Severus Snape s'inquiétait de plus en plus au sujet de l'agitation du Roi de Slytherin et ce qui achevait de rendre son inquiétude à son paroxysme, était l'attitude nonchalante de son filleul et par la-même, le Roi des terres de Hogwarts. Il avait eu d'autres projets pour ce jeune homme que l'installation d'un harem ou d'autres préoccupations si futiles. Il s'était imaginé qu'il aurait été un véritable dirigeant, prenant au sérieux les tâches à accomplir.

Oui, il pouvait admettre qu'il était déçu, très même. Si Lucius voyait cela, il se retournerait dans sa tombe. Heureusement qu'il prenait la relève en tant que Second du Roi et qu'il assurait l'ordre dans ce royaume connaissant une certaine prospérité depuis plus d'une décennie déjà. Il espérait que ce Tom Jedusor ne viendrait pas tourmenter leur quiétude si paisible.

Soupirant, il revint à ses travaux administratifs. Il devait s'occuper de gérer ce pays et aussi longtemps qu'il vivrait, il ferait son devoir aussi bien qu'il le pourrait et ne relâcherait jamais les efforts qu'il fournissait pour ce royaume.

Pour l'instant, le Tournoi des Champions avait lieu chaque année entre les chevaliers et occupait toute son attention. Les gens du royaume attendaient avec une impatience non contenue, cet événement qui était pour eux d'une importance capitale.

Bien que Severus aurait volontiers limité les dépenses appartenant à la trésorerie, surtout avec la présence d'un Roi quelque peu imprévisible aux alentours de Hogwarts, il devait admettre que ce Tournoi permettait de rassembler les sujets et de leur donner ce frisson qu'ils recherchaient. De plus, c'était également un excellent moyen de rapprocher le roi de son peuple et ainsi de maintenir l'ordre dans le royaume.

Mais à trop étaler son pouvoir et sa richesse, le pays risquait d'attirer les convoitises, à l'exemple du souverain Jedusor, plus connu sous le nom de Voldemort. La cruauté de ce dernier était bien connue, ainsi que sa soif de pouvoir et de gloire.

Alors qu'il lisait les rapports des espions envoyés à Slytherin et qu'il ne cessait de se faire un sang d'encre pour l'avenir du Royaume, on toqua à la porte de son bureau.

Un homme de haute stature pénétra dans la pièce et il ne put s'empêcher d'être tendu. Sirius Black, le Général de la Garde Royale.

Il n'appréciait guère cet homme mais devait cependant avouer qu'il était sérieux dans ses devoirs, bien que son côté volage venait ternir quelque peu le tableau.

En regardant la silhouette du Général, il ne pouvait que comprendre l'intérêt qu'il éveillait chez les dames de la Cour.

De haute taille, le corps bien proportionné et fort, élégant dans son costume militaire, épée sur la hanche, il avait un côté sombre et mystérieux. Ses cheveux étaient cuivrés et mi-longs. Les quelques mèches qui lui retombaient sur le front, donnaient plus d'intensité à son regard gris perçant. Ses traits aristocratiques et sa mâchoire carrée ne venaient qu'ajouter à son charme. De son visage, se dégageait un côté amical, bien qu'il affichait en ce moment un sourire moqueur à l'adresse du Second du Roi.

- Snape.

Severus se leva, peu amène et agaçé :

- Black. Vous me pardonnerez volontiers, je l'espère, de laisser de côté les formules de politesse. Un sujet me préoccupe. Le souverain de Slytherin m'inquiète et d'après les rapports de nos espions, il ne cesse d'agrandir ses armées et se réunit très souvent avec son conseil. Nous devons renforcer notre défense à son maximum et s'entretenir avec l'Ambassadeur de Slytherin est essentiel.

- Snape, Voldemort est un fou furieux qui peut à tout moment nous tomber dessus, malgré tous les accords et traités signés après la Grande Guerre. Vous devez savoir que j'entraîne mon armée dans cet éventuel but. Nos frontières sont parfaitement surveillées et l'armée est préparée à défendre le royaume à chaque moment de la journée et de la nuit. Vous devriez vous détendre un peu.

