Chapitre 17

-De quel droit te permais-tu de t'en aller pendant une audience?, cris-elle, tu es allée à Uru'Baen comme ça, sans permission, et en prenant à peine le temps de nous prévenir! De plus tu t'es faite capturée! Te rends-tu compte à quel point les conséquences de ton acte auraient pu être dramatique pour les elfes? Et à cause de toi, Arya a souffert. Tu devrais aller en prison!

-Je reconnais que j'ai manquée de prudence, mais je vous promet se soigner Arya et d'effacer ses cicatrices. Je ne recommencerais plus.

Ou j'essaierais.

-C'est trop tard, nos guérisseurs s'en sont déjà occupés. Tes excuses ne suffiront pas. Tu étais déjà en sursis. Alors expliques-nous pourquoi tu es arrivée autant de temps après ma fille, et j'aviserais.

-J'ai vu Angela l'herboriste dans une cellule, je l'ai libérée et je nous ai téléportée dans les Beors pour que je récupère le contrôle de moi-même. Ensuite nous avons eu affaire aux Ra'zacs et je les ai tués. Puis j'ai ramenée Angela chez les Vardens et je suis revenue ici.

Elle réfléchi un long moment, pesant le pour et le contre.

-Pour cette fois, dit-elle à contre cœur, je ne sanctionnerais pas, même si tu le mérite largement. Tu as de la chance d'avoir ramener l'œuf vert et d'avoir sauvée l'herboriste, ces actions t'ont épargnées. Mais fais attention, il n'y aura pas d'autre chance. La prochaine fois, tu iras en prison.

-Merci, je ferais attention.

-On verra. Pour l'instant, as-tu eu une audience avec Nasuada?

-Oui.

-Peux-tu nous en faire part?

-Seulement avec Eragon, Murtagh et Valentin.

-Très bien, qu'ils viennent.

Les garçons arrivèrent environ une demi-heure plus tard. Pendant ce temps, je cherchais Aiedail avec mon esprit. Je m'en voulais de l'avoir abandonnée. Car c'est bien ce que j'ai fais, je l'ai abandonnée alors qu'elle avait besoin de moi. Je dus arrêter mes recherches. Islanzadí nous emmenais dans la salle de réunion du conseil et nous ordonna de nous asseoir. Je leur racontai mon entrevue avec Nasuada, la proximité de l'armée de l'empire, de la bataille proche, de son besoin que Murtagh et Eragon rejoigne le plus rapidement possible les rebelles. Je ne lui avais pas dis que Valentin et moi sommes dragonniers. La reine demanda à mon cher et tendre quand est-ce qu'ils pourront partir. Oromis annonça qu'ils seront prêts dans 4 jours, mais il leurs demanda de revenir terminer leurs études. Ils jurèrent de revenir. Islanzadí déclara que la réunion était finis et que nous devions partir. Eragon et Murtagh se dépêchèrent de rejoindre leur dragon, Valentin également. Au moment de sortir, une horrible douleur me lancina le ventre au point que je m'effondrai sur le sol. Oromis et Arya se précipitèrent vers moi pour voir ce que j'avais. Mais la douleur s'atténua peu à peu et disparu. Je me relevai en disant que s'était passé et essayai de marcher. Elle revint de plus belle et ne s'estompa pas cette fois. Mon elfe entra dans mon esprit, la douleur se propagea sur lui et il cria. Son hurlement me fendit le cœur.

« Vas-t'en, lui dis-je, vas-t'en et ne reviens pas. »

Je l'éjectai de ma tête. Il expliqua à la reine et sa fille ce qu'il a ressentis.

-Je crois comprendre, dit la princesse.

-Moi aussi j'en ai bien peur, marmonna la reine.

-Il n'y en a pas eu depuis 15 ans.

Je ne comprenais pas de quoi elles parlaient, tout ce que je savais, c'était que j'avais mal et que je voulais que cela cesse. Je tentai de reprendre mes esprits et d'ignorer la douleur. Je réussis à moitié et pus m'asseoir.

-Un enfant! Un bébé elfe! C'est fantastique!, continua t-elle, Félicitation!

Heureusement que je n'étais pas debout, sinon je serai tombée. Oromis blêmit, il était pâle comme la mort. .

« Reprends-toi, lui ordonnai-je avec le peu de lucidité qu'il me reste et en isolant la douleur pour qu'elle n'aille pas dans son esprit, sinon elles vont nous percer à jour. Je t'interdis de craquer, pas toi, je t'aime trop. Je ne t'ai jamais vu perdre ton sang froid, et je ne veux pas que cela commence. »

Je sentis qu'il revenait à lui et il reprit un peu de couleur, même s'il était encore légèrement blême.

