Salut ^^ les RARs, comme d'hab. :
brigitte26, Harry est un horcrux et je te laisse deviner qui étais derrière la fenêtre... s'il y avait quelqu'un ^^
Serdra, Ah tu verras ;)
Hinanoyuki, Je suis désolée mais encore une fois je ne peux pas te répondre. Ce ne serait pas drôle :p
honeymily23, Merci beaucoup ^^ J'espère qu'elle te plaira.
A dans trois jours pour la suite :
La douleur. Horrible. Insidieuse. Inhumaine. L'impression que mon corps était en fusion, transpercées de part en part de lames aiguisées. La sensation que mon sang boue et se glace en un contraste dévastateur. Les soubresauts que cette masse de souffrance produisait dans un vain effort pour exorciser une douleur intérieure. Le froid glacé sur mes joues, torrents improvisés recevant en rougissant les larmes de mes yeux injectées de sang qui se fermaient au monde comme pour y échapper. Le sang coulant de ma bouche, désormais trop détruite pour crier, coulant de mes oreilles assourdies de rires, de hurlements, de murmures. Encore, pour mon malheur, trop apte à entendre. Cette rivière vermeille sortie du sillon des pores de mon épiderme, tâchant mes vêtements, ma peau blanche, mes cheveux d'or. Les blessures extérieures, les dégâts intérieurs. Le froid prenant petit à petit possession de mon âme. Tendre caresse au toucher coupant. La satisfaction de ne plus pouvoir résister à ce néant salvateur. Si facile, si tentant. Et si dur de s'abandonner. Une image d'un autre temps accrochant brutalement mes prunelles, plus claire que tout le reste. Mais la mort avait déjà son emprise sur moi.
°0°0°0°
Je savais qu'il était proche. Depuis combien de temps avais-je si mal? Combien de temps cela allait-il encore durer? Le temps n'était plus qu'une idée abstraite, vague souvenir d'un sablier dont les grains de sable n'existaient plus. Le décompte ne m'importait plus. Seuls les sorts, les mots et la douleur perduraient derrière mes yeux fermés. Sa baguette s'abaissa et je repris mon souffle. Sa voix perçante claqua dans l'air, résonnant en moi.
-Comment as-tu osé! Endoloris!
Un hurlement que je ne peux plus retenir, mon corps qui s'arque et s'écroule de nouveau.
-Tu mérites la mort, misérable vermine! Mais je ne suis pas stupide...
Ses doigts crochus s'emparèrent de mes joues, les entaillant un peu plus. Je tentais d'ouvrir les yeux mais abandonnais rapidement. J'étais sûr que j'aurais pu être mort de peur.
-... tu peux encore servir.
Et les larmes de douleur que mes yeux laissaient couler comme si mes canneaux lacrymaux avaient été rompus se mêlèrent à des pleurs d'une tout autre nature. Soudain toute ma faiblesse me sembla devenir un poids m'emmenant dans des profondeurs où la lumière n'existait pas. Je cédais au désespoir, caché derrière ma souffrance physique, laissant celle intérieure exploser.
-Ce serait stupide de céder à ma colère, n'est-ce pas? Fini ces erreurs maintenant!
Il continuait de parler, de se convaincre de ne pas me tuer, de me menacer sans vraiment s'adresser à moi. L'inconscience m'emporta.
Je me réveillais en sursaut de ce cauchemar. Loin de cette salle. Seule la douleur restait. Une part de moi ne voulait pas se rappeler des circonstances qui amenaient à ce que je sois si proche de la mort. Elle voulait tout oublier et se murer loin de l'instant fatidique et inévitable où je devrais ouvrir les yeux. Elle voulait faire taire la seconde partie qui ne tournait qu'autour d'une question posée presque avec nonchalance, comme pour amener une idée dont le seul but était d'être déstabilisante. Et si ça n'avait pas été un rêve? Je sombrai de nouveau.
