Chapitre 18

Une semaine, une semaine que j'avais quittée la forêt des elfes. Une semaine que je l'ai quitté, une semaine qu'il hante mes pensées. Je supporte tout cela avec difficulté, mais je sais que c'est pour le sauver. Sauf que je sais qu'il vit le même calvaire que moi, et cela est beaucoup plus dur que d'être séparée de lui. J'espère qu'il n'essaira pas de me retrouver. J'attendrais le bon moment pour que nous soyons réunis. Nous n'avons rien fait de mal, Islanzadi est le pire de tout les monstres. Personne n'a le droit de separer des gens comme cela. Je n'ai nul part où aller. Tout ce que je peux faire, c'est aider anonymement les Vardens et vivre en hermite en attendant le jour où je pourrais rejoindre mon elfe. Je vais profiter de ce temps pour m'occuper d'Aiedail. Mais ... Oromis me manque, il me manque tellement! Je voudrais que cette guerre soit finie pour que nous puissions vivre ensemble dans un coin tranquille. Dans quelques heures, j'aurais rejoins le camp des rebelles. J'y suis aller à pieds, je ne voulais pas me téléporter, je voulais m'isoler un moment. Il va falloir que j'explique la situation à Nasusada et vérifier que Alïnya et Valentin sont arrivés, j'en doute, mais, au pire, j'irais les chercher. Eragon et Murtagh doivent être là depuis deux ou trois jours. Saphira et Thorn ont grandis, maintenant, ils volent plus vite que moi je ne cours. Mais j'aurais du arriver avant ou en même temps que les dragonniers. La raison de ce retard est simple: j'ai pris mon temps pour m'éclaircir l'esprit. Je repense à ma discussion avec la reine, à mon bannissement et à ma séparation avec Oromis. Je sais que je ne devrais pas ressasser tous ces évènements, que je devrais plutôt me remémorer les bons moments que j'ai vécus avec mon elfe comme la dernière nuit de l'Agaëti Shangren, mais cela me fait inmanquablement penser au bébé qui grandit en moi et me fait replonger dans mes pensées noires. Vais-je pouvoir l'élever? Va t-il être un enfant assoiféq de sang? Vais-je pouvoir le contrôler? Est-ce que je mérite de donner la vie, moi, le monstre? Ais-je le droit de m'occuper d'un petit être? L'assurance que j'affichais devant la reine n'était qu'en partie vrai. Je me suis à peu près habituée à la douleur, mais il y a des crises tellement horrible que je m'écroule au sol pendant de longs moment sans avoir la possiblité de bouger. Cela ne c'est pas produit depuis deux jours. Pendant que je rumine mes sombres pensées, j'arrive à proximité du camp. Je me rend invisible, Aiedail part s'installer dans un bosquet et j'entre silencieusement à l'intérieur. L'agitation était à son comble. Je pouvais aisément voir que la bataille était proche. Traverser le camp sans toucher de soldat se révéla plus ardu que prévu. Il fallu que je fasse des détours et que je me contorsionne pendant plus d'un quart d'heure pour que j'arrive enfin devant la tente rouge de la chef des rebelles. Il y a deux humains, deux nains et deux urgals devant l'entrée. C'est surement sa garde personnelle. Par chance, un soldat entrait au même moment et j'ai pu me glisser dans son sillage. Il transmettait juste un message et reparti quelques minutes plus tard. Je me place en face de la commandante et lève mon sort.

-Bonjours Dame Nasuada.

Elle était plongée dans ses papiers et sursauta car elle ne m'avait pas vu.

-Que fais-tu ici Loukiana? Pourquoi les faucons de la nuit ne t'ont pas annoncée?

Ce sont surement les gardes postés devant sa tente.

-Ils ne savent pas que je suis là. Il vaut mieux que peu de gens le sache, c'est à dire vous et Angela.

-Pourquoi tant de secrets? Pourquoi l'herboriste doit-elle être informé?