Le Général alla se servir du vin sans demander au préalable l'autorisation au Conseiller Principal du Roi et lui tendit une coupe, qu'accepta volontiers Severus, en levant un sourcil. Il le trouvait un peu trop proche de lui à son goût.

- Ne vous reposez-vous donc jamais, Snape ? Les cernes sous vos yeux ne vous rendent que très peu justices. Des gentes demoiselles succombent-elles tout de même à vos charmes ?

Voilà une chose qu'il ne supportait guère chez ce sale Général : cet humour ridicule et cette nonchalance stupide pour un homme avec une aussi haute position dans l'Armée.

- Taisez-vous, Black ! Comment pouvez-vous être aussi léger après avoir abordé un sujet aussi épineux et sensible ? Vous m'exaspérerez toujours avec votre attitude si… si…

- Si ?

Le Général se tenait penché vers lui, un sourcil levé et moqueur, nonchalamment appuyé contre la table de travail.

- Epargnez-moi ces simagrées !

- Vous m'amuserez toujours, Snape. Bien que cette conversation me fût très divertissante, il me faut revenir à des sujets plus sérieux. Mes hommes ont rencontré quelques difficultés dans le comté de Wellington, ce matin. Des paysans ont tenté d'attaquer les soldats avec les armes dont ils disposaient. Ils ont été bien entendu placés dans nos locaux et sont à l'heure actuelle, interrogés. Leurs propos ne sont que très peu cohérents mais je vous assure qu'on en tirera quelque chose bien assez vite.

Sirius Black crut bien voir le pauvre homme s'étouffer. Il se redressa tant bien que mal de sa chaise et foudroya le Général du regard :

- Ce matin ? Et ce n'est que maintenant que vous daignez m'en faire part ? Alors qu'en plus de cela un roi fou traîne dans les parages ? Mais où avez-vous donc la tête, Black ? Souhaitez-vous revivre l'épisode de la guerre que nous avons bien connu vous et moi et à cause de laquelle nous avons perdu de nombreux proches ? Il faut que vous me préveniez de ces problèmes à l'instant même où vous en prenez connaissance ! Ceci est vital !

Les mots prononcés par le parrain du souverain eurent le mérite de figer les traits du Général, dont l'expression se durcit, ses yeux d'aciers se faisant tranchant. Le sujet était sensible pour le militaire. Il ne supportait pas que l'on parla des morts de cette guerre. Il en avait tant perdu et le souvenir était toujours douloureux. Et cela, Severus le savait bien.

- Je vois que vous n'avez guère changé, Black. Vous êtes toujours ce petit gamin pédant qui n'ouvrait le museau que pour cracher des sottises. Faites donc votre travail, moi le mien, et le royaume s'en portera bien.

L'homme sortit de la pièce dans un claquement de porte sonore, laissant un Severus, mécontent d'avoir eu le bec cloué.


Assis à l'ombre dans les jardins royaux, sous un kiosque donnant face à la mer, le jeune Draco jouait au fameux jeu d'échecs avec son plus proche ami, Blaise Zabini.

- J'ai cru comprendre que ton harem a accueilli de nouveaux habitants hier. Combien de personnes sont à ton service pour te satisfaire déjà ? Une quarantaine si je ne m'abuse ? N'en n'as-tu pas suffisamment ? Echec.

Loin de s'offusquer du ton familier qu'employait Blaise pour s'adresser à lui, Draco sourit :

- Je ne suis jamais rassasié d'un délicieux corps aux courbes exquises, mon cher. Cela faisait un moment que je n'avais pas pris de chaire fraîche, au sens propre comme au sens littéral. Un peu de changement ne fait jamais de mal. Bonne attaque mais je n'ai pas dit mon dernier mot. Fais attention à ta reine.

- En parlant de reine, sais-tu que ta chère et tendre est venue me rendre une petite visite matin ? Elle m'a fait comprendre très subtilement que je devais te parler à son sujet. Tu la délaisses trop à son goût.

Le blond leva son regard gris vers son ami, tout en dégustant une grappe de raisin.

- Cette chère Pansy refuse de voir qu'elle n'est mon épouse qu'à titre officiel. Je le lui ai déjà fait comprendre.

- Elle t'aime.

