Le souverain de Hogwarts observait le nouveau résident de son harem, pendant qu'il s'approchait d'un lieu retiré du jardin royal, d'où l'on pouvait admirer l'eau bleue de la mer.
- Où étais-tu avant de te retrouver ici ? Et pourquoi as-tu choisi de quitter ton pays natal ?
Harry se contenta de sourire doucement.
- Suis-je contraint de vous répondre, votre Majesté ?
- Cela me ferait plaisir d'en apprendre un peu plus sur le passé du nouvel habitant de mon palais. Tu t'exprimes bien pour quelqu'un qui arrivé ici avec le statut d'esclave et cela m'intrigue.
- Dans ce cas… Je ne me rappelle guère de mon enfance. Tout ce dont je sais est que ma famille qui avait des titres auparavant, a été tuée. Un marchand d'esclaves m'a trouvé presque mort dans la boue et m'a vendu à un maître. Il était cruel et je me suis enfui un jour, alors que la surveillance s'était relâchée. D'autres jeunes hommes dans la même condition que moi allaient être conduits ici et je me suis fondu dans la masse. On disait qu'à Hogwarts la condition d'esclaves n'existait pas.
- Tu étais donc un noble ?
- Je… je ne sais plus… J'étais encore un enfant à cette époque et j'ai tout oublié.
- Qui était ton ancien maître ?
Harry mit un moment avant de donner une réponse et Draco pensa que c'était les douloureux souvenirs que cela faisait resurgir qui le plongeaient dans ce silence.
- Un noble très proche de l'entourage du roi de mon pays. Je… j'aimerai ne pas m'attarder sur cette partie assez désagréable de mon histoire, si vous le permettez.
Le blond se contenta de se plonger dans la contemplation du paysage qui s'offrait à lui. Il descendit un petit escalier en pierre pour s'approcher des remparts, campés sur d'énormes rochers se perdant dans l'océan.
- Tu vois ces vagues qui viennent s'écraser contre les rochers ? Ce serait dans cette partie de la pointe que nos ennemis se seraient le plus échoués, lorsqu'ils tentaient de nous envahir. On l'appelle la Pointe Sanglante.
Le brun s'approcha en silence pour venir lui aussi admirer la vue. L'écume des vagues, blanche se mourrait contre les énormes rochers ciselés et coupants. Nul doute que des navires s'étaient brisés contre ces amas noirs et menaçants.
Le souverain put alors à tout loisir le contempler. Détaillant le profil tout en douceur du jeune homme, il se focalisa sur le regard rêveur magnifié par les longs cils courbés, les lèvres charnues et roses, les épais sourcils bien dessinés ainsi que la chevelure courte mais abondante, scintillante sous le soleil dorée. Le jeune homme le dépassait d'une bonne tête et malgré sa fine silhouette élancée, il pouvait bien apercevoir les muscles sous la tunique transparente. Sa peau olivâtre était un véritable appel à la luxure.
Soudain, le brun s'arracha à sa rêverie pour venir accrocher son regard dans les yeux d'acier du jeune roi. Ce dernier ne put retenir plus longtemps son envie de toucher l'éphèbe, qui l'appelait à lui dès l'instant où il l'avait vu.
Il lui attrapa le poigné pour venir le plaquer contre le muret du rempart et fondit sur ses lèvres, dont la douceur l'acheva. Ses mains virent se faufiler sous la fine tunique pour caresser les hanches chaudes et la peau si douce sous son toucher. Il pouvait humer l'odeur naturellement parfumée du jeune homme, presqu'épicée et boisée, alors qu'il déposait de doux baisers sur son cou. Il ne sentit pas de résistance sous ses assauts et en fut surpris, il aurait presque parié que le jeune homme aurait cherché à le dominer, faisant fit de son statut de roi. Quelque peu déçu, cela n'entacha son plaisir à tenir le brun dans ses bras, à sa merci.
Un bruit de pas les interrompirent alors qu'un garde, rougissant de la scène qu'il avait surpris, s'adressa au Roi.
- Votre Majesté, Sir Snape vous fait savoir que le Conseil se réunit à l'instant.
