Hey! Et non je ne suis pas morte! Enfin pour l'instant... Vous allez pas me tuer, hein? Je suis assez insatisfaite mais je n'arriverais pas à mieux, je crois...
Un petit rappel vu que ça date un peu maintenant:
Drago veut entrer dans l'ordre et inexplicablement, Harry le soutient. Il passe un interrogatoire sous Veritaserum, puis est emmené à Poudlard après une petite escale chez les Weasley. A Poudlard, il aide Harry à trouver l'Horcrux et voit mourir Crabbe et Goyle. Harry veut lui laisser sa chance et le ramène au QG. Mais il sort et transplane. On le retrouve blessé et ayant perdu le peu de confiance qu'il avait gagné. En plongeant dans une Pensine, on voit qu'il s'est fait agresser. Il regagne une autre chance et commence des entraînements avec Tonks. Un soir où il a faim, il passe devant une pièce qui l'intrigue. C'est comme ça qu'il rencontre Potter et qu'ils se rejoignent jusqu'à se rapprocher. Finalement, Drago cède à ses pulsions et l'embrasse spontanément. Harry prend peur et fuit. Drago prend conscience qu'il a perdu Potter et ne l'accepte pas, alors il décide d'aller avec lui en Bulgarie.
Les RARs maintenant:
Hinanoyuki, Harry est forcément peureux face aux sentiments! Il ne va pas se l'avouer, ce serait trop simple. Mais...
Le Patronus de Drago? Mais est-ce qu'il va seulement arriver à le créer?
Oui, je vois trop Drago en pianiste! Mais plus tard.
Melusine Oriki, Oh oui!
Lassa-Liam, Oui, le baiser de film hollywoodien... Trop parfait pour que ça se passe bien :p Je voulais absolument mettre Teddy dans cette histoire, je le trouve adorable moi aussi. Du grabuge en Bulgarie? Réponse tout de suite.
brigitte26, Il va revenir Teddy! Contente?
Voici (enfin?) la suite, bonne lecture ^^
Ce jour-ci, les membres de l'Ordre s'agitaient, brassant plus d'air que produisant quelque chose de constructif. Chose qu'ils faisaient souvent lorsqu'ils étaient stressés. Après quelques jours de modalités, l'équipe avait été validée et nous nous étions préparée pour partir. Le départ était prévu pour dans peu de temps et notre séjour durerait deux jours. Nous logerions dans un hôtel à Gabrovo, et les dignitaires bulgares viendraient nous y chercher. Nous avions assez peu d'informations sur le déroulement de la mission et c'était un problème tacitement tu, qui stagnait dans l'air et les pensées. Nous allions dans un pays prétendument neutre mais bercé par la magie noire et à la réputation d'être pour Voldemort. Y aller les yeux fermés n'était pas une bonne chose mais nous ne pouvions rien dire.
Dans la salle, Finnigan discutait avec sa mère et Thomas, les Weasley n'arrêtaient pas de bouger, la mère râlant après son dernier, introuvable. Deux aurors étaient là pour superviser la mission. Ils étaient grands, tous les deux taillés dans le même gabarit et n'accordait leur attention à rien d'autre que ce qu'ils devaient faire. Potter passa les portes à cet instant avec Tonks. Celle-ci se dirigea vers moi, arborant son grand sourire et sa maladresse qui m'était devenue familière.
-Alors, comment tu te sens?
-Je n'aime pas attendre. Et toi, comment ça va? Et Teddy?
-Il t'as fait fondre, hein? 'Me fusille pas du regard, tu sais que c'est vrai! Il va très bien, et tu pourras le revoir à ton retour, Drago.
Je haussai les épaules, intérieurement soulagé. Je ne croyais pas qu'elle m'autoriserait à le voir de nouveau. J'espérais, un peu bêtement, qu'il se rappellerait de moi.
-Remus doit passer avant votre départ.
Je ne sus que répondre. Il ne devait pas être enchanté de savoir qu'il me verrait. La dernière fois que je l'avais vu, c'était après l'attaque du Feudeymon: pas les meilleurs circonstances. Surtout qu'il avait de nombreuses raisons de me détester.
