Salut tout le monde ^^ Je commence par remercier les personnes qui m'ont envoyés des reviews, ça fait super plaisir, vraiment :
CastielaMalfoy tout ira plutôt doucement mais c'est un Drarry donc avec Harry ça va se passer... enfin on s'est comprise ;)
Elohpdm, merci j'essaye, en tout cas d'écrire au mieux.
Draconis86, ah cool ^^ Je fais le moins OOC possible!
Serdra, merci ^^
cat240, oui il est torturé, mais dans cette fic, ils le sont tous un peu *sadique*. Ils sont en effet assez différents, mais ce qu'il veut dire dans cette phrase, c'est plus que, même si sur la fin d'Adrian, ils étaient ennemis, ils continuaient d'être pareils: de simples pions. Il mets en avant qu'ils ont tous les deux faits des erreurs et que lui aussi, à son tour, veut les effacer. Ouais bon c'est tordu et je me suis peut-être mal exprimée ^^ Je suis assez d'accord avec ce que tu dis sur l'influence dont ont pu souffrir tous les mômes de cette génération, mais je ne peux pas être d'accord sur le fait que le libre arbitre est un mythe. Ce serait trop triste et fataliste!
Sandra, de rien! C'est un plaisir et je suis plus que contente de voir que ça plait ^^
Ce chapitre est plus court mais ils se passent plus de choses, je pense. Enfin vous verrez. Voilà la suite et à samedi!


J'étais dans un noir complet, de ceux dont on ne s'habitue pas. Ceux qui cachent des monstres, qui incarnent les ténèbres, qui nous aspirent. Aucun mur sur lequel m'accrocher, pas assez de consistance pour me laisser tomber au sol mais suffisamment pour trembler. Puis un rire guttural, comme venu d'outre-tombe, résonna dans ce néant abyssal. Plus que m'entourant, il semblait venir du plus profond de mon esprit, de mes plus grandes peurs, de moi-même. Je me tournai vainement à la recherche d'une source étrangère, d'un ennemi tangible auquel me raccrocher, tant qu'il n'était pas ce tout, tant qu'il n'était pas moi. Et je le vis, ou du moins, je le soupçonnais. Seule sa tête pâle se dénotait, ses lèvres inexistantes tirées en une grimace malsaine, ses yeux rouges brillant de haine et d'envie meurtrière, voilant le vide qui se cachait derrière. La forme s'approcha, son rire ne me quittant pas.

- Souviens-toi Drago...

Et l'apparition explosa en bris de verres, s'échouant sur le sol pour se briser encore plus. Étant partiellement victime de mon corps, je me sentis m'accroupir pour fixer les reflets. Je ne voyais que moi, sans autre changement que ce rouge tintant mes prunelles et ce sourire que je ne sentais pas. Que je savais ne pas faire. Et mon reflet se mit à rire. (1)

Je me redressai en sursaut, le souffle coupé, les larmes au bord des yeux. Je me penchai sur le côté pour retrouver ma respiration, laissant de nouveau l'air s'engouffrer avec félicité dans mes poumons. Une fois calmé, je sentis une nausée m'envahir et courut jusqu'à la salle de bain. Je m'aspergeais le visage d'eau fraîche mais lorsque je les rouvris, mon regard tomba sur mon bras gauche et mon ventre se tordit de nouveau.
Je me laissais aller sous le jet brûlant de la douche lorsque j'entendis la porte de ma chambre s'ouvrir.

-Dépêche, on part bientôt!

-Bien, Potter! Lui répondis-je avant de marmonner plus bas, une fois la porte fermée: J'arrive de toute façon.

Je finis de me préparer et redescendis trouver mes nouveaux compagnons d'armes. Je ris intérieurement à cette pensée. Non, je n'étais pas vraiment du matin... Je fus sorti de mes idées noires lorsque je reçus un sandwich que mes réflexes d'attrapeur avaient sauvé de son vol

-Arrête de rêvasser, et mange. On part dès que les deux autres arrivent.

°0°0°0°

Le terrier n'avait en apparence pas changé. Mais le nombre de sorts de protection avait largement augmenté et la peur, la tension de la guerre, avaient remplacé la douceur chaleureuse que j'avais toujours imaginée à cette maison. Il y vivait toute la famille; si considéré que rentrer de ses missions, parfois, seulement trois fois par semaine était y vivre. Une sorte d'unicité les liait, comme s'ils voulaient à tout prix faire vivre cette apparence de joie qui n'avait plus lieu d'être, mais qui même irréelle, amenait une sorte de tranquillité. Lorsque je vis la matriarche s'avancer vers moi, consulter Harry du regard, puis marmonner que j'étais trop maigre, je sentis mon estomac se nouer. Je ne m'étais jamais sentis aussi déplacé, aussi sale. Puis je la vis. La seule chose qui hurlait la vérité à ses acteurs d'une joie désirée : une horloge. Je reconnus le fonctionnement magique de celle-ci et je me calmai en voyant les sept flèches pointées sur la situation «en danger de mort». La guerre était toujours là. La culpabilité n'avait pas sa place.

Suite à cette arrivée, Potter me conduisit jusqu'à une chambre en m'indiquant que c'était celle de Percy, absent depuis trop longtemps pour feindre l'engagement à l'Ordre. Une colère sans nom s'empara de moi contre cet homme qui n'était pas là. Mais qui aurait pu. Par lâcheté, par appât du gain, il avait abandonné sa famille et son humanité. Je le haïssais, parce que je ne pouvais que voir nos ressemblances. Et la cruelle différence de nos options de choix. Ne supportant plus cette pression étouffante, je sortis prendre l'air et m'assis à même le sol, dos contre la maison, là où personne ne pourrait me voir. Et je me laissai aller à rêver éveillé à ce qui aurait pu. Je ne pouvais de toute façon rien faire à part attendre, on me l'avait clairement fait comprendre. Soit, j'attendis donc.

