Coucou ^^ Réponse aux reviews en premier:
Serdra, merci encore! ^^
cat240, oh oui! il est devenu un Mangemort connu en quelques sortes... Quant aux autre personnes qui peuvent rejoindre l'Ordre, je pensais à des peuples de créatures et à des sorciers étrangers. Puisque, même si le monde entier est touché la guerre est concentrée en Angleterres. Quant à ceux dont tu m'as parlé, je t'avoue ne pas y avoir pensé.
Sandra, merci!
J'aime bien ce rythme de post et vu que mes chapitres sont courts, je vais rester sur celui-ci. Donc à mercredi!
L'Ordre avait réussi à récupérer Poudlard assez rapidement. Bien qu'elle ait été touchée par la guerre, elle restait l'école qui m'avait vu grandir. Il y restait cette part insondable, mystérieuse et indéfinissablement chaleureuse. Comme une maison pour tous, pour ceux qui n'en avaient pas, qui ne connaissait pas le vrai confort d'un foyer. Chaque parcelle de terre était empreinte de souvenir. L'Ordre avait fait perdurer le système éducatif pour tous ceux qui pouvaient venir tout en aménageant certains coins inoccupés du château pour ceux qui n'avaient nulle part où aller. Et c'est là que voulais me lâcher le trio. Au cœur de mes remords, de mon passé, à ressasser mes erreurs sans avancer ni contribuer à me racheter. Je ne voulais pas me terrer dans un coin de ce château poussiéreux en attendant que ça se passe et retourner auprès des Mangemorts me semblait inconcevable. Personne ne croirait en mon revirement. Personne n'accepterait mon aide, ne me croirait. Sauf Potter. Il était le seul que je pouvais convaincre autant grâce au fait qu'il m'est vu, baissé ma baguette, que parce qu'il ait, malgré nos antécédents, ce regard insolemment humain sur les autres en temps de guerre. J'étais son ennemi depuis toujours mais malgré ça, je savais qu'il m'aiderait si je lui fournissais la preuve que je le méritais. Et cette preuve je l'avais. Il fallait que je joue toutes mes cartes, que je tente toutes les solutions. Et la première solution qui m'apparut était de l'amener au diadème de Serdaigle. Mais si je lui exposais mon idée, je dévoilerais le fait que je les avais écoutés. Et je m'exposais en plus à ce qu'il ne me croit pas et refuse de me suivre. Il fallait que je le prenne à part une fois que ses deux amis seraient partis. Il fallait qu'il ait confiance...
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-Potter, je ne te demande pas de risquer ta vie juste de me faire confiance l'espace de quelques heures !
-Et en quoi ça diffère ? Ecoute, Ron et Hermione viennent de partir, je t'ai amené dans un endroit où tu seras en sécurité, maintenant laisse-moi faire mes recherches tranquillement.
Installés à la bibliothèque, j'essayais vainement de parlementer avec ce foutu Potter. Il ne relevait pas les yeux de son bouquin et refusait de considérer ma demande. Et je détestais ça!
-Je t'ai dit que je n'étais pas là pour la sécurité. Merci pour ta prestation de tout à l'heure sur le fait que j'avais ta confiance et pour les autres choses débiles que tu as dites sans les penser trente secondes, mais ce n'est pas ce que je t'ai demandé ! Je veux aider Potter. Je ne te demande pas de me dire tous les secrets de l'Ordre, ni de me confier une mission vitale, ni même de penser à oublier ta rancune pour me sauter dans les bras ! Je te frapperai. Je veux juste une heure.
Ma tentative d'alléger l'atmosphère sembla fonctionner puisqu'il releva les yeux et se mit à sourire.
-Très bien, t'as gagné. Je t'écoute.
-Alors voilà : Lorsque j'étais encore… là-bas… j'ai entendu parler d'un diadème qui semblait important à SES yeux. Ça me semblait tellement ridicule que j'ai fait des recherches. Et j'ai trouvé un diadème qui avait de la valeur, qui pouvait en avoir pour… Lui : le diadème de Serdaigle.