°0°0°0°
Je me réveillai doucement, comprenant immédiatement que je n'étais pas seul. Décidant de ne pas me trahir, je gardais mes yeux clos et restait immobile. Mon corps était lourd et se faisait plus sentir qu'à l'accoutumer. Je dut retenir une grimace de douleur lorsque j'en pris réellement conscience. Une odeur toute particulière envahit mes sens. Une fragrance par trop familière. Comprenant que je ne pourrais fuir indéfiniment, j'ouvris doucement les yeux, clignant des paupières pour arriver à voir. Je tombais alors sur un brun endormi dans un fauteuil légèrement éloigné. J'essayai de me redresser, renonçant vite, sans dévier mon regard. Il avait maigri, et bien qu'une certaine virilité avait marqué ses traits, sa position foetale et l'expression qu'il arborait lui conféraient un air fragile. Ses songes n'avaient pas l'air cléments. Potter s'agitait, la bouche entrouverte, la respiration précipitée, les yeux plissés. Depuis combien de temps n'avait-il pas dormi? Trop, selon ses cernes. Je me demandais si je devais ou non le réveiller. Il avait besoin de sommeil, mais ce cauchemar qu'il subissait lui était-il vraiment profitable? Je me rappelais soudain que la vie privée du Survivant ne m'intéressait pas plus qu'elle ne me concernait. Je voulus me recoucher mais mes blessures m'en empêchèrent.
-Potter? Potter!
Il sursauta puis revint doucement à l'instant présent sous mon sourire narquois. Il me détailla du regard avant de soupirer longuement puis de se lever. Il s'approcha jusqu'à ma table de chevet, y prit une fiole qu'il me tendit avant de s'adosser au mur à côté de moi. Ce n'est qu'à cet instant que je me rendis compte d'à quel point cette pièce était exiguë. Et pourtant, la décoration ne pouvait faire douter: nous étions à Grimmaud. Je jetai un regard à la potion entre mes mains puis me tournai vers l'Élu.
-Tu n'as pas confiance Malefoy?
-Les sarcasmes te vont très mal. Qu'est-ce que c'est?
-Une potion antidouleur. On ne t'aurait pas soigné pour t'empoisonner par la suite.
J'haussai les épaules sans rien ajouter. Au bout d'un instant, voyant que je ne régissais pas, il prit conscience du fait que je ne le pouvais pas. Soupirant et marmonnant à propos de fierté mal placée, il se rapprocha, hésitant légèrement. Il finit par m'aider à me redresser, ignorant mon mouvement de recul. Je n'aimais pas être aidé comme si je n'étais pas capable et je n'aimais pas ce contact. Une fois assis, il me sourit d'un air exaspéré avant de retrouver sa colère contenue. J'avalais la potion, la douleur étant trop présente pour être snobée. J'étais physiquement brisé. J'avais mal de partout.
-Est-ce que je peux savoir ce qu'à dis celui qui m'a soigné?
-Tu n'auras pas de séquelles. Mais tu as besoin de repos. Il repassera te voir.
Je ne répondis rien, bizarrement mal à l'aise sous l'examen de ce regard émeraude.
-Qu'est-ce qui c'est passé?
Je pris une grande inspiration, détournant le regard.
-J'ai été attaqué par un groupe de Mangemort. Ils m'ont passé à tabac et j'ai réussi à transplaner. Je ne voulais pas prendre de risque s'ils me suivaient. J'ai donc transplané un peu plus loin mais vous m'avez trouvé visiblement.
Il ne releva pas et continua de m'inspecter du regard.
-Pourquoi es-tu parti? Tu ne pouvais pas rester tranquille?!
Le ton commençait à monter et pour une fois je ne répliquais rien. Ça ne servait à rien. J'ancrai mon regard au sien et dit la seule chose que je pouvais.
-Je suis désolé.
Il ricana, désabusé. Une sorte de mélange entre l'ironie que représentait pour lui, un Malefoy qui s'excuse et l'énervement de savoir que ça ne changeait rien.
-Ils n'avaient déjà pas confiance en toi, mais maintenant... Il ne voulait même pas te garder en lieu sûr! Je les aie convaincus pour Poudlard.
-Potter, on était clairs là-dessus: je n'irais pas là-bas.
-Les choses ont changé. T'as joué au con!
Aveuglé par la colère, je tentais de me lever, grimaçant, mais une main à la pression douce mais forte m'arrêta.
-Calme toi Malefoy. Tu n'iras pas loin comme ça.
Je baissai la tête, cachant ma rage et la frustration que faisait naître mon impuissance.
Tu restes ici jusqu'à ce que tu sois sur pied. Ce ne sera pas vraiment long, mais c'est toujours ça. Ça te donne du temps pour réfléchir et te reposer.
Et sur ces mots il sortit, me laissant avec ma douleur avec ma colère contre eux, contre moi-même. Mais rien de tout cela ne comptait. Seul la solitude et la peur régnaient en moi. J'avais perdu.
