REVIEWS :

chrystelleB : Je ne dirais pas ce que Sarah cache tout de suite, cela dit la vérité sur son passé viendra assez tôt dans l'histoire (à mon sens en tout cas) mais je ne dirais rien de plus pour le moment. Et oui, toujours du suspence XD

Blitzz : Contente que l'histoire te plaise, et que tu es envie de lire la suite, c'est plutôt une bonne chose pour moi. En espérant que ce chapitre te plaise autant.

DISCLAIMER : Je ne possède pas Esprits Criminels (malheureusement) et je ne suis pas payée pour publier cette fiction (malheureusement aussi)

WORDS : 3,844 mots

RATING : K


Le livre que Sarah lisait actuellement avait beau ne pas être particulièrement passionnant -voir très ennuyeux- cela ne l'empêchait pas de tourner les pages rapidement, passant le temps comme elle le pouvait. Jessica lui avait amené des vêtements de rechanges pour sa futur sortie d'hôpital, ainsi que beaucoup de bouquins dont la moitié était déjà lus. Une semaine. Cela faisait actuellement une semaine qu'Aaron était partit et qu'il ne donnait plus de signe de vie. Et Sarah ressemblait à un cadavre éveillé. Elle laissait les médecins l'examiner sans rien dire, elle ne répondait pas aux questions, et la plupart du temps, elle regardait le mur ou le plafond. Personne ne savait si c'était dû à sa fausse-couche, ou s'y c'était autre chose, mais tant qu'elle se laissait examiner et qu'elle n'essayait pas de s'enfuir ou de se suicider, les médecins lui foutaient la paix.

-Mademoiselle Roadwess ?

La blonde releva vaguement la tête de son bouquin, le regard vide et impénétrable, et elle scruta chaque mouvement de l'infirmier alors qu'il s'approchait de son lit.

-Vous avez reçu une lettre...

Déstabilisé par cette attitude indifférente, il posa vivement l'enveloppe sur le lit et sortit prestement. Sarah fixa l'enveloppe blanche pendant une minute ou deux, indécise quant à ce qu'elle devait en faire, et finalement, elle ferma son livre et prit entre ses doigts la missive. Il n'y avait pas le nom de l'expéditeur, juste son nom à elle écrit à l'encre noir. Une écriture peu élégante qui n'était pas celle de Hotch, ni celle de ses parents. Elle déchira le haut de l'enveloppe, les yeux soudain brillant d'une curiosité enfantine, et elle tira deux pages de papier blanc plié en trois dans le sens de la hauteur.

Chère Sarah,

C'est assez bizarre de t'écrire une lettre, mais comme tu es partie je n'avais pas d'autre choix. Je ne compte pas sur toi pour m'appeler, je sais que tu ne le feras pas et que tu trouveras sûrement une excuse du genre "je n'avais pas le temps". La vie ici est ennuyeuse depuis que tu es partie, ça me manque que tu ne m'apprennes plus à lire du Shakespeare ou à profiler les gens autour de moi. J'ai gardé tous les textes que tu m'as écris, ils sont accrochés au mur de ma chambre.

Je ne sais pas si tu comptes revenir à Tifton, et j'espère que tu as retrouvé ton parrain, mais si jamais tu passais dans le coin, n'hésite pas à venir me voir. Tu me manques beaucoup.

Charles Bray.

La deuxième page était un dessin réalisé au crayon de bois représentant le foyer où travaillait le père de Sarah, et où elle avait vécu lorsqu'elle s'était faite passer pour folle. Un mince sourire étira les lèvres de la blonde et elle relu plusieurs fois la lettre. Charles était l'un de ces adolescents internés pour des troubles paranoïaques qui le poussaient à ne faire confiance à personne. Il lui était déjà arrivé d'arrêter de s'alimenter pendant plusieurs jours, craignant que son assiette ne soit empoisonnée. Il était l'un des rares à avoir plus ou moins toute sa tête, et parler avec lui avait un sens. Cela n'avait jamais empêché Sarah de discuter avec les autres pensionnaires, mais il était vrai qu'elle préférait la compagnie de Charles. Même si elle était toujours plus proche de lui. Un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale et elle reposa la lettre sur les draps, avant d'appuyer maladroitement sur le bouton rouge, destiné à appeler le personnel médicale.