-Je veux vérifier son état de santé, je lui avais dis de se reposer, ce qu'elle n'a pas fait j'en suis sure. Je vais devoir la soigner. J'ai eu quelques problèmes avec les elfes et s'ils venaient à savoir que je suiss ici, votre alliance en serait compromis.

-Pourquoi?

-J'ai été bannie.

-Mais pourquoi?

-Je ne peux le dire, cela concerne ma vie privée.

-Je t'ordonnes de me dire la raison de ton bannissement.

-Non. Je suis indépendante, vous n'avez pas d'ordre à me donnez.

-Tu mettrais en péril l'alliance entre les elfes et les Vardens et par conséquent l'issue de la guerre pour un simple problème personnel?

-Il n'y a rien à craindre tant que ma présence n'est p as révélée.

-Tu ne vas rien dire?

-Oui.

-Je vais devoir faire avec, ajouta-t-elle dans un soupir.

-Effectivement.

-Bon, très bien, que voulais-tu d'autre?

-Savoir si Eragon et Murtagh sont arrivés.

-Oui, ils sont arrivés hier avec Brom.

-Hier ? Ils auraient du atterir ici bien avant.

-Ils m'ont expliqués qu'ils étaient partis un jour plus tard suite à la demande de leurs maitres.

C'est étrange, pourquoi Oromis a-t-il fait ça ?

-D'accord, répondis-je tout de même, et Valentin ? Es-t'il arrivé ici ?

-Non, Je ne savais pas qu'il devait venir.

-Il ne devait pas, mais comme il est mon ami et que j'ai été bannie, je lui est dit de fuir pour éviter des problèmes avec les elfes. Je souhaiterais avoir la permission d'aller le chercher demain soir s'il n'est toujours pas arrivé.

-Permission accordé. Est-ce tout?

-Non, il sera avec une elfe qui est notre amie et son enseignante. Elle sera probablement masqué derrière une apparence humaine.

-Très bien, tu les ammèneras directement dans ma tente pour que l'on puisse mettre au clair la situation.

-D'accord Dame Nasuada.

La chef des Vardens se tourna vers un côté de sa tente et appela "Elva". Ce nom m'est familier, mais je ne me souviens pas d'où il vient. La commandante continue d'appeler la dénommée "Elva". Puis inquiète, Nasuada leva ce qui, à la place de la toile de tente, se trouvait être un rideau. En y réfléchissant bien, c'est logique, la pièce est beaucoup plus petite de l'intérieur que de l'extérieur. Bon c'est pas tout, mais là je divague, alors retournons à nos dragons. Donc, Nasuada lève le rideau et c'est là que nous l'entondons : un hurlement effroyable, à la limite de ce qui pouvait être humain. Puis je la vois, une jeune fille d'environ six ans et quelques. Elle était allongée au sol, elle se tord de douleur et hurle à la mort. La gedweï ignasa brille sur son front. Une vieille femme est à côté d'elle et l'inquiétude marque son visage. Cette vision me rend nauséeuse, comment une si petite enfant peut-elle souffrir sans que personne ne fasse quoi que se soit ?

-Qui est-ce ?, demandais-je à Nasuada.

-C'est Elva, elle n'a que quelques mois. Elle ressent la souffrance des autres.

Elva, bébé, souffrance, je me souviens, c'est l'enfant que Eragon a essayé de bénir. Je me rappelle vaguement l'avoir lue dans le livre et Arya en a parlé juste avant notre départ de Farthen Dur.

-Pourquoi hurle t-elle comme ça ?, demanda la chef des Vardens.

-Elle hurle depuis que cette jeunde femme est entrée, répondit la vieille dame, mais vous ne l'entendiez pas car cette pièce a été insonorisée par le Du Vrangr Gata.

