Celles qui ont vu le mini anime vont reconnaitre, car j'ai remis tous les dialogues
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Ca fait un mois maintenant que je vis avec cinq personnes que je considère comme mes frères (enfin presque tous) mais avec lequel je n'ai aucun lien de parenté. Jusqu'à présent, aucun n'a eu l'air de se douter le moins du monde que je suis un mec et finalement, je me demande si cette histoire de travestissement est bien utile, parce que j'ai pas l'impression qu'ils soient plus salauds avec un mec qu'une nana vu comme ils ont l'air de s'apprécier. Mais le problème, c'est que ça fait déjà un mois que je leur mens, alors si je dis la vérité maintenant, j'ai peur qu'ils se sentent trahis. Oui là, pour ça, j'ai la trouille.
La fac se passe bien. Comme il l'avait dit le jour de mon arrivée, Kame veille sur moi comme une poule sur son poussin, de peur que quelqu'un me fasse chier, mais du coup, personne ose trop m'approcher, de peur de lui déplaire. Parce qu'il a un succès fou autant auprès des filles que des gars. Il est pas le seul d'ailleurs. Je me suis vite rendu compte, en passant du temps avec eux tous, qu'ils ont un pouvoir d'attraction extraordinaire. Où qu'ils aillent, ça génère presque une émeute, j'ai jamais vu ça. J'ai du mal à croire que je vis avec ces beaux gosses, on dirait un drama.
Enfin malgré la surveillance de mon beau sempai, j'ai réussi à me faire quelques potes quand même. Enfin des potes filles, parce que les mecs osent pas venir vers moi. Toujours à cause de la présence jamais très lointaine de Kame. Et moi, de mon côté, j'ai pas encore osé tenter de me rapprocher de Tatsuya. Faut dire que le fait qu'il soit casé avec Junno aide pas non plus. J'ai aussi découvert un truc sur le caractère de chacun d'eux. Par exemple, Yuichi est un rigolo. Ou du moins il essaye de l'être mais le pauvre, ses tentatives tombent toujours à plat et ça fait marrer que lui. Il me fait presque de la peine. Junno est vraiment un grand frère. C'est lui qui veille le plus sur moi en fait, mais ça me dérange pas parce qu'il est totalement différent de mes vrais frères aînés. Kame a du mal à passer une seule journée sans une fille ou un mec différent accroché à lui. Je crois que c'est un drogué de la drague. Koki est un crack en cuisine. Je pensais pas qu'un mec pouvait cuisiner si bien. Dès qu'il est derrière les fourneaux, on peut être sûrs de se régaler et en plus ça se voit qu'il aime ça. Et Tatsuya... Tatsuya est toujours l'ange que j'imaginais quand je suis arrivé, à part qu'il est moins innocent qu'il en a l'air vu ses parties de jambes en l'air avec Junno. Mais il est si gentil, si compréhensif, si attentionné et si doux...
Bref, depuis un mois, il m'arrive assez fréquemment de sortir « entre filles ». C'est marrant d'ailleurs les trucs qu'elles se racontent quand elles se pensent entre elles. Ce sont de vraies langues de vipère, qui hésitent pas à frapper par derrière (en paroles pas en actes) les personnes qu'elles n'aiment pas. J'imaginais pas du tout ça comme ça. Et en général, quand je sors, je rentre tard, voire tôt. C'est pas trop du goût de Junno en général, qui m'attend souvent dans l'entrée, les bras croisés, avec l'air d'un père attendant sa fille qui a fais le mur. Mais bien souvent, il me suffit de le cajoler un peu et il fond. C'est un cœur tendre, ce grand frère.

Ce matin-là, je comate dans mon lit, parce que rentrer à trois heures en ayant pas mal bu, ça fait mal. Soudain, la porte s'ouvre et je jure intérieurement en me rendant compte que j'ai totalement oublié de fermer mon verrou. Je reconnais sans mal la silhouette qui entre et bénis la semi obscurité qui me permet de mettre très vite la perruque posée à côté de mon lit. Pourvu qu'il n'ait rien remarqué...

- Ah Junnosuke (j'ai pas encore réussi à l'appeler par son diminutif quand je m'adresse à lui). Bonjour, ajouté-je après avoir bâillé.

Il se dirige vers moi, l'air plus mécontent que d'habitude et s'assoit directement sur le bord du lit.

