Chapitre 19
Olala, deux chapitres en un jour! je dois avouer que contrairement à l'autre celui là s'est fait tout seul! Bonne lecture!
L'hôpital de la ville ressemblait aujourd'hui davantage à une base militaire qu'à un centre de soin. C'était la deuxième fois en moins d'un mois que des hauts dirigeants étaient pris pour cible et rien ne permettait de dire qu'ils ne seraient pas attaqués pendant leur convalescence. Du moins, c'était les arguments du chef-conseiller qui était venu voir la directrice de Senju Gakuen, hospitalisée depuis la veille du fait de son agression. Elle avait beau lui dire que si on l'avait voulu morte, il assisterait à son enterrement à l'heure actuelle, il n'avait rien voulu entendre. Bien sûr, elle se doutait que l'objectif principal du Conseil était de sauver les apparences et cette démonstration de force de déployer des soldats et des officiers de la Garde dans tous les points stratégiques de la cité servait plus à alimenter les journaux télévisés pour les empêcher de s'attarder sur les vraies causes du problème qui étaient que ni le Conseil, ni la Garde, ni elle ne maîtrisait la situation.
-Vous devriez annuler votre réception annuelle. Il est évident que vous êtes la prochaine cible. Confia Tsunade au vieil homme qui regardait par la fenêtre, se balançant nerveusement sur ses deux jambes.
-Et les laisser gagner? Hors de question. Je ne sais pas qui sont ces terroristes qui s'amusent à mettre la pagaille, mais je ne céderais pas.
-Ce n'est pas un jeu! Ils veulent votre morceau de la clé! Avec celle de Fugaku Uchiha, ils ont déjà réuni deux parties. Et vu l'état de mon école, si par malheur ils tombent sur la vôtre, ils n'auront aucun mal à ouvrir la porte! S'énerva la directrice.
-Ne vous inquiétez par pour ça. Elle est en sécurité et l'Aile Est est sous contrôle. Nous ne devons en aucun cas changez nos habitudes. Cela entrainerait des questions parmi la population. Les questions entrainent les doutes, les doutes des rumeurs, puis c'est la panique générale. La politicien se retourna et avança lestement vers la porte. Prenez soin de vous, Tsunade. Je veux vous voir en pleine forme samedi soir!
-Pour une fois qu'on sort tous les deux, tu pourrais être un peu plus communicatif. Se plaignit une jeune fille blonde marchant au côté de son petit ami sur les bords de plage.
-Hein? Tu m'as parlé? Répondit celui-ci, perdu dans ses pensées.
-Tu peux au moins me dire ce qui te tracasse. Tu sais que tu peux me parler, Shikamaru.
-Je réfléchissais à l'attaque de l'école. Y a un truc qui me dérange mais je n'arrive pas à voir quoi.
-Raconte-moi. Des fois, c'est en disant les choses à haute voix que l'évidence nous saute aux yeux.
-Peu de gens le savent, mais Senju Gakuen est entouré en permanence d'un bouclier empêchant l'attaque de démon.
-Comment ça se fait que tu sois au courant?
-C'est mon père qui a conçu le bouclier, et j'ai les oreilles baladeuses comme tu le sais. Répondit-il avec un sourire en coin. Il est évident que celui qui a organisé ça est le même que celui qui s'est infiltré dans l'Unité Centrale, je ne sais pas ce qu'il cherchait, mais il l'a trouvé, les deux fois. Enfin ça s'est une autre histoire. Le seul moyen de désactiver le bouclier c'est de stopper son alimentation, sachant que celle-ci est divisée en deux.
-En deux?
-Oui. L'alimentation est reliée à la fois au réseau de la ville et à celui de l'école.
-Vous avez votre propre source d'énergie? S'exclama Temari.
-L'Elite du pays, que veux-tu, on se doit d'être à la pointe de tout! Tout ça pour dire que pour désactiver le bouclier, il faut arrêter les deux sources en même temps, une synchronisation parfaite.
-Plutôt compliqué comme système.
-Compliqué mais sûr, enfin jusqu'à présent, il n'avait pas défailli depuis sa mise en place il y a 16 ans. Seuls mon père et Tsunade-sama sont au courant de ce système de sécurité.
-Et toi. Corrigea la blonde.
-Et moi.
