Je suis désolée pour le retard! Vous comprenez maintenant quand je vous disais avoir du mal à gérer mes délais... Enfin, je ne peux même pas vous dire que le prochain chapitre arrive bientôt parce que déjà que j'ai du mal, j'ai en plus ma rentrée semaine prochaine... Mais c'est un plaisir pour moi de poster, comme à chaque fois, et j'espère que ça m'excuse un peu :/
brigitte26, tout à fait d'accord! Et Drago c'est braquer trop vite mais... ^^
Lassa-Liam, désolée, je n'en dis pas plus sur eux , mais ils ne font pas partie de l'Ordre. Si ça peut te rassurer, ce sont deux personnages que j'adore! Ouais, ce n'est pas rassurant pour eux... Mais si si! ^^
Melusine Oriki, merci beaucoup :)
Hinanoyuki, j'avais presque envie de te répondre à la fin de ce chapitre... mais je ne t'en dis pas plus. J'ai hâte de voir/lire ta réaction!
cat240, même chose que pour Lissa-Liam, je n'en dirai pas plus sur eux à part que je les adore et que ce ne seront pas des obstacles ou des ennemis à proprement parler... Sev n'est pas mort, et il apparaîtra peut-être plus tard ^^ Il sait tout, Rogue... ou presque... mais il sait pour Drago. Je suis d'accord que le pov Kreattur peut être très intéressant, mais honnêtement je ne vois pas ce qu'il pourrait s'y passer pour ne pas que ce ne soit que narratif. Je retiens l'idée en tout cas et si j'ai besoin de ramener Kreattur, j'essayerai de le faire de son point de vue. Et si tu as une idée d'interaction, je suis preneuse, bien sûr! ^^
Le ciel était magnifique. Noir et sombre, bordé d'étoiles scintillantes. Je n'avais jamais été sensible à la beauté simple des choses. Mais bizarrement, mes yeux parcouraient ce petit bout d'infini, sondant ses mystères sans jamais l'atteindre. Fasciné je m'imprégnais de l'instant: cette quiétude, cette chaleur contre mon bras gauche et cette sensation de se perdre l'espace d'une seconde sans rien à craindre. Ce soir-là était différent. C'était une certitude qui ne souffrait d'aucune explication. Nous ne disions rien, à vrai dire, depuis que j'étais entré dans la salle, aucun son ne s'était fait entendre. Mon entraînement était fini. Quand Tonks m'avait appris ça, j'avais été pris au dépourvu, argué que je n'étais pas totalement prêt. Elle avait assuré que ça viendrait, qu'avec le temps je comblerais mes lacunes. Il n'y avait, en fait, qu'un seul sort que je ne maîtrisais pas, au contraire de l'entièreté de l'Ordre, et ça ma fierté ne l'acceptait pas. Mais à part ça, j'étais plus que prêt. Demain serait mon dernier jour en tant qu'élève et rien n'était déterminé pour la suite. Peut-être allais-je être envoyé ailleurs qu'à Grimmaud, peut-être que nous n'aurions même plus l'occasion de nous croiser autre part que sur le champ de bataille. Oui, définitivement, cette soirée avait le gout acide d'une dernière fois. D'un au revoir. Et je ne m'y résolvais pas.
-Ils veulent que j'aille essayer de négocier avec la Bulgarie.
Je me tournais vers lui, et alors que pour une fois, un magnifique spectacle s'offrait à travers la fenêtre, son regard était fixé droit devant lui, plus perdu dans ses pensées que dans le paysage.
-Qu'est-ce que tu leur as répondu?
-Qu'il fallait que j'y réfléchisse.
-Pourquoi?
Il haussa les épaules, démuni, son geste semblant lourd comme s'il pesait sur lui toute la misère du monde. Mais c'est vrai que ce devrait-être le cas. Une sorte d'Atlas des temps modernes. Mais il n'avait rien fait qui méritât une punition et personne ne pouvait prendre sa charge.
-J'ai encore du temps de toute façon.
