Chapitre 26
L'assemblée était figée, personne n'osait bouger. Seul le vent se faisait entendre. Oromis était pétrifié de stupeur, j'avais de la peine pour lui. Il ne voulait pas le tuer, c'était un elfe, un confrère, il ne voulait pas. Pourquoi avait-il fait ça? Faölin était stupide, c'est son orgueil qui a dicté sa conduite, il est mort pour rien. On était tous bouleversé. Je me décidai à approcher de mon elfe. Je pris ses mains dans les miennes et le força à reculer du corp. Je le regardai droit dans les yeux, lui transmettant tout l'amour et la compassion dont j'étais capable, il était encore choqué par ce qu'il venait de se passé. Il n'arrivait pas à le réaliser. Ensuite j'enlevai l'épée du corp de Faölin et la laissai tomber à côté, par respect pour lui. Je ne le supportai pas, mais je ne suis pas irréspectueuse. L'assemblée resta un moment comme ça. Puis deux elfes s'approchèrent et firent apparaitre une civière avec le chant des plantes. Ils prirent délicatement le corp de l'elfe et le posèrent sur la civière. Ils la soulevèrent et commencèrent à marcher. Un cortège se forma automatiquement. On traversa le camp pour arriver sur la plaine. Oromis et moi marchions en retrait. Ils s'arrêtèrent vers un terrain assez grand et déposèrent l'elfe au sol. Avec la magie, ils creusèrent une tombe, et y installèrent Faölin à l'intérieur. Ils le recouvrirent de terre et commencèrent à chanter. Les autres elfes se joignirent à eux. Une pousse apparu sur la terre fraiche. Le chant était triste, lent, magique. C'était un chant funèbre en son honneur. La pousse commença à grandir, encore et encore. Les elfes continuaient de chanter. La pousse devint rapidement un arbre, très grand, avec beaucoup de branches et de feuilles. Était-ce comme ça que les elfes étaient enterrés? Ils se réincarnaient en arbre. Je trouvais cela magnifique. Pour un elfe, je pense qu'il n'y avait pas de meilleurs façon de finir. Eux qui adoraient la nature, ils sont en symbiose avec elle à leur mort, je trouve cela très attentioné. Nous admirâme tous l'arbre un moment, pour rendre un dernier homage à Faölin. Puis tout le monde se retira. L'enterrement avait duré toute la journée, le soleil se couchait. Nous retournâme à notre tente. Oromis n'avait pas dit un seul mot depuis la fin du duel, il était encore déboussolé. J'avais de la peine pour lui. Je faisais tout pour le réconforter, j'étais très attentive à ce que rien ne lui arrive. Il avait besoin de moi, je ne devais pas le laisser seul. Il se coucha rapidement, sans manger. Personne n'avait manger aujourd'hui, je crois qu'ils n'en avaient pas le coeur, ni l'envie. Je le suivai sans un mot, le prenant dans mes bras, caressant lentement ses cheveux. On s'endormit rapidement, on plongeait dans un sommeil sans rêve. Il était trop tôt pour que le contre-coup nous prenne.
Le lendemain, l'ambiance était morose, lugubre, il n'y avait pas de chant, pas de rire, l'habituelle légèreté des elfes avait pris la poudre d'escampette. Ils n'avaient plus l'habitude de voir l'un des leurs mourir au combat. Moi-même j'étais perturbée par cela. C'était la première fois que je voyais un membre du beau peuple quitté ce monde. Et avec la bataille qui approchait, le temps n'était pas à la gaieté. Dans maximum quatre jours, nous serions à Gil'Ead et la bataille commencera. Murtagh et Eragon était reparti chez les Vardens pour soutenir Nasuada, ils allaient devoir voler à toute allure pour arriver à temps. J'étais restée avec Oromis, Valentin et Arya. Mais Espoir ne se battrait pas, il va rester à l'abris, au camp. Tout le monde se préparait, affutait ses armes, comptait ses flèches. Mon elfe n'avait toujours pas parler, prononcer un seul mot. Ce duel l'avait vraiment affecté, j'étais très triste pour lui. Je ne voulais pas qu'il reste comme ça. Il resta enfermé dans son mutisme trois jours entier, même Glaedr n'arrivait pas à le faire sortir de sa bulle. Le soir du troisième jours, il éclata en pleurs. Le contre-coup était destructeur. Je le pris dans mes bras et le berçai lentement, je restai avec lui, jusqu'à ce que cela se calme. Pendant de longue minutes, il laissa ce surplus d'émotions s'échapper de lui, le libérer d'un poid trop lourd à porter. Lorsqu'il fut calmer, il m'embrassa tendrement.