Mon regard dériva de nouveau sur les occupants de la pièce. Et forcément, par conséquent, sur le nouveau venu. Potter, à qui je n'avais plus pus parler depuis qu'il m'avait accepté dans cette équipe, à contre cœur, que je n'avais plus vu en privé depuis que je l'avais embrassé. Stupide. J'avais été stupide et impulsif. Tout le contraire de moi. Mais c'était à cause de lui! Tout allait trop vite, tout s'était précipité, inexplicablement, depuis que j'étais arrivé devant Grimmaud. Comme un raz de marée qu'on n'arrête pas, qu'on ne comprend pas. Si je devais me noyer, Potter n'en réchapperait pas.
Le bruit de la cheminée qui s'active me sortit de mes pensées et Remus Lupin en sortit. Il salua à la cantonade puis se rapprocha de Potter pour le serrer dans ses bras. Ils se regardèrent et je m'interrogeai sur la force du lien qui les unissait. Un parrain de substitution, un dernier lien avec ses parents. Une dernière figure paternel.
Lupin se dirigea vers nous, arborant toujours ses traits fatigués et ses cheveux grisonnants, bien que sa paternité l'avait sensiblement illuminé. Il sourit tendrement à sa femme et me tendit la main avec un sourire bienveillant. Je la serrais, ne sachant quoi dire. Il ouvrit la bouche, mais fut coupé par l'arrivée des deux membres du trio d'or manquant, rouges de gênes, suivit par une Ginny se retenant de rire. J'aurais aimé savoir ce qu'il allait dire...
-Le Portoloin part dans deux minutes! hurla Mrs Weasley en se précipitant vers eux.
Lupin me sourit avant de se détourner pour aider aux dernières préparations. J'attrapai mon sac et rejoignit le reste de l'équipe près d'une vieille casquette trouée. Les autres s'agitaient de plus en plus, pensant avoir oublié ceci ou cela. Derniers aux-revoir, dernières consignes. J'adressai un sourire à Tonks puis posais le bout de mes doigts sur le tissu fatigué. Dans l'effervescence toute Gryffondor, les uns et les autres m'imitèrent et quelques secondes plus tard, le silence se fit et la sensation d'être compressé et tiré s'empara de moi.
Nous atterrîmes dans un hôtel luxueux. Le hall était forgé dans un style ancien, d'une couleur blanc crème et au plafond si haut qu'on ne le distinguait pas. Un première étage s'ouvrait sur le hall en un grand balcon.
-Ah vous êtes arrrrivés! s'exclama une voix de femme dans un accent bulgare très prononcé.
Nous nous retournâmes vers elle et la découvrîmes debout, derrière son comptoir, nous souriant. Nous nous approchâmes, encore légèrement sonnés du voyage et éblouis par le décor.
-Bonjourrrr! Mrrrr Potterrrr, quel honneurrrr!
-Soyez un peu plus discrète s'il vous plaît.
-Oh bien sûrrr, vous ne voulez pas êtrrre assaillie.
-Et repéré surtout.
La jeune femme parut surprise puis se ressaisit, envoyant de nouveau un grand sourire éclatant.
-Bien sûrrr, bien sûrrr. Veuillez me suivrrre s'il vous plaît.
Nous nous exécutâmes, montant des escaliers en colimaçon et découvrant une architecture pleine de merveilles. Nous n'en voyions pas la fin. Nous arrivâmes à un couloir légèrement dissimulé où 10 chambres se faisaient face.
-Ce couloirrr vous a été rrréserrrvés. Vous pouvez vous installez. Vous devrrrez êtrrre prrrrêt dans une demi-heurrre, où vous êtes arrrrivés. On vous conduirrra au prrrremier ministrrre.
Sur ce elle tourna les talons et repartit à son poste de sa démarche droite et pressée, toute académique.
-C'est vraiment beau, la Bulgarie, soupira l'un des aurors en regardant l'hôtesse.
-Très fin, Marc.
-Bon, on va se préparer, déclara Potter en distribuant les huit clefs.
-Quelle décision cornélienne, susurrai-je ne récoltant qu'un regard noir.
