Est-ce qu'il s'est rendu compte que si je gagne, il le perdra ? Oui, il est intelligent, je suppose qu'il l'avait réalisé quand il a proposé ça. Donc il pourra pas se plaindre si je gagne. Cela dit, je me battrais proprement, sans coups bas ni triche d'aucune sorte. Je veux gagner le cœur de Tat-chan loyalement.
La première chose à faire c'est de lui parler franchement, parce que là, il a appris ce que je ressens de la façon dont je voulais pas.
- Tu cogite drôlement, dis-moi, note Junno en souriant. Je vois presque de la fumée sortir de tes oreilles.
- Ben il faut bien. T'as déjà de l'avance sur moi alors…
Il rigole.
- T'es lucide au moins.
- Ben j'ai des yeux pour voir. J'ai un gros handicap de base, donc va falloir que je passe par-dessus.
Il m'ébouriffe les cheveux. A part qu'on est en compétition pour le cœur du même mec, il est exactement le même avec moi que s'il s'était rien passé du tout. J'adore ce mec.
- Oh et bien sûr… inutile de dire que Tatsu doit ignorer notre petite compétition, ne.
- Hai.
J'ai à peine fini de répondre, que notre aîné sort des douches, les cheveux ébouriffés. Il est tellement… tellement… Oh oui tellement.
- On rentre ? demande-t-il doucement.
- Hai, on rentre, répond Junno après l'avoir embrassé.
Non sans m'avoir jeté un coup d'œil genre « un point pour moi ». Ah ouais tu veux le jouer comme ça ? J'avais dis que je me battrais proprement pourtant… Non non, faut pas que je le prenne comme ça. C'est normal qu'il fasse ça, ils sont ensemble pour le moment. J'ai dis que je respecterais les règles et je les respecterais. Du coup, quand ils repartent, je les suis, mais vu les mamours qu'ils se font (enfin surtout Junno), j'ai un peu l'impression de tenir la chandelle et j'aime pas trop ça.
A notre retour, je vais à mon tour prendre une douche, parce qu'entre la course effrénée pour arriver au gymnase, les coups de chaud que je me suis pris en le regardant s'entraîner et finalement en le matant désapé, ben je transpire comme un poney (ouais je sais c'est pas glamour. Alors que sur lui si. Cherchez l'erreur). Et pendant que je suis sous l'eau chaude, je réfléchis. Je pense qu'il faut que je reste dans mon idée de me glisser dans son monde. Vu qu'on a pas décidé d'une deadline, je peux prendre mon temps. Surtout qu'à ce que j'ai vu, Junno a jamais essayé de le faire. Il est avec lui, il lui parle, mais est ce qu'il le connait vraiment ? Est-ce qu'il s'intéresse à ce qu'il aime ? Pas sûr. Alors que maintenant, Tat-chan risque de me proposer de temps en temps de l'accompagner à la boxe. Et là, c'est moi qui ai marqué un point sans que mon rival le sache. Je suis assez content de moi là-dessus. Faut que je mette en œuvre la suite de mon plan. Après la boxe, le dessin et la peinture. Heureusement pour moi, je suis d'une nullité extrême dans les deux domaines (je suis pratiquement resté au stade des bonhommes bâtons), donc…
Une fois sorti de la salle de bain, je vais dans ma chambre chercher un carnet et un crayon, puis vais dans le salon encore désert. Je m'assois sur une chaise, pas très loin du coin où il préfère se poser, met mon mp3 assez fort, de façon à couvrir les sons qui ne vont pas tarder à se faire entendre et commence à crayonner la corbeille de fruits qui est sur la table. Bon, vu mon niveau, on dirait plutôt les montres molles de Dali que des fruits, mais bon, le but c'est qu'il se rende compte que je suis mauvais, alors tant pis si ça ressemble à rien du tout.
Après un temps appréciable, la porte de la chambre de Junno se rouvre et, du coin de l'œil, je les vois en sortir. Attention, Yuya, prêt… action !