-Qui est l'heureux élu?, demandait Arya, je n'ai pas beaucoup d'expérience en matière d'enfant, mais je suis tombée sur quelques livres traitant du sujet. Je pourrais t'expliquer certaines choses. Tu dois déjà savoir qu'avoir un enfant est, chez les elfes, l'ultime preuve d'amour pour un couple. Bien sur, il arrive quelques fois, très rarement certes, que se soit accidentel. La douleur que tu ressens est normale, c'est comme cela que se déroule la grossesse chez nous. C'est en partie pour ça qu'un enfant est l'ultime preuve d'amour. Il faut que l'elfe soit prête à endurer cette douleur pour celui qu'elle aime s'ils veulent un bébé.

-Pourquoi lui racontes-tu cela ma fille?

-Elle a le droit de savoir comment vont se dérouler les 2 prochaines années de sa vie.

-Ma fille, tu ne comprends pas. Cet enfant ne doit pas vivre. Ce sera certainement un buveur de sang, il ne pourra pas se contrôler, imagine qu'il décime les elfes en quelques jours.

Elles étaient ma conscience, l'une disant oui, l'autre non.

-C'est la plus belle chose qui puisse arriver à Loukiana. L'enfant sera elfe aux trois/quart et je suis sure qu'elle saura l'éduquer.

-Et d'ailleurs, réplique la reine, elle n'est chez nous que depuis quelques mois. Comment se fait-il qu'elle soit tombée enceinte aussi rapidement alors qu'ils nous a fallu des siècles à ton père et à moi pour t'avoir?

-La nature est un mystère que personne ne peut résoudre.

Islanzadí ignore ce que sa fille vient de dire et ajoute:

-Et puis, quel elfe serait assez idiot pour l'aimer?

-Quelqu'un qui a su voir qui elle était vraiment.

Je reprend mes esprits une fois le choc passé et arrive à ignorer la douleur pour un moment. Je me lève.

-Il est hors de question que vous tuiez mon enfant, dis-je, je veillerais à ce qu'il ne fasse de mal à personne. Je ne vous laisserais pas l'approcher Islanzadí-Dröttning.

Je sors de la pièce, Oromis me suit. Nous ne parlons pas. Au bout d'un quart d'heure, la douleur prend le dessus sur ma volonté. Il faut que je me concentre à nouveau. Nous arrivons enfin à Tel'naeir après de heures de marche. Je m'assois devant la cabane. Oromis m'embrasse.

-Tu m'as manquée, dit-il.

-Tu m'as manquée aussi, répondis-je.

-Tu as été imprudente.

-Je sais.

-Je t'avais dis de ne plus te mettre en danger de la sorte.

-Je sais.

-Ne le refais plus. Jamais.

-Nous verrons. Combien de temps suis-je restée captive?

-Un mois et demi.

-P … pardon? Le roi m'aurait-il déstabilisée au point que je ne me rende plus compte qu'un mois s'est écoulé? Que de mal je t'ai fait, à toi, à Aiedail. Pardonnes-moi.

-Tu n'as pas à t'excuser, tu ne voulais pas être capturée, tu ne l'as pas fait exprès.

Il m'embrasse tendrement, le plus délicatement possible.

-Oromis!, cris une vois, c'est donc vous?

Nous nous retournons et voyons Islanzadí et Arya sortir de la forêt. La voix était celle de la reine.

-Pourquoi?, continue t-elle, comment as-tu pus tombé amoureux d'elle?

-Mes fréquentations et ma vie privée ne vous regarde pas, répond calmement mon elfe.

-Mais tu es notre dragonnier, le dernier de l'âge d'Or.

-Et alors?

-Tu as 500 ans. Je pensais que tu avais passé l'âge de ces amourette à deux sous.

-Qui a dit que c'était cela?

-Mère a raison, ajouta Arya, tu es trop vieux pour Loukiana et elle est trop jeune pour toi.

-Venant de toi, répliquai-je, c'est l'hôpital qui se moque de la charité.

-Ce n'est pas la même chose.

-Si, exactement.

-De quoi parle t-elle ma fille?

-Rien, ce n'est pas important.

-Bon, si tu le dis, nous en reparlerons plus tard. Toujours est-il, Oromis, tu ne peux pas sortir avec elle, je te l'interdis.

-Vous n'en n'avez pas le droit.

-Si tu refuses, je t'enfermerais et l'exécuterais.