Je laissais les autres passer devant, repérant ainsi où chacun était placé. Puis j'entrai dans ma chambre, peu choqué par sa beauté. J'étais habitué au luxe et au vu de la construction de l'hôtel, les chambres ne pouvaient décevoir. Le lit était un baldaquin, les draps de la soie, les rideaux du velours, la salle du bain était toute faite de marbre. C'était magnifique. C'était insensée pour une mission diplomatique qui se voulait discrète.
°0°0°0°
Je descendis à l'accueil de l'hôtel, retrouvant les autres. Le dénommé Marc discutait avec l'hôtesse, adossé à son comptoir, un sourire charmeur aux lèvres; Dean et Seamus n'était pas là; Charlie se faisait un café dans un coin de détente et les trois autres s'étaient assis et bavardaient. Je rejoignis Charlie en souriant timidement et il me sourit en retour en lançant un deuxième café. Une fois prêts il m'en tendit un et pris un sucre.
-T'en veux un?
Je secouai la tête. Je n'aimais le café qu'amer.
-C'est tendu entre Harry et toi. Je pensais que c'était un peu comme ton protecteur.
-Pas vraiment, non. C'est son complexe du héros qui le pousse à m'aider.
Il haussa les épaules, peu convaincu mais ne souhaitant pas épiloguer.
-C'est bien finalement que tu sois là.
-C'est bien la première fois que quelqu'un me dit être content de mon revirement, raillai-je.
Il avala son café, posa sa tasse puis se positionna de façon à capter mon regard avec un tel sérieux que je me sentis bête sans même savoir pourquoi.
-Tu n'es pas obligé d'être sarcastique Drago. J'ai 8 ans de plus que toi, je te rappelle. Tu as le droit d'être un enfant devant moi. Et je suis sincèrement content pour toi que tu sois ici. Aussi bien dans l'Ordre qu'en Bulgarie.
Il appuya d'un mouvement de tête sa tirade avant de rejoindre les autres. Je finis mon café en réfléchissant à ces mots, perplexe et surpris. Finalement, je pris mon maigre courage à deux mains et partis m'asseoir à côté de Charlie, lui faisant ainsi comprendre que j'avais reçu le message. Pas de faux masque, pas de rancune, pas de grandes discussions. Juste repartir sur de nouvelles bases. Je découvrais, à ma grande surprise, que quelqu'un de simple n'était pas forcément stupide, mais pouvait surtout s'avérer surprenant.
Le groupe se rassembla avec l'arrivée des deux absents, Dean et Seamus. Deux personnes venaient de rentrer dans l'hôtel, en robe de sorcier officiel, et arborant le maintien caractéristique des personnes de hauts rangs. Ils s'avancèrent jusqu'à nous, nous saluant dans leur langue.
-Nous, guide. Pas parler anglais bien. Suivez nous.
L'un d'eux sortit un livre de sa poche et le tendis au milieu du cercle. Quelques regards réticents s'échangèrent mais chacun finit par se saisir d'un bout et quelques secondes plus tard, nous disparitions. Nous arrivâmes durement au milieu de montagnes, sur un sol de pierre mangé par la végétation. Le soleil perçait doucement, voilé par les nuages, me faisant fermer à moitié les yeux. Je me retournais et découvris, sur une petite colline, un monument que je ne connaissais pas. Une sorte de coupole aux vitres brisées, posée sur quatre pieds devant une tour si fine qu'elle semblait jaillir de la coupole. De là ou j'étais, je ne voyais pas grand chose mais l'état délabrée de la construction ne m'échappa pas et la curiosité me prit.
- Bienvenue à Buzludzha 1 .
Je me tournais vers nos guides, qui passèrent devant, et en profitais pour jeter un œil au groupe. Tout le monde était là, surpris certes, mais là. Nous suivîmes les deux hommes, passant entre des décombres et montant les marches jusqu'aux immenses portes. L'architecture créait un demi cercle de mots incompréhensible et parfois amputés de lettres, entourant des portes d'un blanc étrangement immaculée. Ces dernières, fermés par des chaînes, étaient surmontées d'une inscription rouge, brûlant ma rétine: FORGET YOUR PAST. Je déglutis et jetai un œil au deux bulgares, l'un occupé à jeter des sorts aux portes, l'autre me dévisageant d'un regard haineux qu'il ne détourna qu'une fois que son associé lui ai eu tapé dans les côtes. Ils s'échangèrent un regard entendu et me regardèrent comme s'ils auraient voulus me tuer avant de se détourner vers le reste du groupe. Légèrement désarçonné mais habitué à de tels ressentiments, je me tournais vers les autres qui n'avaient visiblement rien captés de l'échange.