Je feins donc de m'absorber dans mon gribouillage informe et dans la contemplation de la corbeille (pauvres fruits qui ont rien demandé à personne…) et manque pousser un cri de victoire quand Tat-chan s'en approche pour prendre une pomme.
- Tat-chan, attention, tu me cache la vue, dis-je en souriant.
Surpris, il se retourne et me dévisage avec quand même une certaine gêne.
- La vue ?
De l'index, je désigne le monticule fruitier derrière lui.
- Oh… (il aperçoit alors mon carnet et mon crayon) Tu dessines ? demande-t-il, soudain intéressé.
Bingo, banco, jackpot ! Cet appât pouvait que fonctionner, c'était évident !
- Oui enfin, je gribouille, corrigé-je dans un sourire contrit. Je crois que j'ai aucun talent en la matière.
- Oh je suis sûr que tu exagère, dit-il gaiement. Je peux voir ?
Je lui tends mon carnet, il observe le ridicule croquis sans âme ni épaisseur et fait bonne figure malgré le « quelle horreur » qu'il doit sûrement penser avec raison.
- Heu c'est… une vision particulière… dit-il gentiment pour pas me vexer. Tu essaye de faire de l'abstrait ?
- Même pas, je suis juste nul.
- Dis pas ça. C'est juste que tu manque de technique. Mais tu fais du dessin instinctif, ça peut être bien aussi.
- Sauf si on veut faire des choses reconnaissables, déploré-je.
Il y a un petit silence. Il doit m'approuver même s'il le dit pas.
- Ben… je peux peut-être t'aider pour la technique, propose-t-il, incertain.
Bingo, banco, jackpot bis !
- Si ça t'embête pas, je veux bien oui, accepté-je, ravi d'avoir gagné des cours particuliers.
- D'accord… Ben… on aura qu'à aller dans mon atelier après manger si tu veux.
- Ca me va, accepté-je en souriant. Merci, Tat-chan. Et heu… en ce qui concerne ce que j'ai dis tout à l'heure…
- A propos de ça… je voudrais… que tu en parle plus, s'il te plait. C'est très embarrassant… dit-il sans me regarder.
Ouch. Ca c'est fait… J'ai avancé de deux pas, mais reculé de trois j'ai l'impression. C'était beauuuuuucoup trop tôt pour remettre ça sur le tapis.
- D'accord. Excuse-moi.
- C'est rien…
Sur ces mots, il s'éloigne si rapidement avec sa pomme à la main, que j'ai l'impression qu'il me fuit. Note pour moi-même : être direct avec Tat-chan, c'est s'exposer au crash direct. Maintenant, je vois exactement ce que Junno voulait dire par « sauvage ». Et ben pour rattraper ça, je vais me marrer moi.
La leçon de dessin s'est bien passée et rester seul avec lui pendant plus d'une heure, j'ai adoré mais il a évité mon regard tout du long. Je crois que c'est mort pour aujourd'hui niveau complicité. Espérons que dans les jours qui viennent, il oublie ma déclaration.
J'ai une chanson à répéter pour les cours, mais trouver une pièce calme dans la maison aujourd'hui a l'air impossible : c'est le nettoyage de printemps, alors tout le monde s'active et même dans ma chambre on entend le bordel ambiant. Ca a pas l'air de déranger Kame cela dit, parce qu'il chante sans arrêt depuis tout à l'heure. Je sais pas comment il fait, moi j'arrive pas à me concentrer. J'aime beaucoup sa voix d'ailleurs. Un peu nasale mais très fluide et agréable à entendre. Il arrive à la moduler de façon surprenante pour sa tessiture. J'espère réussir à en faire autant un jour, mais j'ai encore du chemin vu que je suis qu'au début de ma première année.
