Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas et sont issus du jeu Amour Sucré créé par ChinoMiko. Seule Hisae Amari et quelques autres sont issus de mon imagination.
Rating : T
Bonne lecture !
Chapitre II
En rentrant chez moi ce soir-là, je repensais à cette première journée passée dans ce nouveau lycée. Il y avait en fait pas mal de monde ici, et ils avaient l'air plutôt sympas dans l'ensemble. Nathaniel était un garçon agréable et ouvert, et Rosalya un véritable moulin à paroles. Elle était impossible comme fille. Toujours en train de raconter quelque chose, à me demander mon avis sur tel ou tel sujet et à essayer de me faire parler de moi. Elle a même réussit à m'entraîner dans une soirée qu'elle va organiser en mon honneur. Sérieusement, je n'ai jamais connu de fille comme elle. Comme elle dit, elle a prévu une super soirée où j'aurais obligation de venir. J'étais certaine qu'elle serait capable de trouver mon adresse et de me ramener manu militari si je ne me présentais pas à sa soirée à l'heure. Une autre de ses lubies est de m'intégrer dans leur petit groupe et même de me faire manger avec eux. Je ne sais pas comment nous en sommes arrivées là, je n'ai pas été particulièrement agréable envers elle. Je l'ai même rembarrée sèchement deux ou trois fois, mais rien n'y fait, elle m'a même donné son numéro de portable.
Même si elle m'agaçait à vouloir m'intégrer à tout prix, je savais intérieurement que dans une autre vie j'aurais pu être très amie avec quelqu'un comme elle. C'est peut-être pour cela que je n'arrivais pas à être aussi méchante que d'habitude avec elle. J'aurais pu être amie avec Rosalya, parce que je sais que j'aurais été comme elle si mon destin avait été autre. Si je n'avais pas été obligée de m'endurcir et de repousser les autres, je serais à l'heure actuelle sociable, joviale, bavarde, voulant aider les autres et certainement avec un grain de folie.
Arrivée chez moi, je sors mon poste de radio et le laisse sur la première fréquence radio passant une musique potable. Je m'allonge dans le canapé en cuir qui avait apparemment déjà quelques années au compteur. J'ai horreur des canapés en cuir, dès qu'il fait trop chaud on reste collés dessus. Je me dis alors qu'il faudrait que je pense à acheter un plaid pour le recouvrir et éviter cette sensation à l'avenir. Je me rends compte qu'il manque en fait pas mal de trucs dans cet appartement. Je me lève donc pour prendre un papier et faire une liste des choses qu'il faudra acheter dans les jours qui viennent. Tout d'abord un plaid pour le canapé, une chaise de bureau, des cintres et quelques livres et CDs. Je réfléchis et je rajoute une chaise longue que je mettrais sur le balcon pour prendre le soleil tranquillement. La fin de journée se déroula calmement.
Les jours suivants se passèrent à peu près de la même manière que le premier. J'avais réussi à esquiver Rosalya et ses invitations à manger avec eux le midi en prétextant à chaque fois une raison différente. Elle n'était pas idiote et sentait bien que je les évitais. Mais elle me rappela au dernier cours de maths que la soirée se ferait bel et bien et que je ne pourrais pas y couper avec une excuse bidon. Durant les derniers jours passés au lycée, j'avais peu parlé. Durant les cours je n'échangeais que peu de paroles, ce qui apparemment plaisait beaucoup à Nathaniel qui était du genre studieux et pensait que j'étais comme lui pour le coup. En dehors des cours je ne me mêlais pas au reste des élèves, préférant m'isoler dans un coin de la cours quitte à passer pour une fille bizarre. Lorsque j'avais une heure de libre et que le temps s'y prêtait, je me dirigeais vers le toit pour prendre le soleil. J'adorais ça, la sensation du soleil réchauffant ma peau et le vent jouant dans mes cheveux. J'y étais accroc, c'était un peu ma drogue. Dans ces moments-là j'étais complètement détendue et je respirais le bien-être. C'était l'endroit où je me ressourçais à l'abri des regards et des questions de Rosalya.
Cela faisait deux semaines que j'étais entrée ici. Deux semaines que Rosalya me suivait et me harcelait. Elle ne lâchait vraiment pas le morceau celle-là, mais je ne la repoussais pas vraiment. Je l'évitais simplement. C'est ce qui me perdit.
- Hisae !
Je me retournai en sachant très bien à qui appartenait cette voix.