-Suivez nous.
Nous nous exécutâmes, évoluant dans des couloirs gravés de scènes qui m'étaient inconnues aux couleurs vives malgré l'état de délabrement. Je fis semblant de m'intéresser grandement aux décors et de m'en extasier alors que je réfléchissais. Pourquoi choisir cet endroit? Un monument presque détruit, isolé et certainement dangereux. Qui nous attendaient? Combien étaient-ils? Comment se passerait la discussion? J'angoissais un peu, l'atmosphère n'aidant en rien contre ce sentiment.
Lorsque nous arrivâmes au centre de la coupole nous nous stoppâmes de stupeur. Le décor était écaillé mais splendide, racontant une histoire que je ne connaissais pas. Les vitres brisées et les scènes épiques donnaient à l'endroit une force brisée propre aux choses cassées. Une impression inexplicable de grandeur, comme si l'endroit témoignait du ravage qu'il avait vu. Au centre, discutant à voix basse, cinq hommes nous regardèrent arriver.
-Bonjourrrr, s'exclama l'un d'eux en avançant.
Ils étaient tous les cinq emmitouflés dans de gros manteaux de fourrure. Leurs traits étaient forts, leurs cheveux noirs et ils portaient tous la barbe sauf le plus jeune. Les statuts étaient implicitement marqués. Ainsi, celui qui avait pris la parole était sans aucun doute le premier ministre, deux des autres, de part leurs attitudes tendues et leurs baguettes aux poings, étaient des gardes. Le quatrième était nerveux , nous détaillant les sourcils foncés. Il était légèrement courbé, se cachant presque derrière son supérieur, prêt à lui chuchoter à l'oreille. Un conseiller? Le dernier, jeune et curieux de nous voir, restait un mystère.
-Bonjour messieurs.
-Oh, vous, vous devez être Harry Potter! s'exclama le jeune dans un anglais parfait.
-Effectivement.
Le bulgare, après lui avoir adressé un sourire amusé, se tourna vers les autres et traduisit.
-Je suis le traducteur, reprit le jeune. Je vais vous expliquer ce qui est prévu. Nous voulons avant tout savoir à qui nous avons à faire. Vous comprenez, j'en suis sûr.
-Bien sûr. Voici Marc Addams 2 et Conor Wellington 2, deux aurors. Puis Charlie et Ron Weasley, Dean Thomas, Seamus Finnigan, Drago Malefoy et moi.
Le fait d'énoncer nos noms n'était pas un problème puisque être connu comme membre de l'Ordre était un critère de cette mission. Nous nous exposions trop pour envoyer des membres dont l'identité devait rester secrète. Bien sûr, ils tiquèrent sur mon nom.
-Malefoy? grogna le premier ministre avant de se lancer dans un monologue bulgare.
Le traducteur et lui échangèrent un moment, avant que le conseiller ne s'en mêle. Finalement, le jeune homme se retourna vers Potter.
-Que faites vous avec un Mangemort?
-Il est repenti. Il nous a rejoint.
Les regards perçants de tous se posèrent sur moi.
-Si vous le dîtes... Le premier ministre est très heureux de vous recevoir Mr Potter. Et toute votre équipe aussi, bien entendu. Nous allons aller droit au but. Nous avons en effet peu de temps aujourd'hui.
-Bien, alors ne tournons pas autour du pot. Vous savez pourquoi nous sommes ici.
-Oui, vous voulez que nous nous allions à vous pour la guerre.
Potter hocha la tête et le jeune homme traduisit, et discuta avec le ministre.
-Le ministre vous demande ce qui pourrait le pousser à prendre part à ce combat qui n'est pas le sien.
-Tôt où tard, il le deviendra. Le règne de Voldemort est en continuel expansion, et vous serez un moment ou à un autre, touché. Il vaut mieux vous allier à nous dès maintenant.