Elle regarda l'enveloppe éventrée et les feuilles de papier, avant de lorgner sur son bouquin. Elle n'avait plus du tout envie de lire. L'infirmier qui lui avait remis la lettre arriva et observa la patiente, qui semblait profondément troublée par les objets devant elle.

-Un problème ? finit-il par demander.

Elle releva la tête à la manière d'un automate et son regard le passa au crible.

-Je pourrais avoir des feuilles et un stylo ? Avec une enveloppe, s'il vous plait...

-Je vous apporte ça.

Il repartit en lui adressant un vague sourire. Cette fille était vraiment troublante... Demain, elle pourrait sortir de l'hôpital. Elle n'avait presque pas pipé mot depuis le départ de l'agent Hotchner et ne s'était nourrie qu'à grande peine. Mais les médecins avait finalement conclu qu'elle ne risquait plus rien.

Lorsque son papier et son stylo arrivèrent, avec une enveloppe blanche comme la neige, elle se redressa maladroitement contre son oreiller et tendit la main pour récupérer son dû. Elle regarda l'infirmier sortir, et dès qu'elle fut sûre qu'elle était seule -son léger côté paranoïaque la rattrapant- elle fit tourner le crayon entre ses doigts et observa le papier blanc qui semblait la narguer. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien écrire... Dire qu'elle allait bien serait mentir, dire qu'elle allait mal le serait aussi, et elle ne voulait pas lui parler de sa fausse-couche. Il était sensible, pas la peine de déclencher une crise. Alors elle griffonna juste "Merci et désolé de ne pas t'appeler", elle plia la feuille majoritairement blanche et la glissa dans l'enveloppe, avant de la fermer. Elle lança adroitement le paquet de papier restant sur le fauteuil où s'était tenu Hotch avant de partir, puis elle nota le nom de Charles et l'adresse du foyer de vie sur la missive close. Elle posa le tout sur le plateau à roulette supportant un moniteur émettant un bruit horrible, qui était relié à elle par aller savoir quel fil.

Elle soupira profondément, appuya sur le bouton qui faisait descendre la tête de lit, et se laissa tomber contre l'oreiller, reprenant son examen du plafond abandonné plus tôt dans la journée. Et elle se remit à compter. Ce n'était pas les secondes, parce qu'au fond, elle n'avait jamais été capable de s'adapter au rythme lent de celles-ci ; encore moins les moutons dont elle pensait d'ailleurs bien du mal à cause des insomnies qu'elle avait contracté à force de tenter de faire abattre ces boules de laines ; et avec ce qui se rapprochait le plus d'un sourire, elle se souvint de la seule fois où elle avait réellement réussit à s'imaginer les moutons en question. Ils sautaient par dessus une barrière, et d'un coup, il n'était plus tous blancs, certains devenaient noirs, et le temps qu'elle se demande si elle devait quand même les compter, c'était devenu le bordel. Les bestiaux ne sautaient plus un par un mais deux par deux, voire en groupe, et cela se terminait en guerre entre bêtes à laine.

L'horloge de sa chambre froide et austère lui indiquait seize heures et demi, et elle ferma finalement les yeux. Oh, elle ne s'endormirait pas, elle se savait incapable de réellement sombrer avant au moins vingt-deux heures, mais elle pouvait au moins reposer ses iris fatiguées. Et puis, elle eut une idée. Elle se sentait seule, inutile, mais elle devait se ressaisir. Pour Hotch. Pour lui prouver qu'elle avait changer. Pour se le prouver à elle-même. Alors elle se redressa d'un coup, marmonnant une injure quand le cathéter bougea dans sa veine, et elle appuya plusieurs fois sur le bouton rouge, comme si cela pouvait faire venir l'infirmier plus vite.

