Chapitre 14

Nous étions à une semaine de l'Agaëti Shangren. J'avais presque terminée mon sort et Oromis me laissait faire ce que j'avais à faire sans me déranger. Je suppose qu'il a compris que j'ai besoin de temps pour me préparer. Chaque jour je travaillais pour que tout soit parfait.

Un soir pourtant, alors que j'entrai dans la cabane de l'élu de mon cœur, je sentie mes forces me quitter et je m'effondrai. J'eus tout juste le temps d'apercevoir Oromis se précipiter vers moi avant de sombrer.

J'étais entrain de tomber, le temps me paraissais atrocement long. J'atterris, le sol est rouge, presque noir, c'est effrayant. Il n'y a personne. Je me retourne et me fige. En face de moi se trouvait Oromis, inconscient et gravement blessé au niveau du cœur. Le sang m'appelle, il est puissant. Je ne peux y résister, je mord sa chair. Je me rend compte de ce que je fais et me prend une claque mental de plein fouet. Je m'arrête et recule, dégoûtée de ce que je suis. Désespérée, je tente de le guérir. Sa plaie est profonde, je ne peux la refermer entièrement. Au moins, le sang ne s'écoule pas de ma morsure, et j'ai ralentie, presque arrêtée l'hémorragie. Je m'excuse de ne pas pouvoir faire plus et … je … l'embrasse. C'est si merveilleux et horrible à la fois. J'aurai tant aimée que ce soit dans une autre situation. Je m'assieds, la tête sur mes genoux. J'entends vaguement du bruit autour de moi, mais je n'écoute que son cœur battre, je prie pour que l'être que j'aime continus à vivre. Quand soudain, je n'entends plus rien. Mon cœur se déchire, je me brise en mille morceaux. Tout devient noir. J'ouvre les yeux, je vois Oromis penché au dessus de moi. Je suis dans son lit, je comprends : une prémonition. Je suis au comble du bonheur, il est vivant. Je m'écarte, il rougit, c'est étrange.

-Excusez-moi maitre, je me suis emportée.

-Ce n'est pas grave, racontes-moi plutôt ce qu'il t'est arrivé.

-Ce n'est rien, j'ai fais un cauchemar.

-Hmmmm. Je pense plutôt que c'était une prémonition. Tu m'en avais parlée il y a quelques semaines.

-Si vous le saviez, pourquoi me l'avoir demandé?

-Je voulais que tu me le dise toi. Aller, racontes-moi.

-Je ne veux plus vous voir, je ne peux plus vous voir.

-Pourquoi?

-Je me suis vus entrain de vous tuer, de boire votre sang. C'est trop dangereux, je ne peux rester. Je sortis de la cabane et admirai une dernière fois le coucher du soleil. Oromis sortit et me rejoignit en courant au risque d'avoir une crise. Il me pris dans ses bras et me serra de toutes ses forces. Il enfouit son visage dans mes cheveux et me murmura à l'oreille:

-Ne pars pas. Tu ne sais pas à quel point tu es importante pour moi. Je me fiche royalement des prémonitions. Reste, ne pars pas … je t'en supplie.

Je m'écartai lentement de son étreinte et me dirigeai vers la forêt.

-Nous nous reverrons à l'Agaëti Shangren, maitre.

Je partis rejoindre mon arbre. Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh! Mais pourquoi est-ce qu'il me dit ça maintenant?! Il n'a pas le droit! Il n'a pas le droit après m'être vu entrain de le tuer. Ça m'énerve! Pourquoi me complique t-il toujours la tache? Et je fais quoi moi maintenant? Bon, tant pis, je verrais après la cérémonie. En attendant, je décidai de rester ici, de ne voir personne. Chasser le plus possible, me repaître jusqu'à en être gavée. Et bien sur, peaufiner le plus possible mon travaille pour l'Agaëti.