-Merci. Merci d'avoir été là pour moi, mumura t-il.
-C'est normal mon coeur. Je n'allais pas t'abandonner, jamais. Je le jure. Je suis désolée, c'est ma faute si tout ceci est arrivé.
-Mais non!, répliqua mon elfe, ce n'est pas de ta faute. S'il est tombé amoureux de toi, ce n'étais en rien de ta responsabilité. Tu ne peux pas contrôler ça. Et c'est lui qui à provoquer ce duel. Je suis triste qu'il soit mort, je ne voulais pas. Mais il est le seul responsable. Si j'avais refusé ce duel, je t'aurais perdu pour toujours. Et je ne peux m'imaginer vivre sans toi. Ce serait comme... une nuit sans lune, sans étoile, sans lumière. Si je t'avais perdu à cause de ça, j'en serais mort de chagrin. Je t'aime Loukiana. Je ne veux pas que tu culpabilises.
C'est incroyable. C'est Oromis qui est bouleversé, et c'est lui qui me réconforte. Je l'aime tellement.
-Oromis... je t'aime, c'est juste que je ne veux pas que tu sois triste. Je vois bien que ce duel t'as perturbé, plus que tu ne veux le laisser croire. Tout ce que je souhaite, c'est que tu ne te laisses pas ronger par ça. Je t'aime tellement. La vie ne vaut pas la peine d'être vécu sans toi. Je pense que tu l'as compris lorsque tu m'as sauvée.
Je l'embrassai avec amour. Je lui transmettais tout ce que je ressentais pour lui dans ce baiser. Je pouvais sentir qu'il allait un peu mieux. Je ne pense pas qu'il oublira cet évènement facilement, mais je sais à présent qu'il s'en remettra. Pour la première fois depuis plusieurs jours, j'étais soulagée. Je pus enfin dormir avec mon elfe, sans craindre qu'il n'y ait un problème. Je n'avais pas dormis une seule fois, j'avais trop peur pour Oromis. Je n'avais fait que rester près de lui. Je le forçais à manger alors que moi-même je ne mangeais pas pour rester à ses côtés. D'ailleurs il faudrait que j'aille chasser un peu avant la bataille. Mais pour l'instant, je m'endormis heureuse aux côtés de mon elfe.
Le lendemain, je me réveillai avant mon elfe. Je voulais le laisser dormir, il en avait besoin. Je laissai un mot à coté de son oreiller, le prévenant que je partais chasser, et que je revenais vite. Je m'éclipsai discrètement et parti à la recherche d'une proie digne de ce nom. Mais dans une plaine, du grand gibier, il n'y en a pas des masses. J'ai du me rapprocher d'un village qui était entouré par un sous-bois. Là, je pus sustenter ma soif, tout en faisant attention à ne pas perturbé l'éco-système. Quand je revins, Oromis était déjà debout, je le saluai en l'embrassant tendrement. Aujourd'hui, nous étions assez maussade, on devait aller se battre. Autant le dire tout de suite, je ne voulais pas que mon elfe y aille, c'était trop dangereux et j'avais un mauvais préssentiment. Et puis, il était quand même plus vulnérable que moi, vampire à moitié elfe. Mais je savais qu'il refuserait de rester, surtout si moi je partais. Et je devais le laisser choisir, ce n'était pas ma vie. Je lui fais déjà assez peur quand je pars toute seule pour des missions "suicidaires", il ne me laissera jamais y aller seule. Et de toute façon, les elfes refuseront qu'il reste, surtout qu'il n'est plus estropié. Je gardai donc mes inquiétudes pour moi, et on se prépara. On enfilait nos cottes de mailles. Je remerçiai intérieurement Rhünon, je pouvais reconnaitre son travail, c'était magifique. J'étais rassurée, nous risquions moins d'être blessé avec ça. Je pense que seul des carreaux d'arbalètes ou des épées en vif-acier pourraient nous atteindre gravement. Mais à part Galbatorix, il n'y avait pas d'autre dragonniers dans le camp ennemis. Et même si je suis certaine que le faux roi garde dans ses coffres toutes les épées des dragonniers de l'ancien temps, je doutais fortement qu'il en donne à de simple soldat ou généraux, qui n'auraient pas la force adéquate pour la