-Tout ça signifie que celui qui a attaqué la Senju ne pouvait pas le faire tout seul. Il a donc un complice. Mais je vois mal ton père ou Tsunade-sama participer à la destruction de l'héritage d'Hashirama Senju.
-Il y a quelqu'un d'autre au courant, mais qui…
-Ton père aurait pu se faire voler ses dossiers et quelqu'un aurait appris pour le bouclier non?
-Impossible, il n'a gardé aucune trace écrite.
-Et Tsunade-sama? Tu ne m'as pas dit qu'elle pensait avoir été cambriolée il y a quelques temps?
-Ça m'étonnerait qu'elle garde un truc aussi énorme dans son bureau. Attends… Naruto m'a parlé d'une bibliothèque dans l'école, dans l'Aile Est.
-L'endroit où personne n'a le droit de pénétrer? Comment il sait qu'il y a une bibliothèque?
-Sakura y a été une fois, pour ses travaux d'intérêt général. Le concierge a un pass qui lui permet d'y accéder.
-Il est donc probable qu'un document expliquant le système de sécurité de l'école soit rangé dans cette bibliothèque.
-Oui, c'est une hypothèse à considérer…
-Mais quand bien même, je croyais qu'il était impossible d'y accéder dans cette Aile. Il doit y avoir une tonne de barrière ou je ne sais quoi du genre!
-Oui, mais le pass du concierge débloque tout. Encore faut-il le savoir… Le Nara s'arrêta d'un coup et fit demi-tour se mettant à courir, sous le regard surpris de son amie.
-Shikamaru, où tu vas!? Cria-t-elle.
-Vérifier quelque chose! Je t'appelle plus tard.
Elle soupira d'exaspération avant de continuer sa route, un petit sourire aux lèvres, qu'il était dur de sortir avec un Nara.
Elle était adossée au mur de sa salle d'entrainement ne lâchant pas du regard son coéquipier qui était en train de se défouler sur le pauvre pushing ball devant lui. Torse nu, il dégoulinait de sueur, mais ça le rendait encore plus attirant à ses yeux. Il avait toujours été le garçon le plus désiré par les filles. Déjà en maternelle, elles se battaient pour être assises à côté de lui en classe, pour pouvoir jouer avec lui pendant les récréations, pour être son amoureuse officielle, "le fardeau des Uchiha" avait appelé ça son meilleur ami. Déjà à cette époque, elle voyait dans ces yeux l'ennui que cela lui procurait, il en était même arrivé à ne tolérer plus qu'elle comme fille à ses côtés, ce qui lui avait valu de l'isoler de ses camarades de dinette, mais elle s'en fichait car elle préférait jouer aux officiers qui chassaient les démons, comme l'était son père, plutôt que de perdre ses journées à habiller des poupées. Puis il y avait eu le début de l'adolescence, et le jeune Uchiha avait vite compris les avantages de sa popularité et elle avait vite perdu sa place d'exception auprès de lui. Ce fut là qu'elle se rendit compte des sentiments qu'elle avait pour lui, quand elle ressentit de la jalousie à l'encontre des filles qu'elle le voyait embrasser. Elle avait alors tout fait pour qu'il arrête de la voir comme le garçon manqué qu'elle était. Elle avait remballé sa fierté et était allé voir celle qui était devenue sa meilleure amie féminine. Cette dernière bien que réticente au début car elle aussi entichée du beau ténébreux, finit par céder aux demandes de relooking de la jeune Imura qui avait été jusqu'à rester assise une après-midi entière sur la pelouse de son jardin afin de convaincre la jeune Ino. Elle l'avait alors métamorphosée, "Wow, on dirait une vraie fille!" fut la première remarque que lui fit son meilleur ami blond quand il la vit arriver la première fois dans ses nouveaux vêtements. Mais c'était son avis à lui qu'elle voulait et elle ne réussit à décrocher qu'un "Tu devrais te laisser pousser les cheveux". Alors, elle les avait laissés pousser, pour lui, pour qu'enfin il la regarde comme une fille, comme une femme. Mais ce n'était toujours pas suffisant, elle s'était donc mis à sortir avec des garçons, pour peut-être le rendre un peu jaloux. Puis un jour elle comprit que si elle ne faisait pas le premier pas, jamais il ne le ferait car elle savait qu'il