-Vous ne pouvez pas la tuer, dit Oromis.

-Je trouverais un moyen, réplique la reine.

-Je ne m'y opposerais pas, ajoute Arya, réfléchis bien Loukiana.

-Seul la sécurité d'Oromis m'importe.

-Tu dis cela, continue la princesse, mais l'autre jour, si Saphira et Thorn n'avaient pas étés là, il serait mort.

-Ce … c'était un accident, dis-je.

-De quoi parles-tu ma fille?, demande Islanzadí.

-Deux semaines avant l'Agaëti Shangren, Oromis s'est coupé et Loukiana a faillie le tuer.

-C … Ça ne s'est pas passé comme ça. Oromis a fait une crise et j'ai voulue l'aider, mais Arya à brisée le fairth d'Eragon et un morceaux à écorché son visage. Je n'étais pas transformée à ce moment et la moindre goutte de sang me faisait perdre le contrôle . Mais je peux me maitriser maintenant.

-Si tu peux te maitriser, comment avons-nous pus nous échappés d'Uru'Baen?

-C'est différend! Je n'avais pas chassé depuis plusieurs semaines!

-Stop, coupa la reine, Loukiana, tu étais en sursis, tu t'es attaquée à notre dragonnier. Je te laisse deux choix : quitter le Du Weldenvarden pour toujours et ne jamais revoir Oromis, ou mourir.

-Je la suivrais où qu'elle aille, réplique mon elfe.

-Dans ce cas je vous exécuterais tous les deux.

-Non! Pitié! Non!, criais-je, je partirai! Je partirai dans 4 jours! Ne lui faites pas de mal, pitié!

Je quitte Tel'naeir. J'entends Oromis dire :

-Vous êtes illogique Islanzadí. Vous la condamnée pour avoir failli me tuer et juste après vous voulez m'exécuter, c'est contradictoire.

Je n'ai pas de temps à perdre, je veux aider le plus possible Eragon avant de partir. Je le récupère avec Rhünon. Nous allons à l'arbre Ménoa. Je commence à lui donner de l'énergie lentement, elle ne répond pas. J'accélère, pas de réponse. Je lui envoie une énorme boule d'énergie, si forte, si puissante que l'air vibre autour de moi. Elle se réveille.

«Que veux-tu? Ô toi imprudente qui ose me déranger durant mon sommeil, dit-elle.

-Ce jeune dragonnier à besoin d'une épée faite du métal qui se trouve entre vos racines. Je vous demande humblement de nous le donner, répondis-je en ne relevant pas ses menaces sous entendus.

-Les dragons ont des griffes pour arracher nos écorces, et du feu pour nous brûler.

-Ils ne le feront pas. Mais Galbatorix, le dictateur de l'Alagaësia a juré d'anéantir les elfes et de détruire chaque arbre de cette forêt. Il le fera si nous mourrons.

-Je l'en empêcherai, il ne touchera pas à mes arbres!

-Il connait de puissant sort que personne ne pourra stopper s'il les lance. Plus rien ne poussera ici, il me l'a dit personnellement.

-Prenez ce truc et tuez ce Galbatorix. Ne me dérangez plus. »

L'arbre Ménoa écarte ses racines et le bloc de vif-acier sort du sol.

-As-tu un endroit très vaste et protégé par magie?, demandais-je à Rhünon.

-Oui.

Elle nous conduit derrière sa forge, une immense grotte dont on ne voit pas le fond s'y trouve. Plusieurs armes et autres objets forgés y sont stockés.

-Elle est magique, explique la forgeronne, à l'intérieur elle est infinie, et invisible à l'extérieur.

Je pose le bloque à l'intérieur et sépare magiquement la grotte en deux sur la longueur.

-Que ce bloc de vif-acier se dédouble par centaines de milliers d'exemplaires.

La grotte se remplit très rapidement. Je suis maintenant très fatiguée, avec toute l'énergie que j'ai dépensée depuis tout à l'heure.

-Tu pourras forger autre chose que des épées, dis-je à Rhünon, tu devrais avoir un moment avant d'épuiser le stock. Je ne pourrais probablement pas revenir avant longtemps, mais si un jour il est vide, j'essaierai de venir le remplir à nouveau. Veilles à ce qu'il en reste toujours au moins un.

-Promis, répondit l'elfe.

-Pourquoi ne pourras-tu plus revenir?, demande Eragon.

-J'ai été bannie par Islanzadí-Dröttning.

-Pourquoi?

-C'est compliqué, et personnel, répondis-je.