- Hisae ! Répéta Rosalya. Je suis désolée de n'avoir pas pu l'organiser avant mais c'est bon la date est choisie. C'est demain soir ! Donc demain soir vers dix-neuf heures tu viens chez moi. J'habite juste à côté de l'entrée du parc. Tu n'as qu'à m'envoyer un texto quand tu y es je viendrais te chercher. Et je te préviens, si je ne reçois rien à dix-neuf heures précise, on débarque chez toi !
- Tu ne sais même pas où j'habite. Répondis-je septique.
- Ça c'est ce que tu crois ma petite. Dit-elle avec un air de conspiratrice en se frottant les mains.
Je souris en la voyant ainsi, cette fille est vraiment surprenante. Je savais que c'était inutile de protester vu le ton qu'elle avait employé.
- Très bien, j'y serais. Tu veux que je ramène quelque chose ?
- Non rien, viens c'est tout ce que je te demande. Dit-elle avec un sourire.
Et elle partit comme si de rien n'était, ses cheveux blancs nacrés volant délicatement derrière elle. Jusque-là j'avais magnifiquement réussi à éviter tout contact prolongé avec les élèves d'ici, mais apparemment ça allait changer demain soir. Dommage, j'avais prévu d'aller au cinéma voir un film qui me tentait bien. Dans ce cas, il faudra que j'y aille le lendemain, soit dimanche, avant qu'ils n'arrêtent sa projection.
Rentrée chez moi, je jetais un coup d'œil sur le calendrier que j'avais accroché dans l'entrée de mon appartement. Cela faisait deux semaines que mon frère était parti pour les Emirats Arabe-Unis. Je devrais recevoir un coup de fil prochainement pour qu'il me raconte vite fait comment c'est là-bas et qui est sa femme. Je me demande sur quel genre de femme son choix a-t-il pu se porter. De toute façon il ne va pas la voir souvent.
Un coup d'œil circulaire sur mon appartement me permit de voir l'avancement des travaux dans celui-ci. Une semaine dans cet appartement m'avait convaincue que je ne supporterais pas les couleurs de celui-ci, définitivement trop monotones et dépressives. Je m'étais donc lancée dans des travaux de peinture pour le remettre en état, après avoir eu l'accord du propriétaire. Il était étonné que les teintes ne me plaisent pas, mais il m'avait laissé carte blanche pour faire ce que je voulais dedans du moment que je n'utilisais pas de papier peint mais que de la peinture.
Je voulais mettre en avant le grand espace de vie, tout en le rendant chaleureux. J'avais donc choisi une couleur sable pour les murs. Pour rehausser l'intérieur de l'appartement j'avais également choisi des éléments décoratifs de couleurs vives dans différentes teintes d'oranges. Le plaid sur le canapé était chocolat et des coussins orangés étaient éparpillés dessus, la table basse chocolat également était posée sur un tapis orangé à franges, des bougies de la même couleur étaient dispersées dessus et deux lampes disposant d'abat-jours oranges intense étaient placées près de la table. Les meubles de la cuisine étaient en train d'être repeints en couleur sable clair, c'est tout ce qu'il restait à finir. J'étais plutôt contente du résultat. Je n'avais pas envie de peindre tout de suite, je finirais les placards demain. Une fois mes cours posés dans ma chambre, je repris mon sac et partit en direction du parc les écouteurs sur les oreilles.
Une fois arrivée au parc je flânais un peu autour de l'étang avant de jeter mon dévolu sur un banc en pierre isolé faisant face à l'étang, à l'opposé de l'entrée du parc. De là où j'étais je pouvais voir les allées et venues des passants et observer les ridules parcourant la surface de l'eau. À peine dix minutes après m'être installée, j'aperçus Rosalya et sa bande entrer dans le parc. J'avais retenu leurs noms malgré moi parce qu'elle m'en parlait à longueur de temps. Je les vois s'installer sur un banc non loin de moi, mais ils ne m'ont pas vue. Il faut dire que le banc sur lequel j'ai élu domicile est caché aux yeux des autres par des roseaux un peu trop hauts. Par curiosité j'enlevais mes écouteurs et essayais d'écouter leur conversation pour savoir à quoi m'attendre demain.
- Bon Rosa, qu'est-ce que tu voulais nous dire de si important ? J'avais cru reconnaître la voix d'Iris.
- Demain soir on fait une soirée chez moi ! Répondis l'intéressée.