ne l'aimait pas comme elle l'aimait, mais avec le temps, ça viendra, voilà ce qu'elle s'était dit après leur examen d'entrée dans l'Avant-Garde. Elle avait profité de la soirée qui avait suivi pour faire sa déclaration. "D'accord". Comment un simple mot pouvait-il autant nous emplir de joie? De joie, elle en avait été totalement submergée à partir de ce moment. Mais elle n'arrivait pas à oublier qu'il était le garçon le plus convoité, et que le fait qu'il ait une copine attitrée n'arrêterait pas ses groupies. Elle aurait voulu lui faire confiance, mais elle n'arrivait pas à oublier que jamais il ne lui avait dit ces trois petits mots, alors qu'elle lui avait dit des centaines de fois attendant une autre réponse que "Moi aussi" ou "Hmm". La jalousie l'avait alors submergée, elle ne supportait plus de le voir en compagnie d'autres filles qu'elle, elle lui faisait une scène à chaque fois que c'était le cas, et elle se détestait pour ça, elle se détestait d'être devenue ce genre de fille, et s'excusait à chaque fois, lui promettant qu'elle se calmerait qu'elle lui ferait confiance. Mais elle n'y arrivait pas, et la fois d'après, elle s'énervait encore plus, ruinant petit à petit sa relation avec lui, et pire ruinant leur amitié, ce lien si fort qu'ils avaient mis tant d'années à construire. Elle pensait à tout ça en le regardant s'entrainer. Voyant son regard éteint, Sasuke arrêta ses mouvements et s'avança vers elle.
-Kana, tu te sens mal? Demanda-t-il, inquiet.
-Non… Elle passa sa main derrière son dos, attrapant quelques mèches brunes. Je crois que je vais me couper les cheveux. Répondit-elle doucement, comme soulagée. Je vais te laisser finir ton entrainement. Elle lui fit un baiser sur la joue avant de prendre son sac et de sortir de la salle, sous le regard un peu perdu de son copain.
Il aurait pu prendre l'aérotram ou encore un taxi, mais il avait fait tout ce chemin en courant, ce fut en arrivant essoufflé et trempé par la sueur qu'il se dit que ça avait été une mauvaise idée. Mais bon, ce qui était fait, était fait. Il reprit alors un peu de prestance et alla sonner à la porte de l'immense demeure et un domestique vint lui ouvrir.
-Nara-san. Je vais prévenir Naruto-kun que vous êtes là.
-Ce n'est pas nécessaire. Je viens voir Karin.
Le domestique sembla surpris mais ne posa aucune question et accompagna Shikamaru au salon et lui servit un thé avant d'aller chercher la rousse.
-Shikamaru? Qu'est-ce que tu me veux? Demanda cette dernière en entrant dans la pièce, plus que surprise de voir le brun.
-J'ai des questions à te poser.
-Et pourquoi je devrais y répondre?
-Parce que sinon je dis à tout le monde ce qui s'est passé entre toi et Lee au réveillon d'il y a deux ans. Répondit le Nara avant de prendre une gorgée de thé.
-T'oserais pas… Siffla la jeune fille, en s'asseyant en face de son invité.
-Me tente pas.
-Qu'est-ce que tu veux savoir? Se résigna-t-elle.
-C'était quoi votre mission de mercredi?
-Hein? Pourquoi tu veux savoir ça? Demanda-t-elle surprise.
-Réponds, c'est tout.
-Des habitants de la vieille ville avaient entendu des démons trainaient dans les égouts, on s'en est occupé.
-Et ça vous a pris combien de temps?
-Euhh… L'après-midi je crois.
-Donc vous avez fini à quelle heure?
-Je sais pas! Tard! Vers 20 heures, un truc dans le genre! C'est quoi cette interrogatoire? S'énerva Karin.
-Rien du tout. J'ai ce que je voulais. On se voit en cours. Conclut le jeune homme, avant d'être raccompagné par le domestique vers la sortie.
Cette fois-ci, il ne partit pas en courant mais préféra marchait jusqu'à la station d'aérotram. Il monta dans un engin et se dirigea vers un endroit de la ville où il n'avait encore jamais mis les pieds. Après une bonne demi-heure, il descendit et se rendit jusqu'à un petit immeuble, monta les escaliers et toqua à la porte 014. Mais personne n'ouvrit, après tout il était encore tôt. Il s'installa donc contre le mur et alluma une cigarette pour patienter.