Depuis que je suis là ? Ca serait ma souffrance qu'elle ressent et qui la fait hurler ainsi ? C'est de ma faute si elle est dans cet état ? Je la fais souffrir, ce tout petit enfant a mal à cause de moi. Je dois faire cesser cela immédiatement. Mais comment ? Je ne peux pas annuler le sort sans connaitre les termes exacts d'Eragon. Utiliser ma magie pour le faire disparaitre serait trop risqué, les effets que cela pourrait avoir sont trop aléatoires. Mais je pourrais peu être le dissiper partiellement, juste pour moi. Je vais essayer. Je me dirige vers la jeune fille. J'invoque ma magie, combinant la puissance et l'énergie requise par l'ancien langage et les formules de mon monde. Ainsi, je double l'efficacité de mon sort. J'ai découvert cette aptitude avec Oromis, après mon séjour chez Galbatorix. Je m'agenouille devant Elva et place ma main au niveau de son front, là où brille la gedweï ignasa. Je prononce mon sort :

Que ma souffrance et mes émotions ne soient pas pris en compte dans le sort faisant effet sur cette jeune enfant.

Elva ne hurle plus et ses convultions se sont estompées. Elle se relève lentement, elle parait soulagée que la douleur se soit arrêtée, Nasuada également. Elle dit :

-Pourquoi ne m'as-tu pas prévenue que Loukiana était ici ?

Elva, qui était encore pâle, répondit tout de même :

-Elle n'était pas un danger pour vous, je n'avais pas de raison de la faire.

Puis elle se tourna vers moi :

-Ta souffrance est grande, et insuportable.

-Je sais, répondis-je.

-Tu ne devrais pas être capable de tenir debout. D'où tiens-tu ta force ?

-De l'espoir. De l'espoir et de l'amour. Maintenant je t'interdis de parler des raison de cela à qui que ce soit, même si c'est un ordre de Nasuada, compris ?

-Je n'en n'avais pas l'intention, je vois bien à quel point c'est important pour toi.

-Tant mieux.

-Comment as-tu fais ? Pour que ça s'arrête, continua t-elle.

-Que ça s'arrête de quoi ?, demanda Nasuada, tu as annulée sa malédiction ?

-Euh ..., oui, en partie. Juste pour moi.

-Tu pourrais recommencer ?

-Non, elle ne peut pas, répondit Elva à ma place, cela requiert trop de temps et d'énergie de le faire pour chaque personne présente ici. Elle serait morte avant d'avoir fait le quart du camp.

-Ah... euh d'accord, répondit Nasuada déçus, en apparence. Je suis sure qu'elle est contente de garder Elva près d'elle comme protection.

-Tu peux t'en aller, ajouta la commandante.

C'est sympa. J'ai l'impression d'être traitée comme un vulgaire soldat. Mais cela m'arrange, je devais aller voir Angela. Je quitte la tente après m'être de nouveau rendue invisible. Aiedail a bientôt deux mois, elle a beaucoup grandie, j'ai due lui demander de se cacher dans un bosquet pas très loin du camp. Elle n'a pas du tout appréciée. Je lui avais dis que je ne la laisserais plus seule, mais aujourd'hui c'est différent de l'autre fois. Car maintenant je garde mon esprit connecté au sien. Elle voit ce que je vois, ressent ce que je ressens, y compris ma sourffrance, mais elle s'est habituée, plus vite que moi même. C'est un dragon, elle est plus forte. Elle me réconforte souvent quand je pense à mon elfe. Bien qu'elle ait tout vu à travers moi, je lui résume la situation, et lui dis que je ne devrais pas tarder à rentrer. Je cherche Angela. La conaissant, elle ne doit pas être au milieu de la foule, mais surement à une extrêmité du camp. Peut être à l'avant, à droite, près de la rivière. Je recommence à me contorsionner pour éviter les soldats afin d'aller d'aller vérifier là-bas. En chemin, j'aperçois Eragon qui a l'air de rechercher quelqu'un ou quelque chose. Tant pis, je ne peux pas l'aider. Je continu mon chemin sans lui prêter plus attention. Puis les tentes s'espacent peu à peu. Celle de l'herboriste est la plus éloignée, de la fumée sans échappe. Ses blessures étaient infectées, elle était au bord de l'inconscience quand je l'ai quittée. Son corp était à ses limites. Elle aurait du se reposer, vraiment, mais c'est une tête de mule qui n'écoute personne. Je soulève la toile de sa tente et entre. Je ne vois personne, mais le chaudron est sur le feu. Je le contourne et vois Angela, étendu sur le sol, sans connaissance. Je ne panique pas, je ne panique pas ! Inspire ! Expire ! Je suis calme. Je la soulève sans effort et la dépose délicatement sur son lit. Je dois lui faire un examen complet, mais je ne veux pas le faire sans son accord. Ses jours ne sont pas comptés, mais c'était tout juste, je vais lui donner un peu de mon énergie, lui passer de l'eau froide sur son front et attendre qu'elle se réveille pour la soigner complètement. Je prend son tabouret, m'assois et patiente. Je ne sais pas combien de temps s'est écoulé, mais le crépuscule est là. Angela ouvre lentement les yeux et se redresse difficilement.

