Hey ^^ Comme d'hab. :
Raspoutine66, merci de m'avoir signalé le problème ;)
brigitte26, merci contente que ça t'ai plu.
Serdra, tu me rassures, j'avais peur que ce soit trop calme!
Sandra, merci, le voilà ^^
Hinanoyuki, d'abord merci, ensuite, bien que j'apprécie ton enthousiaste, je ne pense pas que tu veuilles les réponses. Donc je te laisse les découvrir ^^ Sachant que tout n'est pas encore sûr dans ma tête et que je règle les détails en avançant.
Rien de spécial à vous dire donc bonne lecture et à samedi ^^


-On va dans la Salle des Objets Cachés.

Dès qu'il eut déclaré ces quelques mots, il se détourna de mon regard et se mit en route, pensif. Qu'avait-elle pu lui dire? Savait-il tout ce que je lui avais dit? Je me sentais impuissant et frustré. Je marchais en silence à ses côtés, ruminant toutes les possibilités, essayant par coups d'oeils furtifs de lire dans ses yeux une réponse. Quelle qu'elle fut. Finalement, n'y tenant plus, je me décidai à le confronter directement.

-Alors?

Il se tourna à peine, souriant narquoisement. Visiblement, il avait attendu que je craque.

-Elle m'a raconté son histoire et m'a indiqué où trouver le diadème avec une énigme. Mais tu sais déjà tout ça, pas vrai?

Je ne répondis rien et regardai de nouveau devant moi. Il ricana puis poussa un soupir légèrement fatigué.

-Pourquoi tu ne m'y as pas directement emmené, Malfoy? Tu savais qu'il était là-bas, non? Elle te l'avait dit. Alors pourquoi être passée par elle?

-Parce qu'elle tu l'aurais cru sans problème, simplifiai-je.

-Comment tu te sens de retourner là-bas? demanda-t-il après un moment, ayant l'air de choisir ses mots avec prudence.

Ce fut à mon tour de ricaner, me retenant de l'envoyer paître.

-Arrête la compassion Potter. Très peu pour moi. Je pensais que tu me connaissais mieux que ça.

-C'est le cas, sourit-il. C'est pourquoi je sais que ce ne sera pas agréable pour toi.

J'hochai la tête, cachant le fait que j'étais, quelque part, touché par sa considération. Potter était toujours le même. Et moi, toujours ce petit con qui ne méritait pas vraiment toute la confiance, l'importance qu'il m'offrait. Je me repris et, inquiet, lui posai une dernière question.

-Elle t'a dit autre chose?

Il me considéra du regard. Elle lui avait bien dit quelque chose et il décidait s'il devait me le dire ou non.

-Elle m'a dit de me méfier de toi, me dit-il en me regardant dans les yeux. À quelques mots près.

J'acquiesçai, mes mains se resserrant dans mes poches et mon regard fuyant encore.

-Qu'est-ce que tu en penses?

-Rien, soupira-t-il. Je me méfie de tout ces temps-ci. Comme tout le monde. Et de toute façon elle ne m'apprend rien. Tu es Drago Malefoy. On a des antécédents!

Nous rîmes doucement et nous tûmes. Il voulait m'offrir une chance, croire en ma rédemption. Ça crevait les yeux. Ça crevait les miens en tout cas. Peut-être était-ce pour ça que ceux-ci me brulaient? Je préférais rester sur cette hypothèse. Tout cela ne m'avançait à rien. Je sortis de mes pensées et vis que nous étions dans le couloir où se trouvait notre but. Potter accéléra, passa trois fois devant le mur nu puis nous regardâmes celui-ci se dessiner d'une porte gravée. Je sentis le poids du regard inquiet du Gryffondor et tournai moi-même la poignée avant d'entrer, sachant qu'il suivrait.

-Tu sais où il est?

-Non. Vraiment, rajoutai-je face à son regard sceptique.