Elle n'avait jamais osé appeler ce numéro qu'il lui avait laissé la première fois qu'elle l'avait vu, mais elle s'était finalement décidée et elle se tenait à présent assise en face de lui, en train de manger une glace, comme n'importe quel couple d'adolescent. Elle prit une grande inspiration et finit par dire ce pourquoi elle avait voulu qu'il vienne.
-Je veux arrêter.
-Arrêter quoi?
-Tout ça. Replongez moi dans le coma si vous voulez, j'en ai rien à faire.
-Je pensais que le marché te convenait, que la dernière chose que tu voulais c'était de perdre Sasuke.
-Je l'ai déjà perdu! Et ce n'est pas la faute de cette fille. Je l'avais déjà perdu avant l'incident, c'était juste trop dur à admettre.
-Bien. Si c'est ce que tu veux. Dit-il en continuant de manger.
-C'est tout? Demanda-t-elle surprise.
-Qu'est-ce que tu veux que je te dise? Je ne suis pas cruel au point de te replonger dans le coma et de t'enlever au peu de gens de ta famille qui sont encore en vie. Du moment que tu gardes pour toi ce que tu sais de moi, tu fais ce que tu veux.
-Vous êtes vraiment étrange. Remarqua-t-elle, suspicieuse. La dernière fois qu'on s'est vu, vous n'auriez pas hésité à le faire, et là, je peux faire ce que je veux! C'est quoi votre problème?
-(Soupir)… Arrête de me vouvoyer, on a le même âge au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, ça me rend mal à l'aise. La dernière fois j'avais passé une mauvaise journée, y a des gens au-dessus de moi tu sais? Moi, aussi j'ai des comptes à rendre et ils ne sont pas très souples, j'ai juste voulu te faire peur pour faire avancer les choses dans mon sens, mais je ne t'aurais pas replongé dans le coma. Il releva les yeux et vit qu'elle le fixait de ses grands yeux bruns, ce qui le fit un peu rougir. Quoi? Demanda-t-il, en détournant la tête, gêné.
-Pourquoi tu me racontes tout ça? Dit-elle, surprenant par la même occasion son interlocuteur.
-Je ne sais pas trop. Faut croire que je t'aime bien après tout. Répondit-il en restant concentré sur la glace qu'il était en train de manger. Il l'entendit rire légèrement et releva ses yeux pour voir un grand sourire éclairé son visage. Je peux savoir ce qu'il y a de drôle?
-Rien, je me disais juste que j'aurai bien aimé te connaître dans d'autres circonstances. Répondit-elle, rêveuse, tandis que Ren la fixait toujours.
-Ne vas pas à la réception du chef-conseiller. Finit-il par dire d'un ton autoritaire.
-Quoi? Pourquoi? Je croyais que je pouvais faire ce que je voulais?
-N'y vas pas, c'est tout. Il se leva et se dirigea vers la caisse pour payer puis sortit rapidement du salon de thé. Kana se précipita derrière lui mais en arrivant dans la rue, elle eut beau l'appeler et le chercher autour d'elle, elle ne le vit pas.
-Encore volatilisé. Souffla-t-elle pour elle-même avant de reprendre son chemin.
Accompagnée de son familier, Sakura arpentait les rues de son quartier alors que le soleil disparaissait lentement derrière les hauts immeubles.
-Le Barben'ice m'avait quand même manqué! S'écria Kon, en se léchant les babines.
-C'est vrai que ça change des ramens! Rigola la jeune fille. Elles continuèrent leur petite discussion jusqu'à arriver en haut de leurs escaliers. Kon se stoppa voyant que quelqu'un les attendait.
-Shikamaru? Ça fait longtemps que t'es là? Demanda alors Sakura.
-Un moment.
-Tu veux quelque chose?
-Je pense qu'il vaudrait mieux qu'on entre. Dit-il en écrasant sa cigarette contre le mur derrière lui. Elle l'écouta et ouvrit la porte de son appartement, l'invitant à entrer.
-Tu veux boire quelque chose?
-Ça ira. Il observa la petite pièce et s'assit finalement sur le lit, son hôte quant à elle prit sa chaise de bureau de façon à se retrouver en face à face, attendant que le brun parle. Mais celui-ci ne semblait pas décider, les coudes posés sur ses genoux, son menton appuyé sur ses mains croisées.