- Super, mais d'habitude tu n'en fais pas tout un plat pour une simple soirée. Qu'est-ce que tu nous cache encore ? Cela devait être Kim.
- C'est une surprise qui va vous plaire !
- Rosa, en général tes surprises c'est pas trop ça. Alors dis-le tout de suite qu'on puisse éviter le drame. Déclara Castiel.
Des éclats de rires fusent sans que Rosa ne puisse répliquer. Quand enfin le silence revint elle put annoncer sa nouvelle.
- Bon, en fait la soirée a un but particulier. On va intégrer quelqu'un.
- Tu vois je te l'avais dit. Tes surprises, elles craignent. Constata Castiel.
- Laisse-la finir Cas'. Répliqua Lysandre, son meilleur ami.
- Merci Lysandre. Donc je disais qu'on allait intégrer quelqu'un. Hisae. Conclut Rosalya.
Une fois que mon nom fut prononcé, un silence s'installa. Je sens que demain va être une super soirée.
- Euh, quand tu dis Hisae, tu parles de la fille qui rembarre tout le monde sauf toi et Nathaniel ? Demanda Iris qui semblait un peu inquiète.
- Oui ! Ça pose problème ?
Nouveau silence.
- On va apprendre à la connaitre. Ça se trouve elle est différente en dehors du lycée. On ne va pas la juger sans la connaître vraiment. Recommanda Lysandre.
- D'un côté comment tu veux la connaître ? J'ai même pas été la voir, elle me soûlerait avant d'avoir dit quelque chose. Non mais sérieux Rosa, qu'est-ce que t'as foutu encore ! T'as vu son caractère de merde ?! S'exclama Castiel.
- Et c'est toi qui dis ça Castiel ?! C'est pas l'hôpital qui se fout de la charité là ? Railla Kim
- Non mais moi c'est pas pareil. Les autres me font chier c'est tout. Répliqua-t-il acerbe.
Les autres éclatèrent de rire devant la mauvaise foi de leur ami. Je remis mes écouteurs en me disant que cela aurait peut-être été mieux si je ne les avais pas enlevés. Une fois qu'ils furent partis, je fis de même et rentrais chez moi.
Le lendemain je finis de peindre mes placards avec la conversation entendue la veille qui tournait en boucle dans ma tête. Je savais que j'écartais volontairement les autres de moi mais cela me faisait quand même mal d'entendre ça. Cette conversation me fit beaucoup réfléchir sur mon comportement. Depuis que je suis en âge de le comprendre, on m'avait expliqué que les autres pouvaient me faire du mal. Mais que ce ne serait pas de leur faute, on les utiliserait contre moi. J'avais toujours respecté ce qu'on m'avait appris, c'est-à-dire éloigner les autres afin qu'ils n'aient aucune emprise sur moi.
Après avoir pris ma douche et m'être séchés les cheveux, je mis un jean et un tee-shirt sympa. J'enfilai une veste en cuir noire et attrapai mon sac avant de claquer la porte et de partir en direction du parc. Une fois sur place je ressorti le papier que m'avait donné Rosalya il y a deux semaines de cela et composai son numéro pour lui envoyer un sms comme convenu. Sitôt envoyé, je la vis sortir d'un immeuble non loin et se diriger vers moi un grand sourire accroché aux lèvres.
- Hisae, tu es venue !
- J'avais pas vraiment le choix.
Elle sourit et m'entraîna à sa suite. On prit les escaliers car elle n'habitait qu'au deuxième étage. Au fur et à mesure qu'on grimpait les marches, je me rappelais de la conversation entendue la veille au parc. Cette soirée appartiendrait à mon top dix des pires soirées vécues, je le sentais.
Arrivées au deuxième palier, Rosa se dirigea vers chez elle. Sur le trajet elle m'avait dit que ses parents n'étaient pas là ce soir. Alors qu'elle tournait la poignée et ouvrait la porte, une bouffée d'angoisse me saisit. J'allais faire demi-tour si Rosalya ne m'avait pas pris la main pour me faire entrer. Je pouvais lire dans ses yeux qu'elle me soutenait et je ne savais pas ce qu'elle avait pu lire dans les miens pour me montrer une telle confiance. Je ne comptais pas m'ouvrir aux autres parce qu'elle me soutenait et qu'elle avait fait une soirée pour moi. Je ne lui avais rien demandé. Elle referma la porte derrière moi sans me lâcher la main, puis m'entraîna dans le salon où ils étaient déjà tous installés. Ils me fixaient en attendant une réaction de ma part. Ce fut Rosalya qui décoinça la situation.