Je me mis à le détailler, partant sans doute un peu trop loin. Potter, c'était cette personne au sourire gigantesque quand il racontait Poudlard, ou quand il évoquait ses amis, cette famille de substitution. C'était aussi cet enfant forcé de devenir adulte sans comprendre ce que c'était, ce concept abstrait impliquant sacrifices, maturités et mensonges. C'était un nom célèbre cachant quelqu'un de très peu désireux de l'être. C'était un homme entouré de mystères, de manies, et en même temps quelqu'un de simple.
Potter, c'était la personne avec qui j'avais passé mes nuits depuis près de trois semaines. Dans un silence calme, ou à discuter, un sourire nostalgique aux lèvres, riant doucement, sans trop faire de bruit pour ne pas effrayer la quiétude. Abordant, parfois, quand le besoin s'en faisait ressentir chez l'un, des sujets graves, des souvenirs douloureux, des questions sans réponses. C'était cet étrange complice, inattendu, d'une solitude trop dure par ces temps troublés où les seules choses auxquelles on pouvait s'accrocher étaient un "avant" trop loin ou un "peut-être" trop incertain. Tout, tant que ce n'était pas ce présent constamment trop difficile à affronter. Une constance, un lien trop fort, et quelque chose, un petit rien, que la force des choses m'avait obligé à accepter.
-Les nuits vont être longues, souffle Potter comme un secret.
Et sous cette nuit étoilée où je m'étais bêtement pris à rêver, je lâchai les rênes, et me laissais aller à croire que ce moment était trop beau pour être entaché par quoi que ce soit. L'envie prenant possession de moi au point où plus rien n'existait d'autre que le besoin ardent de le sublimer. Alors c'est tout naturellement que je me penchais un peu plus sur ce visage, sentant la chaleur de son souffle serein jusqu'à frôler de mes lèvres, la douceur des siennes. L'élan m'avait emporté, le moment m'avait subtilisé ma raison et nos bouches s'étreignaient déjà. Lorsque je le sentis répondre, lorsque ma langue mutine frôla la sienne, j'en fermais les yeux, assailli par les sensations inédites. C'était nouveau, brûlant. Transcendant. Interdit. C'était ses lèvres à lui contre les miennes, la peau douce de sa nuque contre mes doigts. Et soudain le froid. Je mis quelques secondes à comprendre ce qu'il venait de se passer, avant d'arriver à la terrible conclusion: il m'avait repoussé. Il s'était déjà levé, horrifié son visage figé par la surprise, ses yeux se teintant d'une peine refoulée. Il se sentait trahi. Et moi je me sentais con.
-Potter, je...
Mais je me tus en le voyant tourner les talons, sourd à mes mots. Encore légèrement sous le choc, je ne réagis pas mais lorsqu'il atteignit la porte, je revins à moi. Je la fermai d'un Collaporta, me rapprochant pour l'attraper par le poignet alors qu'il avait déjà enlevé mon sort.
-Attends, je...
-Lâche-moi, Malefoy. Je risque de dire des choses que je regretterais.
Il me fusillait du regard de nouveau paré de son putain de masque impassible, que lui, n'aurait jamais voulu porter avant.
°0°0°0°
-C'est notre dernière séance!
J'étais avec Tonks dans, ce que j'avais finis par qualifié, "notre" pièce. Et effectivement, c'était la dernière fois qu'on y revenait dans ces conditions.
-Les choses vont s'organiser ainsi: tu vas recevoir des missions lambda, seul ou en équipe. Tu as toutes les capacités pour arriver bien vite à des missions plus importantes mais il va falloir jouer habilement. Certains sont encore réfractaires... Normalement tu commences demain.
-Tu m'as dit que tu m'expliquerais l'organisation de l'Ordre.
-Alors je me suis mal exprimé, blondinet. Ici, moins t'en sais, mieux sait. On est le camp des résistants, un minimum de personne doit être au courant de tout. Tu sais tout ce que tu as besoin de savoir pour être un membre efficace.
