Bonjour ou bonsoir.

Je voudrais commencer par vous remercier et tout particulièrement ceux qui suivent ou ont ajouter cette fiction à leurs favoris. Quant à Serdra et cat240, je vous remercie pour vos reviews et j'espère que la suite ne vous décevra pas!

J'ai hésité entre laisser ce chapitre comme je vous le présente ou le fusionner avec le trois. Mais finalement, je préfère faire avancer cette histoire doucement. Pour me faire pardonner, le chapitre trois arrivera mercredi (oui vous remarquerez que j'ai du mal à suivre mes annonces de posts). Donc même si ce chapitre ne fait pas foncièrement avancer l'histoire, j'espère que ça ne vous empêchera pas de continuer à lire. A bientôt ^^


Je ne dormis pas de la nuit, trop peu confiant en mes hôtes pour me laisser vulnérable. Je n'en aurais de toute façon pas été capable. Je me contentai de réfléchir et de suivre la course de la lune, puis celle du soleil. J'entendis donc les portes s'ouvrirent, puis les premiers pas dans les escaliers. Quelques minutes après, j'entendis un cri et je compris que Potter venait de faire part de ma présence. Je les écoutai discuter, si l'on peut dire, de ce qu'ils devaient faire de moi. Je ne cherchais même pas à comprendre, me contentant de fixer un bout de papier, laissant le soleil de l'aurore caresser ma peau. Puis j'entendis quelqu'un taper à ma porte et je m'empressai de ranger mon bien dans une poche intérieure placée au niveau du torse, avant de me tourner vers celui qui ouvrait la porte. J'ignorais effrontément son regard curieux alors qu'il m'avait vu faire.

-Malefoy, tu n'as pas dormi, constata-t-il en voyant que les draps du lit n'étaient pas défaits. Pourquoi ça ne m'étonne même pas?

Je lui adressai un sourire narquois puis descendis de mon perchoir contre la fenêtre où j'étais resté assis toute la nuit. Mes muscles ankylosés protestèrent contre le traitement qu'ils avaient subi, mais je me tins droit.

-Alors, qu'avez-vous décidé? Une lente torture, des propositions que vous ne tiendrez pas ou une mort rapide?

-Pour l'instant rien que des questions, bien que si les réponses ne me conviennent pas je me ferais un plaisir de m'occuper personnellement de la première option.

Son visage sérieux se fendit d'un sourire que je ne pus que lui rendre. Je le suivis dans les escaliers et restais légèrement en retrait lorsqu'il entra dans la cuisine. Il y avait à l'intérieur les gens auxquels je m'attendais dans l'ensemble. Granger me scrutait avec méfiance, Weasley semblait prêt à me bondir dessus dès que l'occasion se présenterait, Mrs Mcgonagall, la directrice de Poudlard depuis que l'école était de nouveau sous le contrôle de l'Ordre, me regardait avec un mélange de suspicion et de désolation, et quelques autres personnes que je ne reconnus pas mais qui semblait être des Aurors au vu de leurs uniformes et de leurs airs sérieux. Potter se tourna ensuite vers moi et j'eus un mauvais pressentiment qui se confirma lorsqu'il ouvrit la bouche.

- Donne-moi ta baguette.

-Quoi ?! m'offusquai-je. Hors de question.

-Malefoy, soupira-t-il en un mélange entre exaspération et menace. Coopère.

Le regard que nous échangions, nous en avions l'habitude. Ce défi que seul l'autre voyait. Dans ces circonstances, cet échange devint un brin complice et j'eus comme l'impression que nous aurions pu communiquer. Comme si ses prunelles cherchaint à me dire :« Il ne faut pas que tu représentes une menace pour eux. Prouve leur ta bonne volonté. ». Et je me rendis compte qu'il avait raison. J'étais celui qui demandais, qui changeait de côté. J'étais le méchant. Je grognai puis lui tendit mon arme, dernier rempart de protection. Je pensais avec force que s'il avait voulu me faire du mal, il l'aurait fait la veille.