Finalement, je décide d'aller dans le jardin avec ma partition. Ca doit être l'endroit le plus tranquille. J'arriverais à rien si je reste à l'intérieur avec tous ces bruits parasites. La chanson s'appelle « ai nante ». J'aime les paroles, elles sont belles et douces. Je les relis une fois en les fredonnant à mi voix pour me les remettre en mémoire, puis ferme les yeux et me lance. Quand je termine, j'entend des applaudissements résonner du premier étage et sursaute avant de me retourner, tête levée. Tat-chan. J'avais oublié que sa fenêtre donne pile dans le jardin. Je me prend au jeu et m'incline devant mon unique spectateur.
- C'est merveilleux, Yuya-chan, dit-il avec un réel enthousiasme qui me fait plaisir. Ta voix est si claire, si pure… C'est un miracle.
Le compliment me fait rougir.
- Merci, Tat-chan.
- Tu peux chanter encore ?
- He ? Tu veux vraiment ?
- Oui s'il te plait. Attend je descends mon matériel pour mieux t'écouter.
Sur ces mots, il referme la fenêtre et, quelques minutes plus tard, il installe son chevalet devant moi, les joues roses d'excitation. Il a beau être plus vieux que moi de quelques années, je le trouve adorable. Chez lui, il n'y a aucune duplicité, aucune dissimulation. Tout ce qu'il dit, fait, pense ou ressent est authentique et s'affiche toujours sur son visage angélique. Et cette innocence est une des choses que j'aime chez lui.
- Qu'est ce que tu as envie de m'entendre chanter ? lui demandé-je tandis qu'il installe une toile sur le cadre en bois.
- Ce que tu veux, mais reste bien face à moi et ne bouge pas trop.
La demande me surprend… jusqu'à ce que je réalise ce qu'elle signifie.
- Tu… vas me dessiner ? fais-je en rougissant à nouveau.
- Oui. Mais t'occupe pas de moi, chante.
Plus facile à dire qu'à faire. Enfin au moins il a plus l'air gêné avec moi. Est-ce que c'est ma voix qui a gommé son embarras ? Si c'est ça, je la remercie.
Je cherche mentalement dans les chansons que je connais et décide de rester dans le répertoire de l'interprète de « ai nante » puisque ça plait à Tatsu et que ça a l'air de convenir à ma tessiture.
Au bout d'une heure, je suis venu à bout de mon répertoire pas très étendu et je grille de curiosité quant au tableau qu'il crayonne fiévreusement depuis tout à l'heure, pourtant, je contiens mon impatience encore un moment, avant de demander, au supplice :
- Je peux regarder ?
Il a l'air embêté.
- C'est juste une esquisse, tu sais…
- C'est pas grave, j'ai trop envie de voir. Je peux ?
Il hoche la tête et je le rejoins en deux pas. Une fois les yeux sur la toile, je les écarquille. Il m'a représenté… en ange. Je porte mes vêtements actuels, mais de grandes ailes de plumes jaillissent de mon dos de façon presque effacée. J'ai une auréole au dessus de la tête et suis assis sur un nuage, un micro dans la main droite, une partition dans la gauche… J'en reste sans voix…
- C'est… comme ça que tu me vois ? parviens-je à demander au bout de quelques secondes.
- C'est l'impression que m'a laissé ta voix, répond-il dans un murmure.
Wow… Ben ça c'est de l'impression dis donc. C'est même limite gênant, parce que j'ai vraiment rien d'angélique.
- Je… Est-ce que ça t'ennuie de poser encore ? m'interroge-t-il encore. Je voudrais préciser certains détails.
- Bien sûr que non, l'assuré-je dans un sourire, ravi de partager avec lui ce moment d'autant plus privilégié qu'il est totalement imprévu.
Ca me permet aussi de l'observer sans me cacher et de noter des détails auxquels j'avais jamais fais attention ou alors qui m'étaient cachés. Comme cet air sérieux et passionné qu'il a quand il fait ce qu'il aime, ce petit tic qu'il a de légèrement sortir le bout de sa langue sous l'effet de la concentration, ou cet éclat dans ses yeux quand il regarde son modèle (moi en l'occurrence)… Il est magnifique… L'ange, c'est vraiment lui. Et un ange diablement sexy en prime… Il doit même pas s'en rendre compte.