Le souverain fit un geste agacé, se concentrant sur le jeu.

- Ne me parle pas de telles futilités. Je ne crois qu'en la débauche et en la luxure. L'héritier que le peuple quémandait, je l'ai produit. Je n'ai plus rien à faire avec Pansy. Tu es pris au piège, Blaise.

Etonné, le jeune homme regarda le jeu et eut un petit sourire.

- Piètre attaque, mon cher. Et ta vision si peu romantique du monde me désespère.

- Que veux-tu ? Et toi ? Quand viendras-tu piocher dans mon fameux harem. Tu sais bien que tu es le seul qui pourrait se le permettre.

- Je te remercie de ta générosité mais je m'en passe très bien.

- Tu te contentes de les prendre partout, à l'exception de mon harem.

- Je n'aime pas que l'on me soit acquis. Je préfère les séduire et tisser lentement ma toile pour les prendre au piège.

- Je sais bien que tu n'apprécies guère tout ce qui se rapporte à l'esclavagisme mais ils sont libres de partir quand ils le veulent. Ils ne sont pas enchaînés à moi et de toute manière, ils ne peuvent se passer de moi une fois qu'ils ont partagé ma couche. S'ajoutant à cela, ils sont logés, nourris au palais, ont de nombreux avantages et sont respectés. Nous ne sommes pas à Slytherin, Blaise.

- Ce n'est pas pour rien que j'ai fait le choix de partir de ce maudit royaume pour m'exiler ici. Echec et mat. Tu as perdu.

Observant l'échiquier, Draco se rendit compte qu'il avait effectivement perdu. Décidément, Blaise était un fin stratège et bien entendu extrêmement doué aux échecs. Le blond ne l'admettrait jamais à voix haute, et surtout pas devant lui.

- Tu as eu de la chance. Viens, allons prendre nos chevaux. Cela me donnera l'occasion de te parler de ce bel éphèbe, qui vient justement de ton cher pays. Il est vraiment délicieux. Un vrai appel à la luxure. Ce sont surtout ses yeux qui sont fabuleux.


Harry se promenait à l'extérieur du palais. Il s'était laissé porter par le magnifique jardin, appréciant le calme et la beauté des lieux. Les courtisans le détaillaient du regard, chuchotant sur son passage. Les ignorant, il continua sa promenade.

Son arrivée d'hier l'avait quelque peu chamboulé. Quel changement avec son ancien lieu de résidence ! Ici tout n'était que beauté, exotisme et paysages verdoyants. Il oubliait le froid et l'atmosphère sombre de Slytherin et espérait pouvoir rester sur cette terre aussi longtemps que possible.

On l'avait rapidement installé dans le harem du palais. Habitué à être seul, il n'avait que moyennement apprécié de partager son intimité avec des étrangers et n'avaient guère fermé l'œil de la nuit. De plus, il avait très bien senti l'hostilité des courtisans et n'avait donc pas cherché à faire connaissance. De toute manière, il avait toujours préféré la solitude à une compagnie ennuyeuse.

Il avait pensé qu'il serait privé de sa liberté en venant ici mais à son grand étonnement, il pouvait sortir du palais durant la journée et on le prévenait d'avance si le roi souhaitait le voir. Ce dernier faisait rarement appel à son harem dans la journée.

Perdu dans ses pensées, il vit qu'il était arrivé devant l'écurie du palais. Adorant les chevaux, il s'engouffra à l'intérieur et admira les magnifiques animaux racés.

Il fut particulièrement attiré par un beau cheval dont la robe était d'un blanc pur avec pour seule couleur, une tâche noire sur le front. Il s'approcha de la rambarde en bois et flatta l'encolure de l'animal, murmurant des mots doux.

- Beau cheval, hein?

Un peu surpris, Harry se retourna pour voir un grand jeune homme roux au visage sympathique et ouvert, qui lui souriait.

- En effet.

- C'est celui de sa Majesté. Il s'appelle White Fierce. Une vraie tempête cet étalon. Très peu de personnes peuvent l'approcher et encore, il faut d'abord réussir à le calmer. On dit que les animaux ont un sixième sens et qu'ils peuvent sentir les personnes de confiance. Si ce qu'on dit est vrai, tu dois en être une.