-Ah …

-Rhünon, la priorité est de faire une épée pour Eragon, après fais ce que tu veux, éclates-toi, mais l'épée d'abord. Je suis sure que tu trouveras un moyen, je n'ai pas le temps de rester, désolée.

Je quitte la forge et passe à la suite. Je me rend à le maison où j'ai vu Valentin pour la dernière fois à Ellesméra. Il était entrain d'étudier avec Alïnya.

-Astra eterni ono thelduin, dis-je à l'elfe.

-Mor'ranr lifa unin hjarta onr, répondit-elle.

-Un du evarinya ono varda, ajoutai-je.

-Que veux-tu?, demande Alïnya.

Elle me tutoie, elle me considère déjà comme une amie, alors que nous n'avons jamais parler ensemble. Je ne peux pas la laisser et ne prévenir que Valentin.

-Vous êtes en danger, répondis-je, j'ai été bannie par la reine. Si vous restez, elle n'hésitera pas à te tuer Valentin, et je suppose que, comme tu es son amie, Alïnya, Islanzadí-Dröttning cherchera à te faire du mal. Vous devez fuir.

-Pour aller où?, dit calmement l'elfe.

-Pas chez les Vardens, cela créerait des discordes entre les elfes et les rebelles. Non, si justement, aller chez les Vardens, mais demandez à Nasuada de ne pas vous dénoncer. Restez cachés. Vous serez en sureté au milieu des soldats.

-Où sont-ils, me demande Valentin.

Je montrai dans leur esprit l'emplacement actuel des rebelles.

-Merci, dirent-t-ils, nous partirons quelques heures après toi, pendant la nuit.

-A bientôt, soyez prudent.

-Promis.

Je quitte la maison et retourne à Tel'naeir. La douleur que je ressentais étais constante. Je parvenais à l'éclipser durant un moment, mais elle revenait toujours à la charge. Elle est intense et aiguë, insoutenable, je ne sais pas comment je fais pour me lever et marcher sans m'effondrer.

Oromis m'attendait. Je me dirige vers lui, il me prend dans ses bras.

-Je suis désolé, dit-il, c'est ma faute.

-Mais non, répondis-je, je suis tout aussi responsable que toi. Et puis, avoir un enfant était ce que nous voulions, non? Même s'il a quelques années d'avance.

-Je ne te laisserais pas partir.

-Je n'ai pas le choix.

-Alors je viens avec toi.

-Tu ne peux pas, c'est trop dangereux, elle te tuerais.

-Que puis-je faire?

-Rien, reste ici, reste en vie. Je trouverais un moyen de revenir après la guerre.

-Je t'aimes, tu vas horriblement me manquer.

-Moi aussi, mais ne pensons pas à l'avenir. Profitons de ces 4 jours.

-D'accord.

-Merci. Où est Aiedail, je ne l'ai toujours pas vu.

-Elle est partie chasser avec Glaedr. Ils ne devraient pas tarder.

Effectivement, les dragons arrivèrent peu de temps après. Aiedail avait énormément grandie. Elle faisait presque ma taille. J'étendis mon esprit vers elle. Elle eu peur et ferma son esprit. Puis elle me reconnus peu à peu et abaissa ses défenses. Elle me fit sentir tout ce qu'elle a vécue durant mon absence. Son désespoir de ne pas me voir, le trou que mon abandon absence, son sentiment d'abandon.

« Loukiana … Loukiana, tu m'as manquée.

-Tu … tu parles?

-Oui. Pourquoi es-tu partie? Je t'attendais.

-Je suis désolée. Je ne voulais pas. Je pensais revenir 5-10 minutes après. Je te promet de ne plus te laisser.

-C'est promis?

-Promis juré. »

Elle me raconta tout ce qu'elle a vécue, la moindre petite histoire, tout. C'est presque comme si j'y étais. Puis elle se coucha. Nous ne tardâmes pas à faire de même.

Ces 4 jours passèrent extrêmement vite. Nous profitions de chaque instant seul à seul. Mais il fallu se préparer à partir. Je passai rendre visite à Rhünon. Elle avait finis l'épée d'Eragon. Elle me donna un poignard en vif-acier blanc comme la neige en me disant que ces lames ne faisaient pas partie de son serment. Je la remerciai et retournai à Tel'naeir. Je pris mes affaires et Aiedail s'envola. Je pris Oromis dans mes bras et après l'avoir embrassé une dernière fois lui murmurai:

-Je suis désolée, je t'aime. Au revoir.

Et je partis, en prenant soin de passer par Ellesméra pour être sure que les elfes me voient quitter le Du Weldenvarden.