J'acquiesçai sombrement, conscient du bien fonder de leur démarche. Je ne dis rien, ne ressentis rien en me disant que demain, je repartirais sur le champ de bataille ou, où on m'enverra. Je remarquai du coin de l'œil que Tonks n'arrêtait pas de bouger, ne comprenant pas ce qu'elle faisait. D'ailleurs faisait-elle vraiment quelque chose, ou ne s'activait-elle que pour tenter de se calmer?
-Pourquoi tu t'agites autant?
-On a réussi à convaincre Harry, il quitte l'Angleterre.
-Comment ça?
-Il part tenter de convaincre le Ministre Bulgare.
Je sentis l'effet d'une claque mais ne cillais pas, laissant mes vieux réflexes prendre le relai.
-Potter, diplomate? Heureusement que les chances de rallier la Bulgarie sont dérisoires, si ça avait été de possibles alliés, ça ne m'aurait pas étonné qu'il réussisse à les faire changer d'avis. S'ils ne rejoignaient pas Voldemort sur-le-champ!
-C'est faux. Harry est un bon orateur et il est passionné. De plus c'est un symbole de guerre et c'est un bon point pour l'égo des Bulgares que de leur envoyer Harry Potter comme négociateur.
-Il a dû être conquis par toute cette adoration qu'on lui porte. Tout le monde sait qu'il adore ça, raillai-je bien que mon ton sonnât bizarrement comme un reproche.
Envoyer leur sauveur en mission à l'étranger! Et en Bulgarie en plus... Déjà que l'idée ne m'avait pas semblé fameuse quand il m'en avait parlé lui-même, la voir devenir une réalité ne la rendait pas meilleure. Et puis je devais bien m'avouer que ça me faisait chier. Nous ne nous étions pas expliqué et je savais qu'il partait sur un coup de tête. Il avait dit avoir du temps pour réfléchir, mais il avait certainement pris sa décision dans la matinée. Peut-être même à cause de moi.
-L'équipe qui l'accompagnera n'est pas encore constituée...
-Je vais me proposer! raillai-je.
-C'est une très bonne chose, commencer avec l'Elu te...
-Je rigolais, Tonks...
-Eh bien tu devrais y penser. Depuis le début, et malgré ses réticences, il a quand même été plutôt de ton côté. Ça va être dur au début, parce qu'ils ont toujours des préjugés et des rancœurs contre toi, alors que si tu commences avec leur Sauveur, ils seront peut-être plus apte à croire en toi en voyant que c'est son cas. Et puis autant être avec une personne qui ne te méprise pas, Drago.
Je ris jaune en me disant qu'effectivement, la situation aurait été simple et limpide sans compter ce qui s'était passé la veille et qui avait ruiné le rapprochement précaire que nous avions créé. Mais ce que disait Tonks était vrai: ma réputation ne m'aidait pas et je savais que c'était important pour elle de me convaincre parce qu'elle était sérieuse et que ça ne lui ressemblait pas. Comme si... comme si elle se souciait de moi?
-Potter a toujours eu une âme charitable quant aux autres, je me fiche de ce qu'ils peuvent penser de moi. Ce ne seront pas eux qui m'attribueront mes missions.
-Non, bien sur que non, ce seront ceux qui seront sur le terrain avec toi... Et si tu ne leur fais pas confiance ou inversement, ce sera non seulement pesant mais dangereux!
-Ah, et tu penses que si je fais cette mission avec Potter ce sera dans la plus grande des confiances?! Il n'acceptera pas, point.
Un bruit de pleurs l'empêcha de me questionner et elle me fit un sourire contrit en disparaissant dans la pièce d'à côté. Elle en revint, un petit paquet hurlant dans ses bras sans que je ne le visse mieux. Mais, bien sur, il était facile de deviner que le "paquet" en question était son gamin. Celui-ci se calma dans ses bras et la jeune mère s'activa de nouveau mais ses gestes étaient entravés et elle s'arrêta bien vite en pestant, avant de se tourner vers moi, un sourire mi-amusé, mi effrayant aux lèvres.
-Prends le s'il te plait, déclara-t-elle en me collant d'office l'enfant contre le torse.
-QUOI? Mais... Non!
-Tu as peur, cousin? Allez, regarde, il dort... Et fait attention!