- Tout le monde, voici Hisae ! Allez bougez-vous et venir lui dire bonjour !
Ils se levèrent alors pour venir me faire la bise en me murmurant un bonjour au passage. Je les saluais de la façon la plus froide et indifférente que je pouvais, j'avais des années d'expérience au compteur.
Je m'assis dans un coin et écoutait les conversations des autres qui reprenaient doucement. Rosalya vint s'asseoir à mes côtés et Castiel de l'autre.
- Bon tu vas enfin me dire où tu étais avant d'arriver ici ?
C'était une de ses questions favorites. Elle me la posait régulièrement et je l'esquivais à chaque fois. Ce soir-là comme toutes les autres fois je ne lui répondrai pas. Je sentais comme une tension dans l'air, comme si tout le monde attendait de savoir comment j'allais réagir.
- Pas du coin.
Rosa ne semblait pas surprise que j'esquive encore sa question. Du coin de l'œil j'ai aperçu deux ou trois personnes lever les yeux au ciel en entendant ma réponse. Kim, qui n'avait apparemment pas froid aux yeux, se lança et me posa une question.
- Super, mais encore ? Tu vis seule c'est ça ?
Les autres étaient suspendus à mes lèvres, certainement pour savoir si j'allais lui cracher mon venin au visage et la rembarrer en lui disant de se mêler de ses affaires. C'était exaspérant.
- Oui.
Je jugeais la plupart des questions suivantes sans intérêts ou trop personnelles. Je n'y répondais donc quasiment pas. Je n'avais dû répondre qu'à une ou deux autres questions depuis mon arrivée et je me défilais sur les autres en faisais celle qui n'avait pas entendu en regardant le ciel par la fenêtre. Je préférais cent fois passer pour une demeurée et qu'ils me laissent tranquille.
Kim et les autres paraissaient médusés par mon attitude minimaliste. L'atmosphère se refroidit de plus en plus, et Castiel qui ne m'avait pas adressé une fois la parole m'ignorait délibérément. Rosalya me proposa une bière que j'acceptais et je partis la boire sur le balcon pour m'offrir un moment de solitude.
Seulement sur le balcon, il y avait Castiel qui me regarda arriver avec un regard mauvais. Je ne lui avais jamais parlé et il ne semblait pas m'apprécier plus que ça. Sans un mot, je m'accoudai au balcon et mon regard se perdit dans le parc qui faisait face à moi, tout en sirotant ma bière. Nous sommes restés ainsi dans un silence ponctué des conversations qui se déroulaient dans la pièce derrière moi.
- T'es super bizarre comme fille.
- ... Pourquoi ? Lui demandais-je en le regardant.
- Tu ne t'en rends même pas compte ?
Devant mon air surpris il continua sur sa lancée.
- Tu vis seule mais tu ne cherches pas à te faire d'amis. On dirait que t'aimes ça, être seule. Tu passes ta vie seule et t'es bien comme ça. Personne ne veut ça normalement. Ceux qui cherchent la solitude ont quand même une famille avec eux, ils ne sont jamais totalement isolés. C'est pour ça que t'es bizarre.
- Ahh... Dis-je en redirigeant mon regard vers le parc.
- Qu'est-ce que t'as ? C'est pas vrai peut-être ?
- ...
- Mais dis quelque chose bordel, tu fais chier !
Je ne répondis pas et sortis mon Ipod qui était dans ma poche. Je mis mes écouteurs et lança la première chanson. Je n'avais plus envie de l'écouter, il me faisait trop mal mais je n'avais pas envie qu'il le voit.
Il s'énerva et partis en claquant la baie vitrée derrière lui. Je savais que cela ne servait à rien que je reste plus longtemps ici et rentrai dans l'appartement à sa suite, toujours les écouteurs sur les oreilles. Je rassemblais mes affaires, fis un signe de la main à Rosalya et partis. J'avais raison, une de mes pires soirées.
Une fois de retour chez moi, je me jetais dans mon canapé quand mon deuxième portable se mit à sonner. J'espérais que c'était mon frère.
- Allo ? Qui est à l'appareil ?
- Hugh
- Hugh comment ?
- Vraiment, tu veux la totale ? Hugh Zachary Ruben Jackson, ça te vas comme ça ? Et toi ?