-Qu'est ce qu'il s'est passé ?, demande t-elle d'une voix faible, pourquoi suis-je dans mon lit?

Elle regarde autour d'elle et me vois:

-Loukiana ? C'est toi qui m'a déplacée ?

-Oui, tu étais inconsciente devant ton chaudron. Je t'avais dit de te reposer! Bon sang! Tu aurais pu y passer si j'étais arrivée plus tard. Tes blessures sont infectées, tu aurais du t'occuper de les soigner au lieu de te préparer pour la bataille! Je suis sure que Nasuade ne t'en aurais pas tenu rigueur.

-Je suis désolée, dit-elle dans un souffle, j'aurais du t'écouter.

-Tu aurais du, oui.

Elle esquisse un petit sourir fatigué. Ses yeux ternes expriment de la joie et de la reconaissance. Je ne peux m'empêcher de sourir à mon tour.

-Tu m'en veux?, demande t-elle.

-Bien sur que non, je ne pourrais jamais t'en vouloir. Être têtu et ne pas écouter les gens fait parti de ton caractère. Il serait horrible que tu deviennes sage et obéhissante.

L'herboriste sourit de plus belle.

-Merci, murmure t-elle.

-Ce n'est rien. Le Du Vrangr Gata t'a soignée?, demandais-je.

-Pas vraiment, ils ne me portent pas dans leur coeur depuis que j'ai refusée de les rejoindre, j'ai du m'en occuper seule. Mais, je ne pouvais pas beaucoup me déplacer. Or j'avais besoin de plantes qui ne se trouvent pas sur le seuil d'une tente.

-Ce n'est pas grave, je suis là maintenant, je vais te soigner. J'attendais que tu te réveille pour te demander l'autorisation de t'examiner. Je vais commencer par guérir la blessure que tu as reçus des Ra'zacs, puis je vais effacer les sequelles de ton séjour dans la capitale.

-Tu as mon accord.

Je fais ce que j'ai dis, je désinfecte et referme l'entaille qu'elle à dans les côtes. J'efface toutes ses cicatrices, les coupures sur ses bras, les traces de coups de fouet dans son dos, tout. Maintenant, j'analyse l'intérieur de son corp pour vérifier qu'il ne lui a pas injecté de poison à effet retardé. Non, il n'y a pas de poison. Qu'est ce que c'est ?! Je suis tellement surprise que je sors de ma transe.

-An... Angela? Tu ... tu es ... enceinte?

Elle perdit son sourire.

-Etais. J'ai ... fais une fausse couche il y a quatre jours.

-Oh! Je suis désolée.

-Pas moi, je ne voulais pas d'enfant de Galbatorix. Mais, je ne peux pas non plus me réjouir, car, après tout, c'était quand même mon enfant, non?