Lorsque celui-ci débarqua au pas de course, plusieurs expressions traversèrent son visage en un laps de temps très court. D'abord la panique -sans doute pensait-il qu'il se passait quelque chose de grave-, puis l'étonnement de voir que tout allait bien, une légère colère due à sa course inutile, puis la perplexité.

-Vous avez besoin de quelque chose ?

-Que vous postiez la lettre et que vous me passiez mon portable qui est sur le fauteuil. S'il vous plait.

L'homme d'une trentaine d'année hocha la tête, s'approcha du fauteuil en question et lui tendit le petit appareil, avant de saisir la lettre posée non loin.

-L'adresse et le destinataire sont déjà mis, il ne manque plus qu'un timbre.

-Ça sera rajouté à vos frais d'hospitalisation, l'informa-t-il en souriant. Reposez-vous.

Il sortit, la lettre à la main, et elle déverrouilla son portable. Heureusement que Jessica avait pensé à le lui amener... Mieux, heureusement que Jessica avait pensé à le charger ! Elle sélectionna l'icône "contacte" et fit défiler la liste assez courte. Elle finit par trouver la belle-sœur de Hotch -qui avait préalablement prit la peine de s'enregistrer- et appuya sur le bouton d'appel. Elle porta le combiné à son oreille et patienta le temps qu'elle décroche.

-Allô ?

-C'est Sarah.

-Un problème ? s'empressa de demander la nourrice à mi-temps -ou plutôt plein temps- de Jack.

-Non aucun. Est-ce que tu sais si Aaron à un dossier concernant les membres de son unité ?

-Oui, pourquoi ?

Jessica semblait passablement surprise, et Sarah soupira. Allait-il réellement falloir qu'elle s'explique ?

-Est-ce que tu penses que tu pourrais me l'amener ?

-Bien sûr, mais...

-Jessica, s'il te plait, ne... Ne pose pas de questions... Je veux juste en savoir un maximum sur les personnes qui entourent Aaron. Je ne l'ai pas vu depuis quatre ans...

-... D'accord, j'arrive dans dix minutes.

-Merci.

Elles raccrochèrent en même temps, et avec un long soupire, Sarah se laisse une nouvelle fois retomber contre son oreiller. Elle allait pouvoir s'occuper, enfin. Une activité digne d'intérêt... Elle en apprendrait peut-être un peu plus sur Spencer Reid... Non pas qu'il l'intéressait particulièrement mais il l'avait veillé avec son parrain pendant une nuit entière, et ce fait l'intriguait. Sans compter qu'il était le seul de l'unité que dirigeait Aaron dont elle connaissait le nom.

Comme elle l'avait annoncé, Jessica débarqua au bout d'une douzaine de minutes, un carton sous le bras. Jack était avec elle, et il sourit à la blonde en entrant dans la chambre.

-Salut Jack.

Il monta sur le lit et regarda les machines qui entourait la jeune fille, comme il le faisait depuis que Jessica avait accepté qu'il vienne lui rendre visite.

-Tu rentres quand ? demanda-t-il en plantant son regard dans celui de Sarah.

-Demain.

-Je t'ai amené la boîte, je ne sais pas exactement ce qu'il y a dedans, mais tu devrais avoir les dossiers de tous les membres de l'équipe, expliqua la sœur d'Haley en posant la boîte sur le lit, au niveau des cuisses de la jeune fille.

-Merci...

Elle retira le couvercle, curieuse et impatiente, et découvrit une bonne dizaine -voire vingtaine- de chemise en carton qui contenaient chacune des feuilles classées méthodiquement. Elle prit la première qui lui venait et l'ouvrit, regardant nom, prénom, âge, et tout ce qui s'en suivait. Ce dossier était celui d'Hotch, et bien qu'elle connaisse en gros la vie de son parrain, elle apprit quelques petites choses, comme les affaires sur lesquels il avait travaillé, les personnes importantes qu'il avait rencontré durant les missions, les bilans de ses évaluations psychologiques...

-On va te laisser. Je passe te prendre demain à dix heures.

-Oui, merci.