- Je suis désolé de m'être introduit comme cela.

- Il n'y a aucun problème je t'assure. Un peu de compagnie ne fait jamais de mal. Je suis Ronald Weasley mais tout le monde m'appelle Ron. Content de faire ta connaissance.

Le jeune homme lui tendit une main qu'il serra avec plaisir.

- Harry Evans.

- Tu fais partie du harem de sa Majesté, c'est ça ?

- Oui. Tu travailles ici ?

- Je suis palefrenier. Ca ne fait pas longtemps que je suis là. Mes parents sont plutôt pauvres et je ne voulais plus être un poids pour eux. Ma sœur aussi fait partie du harem, elle s'appelle Ginevra et est aussi rousse que moi. C'est grâce à elle que j'ai pu avoir du travail ici. Tu as dû la rencontrer, non ?

Harry écoutait amusé, le jeune homme autant parler, quand même content de rencontrer quelqu'un d'aussi agréable.

- Ce n'est qu'hier que je suis arrivé. Je n'ai pas eu le plaisir de la rencontrer.

- Et bien, je ne pense pas que tu mettras bien longtemps avant de faire sa connaissance vu qu'elle ne passe pas inaperçue avec sa longue chevelure de flamme. D'ailleurs, vous avez les yeux d'une couleur semblable.

Harry se rappela de la jeune femme qui était repartie avec le souverain hier soir, accrochée fièrement à son bras. En effet, il ne pouvait la rater. Un sourire apparut sur ses lèvres.

Le roux ouvrit le box du cheval et s'y engouffra. Harry put voir le corps musclé et robuste indiquant les origines de paysan du jeune homme, à l'œuvre. Armé d'une brosse et d'un sceau, il se mit à nettoyer le cheval.

- Tu peux rester. Ce n'est pas tous les jours que je rencontre quelqu'un avec qui parler. Sinon c'est comment la vie au palais ?

- Je n'ai pas à me plaindre. On nous assure un bon confort. Mais c'est bien entendu différent de chez moi.

- Tu viens d'où ?

- De Slytherin.

Le roux arrêta tout mouvement.

- T'es sérieux ? La vache ! C'était comment là-bas ?

- Tout est à l'opposé de ce que tu peux trouver ici.

- On peut dire que tu as de la veine de te retrouver sur nos terres, alors. A ce qu'on dit le roi de ce royaume est sans pitié avec son peuple. Ta famille est restée là-bas ?

- Mes proches sont tous morts.

- Oh… Je suis désolé, je…

- Ne le sois pas, je ne me souviens pas d'eux. J'ai quand même eu la chance d'avoir grandi dans une bonne famille et d'avoir reçu une bonne éducation.

- Tu sais donc lire et écrire ?

- Oui. Pourquoi cette question ?

Il vit le roux baisser la tête, gêné et tout rouge.

- J'ai toujours voulu m'instruire. Ma sœur a de la chance puisqu'on lui montre tout cela dans le harem, mais elle ne veut plus me voir depuis qu'elle a été avec le roi. Elle me trouve un statut trop bas. Je sais que c'est stupide avec ma condition. Dans mon village, il y avait un bon prêtre à l'église qui m'avait permis d'apprendre à lire l'alphabet mais il est mort avant d'avoir pu me montrer le reste.

- Et bien, je suppose que cela peut se faire. Je ne pense pas avoir beaucoup d'occupations durant la journée ici, donc oui.

- Tu es sérieux ?

Le visage de Ron s'illumina et il lui adressa un grand sourire.

- Oui, bien sur.

En effet, Harry était bien content de l'avoir rencontré. Cela faisait combien de temps qu'il n'avait pas discuté avec quelqu'un de son âge déjà ? Il ne s'en rappelait plus. Un peu d'insouciance ne lui ferait pas de mal.


- Cela fait combien de temps que tu t'es débarrassé de ton ancien amant, Blaise ? C'était le fils d'un lord, n'est-ce pas ?

- En effet. Cela fait un mois que je ne le vois plus. Malheureusement, son père a découvert qu'il préférait les hommes aux femmes et a décidé de l'éduquer correctement. Entre nous, je suis bien aise qu'il ne soit plus là. Il en devenait lassant.