Il hocha la tête et partit devant. Je suivis, mon esprit s'égarant malgré moi. J'avais pratiquement vécu dans cette pièce toute une année. J'y avais ouvert des portes que je n'aurais pas dû. Mais je n'avais pas besoin d'y repenser. Aucunement envie de tourner le couteau dans la plaie. Tout ça appartenait au passé. Absolument tout. Fermer les yeux. Inspirer. Expirer. Se concentrer. J'avançais de nouveau, Potter ne commentant pas mon étrange comportement. Il avançait, lui seul sachant où, comme si une part de lui-même le poussait en avant. Bientôt nous arrivâmes devant le buste où reposait le diadème et il serra les mâchoires, s'avançant doucement. Mais à peine l'eut-il effleuré, mon bras gauche et sa cicatrise se manifestèrent. Sous la violence de la colère du Lord, je sus que je paierais cet instant. Mais avant de n'avoir pu me reprendre, deux rires gras résonnèrent.

-Potter! Ah et Drago! Qu'est-ce qu'il y a Drago? Le Maître t'appelle? ricana l'une des voix que je reconnus par familiarité.

Je me redressai malgré la brulure qui menaçait d'entailler mon bras, le voile recouvrant mes yeux et l'impression de broiement de mon crâne. En face de moi, Crabbe et Goyle, mes deux anciens pseudos gardes du corps, nous pointaient de leurs baguettes. À ma gauche, Potter se tenait au meuble sur lequel était le buste, masquant mal sa souffrance.

-Deux larbins! Comment avez-vous seulement pu passer? demanda le Balafré.

-Tu auras tout le temps d'en parler avec le Seigneur, ricana Goyle. Ainsi, tous tes amis dehors, entendrons peut-être. À moins qu'ils ne soient tués...

Potter brandit sa baguette, contenant mal sa rage qui empiétait suffisamment son esprit pour que la douleur se fasse oublier un temps. Poudlard était attaqué, le diadème n'était qu'à quelques centimètres du Survivant. Hors de question que Crabbe et Goyle fassent tout capoter. Hors de question que je perde la chance de gagner la confiance de Potter.

-Imbéciles! Qu'est-ce que vous allez faire, maintenant.

-Tais-toi! Traître à ton sang! Tes parents seront heureux que je leur ramène ton cadavre!

-Non, on doit le garder vivant. Avec Potter. Ce sera plus amusant!

-Vous voulez vraiment nous affronter en combat?!

-Oh non, pas forcément Drago. Feudeymon!

La baguette de Crabbe projeta une gerbe importante de feu. Et je pris alors conscience que ce sort, que je n'aurais dû continuer à connaître qu'en théorie, venait vraiment d'être lancé. Je pris le bras du brun à côté de moi et le tirais à ma suite, me mettant directement à courir dans ce dédale. Nous débouchâmes dans une plus grande allée, ouvrant sur trois autres passages. Le bruit du crépitement du feu et d'un cri animal me fit me tourner, découvrant qu'un lion de feu courait dans notre direction, semblant voler, vivant. Étrangement, mes yeux s'ancrèrent au spectacle plein de puissance et de magnificence. Mon corps tremblait de peur et du contrecoup de ma course mais je ne réfléchissais plus. J'étais seul face aux volutes de flammes menaçantes. Indestructibles. J'avais abandonné ma prise depuis longtemps. Ma prise? Je sentis une main pressante s'emparer de mon poignet alors que je reprenais mes esprits. Courant de nouveau, je vis non loin, nos tickets de sorties. Des balais. Une partie de moi se demanda pourquoi ils avaient été remisés et si ce n'était pas imprudent de ne pas réfléchir à ça plus avant. Mais les monstres de flammes anéantissaient ma raison pour réveiller mon instinct et je me saisis d'un des balais, Potter faisant de même. Nous nous élevâmes en vitesse, surplombant le carnage que créa la rencontre brutale de deux formes indistinctes, se fondant l'une en l'autre pour exploser dans une cruelle harmonie. La fumée brouillait notre vue sur dix mètres et nos respirations sifflantes mettaient notre équilibre à rude épreuve. Nous avançâmes dans ce qui nous semblait être la bonne direction lorsque je vis les deux idiots responsables de cette situation en train de grimper difficilement le long d'un amas d'objets. Je vis que Potter s'était arrêté, réalisant ainsi vaguement que j'avais fait de même, lui aussi regardant des deux anciens acteurs de nos vies passées. Nous étions tous les deux faces à un dilemme d'éthique. Et pourtant, encore une fois, nous différions: nos dilemmes étaient différents. Finalement, je réalisai que j'aurais pu être avec eux et m'élançai dans leur direction. Je ne m'approchais pourtant pas assez vite. Je vis, malgré la distance, la main fébrile de Crabbe glisser sur sa nouvelle prise. Il perdit l'équilibre. Sous mes yeux impuissants, il chuta, son corps plongeant dans ce qu'il avait créé sans le comprendre. Malgré sa stupidité reconnue, Crabbe avait fait partis de ma vie depuis presque le début de celle-ci. Il y avait des choses que je ne pouvais lui pardonner. Des points sur lesquels nous divergions. Mais mort, il n'avait plus de camp, plus d'animosité. Seuls les souvenirs persisteraient. Goyle était arrivé au sommet, sa baguette pointée devant lui inutilement.