La semaine s'écoula à la fois lentement et rapidement. Nous devions nous retrouver à l'arbre Menoa, c'est que la fête aura lieu . Elle durera 3 jours sans interruption.

Islanzadí tendit sa main vers le haut et une sphère blanche se matérialisa entre les racines de l'arbre. Arya nous expliqua que, quand la boule disparaitra, la fête sera finis. On salua Rhünon que la princesse a forcée à venir, elle ne cessait de râler.

-Je ne voulais pas venir, c'est du temps perdus. Toi d'ailleurs, dit-elle en me désignant, cela fait uen semaine que je ne t'es pas vus. Tu as intérêt à rattraper ton retard.

-Oui, oui.

Je n'avais pas prévue de revenir à la forge. Je venais sauver Oromis, c'est tout. Je suis trop dangereuse, je ne peux rester avec des gens. Les elfes commencèrent à présenter leur œuvre pendant un jour. Eragon récita son poème. Les autres passèrent également. Puis, deux petites elfes complètements nues commencèrent à danser. Elles étaient couvertes d'un tatouage. Il formait un dragon pendant qu'elles dansaient. Il se décolla de leurs corps, il n'avait plus que sa queue attachée à une cheville. Je me souvenais de lui, c'était le dragon qui allait soigner Eragon. J'étais assise aux pieds d'un arbre et je voyais l'énergie circuler entre eux. Soudain, il tourna la tête et entra dans mon esprit.

« -Je suis l'esprit du dragon, j'ai pour ordre de soigner ce dragonnier et de réveiller l'elfe qui est en toi.

-Je ne suis pas une elfe. Je suis un vampire, et avant cela j'étais humaine.

-Tu as du sang elfique, j'en suis sur. Au moins un de tes ancêtres est un elfe. Je dois faire ressurgir cette partie de toi.

-A supposer que ce soit vrai, que ce passera t-il si vous le faites?

-Tu vas devenir à moitié elfe. Ton physique va changer, tu leurs ressembleras. Tu vas pouvoir manger autre chose que du sang. Tu pourras chasser moins régulièrement. Ta soif seras calmée. Tu ne perdras plus le contrôle de ton corps à la moindre goute de sang. Tu obtiendras leur fécondité, tu pourras avoir des enfants. Mais si tu ne veux pas, je peux partir et te laisser comme tu es.

-Non, j'accepte, sans hésitation.

-Très bien, mais attention, tes capacités de vampire vont s'affaiblir. Bien qu'elles resteront supérieur à celle des elfes, ta force et ta vitesse vont diminuer. Ta résistance aux chocs également, même si ton corps reste de pierre, il sera fragilisé. Et tu auras besoin de dormir au moins une fois par semaine.

-Cela m'est égal, j'accepte.

-Bon, d'accord. »

Il y eu un éclair blanc je m'évanouis. En me réveillant, je me sentais changée. Les odeurs, les odeurs avaient changées, elles n'étaient plus aussi alléchantes. Je n'étais plus tentée de tuer tout le monde, c'était magique. Mes oreilles étaient aussi pointus que celles des elfes. J'avais hâte de goûter à autre chose que du sang. Je mangeai chaque variétés de fruits que je voyais, buvais de l'hydromel, du faelvnir et toutes les autres boissons. J'ai du jus de fruit qui me coule entre les doigts. Tantôt je souriais, quand c'était bon, tantôt je grimaçais quand je n'aimais pas. J'allais me rincer à la rivière et revenais écouter les chants, un sourire béa sur le visage. Je profitai à fond de ce moment, il est si fantastique. A partir de maintenant, ma vie allait radicalement changée. Mais je remarquai qu'il n'y avait plus personne sur l'estrade. Tout le monde se regardaient.

-A qui est-ce le tour?; demanda Islanzadí.

Oromis se dégagea de la foule

-Je crois que c'est le tour de Loukiana.

-Oh non, dit un elfe.

-Non, non!

-On perd notre temps, l'Agaëti Shangren n'est que tout les 100 ans, ajouta un autre elfe.