-Ce que vous dites, c'est que notre alliance nous serait plus profitable qu'à vous?
-Non, ce serait aussi profitable à vous qu'à nous.
Voyant que Potter ne continuait pas, ils recommencèrent à parler entre eux.
-Qu'est-ce que vous voulez concrètement? Si on s'allie à vous, qu'est-ce qu'il se passera?
-On a besoin d'aide. De soldats en Angleterre. Écoutez, si vous nous aidez à endiguer le mal à sa racine, la Bulgarie ne sera pas touchée.
-Mais les pertes occasionnés pourraient être évitées si nous ne faisions rien.
-Nos pertes aussi pourraient être évitées si nous restions stoïque. Mais nous perdrions notre liberté, notre justice et tous ce que l'on veut nous prendre. Des alliances ont déjà été faites par le passé et vous savez bien, que personne ne les oublie. Alliez vous à nous.
Le sous entendus fut bien compris par les Bulgares qui grimacèrent.
-Écoutez, vous devez vous battre pour ce en quoi vous croyez, ce que vous pensez juste. La guerre, les massacres, l'assujettissement par la force et la peur... Vous ne pouvez pas être pour ça.
-Loin de nous cette idée... Nous devons nous retirer maintenant mais le Ministre vous a entendus. Tout ne devrait qu'être modalités. Nous nous revoyons demain.
Le Ministre et son second disparurent sur ses mots en nous adressant un grand sourire courtois. Le traducteur nous salua et les suivit, puis les deux gardes partirent à leur tour. Les deux guides nous raccompagnèrent là où nous étions arrivés pour que nous puissions rentrer. Sur le chemin du retour, cachée derrière la confiance de la réussite, une pensée commune nous tourmentait: ça semblait trop facile.
°0°0°0°
-Et encore une victoire de Super Potter!
Nous étions rentrés à l'hôtel et, après que nous eûmes fait un point sur la rencontre tous ensemble, nous étions chacun parti de notre côté. Addams était retourné dragué à l'accueil alors que Wellington, lui, était parti du côté du bar avec Charlie. Weasley et les deux autres Gryffondor était partis dans les rues bulgare, camouflé par un charme qui modifiait leur apparence 3. Potter, s'étant plaint d'un mal de tête, était retourné du côté des chambres. Où je l'avais suivis.
-Ta gueule Malefoy. J'ai pas de temps à perdre avec toi.
-Non mais je constate simplement. Encore une fois tu n'as rien fais, n'a rien dit, et tout te tombe dans les mains.
Il se tourna, les yeux rouges de fatigues et ses traits tirés par la frustration de savoir son repos à quelque pas, sans pouvoir l'atteindre. A cause de moi!
-Bien, voila, je te regarde, je t'écoute. Qu'est-ce qu'il y a Malefoy?
Je laissais lentement un sourire s'élargir sur mes lèvres, amusé malgré moi, comme un enfant savourant sa farce d'avance.
-Je te hais Potter.
Le ton jovial, l'air enfantin et la nonchalance, ne plurent définitivement pas au fragiles nerfs de notre héros.
-Tu m'énerves! Bordel mais tu ne pourrais pas me lâcher?
-Tu me fends le cœur... Après tout, c'est grâce à toi que je suis ici!
-Non, si tu es ici, c'est parce que personne ne te voulais ailleurs! Parce qu'on ne savait pas quoi faire de toi! Et parce que j'ai eu la connerie d'avoir pitié de toi!
-Tu as besoin de moi, le provoquai-je.
-Ah ah! Depuis quand?
-Tu as besoin de moi, Potter. Pas pour cette foutue guerre, pas pour rester en vie. Tu as besoin de moi parce que tu...
-Je ne suis pas comme toi!
Ah, voilà, les années passées n'avaient pas changées mon talent pour trouve la corde la plus sensible chez Potter.
-Comment ça comme moi?
-Tu sais très bien! Lâche moi à la fin! T'as réussi ce que tu voulais, maintenant reste loin de moi!
-Non.
-Pourquoi?!
-Parce que je ne peux pas.