manier. Une fois paré, on sorti, je devais aller voir Valentin, pour qu'il me rende Amour. On m'avait enseigner les bases de l'escrime, et je sentais que j'en aurais besoin. Je quittai donc temporairement Oromis pour trouver mon ami. Lui aussi était entrain de se préparer avec Alïnya, ils étaient morose. J'ai l'impression que beaucoup de monde sentait que cette bataille ne serait pas aussi anodine qu'il ne le parraissait. Après tout, ce n'était que Gil'Ead, il n'y avait pas de grand danger, du moins, les espions n'ont rien détectés, pas d'armes secrètes, de soldat surentrainés à la magie, rien. Alors pourquoi étions-nous si inquiet? Quand Valentin me vit, il comprit ce que je faisais là. Il embrassa rapidement Alïnya et prit l'épée avant de me rejoindre. J'étais très heureuse qu'ils soient ensemble. Tout le monde avait le droit au bonheur. Et ils allaient vraiment bien ensemble. J'ai l'heureux sentiment qu'avec le retour du roi des elfes, certaines lois allaient changer, dans notre intérêt. Islanzadi semblait joyeuse à longueur de journée, mes hypothèses s'averraient juste. C'était le fait qu'elle ait perdu Evandar qui faisait qu'elle était stricte avec les elfes. Bon, elle ne m'aime toujours pas, mais elle semblait tolérer que ses sujets soient avec d'autres personnes que des elfes. On se dirigea vers l'armurerie. L'elfe qui s'en occupait prit les mesures de mon ami et sélectiona plusieurs épées. Valentin les testa toutes avant dans choisir une. On la paya et retourna à sa tente, Alïnya l'attendait encore. Je lui empruntai son épée, et sous leurs yeux, je la renforçai de toutes les façons que je connaissais pour qu'elle ne se brise pas. En quelque sorts, elle fut pratiquement aussi solide qu'une épée de dragonnier. Mais les épées de dragonnier sont enchantées lorsqu'elles sont forgées, donc celle-là sera quand même moins résistante, mais ça suffira pour cette bataille. Il n'y aura que des humains normalement, donc elle ne devrait pas se briser. Je leur rendis leur épées, et leur souhaitai bonne chance. Nous en aurions tous besoin aujourd'hui. Et je retournai voir mon elfe. Je voulais être avec lui quand la bataille commencera. Je le rejoignis, et nous nous sommes mis en route, pour prendre d'assaut la ville. Glaedr et Aiedail volaient au dessus de nous tandis que nous marchions. La tension ne cessait de s'accroître. Nous étions maintenant devant les remparts, et le stresse atteignait son comble. Aucun n'elfe n'affichait sa peur, même si je savais que nous ressentions tous la même chose. L'air était lourd malgré l'heure matinale. On pourrait presque voir des étincelles s'enflammer dans le ciel. Les soldats de la cité lançèrent leur première flèches sur nous. La bataille commençait. J'embrassais pasionnément Oromis.
-Je t'aime, murmurais-je.
Avant de me lancer dans le combat. Les flèches étaient aisément parées, nous prenions d'assaut les remparts, les escaladions. Mais, très vite, il parut évident que nous devions ouvrir les portes de l'intérieur. Alors, Aiedail et Glaedr vinrent nous chercher, et, avec Valentin et Alïnya, qui était sur Wilwarin, nous attaquâmes la cité par les cieux. Nous nous débarassions des archers pour permettre aux éclaireurs elfes d'escalader la muraille et ouvrir les portes. Cela dura quelques minutes, et ça fonctionnait à merveille. Mais, Oromis ordonna à Valentin de se poser au sol, et d'attaquer de là. Je ne comprenait pas le sens de cet ordre, quand je suivis son regard. Loin, très loin, une masse sombre approchait par les cieux. Et elle avançait vite, très vite. Non, je ne voulais pas y croire, c'était impossible. Comment cela pourrait-il être? Jamais en un siècle d'existence il n'était sortit de son château. Pourtant, et pourtant, il était là. Il approchait. Galbatorix prenait par à la bataille.