Je le pris tant bien que mal, surtout mal en fait, puisqu'il se réveilla en hurlant et en pleurant.
-Arrête de pleurer, paniquai-je focalisé sur cette chose criant et geignant dans mes bras.
Je tentai maladroitement d'imiter la propre façon dont Tonks l'avait tenu. Sa petite tête vint s'échouer contre mon épaule et il se calma peu à peu, hoquetant encore spasmodiquement. Je le regardai et me surpris à en être attendri. Seul son visage dépassait de sa couverture de nourrisson. Sa peau était rougie, ses joues rondes sillonnées de larmes et ses fins cheveux bruns chatouillaient mon cou. Il ouvrit doucement les yeux et les plongea dans les miens, curieux. Je me mis à bouger doucement, le berçant, et il se tu tout à fait. Ses paupières clignèrent trois fois avant qu'il ne les referme et s'endorme sous mes yeux toujours émerveillés. Je me détachais de ma contemplation et vis que Tonks me scrutait d'un air lointain. Je ravalai mon sourire d'idiot et arrêtais mes mouvements, puis je m'assis en serrant un peu ma prise sur le gosse.
- Il s'appelle Ted. Depuis sa naissance, j'évite le terrain. C'est pour ça qu'Harry m'a demandé à moi, pour les entraînements, au lieu de Rémus qui est cent fois plus pédagogue. Ce n'était pas seulement parce que j'étais la plus à même de le faire. J'avais beaucoup de temps libres et tout le monde s'évertue à m'éloigner du danger. Il ne doute pas de toi. Et moi non plus.
Je ne répondis rien, ne relevais pas les yeux. Je me concentrais sur le petit être endormi entre mes bras. Voilà que je m'extasiais devant un gamin, maintenant! Comme tous ses sensibles qui fondent dès qu'ils voient des enfants en bas-âges, des chatons ou des arc-en-ciel. C'était pathétiquement niais. Mais la chaleur de l'enfant me réchauffait et sa peau était douce. Ma main, au contraire de ce que je croyais, ne fondit pas au contact de son visage. Elle y fit naître un sourire. Un magnifique petit repliement du coin de ses lèvres comme pour attester qu'il était bien. Après m'être confié à mon vieux pote Potter sous les étoiles, je gagatisais devant un bébé... Et le pire c'était que, malgré mes dérogations à mes règles de vie, malgré la simplicité effrayante avec laquelle je me coulais dans mon nouveau rôle de personnage "gentil", ce que j'aurais vu comme une humiliation il y a peu, avait une douceur presque douloureuse.
°0°0°0°
Moment de solitude. Extrême. Cette fois, Tonks ne m'avait pas prévenu. Et justement, cette fois-là, c'était comme si l'élite de mes si chers Gryffondors s'étaient donné le mot. Ils étaient tous éparpillés dans la pièce, certains mangeant encore, d'autres discutant, tout ceci dans une atmosphère calme et légère... avant que je n'arrive. Je devais avoir un don pour les entrées remarquées. Les rejetons Weasley (sauf Percy, pour changer), Fleur Delacour (ou Weasley?), Luna Lovegood, Londubas, Finnigan, Thomas, Granger et bien sur, Potter.
Et moi, toujours sur le pas de la porte, Ted dans les bras. Celui-ci, désormais bien réveillé, c'était pris de passion pour mes cheveux et s'amusait à les attraper et les serrer dans son poing, un immense sourire aux lèvres, m'ôtant les derniers lambeaux de crédibilité que j'essayais en vain de retenir. Je lâchai un "bonjour" acide qui sembla résonner dans le silence et m'avançai, fier sans avoir vraiment les moyens de l'être, jusqu'à m'asseoir dans un des fauteuils. C'était un silence sépulcral, comme si le moindre bruit pouvait tout faire basculer.