-Goyle!

Il se tourna vers moi, me menaçant contre toute logique. Son regard plein de haine me choqua. Crabbe et Goyle partageaient cette simplicité d'esprit. Ils étaient bêtes et méchants. Pas haineux.

-C'est ta faute! me cracha-t-il. Tout est ta faute! Il était ta responsabilité et tu l'as abandonné! Sale lâche! Tu nous as abandonnés!

-Non! Goyle, laisse-moi te sortir de là!

-Ne t'approche pas! Traître!

Il tremblait et pleurait, véritablement blessé.

-Goyle, l'interpella Potter. Tu risques de mourir!

Mais Gregory ne détourna pas son regard de moi et je sentais encore son désespoir par ce lien visuel.

-Je sais tout Drago, déclara-t-il ses larmes s'asséchant avec la naissance de sa résignation.

-On n'a plus le temps, déclara Potter froidement en ma direction.

-Tu fais le mauvais choix Drago! Et tu me dégoutes! Tu peux encore faire marche arrière!

Toute l'implication des révélations du colosse n'eut que le temps d'exploser dans mon cerveau alors que le sort de ce dernier atteignait mon balai, le faisant flamber.

-POTTER!

Je sentis une poigne forte m'arracher au bois auquel je me cramponnais et je réussis à m'installer derrière le Survivant, m'accrochant à sa taille avec force. Derrière moi, Goyle me souriait sereinement devenant de plus en plus petit jusqu'à être englouti à son tour.

-La porte!

Potter accéléra encore et les contours de notre échappatoire se dessinèrent à notre vue. Dans la précipitation, le bracelet étrange qu'il portait glissa près de la porte et je me rendis compte que c'était loin d'être un bracelet. Nous nous écrasâmes à l'extérieur de la pièce presque détruite et Potter se releva vite en direction du diadème. Il sortit de sa poche une dent à forme démesurée et la planta dans la pierre de la tiare. Le Feudeymon se métamorphosa, symbolisant la colère du Lord Noir et sa tête se multiplia par trois, hurlant et détruisant. L'objet laissait échapper une fumée noire dense et de mauvaise augure. Voyant que Potter ne réagissait pas, je le tirai hors de la pièce, les portes, animées d'une volonté propre à Poudlard, se refermant entre nous et le carnage. Nous tombâmes assis sur le sol, essoufflés, effrayés. Quelques bruits d'explosion retentirent encore. Goyle, Crabbe, l'armoire à disparaître, plus de mille ans d'histoire. Derrière ces murs, ne restaient plus que des cendres.