Il ... a ... osé! Ce ... ce ... il a osé! Je ne sais pas ce qui me retient d'aller le massacrer dans l'instant!

-Peut être le fait que tu te trouves à des centaines de kilomètres d'Uru'Baen et que tu es maintenant vulnérable face à lui, répliqua une vois dans ma tête.

-Aiedail, c'est toi? Tu n'étais pas parti chasser?

-J'ai finis de manger, je t'attend.

-D'accord.

L'herboriste fixe le sol, je ne sais pas quoi dire.

-Angela, je ...

-Ce qui est fait est fait. N'en parlons plus.

-Si tu le souhaite. Mais, Aiedail m'attend. Je vais devoir partir.

-Non, attends!

Je commence à me lever, mais Angela m'attrape le bras, me tire vers elle, et, m'enbrasse. Surprise, je ne réagis pas au début, puis je la repousse doucement.

-Je t'aime Loukiana.

-Non, répondis-je le plus gentiment possible, encore abasourdis par ce qui vient de se passer, tu ne m'aimes pas. C'est parce que je suis un vampire, tout en moi est fait pour t'attirer.

-Je t'aimes depuis que je t'ai vu pour la première fois. Je m'en suis rendu compte après que tu m'ais sauvée. Je ne suis pas uniquement attirée par ton physique de rêve. Maintenant je veux savoir, est ce que toi, tu m'aimes?

Je ne répond pas, trop de choses se bouscule dans ma tête. Je ne peux pas lui dire, mais je ne peux pas la laisser espérer quelques chose qui ne se produira jamais.

-Tu n'aimes pas les femmes?, continu Angela, c'est ça? C'est pour ça que tu ne répond pas?

-Non, Angela, cela n'a rien à voir. Je ... j'ai déjà quelqu'un dans ma vie.

Angela équaquilla les yeux.

-Je ... je croyais que ... Ce n'est pas un humain, n'est ce pas?

-Non, ce n'est pas un humain.

-C'est un elfe alors.

-Oui.

-Qui est ce?

-Je ne peux pas te le dire, c'est dangereux et ...

-Je me fiche du danger! Je ne suis pas sans défences.

-... je ne veux pas en parler, c'est trop dur.

Des larmes s'échappent de mes yeux, je tente de les retenir sans résultats. Mais je ne voulais pas qu'Angela les voit. C'est raté.

-C'est un elfe, dit-elle plus calmement, la Reine doit te faire des misères.

-A ton avis? Le terrible et monstrueux vampire qui sort avec un de ses precieux sujet! Elle n'a pas laissé passer ça. Elle m'a bannie. Mais j'ai promis à mon elfe qu'on se reverrait. Je suis désolé Angela, je ne peux pas sortir avec toi.

-Je vois, ce qui compte c'est que tu sois heureuse.

-J'espère que notre amitié ne sera pas brisée, mais avec ce qui c'est passé, je peux comprendre que tu ne veuilles plus me voir.

-Non, c'est de ma faute, je n'aurais pas du te mettre au pied du mur de la sorte. Va rejoindre Aiedail, je suis sure que tu lui manque.

-Merci, Angela.

Elle m'a laché le bras. Je me lève lentement et me dirige vers la sortie. A mi-chemin, un éclair de douleur me traverse le corp et je tombe en gémissant. J'entend vaguement Angela crier et Aiedail m'appeler. Je ne veux pas répondre. Que ça s'arrête, pitité! C'était trop beau, je n'avais pas eu de crises depuis plusieurs jours. J'en ai marre! Ma vie ne se résume donc qu'à cela? De brefs instants de bonheur, suivit de longue période de malheur et de souffrance? Je veux que cela cesse. Je ne veux plus. Je ne veux plus souffrir.

La douleur est redevenu supportable, je suis de nouveau lucide. J'ouvre les yeux, je suis dans le lit d'Angela. Cette dernière, assise à côté de moi, me gifle.