Jack claque un baiser sonore et quelque peu baveux sur la joue de sa "grande sœur" et suivit Jessica, qui adressa un signe de main accompagné d'un sourire à la jeune fille. Une fois que la porte fut fermée, elle reposa le dossier d'Aaron et prit celui qui allait juste après.

David Rossi

Ce nom lui était familier, elle l'avait peut-être entendu une fois, mais elle n'était pas sûre. Elle sourit en voyant qu'il avait été marié trois fois et qu'il n'avait pas d'enfants, ses évaluations psychologiques étaient très bonnes et ce devait être un bon profiler et quelqu'un de proche pour qu'Hotch le range en deuxième position dans la boîte. La photo de l'agent montrait quelqu'un de "souriant mais pas trop", qui ne semblait pas vraiment méchant et qui sur le coup lui fit penser à un membre de la mafia italienne. Elle ferma la pochette et prit la suivante.

Derek Morgan

Il était grand -d'après la taille indiqué dans le dossier- et était battit presque tout en muscle. C'était un black qui devait plaire aux femmes, comme le prouvait son statut de célibataire sans enfant. Ses expertises psychologiques montraient quelqu'un d'intelligent -dans la moyenne- qui devait défoncer les portes plutôt que de tout simplement frapper. Elle fronça les sourcils en voyant qu'il avait remplacé Aaron au poste de chef d'unité, et se fit la remarque qu'il faudrait qu'elle demande à son parrain de lui expliquer.

Jennifer Jarrot

Ancien agent de liaison. Elle était mariée, avait un enfant -enfin quelqu'un de raisonnable...- et avait des cheveux blonds et des yeux bleus, un visage fin et doux qui témoignait de toute sa gentillesse. Elle se demanda l'espace d'un instant comment une personne aussi douce pouvait faire un métier où elle voyait des horreurs à longueur de journée. Elle avait été membre du pentagone pendant quelques temps, mais il n'y avait aucun détail.

Spencer Reid

Sarah déglutis, la curiosité lui serrant la gorge et lui tordant l'estomac. Il avait trente ans -il n'avait pas mentit-, sa photo devait être ancienne car il avait les cheveux coupés en un carré court qu'elle se refusait d'appeler coupe au bol, et le reste du dossier la fit presque pâlir. Sa mère était schizophrène, son père l'avait abandonné, il avait été martyrisé pendant son enfance -d'après ses multiples évaluations psychologiques-, il avait été séquestré et torturé par un homme nommé Tobias Hankel qui l'avait drogué, il s'était fait tirer dessus, avait contracté l'anthrax, et une femme nommée Maeve avait été tuée sous ses yeux. D'après le dernier rapport concernant la santé mentale du jeune homme, cette mort l'avait grandement affectée et pour cause, il l'aimait. Ce n'était pas dit aussi clairement dans le dossier mais c'était fortement sous-entendu. Elle referma la pochette, la gorge nouée par la compassion et l'horreur. Et il était si jeune...

Alex Blake

Une femme aux cheveux bruns, un sourire maternelle bien qu'un peu strict -elle ne savait pas vraiment comment le définir-, mais elle ne lu que la première page qui rassemblait les informations principales et elle le referma. Elle n'avait plus le courage de continuer à lire. Elle jeta tout de même un coup d'œil au dernier dossier, dont la photo lui arracha un sourire. Une femme au cheveux blonds partant dans tous les sens souriait avec espièglerie, et le haut d'un vêtement multicolore donnait le ton : elle était clairement excentrique. Pénélope Garcia. Informaticienne.

Sarah se sentait vidée. Elle remit tous les dossier dans l'ordre, referma la boite et la posa du côté gauche de son lit. Question d'habitude, ne jamais mettre quelque chose d'important du côté de la porte, c'est la première chose qu'un voleur voit et prend. C'était l'une des premières choses à comprendre quand on arrivait dans le foyer où travaillait son père. Non pas que les infirmiers ne leur volent quoi que ce soit, mais les autres enfants, eux, ne se font pas de cadeaux entre eux. Il pleuvait encore et elle ferma les yeux, décidant qu'il était temps de se reposer. Avec un peu de chance, elle s'endormirait et ne se réveillerait que le lendemain.