Agacé, le souverain délaissa le brun et se retourna vers le garde, qui s'inclina aussi bas qu'il le pouvait.
- Severus trouve toujours le meilleur moment pour m'importuner. Dis lui que je lui fais entièrement confiance pour résoudre les problèmes administratifs et qu'il peut mener le Conseil sans ma présence.
Hochant la tête, le garde s'empressa de partir pour transmettre le message.
Draco, sans un regard pour le jeune homme présent à ses côtés, prit alors la direction du palais.
Ron quelque peu déboussolé, se demandait toujours comment il s'était retrouvé dans le palais royal dans lequel il n'avait jamais mis les pieds. Sa rencontre avec Harry Evans avait été l'élément déclencheur de sa situation actuelle, dont il n'en revenait pas.
Il suivait le chevalier, complètement émerveillé par ce qu'il voyait. Jamais auparavant, il n'avait pu voir autant de richesses et de beauté. Ce dernier lui avait proposé de l'instruire et bien qu'il en avait toujours rêvé, il savait bien que ces gens de la haute société considéraient que lui n'y avait pas droit. Il se questionnait donc sur les réelles intentions de ce Blaise Zabini qui avait l'air proche du Roi. En plus de cela, venait s'ajouter la peau de couleur singulière de l'homme! Mais qui était-il donc réellement ?
Il était dans tous les cas, subjugué par sa prestance. Il trouvait même qu'il était le plus bel homme qu'il avait rencontré jusque-là bien qu'il ne fût guère attiré par la gente masculine. Il était réellement beau ! Que ce soit son visage aux traits durs et différents de tout ce qu'il avait pu voir jusqu'à maintenant et de son corps au teint caramel.
Pour un noble, s'il en était bien évidemment un, il était vêtu simplement et sans de ridicules apparats. Habillé d'un pantalon noir, d'une chemise blanche ouverte sur le torse, et chaussé de bottes en cuir, Ron pouvait voir ses muscles saillants.
Il marchait derrière lui, quelque peu intimidé et n'osait ouvrir la bouche, se contentant de regarder tout autour de lui.
Tant de monde vivait dans ce palais ! Des domestiques s'activaient partout et les membres de la Cour chuchotaient sur leur passage.
Sans doute devaient-ils rire de lui, de ses cheveux roux et de ses habits sales.
Ron baissa la tête honteux et le feu aux joues. Depuis son enfance, il avait subi les moqueries sur son apparence. Les roux n'étaient pas appréciés et leur couleur de cheveux était souvent associée au Diable.
Toute sa famille en avait souffert mais ils avaient réussi à se faire accepter de leur communauté par leur bonté et leur générosité. Elle lui manquait mais il ne pouvait se plaindre de sa nouvelle condition en tant que palefrenier. Ici, il était nourri et logé très correctement. Et il avait une chance, peut-être, d'obtenir ce qu'il voulait tant.
Ils traversèrent un long couloir avant d'emprunter un étroit escalier, dans un coin peu fréquenté du palais pour finalement arriver devant des appartements privés, où Blaise s'adressa à un garde. Ce dernier s'empressa de lui obéir. Le chevalier se retourna enfin vers le palefrenier avec un sourire :
- Alors ? Tu as apprécié ce bref aperçu du palais de ton souverain ?
- Vous vous moquez de moi ?
Blaise haussa un sourcil :
- C'est une question dénuée de malices et demandée avec une innocente curiosité. Tu devrais être un peu moins sur tes gardes, jeune homme.
Piqué au vif, le roux détourna le regard pour observer la pièce dans laquelle il était.
- Ce sont vos appartements ?
- Splendide n'est-ce pas ?
- Et dire que la maison de mes parents fait la taille de cette unique chambre ! Tout est immense ici !
- Et tout cela tombe dans l'excès. Je suppose que tu as dû prendre note des chuchotements tout au long de notre petite marche ?
Ron baissa la tête, rougissant :
- Je… je suis désolé que vous ayez dû subir…
Le chevalier s'était approché doucement, posant délicatement son index sous le menton du jeune homme pour lui relever la tête.