-Bien, dit-il en la rangeant dans sa cape. Hermione tu as du Veritaserum ?

-Oui, je reviens.

Elle me jeta un dernier regard perplexe avant de disparaître pour revenir cinq minutes plus tard avec ladite potion. Elle me la tendit et je la portais à mes narines pour en reconnaître le parfum. Mais aucune odeur ne me parvint et je vis que la potion n'avait pas non plus de couleur. À moitié rassuré, j'avalai d'un trait la substance, sentant ses effets, me concentrant pour dresser de nouveau mes barrières d'Occlumens.

-Comment t'appelles-tu?

-Drago Lucius Malefoy.

-Comment s'appellent tes parents?

-Lucius Abraxas Malefoy et Narcissa Malefoy, Black de naissance.

Passée les questions anodines plus vérificative qu'autre chose, l'interrogatoire commença.

-Alors, Malefoy, qu'est-ce que tu fais là ?

Je me concentrai de toutes mes forces sur mes souvenirs, ne laissant rien passer sur mon visage.

-Je suis ici pour vous proposer mon aide et demander la vôtre.

-Pourquoi nous devrions te faire confiance ?

-Parce que je n'ai aucune envie de vous faire du mal ou de vous tuer.

-Tu as donc trahi le Lord Noir et ta famille ?

-C'est ce que j'ai toujours voulu. Et aujourd'hui je suis là et je souhaite me racheter.

Et continua ainsi une heure d'interrogatoire où je restai concentré sur des sentiments purs, tournant mes phrases à mon avantage pour ne jamais mentir ni trop me dévoiler.

-Ça suffit, interrompit Weasley. Vous voyez bien qu'il biaise toutes nos questions !

-Il a pris du Veritaserum, Ron. Même s'il arrive encore à ne dire que ce qu'il veut, tout ce qu'il dit est vrai.

-Et comment tu peux en être si sûr?

-Parce que c'est moi qui ai fait la potion !

-Une dernière question, déclara Potter après un cours silence. Est-ce ce que tu veux ? Rejoindre l'Ordre, nous aider, te battre contre tes parents, tes amis ? Le veux-tu vraiment ?

Et je sentis mes barrières s'écrouler, mon regard se baisser et c'est sans pouvoir me retenir que je répondis à sa question.

-Plus que tout.

Plus personne ne parla pendant cinq minutes et je pus sentir les effets de la potion disparaître quand le brun reprit la parole.

-Bien, je pense qu'on peut le croire. Quelqu'un a-t-il quelque chose à rajouter ?

Devant le silence, il continua.

-Malefoy, je m'occuperais d'informer de ta place dans l'Ordre. Nous retournons au Terrier demain, tu viendras avec nous . Nous n'y resterons pas longtemps.

-Comment ça ?

-Pour l'instant, ça ne te regarde pas.

-Bien, si c'est tout, je dois retourner à Poudlard, déclara Mrs Mcgonagall. Pensez à ce que je vous aie dit, Potter. Vous n'êtes pas seul.

Il se contenta de hocher la tête et le professeur transplana. Les aurors se dispersèrent ensuite et le trio s'avança vers moi.

-Tu veux manger avec nous? demanda prudemment Granger.

J'aquiesçai poliment, ignorant le froncement de sourcil de Weasley, visiblement réticent à cette idée. La jeune femme agita sa baguette et couverts et assiettes se déposèrent devant nous. D'un autre mouvement elle nous servit et nous mangeâmes sans que personne ne parle, n'osant tester les limites de ce pseudo calme. Dès que j'eus fini, je me levais discrètement, ayant l'intention de retourner attendre dans la chambre que l'on m'avait prêtée lorsque la voix de Potter m'arrêta dans mon élan.

-Ron et moi devons-nous occuper de certaines choses concernant la suite, dis-Potter à Granger. Tu veux bien montrer la bibliothèque à Malefoy ?