Cette fois, son air impassible avait fondu et sa surprise se lisait sur son visage. Mêlé à de la réserve refoulée. Mon explication était plutôt bancale mais après tout, c'était en partie vrai: je connaissais l'existence de ce diadème avant la veille et j'avais fait des recherches dessus.
-Qu'est-ce que tu sais de ça ?
- Tu n'es pas surpris? J'ai lu L'histoire de Poudlard. C'était un objet très précieux qui renfermait des pouvoirs intellectuels stupéfiants. Mais il a…
-…disparu. Je ne te cacherai pas que j'avais connaissance de son importance depuis un bout de temps maintenant. Je suis à sa recherche.
Cette phrase à elle seule, prouvait que Potter ne me rejetait pas. Ce serait peut-être plus facile que prévu. Je m'obligeai à me focaliser sur autre chose pour ne pas à avoir de nouveau à sentir la pression dans ma poitrine qui me hurlait ma culpabilité.
-Des lacunes neuronales pour vaincre le Seigneur des Ténèbres ? Tu te décides vraiment à arrêter de foncer et à te servir de ce qu'il y a entre tes deux oreilles ?
-Comme si j'avais le choix, marmonna-t-il avant de reprendre plus intelligiblement. Non, ce n'est pas ça. C'est plus compliqué. Tu m'as demandé une heure, ça ne fait que cinq minutes donc je pense que tu ne m'as pas tout dit.
-Effectivement, lui souris-je. En feuilletant j'ai découvert que le fantôme de Serdaigle, la dame Grise, était lié à l'histoire de cette maison. Il faut que tu lui parles.
-Tu es sûr ?
-Oui, je sais que ça peut paraître stupide mais je prends le risque.
-Tu ne connais vraiment pas l'importance de cet objet, hein? demanda-t-il sans attendre de réponse.
Il me sourit d'un air malicieux et se leva. Nous partîmes donc à la recherche du fantôme, avançant en silence dans les couloirs.
-Tu sais où elle est?
-Je m'en doute. On va vers la Tour d'Astronomie.
-Pourquoi là-bas?
-Disons, pour faire court, que je l'y ai déjà croisé.
Il se contenta de hocher la tête, comprenant que ça ne se résumait pas qu'à ça. Ce fantôme savait beaucoup de moi, beaucoup trop avec du recul. Nous arrivâmes enfin et sortîmes sur LE balcon. Cet endroit maudit de ma mémoire, haït de mes tripes qui remuaient au souvenir de la dernière fois où j'y étais venu. La peur, la haine, la menace, le danger, le refus. Tous ces sentiments que j'avais ressentis ce fameux soir. Qui n'avaient plus disparus depuis. Toutes ses émotions sans importance, n'ayant aucun poids dans ma vie et mes décisions. Je me tournai vers Potter, détachant mon regard de l'horizon funèbre d'où seul le vide comptait. Lui aussi fixait cette chute appartenant au passé, les muscles crispés, le regard dur et si fragile à la fois. Il prit une grande inspiration puis se tourna à son tour. Nous restâmes quelques secondes à nous rappeler de ce déclin de lumière, de ce tournant dans la guerre, dans nos vies, dans nous-mêmes. Il finit par secouer la tête négativement, fuyant cet échange, soudain si frêle.
-Tu n'aurais pas pu, déclara-t-il au vent.
Il se parlait à lui-même, se réconfortait dans sa pensée, mais il se tourna vers moi par la suite et répéta cette phrase. Dénué de sens, de pardon, de raison. Juste un fait.
-Toi? Ici? Avec lui? ricana une voix familière.