Apparemment, avoir un bébé dans les bras est une sorte d'immunité. En tout cas, aucune tension ne se faisait sentir, et c'était déjà très bien. Ils ne m'avaient pas dit autre chose que bonjour et au final, c'était comme si je n'étais pas là. Chacun continuait dans son coin, sans que personne n'ait tenté de me prendre Ted qui avait finit par se rendormir contre moi. Et puis, je soupçonnais une chose, bien que j'eusse du mal à y croire. Et pourtant, les coups d'œils tantôt méfiants tantôt curieux sur moi, faisant la navette pour se poser, interrogateurs, sur Potter. Et ce dernier calme et indifférent qui discutait avec ses deux meilleurs amis. Ted n'avait rien à voir avec leur fausse indifférence, c'était lui qui leur avait parlé!
-J'ai entendu dire que tu partais pour la Bulgarie, Potter.
Il se contenta d'hocher la tête.
-Et que ton équipe n'était pas prête.
-Tu te proposes, Malefoy, railla Weasmoche.
-Et pourquoi pas? provoquais-je de ma voix traînante.
-Hors de question, coupa le Survivant.
Les autres se tournèrent vers lui, visiblement surpris de le voir si catégorique. En effet, quand on demande d'être prévenant avec une personne, et que l'on ne l'est pas soi-même... Connard de Potter.
-Et pourquoi ça?
-Parce que.
Il n'avait aucune raison. Du moins aucune qui ne démentirait pas sa pseudo foi en ma rédemption ou qu'il pouvait se permettre d'exposer. Donc c'était ça? Il fuyait? Et bien non.
-Mon entraînement est fini, je suis apte à remplir cette mission, et je ne vois pas en quoi ce serait un problème.
-Je ne veux m'entourer que de personnes de totale confiance et que je connais.
-Oh, parce qu'on ne se connaît pas? Surprenant.
-Ça ne sert à rien de discuter, l'équipe sera complète demain et tu n'en feras pas partie.
Je me rendis soudain compte d'à quel point il ne me voulait pas avec lui en Bulgarie. Et cette idée m'était insupportable, je devais le bloquer, l'empêcher de réfléchir. J'oubliais tout. Le fait que c'était ma seule chance de décrocher une vraie mission et non les basses besognes qu'on ne se gênerait pas à me faire faire pour "dire de". Le fait que Tonks comptait sur moi. Seul comptait le fait d'enlever à Potter, sa possibilité de prendre du recul. J'allais reprendre la parole mais Granger me devança.
-Écoute Harry, c'est de notoriété publique que Malefoy est, enfin était, un Mangemort...
-Je sais, la coupa-t-il, je ne compte pas changer d'avis.
-Laisse-moi finir. Les Bulgares sont catalogués du côté du Lord, amener avec toi, un repenti est une preuve d'ouverture d'esprit. Ça te donnera plus de crédit.
-Tu prends sa défense? s'insurgea la rouquine.
-C'est ce que nous avait demandé Harry. De se mettre à sa place, de ne plus le considérer comme Mangemort, de lui laisser une chance!
J'en étais sûr! Il allait m'entendre. Mais il me fusilla du regard et je ne pus toujours pas en placer une.
-Ron, Dean, Seamus, Charlie, vous en pensez quoi vous?
Ils s'entre-regardèrent et Thomas finit par prendre la parole en me regardant.
-Je n'ai aucune confiance en toi Malefoy, mais tu es un bon allié à avoir. Je me fiche de si tu viens ou pas, déclara Thomas.
-Mais... non! Harry, moi je refuse de le voir venir! Qu'il soit dans l'Ordre déjà, ça me sidère! Il n'a rien à faire dans une mission avec toi!
Je ne répliquai rien à Finnigan, préférant regarder Potter se renfrogner devant ses paroles dures qui allaient pourtant dans son sens. Il me jeta un regard en coin et soupira avant de se tourner vers les deux Weasley de l'équipe. C'est le grand frère qui commença.
-Je ne l'ai jamais vu combattre, je ne peux donc pas juger objectivement. Quant à sa... réputation, c'est déjà réglé, non?
-Oui, mais tu serais capable de reposer ta vie sur lui si la situation le demandait? aboya Seamus.
-En mission, c'est un membre de l'Ordre comme un autre.