-T'es vraiment sûre que tu veux rien boire? Demanda-t-elle en se levant, pour briser le silence gênant.
-Je suis allé voir Karin. Il n'avait pas bougé d'un pouce mais Sakura s'était arrêtée un centième de seconde alors qu'elle cherchait un verre dans son armoire.
-Je ne savais pas que vous étiez amis. Dit-elle, calmement.
-Elle m'a dit que votre mission s'était terminée à 20 heures.
-Tu préfères du jus de fruit ou du sirop? Continua la rose, en vraie maîtresse de maison.
-Elle a menti. Il entendit son amie soupirait et fermait la porte du frigo.
-Qu'est-ce que tu veux Shikamaru? Dit-elle finalement, d'un ton beaucoup plus froid que précédemment.
-Te donner une chance de t'expliquer avant que j'aille voir les supérieurs.
La lune était pleine ce soir, mais sa lumière n'était rien comparée aux luminaires de la ville qui à eux seuls suffisaient à réduire les efforts des astres pour briller à néant. Le jeune homme était assis sur un banc, les yeux levés vers le ciel et essayait de se rappeler la dernière fois qu'il avait vu des étoiles. Il y a trop longtemps, fut sa réponse. Il attrapa son téléphone et composa le numéro qu'il connaissait par cœur. Une voix endormie lui répondit.
-Shikamaru? Tu as vu l'heure qu'il est?
-J'avais dit que je te rappellerai plus tard. Après tu me reproches de pas faire ce que je dis, faut savoir ce que tu veux.
-Commence pas à me faire la morale. Je suis pas assez réveillée pour me défendre. Elle attendit que son copain réponde, mais elle n'entendait que le bruit de la ville derrière lui.
-Temari, tu aurais voulu faire quoi si tu n'avais pas été dans la Garde?
-T'en poses de ces questions à 1 heure du matin… Mais puisque tu le demandes, ingénieure dans l'aérospatiale!
-Rien que ça! Rigola le Nara.
-Eh oui! J'ai de l'ambition moi! Enfin bon, c'est pas comme si c'était possible alors… Dit-elle, dépitée.
-Si tu avais le choix entre notre monde et un où il n'y aurait ni démons, ni Garde, ni Child, ni aptitude, tu choisirais de vivre dans lequel?
-Shikamaru, tu m'inquiètes, t'as pas fumé un truc louche au moins?
-Réponds, s'il te plait.
-Je choisirais le monde sans démon, sans Garde, sans Child et sans aptitude.
-Kura ne te manquerais pas?
-Si, je suppose. Mais je préfèrerais que ma mère et mon père soient toujours là. Alors si laisser Kura signifiait qu'on me rende ma famille, je n'hésiterais pas une seconde. Et toi?
-Quel monde je choisirais? Celui où tu serais…
-J'aimerais dire que je trouve ça trop romantique mais tu évites la question. Lequel tu choisirais, vraiment?
-C'est compliqué comme choix… Dans un autre monde, peut-être que je n'aurais rencontré ni Choji, ni Ino, ni toi.
-Shikamaru…
-Bon alors, le monde sans Garde ni démons. J'aurais peut-être eu la chance de connaître mon frère comme ça.
-Et puis rien ne dit qu'on ne se serait pas rencontré dans ce monde-là. (Bâillement) On se voit demain, d'accord?
-D'accord. Il l'entendit retirer le téléphone de son oreille et cria une dernière fois son nom avant qu'elle ne raccroche.
-Quoi?
-Je t'aime.
-Faut vraiment que t'arrêtes la cigarette ou le truc que tu fumes. C'est trop fort pour toi. Dit-elle en rigolant légèrement. Il attendit qu'elle raccroche mais après avoir de nouveau éloigner le combiné de son visage, ce fut elle qui l'appela une dernière fois.
-Je t'aime aussi.
Et dans un sourire, il appuya sur la touche pour stopper la conversation.
Elle n'avait pas fermé l'œil de la nuit et Kon non plus. Cette dernière était aux aguets, flairant le moindre bruit suspect provenant de l'extérieur. A chaque sirène, son corps battait la chamade se demandant s'ils venaient la chercher elle. Mais une fois le matin arrivé, elle comprit que Shikamaru ne l'avait pas dénoncé, du moins pas encore. Ce fut toujours la boule au ventre qu'elle se prépara pour le lycée, se rappelant au passage que les cours se dérouleraient à l'école militaire du Quartier Est.