J'avais la tête posée contre le mur, les yeux fermés, lorsqu'une ombre me cacha la douce clarté du soleil couchant, qui se jouait de mes prunelles à travers mes paupières.

-Tu dors ? me demanda Potter.

-Si je pouvais, répondis-je en rouvrant les yeux. Qu'est-ce qu'il y a ?

Il ne répondit pas pendant un temps qui me sembla trop long, me fixant étrangement. Puis il se reprit et hocha la tête comme pour se débarrasser d'une idée.

-Le diner va être servi.

-Je n'ai pas faim. À quoi pensais-tu ?

Silence, encore. Se demandait-il s'il pouvait me le dire, ou ses pensées étaient-elles trop personnelles?

-Je me demandais pourquoi Drago Malefoy avait passé son après midi à ne rien faire, ni même nous emmerder, et que je le trouvais à somnoler face au coucher de soleil…

Ah, un sarcasme, Potter? J'aurais adoré rentrer dans son jeu, mais je n'en avait pas la patience. Et il y avais des sujets plus intéressants sur lesquels je voulais des réponses

-Fatigué, je suppose. Et toi Potter, considères-tu que je suis assez gentil maintenant, pour savoir ce que vous faites là et où vous allez ensuite ?

-Je ne t'aie jamais considéré comme gentil et pour répondre à ta question, non, pas pour l'instant. Quant à la suite, tu vas aller à Poudlard.

Mon sang bouillit dans mes veines, je tentai de calmer mes tremblements, de calmer mon souffle haletant, de me retenir de le supplier ou de le frapper.

-Si tu me veux mort, tu n'as pas besoin de m'envoyer pourrir là-bas !

-Nous nous occuperons de ça plus tard. Nous repartons demain de toute façon.

-Déjà, constatai-je avec détachement tentant de trouver une alternative.

-Tu ne veux vraiment pas manger ?

-Non.

-Bien.

Il se détourna et disparut à l'intérieur de la maison. Quelques minutes après, je l'imitai, montant dans ma chambre d'emprunt, accompagné par les discussions animées de mes hôtes. Je m'affalai sur le lit, réfléchissant activement à un moyen de rester dans l'Ordre, de ne pas quitter la seule personne qui, me semblait-il, avait ne serait-ce qu'un tant soit peu envie de croire en moi.

Ce ne fut que tard dans la nuit que je trouvais par hasard, ma solution. C'est l'écho faible d'une discussion animée qui me tira de ma chambre et me fit découvrir cette étrange conversation du trio dans les escaliers.

-On ne peut pas lui faire confiance , Harry !

- Je refuse de ne pas lui laisser au moins une chance, Ron.

Mais de qui parlait-il? Cela pouvait très bien être moi, mais la réaction de Potter était étrange. Peut-être n'étais-je pas le seul dans ce genre de situation. Oui, ce devait être quelqu'un d'autre.

- Très bien, mais qu'il se débrouille! Quant à ton idée elle est trop dangereuse.

- Et puis, il nous en manque toujours deux ! Et si c'était l'unique problème… La guerre a duré trop longtemps. Même si nous les détruisions tous, nous mourions. Notre armée est trop faible ! Vous devez aider à trouver des alliés. Et commencez à vous entraîner. On ne sait pas quand ça aura lieu.

Ça? Le combat? Mais pourquoi Weasey et Granger auraient plus besoin d'entraînement que Potter? Qu'est-ce qui pouvait être plus important pour la guerre que l'entraînement du seul capable de le vaincre?

-Arrête de vouloir prendre encore toutes les responsabilités, quand finiras-tu par comprendre qu'on reste ensemble? s'emporta Weasley.

-On ne se séparera pas longtemps, mais ce serait bête de le chercher à trois. Vous allez rejoindre l'Ordre et je vais trouver le Diadème de Serdaigle. Je sais déjà qu'il est à Poudlard, ce ne sera donc qu'une question de temps. Ensuite on se rejoindra et on se préparera. On s'occupera de Nagini sur le champ de bataille. Ou on trouvera…

-Et comment tu vas faire, Harry ?

-Je me débrouillerais.

Lorsque je les entendis s'agiter, je me décidais à partir de peur d'être découvert. Alors comme ça ils étaient à la recherche de deux choses visiblement très précieuses. Qu'était-ce ? Et leur histoire de se trouver d'autres alliés... Qui pourraient-ils trouver pour s'allier à leur cause ? Qui risquerait leur vie demain s'il ne l'avait pas déjà décidé hier ? Une voix me souffla mon propre nom puis je me souvins de ma situation. De tout ce qu'elle impliquait. Ce diadème... Je ne connaissais pas son importance, je ne savais pas pourquoi Potter en avait besoin mais je savais où le trouver. Et si je n'avais besoin que de ça pour gagner sa confiance, alors je ne me priverais pas. Je sortis mon unique bien de ma poche intérieure. Le dernier bout de papier me raccrochant à quelque chose. Je détaillai l'image de cet instant honteusement volé, m'imprégnant une énième fois de chaque détail avant de la ranger. J'aurais aimé dormir en la serrant dans mon poing. Mais je ne pouvais supporter de la retrouver au matin, déchirée.


(1) Je me suis vraiment amusé avec ce cauchemar, même si j'ai hésité à le garder...