- A quelle heure es-tu rentrée hier ? demande-t-il d'une voix sourde. Appelle au moins !

C'est vrai que d'habitude, je l'appelle pour le prévenir de l'heure à laquelle je compte rentrer, mais hier, j'ai totalement zappé. Trop bourré.

- Pardon... Ne t'énerve pas, fais-je d'une voix contrite parce que j'aime pas le foutre en rogne.

Il se tourne vers moi et vrille ses prunelles chocolat dans les miennes puis, sans prévenir, pose la main sur ma joue et rapproche son visage. Il fait quoi là ?!

- Et encore une fois, tu t'es couchée sans te laver, constate-t-il à mon grand soulagement. Lave-toi au moins le visage ! Comporte-toi comme une vraie fille !

Ah ah ça c'est pas possible, je suis un mec. Mais au moins, qu'il dise ça signifie qu'il a rien grillé. Note pour moi-même : ne plus jamais oublier de fermer ce foutu verrou. Je prends un air désolé et m'apprête à m'excuser à nouveau, quand Yuichi fait son apparition dans l'encadrement de la porte. Il tient son smartphone et lance d'un ton joyeux :

- Jouons à Lovepe dès le matin !

Je comprends vite que c'est le nouveau jeu à la mode. C'est un peu zarb d'ailleurs, je croyais qu'il y avait que les filles que ça intéressait ce machin. Mais il a l'air accro aussi.
L'air blasé, Junno tourne la tête vers son ami.

- Sûrement pas ! refuse-t-il tout net.

Il reporte ensuite son attention sur moi, chope ma main et me fait presque tomber du lit en m'entraînant à sa suite vers la porte.

- Cette fille va droit à la douche !

Il m'a fallu presque dix minutes pour lui faire comprendre que j'étais désolé de pas l'avoir appellé, que je m'étais pas douché en rentrant pour pas les réveiller et que oui j'y allais tout de suite mais que non, c'était pas la peine qu'il m'y emmène et fasse le pied de grue devant la porte. Il est vraiment à cheval sur la propreté, c'est un truc de ouf.

- C'était juste... murmuré-je pour moi-même en ouvrant la porte de la salle de bain, non sans avoir vérifié qu'il me suivait pas.

Constatant que c'est pas le cas, je rentre dans la pièce... et m'immobilise, sous le choc : à travers le verre dépoli de la porte de la douche, j'aperçois une silhouette très alléchante, que je peux que reconnaître.

- Qui est là ? fait la voix douce de Tatsuya, avant qu'il ouvre la porte. Passe-moi le shampoing.

Mon cœur s'emballe comme un fou, mais mon regard qui le détaille est arrêté par la serviette qu'il a enroulée autour de sa taille fine. Dommage... Mais l'eau qui ruisselle sur sa peau d'albâtre le rend tellement sexy... Je réalise alors qu'en tant que fille, cette situation est censé être très embarrassante. Je décide donc de cacher ma non-gêne en planquant mon visage dans mes mains. J'entends alors la voix de Yuichi s'exclamer derrière moi :

- Oh Tatsuya à poil ! Je vais le poster sur mon blog !

J'ai juste envie d'exploser de rire en fait, tellement on sait pas pourquoi il dit ça. Quand je dis que ça tombe toujours à plat, c'est pas pour rien.
A travers mes doigts que j'ai légèrement écartés, je vois l'ange repousser son pote vers la porte d'un air blasé, puis la refermer et je reprend ma position initiale avant qu'il grille que je le matais.

- Au fait, reprend-il comme si de rien était, je pensais m'acheter une écharpe mais... bleue ou rouge ? je me demande laquelle m'ira le mieux, ajoute-t-il en séchant ses cheveux avec une seconde serviette.

Hum, voilà une question qui mérite réflexion. Voyons voir... S'il la prend rouge ça fera trop avec ses cheveux flamboyants. Alors que s'il la prend bleue, ça fera un joli contraste.

- La bleue, dis-je pour l'aider.
- C'est ce que je pensais, dit-il avec un sourire audible. J'ai bien fais de demander.