-Tu ne devrais pas y aller. Si ça se trouve, ils attendent juste que tu te pointes pour t'embarquer.
-Et si ça se trouve, Shikamaru a réfléchi à ce qu'on lui a dit et ne dira rien. Répondit Sakura en laçant ses chaussures.
-Tu joues avec le feu. On ferait mieux de quitter la ville.
-Et pourquoi pas écrire coupable sur mon front tant que t'y es. J'ai décidé de lui faire confiance, fais en autant.
-Mais
-Pas de mais. Si je me fais arrêter, je suis sûre que tu trouveras un plan de folie pour me faire sortir et là on ira se la couler douce sur une île pleine de cocotier. En attendant, on agit normalement. Elle se leva du lit, attrapa son déjeuner et quitta l'appartement.
Ses trajets jusqu'à l'école lui avait toujours semblé interminable, c'était la première fois qu'elle aurait aimé que le temps ralentisse. Arrivée à l'école qui accueillait les apprentis de la Senju, elle fut guidée à sa salle par un furet, enfin un familier qui ressemblait à un furet, qui d'après ses dires, appartenait au concierge du bâtiment. En entrant dans sa salle, elle vit que le Nara n'était pas encore arrivé. Elle s'assit sur le bord de son bureau, attendant anxieusement l'arrivée du brun. La porte s'ouvrit après plusieurs minutes, mais ce ne fut pas Shikamaru qui entra. Il s'agissait de Kana, enfin de Kana sans ses cheveux. Sakura ne l'appréciait pas trop mais s'il y avait bien une chose dont elle était jalouse chez elle c'était ses magnifiques cheveux bruns qui s'écoulaient avant jusqu'au creux de ses reins. Aujourd'hui, ils n'étaient pas plus longs que ceux de Naruto, à la différence qu'ils n'étaient pas coiffés en bataille.
-Kana-chan… Tes cheveux… fit ce dernier, en bégayant.
-Ça change, hein? Je me sens plus légère comme ça! Je trouve que ça me va bien, pas toi? Dit-elle, avec un sourire que la rose ne lui avait encore jamais vu.
-Si, si. Tu es toujours très jolie de toute façon, pas vrai Sas'ke? Le brun n'avait pas bougé depuis son entrée dans la salle, il la trouvait bizarre depuis hier mais jamais il n'aurait pensé qu'elle se fasse vraiment couper les cheveux aussi courts, alors qu'ils étaient sa fierté. Elle s'approcha de lui attendant sa réaction qui ne venait pas.
- Ça ne te plait pas? Raaa, et puis je m'en fiche. Moi, ça me plait et c'est ce qui compte.
-Ça te va bien.
-Merci! Dit-elle en lui faisant un baiser sur joue. Elle avança vers Sakura qui se trouvait au premier rang, mais celle-ci semblait perdue dans ses pensées et ne l'entendit pas arriver. Elle l'appela donc par son prénom mais apparemment trop fort car la rose sursauta et déstabilisée, tomba du bureau où elle était assise.
-Aïe! Fit elle en se frottant le coccyx. Elle vit une main se tendre vers elle pour l'aider à se relever mais hésita à la prendre quand elle vit que Shikamaru se trouvait à l'autre bout du bras.
-Tu peux me faire confiance. Dit finalement ce dernier voyant le doute dans le regard de la jeune fille. Elle attrapa finalement sa main, un sourire de remerciement, et de soulagement, sur le visage.
-Sakura! Je te jure je ne voulais pas te faire tomber. C'est juste que je pensais que tu m'avais entendu arrivée! Se justifia la brune, vraiment gênée.
-Haaa… Euhh… Ne t'inquiète pas, je suis un peu dans la lune ces jours-ci. Kon arrête pas de me dire que je fais pas assez attention au monde qui m'entoure. Répondit-elle, en se massant encore le bas du dos.
-Tu crois que tu peux me pardonner? Demanda Kana, en tendant sa main vers Sakura, qui comprit, comme le reste de la classe qui s'était arrêté de bouger, qu'elle ne parlait pas vraiment de la chute involontaire.
-Je crois que je peux. Dit-elle, avec un beau sourire, que son interlocutrice lui rendit, et qui se répandit à tous les élèves de la A2-A.