-Je pensais que c'était bon maintenant, grognai-je.

-Nous t'acceptons, ce qui ne veut pas dire que nous te faisons confiance.

Sur ce ils partirent et Granger m'emmena dans une salle remplie de livres en tous genres sans prononcer un mot. C'est toujours dans ce calme apparent que nous nous installâmes, une lecture chacun, mes nerfs mis à rude épreuve à l'idée d'être surveillé.

-Ils finiront par le faire, déclara-t-elle en me faisant sursauter intérieurement.

-De quoi ?

-Te faire confiance.

-Si tu le dis.

Nous nous replongeâmes dans nos livres, ne prêtant plus vraiment attention à la présence de l'autre ou à l'étrangeté de la situation. Mais je ne tins pas très longtemps avant de me lever et de déclarer que j'allais me coucher. Ce sure quoi elle se contenta de hocher distraitement la tête sans relever les yeux.

-Quoi, tu ne m'accompagne pas pour vérifier que je ne vais pas tuer Saint Potter ? demandai-je d'une voix pleine d'ironie.

-Non, vas-y, soupira-t-elle, fatiguée.

Je me détournai et sortis, ne pensant qu'à la tranquillité qui m'attendait. Mais visiblement, les choses n'allaient pas être aussi simples. Sans que je ne comprenne quoi que ce soit, une violente douleur s'abattit sur ma joue et je fus poussé contre un mur. La surprise m'ayant coupé la respiration, je toussais et ouvris les yeux, découvrant un visage inconnue, teintée d'une colère pleine de rancune. Elle avait certainement dû faire partie des Aurors présents pendant mon interrogatoire. Mais à part cela, j'étais sûr de n'avoir jamais vu cette femme qui me menaçait. Pourtant, quelque chose dans son visage me disait quelque chose.

-Comment oses-tu venir ici?! Tu n'as rien à faire là!

-Lâchez-moi, dis-je simplement d'un ton très calme.

-Hors de question! Tu vas payer!

-Qu'est-ce que je vous ai fait?

- Il aurait eu 18 ans!

Mon âge... Je ne répondis rien, soudain glacé. Que pouvais-je dire? Que maintenant je me rappelais où j'avais vu ses yeux bleus parsemés d'or? Que je reconnaissais dans ses traits de visages, ceux qui s'étaient tordus de douleur? Que oui, j'avais tué son fils? Elle me frappa de nouveau, prise dans sa fureur, babillant encore des propos incohérents. Je la regardais dans les yeux, et cela semblait décuplé sa colère. Mais, j'étais tout simplement incapable de détourner mon regard. J'étais troublé, désolé. Coupable. Elle sortit soudainement sa baguette de sa robe d'Auror et me la pointa sous la gorge, me faisant revenir au présent. J'eus soudain peur. Pas de sa colère, ni de sa baguette. C'était ses larmes qui me faisait peur, et la certitude que cette femme, cette mère, n'avait plus rien à perdre. J'aurais pu facilement la désarmer mais je ne bougeais pas. L'instant qui me sembla durer une éternité ne se résumait en réalité qu'à une poignée de secondes. Potter arriva soudainement et compris rapidement la situation. Il désarma la femme qui, démunie, se mit à me frapper de nouveau, cette fois trop éplorée pour me faire mal. Le Survivant la tira en arrière où elle se laissa tomber, seulement maintenue par lui. Il me regarda, des questions plein les yeux. L'Auror releva la tête fièrement et cracha une dernière insulte:

-Tu ne seras jamais rien d'autre qu'un Mangemort!

Je ne répondis rien, ne laissai rien paraître et pourtant une seule chose lui répondit dans mon esprit: "Je sais bien". Je tournais les talons et me dirigeai d'un pas haté vers ma chambre. Je verrouillais la porte, sachant qu'il ne tarderait pas. Et effectivement, quelques minutes plus tard, Potter toqua à la porte. Voyant que je ne répondais pas il murmura un "Alohomora" avant d'entrer de lui-même. Je ne le vis pas puisque j'étais de nouveau assis devant ma fenêtre, le regard perdu dehors.