Derrière moi, j'entends des froissements de tissu qui me font comprendre qu'il est en train de s'habiller en vitesse. Dommage qu'une « fille » puisse pas regarder... Là, je regrette vraiment mon déguisement...
Il rouvre ensuite la porte, sort avec une serviette autour du cou et je l'entend marmonner un truc du genre « alors... manger, manger » dans le couloir, ce qui me fait réaliser que je meurs de faim. Je me grouille donc de prendre ma douche comme je l'ai promis à Junno, puis descend l'escalier, guidé par l'odeur qui prouve que Koki est aux fourneaux.
Quand j'arrive dans la salle à manger, la table est mise pour six et elle est couverte de tellement de bonnes choses que je me demande à quelle heure il s'est levé pour avoir le temps de faire tout ça. Il y a même du jus d'orange frais !

- Il est vraiment doué en cuisine... dis-je pour moi-même avant de lancer à voix haute : Koki, bonjour.

Dos à moi, il fait sauter un pancake dans une petite poêle. Il la pose et se tourne à moitié vers moi en souriant.

- Bonjour.

Je me dirige vers le frigo pour prendre la bouteille de lait, mais il bondit jusqu'à moi, me barrant l'accès.

- Attends un peu ! Le déjeuner est là, dit-il en désignant la table.
- Je voulais prendre du lait avec... commencé-je, surpris.
- Alors je vais t'en servir. Avec un service tout spécial, dit-il en me faisant un clin d'œil.

Un instant plus tard, je suis assis à table et le regarde dessiner mon visage dans la mousse de mon café avec un pic à brochette. Je suis admiratif. Il est peut-être dans la sculpture, mais il est aussi très bon en dessin.

- Génial ! m'exclamé-je.
- Et ça c'est... commence-t-il en désignant une seconde tasse sur laquelle il s'est dessiné.
- Ca te ressemble beaucoup ! dis-je, sincère.

La voix de Yuichi résonne alors de nouveau derrière moi. Quelle connerie il va sortir cette fois ?

- Moi aussi j'ai un avatar qui me ressemble. Vous voulez voir ? demande-t-il en brandissant son portable sur lequel, effectivement, un mini lui est affiché.

Comme on a regardé ce qu'il voulait, on s'est tous attablés pour manger finalement. Enfin sauf Kame qui pionçait encore, comme d'hab. Du coup, alors que Koki et moi étions en train de boire notre café, debout l'un face à l'autre de part et d'autre de l'évier, il me dit :

- Va réveiller Kazu.

Je soupire car c'est le même cirque tous les matins. Sauf que là, on est samedi et qu'il a un truc important à faire théoriquement. Mais ça a pas l'air de le préoccuper plus que ça. Je vais donc jusqu'à sa porte, l'ouvre et entre.

- Kazuya, fais-je exprès pour le faire réagir, c'est le matin. (je m'approche et tapote sa couette) Réveille-toi.

J'attend quelques instants, puis, comme il réagit pas du tout, je chope sa couette et la vire carrément du lit, dans l'espoir qu'il se bouge. Mais peine perdue, ce mec est comme un ours en hibernation. Sa seule réaction est de remuer vaguement. Il murmure « Il fait froid... »... et m'attrape par le gilet pour m'attirer très près de son visage.

- Roh... grommelé-je, avant de le forcer à se redresser sans douceur.

J'attrape un t-shirt posé près de son lit et le lui enfile de force comme à un gamin de cinq ans.

- T'es vraiment chiant.

Il bâille et, d'une voix endormie, me dit :

- Assieds-toi là.

J'étais en train de plier sa couette au bout du lit, alors sa demande me prend par surprise. Intrigué, je m'assois donc... et le vois se rallonger en mettant carrément la tête sur mes genoux. Il abuse, sérieux...

- Hé ! protesté-je.

Je grogne encore et le repousse, avant d'aller prendre des affaires dans son armoire. Je lui donne et reste là pour vérifier qu'il s'habille vraiment, puis l'accompagne jusqu'à l'entrée.

- Bonne journée, fais-je en agitant un peu la main, pendant qu'il termine de se chausser.

Il se redresse, rigole et se retourne à moitié vers moi.

- Comme des jeunes mariés, dit-il, avant de sortir définitivement.