- Vraiment ? C'est toi qui m'appelle, tu devrais savoir qui c'est quand même. Hisae Eleonora Athénaïs Amari.
- C'est toi qui as commencé comme ça Hisae. Tu m'as manquée.
- Toi et des coups de fil m'ont manqués aussi. Alors les Emirats, c'était bien ?
- Le Qatar plus précisément. C'était chaud surtout et riche, très riche.
- Tu es enfin rentré ? Ça veut dire que tu es marié, ça y est ?
- Si on veut. Mais c'est vraiment pas un mariage d'amour. Les filles qui m'ont étés présentées défilaient devant moi pendant que les parents vantaient leurs qualités. Au final j'en ai choisi une avec qui je pourrais bien m'entendre quand même et j'ai dû verser la dot qui montait à quatre-vingt mille dollars. On nous a mariés et une fois mon devoir conjugal effectué pour valider le mariage, j'ai repris l'avion pour rentrer à la maison.
- Le top du glamour quoi. Ils sont polygames là-bas ?
- Ça dépend, mais pour une belle somme il n'y a pas de problèmes. Mais père ne voudrait pas que je me marie une deuxième fois, d'après lui ça ne passerait pas en occident. Et toi, quoi de nouveau ?
Je lui racontais mes premières semaines ici, ma vie au lycée et la fameuse soirée dont je revenais à peine. Une fois mon récit terminé, je jetais un coup d'œil à l'horloge. Déjà vingt-cinq minutes de conversation, il va falloir faire vite.
- Ahh d'accord, reprit-il. Bon on n'a plus beaucoup de temps alors je vais essayer de faire vite. Hisae, tu n'as pas la vie devant toi et tu le sais aussi bien que moi. Tôt ou tard, tu ne seras plus maître de ta vie. Regarde-moi. Je n'ai que trois ans de plus que toi Hisae, et on vient de me marier à une femme que je connais à peine. Si tu ne profites pas un peu de ta vie maintenant, tu ne le feras jamais.
- Mais mère... Commençais-je.
- Oublie un peu ce que mère t'as dit et ce qu'on t'a appris. Ecoute-moi. Est-ce qu'il t'est déjà arrivé quelque chose depuis que tu vis seule ? Non. Est-ce que tu as déjà mis en danger quelqu'un ? Non. Est-ce que tu as déjà été menacée de quelque façon que ce soit ? Non. Alors je t'en prie, ne passe pas entièrement à côté de ta vie. Fais-toi quelques amis avant qu'il ne soit trop tard. Et je sens bien que tu n'es pas heureuse ainsi. Tu es ma sœur, et je ne veux pas vivre en sachant que tu ne seras jamais heureuse. Alors fais-le pour moi, ouvre-toi aux autres. Je ne te demande pas d'être meilleure amie avec tout ton lycée, mais sois amie avec quelques-uns. Sois toi-même, ou presque, avec eux. Vis tout simplement. Tu auras bien le temps de survivre d'ici peu. Promets-le-moi Hisae.
- Hugh... Je ne sais pas... Je ne sais même pas comment faire. On m'a toujours interdit de faire ça !
- Sois toi-même tout simplement... Promets-le moi. Dit-il d'une voix quasi suppliante.
- Je... Je sais pas Hugh. Mère...
- Bordel Hisae ! Oublie mère et pense à toi ! Tu veux vivre ta vie telle que je l'ai vécue ?! Le mariage m'a fait ouvrir les yeux sur ce qu'était réellement ma vie. Je ne veux pas de ça pour toi Hisae ! Si tu ne veux pas le faire pour toi, fais-le pour moi ! Promets-moi que maintenant tu seras toi-même, il sera trop tard après ! S'écria-t-il.
- Je... J'essayerais pour toi.
- Merci. Ça fait trente minutes, je raccroche. A bientôt Hisae, on se voit peut-être à ton anniversaire.
- On ne le fêtera pas non plus cette année, tu le sais très bien.
- Je m'en doutais. N'oublie pas ta promesse. Conclut-il d'une voix beaucoup plus douce.
La tonalité retentit dans le portable. Le temps était écoulé.
Il n'avait fallu que quelques minutes à mon frère pour m'arracher la promesse de faire l'impensable. J'étais terrifiée.
Et c'est tout pour le chapitre II ! Donnez-moi vos impressions !
Esilia.