- Tu n'as pas à t'excuser ou à avoir honte de celui que tu es. Le fait que je sois dans l'entourage proche de sa Majesté, ne me prive pas des brimades de la Cour. Je suis noir de peau et cela a toujours posé problème, tout comme tes cheveux roux. Tu es qui tu es et cela me plaît qu'un palefrenier roux puisse être correctement éduqué, tout simplement pour voir leur mine choquée. On va avant tout te laver et te donner des habits propres.
A cet instant, une jeune et jolie fille brune légèrement vêtue, pénétra dans la pièce en s'inclinant. Elle avait des cheveux bruns quelque peu ébouriffés et un regard mutin.
- Sir, vous m'avez fait demandée ?
- Hermione. J'ai en effet besoin de toi pour t'occuper du jeune homme ci-présent. Je compte sur toi pour en prendre correctement soin.
Dès l'entrée de la jeune femme, Ron eut le souffle coupé alors que son cœur partait dans un rythme effréné. Lorsque les yeux de velours sombres vinrent s'accrocher à lui, il sentit ses jambes lâcher prise et se maudit pour ses émotions qu'il n'arrivait guère à contrôler.
Bien entendu, cela n'échappa pas à l'œil aiguisé de Blaise qui ne put s'empêcher de trouver cela amusant. Ainsi donc, la suivante lui plaisait. Cela ne rajouterait qu'un peu de piment à l'affaire dont il sortirait comme toujours le vainqueur. Il ne fallait pas en douter.
- Nous commencerons tes cours quand tu seras prêt. Je te laisse donc entre des doigts de fée. Essaie de ne pas succomber à ces charmes féminins.
Après un dernier sourire narquois, le chevalier se faufila hors de la pièce. Que le jeu commence.
Resté seul avec la jeune femme, Ron rougit horriblement et garda la tête baissée. La douce voix féminine résonnait en lui comme le chant d'une sirène. Il était envoûté.
- Je suis Hermione, à votre service, Sir. Veuillez rejoindre la salle d'eau et ôtez vos habits le temps que je remplisse la bassine.
- Attendez !
Le palefrenier avait lâché le mot d'un ton brusque et la suivante fronça les sourcils face à ce comportement.
- Excusez-moi… je ne voulais pas vous faire peur.
Un rire résonna.
- Vous ne m'avez guère fait peur, Sir. Ce n'est pas un cri qui pourra m'intimider.
- Je voulais tout simplement vous signaler que le Sir est de trop. Je ne suis qu'un simple palefrenier dans les écuries du palais, je ne mérite donc pas cette appellation. Appelez moi Ron, cela me suffit et me ferait plaisir.
- Je vois… Ron… Les garçons que mon maître ramène habituellement sont ravis de pouvoir afficher leur supériorité.
- Pardon ?
- Oh, laissez. Vous devriez vous dépêcher, mon maître a en horreur de devoir patienter.
Presque tremblant, le jeune homme s'exécuta, ne sachant plus où se mettre.
Severus scrutait chaque membre du Conseil, assis autour de la longue table en bois. Il était normalement requis que le souverain fût présent pour être au courant des différents problèmes administratifs qui concernaient le royaume, ou tout simplement de la situation des différents pays, mais il pouvait aussi déléguer au Second du Roi le rôle de présider la séance.
Le Conseil était constitué du Second du Roi, du Général des Armées, du Trésorier, du Grand Stratège, du Protecteur et de l'Oracle. Aujourd'hui, le gouverneur de Slytherin venait s'ajouter au Conseil. Il devait s'expliquer sur la situation de son royaume.
- Bien, nous allons donc commencer. Sa Majesté m'a demandé de présider le Conseil aujourd'hui. Sir Pettigrew, quelle est la situation depuis que votre Roi a annexé Hufflepuff. Il me semble que ce petit pays n'a pas eu de mot à dire quant à son nouveau statut.