Étirant tous ses muscles endoloris dans la mesure où son bas-ventre le lui permettait, Sarah sortit de l'hôpital. Elle ne montrait pas qu'elle était plus qu'heureuse, mais intérieurement, elle exultait. Elle avait appris à contrôler ses émotions, plus ou moins, bien qu'elle n'en est pas été capable ces derniers jours. Elle avait juste profondément craqué, déstabilisée par les retrouvailles avec son parrain -retrouvailles qu'elle avait elle-seule décidée- et maintenant qu'elle pouvait réfléchir de manière un temps soit peu correcte, elle se rendait compte à quel point son comportement avait été digne d'une gamine de six ans. Machinalement, elle glissa sa main sur son ventre, juste comme ça. C'était bizarre de ne plus ressentir les mouvements agités du bébé, c'était bizarre de se dire qu'il y avait eu une vie, là, sous cette peau désormais distendue. Et y penser lui serrait le cœur de manière intolérable, mais elle faisait avec, persuadée qu'elle pouvait passer au dessus de ça comme elle était passée au dessus de tout le reste. Comme elle avait affronté tout ce qui se présentait alors qu'elle était livrée à elle-même.

Dans le fond, elle essayait de se convaincre qu'elle n'était pas une mauvaise personne, qu'il y avait forcément quelque chose de bien en elle. Qu'elle n'avait pas déçu tout le monde. La seule chose qui la raccrochait à cette idée, le seul souvenir, était les années qu'elle avait passé dans le foyer de vie, entourée de gens malades mentalement, et elle savait qu'elle avait au moins fait le bien là-bas. Qu'elle avait servit à quelque chose quand elle se rendait au travail, avec tous les autres adolescents. Parce qu'il fallait tous qu'ils s'occupent les mains, elle comprise. Et elle se sentait utile dans ses moments là. Désormais, elle avait tout quitté. Pour protéger son enfant, mais cela n'avait servit à rien. La fatalité était presque écrasante. Mais elle avançait, et elle avait désespérément besoin de s'occuper les mains.

Jessica l'attendait sur le parking de l'hôpital, et elle lui sourit en la voyant arriver. Elle restait pâle, mais elle semblait aller mieux. C'était déjà une bonne chose.

-Je vais au parc avec Jack cette après-midi, tu voudras venir ? demanda-t-elle en regardant la jeune fille passer de l'autre côté de la voiture, côté passager.

-Non, je pense que je vais rester me reposer à l'appartement. Mais merci d'avoir proposé.

-Je t'en pris.

Jessica ouvrit la portière et s'assit sur son siège en même temps que Sarah à ses côtés. Derrière elles, Jack jouait tranquillement à compter les voitures sur le parking. Il se tourna vers sa tante et lui sourit, avant de regarder celle qui considérait désormais comme une sœur poser le carton de dossier à côté de lui. Elle lui adressa un sourire fatiguée qu'elle espérait convaincant, et elle se rassit correctement sur son siège. Le trajet jusqu'à l'appartement d'Hotch passa vite, la musique passant à la radio ayant entraîné un concours de chant entre Jack et Jessica, alors que Sarah jouait l'arbitre. Quand finalement le contact fut coupé et que la sœur d'Haley eu aidé la jeune fille à monter jusqu'au deuxième étage, son neveu portant le carton, elle se décida à évaluer l'état mentale de Sarah à travers son comportement. Elle n'était pas douée pour ça, c'était sûr.

Elle avait les traits tirés, la peau plus pâle que d'habitude, et ses doigts ne cessaient de passer machinalement sur son ventre, à la recherche de quelque chose qui lui rappellerait qu'elle avait été enceinte, qu'elle avait faillit donner la vie à un petit être. Mais tout ce qu'elle touchait lui rappelait au contraire qu'elle avait tué un bébé qui n'avait même pas eu la chance de vivre. Pourtant, malgré ce constat flagrant, Jessica ne décela aucun signe de détresse ou de dépression chez la jeune adulte, qui se contentait de garder un visage presque impassible qui laissait à peine filtrer sa fatigue. Elle ne savait pas trop à quoi cela servait de cacher son mal-être de cette façon, et elle finit par convenir qu'elle ne le saurait sans doute jamais, mais dans un sens, cela la soulageait. Si Sarah avait été sur le point de craquer, cela se serait vu. Hors, ce n'était pas le cas.