Un silence lourd suivit ses mots, laissant réfléchir. Je suivais le débat, regardant de temps à autre les réactions de celui qui déciderait.
-Et toi, Ron? demanda-t-il.
-Je te fais confiance, Harry, grogna-t-il.
Potter ferma les yeux et se massa les temps puis souffla profondément avant d'ancrer son regard dans le mien.
-Parfait, on part en fin de semaine. Tu auras toutes les informations bientôt.
Personne ne dit rien après ça et l'atmosphère s'alourdit encore plus. Pour fuir l'intensité de ses émeraudes, je regardai Ted. Je resserrai sa couverture autour de lui mais ne put retirer ma main, une petite poigne s'étant saisie de mon doigt.
-N'empêche, je n'aurais jamais cru voir un jour Malefoy câliner un bébé! ricana l'un des jumeaux.
-Tonks me l'a confié. Et je ne le "câline" pas...
Mais, comme pour me contredire, le petit être amena mon doigt à sa bouche et le prit comme un vulgaire doudou. Je n'eus même pas le réflexe de me dégager, et me contentai de relever la tête en les défiant de commenter. Je voyais sur chaque visage, un mordillement, un froncement de sourcil trop accentué, des yeux humides de larmes contenues, des lèvres pincées... Ces enfoirés se foutaient de moi, il n'y a pas d'autre mot. Et lorsqu'ils virent mon regard noir, la plupart des personnes se mirent à rire, les plus réfractaires et les plus posés souriants, tendrement moqueur. Mais les rires forts des jumeaux et de Luna, réveillèrent le petit monstre qui ne tarda pas à les rejoindre dans l'euphorie. Et voyant mon air renfrogné, il tira sur une mèche de mes cheveux, me faisant pencher la tête vers lui pour regagner mon attention. Potter souriait doucement et le rire de Teddy sonnait clair et pur. Alors je ne dis rien, parce que ça aurait pu faire s'arrêter l'un ou l'autre. Et pourtant l'un cessa et Potter accrocha de nouveau mon regard. Comme une promesse. Après tout, c'était joli la Bulgarie, non? Avec tout ça, j'en avais oublié de manger.
°0°0°0°
Je marchais, doucement, flânant presque si le but de ma promenade n'avait pas été si présent dans mes pensées. J'étais passé au cuisine, ayant sauté le dîner, et puis avais pris le courage nécessaire pour aller voir. J'étais presque effrayé d'arriver mais j'en avais cruellement besoin. Je vis la porte et un fol espoir me pris en la voyant entrouverte. J'accélérais soudainement et entrais dans cette pièce que je connaissais si bien. Les lumières étaient ternes, la fenêtre se confondait avec la nuit noire du dehors. Les canapés semblaient plus gris que d'habitude, plus émaciés. Tiens, il manquait un pied à celui-là? Le piano surement désaccordé qui me cachait avec pudeur ses notes, s'imposait dans la pièce. Il prenait trop de place, il me donnait envie de jouer comme avant, pour briser le silence. Il ne brillait pas, rien ne brillait et ma main se resserra sur la poignée de porte que je n'avais pu lâcher. Vide. Et cette salle où j'avais appris à me sentir bien, qui m'avait semblé chaleureuse malgré le temps qui y avait fait son œuvre, comme un secret gardé loin même des elfes de maisons, me fit peur. Potter voulait partir, ignorer, se borner. Il était hors de question que je le laisse faire. Peu importe les moyens à employer, ou l'issue. Je ne devais pas renoncer. Je ne pouvais déjà plus. Je fermais la porte.
Je n'ai trouvé dans le septième tome aucune autre information sur le physique de Ted que le fait qu'il soit métamorphomage depuis sa naissance.
Alors, alors, surpris? Et oui, en fait c'est Harry qui va poser problème pour leur relation. Et Teddy, qu'est-ce que vous en pensez? Pourquoi la Bulgarie? Par facilité, je l'avoue, avec Durmstrang, ça me semblait être un bon pays pour représenter le possible ennemi qu'on veut faire devenir un allié. Mais je ne connais rien à la Bulgarie donc, on verra bien ce que ça donnera...