Ce qu'il lut dans mes yeux augmenta sa colère.
-Tu vas me pourrir la vie longtemps encore?
-Oui! Tant que tu n'ouvriras pas les yeux! Tant que tu repousseras Weasley fille sans lui dire clairement non! Tant que tu te comporteras comme avant avec moi parce que tu ne t'acceptes pas!
-Ta gueule! Tais toi!
Il s'était bouché les oreilles, et avait fermé les yeux. Comme un enfant effrayé qui pensait se soustraire du monde en soustrayant le monde de sa vue. Je me calmais, me rappelant que ce n'était pas moi qui devait finir énervé.
-Non. Tu te fais non seulement du mal à toi-même, mais aussi à ceux qui t'entoure.
-Arrête... S'il te plaît...
Je m'approchais, démuni devant sa fragilité. A peine l'eus-je effleuré qu'il se recula et se redressa, dardant ses yeux de bête traquée comme une arme.
-Ne me touches pas.
Son ton était si froid, si maîtrisé, qu'il ne pouvait être vrai. Je m'approchais de nouveau, tendant mes mains vers lui. Tremblant encore de ses émotions, il brandit sa baguette sous mon menton.
-Sale pédé!
Ça y était, le mot était lâché. Instinctivement, je reculais, me détournais et claquais la porte de ma chambre. Au delà de la douleur inévitable de cette insulte, je me sentais bêtement heureux. Dans son regard de feu, je venais enfin de retrouver Potter, mon ennemi d'enfance, et non plus le simulacre affreusement trop mature et froid. J'avais réussi à faire ressurgir la part de Potter que la guerre lui avait enlevé.
Fort de toutes ses réalisations, je me retrouvais à penser à notre dispute d'un peu plutôt. Dispute que j'avais consciemment provoquée, que j'avais mené où je voulais mais où Potter avait craqué. Il avait été touché, il était encore secoué, perdu. Il ne pensait pas e qu'il avait dit... C'était Potter. Je me relevais.
J'entrais dans sa chambre et occultait tout ce qui n'était pas lui de mon champ de vision. Mon cœur eut un pincement. Il était dos à moi, tremblant. Occupé dans son armoire, ses gestes imprécis. Je m'arrêtais un instant, infime, la seconde d'hésitation. Avant d'arrêter de penser. Mes jambes me portèrent jusqu'à lui, mes mains se posèrent sur ses épaules tendues et secouées de sa respiration difficile. Mon torse se plaqua contre son dos et ma main droite coula le long de son corps jusqu'à sa taille alors que ma main gauche enlaçait ses épaules. Ses mains se posèrent sur mes bras et serrèrent, s'y accrochèrent. Puis, soudain, il me repoussa. A peine séparé de lui, je me remis en mouvement, et le plaquais dos contre le mur, mes lèvres sur les siennes. Perdus. J'étais perdu dans les sensations. J'avais perdu le contrôle, perdu la partie.
Il se détendait peu à peu contre moi, fondant. Je me reculais, plongeant immédiatement dans ses yeux. Et je sentis un volcan monter dans mon corps alors que nous nous abandonnions finalement. Je retrouvais ses lèvres, gémissant en le sentant enfin répondre. Il commença à avancer et nous perdions nos vêtements jusqu'à nous retrouver presque nus sur le lit. Enfiévré, j'inversai nos positions et ravageai ses clavicules de morsures et de succions, le rendant pantelant. Je me consumais dans cette découverte indécente de son corps, de ses zones érogènes et ses points de plaisirs. C'était lui, c'était sa peau, son odeur m'enivrant, ses soupirs tentant d'être retenus en vain. Mes seuls pensées consistaient en prières: "Laisse moi t'apprendre, laisse moi penser tes blessures, laisse moi te faire tout oublier, abandonne toi à moi, laisse moi prendre soin de toi. Là maintenant. Laisse moi t'aimer". J'étais fou. Sous ses gestes brûlants, ses lèvres empressées, contre son corps damnés et son cœur trop rapide, j'étais fou. Juste fou.