Nous nous retournâmes immédiatement et distinguâmes difficilement la silhouette presque translucide au soleil du fantôme de Serdaigle. Je la fixais et lus dans son regard, tout ce que je m'attendais à voir. Tout ce qu'elle ressentait face à ce qu'elle prenait pour une trahison. Son regard était un volcan d'où le magma s'échappait, brûlant, ci-et-là sous un étendard différent: colère, tristesse, cynisme, déception, regret... Je détournai le regard. Après tout, je méritais tout ça. Je l'avais croisé un jour, dans cette pièce où nous nous tenions. Et je mettais confier à elle. Comme on parle à un journal, au ciel, à quelque chose dont on n'est pas sûr de l'existence. Quelque chose qui n'interfère pas dans nos vies, qui ne peut pas nous porter atteinte. Et finalement cette oreille intangible s'était révélé être quelqu'un. Elle m'avait parlé d'elle, m'avait écouté, épaulé, regardé sombrer et trembler. Et j'avais fini par disparaître, la laissant seule avec ses conseils de liberté, et ses histoires douloureusement impossibles, qu'elle disait que je pouvais accomplir.
-Rejoins-moi après Potter, lâchai-je en sortant sans me retourner.
Je descendis les marches et passais la porte, m'adossant près de celle-ci. Ces derniers jours étaient plus éprouvants que je n'avais pu le prévoir. J'espérais que Potter réussisse à la convaincre de se confier. J'espérais aussi qu'elle ne dévoile rien de ce qu'elle savait de moi. Je redoutais ce qu'elle pouvait lui dire, me rappelant douloureusement tout ce que je lui avais confié. Je soupirai, comme si ça pouvait me permettre de faire sortir de moi tout ce qui n'y avait plus sa place. Tout ce que j'avais toujours renié. Je me frottai les yeux et me mordis la lèvre. J'étais si stressé.
Depuis combien de temps étaient-ils à l'intérieur? Trop longtemps. Était-ce une bonne chose? Et s'ils avaient réussi à discuter et que Potter me congédiait pour aller seul dans la Salle sur Demande? Et si, malgré mes efforts, il me laissait là? Je ne voulais pas. Je ne voulais plus revoir ces gens qui m'avaient fusillé du regard quand j'étais entré, protégeant d'un geste inconscient les élèves présents. Leurs expressions lorsque le Survivant avait pris la parole... Peut-être étais-je la raison de la présence de certaines personnes ici. Ou bien mon père. Peut-être avais-je fait des élèves orphelins. Et s'ils décidaient de se venger? Ou pire, si je devenais comme eux? Une âme brisée, cachée au milieu des victimes, incapable de faire autre chose qu'attendre. Avant, à l'époque où la guerre n'était qu'une idée lointaine, cette possibilité aurait été sûrement la meilleure. Je serais resté ici, avec ma mère (mes yeux me piquèrent en pensant à elle), comme me l'avait proposé Dumbledore. Mais j'étais jeune, terrifié, et la possibilité d'échapper à la guerre n'étais pas pour moi. J'étais déjà dans un camp avant d'être né et finalement je l'avais rejoint, et j'y avais vécu et fais les pires choses de ma vie. Comme je voulais rejoindre l'Ordre, tout effacer, tout soigner! Ne plus être un monstre et un esclave à la fois. Être enfin capable de laver le sang sur mes mains, de dormir de nouveau sans me confronter à un Mage Noir ou aux atrocités que j'avais commises. Et tellement, tellement regrettées! Même si elles avaient été contre mon gré. J'avais besoin d'une nouvelle chance, de tout recommencer à zéro mais tout ce que je pouvais faire, présentement, c'était attendre la décision de Potter. J'entendis du bruit venant de l'intérieur. Et j'eus peur. Peur que mes pensées se révèlent vraies, que mon simulacre de chance de rédemption disparaisse. Peur qu'il en sache trop sur moi. Puis le craquement des marches. La porte s'ouvrit sur Potter.
Bon, j'avoue que c'est plutôt accès sur les ressentis mais j'espère que ça ne vous dérange pas et que ça n'a pas été trop redondant...
