Salut salut :)
Guest, je suis désolée, mais de quelles questions parles-tu? Tu es marqué(e?) en anonyme donc je suppose que tu dois être Hinanoyuki? Encore désolée si je me trompe. Si tu veux vraiment la réponse à une question et que ce ne soit pas trop important pour l'intrigue passes-moi ton nom de compte et je te l'enverrai en MP ^^ Pour les questions de ta dernière review, le chapitre prochain y répondra.
Voilà, bonne lecture et à mercredi ^^


Une semaine s'écoula sans que je ne puisse sortir de cette chambre. Le médecin était revenu le lendemain, me conseillant de suivre mon traitement correctement, comme si j'avais le choix. Je passais mes journées à lire ou à dormir. À toutes les heures de repas, un plat apparaissait, surement envoyé par un elfe de maison, pour que le Mangemort ne meurt pas. Le pire était de me dire que j'étais maintenue en vie grâce à Potter, comme un vulgaire blessé, alors que j'aurais dû être un membre de l'Ordre, que j'avais été si proche de ce but! Et je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même. J'avais si bêtement perdu ma chance que s'en était difficilement supportable. Comme si tout était déjà joué. J'allais être emmené à Poudlard, surveillé et oublié jusqu'à la fin de la guerre où je payerais quel que soit le camp vainqueur. Je ne supportais pas cet arrière-gout amer de défaite J'étais un Malefoy, je n'allais pas accepter cette situation. J'étais prêt à tenter le tout pour le tout, dusse-je y abandonner ma fierté. Il me fallait seulement quelqu'un prêt à m'écouter, prêt à croire encore en moi.
Le médecin arriva en milieu de matinée, et, après les formules de politesse, vérifia que j'allais mieux. Une fois qu'il fut sûr qu'aucune trace résiduelle des multiples sorts que j'avais reçue ne persiste, il m'annonça que j'étais guéri avec un sourire bienveillant. Je n'aimais pas ce médecin à l'apparence trop gentille. Il s'était foutu de cette marque sur mon bras, et m'avait traité comme n'importe quel patient. Et désormais il m'annonçait, sans le savoir surement, que mon sursis était fini en me gratifiant d'un sourire paternel. Je n'aimais pas ça, je n'aimais pas la gratitude en moi que faisait naitre son comportement trop simple et trop sincère, auquel je n'étais pas habitué. Je n'aimais pas non plus la curiosité désintéressée qui me faisait me demander qui il était, quel prix lui avait coûté la guerre. Je soupirai de lassitude, de fatigue.

-Ça n'a pas l'air de vous réjouir.

Je ne répondis pas, le regardant nonchalamment, comme ennuyé. Ce fut à son tour de soupirer, comme attristé par mon absence de réaction. Il se leva et ouvrit la porte.

-C'est bon? demanda une voix que je reconnus aisément.

-Oui, Mr Potter, il est parfaitement remis.

-Merci.

Le vieil homme hocha la tête avant de sortir, laissant la place au Survivant.

-Malefoy, me salua-t-il.

-Potter.

Son regard se posa sur ma valise posée sur mon lit, et non miniaturisée et dans ma poche comme l'aurait voulu le fait de partir de cette chambre.

-Rien n'a changé, je t'emmène à Poudlard.

Il avait parlé sans me regarder mais sa voix n'admettant aucune contestation. Pourtant, lorsque je ricanai, il releva des yeux surpris sur moi, ne s'attendait de toute évidence pas à cette réaction.

-Je vois que vous connaissez la définition du mot gratitude. Je vous ai aidés et je suis tout simplement évincé.

-Malefoy...

-Quoi? Ne me dis pas que tu es d'accord avec eux!

-Ils ont tranché trop vite, je te l'accorde, mais tu as été stupide de sortir!

-Je venais de voir deux de mes amis d'enfance mourir sous mes yeux, d'apprendre que celui à qui je venais de tourner le dos était potentiellement immortel, excuse-moi de ne pas avoir pensé que si je sortais, je me ferais agresser.

-Arrête de mentir! Tu ne t'es pas fait agresser devant Grimmaud, puisque tu as dit avoir tranplané un peu plus loin pour que l'on ne soit pas découvert.

-Et vous pensez que j'ai couru rejoindre mon Maître!

-Pas moi...

-Et pourquoi pas?

-Parce que j'ai envie de croire que tu as été courageux pour une fois, répondit-il après un moment. Que tu as eu la force de faire ce que tu veux. Même s'ils croient tous que tu es un piège.

Ses paroles me touchèrent et me blessèrent, me faisant détourner les yeux.

-Le problème, c'est que vous ne me croyez pas sur ce qui c'est passé? Je peux vous le prouvez.

-Ils ne croient plus en l'influence du Véritasérum sur toi...

-Je ne pensais pas à ça. Vous avez une Pensine?

°0°0°0°

Et près d'une heure plus tard, je déposais mon souvenir dans la pensine que l'on m'avait prêtée puis regardais les personnes présentes avec méfiance. Ils étaient presque tous plus ou moins énervés par le fait que j'étais encore là, et que Potter m'offre encore une chance de prouver mon innocence. Une fois encore, Granger était présente mais sans Weasley. Kingsley Shacklebot, un Auror et membre de l'Ordre actif, ainsi que Arthur Weasley étaient là aussi. Et bien sur, Potter, pour finir. "Comité réduit cette fois", pensai-je, ironie oblige.