Pettigrew était le genre d'homme que Snape détestait. Il lui rappelait un petit rat qui venait fouiner partout sans y être invité. L'avoir dans ses pattes lui était très désagréable mais il était obligé de supporter sa présence. Le gouverneur de Slytherin était pour lui, le seul moyen d'avoir connaissance des agissements de Voldemort.
Bien sûr que les espions de Hogwarts étaient éparpillés dans les différentes nations mais connaître la version du gouverneur, lui permettait de savoir sur quel pied dansait le roi.
- Mon cher ami, mon Roi ne souhaite en aucun cas commencer une autre guerre. Il est venu en aide à Hufflepuff car ce royaume n'aurait pu survivre seul. Nous avons tous connaissance de l'importance des dettes qui a été laissée à ce pays après la Guerre.
- Bien sûr. Nous connaissons tous l'altruisme de Voldemort, il n'a fait cela que dans l'intérêt de Hufflepuff et non par soif de pouvoir.
Sirius Black n'avait pu s'empêcher de lâcher cette phrase avec sa nonchalance habituelle. Installé posément, la cheville droite reposée sur le genou gauche et le bras droit accoudé sur le reposoir de sa chaise, il fixait ironiquement le petit gouverneur. Ce dernier esquissa un petit sourire nerveux et se réinstalla correctement à sa place, comme pour se donner contenance après avoir été pris sur le fait.
Snape se retint de sauter sur le Général. Il serra des poings et le fusilla du regard. Sirius se contenta de l'ignorer.
- Nous allons laisser de côté les commentaires inutiles de Sir Black. Pouvez-vous, Sir Pettigrew nous expliquer la raison de votre présence aujourd'hui ?
Le petit homme se leva et annonça avec fierté :
- Mon Roi souhaite faire honneur de sa présence sur le territoire de Hogwarts. Il voudrait par là rassurer votre peuple de sa bonne volonté de faire durer la paix le plus longtemps possible. Il ne souhaite pas, comme je vous l'ai dit, provoquer une guerre comme l'a fait son père. Il se mettra en route dès que Sa Majesté votre Roi en aura pris connaissance, et aura bien entendu, donnée son accord.
Severus sentit comme un coup de massue sur sa tête. Cette annonce n'était certainement pas une bonne nouvelle. Voldemort ne venait sur ces terres pour renforcer simplement la paix. Il y avait quelque chose derrière tout cela. Il connaissait trop bien les ruses de ce Jedusor.
Il sentit sa gorge devenir sèche et il eut du mal à ravaler sa salive. Le Conseiller sentit les autres membres du conseil se tendre et cela le rassura encore moins.
- Bien, je ferai parvenir votre message à sa Majesté.
Le gouverneur s'inclina en signe de compréhension.
- Je vous en remercie, cher ami. Je vais me retirer maintenant que j'ai rempli ma mission. Messires, je vous laisse.
Après son départ, il dût faire face aux regards sombres des autres membres du Conseil. Blaise Zabini, le Grand Stratège, fût le premier à prendre la parole :
- Severus, que pensez-vous de tout cela ?
Pour une fois, le Second du Roi resta muet pendant quelques secondes. Il espérait de tout cœur que ce qu'il craignait le plus, ne se produirait jamais.
Après le départ du roi, Harry était resté dans le jardin perdu dans ses pensées. Il fixait l'eau de la fontaine, ayant en tête d'autres images que l'eau claire et scintillante.
Il n'avait pas tout dit au roi quant à son passé et d'où il venait. Il ne voulait pas qu'il sache.
Le brun n'avait en aucun cas envie d'y retourner et de subir les assauts de son ancien maître.
Fermant les yeux, il laissa sa main se promener dans l'eau, appréciant le soleil du midi.
Il n'était là que depuis quelques heures et il se sentait comme chez lui. On aurait dit qu'il était retourné à sa source, là où il devait être. C'était étrange. Et puis, il était soulagé de ne plus attendre avec effroi sa venue.
Il secoua la tête, ne voulant plus y penser.
Harry rouvrit les yeux en entendant des pas et il vit un homme de taille haute et les cheveux cuivrés, le fixant de loin, immobile et une expression de surprise sur le visage.