-Vous n'avez pas le droit de dire cela, répliqua Oromis en s'énervant, elle a travaillé dure pour fournir une œuvre et elle a fait l'effort de venir ici alors qu'elle ne peux pas vous supporter.

-Oromis, s'indigna la reine, mais qu'est ce qu'il te prend?!

-Excusez-moi Islanzadí-Dröttning. Mais j'en ai marre que vous maltraitiez cette jeune fille. Elle passe son temps à nous aider, alors qu'elle même a des problèmes. Elle les mets de côté, estimant que les nôtres sont plus importants, et en retour, vous ne la remerciée pas, vous la trainez dans la boue. Mais qui sommes-nous pour nous permettre cela? Certainement pas le « beau peuple » comme les autres nous appelles. Alors maintenant, vous allez tous vous asseoir et écouter ce qu'elle a fait.

Ils obéirent. J'étais émue.

-Merci, … maitre. Pouvez-vous vous installer près de Glaedr s'il-vous-plais.

Il s'adossa contre le dragon d'or. Je commençai mon sort et transférai mon énergie en même temps:

Il était une fois une jeune fille

Rejetée de tous excepté ses amis et sa famille

Des autres, elle était différente

A cause de cela, ils la traitaient comme une rampante

Mon énergie s'échappe à toute vitesse, mais je tiens bon.

Gentille, elle excusait leurs comportements

Mais elle ne comprenait pas leurs emportements

Plusieurs fois, ils l'avaient frappés

Jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus marcher

Les trois quarts de mon énergie se sont déjà envolés, je faiblis mais maintient le débit.

Mais à chaque fois elle se relevait

Et cachait ses blessures

Chaque jour elle marchait

Et souriait avec une détermination sure

Je suis obligée de puiser dans mon énergie vitale, le débit ne doit surtout pas ralentir.

Un jour, alors qu'elle se promenait

Un elfe magnifique elle rencontra

Différend de tous ceux qui la frappaient

En la voyant, un sourire sur son visage s'éclaira

Une lumière blanche s'était formé autour de Glaedr et d'Oromis. Les elfes voulurent m'interrompre, mais un champ d'énergie nous encerclait et les bloquait. Ma vue se trouble, je vacille et tombe à genoux. Je ne peux plus me relever, tant pis, je reste à genoux et poursuis:

Elle tomba immédiatement amoureuse

Quand elle le voyait, elle avait le vertige

Elle rêvait d'une vie sans litige

Loin des autres, avec lui être heureuse

Je n'ai presque plus d'énergie, je suis aux limites de mon corps. Je continue.

Vivre une longue vie à ses côtés

Le voir sourire tous les jours

Être dans ses bras, l'embrasser

Et exprimer pleinement son amour.

La lumière blanche disparut. Oromis n'avait pas l'air d'avoir changer, mais j'étais certaine que mon sort avait fonctionné, Glaedr avait récupéré sa patte. J'étais contente, ils étaient hors de danger. Je ferme les yeux et perd conscience.

Je reprends peu à peu connaissance, sentant que l'on me pousse comme un sac de patate. Je n'ai pas la force d'ouvrir les yeux, je sombre à nouveau.

Je me réveille enfin, j'ouvre les yeux et m'assois lentement. Je suis aux pieds d'une arbre, les elfes m'ont écartés de l'estrade pour continuer leur fête. Ils m'ont humiliée une fois de plus, une fois de trop. Une larme coule sur ma joue, puis deux, puis trois. Un torrent de larmes coule maintenant sur mon visage, je ne m'en étonne même pas. J'essaie de me relever pour grimper dans l'arbre, mais je retombe aussitôt, je n'ai pas assez de force. J'attends une peu et recommence beaucoup plus lentement. Je suis dans ses branches après maints efforts. De là-haut je peux voir une grande partie de la clairière. J'observe le « beau peuple » tout en continuant à pleurer. J'arrête de penser et ne me rends plus compte de ce qui ce passe autour de moi. Quelqu'un me prend dans ses bras, c'est Oromis, je reconnais son odeur. Je n'y prête pas attention, je continue à pleurer. Puis, je me calme enfin, mes sanglots s'estompe. Je prend conscience de où je suis et avec qui. Je souris.