-Idiote! Tu aurais du me dire que tu étais enceinte. Cela m'aurait éviter de paniquer. Tu es moitié-vampire moitié-elfe. Y'a pas 36 000 trucs qui peuvent te mettre dans cet état. J'ai cru que l'autre mégalo t'avait empoisonée.

-Je suis désolée, je ne le sais pas depuis longtemps. Et je n'aime pas trop m'étendre là-dessus, c'est compliqué.

-Qui ... qui est le père?

-Cela reviendrait à te dire avec qui je sors, je ne peux pas.

L'herboriste paru se détendre.

-Je suis soulagée. J'ai eu peur que Galbatorix n'ait ...

Elle ne termine pas sa phrase et éclate en sanglot.

-Ne n'inquiète pas, répondis-je, si cela peut te rassurer, il ne m'a pas torturé de cette manière.

Angela relève la tête et me regarde. Au milieu de ses larmes, un sourire apparaît.

-Je n'ai plus qu'à te féliciter alors. Félicitation!

-Merci.

Un silence pesant s'installe.

-Je dois partir Angela. Aiedail m'attend, elle doit être morte d'inquiétude après ce qui c'est passé.

-Vas-y, me répond Angela, repasses me voir de temps en temps.

-Je n'y manquerais pas. Au revoir.

-A bientôt.

Je sors de la tente et me dirige vers la sortie du camp.

-Loukiana! Loukiana!

Je me retourne et vois Eragon courir vers moi avec un paquet dans les mains. Et merde! J'ai oublié de remettre mon sort d'invisibilité.

Ils ne te laisseront donc jamais!, râle la dragonne.

-Je me depêche, à tout de suite.

-Que veux-tu Eragon?

-Tu n'a pas l'air de bonne humeur.

-Cela ne te regarde pas. Si tu es venus pour ça tu peux repartir. Que veux-tu?

-Ebrithil nous a dit que tu serais ici. Il m'a charger de te donner ceci.

Il me tend le paquet.

-C'est pour ça que nous sommes partit plus tard, continu le dragonnier.

Je déchire l'embalage et découvre une magnifique épée rangée dans un foureau bleu nuit. Je la dégaine, la lame est bleu foncée, veinée de clair. Le mot amour est gravé en ancien langage sur le pommeau.

-C'est pour moi?, demandais-je.

-Oui, Ebrithil et Rhünon-elda l'ont forgés ensemble. Mais je ne sais pas pourquoi ils l'ont appelée amour. On ne tue pas des gens avec de l'amour.

-Cette épée ne me servira pas Eragon. C'est juste un symbole parce que je suis dragonnier.

Et aussi un message de mon elfe.

-Ah, OK! Il y a aussi une lettre pour toi. Ebrithil l'a scellée magiquement pour que personne d'autre que toi ne puisse l'ouvrir. Comme si j'allais la lire! Pffff! Il n'a pas confiance.

-Non, ça n'a rien à voir. Il serait dangereux que Dame Nasuada ou Islanzadi-Dröttning tombe dessus.

-Pourquoi?

-C'est privé.

-Si ça concerne la guerre, ce n'est pas privé.

-Cela concerne indirectement la guerre et c'est privé. Je m'en occupe. Merci Eragon. Je dirais à Ebrithil que tu a brillament accomplit ta mission.

-Bien, je m'en vais alors.

Il me donne la lettre et part. Je l'ouvre et lis:

Mon amour,

Je t'écris ces mots en toute discrétion. Elle me surveille de très près, je n'ai plus de liberté. Je voulais te dire que tu me manques, chaque jour sans toi est un enfer. Reviens-vite

Je t'aime.

Oromis

Lire cela a ravivé le trou que j'ai dans la poitrine. Je tombe à genoux , la tête contre le sol et pleure bruyament. Je sers contre moi l'épée et la lettre et pleure toutes les larmes de mon corps. Je ne veux plus être séparée de lui. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là, 5 minutes? 15 minutes? Il pleut abondament. Je sens quelqu'un me soulever et me déposer dans un lit. Je ne réagis pas, je continu de sangloter. Je finis par m'endormir.