Le blond eut un petit sourire. Blaise l'étonnerait toujours.

- Je ne vois pas pourquoi tu ne te limites qu'aux hommes. Les femmes ont bien des atouts.

- La raison est devant toi, mon cher Draco.

Le roi fronça les sourcils regardant au devant. A l'intérieur de l'écurie devant laquelle ils se trouvaient, il vit deux jeunes hommes qui discutaient tranquillement, l'un brun et l'autre roux. Son regard s'accrocha directement à la silhouette familière du noiraud. L'éphèbe faisait déjà connaissance avec les employés du palais. Il ne perdait pas de temps ! Il ne porta que très peu attention au roux présent à ses côtés.

- Celui-ci m'est réservé, mon cher Blaise, qui plus est il fait partie de mon harem. Je ne pense guère qu'en sachant cela, tu souhaites l'avoir dans ton lit.

- De qui parles-tu ? Cela m'étonnerait que celui qui porte un sceau et une brosse dans les mains soit un résidant de ton maudit harem.

- Le palefrenier ? Ma foi, s'il te plaît…

Blaise avait les yeux plissés et le regard rêveur.

- Oh que oui, il me plaît… Les muscles qui roulent sous cette peau sont dignes d'un chef-d'œuvre.

Le noir se remit en marche, apparemment très satisfait de son choix et le souverain le suivit, amusé. La ballade à cheval pouvait attendre.

Ils pénétrèrent sans plus attendre dans l'écurie pendant que le responsable venait à leur rencontre en rampant presque. Le souverain le congédia d'un geste impatient de la main.

Il entendit le brun parler au roux de son passé et en fut surpris. Les deux hommes se retournèrent vivement à son approche, s'inclinant avec respect. Draco laissa son regard couler sur le corps appétissant qu'il avait devant lui.

Le brun portait une tunique beige en toile, faisant ressortit sa peau mate. Encore une fois, il fut hypnotisé par les yeux verts du jeune homme. Il alla flatter l'encolure de son cheval, se tournant vers le brun.

- Les alentours du palais te plaisent-ils ?

- Votre majesté… Je n'ai pas encore terminé mon excursion qui a pour but de découvrir vos jardins, je ne puis donc vous rendre une réponse.

L'audace du jeune homme lui fit cligner des yeux. L'éphèbe avait les yeux baissés mais un petit air amusé venait mettre en évidence son petit côté joueur. Osait-il insinuer que ce qu'il avait vu jusqu'à présent ne lui était pas satisfaisant ? Il était de plus en plus charmé par cette arrogance.

Blaise à ses côtés esquissa un sourire devant la réplique mais de ses yeux, il mangeait le roux qui d'aussi près, lui rappelait vaguement une connaissance. Il ne savait plus qui.

- Ton sens de l'orientation doit être biaisé pour que tu te retrouves dans les écuries et surtout, devant le box de mon cheval. A moins que tu ne souhaitais continuer ta petite promenade sur mon étalon ?

- Je n'oserai jamais vous faire un tel affront, votre Majesté. Je viens tout juste de rencontrer ce garçon ici présent et je faisais connaissance.

Draco se détourna de Harry pour s'avancer vers le jeune roux.

- Comment te prénommes-tu ?

Il vit le roux rougir violemment, avant de se mettre à bégayer, assez lamentablement devait-il admettre :

- Je… Je… Votre Majesté… Je suis Ron… Ronald Weasley…

Le roi fronça les sourcils face à ce nom de famille dont il ne se rappelait plus à qui il appartenait.

- Je vois que tu prends bien soin de White Fierce, il t'apprécie et tolère ta présence. C'est du bon travail, Ronald.

Le jeune roux s'inclina encore plus bas, ne sachant où se mettre devant de tels compliments.

Le noir prit enfin la parole après avoir suffisamment observé le jeune homme.

- Ronald Weasley. N'y a t'il pas une Weasley dans votre harem, votre Majesté ?

Draco tiqua face au soudain vouvoiement de Zabini, ce dont ce dernier ne manquait jamais d'utiliser quand il y avait du monde autour d'eux. Ignorant la question, il se tourna vers Harry.