Intrigué, il fixa l'homme en retour mais ce dernier secoua la tête et continua son chemin.
Le brun vit alors un groupe de femmes qui venait dans sa direction. Il ne mit pas longtemps à comprendre que c'était la reine, accompagnée de ses dames de compagnie.
Il se leva aussitôt pour saluer la souveraine comme il se devait. La jeune reine était d'une grande beauté et portait une magnifique robe pourpre au décolleté ravageur, qui épousait parfaitement ses formes.
Elle s'arrêta, détaillant de haut en bas et avec mépris le bel éphèbe et se retourna vers les gardes :
- Je croyais que mon époux était ici.
- Ma Reine, sa Majesté est allée prendre son déjeuner.
Harry s'amusa de la voir lever sa petite tête fine dans les airs, une moue boudeuse sur les lèvres. Il ne put retenir un sourire.
La reine s'avança alors vers lui, le regardant de haut :
- Regardez ça donc Mesdames. Il se promène librement dans le palais comme si tout cela lui appartenait. Sa Majesté m'a l'air attiré par les origines de paysan. Sa peau est toute hâlée.
- Votre Majesté, je lui trouve au contraire un certain charme. Ses yeux sont magnifiques.
La malheureuse qui avait prise la parole, fût fusillée du regard par la Reine. Cette dernière s'éloigna après avoir toisé Harry d'un dernier regard méprisant.
- Comment peut-il leur donner autant de liberté ? Ce n'est plus possible d'aller dans un endroit du palais, sans en voir sur mon chemin. C'est affreux. Et dire qu'ils ont le statut de putain.
Le brun la regarda s'éloigner, peu froissé par son attitude. Ayant était un esclave pendant un long moment, il avait reçu des traitements qui étaient bien pire en comparaison avec l'attitude méprisante de cette reine.
Il préférait être putain ici qu'esclave à Slytherin.
Ron, allongé dans un bain chaud, n'en revenait toujours pas. Il regardait autour de lui, toujours aussi émerveillé. Ce chevalier lui donnait accès à toute cette richesse sans aucune raison valable, il n'y comprenait rien.
Il s'était laissé faire et ne regrettait pas d'avoir croisé l'homme ce matin, bien qu'il restait méfiant.
Il rejeta la tête en arrière et se cala encore plus confortablement dans son bain, lâchant un profond soupir de bien être.
Un bruit, cependant, le fit sursauter et en ouvrant les yeux, il se figea instantanément, persuadé d'avoir un mirage en face de lui.
La jeune femme de ce matin, la servante, venait de faire son entrée dans la salle d'eau, et ce complètement nue. Un sourire mutin sur le visage, les cheveux ondulés retombant sur ses épaules, elle le fixait d'un air amusé.
Ron se cramponna aux rebords de la baignoire et voulût amorcer un mouvement pour se relever, mais ses pieds glissèrent et il fût englouti dans l'eau chaude.
Le fameux rire cristal de la jeune femme retentit à nouveau et ce, au plus grand plaisir du roux.
- Allons, Ron, que se passe t'il? Où veux-tu partir ? Je t'effraie donc à ce point ?
Rougissant de gêne, le pauvre jeune homme détourna le regard.
- Je, je… que fais-tu là, comme ça ? Tu…
- Ca ne te plaît pas ?
Hermione savait parfaitement l'effet qu'elle faisait au jeune homme et elle en jouait.
- Oui ! Enfin, je veux dire… non…
- Vraiment ? Je suis déçue. Moi qui pensait te faire plaisir.
La brune arbora une moue de déception, mimant un faux air triste.
- Regarde-moi, Ron.
Elle avait annoncé cette phrase d'une voix ferme et le jeune palefrenier ne put qu'obéir.
- Regarde mon corps.
Il suivit des yeux les mains fines qui descendaient de la nuque délicate pour se positionner sur la courbe des seins. Il ne put détourner le regard, lorsque les doigts vinrent lascivement pincer les pointes de chaire. Une main délaissa la lourde poitrine pour se caresser le ventre et finir plus bas, dans la toison brune.