-Il y a de quoi manger dans le frigo, et j'ai mis tes vêtements dans l'armoire d'Aaron, porte de droite.

-Merci...

La blonde semblait découvrir l'appartement, ce qui en un sens n'était pas totalement faux puisqu'elle n'avait pas vraiment eu l'occasion de se lancer dans un examen approfondit de l'endroit où elle allait vivre pendant un certain temps.

-Est-ce que... Est-ce qu'il rentre bientôt ? finit-elle par demander en inspectant un meuble bas, près de la fenêtre, sur lequel était posé une photo d'Haley avec Jack.

-Aucune idée. Il part souvent sans savoir lui-même pour combien de temps. Mais si ça te rassure, ça ne dépasse jamais les deux semaines grand maximum. Une semaine, c'est déjà beaucoup.

Jack posa le carton qu'il portait fièrement sur la table basse et alla dans sa chambre, laissant les deux femmes seules. Sarah le regarda emprunter le couloir jusqu'à ce qu'il disparaisse de son champ de vision, et elle sourit tristement.

-Comment est-ce qu'il fait pour vivre sans sa mère...?

Jessica soupira et s'assit sur le canapé, posant son sac à main sur ses genoux, avant de taper doucement du plat de la main la place à côté d'elle. Sarah s'assit sans faire d'histoire et regarda la femme blonde. Elle ne se souvenait pas concrètement de la fois où elles s'étaient rencontrés, quand elle était venu avec Haley et Aaron à Washington, mais elle savait que c'était quelqu'un de bien, et cela lui suffisait.

-Il fait comme Aaron je suppose... Il se persuade qu'il peut passer au dessus de tout ça et qu'Haley veille toujours sur lui... répondit tristement Jessica.

Jack revint en courant dans le salon, tenant un bracelet dans sa main, qu'il tendit à Sarah avec un grand sourire.

-C'est un porte-bonheur, expliqua-t-il. Pour que tu sois jamais triste !

-Merci Jack...

Elle prit doucement le bracelet dans sa main et le passa autour de son poignet alors que les larmes menaçaient de couler. Il était fait avec des perles bleus de formes irrégulières, striées de bleus et de bleus de manière aléatoire, et le fil qui retenait le tout était élastique.

-Il est magnifique...

Jack sourit et posa doucement sa main sur le ventre désormais moins rond de Sarah. Elle frissonna mais le laissa faire, sous le regard attentif et peiné de Jessica.

-On va y aller Jack, tu viens ?

-J'arrive.

Il se recula légèrement et partit en courant vers la porte.

-Fais comme chez toi, sers-toi à manger et à boire, on sera de retour vers dix-neuf heures. Et repose-toi surtout.

-D'accord. A tout à l'heure, amusez-vous bien.

-A tout à l'heure ! répéta Jack avec entrain.

Ils quittèrent l'appartement en saluant la blonde une dernière fois, et elle se retrouva seule. Elle ne savait pas trop quoi faire, mais elle devait s'occuper l'esprit, ça s'était sûr. Il fallait qu'elle pense à autre chose qu'à sa fausse-couche et à l'agression qui avait eu lieu dans cet appartement.


Ce chapitre est bien plus long que les autres, sauf erreur de ma part... Et je suis en retard, je sais, mais il y a une raison toute conne à ça : je n'avais pas internet ce week-end, j'étais en cours hier (y'en a qui boss...) et j'avais plein de leçons à faire aujourd'hui, ce qui explique l'arrivée aussi tardive de ce chapitre ! J'avoue ne pas avoir écrit beaucoup la semaine dernière, du coup j'ai un peu finit ce chapitre à la hâte, et le début est profondément nul, la fin aussi d'ailleurs... Mais j'espère que le prochain chapitre sera mieux. Laissez des reviews ! A la semaine prochaine.