Je saurais pas dire combien de temps après, les voix combinées de Kame et Junno criant nos prénoms brisent la magie. Tatsu sort de sa transe artistique et je soupire. C'était trop beau pour durer, mais avant qu'ils arrivent, je peux pas m'empêcher de souffler :
- Tu as déjà dessiné quelqu'un d'autre ?
Il secoue la tête et je me retiens d'entamer une danse de la victoire. Même son petit ami officiel a pas eu cet honneur. Juste moi. C'est bon signe à mon avis.
- Je suis là ! répondons-nous en cœur.
Tous deux débouchent dans le jardin et notre tranquillité prend fin.
- Ah bah mon cœur, tu étais là, fait Junno en souriant. Je me demandais où tu avais disp…
Il s'interrompt, car son regard vient de se poser sur la toile.
- Wow. Qu'est ce que Yuya-chan a fait pour mériter cet honneur ? demande-t-il en me jetant un coup d'œil qui peut vouloir dire beaucoup de choses.
- Je… C'est sa voix qui… bredouille Tatsu.
- Ah bah en parlant de ça, intervient Kame, Yuya-chan, viens !
J'ai même pas le temps de dire ouf, qu'il me chope par le poignet et m'entraîne à sa suite avec une force surprenante pour quelqu'un de son gabarit.
- Mais Kame, on va où ? fais-je vu qu'il m'explique rien.
- A une audition.
- Heeeeee ?! fais-je, totalement ahuri. Comment ça ?
- J'ai reçu un coup de fil du prof de chant. Y'a une audition pour un rôle dans une comédie musicale et comme il dit qu'on est ses meilleurs élèves toutes années confondues, il a décidé de m'en parler. Mais il faut pas perdre de temps, on va arriver juste. Grouille.
- T'as déjà participé à une audition ?
- A des tas.
- Et ?
- Et j'ai toujours foiré jusqu'ici.
Vachement rassurant sachant qu'il est plus avancé que moi dans nos études communes… Mais bon je me chausse quand même en vitesse et profite du trajet en voiture pour essayer de me rendre présentable avec les moyens du bord : mes doigts. Bon, ça marche moyen, mais j'ai pas trop le choix.
Une fois au théâtre où a lieu l'audition, on constate qu'il y a déjà foule. On dirait que tous les apprentis chanteurs de Tokyo se sont donné rendez-vous là. A notre entrée, l'assistant qui nous reçoit nous fait sèchement remarquer qu'on est à la bourre et nous colle dans les mains deux numéros imprimés sur des autocollants. Je regarde le mien. Génial, je suis le cent-trente-septième…
Quatre heures. C'est ce temps qu'il a fallu pour que la tripotée de candidats passe avant nous et j'en ai ras le bol. Je m'apprête à me casser, quand on appelle Kame qui a le numéro juste avant le mien. Soudain intéressé, je me redresse dans mon fauteuil d'orchestre et fixe mon attention sur lui. En montant sur scène, devant le jury, il a l'air super à l'aise. Je me demande si cette aisance est réelle ou simulée.
- Présentez-vous, demande un des membres du jury.
- Kamenashi Kazuya, vingt ans. Je suis en deuxième année à l'école d'art de Aoyama.
- Prenez cette partition, dit un juré en la lui tendant. Nous vous laissons quelques instants pour la lire et quand vous vous sentirez prêt, allez-y.
En s'inclinant, mon aîné s'empare du papier et le déchiffre avec application pendant quelques instants, puis se lance.
- Saki no koto dore hodo ni kan gaete itemo
Hontou no koto nante dare ni mo mienai
Ku-haku kokoro ni nanika ga tsumatte
Ayamachi bakari kuri kaeshiteta
Ippo zutsu de iisa kono te wo hanasazuni
Tomo ni ayunda kimi ga iki tsuzuketeru kara
Boroboro ni narumade hikisakarete itemo
Ano toki no ano basho kienai kono kizuna[…]
Dès les premières phrases, je suis happé, attiré dans les magnifiques paroles de la chanson et par la voix, légèrement voilée, de mon ami. Je ressens au plus profond de moi la tristesse des mots qu'il chante et manque écraser une larme tellement ça me remue. Il est tellement jamais sérieux, que je le pensais pas capable de créer l'émotion chez ceux qui l'écoutent. La preuve que je me trompais lourdement, je l'entends clairement en ce moment. Quand il s'arrête à la fin des paroles, j'ai envie qu'il recommence, encore et encore. C'était magnifique.