- Que dirais-tu de continuer ta visite des lieux en ma compagnie ?

Le garçon lui adressa un petit sourire provocateur et acquiesça.

- Ce serait avec plaisir, votre Majesté.

Il jeta un coup d'œil à Blaise et vit que ce dernier dévorait du regard le rouquin. Esquissant un rictus et lançant un regard complice à son ami, il décida de remettre à plus tard la ballade à cheval. Décidément, ce jeune Harry l'intriguait.

Quant à Blaise, voyant que le roi se retirait avec l'autre, il s'avança vers le palefrenier qui ne savait plus où se mettre. En effet, ce dernier n'avait guère l'habitude de côtoyer les résidents du palais, et surtout pas les plus importants. Le jeune roux voyait bien à quel point il se ridiculisait. Sûrement cet homme qui avait accompagné le souverain et qui restait, allait le réprimander.

Et il ne pouvait mieux se tromper.

- Blaise Zabini, chevalier et conseiller de sa Majesté.

Le roux s'inclina la tête maladroitement, gardant celle-ci baissée et rougissant.

Blaise quant à lui appréciait ce corps fort et robuste, ainsi que cette timidité touchante. En s'approchant du rouquin, il sourit doucement. Il n'avait certainement pas besoin du harem de Draco pour se trouver quelqu'un.

- Sans indiscrétion, je t'ai entendu exprimer le désir de t'instruire.

Il se demanda s'il était vraiment possible d'être plus rouge que cela. Le pauvre garçon se mit à bafouiller.

- Je… je… My Lord, je m'excuse… ce n'était vraiment pas…

- Au harem, tu aurais pu avoir accès à tout cela. Pourquoi n'as-tu pas fait la demande d'y entrer puisque ta sœur s'y trouve ?

Ron prit un air outré et lâcha son sceau.

- Par… pardon ? Je ne vous autorise pas à me parler ainsi ! Je n'ai pas à être au service sexuel d'un autre pour recevoir une éducation. Je viens peut-être d'une famille pauvre mais j'ai eu la chance de bénéficier du minimum d'éducation. Je ne suis pas un imbécile ou quelqu'un sans aucun honneur! Maintenant excusez-moi mais j'ai du travail à faire.

Sur ces mots crachés furieusement, le palefrenier ramassa son sceau et s'éloigna pendant que les yeux du chevalier brillaient étrangement de fascination. Il n'allait certainement pas le laisser filer !

- Je ne voulais pas t'offenser. Je te prie de m'excuser si ce fût le cas.

- De quel droit me tutoyez-vous alors que vous venez de m'insulter ?

Il avait du caractère ! Et bien, il avait trouvé une perle rare.

- Je voulais simplement te proposer de t'instruire.

Amadoué, le roux se calma mais resta méfiant :

- Pourquoi feriez-vous cela ? Le jeune homme qui vient de partir avec sa Majesté a déjà accepté de le faire.

- Je vois cela. Bien sûr qu'il en aura le temps puisque le roi souhaitera l'avoir à tout moment à ses côtés. Cela me touche que tu veuilles avoir accès à ce que la société pense que tu ne mérites pas. Je n'ai pas d'autre but que de t'apprendre ce que tu souhaites en te faisant cette demande.

Blaise s'était rapproché, ancrant ses beaux yeux ambrés dans le regard bleu du jeune homme. Mentir effrontément tout en faisant passer cela pour une vérité incontestable, voilà sa spécialité.

- Et bien je…

- Tu acceptes donc. Voilà donc un garçon intelligent.

Claquant des doigts, il fit signe à un des palefreniers qu'il prenait avec lui le roux.

- Suis-moi donc, tu as fini ta journée pour aujourd'hui.

- Comment cela ? Je n'ai pas fini mon travail !

- Vois-tu, un chevalier et le proche ami du roi possède certains avantages dont tu peux maintenant profiter. Viens donc.

Le Weasley s'avança quelque peu indécis dans sa direction et le suivit timidement. De son côté souriant, le chevalier prit le chemin pour rentrer au palais. Il venait de se trouver un nouveau passe-temps tout à fait à la hauteur des ses attentes.