Je soupire. La matinée aura été mouvementée, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais maintenant que Kame est parti et que ce technophile de Yuichi a arrêté de nous harceler avec son portable, je vais enfin pouvoir prendre le temps de me poser. Tu parle d'un réveil en fanfare. Avec tout ça, j'ai pas tellement eu le temps de penser à ma gueule de bois. Qui est partie toute seule on dirait. Bah tant mieux.
Du coup, comme j'ai rien de spécial à faire, je vais m'allonger sur le canapé du salon avec un bouquin et croise les jambes en l'air par habitude... avant de voir le bas de ma robe se retrousser jusqu'à mon boxer. Oups. Je me grouille de m'assoir correctement en fait. S'affaler quand on est en robe, mauvaise idée. Heureusement que personne est passé par là.
Dans l'après-midi, je décide de laisser mon livre et d'aller me balader, mais Yuichi me saute à nouveau dessus avec son portable.

- Jouons à Lovepe dans le jardin, dit-il.

Il me fait tellement de peine à répéter ça depuis ce matin sans que personne lui prête la moindre attention, que je craque. Mais le lieu choisi me laisse perplexe.
- Dans le jardin ? répété-je, étonné, en lui emboîtant le pas malgré tout.

Une fois sur la terrasse, je m'immobilise, stupéfait. Devant moi, il y a une banderole marquée « Joyeux anniversaire ! » et mes cinq compagnons sont regroupés autour d'une table sur laquelle il y a plein de bonnes choses à manger. Mon anniversaire ! Avec tout ça, je l'avais oublié moi-même ! Mais... comment ils sont au courant ? Je crois pas avoir mentionné ma date de naissance dans nos conversations...

- Joyeux anniversaire ! s'exclament-ils tous en faisant exploser des cornets surprise.

Koki s'approche alors de moi, tenant un somptueux fraisier que je devine fait maison, car il est surmonté du même dessin de moi qu'il avait fait le matin même, mais sur un morceau de chocolat.

- Joyeux anniversaire, répète-t-il en souriant, avant de tendre le plateau vers moi pour que je puisse souffler les bougies.

Ce que je m'empresse de faire en souhaitant très fort qu'il puisse se passer quelque chose entre l'ange et moi. Après tout peu importe comment ils l'ont su, je suis trop content qu'ils aient pensé à moi. C'est trop gentil.

- Ca nous inquiète quand tu ne rentre pas, dit alors Junno dans un sourire. Pardon de m'être énervé.
- Tiens, voici ton cadeau, dit à son tour Tatsuya en me tendant un paquet enrubanné.

Que ce soit lui qui me donne mon cadeau après le souhait que j'ai fais, c'est un signe non ? Moi je suis sûr que oui !
Je me dépêche de le défaire, découvrant une écharpe. Rouge. En le regardant bien, je note qu'il en porte une bleue. Oh le petit malin, alors c'était ça son plan de ce matin quand il m'a posé la question. Ureshi ! Je la met vite, trop heureux de tout ce qui arrive. C'est une des meilleures journées que j'ai jamais passé !
Je sursaute en sentant des bras l'enlacer par derrière et quelqu'un frotter sa joue contre ma nouvelle écharpe. J'ai même pas besoin de me retourner pour savoir qui c'est. Y'en a qu'un sur les cinq à être aussi tactile.

- Tout chaud... fait Kame comme un chat qui cherche la chaleur.

En temps normal, je le dégage gentiment quand il me colle comme ça, mais là je suis si ravi, que je pense même pas à le repousser.

- Merci à tous, fais-je en souriant.
- Bien, prenons une photo, déclare alors Yuichi qui s'était éloigné pour mettre en place son appareil photo sur trépied.
- Yuichi, dépêche-toi ! lui dis-je en voyant qu'il a déjà enclenché le retardateur.

Il court tellement pour nous rejoindre, qu'il perd l'équilibre quand il arrive à destination et j'entends le déclic de la photo au moment exact où il tombe de tout son long. J'éclate de rire en imaginant la photo qui va en découler. C'est vraiment une bonne journée.
Il se redresse et se frotte le crâne d'un air comique et je ris de nouveau de sa maladresse.
C'est alors que je vois Junno s'approcher de moi.

- Bon anniversaire...
J'écarquille les yeux d'horreur quand il referme la main sur ma perruque et la fait glisser, la gardant dans la main. Malgré moi, je porte la main à mes propres cheveux. Oh non !

- ... Yuya-chan.

Je le regarde, effaré. Heeeeee ?! Comment il m'a appelé ? Comment il sait que...
Je dévisage les autres, halluciné.

- Tu pensais quand même pas nous avoir bernés ? s'amuse Kame, franchement rigolard.