-J'espère que tu as raison Harry, soupira Granger avant de s'avancer, resserrant le cercle.

Le concerné ne montra aucune trace de réponse, les yeux fixés sur la bassine de pierre. D'un sort, il l'agrandit, et nous plongeâmes tous les cinq en même temps. Nous atterrîmes devant Grimmaud juste à temps pour voir mon double sortir. Me voir moi-même était toujours perturbant, mais j'avais l'habitude. Je me vis donc faire tout ce que j'avais fait, mortifié lorsqu'il se mit à soupirer la main sur le coeur avant de murmurer quelque chose que nous n'entendîmes pas puis à transplaner. L'obscurité ne leur permit heureusement pas de voir la larme. Suivant mon souvenir, nous transplanâmes. Le décor changeait mais pas comme lorsque l'on changeait de souvenir. L'effet que nous ressentions était le même que celui du transplanage. Nous arrivâmes à la gare de Pré-au-Lard et les autres me lancèrent des regards interrogateurs en découvrant l'endroit. Je les ignorais et fixais mon double qui s'asseyait sur un banc, le regard perdu dans le vide, sachant et redoutant ce qui allait arriver. Et effectivement, quelques minutes plus tard, des rires bruyants et gras se firent entendre, accompagnés de bruits de pas lourds. Mon moi du souvenir se leva et sortit sa baguette mais le groupe apparaissait déjà, posant immédiatement leurs yeux sur lui. Leurs rires devinrent cruels et l'un d'entre eux s'avança sans craindre la baguette pointée sur lui. Ils étaient cinq Mangemorts, mon souvenir ne pouvait pas tenter d'attaquer.

-Hey, mais c'est le fils Malefoy. Ce sale traître!

-Ouais! C'est toi qui m'as lancé un Expelliarmus pour aider ce Weasley!

Et effectivement, celui qui faisait face à mon moi du souvenir était bien celui que j'avais désarmé quelques heures plus tôt, à Poudlard. Juste retour des choses ou à cause du contexte de la situation, je me retrouvais à mon tour désarmé, ma baguette au sol à mes pieds, mes assaillants me faisant face. Et le premier sort lancé me faisant tomber à genoux sous leurs rires. Je me souvenais de la douleur, de la honte. Ils continuèrent ainsi pendant plusieurs minutes, alternant entre des Doloris et des sorts qui leur permettaient de voir. Des sorts de découpe, de brûlement, d'étouffement. Mon sang qui me tachait, mes larmes de douleur que mes nerfs ne contrôlaient pas. Trop de souffrance pour que je me batte, pas assez pour que je meure. Ne supportant pas de regarder ce spectacle, je me tournais pour observer la réaction des spectateurs. Weasley père abordait un rictus dégouté, peiné, et regardait mon corps tenté d'échapper à la douleur avec désolation. De la pitié. Shacklebot scrutait les Mangemorts, cherchant à savoir qui ils étaient, gravant certainement leurs visages dans sa mémoire pour faire des recherches. De la colère? Granger regardait son meilleur ami, essayant de comprendre sa réaction. Potter fixait mon moi du souvenir, tendu, les poings serrés et une rage dans les yeux. Il releva doucement les yeux et les posa directement dans les miens. De la rage, de la haine. Pourquoi réagir aussi violemment? Il avait dû voir bien pire! Mais peut-être que ça le touchait autant à chaque fois? Surement... Il était assez gentil et con pour ça. Mon attention fut détourner par la voix des agresseurs et nous regardâmes ce qui se passait.

-Tu vas crever là, comme un chien!

-Non, intervint un autre. Si on le ramène au Maître, il sera peut-être plus clément et pardonnera notre lamentable échec de tout à l'heure.

-Le Maître ne pardonne pas!

-Alors autant ne pas prendre le risque de mal faire! Il faut l'amener.

-Mais IL s'en fout de ce déchet! Il nous punira plus si on le dérange.

Pendant que les cinq hommes se disputaient, le blessé ouvrit un oeil prudent et, sûr de ne plus être surveillé, tendit son bras vers sa baguette avec une lenteur douloureuse. Une fois le précieux bout de bois en main, il serra de nouveau ses paupières avec force et disparut, nous emmenant avec lui. Nous atterrîmes dans une rue inconnue où le corps torturé s'évanouit. Puis nous fûmes aspirés en arrière, attiré hors de la Pensine. Lorsque nous revînmes dans la pièce de Square Grimmaud, tout le monde se tourna vers moi. Personne n'osa parler pendant un long moment, qui fut heureusement coupé par le Sauveur.

- Nous allons discuter de la suite. Appelle Kreattur si tu as besoin de quoi que ce soit. Reposes-toi en attendant.

J'hochai la tête, et sortis rapidement, rejoignant ma chambre. Si tôt à l'abri, je me jetai sur mon lit et mordis l'oreiller de toutes mes forces, y étouffant une plainte. Après ce qui venait de se passer, j'étais presque sûr d'être de retour dans la partie. J'allais faire partie de l'ordre, aider l'ordre. Les choses sérieuses allaient commencer pour moi. Putain, dans quelle merde m'étais-je fourré?!


Alors, vous avez osé douter de Drago? ;)