Il s'arrêta soudain de m'embrasser, reprenant sa respiration et une de ses mains remonta le long de mon visage jusqu'à tourner mon visage vers lui, m'obligeant à regarder ses yeux. Ses yeux de perdu, assombris par le désir et le plaisir, mouillés d'excitation et brillant de quelque chose qui me fut intolérable: de la peur. Je me calmai soudain, me rendant compte de la passion qui nous habitaient, si naturelle pour nous, si grisante et plaisante. Mais, pour nous, aujourd'hui, c'était tout nouveau. Être avec un garçon, avec celui-ci particulièrement. Se sentir au dessus du ciel, au dessus des lois, dans un monde à part. Tout ça était inédit. Et pour cette première fois, nous ne voulions pas de violence, nous ne voulions pas de nos habitudes, nous ne voulions plus être nous. Nous ne l'étions plus. Je me penchai et caressais ses lèvres des miennes, doucement. Puis roulais pour nous faire changer de position.
Son corps était au-dessus du mien, comme s'il avait enfin trouvé sa place. Il m'interrogeait du regard et je lui souris. Pas de peur, pas de violence, pas de pensée, plus rien d'autre que nos corps et nos cœurs. Il caressa de nouveau mon visage, doucement, puis joignit nos lèvres en faisant devenir ses caresses plus entreprenantes. Tout était nouveau et intense mais pas effrayant. Tout était beau. Peu à peu, mon esprit s'élevait, montait, tourbillonnait loin. Très loin. Je n'existait plus. Je ressentais, je vivais, j'embrassais. Je brûlais. Je mourrais. Nous étions un et c'était ça le nirvana. C'était ça l'explosion, le péché originel, la finalité. La magie. J'étais lui, il était moi. Plus rien d'autre n'importait que notre étreinte charnelle. Et, au-delà du pur plaisir, un lien s'était établi. Nos corps faisaient fusionner nos magies, nos sentiments, nos pensées, nos êtres. Et lorsque le bruit divin de nos deux cœurs battit à mes oreilles, je me sentis atteindre le septième ciel. Et seul lui avait de l'importance.
Bien plus tard, dans ce qu'il me semblait être une autre vie, Potter s'était endormi. Je luttais pour ne pas descendre de mon petit nuage. Mais la fatigue avait peu à peu raison de moi. Alors je passai une main dans ses cheveux puis me relevai et quittais discrètement la pièce pour rejoindre ma chambre. Je ne pouvais pas dormir avec lui, mais surtout, il ne devait pas me trouver à son réveil.
°0°0°0°
La nuit avait été trop courte et le réveil trop difficile. Mais nous n'avions pas de temps à perdre et dès que nous eûmes finis de déjeuner, les guides de la veille étaient venus nous chercher. Si Marc semblait déçu, Charlie et Wellington complice d'une nouvelle amitié et les trois Gryffons fatigués, Potter, lui, était ailleurs. Il évitait tous les regards, toutes les conversations et se concentra plus que nécessaire dans la mission dès que nos guides furent là. Ce qui s'était passé hier n'avait pas été prémédité et nous devrions en parler ensemble. Mais ce n'était pas une priorité. L'instant présent, si.
Nous avancions dans Buzludzha en direction du centre de la coupole où nous attendait encore une fois les représentants bulgares. Nos deux guides m'avaient souris sadiquement, savourant une blague connus d'eux seuls, et s'échinaient maintenant à garder un silence plein de tension. Je me sentais piégé. Que de simple soupçon pouvait valoir? Rien. Mais les soupçons s'amplifièrent une fois que nous fûmes arriver: les cinq personnes de la veille était accompagnées d'une vingtaine de soldats.
-Mes amis! s'exclama le Premier ministre en écartant les bras dans un geste chaleureux d'accueil.
Le jeune traducteur ravala son sourire perfide et s'avança.
-Le Ministre a prit sa décision. La Bulgarie s'allie à vous.
Un murmure de contentement bourdonna dans notre petit groupe. Je ressentis étrangement que nous baissions notre garde. Malgré moi, je me sentis piégé et vulnérable. Je tentais de paraître aussi soulagé et décontracté que les autres, alors que tous mes sens étaient en alerte.
-Nous devons maintenant nous occuper des détails. De combien de soldats auriez vous besoin?