Il était comme hypnotisé et sentit qu'une érection se formait. L'excitation montait en lui comme un brasier qui venait de se former. L'eau chaude contribuait à tourmenter encore plus délicieusement ses sens.
Mais où était-il donc tombé ? Que lui arrivait-il ? Etait-ce un piège ?
Lorsque la jeune femme finit par avancer vers lui et s'installer dans le bain, sur ses jambes. Il se dit qu'il aurait bien le temps, plus tard de réfléchir à tout cela.
Alors que les derniers membres du Conseil se levaient, Severus alla se servir du vin et fut étonné de voir que Black était resté dans la salle, s'approchant de lui.
- Snape, il vous faut vous reposer. Cela ne sert à rien de vous épuiser ainsi. Voldemort nous rend visite et mon armée est préparée à le recevoir.
Il fut gêné de la proximité du Général et se retourna pour se resservir du vin. L'homme se rapprocha de son dos et il put sentir son souffle sur son oreille.
- Je n'en ai pas le temps. Si le Roi ne s'inquiète pas pour le royaume, il faut bien que quelqu'un le fasse à sa place.
Il n'admettrait jamais ce qu'il ressentait pour le Général. Depuis longtemps déjà, était-il attiré par ce dernier. Il était encore un enfant lorsqu'il avait rencontré pour la première fois, Sirius Black, ce beau jeune homme aux yeux gris et à la haute stature, toujours accompagné de ce James Potter.
Les deux hommes venaient de famille noble, proche des Malfoy. Ils étaient destinés à devenir chevaliers et s'entraînaient tous les jours au maniement de l'épée.
Souvent Severus allaient les regarder durant leurs entraînements, envieux. Lui ne pouvait aspirer à cela avec sa frêle silhouette. Il se consacrait aux études et à la lecture et était un ami proche de l'héritier du royaume, Lucius, avec qui il étudiant souvent.
Il observait Sirius, épée à la main, s'améliorant de jours en jours, ses muscles se développant de plus en plus.
Et puis un jour, les deux jeunes hommes l'aperçurent et vinrent se moquer de son apparence androgyne, avec ses longs cheveux noirs. Blessé, le jeune homme alla se réfugier dans la bibliothèque du palais, y passant tout son temps à étudier.
Il en était venu à détester ce Sirius mais il ne pouvait nier son attirance pour lui, qui existait encore à ce jour.
- Cela ne devrait pas t'empêcher de te divertir un peu.
Etonné du soudain tutoiement employé, le noiraud fut déstabilisé et repoussa sèchement le Général.
- Eloignez-vous Black.
Sirius lui lança un sourire.
- Toujours aussi agressif, Snape. Je me souviens encore comme s'il s'agissait de hier, les jours où tu venais nous observer James et moi, alors que l'on s'entraînait.
Si Severus n'avait pas eu une maîtrise parfaite de lui-même, il se serait mis à rougir.
- J'avais d'abord cru que tu étais une fille, avec tes longs cheveux noirs te cachant presque le visage et ta peau si blanche.
En disant cela, Black attrapa une mèche de ses cheveux et se rapprocha de lui.
- Oui, j'ai cru que tu étais une fille. Je te voyais me suivre du regard et ce n'est seulement le jour où James et moi, nous nous sommes approchés de toi, que j'ai compris que tu étais un jeune homme comme nous.
Severus ne savait plus quoi faire et se tint tout simplement immobile. Le Général sembla enfin sortir de sa torpeur. Il se recula, donnant l'impression de se réveiller d'un rêve et sortit de la salle, lançant à voix haute:
- De somptueuses courbes m'attendent dans mes appartements, tu devrais en faire de même, Snape. Cela t'aiderait sans aucun doute à retirer le balai coincé entre tes fesses.
Libéré de la présence intrusive de Black, Severus put enfin respirer, tentant d'ignorer le comportement déroutant de ce foutu énergumène. Il allait devenir fou ! Il devait gérer Drago, Voldemort et maintenant Sirius. Comment, Seigneur, y parviendrait-il ?
