aussi longtemps qu'il le faudra.
-Tu comprends maintenant?, dit la forgeronne.
-Hein?
-Elle t'aime !, répondit Rhünon en roucoulant.
-Arrêtes un peu ça voyons. C'est qui le gamin maintenant?
-Tu rougis !Tu rougis! Y'a que la vérité qui blesse !
-Je te rappelles que ce n'est pas vraiment le moment de rigoler.
-Hum, hum. Excuses-moi.
-Oublions ça.
-Que comptes-tu en faire ? dit elle en désignant le fairth.
-Je vais le garder précieusement.
Je partis dans ma cabane et le rangeai délicatement dans un tiroir. Je rejoignis la forgeronne.
-J'aimerais savoir, continua t-elle, c'est qu'est ce qu'il te plait tant chez elle.
-Tout en elle me plait. Chaque partie de son être me comble de joie. Je l'aime tout simplement.
-Je vois.
-Qu'est ce cela veut dire?
-Cela veut dire ce que ça veut dire.
-C'est très claire merci.
-De rien. Je suis aussi claire que du cristal.
-C'était de l'ironie.
-Je sais.
-Ce que tu peux être exaspérante.
-Vu que j'ai 2300 ans, j'espère bien. Il faut que les jeunes apprennent à respecter les anciens.
-Arrêtes un peu avec tes histoires de jeunes et d'anciens. Je suis grand et d'après ce que j'ai entendu, Loukiana ne respecte pas ton âge.
-Elle ne me respecte pas pour mon âge, elle me respecte pour mon talent. Tout comme toi, elle t'admire et te considère comme son protecteur.
-Comment...
-Son regard en dit long sur ses sentiments. Je suis étonnée que tu es remarqué sa souffrance et pas le reste. Mais comment toi le sais-tu?
-Elle me l'a dit la semaine dernière.
-Hmm. A ce rythme là, on va bientôt pouvoir vous marier.
-Les elfes ne se marient pas.
-Oh si ! Et je sais que tu le sais. Tu avais beau avoir 20 ans, tu étais présent au dernier.
-Il faudrait déjà qu'Islanzadí l'accepte. Je te rappelles qu'elle l'a interdit à la disparition d'Evandar. Et le simple fait de mentionner Loukiana annulera toutes mes chances. Et puis avant même de parler mariage, il faudrait déjà que je lui avoues mes sentiments.
-Qu'est-ce que tu attends alors, dis lui dès que tu la vois.
-Ce n'est pas si simple. Il faut qu'elle arrête de m'éviter, que se soit le bon moment...
-Si tu passes ta vie à attendre, tu perdras ta chance.
-Tu ne comprends pas, je veux que ce moment soit parfait, inoubliable. Je veux que se soit le début d'une relation qui dure pour l'éternité.
-Si, je ne le sais que trop bien.
-Que veux-tu dire par là ?
-Ça ne te regardes pas.
-Si tu le dis.
-Bon, je vais rentrer chez moi. Il se fait tard.
-Rentres, rentres. Je ne bougerais pas d'ici.
-A bientôt.
-Attends ! Regardes !
Je pointai du doigt la falaise où Loukiana venait de monter. Elle s'excusa pour tout à l'heure et me dit bonsoir.
-Tu vois, elle est rentrée, tu n'avais aucune raison d'avoir peur, charriait Rhünon.
-Oui, oui. Bonne nuit.
-C'est vraiment un gamin.
-Au revoir !
Elle partit. Je faisais semblant d'être indifférent, mais j'étais heureux. Elle allait bien, c'était tout ce qui comptait. Et j'ai pris une résolution: à l'Agaëti Shangren, je lui avoue mon amour.