Je me réveille lentement et ouvre les yeux. Je me sens un peu mieux. Je ne suis plus triste au point de m'effondrer. J'observe où je me trouve. Je suis encore dans le lit d'Angela. C'est peut être elle qui m'a transportée. Elle est assise à côté de moi.

-C'est Oromis, n'est-ce pas?, dit-elle, c'est Oromis que tu aimes.

-Que ... Comment ...

-J'ai lue la lettre. C'est lui.

-Oui.

-Tu l'aimes vraiment?

-A la folie.

-Et il t'aime vraiment?

-Assez pour être prêt à se sacrifier pour moi.

-Je vois, je n'avais aucune chance de gagner ton coeur.

Je ne répond pas, je ne veux pas retourner le couteau dans la plaie. Je ne veux même pas savoir comment elle connait mon elfe.

-Ca va? Tu as l'air bouleversée.

-Ca va, c'est bon, répondis-je en souriant, combien de temps ai-je dormis?

-Quand tu t'es évanouie, tu es restée toute le nuit et depuis que je t'ai récupérée dans l'allée, il s'est écouler un douzaine d'heures. En bref, tu es restée 24 heures ici.

-Quoi! Oh la la! Je dois me depêcher, je dois aller les chercher.

-Qui?

-Valentin et une amie. Ils sont à pied et ils n'arriveront jamais avant que l'on reparte. Je vais les récupérer en me téléportant. Au fait, ce serait bien que tu ne dises à personne que je suis ici. Islanzadi nous créerais des problèmes.

-Pas de problème, mais Eragon est bavard et il t'a vu. Tu es sure qu'il gardera le secret?

-Oui, Oromis a du lui dire de ne pas en parler.

-Je te laisse. A plus tard.

-Au revoir.

Je sors de la tente sans oublier cette fois de me rendre invisible. Avant d'aller les chercher, je vais voir Aiedail. Je me téléporte dans le bosquet où elle s'est cachée, je ne veux pas prendre le risque, même invisible, de rencontrer quelqu'un. Je n'en ai plus le temps. Je marche dans la clairière où j'ai installé notre campement la veille. Aiedail est couchée juste à côté.

-Désolée, je suis un peu en retard, dis-je.

-Plus qu'un peu même!, répond t-elle d'un ton qui se veut agaçant, mais elle sourit mentalement.

Ah d'accord, tu veux jouer! Alors jouons.

-C'est pas ma faute! Tout ces évènements sont arrivés independement de ma volonté!

Je me retourne et croise les bras en faisant semblant de bouder. Mais Aiedail me donne un coup de museau et je m'étale comme une pierre.

-C''est pas du jeu! T'étais derrière moi, je t'avais pas vu!

Elle était entrain de se rouler par terre, complètement morte de rire.

-Ah, alors puisque c'est comme ça.

Je luis saute dessus et lui fais subir la pire des tortures : les chatouilles. Aiedail est très sensible à la base des ailes.

-Ha Ha Ha! Arrêtes! Je t'en pris! Ha Ha Ha! Arrêtes, c'est promis, je recommencerais plus.

Je m'éloigne et la laisse reprendre son souffle.

-T'es trop forte Loukiana, je peux pas me défendre!

-Mais non, je ne suis pas forte, je connais juste ton point faible, répondis-je en éclatant de rire avec elle.

On joue encore quelques minutes, puis je dis :

-Je dois aller chercher Alïya et Valentin, tu m'accompagnes?

-Non, vas-y seule, tu seras plus rapide sans moi. A tout à l'heure.

-D'accord. On doit passer voir Nasuada, on te rejoindra juste après.

-Ok, A plus tard.

Je me téléporte à nouveau. J'atteris dans la campgne, au plein milieu d'une bataille.