Comme j'applaudis à tout rompre, les trois jurés se tournent vers moi, l'air mécontent, et je comprends qu'on applaudit pas pendant une audition. Oups.
- Désolé… fais-je, contrit, en m'inclinant sur mon siège.
Quand finalement ils appellent mon numéro, je bondis littéralement jusqu'à la scène et croise Kame qui, en descendant, me claque dans la main.
- Présentez-vous.
- Tegoshi Yuya, dix-neuf ans, en première année à l'école d'arts d'Aoyama.
- La même école que le candidat précédent donc. Bien, prenez cette partition, lisez-la et lancez-vous quand vous vous sentirez prêt.
Je la prends en m'inclinant… et reste bouche bée. Encore « ai nante » ! Ils se sont donné le mot ou quoi ? C'est quoi le trip avec cette chanson ? Ok je l'aime beaucoup, mais là franchement y'a aucun défi à relever, ça a aucun intérêt. Je déteste qu'on me mâche le travail.
- Heuuuuuu…
- Un problème, jeune homme ?
- Cette chanson, je la prépare déjà pour les cours…
- Et bien dans ce cas, son interprétation ne devrait vous poser aucun problème, n'est ce pas ?
- Non mais…
Je vois Kame, installé derrière eux, qui me fait des grands signes genre « la ferme crétin ! » mais moi, quand je sais que ça va être trop simple, ça me gave.
- Ah je pense avoir saisi, dit finalement un membre du jury. Ce garçon préfèrerait certainement une chanson qu'il ne connaisse pas déjà.
Oui ! Merci d'avoir comp…
- Mais le propre d'un artiste est de savoir s'adapter et de chanter ce qu'on attend de lui et non forcément ce qui lui fait plaisir. Dans votre carrière, vous ne tomberez pas toujours sur des textes qui vous motiveront, mon jeune ami. Prenez donc cela comme un défi et faites-nous entendre ce que vous pouvez faire de cette chanson que vous connaissez déjà.
Je retiens un soupir lassé. Ce genre de morale à deux yen, ça me soule profondément. Comme le fait de refaire des trucs déjà en cours, mais bon, visiblement, j'ai pas le choix. Comme je l'ai chantée dans le jardin quelques heures avant, elle m'a pas quitté l'esprit, c'est donc assuré que je débute.
- Dore dake aruitekitan darou ?
Furimuitara namida no ato
Kizutsuke kizutsuki tadoritsuita basho
Ima koko ni kimi ga iru
Ai nante
Kimi dake sa
Itsudemo motome sugite
Ai nante
Kimi nashi ja imi nai yo
Ikirarenai[…]
De nouveau, les yeux fermés, je me laisse emporter par les paroles et imagine Tatsu m'écouter encore d'un air passionné. J'aimerais qu'il soit là. Junno aussi, pour voir ce que j'espère être mon triomphe.
Quand je m'arrête, il y a un silence. Mais le genre de vieux silence qui te fait te dire « merde il est où le malaise ? j'ai foiré un truc ou quoi ? ».
- Il y a un problème ? demandé-je, plus si sûr de moi d'un coup.
Les jurés se regardent, manifestement emmerdés. Putain il se passe quoi ?
- Tegoshi-san, vous avez une voix superbe, indéniablement. Mais ce n'est pas le genre de voix que nous recherchons pour cette comédie musicale. Elle est beaucoup trop claire. Je suis désolé.
- Kamenashi-sa, vous avez le rôle, déclare ensuite un second juré.
Ok, je vais me pendre…