-Malefoy...

-Pars, demandai-je simplement.

-Laisse-moi au moins te soigner.

Je soupirai mais me tournai quand même vers lui.

-Je peux me débrouiller, j'ai des potions.

Il haussa les épaules et fit un léger mouvement de poignet, faisant disparaître l'élancement de ma joue d'un simple informulé.

-Merci.

-Pourquoi tu ne t'es pas défendu?

-Elle n'aurait rien fait.

-Pardon? Comment tu peux le savoir.

-Ce n'était pas une tueuse, elle n'aurait jamais tué de sang-froid.

Il ne répondit rien bien que ce qu'il pensait était clairement visible. Il avait compris que j'avais tué quelqu'un de proche d'elle. Or pour lui, n'importe qui dans sa situation m'aurait tué. Mais il ne dit rien. Et je dus me retenir de rire jaune, parce que derrière sa nonchalance si mal feinte et son complexe du héros qui le poussait à vouloir m'aider, ce qu'il avait entendu de moi durant cette guerre le faisait me haïr trop fort.

-Elle n'aurait jamais pu me tuer parce que je lui rappelais son fils, tu sais pourquoi? Parce que cette femme est la mère d'Adrian Pucey et, qu'alors qu'il s'est enrôlé chez les Mangemort, elle vous a rejoint. Seulement Adrian a voulu la rejoindre, ou au moins l'aidé. Il adhérait aux idéaux du Lord, mais il préférait sauver sa mère. Je... hum... je l'ai surpris à parler à un Patronus. Au début j'ai voulu partir, mais je me suis rendu compte que c'était l'adresse de la prochaine mission qu'il disait. C'était devenu un traître, tu comprends? Je ne pouvais plus rien pour lui. Je ne pouvais me permettre de collaborer par omission. Ça lui a coûté la vie.

Je me tus après mon histoire, observant les réactions intérieurs du Survivant.

-On était pareil: deux gamins paumés conditionnés depuis trop longtemps. On a fait la même erreur, et j'aime à croire qu'il l'a réparée parce que son Patronus est bien parti. Peut-être que j'essaye moi aussi de la réparer.

-Alors tu ne l'as pas tué.

-Non... pas lui.

Il hocha la tête, visiblement peu surpris. Mais en temps de guerre, c'était dur d'avoir les mains vierges de sang, peu importait le camp. Et même si de tout mon être, je voulais faire parti de celui que j'avais passé plus d'un an à décimer, ça n'arriverais jamais vraiment. Parce que même si je me battais pour eux, qu'ils finissaient par m'accepter, tout serait faux jusqu'à la fin qui ne s'annonçait pas plus heureuse. Cette femme avait raison, être un Mangemort, c'était l'être pour de bon. Et peu importait mes actes, ma conscience savait le prix du sang que j'avais versé. Ils pouvaient tous feindre autant qu'ils voulaient qu'ils oubliaient, je n'étais pas dupe. Après un moment sans bruit, Potter sortit de ses pensées.

-À demain, dit-il d'un ton où la fatigue ne semblait pas être physique. Essaye de dormir, cette fois.

Et sur ce il sortit, visiblement pensif. Je me levai et sortis de ma cape, ma valise miniaturisée à qui je rendis sa forme originale. J'en sortis un pyjama avant d'aller ouvrir la porte sur une salle de bain sans prétention mais pourtant bien venue. Je me lavai, me changeai, me préparais pour ma nuit en évitant mon reflet dans la glace avant de sortir me blottir sous les couvertures. En serrant cette illusion de chaleur, j'eus l'espoir fou que les cauchemars ne viendraient pas. Puis je m'endormis.