-Merci, dis-je.

-Ce n'est rien, répondit l'elfe que j'aime, je n'ai fais que te tenir dans mes bras.

-C'est tout ce dont j'avais besoin.

-C'est moi qui devrais te remercier. Je ne sais pas ce que tu as fais, mais je me sens différend. Et Glaedr, tu as carrément fais repousser sa patte!

-C'était ce que j'avais prévue. Combien de temps?

-Tu es restée inconsciente pendant plus de 12 heures, et tu as pleurée pendant 2 heures.

-Je me suis améliorée. La dernière fois que j'avais perdue beaucoup d'énergie, j'étais restée inconsciente pendant 2 jours.

-C'est très bien.

Un long silence s'installe.

-Tu sais, continue t-il, je suis désolé, j'aurais voulus rester près de toi et veiller, mais ils m'en ont empêchés. Ils voulaient célébré nôtre rétablissement, à Glaedr et à moi. Ils croient à un miracle, que Menoa nous a sauvée. Venant d'un peuple non-croyant, c'est le baba.

Je ne m'étonne qu'à moitié de son expression qu'il a certainement hérité de moi et répond.

-Ils ne se rendront probablement jamais compte que c'est moi qui ai fais cela.

-Justement, à propos de ton poème.

-Oui?

-Il était en ancien langage.

-Oui.

-Et il ressemblait fortement à une déclaration d'amour.

Touchée. J'ai chaud, le feu me monte aux joues.

-Tu rougies, continue t-il, y a t-il quelque chose dont tu voudrais me parler?

-Ce … ce poème vous … vous est adressé, bégayai-je, je … je … je … je … je vous … je vous … aime. Je vous aime depuis toujours, même si je ne m'en rendais pas compte au début. J'ai transmis tout mon amour, mon énergie, mon désir de vous soigner dans ce poème pour vous sauver. Je me fichai de savoir si j'allais mourir, car avant que l'esprit du dragon ne me métamorphose, je ne voulais plus vivre au près des autres. Mais je voulais vous déclarer mes sentiments au moins une fois.

Oromis écarquilla les yeux, il s'approcha lentement de moi, très lentement, il ralentit encore. Ses lèvres n'étaient plus qu'à quelques millimètres des miennes. Je n'ose bouger, je peux à peine respirer. Il franchit dans un souffle ce dernier barrage qui nous séparait. Il m'embrassa. Toutes mes tensions s'envolèrent, le monde autour de moi s'effaça, il n'y avait plus qu'Oromis et moi. Mais, pour mon plus grand malheur, il rompit le baiser.

-Ne refais plus jamais ça, implora t-il, je t'en pris, plus jamais. Ne risque plus ta vie pour moi, pour les autres. Je … je t'aime. Je veux passer le reste de ma vie avec toi. Ne te met plus en danger de la sorte. Je t'aime, je t'aime tellement. Je n'ai pas peur d'être avec toi, je sais que tu ne me feras pas de mal, jamais. Alors je t'en pris, reste avec moi, et vivons une longue vie ensemble, heureux.

Je pleure encore, mais ce n'était pas des larmes de tristesse, ce sont des larmes de joie, je voulais que cet instant dure toujours. Je l'embrassai à mon tour.

-Oui. Oui, je veux vivre, avec vous, pour toujours.

Il m'embrassa encore et encore, nous ne pouvions nous arrêter. Durant cette célébration si spécial, nous venions de choisir nôtre chemin, nôtre vie, pour toujours. Nos baiser se faisaient de plus en plus passionnés, il m'emmena loin de cette clairière.