-Autant que possible. Bien sur, il faut que la Bulgarie reste protégée mais nous aurions besoin de beaucoup de monde, d'appui financier et matériels. Votre ralliement aura aussi un impact dans les consciences.
Potter s'arrêta de parler en voyant un des trop nombreux garde chuchoter à l'oreille du Premier Ministre. Ils discutèrent à mi-voix puis se tournèrent vers le traducteur. Le Ministre hocha sombrement de la tête.
-Le Premier Ministre va devoir s'excuser. Nous n'en aurons pas pour longtemps. Vous n'avez qu'à nous attendre là.
Le sourire carnassier prenant pernicieusement place sur les visages des deux guides me frappa. Une sueur froide coula le long de mon dos et je m'avançais sans réfléchir.
-Très bien, ça nous permettra de discuter un moment dehors. Venez, ordonnai-je aux autres.
Ils me regardèrent étrangement, aussi je me tournais vers Potter et celui-ci hocha la tête et se tourna vers la sortie.
-Seamus? appela-t-il en se rendant compte qu'il n'avait pas bougé.
-Allez y, je vous attend là.
-Seamus, vient.
L'Irlandais me lança un tel regard de dégoût que j'en restais surpris malgré moi. Me rendant malheureusement compte que de leur côté, le ministre Bulgare et sa suite avait presque atteint leur porte, je tirais par le bras Thomas et fit sortir mon groupe en maudissant Finnigan de tout mon être. Dès que nous fumes hors de leurs regards je me contractais et resserrais ma prise sur le bras de Thomas.
-Malefoy, qu...
-Vite, chuchotai-je les dents serrées. On doit quitter cet endroit au plus vite.
-Hein? Mais de quoi tu parles?
-On n'a pas le temps, gémis-je. Je vous en prie, croyez moi...
Je me tournais vers Charlie qui hocha la tête.
-Mais Seamus? murmura Thomas...
Pressentant une crise et entendant l'agitation qui se déroulait juste à côté, je jetai un sort d'immobilité à Thomas et Charlie tira Potter en direction de la sortie. Nous nous mimes à courir jusqu'à atteindre la porte. Dès que nous l'eûmes franchit, les premiers sorts fusèrent. Les limites de transplanage n'était qu'à quelques dizaines de mètres. Sur ces pavés. Juste là! Mais c'était comme traverser un champ miné. Il ne nous restait plus que quelques pas. Un hurlement de douleur nous arrêta et nous vîmes Potter s'effondrer en se tenant la tête. Marc Addams le porta jusqu'à la limite.
-Tenez moi!hurlai-je.
Tous s'exécutèrent.
-Potter ne se calme pas!
Je posais ma main sur l'épaule de l'auror et transplanai. Puis j'entendis un hurlement. L'arrivée fut horrible, bien que nous nous écrasâmes sur de l'herbe. Je me relevais, encore hagard, et regardais mon équipe. Thomas paralysé à mes pieds, Potter terrassé par la douleur et les Weasley et Conor Wellington regardant le sol avec horreur. Du sang, beaucoup de sang. Marc était désartibulé, trop pour s'en être sorti vivant. Un coup de coude me fit relever la tête pour découvrir que nos ennuis ne s'arrêtaient pas là. Nous étions bien dans l'endroit tranquille que j'avais repéré au cas-ou. Au milieu des ruines de la forteresse de Belogradchik. Mais nous étions cernés de toutes parts par des baguettes menaçantes et des visages hostiles.
1 Buzludzha est une salle de congrès situé en Bulgarie, construit par les communistes en 1981 et désormais à l'abandon. J'ai fais quelque recherches, le strict minimum pour être honnête et j'ai choisi ce monument parce qu'il me plaisait. Il n'y a pas de message caché ou quoi que ce soit, promis!
2 Les prénoms et noms sont totalement dû aux hasard, j'ai mis les premiers qui me venaient à l'esprit. Aussi si quelqu'un de ce nom existe je m'excuse et je ferais les modifications nécessaires.
3 Impossible de me rappeler du nom de ce sort... Si quelqu'un s'en rappelle et peut me le dire, je vous en serais reconnaissante. Je déteste les trous de mémoire...
